- il y a 3 mois
Samedi 20 décembre 2025, retrouvez Augustin Jaclin (Président, Lemon Tri), Pierre-Emmanuel Saint-Esprit (Directeur économie circulaire, Manutan) et Sixtine Jourde Roussel (Directrice des Coalitions, Circul'R) dans 4GOOD, une émission présentée par Alix Nguyen.
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00:00Sous-titrage MFP.
00:31Bienvenue dans For Good, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui construisent une économie juste et soutenable.
00:38Je suis bien sûr toujours en compagnie de Thomas Brozard. Salut Thomas.
00:41Salut Alite.
00:41Et aujourd'hui, on accueille Sixtine Jourd-Roussel, directrice des coalitions chez Circulaire, référence de l'économie circulaire qui accompagne les entreprises et les territoires dans la transformation de leur modèle.
00:53Pierre-Emmanuel Saint-Esprit est là, directeur économie circulaire et décarbonation chez Manutan.
00:59Manutan est un acteur majeur de la distribution B2B qui place le réemploi, le reconditionnement et la décarbonation au cœur de son modèle économique.
01:09Avec nous également Augustin Jacquelin, cofondateur de Lemon Tree, une entreprise pionnière dans la collecte, le tri et la valorisation des déchets.
01:17Bienvenue à tous les trois.
01:19Bonjour à tous.
01:20Au sommaire de cette émission, l'économie circulaire s'insère partout dans notre économie mais son développement reste trop lent pour soutenir activement la transition écologique.
01:30Alors pourquoi les entreprises peinent-elles à passer à l'échelle ?
01:33Où se situe vraiment le ROI de l'économie circulaire ?
01:37Et qu'est-ce qui distingue celles qui anticipent de celles qui subiront ?
01:42Éléments de réponse dans cette émission.
01:45Dans le pour ou contre, nos invités réagiront à cette affirmation.
01:48Les innovations françaises en matière de circularité sont suffisantes pour rendre nos industries compétitives à l'international.
01:57Et enfin, bien sûr, dans le pari d'avenir, chacun partagera une initiative, une actualité, une innovation concrète en faveur de la transition.
02:07Et Thomas, comme à chaque fois, on commence avec ton édito et tu as voulu prendre un peu de recul et poser le décor.
02:17Voilà, plantons le décor comme il est d'usage en évoquant le fait que l'économie circulaire est de plus en plus présente.
02:21On le voit par exemple dans les stratégies RSE des entreprises qui désormais ont très souvent une composante circularité.
02:26Pourtant, la maturité de notre économie mondiale, elle, semble encore loin du compte.
02:30Dans un rapport que j'ai trouvé datant de 2024, un rapport international, on voit que seulement 7,2% de l'économie mondiale,
02:37en valeur, serait circulaire.
02:39Alors, en clair, les intentions semblent progresser plus vite que les actes.
02:43Et si l'économie circulaire est devenue familière dans les discours, il faut encore constater qu'elle est marginale dans les modèles d'affaires.
02:48Comment expliquer ce décalage qui persiste entre ambition affichée et réalité économique ?
02:53Des blocages, évidemment, qui ne sont certainement pas techniques ou technologiques.
02:56Les solutions existent largement.
02:58En France, on le voit beaucoup et on l'évoquera avec nos invités aujourd'hui.
03:00Le blocage, il est sans doute plus organisationnel et puis aussi économique, puisqu'il faut des investissements initiaux parfois assez importants,
03:06parce qu'il faut transformer ces process et surtout, il faut revoir les modèles d'affaires.
03:09Et c'est là, sans doute, que le bas blesse le plus souvent.
03:12Pourtant, il y a plein de bonnes raisons de s'y mettre.
03:15Les matières premières, depuis 2020, de tout type, ont vu leur prix augmenter, parfois exploser, de 30 à 300%.
03:21On a vu aussi des chaînes de valeur dans lesquelles les ruptures d'approvisionnement ont pu poser beaucoup de problèmes à des entreprises.
03:26Et puis, certains piliers de l'économie circulaire que nous avons évoqués sont d'ores et déjà des solutions très concrètes pour répondre à ces enjeux-là.
03:33Si la circularité est encore trop souvent perçue comme un centre de coûts, il est temps de prendre conscience qu'en réalité, c'est une police d'assurance dans un monde en crise.
03:39Et alors, respecter la réglementation, c'est suffisant ?
03:43Alors, on l'évoque ici souvent, le rôle du législateur dans des sujets de transition.
03:46Le cadre réglementaire en France est plutôt renforcé.
03:49La loi AGEC, qu'on évoquera probablement, la responsabilité élargie du producteur.
03:53Mais si la réglementation pousse souvent à la conformité, ce n'est pas elle qui vient transformer les modèles d'affaires des entreprises.
04:00Et donc, beaucoup d'entreprises se concentrent aujourd'hui sur la réponse à ces réglementations-là, sur la gestion des déchets.
04:04Peut-être moins sur la conception et l'éco-conception de leurs produits, qui est une garantie absolument fondamentale pour que l'économie circulaire trouve son plein potentiel.
04:13La loi oblige donc à mesurer, à se conformer, mais pas à mettre en place des stratégies suffisamment ambitieuses.
04:19Où se crée concrètement alors la valeur économique dans un modèle circulaire ?
04:22Eh bien, ça dépend des boucles de circularité dont on parle.
04:25Et avant de rentrer dans la technique, finissons cet édito, on y passera ensuite.
04:28Mais lorsque la boucle est courte, les centres de coûts et donc les gains économiques ne sont pas au même endroit que lorsque les boucles sont très, comment dirais-je, allongées.
04:38Avec davantage d'intermédiaires, davantage de retours de matière dans les filières.
04:43Mais plus la boucle est courte, plus on conserve la valeur.
04:46Puisqu'en fait, en réalité, il faut se dire que jeter de la matière, c'est aussi souvent jeter une valeur déjà financée.
04:51Et ça, c'est bien dommage.
04:52Et pourquoi les entreprises ne peuvent-elles pas réussir seules sur ces sujets ?
04:56Parce que la circularité impose de revoir les modèles, de coopérer différemment, de partager parfois des données, des innovations avec d'autres entreprises, d'autres acteurs de la filière.
05:05Et ce n'est pas toujours le cœur du logiciel des entreprises pour ces filières plutôt que périmètres.
05:10Alors, nos invités vont nous expliquer comment ils essaient de faire travailler différemment des entreprises, comment ils montent des partenariats de façon nouvelle pour que la circularité, pardon, trouve son plein potentiel.
05:19Avec donc, on l'a évoqué, Circulaire qui met en réseau des entreprises avec Manutan, un acteur d'envergure et puis les monteries sur la gestion notamment des déchets, mais pas qu'eux.
05:28Et demain, les entreprises ne seront certainement pas jugées que sur leurs intentions circulaires, mais sur leur capacité à créer de la valeur sans détruire la ressource.
05:35C'est le cœur d'expertise de nos invités.
05:36Merci beaucoup Thomas pour cette mise en bouche avant notre débat.
05:40Vous allez pouvoir bien sûr développer.
05:43Mais avant ça, on passe au pour ou contre.
05:50Et pour ou contre, cette affirmation, les innovations françaises en matière de circularité sont suffisantes pour rendre nos industries compétitives à l'international.
05:59Vous me répondez d'abord pour ou contre, vous êtes obligés de vous positionner et ensuite chacun pourra développer.
06:04Sixtine.
06:06Contre.
06:06Pour.
06:07Ah, c'est bien.
06:08Contre.
06:09Eh bien, je serai pour.
06:10Eh bien, Sixtine, à vous de développer.
06:14Pourquoi ?
06:15Alors, déjà, merci beaucoup pour l'invitation.
06:18Sur ce sujet, on a des innovations comme les monteries, on a des groupes qui s'engagent comme Manutan, on a des réglementations, vous en avez parlé Thomas, avec la loi AJEC, qui sont assez précurseuses en France en la matière par rapport au niveau européen ou même international.
06:33Mais on a quand même des très gros challenges à l'économie, mais on a quand même des très gros challenges à adresser pour pouvoir circulariser encore l'économie.
06:38Que ce soit des challenges économiques ou des challenges organisationnels, culturels, vous avez commencé à les évoquer, on pourra les développer sûrement plus tard.
06:45Mais c'est pour cette raison que je dis, oui, on a les innovations, mais on n'a pas encore les conditions pour les passer à l'échelle, pour qu'elles soient réellement compétitives à l'échelle internationale.
06:53Pierre-Emmanuel.
06:54Pour moi, c'est juste une question de temps.
06:55Je rejoins Sixtine sur le fait qu'aujourd'hui, ça va être un peu compliqué.
06:58Mais un, on a l'accès majeur à plein de déchets, plein de ressources naturelles, puisqu'on a été une société de consommation B2B ou B2C pendant très très longtemps.
07:06Ce qui fait que la ressource, elle est là et on sait typiquement qu'en France, on a peu de ressources naturelles à extraire dans les sols.
07:10Deuxièmement, les innovations, elles sont là en permanence.
07:12En revanche, il y a un énorme problème de financement et je pense qu'on y reviendra avec un côté peu sexy de l'économie circulaire.
07:17Les innovations vont peut-être beaucoup moins parler que les investissements majeurs dans l'IA par exemple.
07:21Et troisième point, on voit que toutes les grandes entreprises qui sont déjà assez lideuses sur leur marché, qui ont fait des investissements circulaires, ne reviennent jamais en arrière.
07:29Or, elles sont pilotées par la compétitivité, par des notions de R&D, de technologie readiness level, etc.
07:35Et le fait qu'elles ne reviennent jamais en arrière montre bien qu'une fois qu'elles le font, ça assoit leur compétitivité à l'échelle internationale.
07:40Donc c'est juste une question de temps et il faut du coup, une innovation, elle est toujours en mouvement.
07:44Il faut surtout accélérer, mais je pense que c'est effectivement la clé pour rendre la France et de manière générale l'Europe beaucoup plus compétitive.
07:50C'est d'ailleurs, c'est sûrement la seule clé, je pense.
07:52Augustin ?
07:54Moi, plutôt contre, parce que déjà, on se parle, le terme innovation, on a l'impression qu'il faut réinventer la roue, etc.
08:00Alors que la réalité...
08:01On parle pas seulement de technologie, mais aussi de modèle économique.
08:03Exactement. Donc en fait, il y a beaucoup de choses qui existaient avant qui fonctionnent.
08:08Le but, ce n'est pas de revenir à un modèle ancien, mais c'est en tout cas de remettre un peu de sens dans parfois une course à l'innovation
08:18qui manque de frugalité ou qui met de côté, qui se focalise exclusivement sur la technique.
08:25Ça, c'était juste pour faire une petite précision sémantique.
08:28Et la raison pour laquelle je suis contre, c'est que la question, elle parle de compétitivité mondiale.
08:34Et on voit qu'aujourd'hui, il y a encore trop souvent une prime au vice.
08:39L'économie circulaire, c'est aussi pas mal lié à la matière.
08:42Tant qu'on a, on va dire, des énergies fossiles qui ne payent pas le vrai prix,
08:49parce que la réalité, c'est que la destruction des écosystèmes, l'émission de CO2,
08:53ça n'est pas incorporé dans le vrai prix de ces matières-là.
08:56Et donc, on a du mal, en étant vertueux, à être compétitif.
09:01Et sur ce sujet de compétitivité, est-ce que c'est suffisant ?
09:04Je dis non. Il va falloir aller plus loin dans la réglementation.
09:08Il va falloir faire plus pour que le vice ne prime pas.
09:13On a en France un écosystème entrepreneurial très riche en la matière.
09:16On l'a souvent évoqué ici.
09:17Je réfère écho à une campagne qui a eu lieu ces dernières semaines sur les nouveaux riches
09:21qui réunit un certain nombre d'entreprises qui portent de nouveaux modèles de consommation
09:25et qui sont très en lien avec la circularité,
09:28qui viennent dire qu'en fait, les nouveaux riches, ce sont ceux qui possèdent moins
09:30et qui partagent plus et qui ont accès à plus de valeur en ayant un coût qui est moindre.
09:34Dans cette campagne, il y a plein d'acteurs qui sont parfois connus du grand public,
09:38qui ont communiqué ensemble pour faire valoir cet idéal-là.
09:41Donc, preuve que l'écosystème entrepreneurial, il peut être très vivant sur le sujet.
09:44Ce qui nous manque peut-être, c'est qu'à la différence d'autres pays,
09:47et Pierre-Emmanuel évoquait les gisements de ressources existants dans un pays comme le nôtre,
09:51qui est une société de consommation assez intensive,
09:52on a néanmoins une chance, c'est que notre pays est moins touché que d'autres
09:56par des grandes pénuries qui peuvent être liées à plein de problèmes,
10:01que peuvent être les conséquences du dérèglement climatique par exemple, mais pas que.
10:04Et il est clair que dès lors qu'un pays est confronté à une pénurie très importante,
10:07tout d'un coup, le fléchage financier se réoriente pour soutenir des filières circulaires
10:11puisque les gisements neufs n'existent plus.
10:14Et aujourd'hui, la France n'est que trop peu sans doute confrontée à cela
10:16pour garantir des investissements massifs qui font que des entreprises
10:19dont le niveau d'innovation, de compétence, de maturité de l'offre est bon
10:23et suffisamment de financement derrière pour passer à l'international en fait.
10:27Pour rebondir là-dessus en deux secondes, complètement d'accord,
10:30hormis la grande part de l'industrie qui du coup baisse en permanence
10:33et qui est à peu près maintenant à moins de 10% du PIB,
10:36en fait, la raison pour laquelle pas mal d'industries ferment,
10:38il y a évidemment le problème de compétitivité,
10:40mais il y a aussi parfois le fait que le métier n'est plus possible
10:42parce que la moindre pièce détachée, la moindre ressource vient d'extrêmement loin
10:46et que du coup, la chaîne en elle-même n'est plus du tout compétitive
10:49et c'est là aussi où on voit des retournements assez incroyables
10:51d'usines qui étaient censées fermer.
10:53On a deux, trois exemples malheureusement pas du tout assez.
10:55L'exemple de l'usine de Sèbes, l'exemple connu de la Refactory de Renault
11:00où en fait, le seul moyen justement, c'est de faire une usine circulaire
11:02pour retrouver de la compétitivité pour l'industrie au sens large
11:05puisqu'effectivement, je te rejoins là-dessus.
11:07Le dernier petit point pour rebondir aussi sur ce que disait Augustin,
11:10c'est que ces innovations ne pourront pas du tout être compétitives sur le long terme
11:16sans ce que t'évoquais effectivement, un prix juste
11:19et pourquoi j'étais plutôt pour, c'est qu'il y a des mécanismes qui commencent
11:22et qui, à mon avis, vont payer sur le long terme.
11:23Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières qui commence là en janvier 2026
11:27qui est pour l'instant très très limité
11:28mais qui peut faire très très mal à certains modèles
11:30qui effectivement ont la prime au vis.
11:33Il y a certaines entreprises
11:34et certaines entreprises qui ont commencé à calculer
11:37même effectivement dans le P&L, c'est encore très rare,
11:40le vrai prix, on va dire, notamment de l'empreinte carbone.
11:43C'est cette trajectoire-là qui est essentielle
11:44et qui permettra peut-être à un moment donné
11:46de faire en sorte que ces modèles circulaires soient les seuls rentables.
11:49Peut-être pour compléter, au-delà de la compétitivité,
11:51il y a un enjeu très fort pour les entreprises
11:53de robustesse, de résilience de leur modèle d'affaires
11:56et de leur chaîne d'approvisionnement.
11:58Donc l'économie circulaire, ça vient répondre beaucoup
12:00à cet enjeu-là en renforçant les chaînes de valeur,
12:03en créant ces fameuses boucles plus courtes.
12:05Et là, comme signal faible positif,
12:07on voit quand même les industriels
12:08qui reposent sur une industrie
12:11avec une extraction de matières premières,
12:14le cuivre, l'aluminium,
12:15des matières premières stratégiques et ou critiques,
12:17qui ont pris conscience de cet enjeu-là
12:19avec différentes crises géopolitiques, économiques,
12:22des tensions sur des approvisionnements
12:23avec de la disponibilité de matière
12:25sur laquelle on commence à se questionner.
12:27Et donc nous, on observe chez les circulaires
12:28que ces industriels-là commencent vraiment
12:31à intégrer l'économie circulaire,
12:32non pas comme un must-have qui pourrait être
12:34dans des sujets un peu à part par rapport au business,
12:37mais vraiment au cœur de l'opérationnel.
12:39Comment est-ce qu'on en fait un enjeu de performance
12:42vraiment et de robustesse ?
12:43Oui, le marqueur prix,
12:46quand on a vu exploser les prix du gaz
12:48avec la guerre en Ukraine,
12:52on s'est dit, ah ben finalement,
12:54est-ce que rechauffer du verre pour produire,
12:56que ce soit du verre neuf ou du verre même recyclé,
12:58parce qu'il faut beaucoup de chaleur
13:00pour recycler une bouteille en verre ?
13:02Est-ce que, en fait,
13:03ça devient beaucoup moins compétitif ?
13:05Est-ce que juste nettoyer une bouteille
13:06pour la remettre en service,
13:07ce ne serait pas plus malin ?
13:08Et c'est vrai que là,
13:09quand il y a ce type de crise qu'évoquait Thomas,
13:12des pénuries ou des choses,
13:14des chocs,
13:16on se repose les bonnes questions
13:17et la compétitivité de ces systèmes-là
13:21augmente fortement.
13:23L'économie la plus circulaire,
13:24c'est l'économie de guerre.
13:25On n'a pas envie d'être en guerre,
13:26mais en revanche,
13:27quand on est en guerre,
13:28et effectivement,
13:29dans cette typologie,
13:30pour reprendre le point sur la pénurie,
13:32pour le coup,
13:32personne ne se pose la question
13:33de faire attention,
13:34d'économiser,
13:34de faire gaffe à la matière,
13:35etc.,
13:36puisqu'effectivement,
13:37il y a une contrainte très forte.
13:38Donc, on ne souhaite pas,
13:39encore une fois,
13:39une guerre sur le territoire,
13:40mais en fait,
13:40le parallèle est là.
13:41Oui,
13:42et ceux qui l'ont connu,
13:43d'ailleurs,
13:43ces périodes de guerre,
13:45on sent qu'ils ont quand même
13:47encore en mémoire
13:49une certaine frugalité.
13:52Et est-ce que la France
13:52est bien positionnée
13:53face à ses concurrents européens
13:56et mondiaux ?
13:57Comment on se place ?
14:00Peut-être un élément,
14:01merci,
14:02peut-être un élément
14:02sur la partie plus législateur,
14:05réglementation,
14:06on est quand même assez précurseur,
14:08à ce que je disais au début,
14:09sur certaines dimensions.
14:11Peut-être deux exemples là-dessus.
14:12Donc,
14:12il y a la loi AGEC
14:13dont on parlait au début,
14:14donc la loi anti-gaspillage
14:15et pour l'économie circulaire
14:16qui date de 2018,
14:18qui a plein de volets,
14:19plein d'articles
14:20dans cette réglementation.
14:21Et pour donner un exemple,
14:22on est le premier pays au monde
14:24à avoir interdit
14:25la destruction
14:26des invendus non alimentaires.
14:29Exemple,
14:29un autre exemple
14:30sur les discussions en cours
14:31sur le traité sur le plastique.
14:33On fait partie du groupe de pays
14:34avec d'autres pays
14:35comme le Rwanda,
14:36par exemple,
14:37qui milite non pas juste
14:39pour le recyclage du plastique,
14:42mais vraiment la réduction
14:43de l'utilisation du plastique.
14:44Donc,
14:45c'est quelques exemples.
14:46Évidemment,
14:46il faut aller beaucoup plus loin,
14:48notamment sur le fléchage
14:49des subventions.
14:49Et c'est un message évidemment
14:51que les entreprises portent
14:53sur l'accompagnement
14:54des investissements
14:55qu'elles peuvent faire.
14:56Comment est-ce qu'elles peuvent
14:56être cofinancées,
14:57accompagnées,
14:58que ce soit les grandes entreprises
14:59ou évidemment les porteurs
15:01de solutions
15:01qui ont des capacités
15:02d'investissement
15:02qui sont moindres
15:03et qui ont plus de mal
15:04à démontrer aussi
15:06la capacité d'emprunt
15:07auprès des banques.
15:08Donc,
15:08ils ont besoin d'avoir
15:08des carnets de commandes remplis,
15:09ils ont besoin d'avoir
15:10des grandes entreprises
15:11qui leur font confiance
15:12et d'écofinancements
15:14comme on en trouve
15:16déjà aujourd'hui
15:16mais qui ne sont clairement
15:17pas au niveau
15:19de ce qu'on pourrait
15:19avoir besoin.
15:21Pour rebondir
15:21sur la partie économique,
15:23la question est hyper intéressante
15:24parce qu'en fait,
15:25on est incapable
15:25d'y répondre.
15:27Contrairement à d'autres secteurs,
15:29le PIB
15:29ou que certains vont appeler
15:30le PIC,
15:31c'est par exemple
15:32Produits Intérieurs Circulaires,
15:33c'est par exemple un concept
15:34proposé par Clément Chenu,
15:35en fait,
15:36n'est pas mesurable
15:36aujourd'hui
15:38en l'état
15:38de nos finances publiques,
15:39de l'INSEE,
15:40etc.
15:40puisque c'est un peu technique
15:42mais les entreprises
15:42qui font de la circularité
15:43n'appartiennent pas
15:44à un secteur spécifique.
15:45En fait,
15:45il y en a partout.
15:47On a uniquement...
15:47Alors,
15:47il faut penser par secteur,
15:49est-ce qu'il y a des secteurs
15:49où on est plus en avance
15:50que d'autres ?
15:51Je peux vous répondre,
15:51il y a ce secteur,
15:52on n'est plus en avance
15:53parce qu'il y a une idée
15:54assez macro.
15:55Donc oui,
15:55typiquement dans les mobilités,
15:57on a quand même avec Renault,
15:58avec Arnais,
15:59avec Stellantis,
15:59dans les batteries,
16:00dans le mobilier,
16:01dans l'IT,
16:01etc.
16:02Mais ce n'est pas bien quantifié
16:03quand l'entreprise
16:04n'est pas uniquement
16:05sur la circularité.
16:06Typiquement,
16:06on connaît le chiffre d'affaires
16:07de Back Market
16:07ou de Lemon Tree
16:08qui ne font que de la circularité
16:09mais ce n'est pas représentatif
16:11suffisamment.
16:12Et c'est un gros problème politique
16:13puisque très souvent,
16:15quand un secteur l'emporte
16:16d'un point de vue un peu
16:17lobbying au sens positif du terme
16:18pour dire
16:18qu'il y a des financements,
16:19c'est parce qu'il est capable
16:20de prouver
16:20qu'il va générer
16:22beaucoup d'emplois,
16:23beaucoup de chiffres d'affaires.
16:24Et donc,
16:24c'est un combat important
16:26d'être capable
16:26de mesurer ça
16:27pour justement montrer
16:28que c'est un secteur sérieux
16:30comme l'économie sociale
16:31et solidaire
16:31est capable de le faire.
16:32Tout le monde connaît
16:32à peu près 10%
16:33ou un peu plus.
16:35Il y a certaines industries
16:36importantes
16:37comme l'audiovisuel
16:38ou autres
16:38à certains moments
16:39qui ont su passer à l'échelle
16:40en montrant le pouvoir
16:41d'un point de vue économique.
16:43D'un point de vue européen,
16:43on sait que les Pays-Bas
16:44sont plutôt en avance,
16:46que les Pays nordiques
16:46ont plutôt une grande sensibilité
16:47sur la matière,
16:48sur le design
16:49et la seule chose
16:49qu'on a à disposition,
16:50c'est le rapport
16:51qu'évoquait Thomas
16:51sur le taux de circularité
16:53à l'échelle mondiale
16:54qu'on a avec une ONG
16:55aussi un dispatch
16:56au niveau national.
16:58Cette ONG
16:59qui est néerlandaise
17:00dit que par exemple
17:00ce sont les Pays-Bas
17:01qui ont le taux de circularité
17:02le plus important.
17:03Je pense qu'ils ont
17:04potentiellement raison
17:05mais voilà,
17:05c'est les limites de l'exercice.
17:07Ce n'est pas une donnée macro,
17:08ce n'est pas l'OCDE.
17:10Et ça, pour le coup,
17:11encore une fois,
17:11c'est essentiel
17:12pour pouvoir faire
17:13un bon plaidouiller.
17:15Et moi,
17:15si je peux rajouter quelque chose
17:16sur le sujet déchet
17:17qui est effectivement
17:18le secteur
17:19que je connais le mieux.
17:21Côté européen,
17:22on fanfaronne quand même
17:24pas trop.
17:24En France,
17:25on a beaucoup de pays
17:26autour de nous
17:28qui sont bien plus avancés
17:30à tel point
17:31qu'on est aussi taxés
17:34par l'Europe
17:35sur la gestion
17:36de certains déchets,
17:37particulièrement le plastique.
17:39C'est 1,5 milliard d'euros
17:41que l'Europe inflige,
17:43enfin,
17:43l'Europe inflige
17:441,5 milliard d'euros
17:45d'amende
17:46à la France
17:47parce que notre taux
17:48de recyclage du plastique
17:49est trop faible.
17:51Donc, évidemment,
17:52il y a des progrès à faire
17:53et justement,
17:54inspirons-nous
17:55de nos voisins
17:56qui,
17:58sur certains segments,
17:59ont 10, 15 ans d'avance.
18:00Pour rendre longueur d'avance,
18:01oui.
18:02C'est fini après,
18:02on peut être au débat.
18:03Oui,
18:03je voulais juste rebondir
18:04sur le point
18:05sur le chiffre d'affaires circulaires.
18:06Je pense que c'est un point
18:06super important.
18:08Il y a quelques entreprises
18:09qui ont commencé
18:09à le faire volontairement,
18:11de elles-mêmes
18:11produire le chiffre
18:13de leur chiffre
18:14d'affaires circulaires.
18:15Il y a l'exemple
18:15de Decathlon,
18:16par exemple,
18:17qui a une croissance
18:19de son chiffre d'affaires circulaires
18:20de l'année dernière
18:21sur cette année
18:22ou les années d'avant,
18:22je ne sais plus,
18:23de 10%,
18:24qui représente maintenant
18:25à peu près 3%
18:26de son chiffre d'affaires.
18:27Donc,
18:27ça commence à être conséquent
18:28pour un groupe
18:28de cette taille-là.
18:29Et nous,
18:29on a une coalition
18:31sur l'industrie circulaire,
18:32avec des grands industriels,
18:34Seb,
18:35Legrand,
18:36Thales,
18:36Safran,
18:37Alstom,
18:37etc.
18:38L'objectif de l'année prochaine,
18:40ça va être de mesurer
18:40leur chiffre d'affaires circulaire.
18:42Et donc,
18:42on aura un état des lieux,
18:44alors pas représentatif
18:45de l'ensemble
18:46de l'économie française
18:47ni du secteur industriel
18:48français ou européen,
18:50mais sur ces entreprises-là,
18:51déjà,
18:51de savoir d'où elles partent,
18:52qu'est-ce qu'on considère
18:54aussi comme un chiffre
18:54d'affaires circulaire ?
18:55Parce qu'on n'a pas forcément
18:56toujours la même vision
18:57et les mêmes parties prises
18:59sur ce qui serait circulaire
19:00ou pas.
19:01Donc,
19:01ça va être l'objectif
19:02des travaux de 2026
19:03de cette coalition
19:04industrie circulaire.
19:05Donc,
19:05ça pourrait être un bon
19:06point de départ des discussions.
19:06Il y aura un grand,
19:07je suis sûr,
19:08waouh.
19:08En fait,
19:09il y a quelque chose
19:09à chaque fois
19:10quand on va dire
19:10« mais vous ne vous rendez pas compte
19:11ce que c'est
19:11que la circularité »,
19:12les gens qui vont le découvrir
19:13pour la part à foi
19:13et notamment dans le monde politique,
19:15c'est « ah bon,
19:15c'était ça ».
19:16Et moi,
19:16j'ai hâte d'avoir le résultat
19:17parce que je pense
19:17que ça va choquer
19:18en fait
19:19et c'est très bien.
19:21Gardez-en sous le pied,
19:22on passe au débat.
19:27L'économie circulaire
19:29est souvent associée
19:30au recyclage
19:31et aux maladies
19:31c'est réducteur.
19:33Dans quel cas
19:34le recyclage
19:34est une fausse bonne idée ?
19:38Sixtine.
19:40Je dirais
19:41quand on peut faire
19:42autre chose,
19:43en fait,
19:43quand on peut limiter
19:44le déchet
19:47pour maintenir
19:48la valeur
19:48le plus longtemps possible
19:50et donc créer
19:50des boucles plus courtes.
19:52Le recyclage,
19:52évidemment,
19:53fait partie
19:53de l'économie circulaire
19:54mais c'est une boucle
19:54qui est à la fois
19:55énergivore
19:56et qui souvent
19:57ne permet pas
19:59de maintenir la valeur.
20:00On va être obligé
20:00de décycler,
20:01donc de ne pas utiliser
20:02la matière
20:03pour son usage initial
20:04et d'en faire
20:05une autre matière
20:06qui aura moins de valeur
20:07que le produit initial.
20:09Donc,
20:09on sait qu'il y a
20:10plusieurs enjeux
20:11qui sont posés
20:11par le recyclage
20:13et on sait aussi
20:13qu'il y a plein
20:14d'autres possibilités.
20:15On évoquait tout à l'heure
20:16le réemploi.
20:17Le réemploi,
20:18sous la forme
20:19de la réutilisation
20:20du contenant
20:20parce qu'il y a aussi
20:22le vrac,
20:22il y a aussi la recharge
20:23mais là,
20:23je pense qu'on se parle
20:24plutôt du réemploi
20:24sous la forme
20:25réutilisation du contenant.
20:27Typiquement,
20:28le réemploi,
20:28ça dépend de la maturité
20:30du marché,
20:31ça dépend du contenant,
20:32de l'appétence
20:33du consommateur,
20:34etc.
20:34Mais on sait qu'à partir
20:35d'un certain nombre
20:35de rotations
20:36d'un contenant alimentaire
20:38ou cosmétique,
20:40on travaille aussi
20:41sur ces sujets-là
20:42pour la cosmétique.
20:43Ça devient environnementalement
20:44plus intéressant
20:45de faire du réemploi
20:47que de l'usage unique
20:48avec du recyclage.
20:49On se rend compte aussi
20:50qu'il y a un modèle économique.
20:52Alors,
20:52il est à partir
20:53d'un certain nombre
20:54d'années,
20:54d'un certain nombre
20:55de volumes,
20:56d'une certaine maturité
20:57du marché.
20:58Donc,
20:58c'est toutes ces conditions-là
20:59qu'il faut créer.
21:00Mais voilà,
21:01c'est un élément de réponse
21:02sur le recyclage.
21:03Peut-être,
21:03puisqu'on évoque
21:04pas mal de concepts
21:05qui sont englobés
21:06dans l'économie circulaire,
21:07il sera de bonne utilité,
21:09je pense,
21:09pour ceux qui nous regarderont
21:11et celles qui nous regarderont
21:12de le mettre en perspective
21:12sur une filière
21:14ou sur une chaîne de valeur.
21:15Donc,
21:15on a là,
21:16je crois à l'écran,
21:17un schéma
21:17qui le restitue.
21:19Mais il y a en fait
21:20des piliers
21:21de l'économie circulaire
21:22qui adressent
21:22la partie conception,
21:23production,
21:24la partie distribution,
21:25la partie consommation
21:26et la gestion
21:27de la fin de vie.
21:28Et à chacune
21:28de ces grandes étapes,
21:29on a des piliers
21:30de l'économie circulaire
21:31qui permettent
21:32d'optimiser
21:32le rendement matière.
21:33Puisque c'est tout l'enjeu
21:34de l'économie circulaire.
21:35C'est de bien optimiser
21:36ce rendement-là.
21:37Puisque quand on parle
21:38de recyclage,
21:38on a donc un déchet.
21:39Et le meilleur déchet,
21:41ça reste celui
21:41qu'on ne produit pas.
21:42Ça,
21:42c'est le vieil adage
21:42de l'économie circulaire
21:43qu'il faut rappeler aujourd'hui.
21:45Et donc,
21:45il y a plein de façons
21:45de faire
21:46dans l'éco-conception
21:47des produits
21:47pour que dès lors
21:48qu'il y a une pièce
21:49qui est cassée,
21:51qu'il y a une fonctionnalité
21:52qui n'est plus adressée,
21:54on puisse soit le séparer
21:55pour récupérer
21:56les différentes matières
21:57ou les utiliser
21:58à d'autres fins,
21:58le réemploi,
21:59le détournement
22:00d'usage,
22:01etc.
22:01Donc,
22:01en fait,
22:01en réalité,
22:02le schéma le présente bien,
22:03il y a plein de façons
22:04d'agir avant d'arriver
22:05à l'état de déchet
22:06qui est donc
22:07cette valeur économique
22:08qui s'est perdue
22:09au fil du temps
22:10et qui aurait peut-être
22:10pu être réinjectée
22:12dans le circuit
22:12par le biais notamment
22:13des différents mécanismes
22:14que Sixtine a évoqués.
22:16Sur le sujet des déchets,
22:17on parle vraiment
22:17d'une hiérarchie
22:18de traitement des déchets.
22:19Donc,
22:19il faut imaginer
22:20une pyramide
22:22et le recyclage
22:24n'est pas en haut
22:24de cette pyramide.
22:25Effectivement,
22:26il y a des choses
22:26mieux à faire
22:27avant le recyclage
22:29qui est juste
22:29focalisé
22:32sur la partie matière.
22:34On se parle
22:34de réemploi,
22:35on se parle
22:35de réparation,
22:37de reconditionnement.
22:39Donc,
22:39tout ça,
22:40effectivement,
22:40ça forme des boucles
22:41et la boucle
22:42est de plus en plus grande.
22:44La boucle du recyclage,
22:46c'est loin d'être
22:46une fausse bonne idée
22:47parce que c'est quand même
22:48un mode de traitement
22:49qui est beaucoup plus vertueux
22:50que l'enfouissement.
22:52J'aime bien dire
22:53l'enfouissement,
22:53vous levez le tapis,
22:54vous mettez
22:55toute la poussière en dessous
22:56et vous partez,
22:58vous verrez
22:58ce qui se passe
22:58dans quelques années
22:59ou même l'incinération.
23:02Donc,
23:02l'incinération,
23:03même quand derrière
23:04il y a une récupération
23:05de la valeur calorique,
23:07on chauffe,
23:08on brûle,
23:09ça va dans des réseaux
23:09de chaleur,
23:10ce n'est pas complètement perdu.
23:12Néanmoins,
23:13c'est en dessous
23:14dans cette fameuse
23:14hiérarchie de traitement
23:15des déchets
23:16du recyclage
23:17qui est du même
23:17en dessous du réemploi
23:18qui est du même
23:19en dessous
23:19de la réparation.
23:21Donc,
23:21il faut vraiment imaginer
23:22ces différentes boucles
23:23et se poser la question
23:25quand on a un produit
23:26en fin de vie
23:27de la meilleure boucle
23:29qu'on peut avoir.
23:32Je vais prendre
23:32un petit pas de côté.
23:34L'économie circulaire,
23:35ce n'est pas une idéologie.
23:37Le recyclage,
23:38le réemploi,
23:39etc.,
23:39ce sont des techniques
23:41et il y a plein
23:42de modèles circulaires
23:42qui sont nuls.
23:44En fait,
23:45moi,
23:45avec mes étudiants
23:47à l'ESSEI
23:48qu'on parle beaucoup
23:49des comités circulaires,
23:49on étudie chaque projet
23:50exactement comme
23:52n'importe quel business model.
23:53Par exemple,
23:53il y a des projets
23:54qui vont être rentables
23:55pour la planète
23:56en termes d'impact,
23:56en termes de CO2,
23:57en termes de ressources
23:58et d'autres pas du tout.
23:59En fait,
23:59la problématique
24:00qu'on a aujourd'hui,
24:01il y a une hiérarchisation
24:02et je suis complètement d'accord
24:03qui est d'ailleurs légale,
24:04qui est dans le code
24:04de l'environnement,
24:06de « il faut privilégier
24:06le recyclage,
24:07etc. »
24:08Mais le problème,
24:09le casse-jean,
24:10de ne pas rentrer
24:10dans le détail systématiquement,
24:12secteur par secteur,
24:13chez Manuton,
24:13on a un score
24:14d'impact environnemental,
24:15le recyclage,
24:16je n'en sais rien,
24:16avec de l'acier dedans,
24:17ça n'a rien à voir
24:18avec le réemploi,
24:19du mobilier,
24:19etc.
24:20Le problème d'avoir
24:21parfois ces grandes briques
24:22et ces grandes questions
24:23de « le recyclage,
24:24c'est mieux, etc. »
24:25c'est qu'il y a des secteurs
24:25où des grandes typos
24:27géantresistes
24:27vont te foutre sur la gueule
24:28en mode « moi,
24:29c'est mieux que toi
24:29parce que dans l'absolu,
24:30ça, c'est mieux qu'eux. »
24:31En fait,
24:32on ne demande pas
24:32est-ce que le digital,
24:34c'est une bonne idée ?
24:35Est-ce que le digital,
24:36c'est rentable
24:36et du coup,
24:36on supprime les commerciaux ?
24:38Je vais prendre un secteur,
24:39je prends le contre-pied,
24:40mais le secteur de la santé,
24:41par exemple,
24:41personne n'a envie
24:42de prendre un vaccin
24:43avec une seringue réutilisée.
24:45Le réemploi n'a aucun sens
24:47dans ce niveau-là.
24:48Et donc là,
24:49il est urgent
24:49qu'on passe à l'étape d'après
24:50qui est qu'il y a
24:52du mauvais recyclage,
24:53il y a du mauvais réemploi,
24:54il y a des modèles
24:55qui sont débiles
24:56et on fait l'analyse,
24:57on va au fond du sujet
24:58et on arrête un petit peu,
25:01si je suis un peu cash,
25:03les grands concepts, quoi.
25:05Entre guillemets,
25:06les grands concepts,
25:07c'est important.
25:07Maintenant,
25:08on rentre dans le fond des sujets
25:08et dans l'industrie circulaire,
25:10dans ce que dit Augustin Hautre,
25:12parfois, encore une fois,
25:13l'équation,
25:13elle est bonne
25:14ou elle n'est pas bonne.
25:15L'économie circulaire,
25:15ce n'est pas un parti politique,
25:17ce n'est pas le sujet.
25:18Et elle peut être bonne
25:20dans le temps,
25:20c'est-à-dire,
25:21c'est aussi ce que disait Sixtine,
25:23quand on prend une bouteille,
25:25à partir de combien de cycles
25:28le réemploi est plus pertinent
25:32que l'usage unique
25:33et le recyclage.
25:34Donc, on le sait,
25:35pour un pot en verre,
25:36c'est quatre tours.
25:37À partir du moment
25:37où vous l'avez quatre fois,
25:38d'un point de vue purement carbone,
25:41c'est l'ADEME qui le dit,
25:42l'étude de 2024.
25:44Et effectivement,
25:46c'est ça,
25:46aller dans le fond des choses,
25:47c'est-à-dire,
25:48faire les analyses
25:49de cycles de vie,
25:50regarder les différents impacts,
25:52secteur par secteur,
25:53voire même produit par produit,
25:54quand on a le luxe
25:57d'aller aussi loin
25:58dans le détail.
25:59Et en revanche,
25:59le poids à gratter,
26:00c'est que parfois,
26:01l'analyse comme ça,
26:01elle est faite,
26:02elle ne fait pas plaisir
26:02à l'entreprise
26:03qui est en place
26:03sur son secteur.
26:05Et donc, du coup,
26:05le discours qui va être dit derrière
26:06va être un petit peu
26:07potentiellement différent
26:08de la réalité des chiffres.
26:09Et là, ça s'appelle l'innovation.
26:10Et si on n'est pas capable,
26:11quand on est une entreprise
26:12comme ça,
26:12de prendre le tournant
26:13de l'innovation circulaire,
26:14comme il y a des boîtes
26:15qui se sont fait
26:16disruptées par le digital,
26:17eh bien,
26:18au revoir, quoi.
26:24Et Augustin,
26:26quand une entreprise
26:26travaille avec vous,
26:27c'est plutôt une contrainte
26:28réglementaire
26:28ou un sujet économique
26:30pour elle ?
26:31C'est un mélange
26:32de tout ça.
26:33C'est-à-dire qu'en général,
26:35il y a quand même...
26:35Est-ce qu'elles savent
26:36vraiment ce que deviennent
26:37leurs déchets ?
26:37Est-ce qu'elles ont...
26:38En fait, le sujet déchet,
26:39c'est systématiquement
26:40un coût.
26:41Donc, nous,
26:42on raisonne plutôt
26:43en termes de coût évité.
26:45Voilà, dans une boîte,
26:46le P&L,
26:47alors sauf si vous produisez
26:49des fils de cuivre,
26:50effectivement,
26:51la revente
26:51de vos chutes de production
26:53va être intéressante.
26:56Mais dans une entreprise
26:57classique,
26:57nous, on gère les déchets
26:59dans près de 1 000 entreprises,
27:01essentiellement du secteur tertiaire.
27:03C'est un poste de coût.
27:04Donc, les motivations,
27:06elles sont d'abord
27:07une mise en conformité
27:08avec la législation.
27:10Voilà, la loi AGEC
27:10a posé un décor
27:11extrêmement clair
27:12et puis des évolutions
27:13à venir.
27:15Donc, déjà,
27:15si vous ne faites pas,
27:16vous vous faites taper
27:17sur les doigts.
27:20Il pourra toujours y avoir,
27:22si je caricature,
27:23vous mettez tous vos déchets
27:24dans la scène,
27:25ça vous coûte moins cher
27:25que de les confier
27:26à un acteur
27:27qui fait les choses proprement.
27:28Donc, c'est là où je dis
27:29qu'il n'y a pas forcément
27:30un bénéfice économique immédiat.
27:33Mais derrière,
27:34c'est aussi des sujets,
27:37je vais dire même,
27:38parfois de marques employeurs,
27:40c'est-à-dire,
27:40je m'engage,
27:41je suis une entreprise respectueuse.
27:43Donc, il y a cette dimension
27:47réputationnelle,
27:51il y a cette dimension légale
27:53et puis, heureusement,
27:55quand même,
27:55de temps en temps,
27:56on arrive justement
27:57en supprimant
27:59des déchets ultimes,
28:00en allant chercher
28:01de la valorisation matière.
28:03Je pense à un de nos clients
28:04qui a un très gros centre commercial,
28:06on récupère des milliers
28:07de tonnes de cartons.
28:08Ce carton,
28:08il a une valeur
28:09et on permet
28:12à ce client-là
28:13de descendre
28:14sa note finale
28:15sur les déchets.
28:15On ne va pas lui faire
28:16gagner de l'argent,
28:17mais on va lui faire
28:17réduire ses coûts.
28:19Et, Céline,
28:19quand une entreprise
28:20vous dit que ça va leur
28:22coûter trop cher,
28:23qu'est-ce que vous leur répondez
28:24concrètement ?
28:25Que ça leur coûterait
28:26encore plus cher
28:27de ne rien faire aujourd'hui
28:28et d'attendre
28:29que ça leur tombe dessus
28:31dans quelques années
28:32ou dans quelques mois.
28:34Et on a l'impression
28:36qu'une partie des entreprises
28:38commence à comprendre ça
28:39quand même
28:39parce qu'on vient
28:41moins nous voir
28:42qu'à l'époque
28:43sur une contrainte
28:45réglementaire
28:46ou un enjeu d'image,
28:47mais plus sur une nécessité.
28:50C'est une tendance,
28:51évidemment,
28:51ce n'est pas 100%
28:52des entreprises,
28:53mais on a clairement
28:54un signal faible,
28:57positif,
28:58sur l'identification
28:59que c'est un enjeu
29:00opérationnel,
29:01business,
29:01de performance,
29:03vraiment.
29:04Quand on a,
29:04je vous parlais,
29:05des industriels,
29:06des entreprises
29:08de cette envergure
29:09qui se mettent ensemble
29:09pour créer un cadre
29:10de coopération
29:11sur les matières premières
29:12critiques,
29:14stratégiques,
29:14comment est-ce qu'on fait
29:15pour accéder
29:15à des gisements
29:16d'aluminium,
29:18de cuivre recyclé,
29:19par exemple,
29:20comment est-ce qu'on fait
29:20pour créer vraiment
29:22des projets opérationnels
29:23ensemble
29:24avec un nouveau mode
29:25de travail
29:25écosystémique
29:27en coopétition.
29:29Voilà,
29:29ça challenge beaucoup de choses,
29:30ça coûte de l'argent,
29:31certes,
29:31mais ça challenge aussi
29:32une manière de travailler
29:33ensemble,
29:34ça prend du temps
29:35aux équipes,
29:36donc il y a clairement
29:37une envie de bouger
29:38au-delà d'une contrainte
29:41réglementaire qui existe,
29:42mais qui,
29:42sur beaucoup de sujets,
29:43n'est quand même pas
29:43non plus très contraignante.
29:45Les sanctions
29:46ne sont pas forcément
29:47contraignantes
29:48pour des acteurs
29:48de ce type-là.
29:50Et les enjeux d'image,
29:52on a des signaux
29:52contradictoires
29:53aujourd'hui,
29:55on a aussi,
29:57malheureusement,
29:58des bas clashes
29:58environnementaux
29:59qui font que,
30:00voilà,
30:00ça a un peu moins
30:01la cote aussi
30:02qu'il y a quelques années,
30:03donc si elles continuent
30:05à y aller,
30:06c'est parce qu'elles y trouvent
30:06aussi autre chose,
30:07quoi.
30:07Et je pense que c'est
30:08vraiment parce qu'elles ont
30:09compris que c'était
30:09au cœur de leur...
30:10C'est peut-être là aussi
30:10que ceci étant,
30:11la responsabilité
30:12élargie du producteur
30:13peut à l'avenir
30:14jouer un grand rôle
30:14puisqu'en fait,
30:15pendant notre économie
30:17historiquement linéaire,
30:19c'est qu'on a autorisé
30:20quelque chose d'assez étonnant,
30:21c'est qu'on peut mettre
30:22sur le marché des produits
30:23dont on est absolument
30:24plus responsable
30:25dès lors qu'ils ont été vendus.
30:26Donc on extrait
30:27de la ressource,
30:28on la transforme,
30:28on la vend
30:29et mon rôle est terminé
30:30dans cette affaire,
30:32se débrouilleront
30:32par la suite
30:33d'autres acteurs.
30:34C'est assez étonnant
30:35et jusqu'à aujourd'hui,
30:36ça fait notamment
30:36que les metteurs
30:38sur le marché
30:38n'ont jamais à gérer
30:39à la fin de la vie
30:40des produits
30:40le stock de déchets
30:41qu'ils ont eux-mêmes
30:42contribué à créer.
30:44Et je vais faire
30:44un parallèle dans notre vie,
30:45quand on génère des déchets
30:47avec des poubelles
30:48et que tout d'un coup
30:48il n'y a plus de ramassage
30:49en bas de chez nous,
30:49on se rend très vite compte
30:50qu'on en génère
30:51beaucoup trop.
30:52Donc la responsabilité
30:53élargie du producteur
30:54dit notamment désormais
30:55d'émetteurs sur le marché
30:56devront se soucier
30:56de la fin de vie
30:57et du traitement
30:58de la fin de vie
30:58de ces produits.
30:59Je pense qu'on va avoir
31:00du mal à ce qu'elle soit
31:01pleinement appliquée,
31:02établie pour toutes
31:03les filières, etc.
31:04Parce qu'il y a des discussions
31:05qui sont en cours
31:06notamment au niveau européen.
31:08Mais si on arrive
31:08à mettre ça en place,
31:09je pense que ça changera
31:09beaucoup de choses
31:10parce que là,
31:11les enjeux d'image
31:11seront majeurs.
31:12Les enjeux du modèle d'affaires
31:14de ces acteurs-là
31:14seront aussi très fortement bousculés.
31:17Donc j'espère sincèrement
31:18qu'on arrivera
31:18à faire évoluer
31:19beaucoup le sujet
31:20en France notamment.
31:22La résonance aussi
31:24par rapport à ta réponse,
31:26elle est beaucoup
31:26sur la gouvernance
31:27des entreprises.
31:29Moi, chez Manutan,
31:29j'ai une chance folle
31:31qui est que c'est une entreprise
31:32avec une gouvernance
31:34qui ne change pas
31:34parce que c'est un groupe familial
31:35et qui est non coté.
31:37Et c'est extrêmement important
31:38puisque l'économie circulaire,
31:39elle demande de la patience
31:41et d'avoir une vision
31:42sur la périté
31:43de l'entreprise à long terme.
31:44Et aujourd'hui,
31:45il y a un truc
31:45que ne fait pas la circularité,
31:46c'est de faire exposer
31:47votre cours de bourse
31:48si vous faites
31:48un avancement circulaire.
31:49Si je caricature,
31:50une entreprise
31:51qui est cotée en bourse
31:52avec une pression des actionnaires
31:53sur les dividendes,
31:55le CEO, la CEO,
31:56elle est là pour 2-3 ans,
31:57la circularité
31:58est une mauvaise idée
31:58parce que ce n'est pas
31:59un truc qui va faire exploser
32:01encore une fois
32:02la valorisation
32:03dans le modèle actuel
32:04de la financiarisation
32:05notamment de la bourse.
32:06En revanche,
32:07si votre entreprise
32:07vous intéresse à 10, 20, 30, 40 ans
32:09et que vous en fichez
32:10complètement d'un cours de bourse
32:10qui ne révèle pas d'ailleurs
32:11parfois la solidité
32:13de l'entreprise,
32:14là, vous avez des vrais leaders,
32:16des femmes et des hommes
32:17qui vont dire
32:17la circularité, il n'y a pas le choix.
32:19Et moi, je n'ai pas trouvé
32:20la solution.
32:21Pas de faire switcher
32:22les boîtes, encore une fois,
32:23qui, dès qu'on leur en parle,
32:25quand on parle à des femmes
32:27ou des hommes
32:27qui dirigent notamment
32:28les entreprises intermédiaires,
32:29il n'y a pas de débat.
32:30Et en revanche,
32:30je vais faire switcher.
32:30Ceux qui sont en mode,
32:31moi, je suis là pour 2 ans,
32:32tu as exposé le cours de bourse
32:33et repartir derrière,
32:34ça, c'est plus compliqué.
32:35Il faut qu'on trouve
32:35un levier à ce niveau-là
32:36qui n'est pas évident.
32:38Et le diktat du court terme,
32:40il est valable dans pas mal
32:41de secteurs.
32:42Et ce que tu dis,
32:44j'ai en mémoire,
32:46c'est un discours
32:47qui est pas mal porté
32:47par Cécile Belliot,
32:48qui est la CEO de Bell,
32:51et qui dit la même chose
32:52que toi.
32:52Moi, on m'a donné mandat
32:53dans une entreprise
32:54qui réfléchit
32:55dans le temps long
32:55et ça me permet
32:57de faire
32:58les investissements nécessaires
32:59et notamment
33:00sur ces sujets
33:00durables,
33:02ces sujets de circularité.
33:04Dans le temps court,
33:05vous ne réagissez
33:05qu'aux crises,
33:06c'est la crise du gaz,
33:07la guerre en Ukraine,
33:08mais on peut espérer
33:09qu'il y ait des transformations
33:10en dehors des crises.
33:11C'est le seul moyen
33:12de faire switcher
33:13ces boîtes
33:13qui réfléchissent
33:14qu'encore une fois
33:14à la valorisation.
33:15Dans les nouveaux standards
33:16de Bicor,
33:17dont on parle parfois ici,
33:18c'est intéressant d'observer
33:19que justement
33:20la gouvernance
33:21est assez liée
33:22à la circularité
33:23et au fonctionnement
33:25en coopération.
33:26C'est-à-dire qu'au-delà
33:27de mesurer
33:27des rendements en matière
33:28ou la baisse
33:29des impacts environnementaux
33:30des ressources,
33:32les entreprises
33:33sont désormais questionnées
33:34sur leur organisation
33:35pour assurer une vision
33:36suffisamment long terme
33:38pour qu'on puisse
33:38engager des actions
33:39qui malheureusement
33:40à très court terme
33:41sont rarement
33:41directement bénéfiques
33:43au niveau économique.
33:44Mais on vous oblige aussi,
33:45en tout cas,
33:46dans les exigences désormais,
33:47il y aura tout ce qu'on appelle
33:48les actions collectives
33:49pour faire évoluer
33:49des filières.
33:50Parce qu'on l'a dit,
33:51l'économie circulaire
33:52ne peut pas être l'affaire
33:52que d'une entreprise
33:53qui est silotée
33:54par rapport au reste
33:54de ses chaînes de valeur.
33:55On doit beaucoup plus coopérer,
33:57partager parfois
33:57des infos sensibles.
33:58Et moi, je suis très heureux
33:59qu'on ait une évolution
34:00des standards
34:00de cette certification
34:01qui couvre quand même
34:06Et Sixtine, pourquoi, oui,
34:08justement, une entreprise
34:09ne peut pas réussir seule ?
34:12Alors, sur l'économie circulaire,
34:13il y a un premier enjeu
34:15qui est celui des...
34:16En fait, on parle
34:16de flux de matière.
34:17Donc, il y a quand même
34:18un enjeu sur la massification
34:19des volumes.
34:20Pour arriver à trouver
34:20des modèles d'affaires,
34:21il faut avoir
34:22des volumes suffisants
34:23pour filer l'exemple
34:25du réemploi.
34:26On a plusieurs coalitions
34:27sur le réemploi
34:28de contenants.
34:30Les entreprises
34:30se mettent ensemble
34:31pour, un, massifier
34:32ces volumes
34:33et essayer de trouver
34:34une forme de modèle économique
34:35grâce à ça.
34:36Et, deux, maximiser l'impact
34:37vis-à-vis du consommateur
34:38parce qu'évidemment,
34:39si vous êtes une marque
34:40avec quelques références
34:41perdues dans des linéaires
34:42bourrées à craquer
34:43et que vous dites
34:44« si vous me rapportez,
34:46vous aurez peut-être un euro »,
34:47il y a beaucoup de chance
34:48pour que personne
34:48ne capte cette information
34:50et ne rapporte le contenant.
34:52Et surtout,
34:52ça coûterait beaucoup trop cher
34:53de laver juste une marque.
34:55Donc, à tout point de vue,
34:56c'est nécessaire
34:56de massifier,
34:57de maximiser l'impact.
34:59Donc, ça,
34:59c'est la première raison.
35:00Et ensuite,
35:01la deuxième raison,
35:02ce qu'on disait
35:02sur la réglementation
35:03et les financements,
35:04c'est que, finalement,
35:05il faut faire de l'influence.
35:07Et pour faire de l'influence,
35:08il faut être un groupe d'entreprise.
35:09C'est ce que peuvent faire
35:10des collectifs comme Bicorp,
35:12c'est ce que peuvent faire
35:12des coalitions d'entreprises,
35:13des fédérations aussi,
35:15sur ce volet-là,
35:17d'aller chercher du plaidoyer
35:20en identifiant
35:21quels sont les enjeux
35:21sur lesquels ils vont avoir besoin
35:23d'un soutien public,
35:25que ce soit financier
35:26ou d'adaptation
35:26des dispositifs existants.
35:28Donc, je pense que
35:29c'est au moins deux raisons
35:31pour lesquelles
35:31il faut travailler en collectif.
35:33Et en l'état,
35:33qu'est-ce qui empêche
35:34cette coopération ?
35:37Je pense que c'est
35:37un historique culturel.
35:40C'est la gouvernance,
35:40le partage de données.
35:41Vous parliez de gouvernance
35:42et de culture.
35:46La société,
35:47l'économie surtout,
35:48ultra compétitive
35:49dans laquelle on est,
35:51ne nous a pas appris
35:52à travailler en coopétition.
35:54Donc, il faut réapprendre ça.
35:56Il faut comprendre
35:57qu'en écosystème,
35:59on est plus fort
35:59sur certains enjeux,
36:00ce qui n'annile absolument pas
36:01la compétition
36:02sur d'autres enjeux.
36:04On a Pernod Ricard,
36:06Campari,
36:06Bacardi,
36:07etc.
36:07dans notre coalition
36:08sur le réemploi des bouteilles.
36:10Évidemment,
36:11ils sont concurrents
36:12sur le business.
36:12Il n'y a pas de sujet là-dessus.
36:13Justement,
36:13quand vous réunissez
36:14les producteurs,
36:14les distributeurs,
36:15les logisticiens,
36:17qu'est-ce qui est
36:17le plus difficile à aligner ?
36:21Alors, ça va dépendre
36:22des sujets,
36:23mais il peut y avoir
36:24sur l'image,
36:26quels vont être
36:26les messages
36:27qu'on va véhiculer
36:27parce qu'ils vont tous
36:28avoir des discours,
36:30une manière de parler
36:31aux consommateurs
36:32qui est différente
36:33et ils ont une image
36:34de marque,
36:34un marketing
36:35qui est différent.
36:36Et donc,
36:37comme je disais
36:37sur le réemploi,
36:38il faut quand même
36:38avoir une forme
36:39de cohérence globale
36:40du discours
36:41pour que ça fonctionne.
36:42Sinon,
36:42s'il y a un euro par ci,
36:43un euro par là,
36:44une fois on ramène là,
36:45machin,
36:45il faut de l'interopérabilité,
36:48il faut un discours
36:49cohérent globalement.
36:52Donc ça,
36:52ça peut être un enjeu
36:53de réussir
36:53à les aligner là-dessus.
36:55Après,
36:55ce qu'on observe quand même
36:56globalement,
36:57c'est que ça fonctionne bien.
36:58Franchement,
36:59l'alignement,
37:00une fois qu'on a défini
37:01un projet commun,
37:02qu'on a une vision claire,
37:03qu'on aime bien dire
37:05qu'on sait d'où on part,
37:06on sait où on va,
37:07donc le A,
37:08le Z,
37:09on sait le B,
37:10l'étape juste après
37:12et par contre,
37:12ce qu'il y a entre le B
37:13et le Z,
37:14on ne sait pas trop
37:14comment ça va se passer
37:15mais ce qui est important
37:15c'est de garder le Z
37:16et de construire ensemble
37:17ces différentes étapes.
37:19Donc c'est culturel
37:19avant toute chose.
37:20C'est ce qu'on peut observer
37:21en tout cas
37:22d'un point de coalition
37:23parce que...
37:23Et puis ça marche
37:24quand il y a des intérêts communs.
37:25Là, on parlait
37:25d'économie d'échelle,
37:28s'il faut faire
37:28des investissements massifs,
37:30on est content
37:30de les partager
37:31avec ses petits camarades
37:32et puis là,
37:33plutôt des coalitions,
37:36on va dire,
37:36secteur par secteur
37:37mais quand on se parle
37:39d'économie circulaire,
37:40on se parle
37:40de changer aussi le système.
37:42Donc,
37:43ce n'est pas uniquement
37:44des acteurs du même secteur
37:45qui se mettent ensemble,
37:47c'est tout le système
37:48qu'il faut changer.
37:49Et l'exemple du réemploi,
37:50il y a que c'est parlant.
37:51En ce moment,
37:52l'éco-organisme Citeo
37:53qui est en charge
37:54des emballages
37:55a lancé une très grande
37:56expérimentation
37:57pour justement
37:59accélérer le réemploi
38:00en grande consommation.
38:02Mais du coup,
38:03il faut aligner
38:03les industriels
38:05en amont,
38:06donc les metteurs
38:06en marché,
38:07ceux qui vont mettre
38:08les produits,
38:09les Danone,
38:09les Bonduelle,
38:10les Heineken,
38:11etc.
38:11Après,
38:11il faut aller voir
38:11les distributeurs.
38:13C'est quand même
38:13tout un autre secteur
38:14pour leur dire,
38:16effectivement,
38:16mettez-les dans les rayons
38:17pour que ça fonctionne.
38:18après,
38:20il faut évidemment
38:21parler au conso
38:21dans ce que tu disais,
38:22ce que vous disiez
38:23qui est effectivement...
38:26Voilà,
38:26pour que le sujet existe
38:28d'un point de vue
38:29communication.
38:31Et derrière,
38:31il y a encore
38:31toute une chaîne industrielle,
38:33c'est-à-dire
38:34des transporteurs,
38:35recréer un maillage dense
38:38de structures
38:39qui lavent
38:39ces emballages.
38:40donc toute cette boucle,
38:42c'est un système complet
38:43et c'est pour ça
38:44que ça ne se fait pas
38:45en un claquement de doigts
38:46et c'est pour ça
38:46qu'on a besoin
38:47les uns des autres
38:48pour que ça marche.
38:49Pour me dire là-dessus,
38:50c'est très intéressant
38:51votre question
38:51parce que
38:51qu'est-ce qui bloque ?
38:54La première raison,
38:54c'est que l'économie
38:55actuelle linéaire
38:57est sur-optimisée
38:58et fonctionne extrêmement bien
38:59d'un point de vue financier.
39:01Si je prends
39:01la distrique B2B,
39:03les transporteurs,
39:04le monde tourne
39:05sur trois cas de transporteurs.
39:07Si je prends
39:07les logiciels utilisés
39:09dans les entrepôts,
39:09parce que la question
39:10du logiciel
39:10qu'on va utiliser
39:11pour faire de l'industrie
39:12circulaire,
39:12il faut l'adapter,
39:13c'est encore un truc
39:13où il faut y aller
39:14de tout le monde.
39:14Tout le monde utilise
39:15les mêmes warehouse
39:16management systems
39:17ou order management systems,
39:18c'est comme SAP.
39:20En gros,
39:20le truc est sur-optimisé,
39:21fonctionne hyper bien
39:23et donc ce n'est pas
39:23que l'économie circulaire
39:24ne va pas marcher,
39:25c'est qu'il faut convaincre
39:25des gens,
39:26des boards,
39:27des DAF,
39:27des tout ce que vous voulez
39:28que c'est une super idée
39:29avec une vision
39:31à 5-10 ans
39:32parce que c'est le seul moyen
39:33que machin
39:33et puis on adore la planète
39:34qu'il faut faire
39:34de l'économie circulaire
39:35alors que le système actuel
39:38d'un point de vue financier
39:39fonctionne extrêmement bien
39:40et qu'on n'est pas
39:40si pénalisé que ça
39:41d'un point de vue réglementaire
39:42ou d'un point de vue financier.
39:44Donc ce n'est pas technique
39:45le problème.
39:46C'est encore une fois
39:46les gens ont l'habitude.
39:48L'exemple parlant aussi
39:49c'est qu'aujourd'hui
39:50si je veux faire livrer
39:52deux chaises
39:53y compris en B2B
39:53dans Paris,
39:54ça me coûte
39:55beaucoup moins cher
39:56que d'aller collecter
39:57les deux mêmes chaises,
39:58les chaises usagées
40:00potentiellement,
40:01les collecter
40:01pour les faire reconditionner
40:02parce que ces transporteurs-là
40:03n'ont jamais créé
40:04une business unique
40:05dédiée à ce qu'on appelle
40:06la collecte préservante
40:07qui est un sujet
40:08différent d'un secteur à l'autre
40:09puisqu'on ne va pas
40:10collecter de la même manière
40:11des bocaux en verre
40:11ou je sais quoi
40:12que des tables
40:12mais le sujet est le même
40:14c'est que personne
40:15ne s'est attelé
40:16à optimiser ça
40:17et à baisser les coûts
40:18donc à rendre les modèles rentables
40:19etc.
40:20Je ne sais pas ce que je réagis là-dessus
40:21parce qu'il y a un exemple intéressant
40:23de ce qu'on appelle
40:23la reverse logistique
40:24et c'est par exemple
40:25le groupe La Poste
40:26qui a expérimenté ça
40:27à des échelles
40:28sans doute encore assez modestes
40:29mais de dire
40:29puisque les facteurs
40:30vont constamment chez les gens
40:32pour déposer du courrier
40:33peut-être qu'ils pourraient
40:34ramener dans leur camionnette
40:35des éléments
40:36peut-être de chaises
40:37ou d'autres choses
40:37donc en fait
40:38on peut trouver
40:39de la super optimisation
40:41aussi dans les boucles circulaires
40:42mais voilà
40:42c'est là qu'il faut faire parler
40:43La Poste
40:44avec des citoyens
40:44des citoyennes
40:45avec des industriels
40:47avec des warehouse
40:47et aujourd'hui
40:48il n'y a pas forcément
40:49d'acteurs
40:49de centres névralgiques
40:51de ça pour le mettre en place
40:52à la différence
40:53d'une économie linéaire
40:54où je te passe la balle
40:55et puis à la fin
40:55ça finit à la poubelle
40:56c'est ça la vraie dif
40:57Et alors justement
40:58d'ici 5-10 ans
40:59qu'est-ce qui différenciera
41:00les entreprises
41:01qui auront pris
41:01ce virage tôt
41:03de celles
41:04qui le subiront
41:05leur santé économique
41:06Non mais je reviens
41:08à ce que je disais
41:09à l'édito
41:09je rentre en premier
41:10sur la question
41:11mais face à des pénuries
41:13potentielles grandissantes
41:15à des ruptures
41:15de chaînes d'approvisionnement
41:16à des explosions de coûts
41:17on l'a déjà évoqué ici
41:18par exemple sur l'alimentaire
41:19le coût d'acquisition
41:21ne serait-ce que de fruits
41:21par exemple
41:22de pays d'Afrique du Nord
41:23qui ont des rendements
41:24qui baissent
41:24fait que les entreprises
41:26qui n'auront pas suffisamment
41:27pris le parti
41:28de la circularité
41:29alors on va peut-être
41:29pas recycler du jus d'orange
41:30mais on se comprend
41:32seront sans doute
41:33on va pas dire assurément
41:35mais très certainement
41:36plus robustes
41:36que des acteurs
41:38qui aujourd'hui
41:39continuent un modèle
41:40linéaire classique
41:40et puis peut-être aussi
41:41que dans certains cas
41:42on n'a pas encore du tout
41:44parlé aujourd'hui
41:45des consommateurs
41:45mais que
41:47la vision grandissante
41:50d'un monde
41:50où les déchets s'entassent
41:51et deviennent
41:51dans certaines zones du monde
41:52même plus
41:54sous le tapis
41:57on peut plus les mettre
41:58sous le tapis
41:58par exemple
41:58je ne trouvais pas le mot
41:59fera que
42:00les comportements
42:01vont évoluer
42:01et les attentes
42:02des consommateurs
42:02vis-à-vis des marques
42:03et des metteurs
42:04sur le marché
42:04évolueront aussi
42:05oui
42:06non mais pour m'en dire là-dessus
42:08je pense qu'une entreprise
42:10qui aura vraiment pris
42:11le virage
42:11c'est l'opportunité
42:13d'imposer ses standards
42:14en fait
42:14globalement en Europe
42:15si on a un peu cash
42:16on se fait imposer
42:17plein de trucs
42:18on est bon pour la réglementation
42:19mais les téléphones
42:20qu'on utilise
42:20la façon d'utiliser
42:22le téléphone
42:22la façon de consommer
42:23en gros c'est des usages
42:24dans lesquels
42:25on est rentré
42:25après des expérimentations
42:26qui ont été faits ailleurs
42:27je prends l'exemple
42:29de la circularité
42:30aujourd'hui
42:30nous chez Maniton
42:31on a fait certifier
42:32un processus de reconditionnement
42:34de la chaise de bureau
42:35pour la première fois
42:35et en fait
42:36c'est très humble
42:37mais on se dit
42:38on va imposer
42:38ça veut dire quoi
42:40une chaise bien reconditionnée
42:41et après
42:42un jour
42:42c'est plus qu'on l'a fait
42:43on pourra le dispatcher
42:44ça deviendra ça le standard
42:44et du coup
42:45ça sera plus pratique
42:46et très performant
42:47et en fait ça vous aide
42:48aujourd'hui
42:48cette certification
42:49pour convaincre ?
42:50alors là
42:50si je parle vraiment d'aujourd'hui
42:52votre question était à 5 ans
42:52mais si je parle vraiment d'aujourd'hui
42:53c'est qu'aujourd'hui
42:54sur les produits reconditionnés
42:55il y a une défiance
42:56dans le B2B essentiellement
42:58B2B et B2C aussi
42:59d'ailleurs
43:00parce que parfois
43:00on parle de circularité
43:01dans le B2C
43:02quand un truc a été utilisé
43:03deux jours
43:03là je parle de produits
43:04qui ont vraiment été reconditionnés
43:06il y a le côté
43:07c'est un truc qui va pas trop marcher
43:08on comprend pas la différence
43:09entre occasion et reconditionnés
43:10et donc faire certifier
43:11par un organisme
43:12qui s'appelle le FCBA
43:13qui certifie les produits neufs
43:15tout comme faire visiter
43:16d'ailleurs une usine
43:16le pouvoir des images
43:18le pouvoir de voir
43:19ce qui se passe dans une usine
43:20est très fort
43:21permet d'avoir des personnes
43:23qui dépensent
43:23beaucoup d'argent
43:24des directrices
43:25des directeurs d'achat
43:25qui brassent des milliards
43:26de dire ok
43:28faut pas oublier qu'une personne
43:29qui gère les achats de l'entreprise
43:30n'achète pas pour elle
43:31mais achète pour ses collègues
43:32et donc je prends le risque
43:33parce que j'ai vu
43:34effectivement que c'était sérieux
43:36donc c'est débunker l'idée
43:37que c'est pas sérieux
43:38mais pour revenir à la question
43:39à 5-6 ans
43:40c'est du coup dire
43:41en fait c'est façonner
43:42l'économie de demain
43:43plutôt que la subir
43:43Augustin
43:45ouais et moi je suis
43:46assez convaincu
43:47que de toute façon
43:48on est
43:50qu'on le veuille ou non
43:51dans
43:52une raréfaction
43:54des ressources
43:55donc
43:56à un moment
43:58ou à un autre
43:58on va quand même avoir
43:59des prix des matières premières
44:00qui vont continuer
44:01d'augmenter
44:01que ce soit des matières
44:02premières agricoles
44:03soit des matières
44:03enfin
44:04c'est assez inéluctable
44:06donc
44:07tous ceux qui auront pris
44:08le virage
44:09un peu plus en amont
44:10ben forcément
44:12ça en sortiront mieux
44:13j'avais retenu
44:16ça déjà quelques années
44:17dans un discours
44:19de Pascal Canfin
44:20il parlait
44:20de
44:21de productivité
44:23de la matière
44:23c'est à dire que
44:24on a fait des gains
44:26de productivité énormes
44:27avec les machines
44:28avec le numérique
44:28on a tiré très loin
44:30les gains de productivité
44:32humains
44:33mais
44:33on n'a pas encore
44:35tiré tous les gains
44:36de productivité
44:36de la matière
44:37de ces fameuses
44:39ressources
44:39pour les
44:40les faire circuler
44:42une fois
44:42deux fois
44:43dix fois
44:43et donc
44:44il y a des gains
44:45de productivité
44:46à aller chercher
44:46ça veut dire
44:47qu'il y a des euros
44:48à aller chercher
44:48et donc
44:50ces entreprises là
44:52qui auront compris ça
44:53mis en place
44:54les systèmes
44:54pour que ça advienne
44:55seront beaucoup
44:56plus résistantes
44:57aux crises
44:58et
44:58au moment
45:00où les prix
45:01seront au plafond
45:01seront
45:03les gagnants
45:05Céline Thomas
45:06l'évoquait
45:06la communication
45:07la sensibilisation
45:08est un volet stratégique
45:09de l'économie circulaire
45:11avec l'ADEME
45:12vous avez travaillé
45:13sur un guide
45:13pour aider les entreprises
45:14à communiquer
45:15sur l'économie circulaire
45:17pourquoi ?
45:19parce que
45:19c'est aussi
45:20un des leviers
45:21pour faire advenir
45:22cette économie
45:22c'est aussi
45:23bien faire comprendre
45:24quels sont
45:25les avantages
45:26et en même temps
45:28limiter deux écueils
45:29le greenwashing
45:31et le greenhushing
45:32le greenwashing
45:33donc aller parler
45:34plus que de raison
45:36d'une initiative
45:37qui serait en cours
45:38qui serait peut-être
45:38une expérimentation
45:39il y aurait peut-être
45:40aussi des écueils
45:41sur d'autres aspects
45:42donc faire de la transparence
45:43et être honnête
45:44sur ce qu'on fait
45:44et le greenhushing
45:46c'est pour le coup
45:48mettre en place
45:49des choses intéressantes
45:50qui ont vocation
45:51à se développer
45:52à inspirer aussi
45:53peut-être
45:53des concurrents
45:55d'autres acteurs
45:55de l'écosystème
45:56à apporter cette information
45:58au pouvoir public
45:58et aux consommateurs
45:59et le taire
46:00par peur aussi
46:01du backlash
46:02quand on n'est pas encore
46:04irréprochable
46:05évidemment
46:05aucune entreprise
46:06et aucun humain
46:06c'est pour ça que les entreprises
46:07ont du greenwashing
46:08c'est parce qu'elles ont peur du...
46:10potentiellement ça peut faire partie
46:11des raisons
46:12alors qu'on les accuse
46:13de greenwashing
46:13exactement
46:14ces dernières semaines
46:15au Royaume-Uni
46:16il y a eu un cas intéressant
46:17de plusieurs marques
46:18dont Lacoste, Coca-Cola
46:19de mémoire
46:20qui se sont vus
46:21reprendre par
46:22l'autorité de régulation
46:23de la publicité locale
46:24pour des allégations
46:26environnementales
46:27jugées fausses
46:28par le régulateur
46:28et qui ont dû
46:29annuler
46:31une campagne
46:32dans laquelle
46:32elles avaient forcément
46:33investi
46:33un certain montant
46:35c'est peut-être aussi
46:36pour ça que d'ailleurs
46:37elles préfèrent ne plus
46:37communiquer sur ce genre
46:38de sujet
46:39donc ça c'est un autre problème
46:40parce que vivons bien
46:41vivons cachés
46:42je ne suis pas sûr
46:42que ça servira
46:43à une accélération
46:44de la transition
46:45après c'est quand même codifié
46:46c'est-à-dire que le greenwashing
46:47aujourd'hui il y a un cadre
46:48réglementaire
46:49on est capable de dire
46:49si ça en est
46:51ou si ça n'est pas
46:51mais entre ce qu'il y a
46:54dans la loi
46:54et ce qui va être perçu
46:55par la société civile
46:56il peut y avoir
46:58parfois un écart
46:59ou dans l'application
47:00de la loi d'ailleurs
47:01tout simplement
47:01donc en tout cas
47:03nous les recommandations
47:04qu'on a faites
47:05avec l'ADEME
47:05dans la rédaction
47:06de ce guide
47:07qui est en accès libre
47:09sur le site de l'ADEME
47:10et sur le site de Circulaire
47:11c'est par exemple
47:12communiquer avec transparence
47:14contextualiser
47:15si c'est une expérimentation
47:16si c'est une initiative
47:17localisée
47:18remettre dans le contexte
47:20expliciter les termes
47:21ne pas avoir des termes
47:22trop englobants
47:23ne pas utiliser les mots
47:24responsables et durables
47:25à tout va
47:26essayer d'être précis
47:27c'est vraiment
47:28une ligne de crête
47:29et c'est un exercice
47:30très difficile
47:31évidemment
47:31parce que généralement
47:32alors quand c'est
47:33du temps d'antenne
47:35sur une pub
47:36de quelques secondes
47:37à la télé
47:37c'est très très difficile
47:38d'aller expliquer
47:39certains concepts
47:40ce qu'on disait tout à l'heure
47:41sur l'économie circulaire
47:42déjà on a mis à peu près
47:43une heure à définir
47:44ce que c'était
47:45donc il faut être
47:46très très précis
47:47et en même temps
47:48ne pas tomber
47:49dans des écueils
47:50qui rendraient le message
47:52confus
47:52ou qui seraient
47:53carrément illégaux
47:54donc on ne dit pas du tout
47:55que c'est facile
47:55on essaye juste de donner
47:56des clés
47:57pour naviguer un peu
47:58dans cet exercice complexe
48:00et justement on a une illustration
48:01en plateau chez Manutan
48:03comment est-ce que
48:04de greenwashing du coup
48:05vous êtes plutôt greenwashing
48:07ou greenwashing
48:07non mais comment vous trouvez
48:09le bon équilibre
48:10et
48:10non mais je pense
48:12disons que c'est l'objectif
48:14qui est important
48:14c'est que quand on communique
48:15je vois ce que tu disais
48:17c'est pour potentiellement
48:18inspirer ou emmener le secteur
48:20ça doit être en fait
48:21l'unique chose
48:22moi j'ai la chance
48:23d'être dans une entreprise
48:23intermédiaire
48:24où la politique
48:25c'est pour le coup
48:26vivons heureux
48:26vivons cachés
48:27les ETI
48:27en groupe
48:28à part certaines
48:29personne les connaît
48:29c'est un peu une culture
48:31voilà familiale
48:32des territoires
48:33des plateaux télé
48:34etc
48:34donc il n'y a pas cette culture
48:36de dès qu'il y a un truc
48:37il faut en parler
48:37donc je serais plutôt
48:38dans l'univers greenwashing
48:39chez Manutan
48:40en revanche
48:41si on prend un secteur
48:41donc nous notre usine
48:42de reconditionnement
48:43est sur le mobilier
48:43il y a besoin de créer
48:44des coalitions
48:45il y a besoin de savoir
48:45qui fait quoi
48:46et faire une émission
48:47ça veut dire que quelqu'un
48:47va peut-être
48:48nous recontacter derrière
48:49ah moi j'ai lancé
48:50une initiative sociale
48:51et solidaire
48:52dans tel endroit
48:53peut-être que c'est
48:53très hyper intéressant
48:54que vous veniez etc
48:54et ça c'est extrêmement
48:55hyper vertueux
48:56donc c'est plutôt
48:57dans ce cadre là
48:58je rebondirais aussi
48:59sur le fait que dire
48:59que greenwashing
49:01ou greenwashing
49:01de manière générale
49:02l'économie circulaire
49:03souffre énormément
49:04d'être totalement inconnue
49:05il faut absolument
49:07pas faire de greenwashing
49:07et c'est encadré par la loi
49:08je suis complètement d'accord
49:09avec mon voisin de droite
49:10mais de toute façon
49:11il faut travailler
49:12des nouveaux concepts
49:13pour faire mieux comprendre
49:13ce sujet
49:14on a trouvé le côté
49:15anti-gaspillage
49:16qui était le nom
49:17de la loi 2021
49:18à part ça
49:18franchement
49:19il y a un gros problème
49:20de notoriété
49:21des usines de reconditionnement
49:22tous les acteurs
49:23de la coalition
49:24sur l'industrie
49:26qu'évoquait
49:27juste avant
49:28avec circulaire
49:30personne n'est au courant
49:32d'une certaine manière
49:33qu'il y a ces usines là
49:34qui font ça
49:34si vous dites qu'il y a
49:34une usine
49:35de Schneider Electric
49:36à Prima
49:36qui est la meilleure usine
49:37européenne sur le sujet
49:38qui est extrêmement avancée
49:40Valeo
49:40pareil à Nemours
49:41on parlait d'AriFactory
49:43personne ne connait ça
49:44il n'y a pas un politique
49:45qui est au courant
49:45c'est une catastrophe
49:46donc le problème il est là
49:47plutôt que de distribuer
49:48les points entre ceux
49:49qui y abusent un petit peu
49:50ça c'est ma conviction personnelle
49:52vous êtes d'accord avec ça ?
49:53Evidemment
49:55là il y a besoin
49:56il y a besoin
49:58d'expliciter les choses
49:59d'en parler
50:00sur le sujet
50:00plus spécifiquement
50:01du greenwashing
50:02on s'était fixé
50:03une petite règle
50:04en interne
50:04les Montry
50:05on est une entreprise
50:06de l'économie sociale
50:07et solidaire
50:07il y a des gens
50:08assez engagés
50:09mais quand je dis
50:10en interne
50:11c'est
50:12est-ce qu'on va
50:14sur tous les sujets
50:14c'est-à-dire
50:15est-ce qu'on sert
50:15tous nos clients
50:16est-ce que
50:17parfois
50:18on nous fait des demandes
50:20et
50:20on les passe
50:22un petit peu
50:23à travers ce filtre
50:24de
50:25est-ce que
50:25l'action que nous
50:26on va mener
50:27va contribuer
50:28à quelque chose
50:29qui s'apparente
50:29à du greenwashing
50:30est-ce que vous gérez
50:30vos poubelles ou pas ?
50:32évidemment
50:32on pèse
50:33tous
50:34nos
50:35grammes de poubelles
50:37et
50:38en fait
50:39on était arrivé
50:40à une conclusion
50:41une règle
50:43un peu de trois
50:43c'est-à-dire
50:44est-ce que les gens
50:45qui viennent nous voir
50:45et qui veulent mener
50:46une action sur le terrain
50:48visible
50:48donc c'est ce qu'on appelle
50:49les actions d'activation
50:50par exemple
50:51où voilà
50:52on veut rendre visible
50:53sur les sujets
50:54notamment
50:55d'économie circulaire
50:56et le triptyque
50:58c'était
50:58est-ce que
50:59c'est une action
51:00qui va durer dans le temps
51:01ou est-ce que c'est juste
51:02un petit truc spot
51:03pour faire bien
51:04à un moment donné
51:04est-ce qu'il y a du budget
51:07un vrai budget alloué
51:08c'est-à-dire
51:09proportionnellement
51:09à l'acteur
51:11qui s'adresse à nous
51:11est-ce qu'il y met
51:12vraiment de l'argent
51:13et est-ce que c'est porté
51:14au plus haut niveau
51:15c'est-à-dire
51:16voilà
51:17au niveau COMEX
51:18est-ce qu'il y a du support
51:19parce que c'est aussi ça
51:20une des clés
51:21pour avoir des stratégies
51:22long terme
51:23et
51:24ça a fonctionné
51:26assez bien
51:27je donne un dernier exemple
51:29ça fait dix ans
51:30qu'on est partenaire
51:31de Danone
51:31pour les aider
51:32à justement
51:33améliorer
51:34la circularité
51:36sur leur volet boisson
51:38et je dis bien
51:39dix ans
51:39c'est-à-dire
51:40c'est bien quelque chose
51:41dans le temps long
51:41qui a été porté
51:42au plus haut niveau
51:43même avec les changements
51:44de PDG
51:44etc
51:45il continue
51:46d'ailleurs il s'engage
51:47et particulièrement
51:49dans Bicorp
51:49et je trouve
51:51voilà
51:51c'est un bon exemple
51:52quelque chose
51:52dont on ne parle pas forcément
51:54mais qui dure
51:54et c'est une façon
51:56de se dire
51:56est-ce qu'il y a une vraie implication
51:57en fait
51:58est-ce que c'est sincère
51:59ou pas
52:00c'est déjà
52:01la fin de cet échange
52:02mais restez avec nous
52:03vous avez encore
52:04des devoirs
52:05on passe à la prochaine séquence
52:06et on termine avec
52:12le pari d'avenir
52:13un moment pour découvrir
52:14une initiative
52:15un outil
52:16un événement
52:17qui inspire
52:18qui commence
52:19Sixtine
52:20alors moi je voulais parler
52:22de reuse
52:23du coup on en a parlé
52:24tout à l'heure
52:25donc c'est moins
52:27un pari d'avenir
52:28qu'un exemple
52:29que je voulais citer
52:30pendant cette heure
52:31et que je n'ai pas eu
52:31l'occasion de citer
52:32c'était pour illustrer aussi
52:33que l'économie circulaire
52:34c'est pas juste de la réduction des coûts
52:36de la robustesse
52:37etc
52:37c'est beaucoup ça
52:38mais c'est aussi potentiellement
52:40des nouvelles lignes de revenus
52:42pour ces entreprises
52:43les grandes entreprises
52:44les grands industriels
52:45dont on parle
52:45et je voulais vous citer
52:46un exemple là-dessus
52:47donc je vous ai parlé
52:48de Decathlon aussi
52:48mais je voulais vous parler
52:49de Fnac Darty
52:50qui a mis en place
52:51un nouveau modèle d'affaires
52:52sur la réparation
52:53qui a une offre d'abonnement
52:54qui s'appelle Darty Max
52:56et donc c'est un abonnement mensuel
52:57pour 10-20 euros par mois
52:59vous pouvez rapporter
53:00tout l'électroménager
53:02non fonctionnel
53:03que vous avez
53:04pas forcément d'ailleurs
53:05acheté dans une boutique Darty
53:07mais une marque commercialisée
53:09évidemment par Darty
53:10et il sera réparé
53:11par un des 3000 techniciens
53:13réparateurs
53:14qui ont été formés par Darty
53:15donc ils ont vraiment
53:16créé de la valeur
53:16c'est assez récent
53:18ça a quelques années
53:19donc ça va continuer à croître
53:20donc en tout cas
53:21c'est pour ça que je l'insère
53:22quand même dans la question
53:22Paris d'avenir
53:23de suivre ce que ça va donner
53:25mais c'est pour illustrer
53:26quand même que voilà
53:27on a vraiment des exemples
53:28très concrets
53:29de modèles d'affaires circulaires
53:30qui permettent de préserver
53:31la valeur
53:32là il y a 2,5 millions
53:33de produits qui sont réparés
53:34par an à peu près
53:35avec cette offre là
53:36et donc allonger
53:38leur durée de vie
53:38qui crée de l'emploi
53:40et qui crée des revenus
53:41additionnels pour cette entreprise
53:44Merci Sixtine
53:44Je vais faire la pub
53:46d'un événement
53:47parce que je pense
53:47que c'est extrêmement important
53:48de voir, de toucher
53:49de comprendre
53:50de rencontrer les autres
53:51et donc je vous parlais
53:52de la Reuse Economy Expo
53:53qui a été lancée
53:54par le réseau Brac
53:55et Réemploi
53:56et notamment Célia Renson
53:57c'est un événement
53:58absolument génial
53:59d'abord issu
54:00du Réemploi des emballages
54:01mais qui maintenant s'ouvre
54:02au Réemploi des produits
54:03et je suis le pari
54:04que ce genre d'événement
54:05qui aujourd'hui
54:05reste évidemment
54:06extrêmement peu connu
54:07et peu présent
54:08dans l'univers institutionnel
54:10des grands événements
54:11battra largement
54:13d'autres événements aujourd'hui
54:14que ce soit
54:15beaucoup de ces événements
54:16des Vivatech
54:17ou des choses
54:18où le truc est absolument
54:19rempli partout
54:20et déborde
54:21mais que ce sera
54:22à cet endroit-là
54:22que ce sera l'innovation demain
54:23lorsque peut-être
54:24on aura des pénuries
54:25assez évidentes
54:26dans pas mal de secteurs
54:27d'activité
54:27Augustin
54:29Moi
54:30puisqu'on parlait d'avenir
54:32j'ai pensé
54:33jeune
54:34ou
54:34jeune structure
54:35et je voulais faire
54:36un petit coup de projecteur
54:37sur des associations
54:39qui proposent
54:40du mentorat
54:41pour aider des structures
54:43des jeunes entreprises
54:44à émerger
54:46à durer
54:47et
54:47je sais que c'est
54:49une chaîne
54:50d'entrepreneurs
54:51et de décideurs
54:52engagez-vous
54:53pour le mentorat
54:54justement
54:54on se parlait
54:55de changer
54:55de modèle d'affaires
54:57pour faire infuser
54:58ces nouveaux modèles d'affaires
55:00le mentorat
55:01c'est une bonne façon
55:01de le faire
55:02donc vous pouvez aller voir
55:03les réseaux
55:04tout
55:04T, W, 2 O
55:06qui font du mentorat
55:08sous diverses formes
55:09ou du mentorat
55:11un peu plus fléché
55:12proposé par la Ruche
55:13notamment
55:14merci beaucoup
55:15Thomas
55:16le mot de la fin
55:17peut-être parler
55:18souveraineté européenne
55:19parce qu'on n'en a pas assez parlé
55:20aujourd'hui
55:20on en parle beaucoup
55:21donc il faut quand même le cader
55:22surtout parce qu'en réalité
55:23l'économie circulaire
55:24pour qu'elle fonctionne
55:25il faut des produits de qualité
55:27et ça nous oblige
55:29à avoir une économie locale
55:30il se trouve qu'en ce moment
55:31il y a beaucoup de débats
55:32sur l'ouverture
55:33ou la fermeture
55:34de l'Union Européenne
55:35dans le cas des accords
55:36du Mercosur
55:36ou en France
55:37par rapport par exemple
55:38aux metteurs sur le marché
55:39que sont Chine
55:39Tému
55:40et d'autres
55:40dont on a beaucoup parlé
55:41et qui amènent des produits
55:42de très mauvaise qualité
55:43qui sont absolument
55:44recyclables
55:44avec des montagnes de fringues
55:45dont on ne sait plus quoi faire
55:46donc mon pari
55:48c'est que par le rôle
55:49que peut jouer l'Union Européenne
55:49ou la France
55:50dans ces discussions
55:51très souvent réglementaires
55:52il y a un terreau fertile
55:53pour le développement
55:54d'une économie circulaire
55:55basée sur des produits
55:56de meilleure qualité
55:56basée sur une économie
55:58qui se relocalise
55:59et c'est tout ce que veulent
56:00porter les personnalités politiques
56:02faire en sorte
56:02qu'une industrie
56:03réémerge en France
56:04etc
56:04des usines de reconditionnement
56:05et en fait
56:06on a tous à gagner
56:07que ce soit en tant que consommateur
56:09ou en tant qu'acteur
56:10du monde économique
56:11donc c'est le pari d'avenir
56:12que je fais
56:12Merci beaucoup Thomas
56:13Merci beaucoup
56:15à tous les trois
56:15Sixtine Jourdrou
56:17directrice des coalitions
56:18chez Circulaire
56:19Pierre-Emmanuel Saint-Esprit
56:20directeur économie circulaire
56:22et décarbonation
56:22chez Manutans
56:23et Augustin Jacquelin
56:24cofondateur de Lemon Tree
56:26Thomas à la prochaine ?
56:28Eh bien il paraît
56:28Merci de nous avoir suivis
56:30sur Bismarck for Change
56:31Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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