- il y a 5 semaines
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va continuer de parler de la situation maintenant dans le signé qu'on signe.
00:03On va continuer d'en débattre et on va écouter ce que disait le président de la République aujourd'hui.
00:09Il a eu un leitmotiv tout au long de ses interventions, le compte n'y est pas à propos du Mercosur.
00:15Sur le Mercosur, nous considérons que le compte n'y est pas.
00:18Nous, nous demandons ce qu'on appelle une clause de sauvegarde.
00:20Je le dis très clairement, le compte n'y est pas parce que je veux une Europe qui protège.
00:24La deuxième chose, on veut la réciprocité.
00:27Je regarde les choses, on n'est pas prêts, le compte n'y est pas.
00:31Et la troisième chose, on dit qu'il faut des contrôles.
00:33Au moment où nous nous parlons, nous ne sommes pas prêts, le compte n'y est pas pour signer cet accord.
00:38Parce que je veux qu'on traite comme il se doit notre agriculture, on doit être respecté.
00:43On nous dit qu'il faut signer maintenant. Non, il n'y a pas de chèque en blanc.
00:46Je n'aime pas que les choses soient imprécises et je n'aime pas qu'on balade les gens.
00:50La commission a fait des avancées, mais le compte n'y est pas.
00:53– Alors on va discuter, débattre justement de ce qui se passe autour de l'agriculture du Mercosur.
00:59Avec ce soir David Cormand, député européen des écologistes, vous avez été numéro 1R, bonsoir.
01:03– Bonsoir.
01:04– Et puis Charles Consigny. Bonsoir Charles Consigny.
01:06– Bonsoir.
01:06– Donc finalement, est-ce que l'Europe doit plier face aux demandes des agriculteurs ?
01:11– L'Europe est en train de plier face aux demandes des agriculteurs par la voix de Georgia Meloni
01:16qui considère que cet accord doit être reporté parce qu'elle a, elle aussi dans son pays,
01:23des protestations des agriculteurs.
01:25Moi je comprends tout à fait les agriculteurs qui considèrent que les mettre en concurrence
01:31avec une agriculture qui n'obéit pas aux mêmes normes qu'eux,
01:37à savoir l'agriculture des pays partis à se traiter,
01:40revient finalement à leur planter un couteau dans le dos
01:44et à les contraindre de manière excessive.
01:47Et il y a peut-être par ailleurs en plus, et c'est en présence d'un élu écologiste que je le dis,
01:52quelque chose d'anachronique à importer sur le territoire européen
01:57des viandes par exemple qu'on produit déjà chez nous,
02:01il n'y a peut-être pas besoin d'en importer des tonnes et des tonnes venues d'Amérique du Sud.
02:07Ceci étant dit, beaucoup d'industriels, y compris en Italie, sont favorables à ce traité
02:12parce que c'est un traité qui offre des nouveaux débouchés.
02:15Moi ce que je vois c'est que les chefs d'État des pays partis à se traiter côté sud-américain
02:21ont très envie qu'il entre en vigueur, on est donc en position de force pour négocier,
02:25je trouve qu'il faudrait qu'on négocie, qu'on renégocie ce traité
02:30de manière à protéger nos agricultures.
02:32Mais je pense qu'entre, si l'Italie et la France s'opposent à ce traité,
02:39il sera reporté et peut-être qu'on peut le faire modifier
02:42et donc entendre le cri de détresse des agriculteurs.
02:46– David Cormand ?
02:47– Je suis d'accord avec l'analyse générale.
02:50En précisant une chose, ce traité n'est plus négociable.
02:53Il a été contre-signé par les représentants du Mercosur
02:58et Mme Van der Leyen, c'est l'équivalent de la première ministre au niveau européen,
03:01la présidente de la Commission.
03:02– On peut toujours faire un autre, un autre jour, on n'est plus là.
03:06– En fait on est sur un diplodocus, ce traité qui est négocié depuis 1998.
03:09– Oui, 25 ans.
03:10– D'ailleurs c'est un de ses problèmes, c'est qu'il correspond à un état d'esprit
03:14et à une logique qui n'est absolument plus celle du monde dans lequel nous vivons.
03:19Et donc en fait il est anachronique.
03:21Pourquoi Van der Leyen a voulu le pousser à ce point ?
03:24D'abord par idéologie, c'est une libre-échangiste,
03:27qui a une droite, qui a une vision du monde libre-échange,
03:30quand c'est une libre-échangiste, je parle évidemment des aspects commerciaux,
03:34elle considère que c'est, je ne voudrais pas qu'il y ait d'ambiguïté,
03:37elle considère que c'est comme ça que l'Union Européenne se renforce,
03:40or ce n'est plus le cas, on est dans un monde…
03:43– Elle n'est pas seule, pardon, parce qu'on la charge beaucoup,
03:45l'Allemagne est très favorable, les industriels français et les industriels italiens également.
03:51– Aujourd'hui, pourquoi ça bloque ?
03:52L'Union Européenne c'est trois trucs, parce qu'on dit oui c'est l'Europe qui recule,
03:55c'est l'Europe qui recule.
03:56Aujourd'hui la seule qui sait autant avancer, c'est Madame Van der Leyen, c'est l'exécutif.
04:01– Elle est en service commandé ?
04:03– Non mais il ne faut pas avoir un truc, c'est ce qu'elle pense,
04:06elle croit que c'est vraiment comme ça qu'il faut faire.
04:07– Oui mais parce que dans l'ensemble il est favorable à l'Union Européenne ce traité,
04:11c'est ça le problème.
04:12– Alors j'ai un désaccord là-dessus, mais en fait dans un accord de ce type,
04:16on parle beaucoup de l'aspect agricole, il est essentiel,
04:18mais il y a d'autres aspects industriels, et ce que pense notamment l'Allemagne,
04:23c'est que grâce à ce traité elle va vendre davantage de voitures allemandes,
04:27de machines outils, etc.
04:28Moi je crois fondamentalement que pour la souveraineté européenne,
04:32cette logique de libre-échange à la fin est perdante.
04:35Prenons l'exemple des machines outils.
04:36Regardez aujourd'hui, la Chine est concurrente de l'Union Européenne
04:39pour la construction de voitures.
04:41Qui leur a vendu les machines outils ?
04:43C'est nous.
04:43Donc en fait à un moment cette logique-là de libre-échange
04:47qui assurerait une souveraineté pour tous, une prospérité,
04:53ne fonctionne pas.
04:54Mais revenons à l'agriculture.
04:55Ce qui est intéressant dans ce qui se passe là,
04:58c'est que Van der Leyen s'est avancé seul et trop vite.
05:00Et là vous avez, vous voyez, l'Union Européenne c'est trois trucs,
05:02c'est la Commission, Madame Van der Leyen, c'est les États, le Conseil,
05:06c'est la réunion qui a lieu à Bruxelles, et c'est le Parlement, où je siège.
05:10Aujourd'hui...
05:11Il y aura son mot à dire.
05:12Mais oui !
05:13Aujourd'hui le Conseil, et c'est une surprise,
05:16dit « Désolée Madame Van der Leyen, mais les comptes ne sont pas bons. »
05:19Et donc ils sont en train de bloquer.
05:21Mais il y aura une autre étape ensuite, qui est celle du Parlement européen.
05:24Et moi je ne suis pas du tout sûr aujourd'hui, j'en doute mais...
05:28– Que le traité passe au Parlement européen.
05:29– Comment ? Bien sûr.
05:30– Que le traité soit rajouté par le Parlement.
05:33– Alors sur les clauses de sauvegarde, ça me fait vraiment plaisir qu'on en parle,
05:36parce que c'est l'arnaque du siècle.
05:37– Ah bon ?
05:38– Il ne peut pas y avoir de clauses de sauvegarde,
05:40puisque comme je l'ai dit, ce traité est clos.
05:44Ce qu'il reste à faire, c'est le ratifier ou non.
05:46Tout ce qu'on appelle de clauses de sauvegarde,
05:49ça serait des dispositifs qui seraient faits uniquement au niveau européen
05:52pour dédommager des agricultrices et des agriculteurs,
05:56éventuellement lésés.
05:57Entre parenthèses, ça prouve que ce traité n'est pas si bon.
06:00– Oui mais rien ne nous empêcherait de faire un nouveau traité
06:05avec des nouvelles dispositions.
06:07– Oui, c'est toujours possible, tout ça c'est du droit.
06:10Non, on peut toujours dire qu'on ne ratifie le traité qu'à condition qu'on en fasse un
06:13qui le complète et qui l'amende.
06:17On voit bien, franchement, là où il y a un petit hiatus,
06:20c'est que ce qu'on voit, les libre-échangistes, comme vous dites,
06:24moi je pense que le libre-échange, il a quand même sorti des millions
06:27et des millions de gens de la pauvreté.
06:29Et que tous les autres systèmes, ils ont quand même échoué à faire ça.
06:32Le seul système qui a fait ça, c'est le système capitaliste, libéral et libre-échangiste.
06:36Donc les gens qui sont capitalistes, libéraux et libre-échangistes,
06:40au sens effectivement commercial du terme,
06:44ce qu'ils disent, ce qu'ils reprochent à ce traité,
06:46c'est simplement le fait qu'il fait du mal potentiellement aux agriculteurs.
06:51Et ça effectivement, on ne peut pas le laisser passer,
06:53surtout en France et d'ailleurs dans d'autres pays.
06:55Mais en France, on est particulièrement attaché à eux,
06:58on sait qu'ils souffrent, on sait qu'ils travaillent dur.
07:00Alors, on a du respect pour nos agriculteurs,
07:03on ne veut pas les planter avec ce traité.
07:05Mais pour le reste, ce traité,
07:07il offre quand même un marché colossal de 400 millions de personnes à peu près
07:11à l'industrie automobile française notamment,
07:15européenne en général, mais pas que allemande.
07:17On parle des Mercedes, etc.
07:18Mais il y a quand même les voitures françaises.
07:20Aux dernières nouvelles, on en fabrique encore un peu, heureusement.
07:23Notre industrie pharmacie.
07:24Et qui sont d'ailleurs de bonne qualité.
07:25Notre industrie pharmacie, notre industrie du textile.
07:28Alors, je sais que vous, j'imagine que par conviction,
07:31vous n'êtes pas forcément fan de l'industrie du textile.
07:34Mais on...
07:35Pourquoi vous trouvez que je suis mal habillé ?
07:36Non, ce n'est pas ça.
07:37C'est que je sais que c'est une industrie qui est réputée polluante.
07:39En attendant, on fabrique encore...
07:41Non, elle est moins polluante quand on produit notamment en Europe.
07:44Exactement.
07:45Et bien donc, vous devriez vous réjouir
07:47qu'on puisse vendre aux pays partis au maire de Sûres
07:51des vêtements fabriqués en Europe.
07:53Donc, en réalité, vous, vous profitez quand même
07:56de la détresse des agriculteurs.
07:58Qui c'est à nous ?
07:59Vous, à gauche, de façon générale.
08:02Oui, là, j'entends dans votre discours qu'en gros,
08:04ce que vous dites, c'est que, somme toute,
08:06il faudrait arrêter avec le libre-échange
08:08qui serait devenu aujourd'hui Asbine.
08:11Mais moi, je ne suis pas d'accord.
08:12Je pense que ça peut quand même être une bonne chose
08:14de se traiter si tant est qu'on arrive à protéger les agriculteurs.
08:16Mais M. Le Consigné, pourquoi ça ne va pas marcher, votre truc ?
08:19Qu'est-ce que l'Amérique du Sud a à nous vendre ?
08:21Des voitures ?
08:22Non.
08:22Elle, ce qu'elle a à nous vendre,
08:25la seule chose qu'elle a à nous vendre,
08:26principalement, c'est quoi ?
08:27C'est des normes agricoles.
08:28C'est des normes agricoles.
08:29Et donc, comment vous faites un traité
08:31où on leur a le droit de vendre nos voitures,
08:34notre industrie, eux,
08:35ce qu'ils produisent aujourd'hui ?
08:36Ils n'auraient pas le droit de nous le vendre.
08:37Ça ne marche pas.
08:38D'ailleurs, c'est pour ça que le traité est ce qu'il est.
08:39On pourrait leur imposer, par exemple, les normes que celles qu'on impose à nos agriculteurs.
08:44Ah mais ça, très bien.
08:44Peut-être que ça ne les intéressera pas, effectivement.
08:50Mais ça paraîtra être le BAB.
08:53Sauf que ce n'est pas dans l'accord.
08:54Et vous savez pourquoi ?
08:55Moi, j'habite à Rouen.
08:57À Rouen, près de Rouen, il y a une usine,
08:58BASF, à Elbeuf,
09:00qui produit des pesticides
09:01qu'on n'a plus le droit d'utiliser dans l'Union européenne.
09:03Vous savez ça, je sais.
09:04On va pouvoir les exporter.
09:06Et vous savez où on les vend.
09:06Ils vont les utiliser.
09:07Et on va réimporter les produits.
09:09Est-ce que vous croyez 5 minutes qu'on va expliquer aux Brésiliens ?
09:12Nous, c'est des Allemands, BASF.
09:13On vous vend des pesticides,
09:15mais vous n'aurez pas le droit de nous vendre
09:17les produits agricoles que vous allez produire après.
09:19Ça ne marche pas.
09:20Et c'est là qu'on atteint les logiques du libre-échange.
09:24C'est qu'en fait, on arrive à un moment
09:25où on atteint des limites dans cette logique
09:27et où il faut plutôt raisonner, pour moi,
09:30en accord de coopération,
09:32en accord de co-développement,
09:33plutôt qu'en accord où on considère
09:35que tout est libre,
09:38se vend et sans règles.
09:39Là, ce n'est pas vrai.
09:40On fixe des règles.
09:42Pas trop.
09:43D'ailleurs, la preuve, c'est pour ça
09:44que pour les agriculteurs...
09:45On fixe des règles
09:46et on fixe aussi un certain nombre de quotas.
09:48Il y a des quantités maximum importées, etc.,
09:52qui sont censées protéger
09:54plus ou moins notre agriculture,
09:56même si probablement ça ne suffit pas.
09:59Et non, et en plus,
10:00vous avez dit une chose très juste, en fait.
10:01C'est à quoi ça sert
10:02d'importer en Europe
10:04des trucs qu'on produit ici ?
10:07Quelle logique économique et commerciale
10:09et de vision du commerce, d'ailleurs ?
10:10Ça dépend dans quel domaine.
10:12Ça dépend dans quel domaine.
10:13Dans l'agriculture, je pense que ça ne sert à rien.
10:14Dans beaucoup d'autres domaines,
10:16ça sert, par exemple,
10:18pour les prix,
10:19pour le fait de faire baisser les prix.
10:21c'est parfois intelligent,
10:24utile, d'importer...
10:24Ça, c'est très intéressant ce que vous dites.
10:25Ben oui.
10:26Et oui, mais qui ?
10:27Alors, c'est ça, très intéressant.
10:28Ben oui, ça...
10:29Mais non, mais parce que ça,
10:30les gens qui s'opposent au libre-échange,
10:32ils oublient toujours le pouvoir d'achat
10:33des Français.
10:35Non, mais...
10:35Très bon exemple dans l'agriculture.
10:37Ben oui.
10:38Pourquoi ces traités de libre-échange,
10:39les agriculteurs européens,
10:41en tout cas français,
10:42mais au-delà,
10:42sont vent debout contre ?
10:44Parce que c'est la double peine.
10:45Non seulement,
10:46ils vont être exposés à une concurrence,
10:48mais en plus,
10:49les géants de l'agroalimentaire,
10:51ils vont mettre en concurrence
10:52nos producteurs agricoles français
10:53avec des producteurs agricoles
10:56d'Amérique du Sud.
10:56Et les contraintent encore plus
10:57à baisser leurs prix.
10:59Ça, non, mais là-dessus,
10:59on est d'accord.
11:00Je pense que sur l'agriculture,
11:02le traité n'est pas bon.
11:03Mais c'est pour ça que le combat...
11:03Mais dans les autres domaines,
11:04c'est pas vrai.
11:05On est déjà en concurrence.
11:07La concurrence européenne,
11:09on parle des fruits et légumes espagnols,
11:11on parle du poulet ukrainien
11:12qui est moins cher.
11:14Oui, mais d'ailleurs,
11:14le poulet ukrainien...
11:15Ça n'a rien à voir
11:16avec le Mercosur.
11:16Oui, mais c'est à tout de couche.
11:18Nos produits sont trop chers.
11:19Parce que le coût de production...
11:21Il y a des coûts de production
11:22qui sont trop élevés.
11:22Parce qu'il y a trop de normes aussi
11:23pour les agriculteurs français.
11:25Il y a trop de charges.
11:26Non, non.
11:26Quand vous allez faire vos courses,
11:29vous achetez à manger
11:30où vous voulez,
11:32au supermarché.
11:33Vous dépensez dans votre caddie,
11:34vous faites un caddie à 100 euros
11:35de nourriture.
11:36Vous savez combien va à l'agriculteur ?
11:407 euros.
11:41C'est pour ça qu'ils crèvent.
11:42Ce n'est pas les charges ou quoi.
11:44C'est que dans la filière
11:45de l'alimentation et de l'agriculture,
11:47la part...
11:48Ça, c'est vrai.
11:48La part qui arrive aux paysans,
11:50c'est 7%.
11:51Où elle reste ?
11:52Ça, c'est une réalité.
11:53Et c'est un distributeur...
11:55Non, non.
11:55Mais ça, c'est une réalité.
11:57Pas 93%.
11:58Pas 93%.
11:59Ça ne va pas.
11:59Ça ne va pas.
12:00Et donc, en fait, là...
12:01Et d'ailleurs, c'est le combat
12:02qu'on essaye de mener
12:03au Parlement européen
12:04sur comment on renforce
12:06dans ce qu'on appelle
12:07la chaîne de valeur.
12:08La part qui vont aux agricultrices
12:09et aux agriculteurs.
12:10Ils se font...
12:11Et non seulement, il y a ça,
12:13et en plus,
12:14on leur met des traités.
12:14Oui, mais les agriculteurs,
12:16ils dénoncent...
12:16Surtout, on leur met
12:16surtout beaucoup de bureaucratie.
12:17C'est ça.
12:18C'est qu'ils dénoncent quand même aussi...
12:19Certes, ils dénoncent
12:20le poulet ukrainien, etc.
12:21Mais ils dénoncent aussi
12:22le fait qu'on leur prend la tête
12:25et on leur impose
12:26énormément de normes,
12:28énormément d'obligations administratives.
12:30Moi, je suis quand même sidéré
12:33et désolé de voir
12:34qu'il y a des agriculteurs
12:35qui se lèvent au milieu de la nuit
12:36pour s'occuper de leurs vaches
12:38et de leurs récoltes.
12:39On impose en plus...
12:40Mais vous avez raison.
12:41Ce qui correspond pour eux
12:42quasiment à une journée par semaine
12:44de traitement...
12:44Non, mais vous avez raison.
12:46Oui, mais vous dites que j'ai raison.
12:48Mais en attendant,
12:48ce sont des normes
12:49qui leur viennent
12:50du Parlement européen,
12:51notamment des instances européennes.
12:53Souvent des écologistes.
12:54Et donc des écolos.
12:55Non, non, non.
12:56Moi, j'ai relevé
12:57un certain nombre.
12:57Très bien.
12:58Mais moi, j'aimerais
12:59que ce soit les écolos
13:00qui décident...
13:01De même que s'agissant
13:02de l'industrie européenne,
13:05elle est aussi très pénalisée,
13:06notamment par les normes européennes.
13:08Le dernier exemple en date,
13:10c'est quand même
13:11l'interdiction de la voiture thermique
13:12en 2035
13:13qui, fort heureusement,
13:14a fini par être abandonnée.
13:16Non, mais c'est bien
13:16on parle des voitures.
13:17Mais oui, mais ça, par exemple,
13:19on se tire une balle dans le pied
13:20quand on fait ça.
13:21Non, non, non, non.
13:22Vous savez combien...
13:23Ça profite aux Chinois, surtout.
13:24Mais c'est le contraire.
13:26Les Chinois,
13:27quand on a annoncé ce report,
13:28ils ont débouché le champagne.
13:29Ils ont déjà 10 ans d'avance.
13:31On va leur enfiler 15.
13:32Vous croyez que ça leur pose problème
13:33ou qu'on continue
13:34avec le moteur thermique ?
13:35Ils nous ont déjà mangé
13:36sur ce truc-là.
13:37Ce qu'on devrait faire,
13:38c'est les rattraper
13:38sur le moteur électrique.
13:40Et alors là,
13:40on gagne du temps.
13:42L'année dernière, en Europe,
13:4360 000 emplois ont été perdus
13:45dans l'automobile,
13:46en Europe.
13:47Mais cette norme
13:47n'est pas encore mise en œuvre.
13:48et elle est en 2035.
13:50Oui, mais on interdit
13:51les moteurs thermiques
13:52dans tous les centres-villes,
13:53donc forcément.
13:54Oui, ça c'est vrai.
13:56Les ZFE aussi...
13:58Vous savez à quel âge,
13:59en France,
14:00à quel âge,
14:00en moyenne,
14:01on achète sa première voiture neuve ?
14:04Plus ou plus tard.
14:0425 ans.
14:05Non, c'est 50 ans.
14:06Non, ça dépend.
14:08Oui, mais en moyenne,
14:09évidemment,
14:09si vous prenez les villes...
14:11Mais qui achète une voiture neuve ?
14:12C'est ça le problème peut-être ?
14:13Mais parce que vous prenez
14:14dans les villes
14:16où les gens n'achètent plus de voitures,
14:17donc c'est une moyenne
14:18qui n'a pas de sens.
14:19Ben, ça n'a pas de sens.
14:20Il faut regarder dans les campagnes.
14:21Ça n'a plus de sens
14:22que le doigt.
14:22Mais non,
14:23mais il faut regarder
14:24dans les campagnes
14:25à quel âge
14:26on achète sa première voiture.
14:27Si vous interdisez en 2035
14:28la voiture thermique,
14:29pourquoi est-ce que ça pénalise
14:32l'industrie européenne ?
14:33C'est que du coup,
14:34l'industrie n'investit plus du tout
14:35dans l'innovation.
14:37Qu'est-ce qui fait
14:39que les voitures chinoises...
14:39Mais la voiture thermique,
14:40l'industrie européenne
14:44n'invente plus,
14:45ne propose plus
14:46aux consommateurs
14:47ce qu'elle sait faire,
14:47à savoir des belles voitures
14:50thermiques.
14:52Ben oui,
14:52je suis désolé.
14:53Et donc les gens,
14:54ils se dirigent
14:55vers des produits chinois
14:56qui sont plus innovants,
14:58plus amusants
14:58et moins chers.
14:59Surtout 30% moins chers.
15:00Mais pour les industriels,
15:01alors après,
15:01vous savez peut-être mieux,
15:02vous...
15:02B-Y-10,
15:03c'est 30% moins cher.
15:04Peut-être que vous savez mieux,
15:05vous, député européen écologiste,
15:07que BMW,
15:08Mercedes,
15:09Peugeot
15:10et toutes ces boîtes-là,
15:11ce qui est bon pour elles.
15:12Pourquoi pas ?
15:13Ça, je veux dire,
15:14ça peut être un concept.
15:14Non, mais c'est qu'il n'y a pas
15:14un condescendant de tout ça.
15:15Mais non,
15:15mais c'est elles qui le disent.
15:16C'est eux qui le disent.
15:18C'est leur...
15:19Mais non, mais arrêtez.
15:20Ils disent qu'un truc
15:21qui va rentrer en vigueur
15:22dans 10 ans,
15:22les inflanguers,
15:23ça fait 30 ans qu'ils licencient.
15:24Ces gens-là
15:25ont fait des choix stratégiques,
15:26industriels,
15:27qui se retournent contre eux.
15:28C'est ça la réalité.
15:29Et pendant ce temps-là,
15:30le reste du monde
15:30est en train de passer
15:31à autre chose.
15:32Donc, soit on persiste
15:33à écouter ces gens-là
15:34pour leur parachuter.
15:35Ce n'est pas le reste du monde.
15:35Les Américains
15:36ne sont pas dans cette logique-là.
15:38Ah bon ?
15:38Tesla ?
15:39Oui, il y a Tesla.
15:40Vous connaissez la capitalisation
15:41borsière de Tesla ?
15:42C'est un tiers
15:43de tous les constructeurs européens
15:45que Tesla.
15:47Pardon ?
15:47Mais il y a quand même un sujet.
15:49Parce que ce n'est pas que la Chine.
15:50C'est aussi les États-Unis.
15:51En fait,
15:52on est en train
15:52de faire les losers.
15:53Et moi, ça me met en colère
15:54parce qu'on a
15:54le premier marché du monde.
15:55On a d'excellents ingénieurs.
15:57On a des grandes marques.
16:01Ce qui peut protéger
16:04notre marché,
16:04c'est le même
16:05les constructeurs français.
16:06C'est le contraire.
16:08Si, c'est ce qui aiderait.
16:09On va dire aux agriculteurs
16:09qu'on protège le marché
16:10que le marché.
16:10On parle du marché automobile.
16:12Ce qui aiderait
16:13les constructeurs automobiles
16:14européens,
16:16c'est de pouvoir
16:16avoir accès
16:17à un nouveau marché.
16:18On vend déjà
16:19des voitures
16:19en Amérique du Sud.
16:20Oui, mais là,
16:21ils auront beaucoup moins
16:21de barrières,
16:22beaucoup moins d'obstacles,
16:23etc.
16:24Écoutez,
16:25mais c'est marrant.
16:26On dirait que vous savez mieux,
16:27vous,
16:28que les industriels automobiles
16:29que moi, je les lis
16:30et je les écoute,
16:31ils sont pour le Mercosur,
16:33ils sont contre
16:33l'interdiction
16:34de la voiture thermique
16:35en 2035.
16:36Permettez que je ne sois pas
16:36ici le porte-parole
16:37des constructeurs automobiles.
16:37Je crois d'avoir un avis.
16:39Je vois ce qui se fait.
16:40C'est l'emploi.
16:41Je ne suis pas sûr que...
16:42Mais les emplois,
16:43ils sont en train
16:43de les perdre.
16:44Il faut se réveiller.
16:45Regardez ce qui est en train
16:46de se passer
16:46avec les emplois
16:47dans l'automobile.
16:48Ce n'est pas les écolos
16:48qui dérigent
16:49les marques automobiles.
16:50Si, si,
16:50c'est la concurrence.
16:53Si vous mettez,
16:54excusez-moi,
16:55c'est quand même
16:56la gauche dans son ensemble
16:57qui a détruit l'industrie
16:57en Europe.
16:58Ça, c'est quand même
16:58une réalité.
17:00Ça, vous ne pouvez
17:01quand même pas le nier.
17:02Entre les normes écolos,
17:04les charges sur les salaires,
17:06les impôts sur la production...
17:08On est passé au moment
17:09parfait du commerce.
17:09Excusez-moi.
17:10Mais non, ce n'est pas ça.
17:11Je pensais qu'on avait
17:11une discussion sérieuse
17:12sur les faits.
17:12C'est une réalité.
17:13Vous n'allez pas dire
17:14que vos mesures,
17:15elles sont favorables
17:16à l'industrie européenne.
17:17Ce n'est pas vrai.
17:18Vous théorisez même
17:19la décroissance.
17:20Les choix politiques ont été faits.
17:21Beaucoup de gens de votre parti
17:22se revendiquent de la décroissance.
17:23Les choix politiques
17:24qu'on a fait en France
17:28et en Europe
17:29depuis 40 ans,
17:30c'est de parier sur le tertiaire.
17:31Et on a théorisé
17:32qu'en fait,
17:32c'était ringard
17:33d'avoir des usines
17:33à gauche comme à droite.
17:35Et ce n'est pas vrai
17:36que c'est le monopole
17:36de la gauche
17:37d'avoir fait ça.
17:38C'est un pensée
17:39sous Jacques Chirac
17:39qu'on s'est aussi désinstitulé.
17:41Et donc, oui,
17:41c'était une connerie.
17:42C'est une connerie.
17:43Mais il y avait des gens
17:44dans tous les partis
17:45qui le dénonçaient, ça.
17:46Je veux dire,
17:47on a industrialisé
17:48l'agriculture,
17:49ce qui était une erreur.
17:50On a désindustrialisé
17:51l'industrie.
17:51Voilà ce qu'on a fait
17:52dans l'Europe.
17:52Eh bien, il faut peut-être
17:53arrêter avec cette logique-là.
17:54Et pour ça,
17:55il faut affronter
17:56les technologies
17:56qui vont s'imposer
17:57dans les années qui viennent.
17:59Sinon, pour le coup,
17:59on ne va pas encore
18:00prendre du retard.
18:01Merci d'avoir avec nous,
18:03David Cormand,
18:04d'avoir débattu
18:04avec Charles Consigny.
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