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  • il y a 5 minutes
Ce mardi 12 mai, Antoine Larigaudrie et Arnaud Gihan, responsable de la distribution France chez BlackRock, vous présentent le placement à suivre dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Tout pour investir, le placement à suivre.
00:05Et on est avec Arnaud Géant de BlackRock. Bonjour.
00:07Bonjour Antoine.
00:08BlackRock, évidemment le gestionnaire géant qu'on ne présente plus, spécialiste de l'obligataire, spécialiste des ETF aussi.
00:15Et, question intéressante, on assiste en ce moment sur les marchés à une forme de schizophrénie,
00:22c'est-à-dire que globalement on reste quand même très très inquiet de l'évolution de la géopolitique mondiale.
00:27Et d'un autre côté, on a la tech qui tient le marché de manière extrêmement concentrée.
00:31Pour autant, dans le côté géopolitique des choses, on assiste à un phénomène en ce moment qui est indéniable,
00:37qui est celui de la fragmentation.
00:39C'est-à-dire que tout part un petit peu dans tous les sens.
00:43Et ça, au sein d'une gestion et notamment via des ETF, ça peut parfois être un problème.
00:48Et vous, chez BlackRock, vous avez des solutions pour justement chiffrer,
00:53prendre en compte cette fragmentation et constituer des placements qui n'en sont pas victimes,
01:00enfin qui ne perdent pas de valeur à cause de ce phénomène de fragmentation.
01:04Est-ce que vous pouvez nous expliquer un petit peu comment ça se passe ?
01:06Oui, en fait, je voulais vous parler des actions européennes parce qu'effectivement, il y a pour deux raisons.
01:13Le premier, c'est qu'on est Français, on veut investir dans notre économie,
01:18on a ce biais de familiarité et donc ce biais domestique.
01:23En parallèle, vous l'avez évoqué, avec cette fragmentation géopolitique et ce besoin de souveraineté,
01:29on a vu une forme d'arrêt du tout Amérique qu'on avait vu sur les décennies précédentes.
01:35Et donc, on a vu pas moins de 90 milliards de capitaux se déporter sur les actions européennes sur 2025.
01:41Pour vous donner un ordre de grandeur, ces 90 milliards,
01:44ça représente l'équivalent de la décennie qui précédait en termes de flux de capitaux.
01:48Donc, c'est assez colossal.
01:50Le problème que vous évoquez, c'est qu'on a une grille de lecture qui est un petit peu différente.
01:55Est-ce que vraiment, quand on investit en fonction de où les entreprises sont cotées,
02:00ou alors où se trouve le quartier général, est-ce que c'est vraiment investir dans son économie ?
02:07Et donc, quand on regarde sur les actions européennes,
02:11en fait, on se retrouve avec un portefeuille, parce que les marchés sont globalisés, etc.,
02:16dans lequel on a une sensibilité au bruit et géopolitique que vous évoquez de l'ordre de 50%.
02:22On a un univers dans lequel, je parle des grandes capitalisations boursières,
02:26il y a la moitié qui font leurs revenus en dehors de l'Europe,
02:29et il y a l'autre moitié qui font leurs revenus à l'intérieur de la zone.
02:33C'est une sorte de polarisation, on va dire, à l'image de ce qui se passe dans le monde,
02:38finalement.
02:39Exactement. Et puis, c'est la globalisation qu'on a connue sur 20 ans.
02:43Et maintenant, en fait, qu'on essaie, encore une fois, d'essayer de se prémunir de différents bruits,
02:51on pourra évoquer des bruits, mais l'introduction des tarifs,
02:55et puis d'autres chaînes d'approvisionnement qui sont un petit peu rebranchées.
03:00Totalement, oui.
03:01Eh bien, on a une grille de lecture dans laquelle on n'a pas tous les éléments.
03:04C'est-à-dire que soit on se dit, OK, je veux investir en Europe parce que relance budgétaire,
03:08parce que je crois qu'on a un second souffle, parce qu'on met les moyens pour ça,
03:12et en plus, je veux prospérer avec mon pays, et je vais le faire.
03:16Mais si je le fais au travers d'un prisme dans lequel il y a la moitié qui est exposée
03:20aux États-Unis
03:21et dans lesquels je me mets à risque, ce n'est pas vraiment la bonne grille de lecture.
03:25Et en fait, ce qu'on a fait, c'est de manière assez simple,
03:27et c'est les ETF qui le permettent, et c'est aussi les indices et la granularité des informations
03:31qui sont maintenant disponibles, de se dire, on va découper le monde,
03:34on va regarder les actions qui font plus de 50% de leur chiffre d'affaires et leurs revenus
03:39au-delà des frontières de l'Europe, du reste de l'univers.
03:42Et on a globalement 40% des entreprises européennes qui sont dans un univers
03:48dans lequel plus de la moitié de leur chiffre d'affaires et leurs revenus
03:50se fait à l'intérieur de la zone, et on a 50-60% qui se fait en dehors de
03:57cette zone.
03:58Et donc là, en faisant ça, et peut-être en ajustant les problématiques de change,
04:05ça c'est pour les valeurs fortement exposées à l'international,
04:08on arrive à la recette parfaite, exactement de ce qu'on veut,
04:12si on veut intervenir sur les actions européennes, centré sur l'économie européenne.
04:16Exactement, en fait, la sensibilité, en faisant ce découpage,
04:20on part d'un postulat, on va dire, à 50-50, dans lequel je reste très sensible
04:24à ce qui se passe en dehors, si je veux en tout cas me polariser sur l'économie européenne,
04:30à 80% de la part des revenus en domestique.
04:34Pour arriver à un tel niveau, par le passé, ce qu'il fallait faire,
04:38c'était investir sur les small caps.
04:41Or, le biais small cap, le biais des petites capitalisations boursières
04:45qui sont extrêmement dépendantes à la gestion de la politique monétaire
04:50et à d'autres phénomènes, en fait, induit...
04:55En fait, c'est la fausse bonne idée.
04:57En fait, ce n'est pas que c'est la fausse bonne idée,
04:59c'est que je ne peux pas mettre autant de risques,
05:01je ne peux pas allouer une grande partie à cette conviction de dire
05:04« Je veux investir dans l'économie européenne parce que l'économie européenne,
05:07j'y crois et qu'elle a cette relance qu'on a évoquée. »
05:11Si je regarde les chiffres 2025, dans les actions européennes,
05:17globalement, 2025, c'était une bonne année,
05:19on a fait environ plus de 20%.
05:21La part de cet univers domestique a lui fait plus de 30%.
05:2530% de performance.
05:27Parce que tout ce qu'on a évoqué, notamment sur la défense, etc.
05:32Et donc, voilà.
05:33Donc, le prisme, maintenant, il me permet,
05:35avec ces expositions dites domestiques et internationales,
05:40de pouvoir construire un portefeuille en disant
05:43« Si je veux investir et en fait avoir l'univers le plus pur
05:49pour justement m'exposer à l'économie européenne,
05:51au travers de grandes capitalisations boursières,
05:54je peux le faire avec 80% de pureté dans lequel j'ai ce schéma. »
06:00Alors, bien sûr, on a des secteurs qui sont plus exposés
06:03au domestique et à l'international.
06:06Quand on regarde une répartition sectorielle,
06:08on a plutôt en domestique des valeurs de type utilities,
06:14de type bancaire, de type télécommunication.
06:16Mais donc, je suis en fait dans mon champ d'activité principal en Europe.
06:21Et sur les activités exportatrices, industrielles, le luxe,
06:27des énergéticiens, de la santé, énormément.
06:30Et donc là, je m'expose effectivement à ces aléas.
06:35Ce n'est pas forcément un mauvais calcul.
06:37C'est-à-dire qu'il y a des approches dans lesquelles
06:38je vais pouvoir construire un portefeuille en me disant
06:40« En ce moment, je veux m'exposer plutôt à cet univers Europe
06:45parce que le dollar est très volatile,
06:49parce que je veux me désensibiliser à ce qui se passe
06:51dans la géopolitique, dans le monde. »
06:53Et après, il y a d'autres moments où on se dit
06:55« Il y a un poumon de croissance extérieure
06:57que je vais pouvoir puiser en gardant ce prisme
07:02entre guillemets souverain de dire
07:03« Je veux investir au travers d'un canal européen,
07:07mais pour atteindre la croissance globale mondiale. »
07:12Et donc, ces outils permettent de le faire aujourd'hui.
07:14C'est quelque chose qui est…
07:16C'est très fort parce qu'on parle des ETF comme de la gestion passive,
07:21mais en fait, c'est un travail archi-actif d'échafauder la stratégie qui est autour.
07:25Et c'est ce que vous nous expliquez là, en fait.
07:27Voilà. En fait, nous, on parle beaucoup d'indiciel
07:30et très peu du mot passif parce que chaque décision d'investissement
07:34est une décision active dans la construction de ses portefeuilles.
07:38Et donc, la granularité permet maintenant aujourd'hui
07:40de créer des portefeuilles très précis.
07:43Merci infiniment, Arnaud Géant de BlackRock.
07:46On a vraiment été au cœur de la machine.
07:47C'était très intéressant.
07:49Donc, les ETF qui nous aident à nous protéger
07:51contre cette fragmentation géopolitique mondiale.
07:55Merci beaucoup.
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