00:007h44 sur BFM Business et sur AMC Live. Notre invité ce matin c'est Xavier Hoche. Bonjour, vous êtes le directeur général délégué de Groupama AM.
00:07On va bien sûr parler allocation d'actifs ensemble, mais avant on va commencer avec les taux parce que c'était notre sujet ce matin avec la France
00:13qui se finance désormais au même niveau que la Slovaquie. Il faut aller chercher la Lituanie pour se financer plus cher que la France.
00:21Est-ce que c'est un problème selon vous ou finalement ce n'est pas grave ? Ce qu'il faut c'est pouvoir payer et que le niveau de taux n'est pas un problème ?
00:29Pour l'instant ce n'est pas un problème. Pour l'instant ce n'est pas un problème parce qu'on reste à des niveaux qui sont à peu près acceptables.
00:35Tant que ça ne grève pas complètement les budgets, par exemple aux Etats-Unis où on a des taux autour de 4%, autour de 5%,
00:41là c'est un vrai problème parce que chaque année quand vous avez 100% de dette, vous avez 5% de déficit en plus.
00:47C'est comme ça. En France on n'est pas tout à fait sur ces niveaux-là. Donc pour l'instant ce n'est pas un problème.
00:52Ça peut encore à certains moments effectivement remonter un petit peu. On ne parle pas encore de faillite.
00:57Non mais on n'a pas dit ça. On n'a pas dit ça. On ne parle pas de faillite, ce n'est pas agréable.
01:03On est d'accord quand on est dernier de la classe, quand on a la dernière note de la classe, ce n'est jamais très agréable.
01:07Ensuite, il faut faire avec. Ça risque de continuer jusqu'aux élections.
01:12On dit souvent qu'aujourd'hui les investisseurs achètent de la dette française parce qu'il n'y a pas assez de dette allemande.
01:19L'année prochaine il va y avoir beaucoup de dette allemande sur les marchés.
01:22Est-ce que là ça peut faire un point de tension très fort ?
01:24Ça peut faire un point de tension. Ça peut faire aussi remonter un peu la dette allemande.
01:28Ce qu'on a vu déjà un peu vendredi.
01:30Exactement. Donc parallèlement on peut avoir le spread entre la France et l'Allemagne qui se réduit un peu à ce moment-là
01:35parce qu'ils ont des montants d'émissions assez forts l'année prochaine.
01:38On en aura un petit peu moins proportionnellement avec leurs différents plans.
01:42Mais pas des investisseurs qui se disent je n'achète plus de France, j'achète l'Allemagne ?
01:47Concrètement vous êtes un assureur français, vous avez à investir. Le rendement de la France c'est on va dire 80 BP au-dessus, 0,8% au-dessus du rendement de l'Allemagne.
01:58Comme vous n'anticipez pas que la France va faire défaut à court terme, en tout cas même à long terme,
02:04clairement c'est plutôt un bon investissement par rapport à l'Allemagne puisqu'elle va vous rembourser
02:08et le risque que la France fasse défaut pour un assureur c'est le risque nucléaire.
02:11On ne peut pas s'assurer contre le risque nucléaire.
02:12Donc pour un assureur français, acheter de la dette française, c'est tout bénef.
02:17Donc ça continuera, il continuera à y avoir des acheteurs.
02:20On ne va pas aller dans un monde où tout va s'arrêter du jour au lendemain.
02:23Donc l'assureur français a toujours intérêt à acheter de l'OAT.
02:27Est-ce que l'investisseur japonais qui lui a des taux qui remontent au Japon n'a pas intérêt à aller mettre ses billes là-bas ?
02:32Un petit peu, ça s'équilibre un peu, on est d'accord.
02:35Mais il avait plutôt intérêt à aller aux Etats-Unis déjà depuis pas mal d'années.
02:38Pourtant il est quand même un petit peu en Europe.
02:39Clairement l'Europe devient un peu moins attractive avec des taux un peu plus bas.
02:45Sur les marchés actions, c'est un enchaînement de records si on prend l'année sur le S&P.
02:50Si on prend l'année, on fait plus 16 sur le Nasdaq, plus 22.
02:53On fait pareil sur les indices japonais et sur les indices européens.
02:58On a aussi des records qui ont été signés cette année.
03:01Comment vous voyez évoluer le marché actions ?
03:03À quel point vous dites qu'aux Etats-Unis, tout est driveé par l'intelligence artificielle ?
03:08Alors c'est vrai qu'aux Etats-Unis, si on compare par exemple le S&P 500 avec l'intelligence artificielle,
03:12donc c'est avec les 7 magnifiques à l'intérieur, par rapport au S&P, on va dire « equal weighted »,
03:17c'est-à-dire qu'on pondère toutes les capitalisations à l'intérieur de la même manière.
03:21Donc on a quelque chose qui est beaucoup plus représentatif de l'économie.
03:25Le « equal weighting » fait à peu près 10%.
03:28Le S&P normal fait 16%, selon le jour 17%.
03:34Donc on a quelque chose qui est vraiment driveé par l'intelligence artificielle.
03:40Ça l'était encore plus en 2024.
03:42La question qu'on peut se poser, c'est est-ce qu'on est dans une bulle effectivement sur l'intelligence artificielle ?
03:47Alors concrètement, il n'y a… c'est pas un concept.
03:50Autant le « metaverse » c'était un concept, l'IA ce n'est pas un concept.
03:54Il y a plus d'un milliard d'utilisateurs sur l'IA, il y a 200 millions d'utilisateurs quotidiens.
03:59Donc ça va bouleverser toute l'économie.
04:01Donc on ne peut pas dire que ce soit un concept.
04:03Ensuite, toutes les valeurs de la tech dont on parle très souvent,
04:06les Google, les Microsoft, etc., ça se paye 26, 27, 28 fois en 2026.
04:12Donc c'est moins cher que Walmart.
04:14Donc il faut arrêter avec cette comparaison par rapport aux années 2000,
04:19où on disait « les valeurs sont trop chères ».
04:22Oui, elles étaient trop chères.
04:23Actuellement, on n'est pas du tout dans ce scénario-là.
04:25Alors que le marché baisse de 20%, il n'y a pas de problème.
04:28Ce n'est pas une vraie correction.
04:29On en profitera pour racheter.
04:30Mais on n'est pas du tout dans une bulle qui est complètement déraisonnable.
04:33Donc vous dites qu'un titre comme Nvidia, il n'a pas fini de grimper ?
04:36Il n'a pas fini de grimper.
04:37Alors il y aura des sous-bresseaux encore une fois.
04:39Ce n'est pas la question.
04:41Mais tout sous-bresseau, toute baisse est bonne pour remettre un peu des titres dedans.
04:46Alors il pourrait y avoir également des mouvements avec des décisions de la Fed.
04:49Bon, il semblerait quand même qu'on aille vers une baisse des taux.
04:52C'est ce qui se profile en janvier.
04:53Peu importe quel est le profil de celui qui prendra la tête de Jérôme Powell.
04:58Quel impact ça va avoir ?
04:59C'est-à-dire que l'économie américaine va se relancer ?
05:02Il va y avoir pour vous une courbe en cas qui va se réguler ?
05:05Comment vous voyez l'évolution de l'économie américaine ?
05:07Effectivement, on a trois parties dans le monde.
05:09On a les États-Unis avec l'Angleterre qui sont en train de baisser les taux.
05:13La partie européenne qui a des taux à peu près stables.
05:15Et la partie japonaise qui remonte ses taux.
05:17Donc ça peut créer un peu d'instabilité.
05:19Pour les États-Unis, clairement, ce qu'on voit c'est qu'il n'y a pas d'inflation.
05:22Ce qu'on avait dit sur Trump, il va avec le Liberation Day, il va y avoir de l'inflation, ça va être horrible.
05:27Les États-Unis vont repartir dans un phénomène horrible.
05:30Ça ne s'est pas du tout produit comme ça.
05:31Il avait un vrai plan en tête.
05:33Ça fonctionne.
05:33Ça ne nous plaît pas à nous, Européens, mais ça fonctionne.
05:36Son plan c'est de faire repartir l'économie.
05:38C'est que les emplois continuent à être créés.
05:41Alors certes, on a un taux de chômage qui monte un peu, mais on a un taux de chômage à quoi ? 4,6.
05:45Donc c'est quasiment rien.
05:46Donc attention au quai, ça remonte.
05:49Vous n'avez pas du tout d'inquiétude pour l'économie américaine ?
05:51On n'a pas du tout d'inquiétude.
05:52Ça chauffe très fort pour les parties les plus riches.
05:55Et puis le consommateur américain, lui, il a du mal à suivre.
05:59Vous n'avez pas cette analyse-là ?
06:00On a cette analyse-là.
06:01Typiquement, c'est ce qu'on voit par exemple dans les résultats de McDonald's.
06:03Quand on regarde les résultats de McDonald's, on voit que la tranche de la population la moins aisée va de moins en moins au restaurant.
06:09Et ça, c'est effectivement problématique.
06:11Ensuite, c'est un peu le problème des États-Unis qui laisse toute une tranche de la population…
06:20Sur le côté, ça fait partie de la structuration de l'économie américaine.
06:23Ça fait partie de la structuration.
06:25C'est un phénomène à part.
06:26Dans la stratégie de Donald Trump, il y a aussi la baisse du dollar.
06:29Là aussi, il y arrive.
06:30Là aussi, il y arrive.
06:31Il a fait 10% au premier semestre.
06:33Au deuxième semestre, ça se calme un peu.
06:35Globalement, le dollar…
06:36Alors, si on regarde sur de longues périodes, le dollar est encore surévalué de 10 à…
06:41Selon les termes, entre 10 et 30%.
06:43Alors ça, c'est à horizon 10 ans.
06:46Donc, ça ne va pas se faire encore une fois en ligne droite.
06:48Mais le dollar va continuer légèrement à baisser année après année.
06:52C'est le sens de toutes les valorisations fondamentales du dollar.
06:55C'est pas très bon pour nous quand même.
06:56C'est pas terrible pour nous.
06:57Je suis d'accord.
06:58Non.
06:58On est d'accord.
06:58C'est pas terrible pour nous.
06:59C'est pour ça que l'Allemagne relance.
07:01C'est pour ça que l'Europe a relancé post-Covid.
07:05L'Allemagne est en train de relancer.
07:07On pense que les plans, clairement, de réarmement vont relancer un peu l'économie.
07:12Mais c'est très favorable aux Etats-Unis.
07:15C'est peu favorable à l'Europe.
07:16On est bien d'accord.
07:16Mais du coup, quand on regarde l'allocation d'actifs, on a eu des patrons de fonds américains
07:20comme le patron BlackRock qui dit « l'Europe n'est pas morte, il faut miser sur les boîtes ».
07:24Et puis en plus, on n'est pas très cher.
07:25Donc, on peut faire quelques emplettes.
07:29Vous vous dites quoi, l'allocation d'actifs rêvés ?
07:31On accélère sur les Etats-Unis ?
07:32Comment vous jugez l'Europe ?
07:34Toujours très positif sur les Etats-Unis.
07:36Sur l'Europe, je pense qu'il faut être beaucoup plus opportuniste.
07:38Il n'y a pas de croissance.
07:39On n'est pas sur une croissance de 2-3% comme ce qu'on peut être sur les Etats-Unis.
07:42On est plutôt autour de 1%.
07:44Donc, clairement, il faut être beaucoup plus opportuniste.
07:46On a vu cette année, par exemple, des marchés comme l'Italie, comme l'Espagne.
07:50L'Espagne a fait plus 50%, l'Italie plus 30%.
07:52Et puis, de l'autre côté, le côté mauvais élève, on en parlait tout à l'heure,
07:56on a eu la France avec le CAC qui a fait plus 9, plus 10%.
07:59Donc, alors, c'est plus 9, plus 10%.
08:01Il n'y a rien de grave.
08:03Néanmoins…
08:03Mais vous dites acheter de l'Italie ou de l'Espagne, acheter pas de l'Europe au sens large.
08:07Alors, acheter de l'Europe au sens large, il y aura un petit peu de France dedans.
08:10C'est pas, on va dire, c'est clairement, c'est pas le cheval sur qui misait en ce moment.
08:14On ne se dit pas, tout va aller mieux demain.
08:16Enfin, il suffit d'allumer la télé ou d'écouter la radio pour se dire,
08:20ça ne va pas être un long fleuve tranquille.
08:23Dans l'actualité de la matinée, on a aussi l'once d'or qui touche.
08:25Un nouveau record, 3,4 383 dollars l'once.
08:30On prend quasiment 70% depuis le début de l'année.
08:33Vous misez sur l'or ou pas ?
08:34Pas du tout.
08:34Pas du tout, pourquoi ?
08:35Pas du tout, parce que, d'abord, dans des fonds d'investissement,
08:39c'est très compliqué de miser sur l'or.
08:40C'est un investissement très, très particulier.
08:44Ensuite, on garde toujours en tête cette relique barbare.
08:48Et puis, le côté de l'or qui permet à un particulier,
08:53en temps de guerre, si on a 5% de ses actifs placés en or,
08:56ça nous permet de garder son pouvoir d'achat.
08:58Mais l'or, concrètement, ça sert pour les banques centrales,
09:01pour les fonds d'investissement, c'est très compliqué.
09:03Donc, nous, on l'a laissé de côté pour l'instant.
09:06Et sur les cryptos, quelle est votre vision ?
09:08Alors, crypto, là encore, deux choses.
09:11La première, c'est, quel est le fondement économique de la crypto ?
09:15Pour nous, la crypto, c'est quelque chose...
09:17J'enlève les stable coins, qui ont vraiment des actifs, d'ailleurs.
09:20La crypto, type bitcoin, etc., n'a pas d'actifs en sous-jacent.
09:24Donc, ça ne vaut que ce qu'on lui donne comme valeur.
09:28C'est un peu comme l'or.
09:28C'est quelque part entre l'or et l'art.
09:32Donc, vous n'y allez pas.
09:33Donc, on n'y va clairement pas à l'heure actuelle.
09:37Ça, c'est la première chose.
09:37Et puis, ce qu'on a vu aussi, c'est qu'on disait,
09:39oui, vous verrez, les cryptos, ça va vous protéger
09:43si jamais il y a une crise.
09:44Et ce qu'on a vu, c'est que ça ne protégeait absolument pas du tout.
09:48Voir ça suit les marchés actions américains.
09:49Voir ça suit les marchés actions américains.
09:51Alors, il y a des fois où la corrélation est positive,
09:52des fois où la corrélation est négative.
09:53Donc, il faut faire très attention à ça.
09:55Donc, dans une allocation d'actifs, avoir des cryptos,
09:57oui, pour un particulier, s'il a une vision très claire, etc.
10:01Pour un institutionnel, c'est très compliqué
10:03parce que les corrélations ne sont pas du tout stables.
10:05Merci beaucoup, Xavier.
10:06J'ai devenue ce matin dans la matinale de l'économie.
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