- il y a 7 mois
Philippe Rivière, cofondateur d'Aci Groupe, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce vendredi 19 décembre. Ils sont revenus sur l'objectif et les enjeux de la recherche de financement ou de repreneur pour la société, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Il est 7h43 sur BFM Business et sur RMC Live.
00:03Notre invité ce matin c'est Philippe Rivière.
00:05Bonjour, vous êtes le président et cofondateur d'ACI Group.
00:08Merci d'avoir accepté de venir vous expliquer ce matin dans la matinale de l'économie.
00:13Vous n'êtes pas exprimé depuis plusieurs semaines.
00:15ACI Group, c'est la société mère d'un ensemble d'une trentaine de PME industrielles
00:18qui travaillent pour la défense, pour l'aéronautique, pour le nucléaire civil.
00:22Des entreprises en difficulté que vous avez repris au fil de l'eau
00:24pour constituer un groupe autour de 1300 salariés.
00:27ACI a été placé en redressement judiciaire en septembre dernier
00:30à la demande de votre associé après un audit qu'il considère lui comme catastrophique.
00:34Vous avez donc perdu le contrôle opérationnel du groupe
00:37qui est désormais dirigé par des administrateurs judiciaires.
00:40Il y a une enquête pénale qui est par ailleurs ouverte contre vous
00:42après une plainte au nom d'ACI pour soupçons d'abus de biens sociaux
00:45et de flux anormaux de gestion.
00:48Hier, événement important, le tribunal de Lyon a décidé de prolonger
00:51la période d'observation judiciaire jusqu'au 4 février
00:54pour que la holding ACI trouve une solution de financement
00:57ou un repreneur viable.
00:59Ma première question, vous ne dirigez plus l'entreprise
01:01mais vous êtes impliqué dans la recherche de pistes, de reprises, de financements.
01:06Vous continuez à chercher des fonds.
01:07Est-ce que vous êtes le mieux placé pour sauver l'entreprise ?
01:11Alors, merci Laure pour cet entretien.
01:13Aujourd'hui, ce n'est pas ma question, ce n'est pas mon débat.
01:16Aujourd'hui, l'idée, c'est de trouver effectivement la meilleure solution
01:19pour sortir par le haut l'ensemble de cette organisation industrielle
01:22que nous avons créée. Un petit peu de rappel quand même
01:24parce que ACI veut dire alliance de compétences industrielles.
01:27Aujourd'hui, on a une organisation qui est très atypique.
01:31C'est aussi pour ça, parfois, qu'elle a été...
01:33Les gens se sont interrogés, se sont questionnés
01:35sur l'organisation que nous faisions.
01:36Nous sommes les seuls aujourd'hui à pouvoir posséder
01:39l'ensemble de la chaîne de valeur.
01:40Je m'explique, c'est-à-dire qu'on sait faire le show,
01:42on sait faire la maîtrise de la matière première
01:44et aujourd'hui, c'est quand même la souveraineté technologique par-delà.
01:47Si vous ne maîtrisez pas votre matériau,
01:49vous aurez des difficultés à livrer.
01:50Donc, on a cette maîtrise-là et à la fin,
01:52on a la maîtrise du froid, donc de la transformation.
01:54Ça, c'est le premier point. Le deuxième point,
01:56c'est qu'on a constitué, comme vous l'avez souligné,
01:58une organisation qui est capable de livrer
02:00l'ensemble des filières de souveraineté.
02:01Très souvent, aujourd'hui, on retrouve des organisations
02:03et des consolidations qui ont été faites en filière.
02:05C'est assez rare, une organisation qui est capable
02:07de livrer deux ou trois filières.
02:09Mais vous ne répondez pas à ma question, Philippe Privière.
02:11Vous me dites que ce n'est pas votre débat,
02:12mais vous cherchez aujourd'hui des pistes
02:14pour que le groupe que vous avez essayé de constituer
02:16puisse continuer à survivre.
02:18Est-ce que vous êtes le mieux placé ?
02:20En fait, je veux répondre sur le fait que la question,
02:22elle n'est pas me concernant.
02:23Elle est concernant le groupe, elle est concernant
02:24l'ensemble de cette organisation et des 1 000 salariés,
02:271 200 salariés maintenant, qui sont derrière cette organisation.
02:30Après ma place dans la future organisation,
02:32ce n'est pas mon sujet du moment.
02:34Je discute avec un certain nombre d'investisseurs.
02:37On verra demain quelle est la place la mieux.
02:39Mais est-ce que des investisseurs, aujourd'hui,
02:41vous font confiance ?
02:42Est-ce que vous avez des pistes ?
02:44Nous avons des pistes, effectivement.
02:45Des pistes sérieuses ?
02:46Des pistes sérieuses, évidemment.
02:47Pourquoi ?
02:48Parce qu'on a démontré pendant ces trois mois,
02:51je pense, premièrement, une résilience exceptionnelle,
02:54dédiée en tout cas des organes de la procédure,
02:56vu la rapidité de l'ensemble de notre redressement,
02:59on a quand même continué à livrer,
03:01on a toujours respecté l'ensemble de nos clients.
03:05Donc on a démontré la résilience d'un outil industriel.
03:08Deuxièmement, je dirais, la continuité, la confiance de nos clients.
03:14Donc aujourd'hui, évidemment, que l'ensemble des parties prenantes,
03:18que ce soit le pouvoir public, que ce soit les organes de la procédure,
03:21et évidemment nous, on travaille de concert.
03:24Il y a aujourd'hui une sérénité qui a été remise au sein du tribunal,
03:27et c'est pour ça, d'ailleurs, qu'on a ces prolongations.
03:29Donc aujourd'hui, on est en capacité à aller chercher sereinement
03:32des gens qui vont nous accompagner pour sortir par le haut,
03:35parce que le désastre serait de sortir par le bas.
03:38Alors qui sont ces gens ?
03:38Parce qu'il y a une seconde plainte pour escroquerie, faux et usage de faux
03:41à l'encontre d'un mystérieux fonds d'investissement, Fortuna.
03:44Il devait apporter 82 millions d'euros.
03:47C'était des promesses.
03:48Qui était ce repreneur ? Il n'y a pas eu de suite ?
03:51Ce n'était pas un repreneur, c'était un investisseur.
03:53En effet, la seconde plainte, je ne sais pas,
03:55c'est la première, en tout cas, nous, on n'en a pas connaissance.
03:57Mais sur la deuxième, Fortuna, effectivement, on peut revenir sur l'origine.
04:02Aujourd'hui, on a une difficulté de financer le monde industriel
04:06sur la place publique française.
04:08Et donc, on s'est tourné à un moment donné où on cherchait,
04:11parce qu'on savait très bien qu'il fallait consolider nos capitaux propres,
04:13vers des investisseurs étrangers.
04:16On est tombé sur ce fonds qui, quand même, je dirais, a été public.
04:19C'est quelqu'un qui s'est montré, qui est venu soit dans les ministères,
04:23soit dans les événements publics du type Le Bourget, etc.
04:26Et effectivement, il s'est avéré qu'à la fin, c'était une escroquerie.
04:29On l'a subie, on l'a attaqué. Je pense que tout entrepreneur est optimiste
04:34et travaille pour le développement.
04:37Aujourd'hui, on travaille sur d'autres pistes.
04:41Et évidemment, des pistes, je l'espère, franco-françaises,
04:44parce que, vous l'avez dit, on est quand même d'abord sur des fiers de souveraineté,
04:47donc ça serait important.
04:48Mais évidemment, on n'écarte pas des investissements étrangers,
04:52parce que, encore une fois, l'essentiel, c'est de sortir.
04:53Mais si je comprends bien, vous êtes fait vous-même escroquer par Fortuna ?
04:57C'est ça, l'idée ?
04:59Exactement. C'est-à-dire qu'on a cru à ce fonds d'investissement
05:01qui a porté un certain nombre de garanties et de gages
05:04et qui a été présent physiquement.
05:06Et il s'avère qu'à la fin, il n'y avait pas d'argent.
05:08Vous parlez du Bourget.
05:09Mi-juin, vous annoncez au Bourget une potentielle introduction en bourse.
05:12Vous promettez 10 millions d'euros à une société d'avions électriques.
05:15Vous parlez de quadrupler le chiffre d'affaires
05:17pour atteindre 800 millions d'euros.
05:19Est-ce que vente du rêve, ça fait partie de la stratégie ?
05:21Est-ce que vous y croyez vraiment ?
05:22Est-ce que ça correspond à l'époque à ce qui était possible ?
05:25Ou est-ce que ce sont des promesses qui engagent que ceux qui les écoutent ?
05:28Alors, ce n'est pas du rêve.
05:29Je pense que, sincèrement, la consolidation,
05:32elle est très importante et d'autant plus en ce moment.
05:35Je vais reprendre encore une fois, excusez-moi, je reviens en arrière,
05:37mais à ce moment-là, l'exemple sur lequel on travaillait,
05:39c'était Novasco.
05:40Je pense qu'encore une fois, cette maîtrise du pôle chaud,
05:43du matériau et stratégique pour garantir la souveraineté
05:46dans les années futures de notre pays,
05:48il n'y a qu'Aubert et Duval aujourd'hui, quasiment,
05:50qui sont capables de nous fourdire des assises spéciaux.
05:52On travaillait en parallèle d'eux
05:54pour faire une complémentarité d'assises spéciaux
05:56avec ce que nous avons déjà,
05:58les deux fonderies, la forge et la reprise du laminoir de Novasco.
06:02Donc, vous voyez que ce n'était pas du rêve,
06:03c'était vraiment une construction industrielle.
06:06Bon, il s'avère que derrière,
06:07on n'a pas pu aller au bout de cette augmentation de capital,
06:09ce qui fait qu'on n'a pas pu faire les investissements assurés
06:12du type Voltaéro que vous avez souligné.
06:14Ça n'empêche qu'on a continué à l'aider,
06:16et notamment aujourd'hui, je sais qu'il a une solution en Malaisie
06:18pour continuer son aventure.
06:20Donc, voilà, mais on passe encore par des investissements étrangers,
06:22c'est ça quand même qu'il faut souligner.
06:24Et deuxièmement, vous le soulignez,
06:26on était en train de faire une préparation d'introduction en bourse
06:30et effectivement, du jour au lendemain,
06:32on a dû pivoter l'ensemble de notre organisation
06:34plutôt pour gérer un redressement judiciaire.
06:36Quand Roche Mécatech, qui est dans la Loire,
06:38qui est dans votre groupe et qui a déjà été repris,
06:41le délégué CGT parle de sa joie d'être sorti des griffes d'ACI.
06:45Il y a d'autres responsables syndicaux qui envisagent carrément
06:47une pyramide de Ponzi.
06:49D'autres parlent d'une méthode huilée pour dépouiller
06:51les outils industriels et aspirer les trésoreries.
06:53Qu'est-ce que vous répondez ?
06:54Alors, c'est très simple.
06:55Premièrement, la pyramide de Ponzi, je pense qu'on l'a démontré,
06:58on l'a répondu encore une fois avec cette résilience
07:00pendant les trois mois de notre organisation
07:02et de l'engagement des salariés qui fait qu'on a livré.
07:05Donc, c'est une vraie organisation,
07:06ce n'est pas une pyramide de Ponzi.
07:07Il y a des synergies qui étaient en cours.
07:10On peut prendre l'exemple de Roche-Mécatech
07:12qui était quand même une société qui, pendant quatre ans,
07:14était déficitaire, qu'on a supportée, qu'on a portée
07:16pour ne pas justement la mettre en redressement judiciaire
07:21parce qu'elle livrait les marchés de la défense.
07:23Donc, c'était aussi une organisation qui permettait du temps long
07:26pour faire du retournement.
07:28Et on a des exemples concrets sur lesquels ça a marché.
07:30Et puis, troisièmement, ce qu'on appelle le siphonnage d'une trésorerie,
07:34c'est la mise en place d'une organisation toute simple
07:36qui est une trésorerie de groupe
07:37qui permet justement à la fois de supporter les sociétés
07:41qui nécessitent du temps pour le retournement
07:44et les sociétés qui nécessitent de l'investissement
07:46parce qu'elles n'ont pas été faites.
07:47Et donc, ça, c'est une cohérence de groupe
07:50et donc une mutualisation des moyens.
07:52Face aux accusations de détournement de fonds,
07:54virement suspect, utilisation de fonds de la holding
07:56au profit personnel, gestion financière globale de l'entreprise.
07:59Je laisserai le tribunal juger, ce n'est pas mon rôle ici.
08:01Mais la presse s'est fait quand même le relais d'achats luxueux.
08:04Qui vous donne l'image d'un patron siphonneur de trésorerie
08:07pour s'acheter des porches.
08:08Est-ce que vous avez fait des erreurs ?
08:10Est-ce que vous avez l'impression qu'on veut vous coller une image de méchant ?
08:14Est-ce qu'on veut me coller une image de méchant ?
08:16Sûrement, parce que je dirais qu'il y a quand même,
08:18depuis maintenant, plusieurs jours et plusieurs mois,
08:21des attaques personnelles régulières.
08:23Peu m'importe.
08:23Moi, aujourd'hui, je suis focus sur mon travail
08:25et qui, encore une fois,
08:27sauver cette organisation cohérente
08:29pour les finir de souveraineté.
08:31Derrière, moi, encore une fois,
08:32je ne suis pas au courant de l'ensemble de ces procédures
08:34soi-disant lancées.
08:35S'il y en a un, on y répondra.
08:37Je suis très serein là-dessus.
08:38Mais ma priorité, ce n'est pas moi et ce n'est pas ça.
08:40Ma priorité, c'est, encore une fois,
08:42ne pas faire ce dépeçage
08:44qui pourrait être fait par le bas
08:45parce que l'ensemble de ces structures individuelles
08:48seront fragiles.
08:49Nous sommes face à des défis qui sont colossaux.
08:51On doit à la fois travailler sur une marque employeur
08:53parce que, depuis 20 ans,
08:55on a fait une société de service
08:57et pas une société industrielle.
08:58Donc, on n'a pas une image extraordinaire
09:00et attirante dans l'industrie.
09:01On doit à la fois se battre contre la cybersécurité.
09:03On doit à la fois être gros
09:04parce qu'il faut aller négocier
09:06des prix de matières premières,
09:07des prix d'énergie.
09:09Donc, on a tellement d'enjeux devant nous
09:11que la taille devient critique.
09:12Mais est-ce que ce n'est pas, justement,
09:15que c'est impossible,
09:16ce que vous avez essayé de faire, Philippe Rivière,
09:17et que, du coup, les fonds, ils n'existent pas
09:19et qu'à un moment donné,
09:21votre projet, il n'est pas faisable ?
09:23Il se fera.
09:24Peut-être avec des fonds étrangers,
09:25mais il se fera.
09:26La preuve en est, c'est qu'aujourd'hui,
09:27si on regarde les deux gros, entre guillemets,
09:30de la filière aéronautique,
09:31ils viennent de lever 300 et 200 millions d'euros,
09:33je crois, aux États-Unis.
09:35Bon, tant pis, c'est un état de fait,
09:37mais ça n'empêche que les industries restent en France,
09:39les industries continuent, tout de même,
09:41à fonctionner sur notre pays.
09:42Moi, ma volonté, c'est de garder
09:43les outils industriels sur le pays
09:45parce que même si on le fait financer demain
09:48par un tiers,
09:50je sais très bien que si on passe en économie de guerre,
09:52ces outils seront sur notre territoire
09:53et pourront, je dirais, soutenir
09:56l'ensemble des besoins de la nation.
09:58Est-ce qu'à la fin, vous dites que votre associé
09:59a eu raison de demander le placement
10:01au redressement judiciaire ?
10:02Ah non, pas du tout.
10:03Évidemment qu'on était sur une phase
10:05qui était critique,
10:06puisqu'on était à la fois sur l'augmentation de capital
10:08et à la fois sur l'introduction en bourse.
10:09Donc, on savait très bien
10:10qu'on était sur un palier
10:11où il fallait consolider les fonds propres.
10:13Sauf qu'en aucun cas,
10:15la situation du groupe méritait
10:17ce redressement judiciaire.
10:18Il y a d'autres procédures collectives
10:19qui permettent de travailler
10:21sur justement la refonte
10:24des dettes des entreprises
10:25comme des conciliations, des soldats.
10:26Pourquoi l'a-t-il fait
10:27si tout allait plus ou moins bien ?
10:29Aujourd'hui, je n'en ai pas la réponse.
10:31Premièrement, je ne la cherche pas.
10:32Encore une fois, je suis focus
10:33sur le projet industriel.
10:35Je suis focus sur ce modèle
10:39qui a démontré
10:40et qui, justement, on le voit,
10:42attire énormément.
10:44On a, sans travers de secret,
10:46des dizaines d'offres étrangères.
10:48Parce qu'ils ont vu
10:49cette complémentarité Paul Chaux-Paul Froid,
10:51ils ont vu cette résilience
10:52et ils ont vu la cohérence
10:53de l'outil industriel.
10:54Donc, à nous, aujourd'hui,
10:55d'être solidaires,
10:56de trouver un bleu-blanc-rouge
10:58permettant de rester dans la nation.
10:59Donc, vous aurez le 4 février 2026,
11:02vous êtes sûr d'avoir
11:03une offre de financement,
11:05des gens derrière vous ?
11:06Alors, le 4 février,
11:07ce n'est pas un coup près.
11:08C'est une nouvelle étape.
11:09C'est quand même une date importante.
11:10C'est une date importante,
11:11mais il y aura d'autres dates derrière.
11:13Ça n'empêche qu'on travaille
11:15de concert et encore une fois,
11:17nuit et jour et pendant les vacances
11:18pour trouver cette solution
11:19au plus vite.
11:20Pourquoi ?
11:21Parce que chaque mois,
11:22on a des risques tout de même
11:23de perdre certaines structures
11:25par le bas.
11:26Jusque-là,
11:27les structures que nous avons laissées partir
11:29ne faisaient pas forcément partie
11:30du cœur du réacteur
11:31que nous souhaitons conserver.
11:33Mais aujourd'hui, effectivement,
11:34il y a quand même urgence
11:35pour qu'on trouve la solution.
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