- il y a 6 semaines
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Édition spéciale qui continue en direct sur BFM TV, bien sûr. Bonsoir Olivier.
00:04Bonsoir Alain, bonsoir à tous.
00:05C'est à Bruxelles que se cristallise aujourd'hui la colère des agriculteurs contre le Mercosur.
00:11Essentiellement, c'est ce marché, vous savez, avec quatre pays sud-américains qui est contesté.
00:16L'Allemagne va un feu vert avant le départ d'Ursula von der Leyen, normalement au Brésil.
00:21Le président de la République, lui, dit que le compte n'y est pas.
00:23On va retrouver l'un de nos journalistes sur place pour BFM TV,
00:27savoir si on est toujours dans le face-à-face et si les choses se tassent un peu.
00:33Non, la situation, elle s'est drastiquement accalmée, comme vous pouvez l'apercevoir,
00:37avec notamment ces derniers agriculteurs qui sont encore présents aux abords de ce quartier européen,
00:42pas très loin du Parlement, face aux forces de l'Inde.
00:45Ils discutent, on est même face à des échanges plutôt amicaux, cordiaux,
00:49ce qui détonne de ce qu'on a connu un peu plus tôt dans la journée,
00:53avec ces regains de tension entre ces agriculteurs, ces manifestants et les forces de l'ordre.
00:58On a assisté à plusieurs moments de tension avec des jets de projectiles, de mobilier urbain,
01:03des répliques également à des forces de l'ordre avec notamment du gaz lacrymogène,
01:07mais également des jets d'eau pour tenter de calmer la situation pendant un certain moment.
01:12On assistait à un moment d'accalmie et puis des regains de tension.
01:15Là, on en est loin, situation qui s'est beaucoup accalmée.
01:18Et à vrai dire, en fait, la plupart de ces agriculteurs européens, dont la moitié, près de 4000 étaient français,
01:25sont rentrés, sont sur la route.
01:27Certains qui ont roulé une bonne partie de la nuit pour pouvoir être présents,
01:31symboliquement faire pression sur les leaders européens qui se réunissent en ce moment pour ce sommet.
01:37C'était important pour eux d'être présents, mais ils ne souhaitaient pas rester.
01:40L'objectif, c'était de faire pression pour tenter de dire non,
01:44de reculer face à cet accord du Mercosur qu'ils ne veulent pas retarder cette possible signature
01:50qui pourrait avoir lieu ce week-end au Brésil.
01:52Si le report n'a pas lieu, des agriculteurs m'expliquaient que les mobilisations allaient se poursuivre d'autres manières,
01:59et cette fois-ci en France, pour tenter de faire entendre leur colère, une colère qui ne désemplit pas.
02:05Et c'est vrai que certains agriculteurs qui étaient présents aujourd'hui m'ont expliqué
02:08qu'ils étaient déçus de la tournure qu'a prise cette mobilisation ici à Bruxelles,
02:13avec la présence notamment de certains accasseurs,
02:16parce qu'ils avaient peur que le message qu'ils souhaitaient véhiculer,
02:19en l'occurrence non à ce Mercosur, puisse être entaché.
02:22Voilà donc pour cette mobilisation ici en plein cœur du quartier européen,
02:26lieu symbolique donc où se réunissent les différents leaders et chefs de gouvernement européens.
02:32Mobilisation qui prend fin.
02:34Voilà, on va suivre ça bien évidemment en retournant régulièrement dans la capitale belge.
02:40Pour un moment, on va écouter ce que dit le président de la République, Emmanuel Macron.
02:43C'est important parce qu'il affirme qu'il est du côté des agriculteurs tout en étant en faveur du Mercosur.
02:50Et il a une entienne, le président de la République, c'est-à-dire le compte n'y est pas.
02:56Sur le Mercosur, nous considérons que le compte n'y est pas.
02:59Nous, nous demandons ce qu'on appelle une clause de sauvegarde.
03:01Je le dis très clairement, le compte n'y est pas, parce que je veux une Europe qui protège.
03:05La deuxième chose, on veut la réciprocité.
03:08Je regarde les choses, on n'est pas prêts, le compte n'y est pas.
03:12Et la troisième chose, on dit qu'il faut des contrôles.
03:14Au moment où nous nous parlons, nous ne sommes pas prêts, le compte n'y est pas, pour signer cet accord.
03:19Parce que je veux qu'on traite comme il se doit notre agriculture, on doit être respecté.
03:24On nous dit qu'il faut signer maintenant. Non, il n'y a pas de chèque en blanc.
03:27Je n'aime pas que les choses soient imprécises et je n'aime pas qu'on balade les gens.
03:31La commission a fait des avancées, mais le compte n'y est pas.
03:34Le compte n'y est pas, il l'a répété cinq fois, ça a dû vous rassurer.
03:39François Ballerette, vous qui représentez la coordination rurale, engagez dans ce combat.
03:43Oui, bonjour à tous.
03:46Le compte n'y est pas, oui, non, ça ne me rassure pas du tout.
03:49En fait, il y a quand même un problème de timing.
03:51C'est-à-dire que cet accord, on en discute depuis 25 ans, le rendez-vous pour signer demain, aujourd'hui, ils ne l'ont pas pris avant-hier.
04:02Donc Emmanuel Macron, d'un coup, qui se réveille la veille de la signature sous la pression des agriculteurs en France pour dire,
04:09« Ah oui, non, il faut peut-être que je fasse un signe, que je fasse un geste. »
04:13Vous doutez de sa détermination ?
04:15Non, je doute de sa sincérité.
04:17Peu importe la sincérité.
04:18Oui, si on veut.
04:18Non, mais je veux dire, en politique, ce n'est pas le problème.
04:20Ce qu'il faut, c'est d'obtenir ce que vous voulez.
04:22Voilà.
04:23En fait, je pense qu'il le fait sous la contrainte et il n'est pas convaincu de ce qu'il dit.
04:27Parce que dans le fond, je pense qu'il y est favorable.
04:29Et qu'il ne fait ça que pour calmer les agriculteurs, pour que la pression retombe, qu'ils rentrent chez eux.
04:35François, il faut expliquer ce qui se passe.
04:36La Commission européenne veut obtenir un feu vert des 27 Européens pour cet accord avec l'Amérique du Sud.
04:44On sait que l'Allemagne pousse aussi pour obtenir cet accord.
04:48Mais l'Allemagne n'est pas seule.
04:49Il y a quand même beaucoup de pays qui se soutiennent.
04:51Alors que va-t-il se passer ce soir et demain à Bruxelles ?
04:55Ce qui explique d'ailleurs cette mobilisation des paysans.
04:57Alors ce soir, il y a une négociation pour essayer, pour la France en tout cas, d'obtenir ce qu'on appelle une minorité de blocage.
05:05C'est-à-dire qu'il faut au moins 4 pays qui s'opposent et que ces pays représentent au moins 35% de la population européenne.
05:14Le pays qui peut faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre, c'est l'Italie.
05:18L'Italie qui semble se rapprocher de notre position ces derniers jours.
05:22En tout cas, il y a eu des bruits de couloirs comme quoi la position italienne pouvait évoluer.
05:29Parce qu'il y a quelques semaines, l'Italie qui est assez proche du gouvernement argentin, Ravier Milei, était plutôt en faveur de cet accord du Mercosur.
05:37Et là, depuis quelques jours, on sent que ça pourrait basculer pour une raison, là encore, liée à des questions agricoles.
05:44C'est-à-dire que la PAC, la politique agricole commune, va être renégociée en 2028, enfin d'ici 2028.
05:49Et l'enveloppe totale de l'argent dédié aux agriculteurs européens va baisser.
05:54Donc l'Italie est en train de jouer sa carte en disant, nous, on voudrait garder des aides européennes pour nos agriculteurs.
06:01Et en échange, eh bien, on signera ou pas cet accord du Mercosur.
06:06Et donc, c'est ce soir ou demain matin que ça va se décider.
06:09Pour qu'on comprenne bien ce qui se joue, la France seule ne pourra pas empêcher la signature.
06:15Emmanuel Macron peut dire qu'il est très opposé à cet accord, mais il ne peut pas obtenir gain de cause seul aujourd'hui.
06:22Et il peut revenir devant les agriculteurs en disant, j'ai affirmé mon opposition à cet accord, ce qu'il fait d'ailleurs depuis 7 ans.
06:30Mais malheureusement, ce n'est pas suffisant. Il faut obtenir tout un accord européen.
06:35Dominique Chargé, vous êtes éleveur cultivateur.
06:36Vous êtes du côté de la Loire-Atlantique, président de la coopération agricole.
06:39Donc vous suivez attentivement, bien sûr, ce qui se passe à Bruxelles, les négociations.
06:43Mais je regardais ce que disait aussi le ministre des Transports, M. Tabarro, d'écouter, on fait pression, on discute.
06:51Mais peut-être qu'à un moment, faites attention à ne pas entraver la circulation non plus en France.
06:56Ne gâchez pas les fêtes.
06:57Vous êtes vigilant aussi de ce côté-là ?
07:00Moi, je soutiens, non seulement je soutiens, je comprends et je soutiens aujourd'hui les mouvements et la colère des agriculteurs.
07:08On ne peut pas avoir aujourd'hui une situation, c'est-à-dire un accord potentiel aujourd'hui entre l'Amérique du Sud et l'Europe
07:17qui braderait notre agriculture, un accord dans lequel nous laisserions entrer des produits
07:22qui ne respectent pas les standards, qui ne respectent pas les règles que nous nous imposons, nous, en France,
07:28sur un certain nombre de produits que sont la viande bovine, la volaille, l'éthanol et j'en passe.
07:35Trois critères ont été fixés par le Président.
07:39Une clause de sauvegarde en cas de déstabilisation des marchés agricoles, donc on pourrait revenir en arrière.
07:44Des clauses miroirs, c'est ce que vous dites, il faut que ce soit réciproque.
07:47Ça non, ces clauses miroirs nécessiteraient de renégocier l'entier.
07:51Alors qu'est-ce qu'il veut dire quand il dit réciprocité ? C'est bien clause miroir.
07:55Ce terme de réciprocité...
07:56En tout cas, ces clauses miroirs, en tant que telles, nécessiteraient une renégociation d'un accord.
08:01Ce que les Présidents, par exemple, ne veulent absolument pas.
08:03Alors qu'est-ce qu'il peut obtenir quand il dit qu'il faut que ce soit réciproque ?
08:05Des clauses de sauvegarde.
08:08Ce qui est aujourd'hui sur la table, c'est des clauses de sauvegarde et des moyens de contrôler.
08:12Et en fait, effectivement, aujourd'hui, il n'y a aucune garantie sur le fait, et aucun moyen d'ailleurs,
08:18sur le fait que nous soyons en capacité de contrôler ce que seront l'entrée de ces produits.
08:22Oui, mais ça n'empêcherait pas de faire entrer les produits, parce que ça serait des contrôles sanitaires.
08:27Après coup, on ferait rentrer les produits et on verrait si ces produits déstabilisent le marché.
08:33Est-ce que vous y croyez à ça ?
08:34Mais non, je n'y crois pas. Déjà, les clauses de sauvegarde qui sont prévues,
08:37elles sont tellement complexes à mettre en œuvre qu'on sait d'avance qu'elles ne seront pas mises en œuvre
08:42ou vraiment extrêmement à la marge.
08:44Et le problème des clauses miroirs dont on parle, qui ne sont pas prévues non plus,
08:48c'est qu'elles portent toujours, non pas sur la façon dont est produite la denrée agricole dans le pays,
08:56mais sur la denrée en elle-même.
08:57C'est-à-dire qu'on regarde si ce qui arrive est aux normes de ce que nous, on veut.
09:01Mais on ne s'intéresse pas à la façon dont c'est fait, savoir si c'est fait suivant nos normes de production.
09:05Et c'est là qu'on se fait avoir, parce qu'ils utilisent des produits qui ne sont pas autorisés en Europe,
09:10qu'on ne retrouve pas dans le blé ou dans la viande.
09:12Donc c'est possible de les faire rentrer, alors que ça n'est pas produit selon nos normes.
09:16Donc en fait, les clauses miroirs, elles ne fonctionnent jamais non plus.
09:18On a 37 substances aujourd'hui qui sont interdites en Europe et en France donc,
09:24et qui sont autorisées au Brésil par exemple.
09:27Notamment les hormones.
09:28Les hormones aussi, des moyens de protéger nos cultures.
09:32Je vais poser une question complètement naïve.
09:35À Paris, il y a des restaurants argentins,
09:37où il faut réserver à l'avance, pour manger de la viande argentine,
09:41qui est très bonne et c'est très cher.
09:43Mais alors, elle est là cette viande argentine déjà ?
09:45Oui, oui, oui.
09:47Donc on va au restaurant argentin, manger de la viande.
09:50Il y a dans toutes les grandes villes des restaurants argentins qui vantent la qualité de leur viande.
09:54Oui, oui, mais il y en a déjà.
09:55Là, simplement, c'est un quota de viande qui n'est pas soumis à des taxes d'importation.
09:59C'est là où c'est déloyal.
10:00Qui se retrouverait sur l'étal des bouchées, enfin avant, sur le boucher ou dans les supermarchés.
10:04Et dans les produits transformés aussi.
10:05C'est plutôt les produits transformés d'ailleurs,
10:07parce que depuis quelques temps, là, on entend les distributeurs qui disent
10:10« Nous, on ne proposera pas de la viande qui vient sous contingent Mercosur. »
10:16En revanche, dans tout ce qui est produits transformés,
10:18là, c'est beaucoup plus compliqué de savoir d'où ça vient, quelle est l'origine.
10:21Et effectivement, si c'est de la viande qui venait avec des taxes
10:25ou si c'est sur les quotas Mercosur détaxés.
10:28On l'a dit, Emmanuel Macron n'est pas contre le Mercosur par principe
10:31parce qu'il dit que c'est bon pour certaines filières,
10:33notamment notre filière viticole, la filière industrielle,
10:36mais il veut des garanties supplémentaires.
10:38Donc, il joue la montre en quelque sorte.
10:40Mais le président Lula, le président brésilien, il a dit, là, il y a quelques jours,
10:44« Maintenant, il faut signer parce que sinon, on ne signera pas.
10:46Si ce n'est pas maintenant, ça ne sera jamais. »
10:49Alors, on voit bien que chacun fixe un rapport de force,
10:51mais est-ce qu'on pourrait signer en janvier, par exemple ?
10:54Ce midi, je voyais un des membres du gouvernement qui disait,
10:58en fait, dans tous les accords qu'on signe, c'est la règle du commerce,
11:01quand on fait une transaction, il y a ce qu'on gagne,
11:04et l'objectif, c'est de perdre le moins.
11:05Il dit, le problème, c'est que les gagnants, on ne les entend pas.
11:07Et le problème, c'est que si ce Mercosur, finalement, le Brésil,
11:12les autres pays se tournent vers l'Asie,
11:14et que les secteurs qui étaient censés en bénéficier décident de parler,
11:18ce serait pour dire, ah ben, finalement, on ne l'a pas fait,
11:21regardez, ça a coûté tant d'emplois, etc.
11:22Donc la difficulté, c'est qu'au final, si ça se fait à des conditions
11:26qui ne vont pas satisfaire les agriculteurs,
11:28on entendra les agriculteurs, et à juste raison, dire, voilà ce qu'on perd.
11:32Et dans le même temps, si ça ne se fait pas,
11:34et que, finalement, cette Amérique latine se tournait vers d'autres marchés,
11:39on entendrait les possibles gagnants dire,
11:41bah, parce que le Mercosur n'est pas fait...
11:43Et pourquoi ils n'entend pas les gagnants ?
11:44Parce que c'est compliqué.
11:45Alors il y a eu une tribune de Patrick Martin, le patron du Medef,
11:48qui s'est exprimé dans les échos hier,
11:49mais c'est vrai qu'on l'a davantage entendu sur le budget,
11:52que sur cet accord et ce qui l'apporterait à une partie de l'industrie.
11:55J'ajoute juste d'un mot, tout de même,
11:57que la fin de l'histoire ne s'écrit pas ce week-end,
12:00puisque, à supposer que Ursula von der Leyen décide de passer en force
12:04malgré les réticences de l'Italie et la forte opposition de la France,
12:08il faudrait tout de même, à un moment ou à un autre,
12:10un vote du Parlement européen,
12:11et il est possible aussi pour la France de faire en sorte
12:13que ce soit au Parlement européen que cet accord soit bloqué.
12:15– Et c'est là que la bataille syndicale continuera.
12:18– On n'est pas contre, moi je représente une organisation,
12:21la coopération agricole, on n'est pas contre les échanges internationaux,
12:24on est contre les échanges déloyaux,
12:26on est contre les échanges qui laisseraient entrer des produits
12:29qui sont produits dans des règles et des normes
12:31qui ne nous sont pas autorisées.
12:33C'est ça sur quoi on se bat.
12:35Aujourd'hui, effectivement, on a des secteurs,
12:37y compris dans l'agriculture et l'agroalimentaire,
12:39qui auraient des intérêts offensifs.
12:41– Lesquels par exemple ?
12:42– La viticulture qui est aussi un secteur en grande souffrance aujourd'hui.
12:45Donc, effectivement, retrouver des marges de manœuvre à l'exportation
12:49pour le secteur...
12:49– Et les Sud-Américains ont leurs vins ?
12:50Ils achètent des vins français aussi ?
12:51– Oui, mais il peut y avoir des échanges.
12:53On a aussi des vins...
12:54– Pas tous les producteurs, pas tous les viticulteurs
12:56ne vont exporter non plus.
12:57– Non, mais enfin on pourrait avoir...
12:58– La crise elle est beaucoup plus profonde que ça.
12:59– On pourrait avoir des intérêts aujourd'hui
13:01sur de l'exportation de vins et d'appellations françaises
13:04sur l'Amérique du Sud, sur les pays d'Amérique du Sud,
13:07c'est reconnu.
13:07Et sur le secteur laitier aussi,
13:08on pourrait avoir des intérêts sur le secteur laitier.
13:10Mais le fait d'avoir ces intérêts offensifs
13:12ne doit pas se faire au détriment de filières
13:16qui, elles, seraient contraintes d'accepter des importations
13:19de produits qui ne respectent pas nos armes.
13:21C'est là-dessus qu'on se bat.
13:21– Ok, puisque vous parlez de ceux qui ont intérêt à exporter
13:25et ceux qui doivent se protéger,
13:26c'est exactement le comparatif qu'on va faire avec Nargis Hadji.
13:29Bonsoir.
13:30– Bonsoir.
13:30– Cette fois-ci, savoir quelles sont les filières gagnantes
13:34et les filières perdantes avec cet accord du Mercosier.
13:37Il faut le rappeler, ces quatre pays,
13:38c'est l'Argentine, le Brésil, le Uruguay, le Paraguay.
13:39– Absolument, vous en avez parlé, le secteur automobile,
13:42il fait partie des grands gagnants.
13:44Ça concerne surtout l'Allemagne, l'Espagne et la Slovaquie
13:47qui sont très dépendantes de cette industrie.
13:49Aujourd'hui, les voitures européennes sont taxées
13:52jusqu'à 35% au Brésil et en Argentine.
13:55Et donc, l'accord prévoit de la suppression progressive
13:58des droits de douane.
13:59Combien ça pourrait rapporter ?
14:01Eh bien, la Commission européenne anticipe déjà
14:04près de 49 milliards d'euros supplémentaires à long terme
14:08avec la suppression de ces droits de douane.
14:10Les machines industrielles, la chimie et l'industrie pharmaceutique
14:15sont aussi des gagnantes.
14:16Les produits représentent déjà plus de 50% des exportations européennes
14:20actuelles de l'Union européenne vers le Mercosur.
14:23Et les droits de douane actuelles sont de 18%.
14:25L'objectif, donc, les réduire à terme avec ce traité,
14:28ce qui pourrait, eh bien, renforcer la compétitivité
14:31des entreprises suivantes, les Françaises, les Allemandes
14:34et les Itaniels.
14:36Enfin, vous en parliez, les vins, les spiritueux,
14:39le fromage également européen, bénéficieront, eux, de l'accord.
14:43S'il y a donc accord, des quotas à droit nul sont prévus
14:47et avec notamment plus de 30 000 tonnes de fromage européen
14:52en direction du Mercosur les prochaines années.
14:54Cela profiterait à la France, l'Italie ou encore l'Espagne.
14:57Alors là, on voit ceux qui ont intérêt à commercer,
15:00mais il y a aussi la colonne des grands perdants, Nargis.
15:02Oui, on l'a compris ces derniers jours,
15:04l'élevage est le secteur le plus exposé.
15:06L'accord prévoit l'importation de 99 000 tonnes de viande bovine,
15:10180 000 tonnes de volaille depuis les pays du Mercosur
15:13vers ceux de l'Union européenne par an
15:16et donc avec des droits de douane quasi nuls.
15:19cela ne représente que 4,5% de la production française.
15:23Le sucre et l'éthanol, enfin, sont aussi sous pression.
15:27Un quota de 190 000 tonnes de sucre est prévu à l'importation.
15:30Les filières concernées se situent en France, en Belgique,
15:33mais aussi en Europe de l'Est.
15:35En résumé, l'accord favorise l'industrie européenne exportatrice.
15:38Il fragilise une partie de l'agriculture, notamment française.
15:41Merci, Nargis Adji.
15:42En fait, il faudrait sortir l'agriculture de cet accord.
15:45Mais ce n'est pas possible, parce que là, du coup,
15:47les Sud-Américains ne le signeraient pas.
15:49Mais même sortir l'agriculture de tous les traités de libre-échange,
15:53c'est quand même une...
15:55Oui, mais eux, c'est leur force d'exporter des volailles.
15:57Oui, mais nous, on s'en fait une faiblesse,
15:59alors que l'agriculture française, elle était forte.
16:02Et à force de la mettre dans tous ces traités,
16:05de la considérer comme une valeur marchande comme les autres,
16:08on s'est fortement affaibli,
16:09alors que c'est un secteur stratégique qui devrait être sorti de tous ces...
16:12Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas un peu trop facile
16:14de prendre comme bouc émissaire le commerce international.
16:17Or, les faiblesses de l'agriculture française,
16:19on en est un peu aussi responsable.
16:21Quand vous dénoncez les normes,
16:22c'est nous qui nous les imposons aux propres normes.
16:26Parfois à raison, d'ailleurs.
16:27On se les impose, parce que c'est une volonté de la société
16:31que d'avoir une agriculture qui soit plus verte,
16:34qui soit moins dépendante de tout un tas de choses.
16:37Et après tout, pourquoi pas,
16:39si c'est la volonté de la France et de l'Europe.
16:41Mais on ne peut pas à la fois dire
16:42qu'on veut une agriculture qui soit plus verte,
16:45qui ait un rôle d'aménagement du territoire,
16:48qui n'ait que des petites exploitations,
16:50et en même temps dire...
16:51De la viande sans hormones.
16:52Et en même temps dire,
16:53on va vous mettre, malgré ces contraintes,
16:55en concurrence totalement déloyale.
16:57Nos normes ne sont pas si mal, alors.
16:59Mais si on n'était pas en concurrence déloyale...
17:01Soit on les dénoncer, mais finalement...
17:03On les défend face aux brésiliens, là.
17:05Non, en fait, il faut choisir...
17:07Là, on est à un moment, il faut clairement choisir un modèle.
17:09Soit on se dit, l'agriculture française, européenne,
17:12doit être concurrentielle par rapport au reste du monde,
17:15et il faut nous débarrasser de toutes les normes.
17:17Sinon, si on a ces normes, il faut nous protéger
17:19pour qu'on puisse produire et gagner,
17:21avoir quand même de la compétitivité,
17:23malgré les normes qu'on nous impose.
17:24Ça fait très longtemps qu'on demande
17:26à ce que le responsable politique
17:27se positionne clairement là-dessus,
17:29qu'il nous dise clairement
17:30quel est le rôle de l'agriculture
17:32dans l'aménagement du territoire.
17:33C'est pas négligeable non plus.
17:34On n'a pas des fermes de 10 000, 20 000 hectares.
17:37Si on veut garder un modèle de petite exploitation...
17:39C'est aussi parce qu'elle a ces fermes qui sont petites,
17:43avec des agriculteurs qui modèlent le paysage.
17:46Et si on veut conserver ce rôle d'aménagement du territoire,
17:49ça a un coût,
17:50et on ne peut pas à la fois vouloir ça
17:52et nous mettre en concurrence avec le reste du monde.
17:54Le responsable politique, il doit se positionner,
17:56mais ça, ça a un coût,
17:58et aujourd'hui, personne n'est prêt à assumer ce coût.
18:01En fait, je pense que les agriculteurs,
18:04les producteurs français,
18:05quand ils voient 180 000 tonnes de volaille,
18:06par exemple, à l'importation,
18:08et qu'ils savent qu'aujourd'hui,
18:09on importe pratiquement un poulet sur deux
18:11de ce qu'on consomme,
18:12et notamment en restauration hors domicile,
18:14ils se disent, mais comment se fait-il ?
18:16Qu'aujourd'hui, quand nous voulons, nous,
18:18mettre des poulaillers en place,
18:19on ne peut pas,
18:20parce qu'on a la contrainte administrative,
18:22parce qu'on a des problèmes pour les financer,
18:24parce qu'on a éventuellement de la controverse sociétale,
18:26c'est-à-dire que tous les Français
18:27veulent consommer français,
18:28veulent consommer le produit du terroir,
18:31et en fait, dès qu'on veut mettre un poulailler en place,
18:32ou une usine pour transformer le poulet,
18:34on a la société,
18:35ou en tout cas, des levées de boucliers
18:37qui nous empêchent de les faire,
18:38et on a de la contrainte administrative.
18:39En fait, ce qu'on voudrait, avant tout ça,
18:41c'est aussi être en capacité de produire.
18:43On voudrait avoir accès à l'eau,
18:44pour pouvoir, par exemple,
18:46produire davantage de légumes,
18:47alors qu'on importe pratiquement
18:4835% des légumes qu'on consomme,
18:50ou produire les fruits,
18:52parce qu'on importe 60% des fruits qu'on consomme.
18:54On veut aussi, à travers,
18:56j'allais dire, ce mouvement et cette colère,
18:58exprimer le fait que, pour nous,
19:00ouvrir à de l'importation,
19:01à des produits qui ne respectent pas nos règles,
19:04on voudrait aussi être en capacité
19:05de pouvoir produire sur nos territoires.
19:06Et aujourd'hui, on a des problèmes
19:07et des contraintes pour pouvoir produire.
19:09C'est le même problème avec le sucre.
19:10On voit 188 000 tonnes de sucre.
19:13En France, on ferme des sucreries régulièrement
19:15parce qu'elles sont en manque de compétitivité.
19:17Et on remplace ça par du sucre
19:18qui vient d'Amérique du Sud.
19:20C'est scandaleux.
19:21Et ce qui est une catastrophe environnementale,
19:23c'est un passant,
19:23puisqu'elle rogne sur la forêt.
19:25Cette production de sucre de canne à sucre
19:27rogne sur la forêt amazonienne,
19:28tout comme la production,
19:29les élevages de bœuf,
19:30tout comme la production de soja.
19:33Et donc, plus le transport.
19:35Plus le transport.
19:36D'un point de vue environnemental,
19:37c'est aussi totalement aberrant
19:39quand on défend l'agriculteur qu'on défend.
19:40C'est quelque part dans cette colère.
19:42C'est quelque part aussi
19:43ce sentiment d'abandon
19:44de la production agricole française.
19:47Aujourd'hui, et vous l'avez vu,
19:48on en a déjà parlé avec vous,
19:50notre balance commerciale,
19:51qui était un des fleurons
19:52des balances commerciales
19:54et de l'industrie française,
19:56peut être négatif en 2025
19:57pour la première fois depuis 1978.
20:00Alors qu'elle a flirté
20:00avec les 10-15 milliards dans les années.
20:02Donc la France est un grand pays agricole.
20:04C'est un pays agricole,
20:06mais en déclin.
20:07En tout cas, déclassé.
20:09C'est-à-dire que nous ne sommes plus
20:11en capacité de produire
20:13ce que nos compatriotes consomment.
20:15On nous a embarqués probablement
20:16d'une manière un peu trop excessive
20:18vers une montée en gamme
20:20qu'on a, nous, trop interprétée
20:22comme une exclusivité
20:23de produits haut de gamme.
20:24Et aujourd'hui,
20:24nous ne sommes plus en capacité
20:26de produire ce que j'appelle moi
20:27les entrées et les cœurs de gamme,
20:28ce que les Français consomment au quotidien.
20:29Hier, on apprenait
20:30qu'on importait par exemple
20:31de l'agneau néo-zélandais.
20:32C'est complètement aberrant.
20:33d'aller chercher de l'agneau
20:35en Nouvelle-Zélande
20:36alors qu'on en a chez nous.
20:37On importe 60%,
20:38entre 55 et 60%
20:39des moutons que nous consommons
20:41et notamment de Nouvelle-Zélande.
20:42Alors, j'ai une question à poser.
20:44L'agriculture...
20:45Est-ce que les normes écologiques
20:46sont un frein ?
20:49Aujourd'hui, pour développer les élevages,
20:51on les oppose aux brésilaires.
20:52Moi, je pense qu'il n'y a aujourd'hui...
20:54Je parle pas de normes sanitaires,
20:55de normes écologiques.
20:56Aujourd'hui, les agriculteurs français
20:57sont conscients
20:58de ce que doit être à la fois
21:00la compétitivité de nos métiers
21:02et les transitions.
21:04Tous les agriculteurs
21:05que je connais et ils sont nombreux
21:07souhaitent aujourd'hui avancer
21:09sur ces questions-là.
21:10La problématique,
21:11c'est qu'on nous met des injonctions
21:12et qu'on ne nous donne pas les moyens
21:14de pouvoir atteindre les objectifs.
21:16Autrement dit,
21:17nous ne pourrons avancer
21:18que si nous avons à la fois
21:20les moyens de la recherche,
21:21que si nous avons les financements
21:23et les moyens d'accompagner
21:24cette transition.
21:25Mais aujourd'hui,
21:27ce qui, je pense,
21:28fait partie de cette colère,
21:30c'est qu'on nous impose des règles,
21:31qu'on nous met des interdictions
21:32et que nous n'avons pas
21:33de moyens de substitution.
21:34Ils sont françaises, les règles ?
21:35Ils sont souvent issus
21:36de surtransposition française
21:38du droit européen.
21:38Alors justement,
21:39on va aller à Bruxelles
21:40retrouver l'un des envoyés spéciaux
21:42de BFM TV
21:43parce qu'on entend
21:44beaucoup de bruits
21:44de klaxons,
21:45on voit les lumières,
21:47les phares des tracteurs,
21:49mais visiblement,
21:51la tension est retombée
21:52sur place quand même.
21:53Oui, absolument,
21:56la manifestation est totalement terminée
21:58et avec cette manifestation,
22:00ces tensions.
22:01Ce que vous voyez sur cette image,
22:02effectivement,
22:02ce sont les tracteurs,
22:04un balai de tracteurs
22:05qui, depuis une quinzaine de minutes,
22:08se dirigent vers la sortie de la ville,
22:10quittent donc cette place.
22:11Forcément,
22:12on a l'habitude,
22:14avec la journée qu'on vient de passer,
22:15avec grand renfort,
22:16de klaxons,
22:18d'alarme,
22:18de lumière
22:19pour montrer
22:21qu'ils ont été présents.
22:22Plus de tensions,
22:23il faut dire que
22:24ces tensions,
22:25elles ont été quand même
22:26assez fortes.
22:26Elles n'ont pas duré
22:27extrêmement longtemps.
22:28Ça s'est surtout concentré
22:29sur une place,
22:30la place du Luxembourg
22:31qui était le point de chute
22:32de cette manifestation.
22:33On a pu voir
22:34des échanges de projectiles,
22:36des tirs de gaz lacrymogènes
22:37entre les manifestants
22:39et les forces de l'ordre.
22:40Mais dès que
22:41les policiers belges
22:42ont évacué la place
22:44en chargeant,
22:45en gazant un petit peu aussi,
22:47le calme est très rapidement revenu
22:49parce que
22:49les forces de l'ordre
22:51ont tout fait stratégiquement
22:52pour que les agriculteurs
22:54ne se rassemblent plus
22:55en grand nombre
22:56sur cette place
22:57en organisant
22:58des barrages filtrants,
22:59en coupant
23:00certaines routes
23:00parfois.
23:02Ce qu'il faut quand même
23:03retenir de cette journée,
23:04c'est cette image
23:05qu'ils représentent,
23:06ces tracteurs finalement
23:07qui quittent la ville
23:08sans tension
23:09parce que la grande majorité
23:10des manifestants,
23:12des agriculteurs
23:12qui étaient venus
23:13de l'Europe entière,
23:15de toutes les régions de France,
23:16également ici à Bruxelles
23:17pour manifester leur opposition
23:19au Mercosur,
23:20et bien ils ont pu manifester
23:21dans le calme
23:22et délivrer leur message.
23:24L'immense majorité
23:25de cette journée,
23:25c'était les cortèges
23:27de la FNSEA,
23:28des jeunes agriculteurs
23:29et de leurs homologues européens
23:31qui défilent derrière
23:32leur banderole
23:32et qui ont pris la parole
23:34plusieurs fois,
23:35notamment,
23:36et on l'a entendu
23:36de la part d'Arnaud Rousseau,
23:37le président de la FNSEA,
23:39a appelé à ne pas se joindre
23:41aux casseurs,
23:41à ne pas donner
23:42une mauvaise image
23:42des agriculteurs
23:43et à pouvoir continuer
23:45à exprimer leur message
23:47dans le calme.
23:48Finalement,
23:49dans les faits,
23:49on a pu observer
23:50que le cortège syndical
23:51de la FNSEA
23:52s'était scindé en dieu
23:53avec certaines personnes
23:54qui suivaient
23:55les ordres de la centrale
23:56et donc ne sont pas allées
23:57vers le lieu des tensions
23:59et certains particulièrement excédés,
24:01notamment des jeunes agriculteurs
24:02et certains membres
24:03de la FNSEA
24:04qui se sont joints
24:05aux casseurs
24:06et qui ont donc jeté
24:08des projectiles
24:09à certains moments
24:09à destination des forces de l'ordre.
24:11Mais voilà,
24:12s'il fallait retenir
24:12une seule chose de cette journée,
24:14c'est ce cortège,
24:1413 000 personnes,
24:15selon la FNSEA,
24:17qui a défilé
24:18dans la capitale belge,
24:21à Bruxelles,
24:22et qui a notamment
24:24entonné la Marseillaise
24:25à plusieurs reprises,
24:26signe que les Français
24:27étaient très largement
24:28représentés dans ce cortège européen.
24:31C'était la grande crainte,
24:32Dominique Rizet,
24:33service police-justice
24:33de BFMTV,
24:34c'est-à-dire qu'au milieu
24:35des agriculteurs
24:36viennent des éléments radicaux,
24:38des éléments violents,
24:39et qui profitent
24:39de la situation
24:40pour s'en prendre
24:41aux forces de l'ordre.
24:41Alors on l'a vu
24:42au fil de l'après-midi,
24:44et puis ça s'est tassé quand même.
24:46Ça s'est passé,
24:47c'est arrivé,
24:47on attendait des black blocs,
24:49des mouvements d'extrême-gauche
24:50qui étaient là,
24:51qui ont tenté
24:52de provoquer la police,
24:54mais vraiment,
24:54c'était à la marge.
24:56Il y a quelques agriculteurs
24:57qui ont été débarqués
25:00manu militari
25:00de leurs tracteurs,
25:02et puis certains,
25:03certains qui sont peut-être
25:04emballés des jeunes agriculteurs
25:07derrière des casseurs,
25:09mais encore une fois,
25:10les agriculteurs
25:11ont lancé des pommes de terre.
25:11Le service de l'ordre
25:12est toujours là
25:14et est impressionnant.
25:14Absolument.
25:15Les agriculteurs
25:16ont lancé des pommes de terre
25:17et les black blocs
25:17ont lancé des cailloux,
25:18donc on n'est pas du tout
25:19dans le même registre.
25:20Il était évident
25:21que ces personnes-là
25:22seraient là,
25:23comme elles l'étaient d'ailleurs
25:24la semaine dernière,
25:25jeudi soir,
25:25dans cette ferme
25:26de l'Ariège,
25:27et on en a parlé,
25:28on était les premiers
25:29à en parler à BFMTV,
25:30on voyait bien
25:31qu'il y avait
25:32des agriculteurs
25:32qui ont pêché
25:33les forces de l'ordre
25:34d'approcher de cette ferme
25:35où les vétérinaires
25:37devaient euthanasier
25:38200 bêtes,
25:39mais on voyait bien
25:40qu'il y avait aussi
25:41des personnes
25:41qui n'étaient pas
25:42des agriculteurs
25:43et qui venaient ici,
25:44d'ailleurs,
25:44ça a été confirmé
25:45par le ministre de l'Intérieur
25:46Laurent Nunez,
25:47une quarantaine
25:47qui venaient ici
25:48pour en découdre
25:49avec les forces de l'ordre
25:50et pour les provoquer
25:52et pour créer du grabuge.
25:54Ce qui a été contesté
25:55par des agriculteurs
25:55que j'ai vus hier
25:56qui disaient
25:57qu'il n'y avait pas
25:58de ces militants
25:59n'existaient pas.
26:00Alors bon,
26:00en tout cas,
26:00c'est le ministre de l'Intérieur
26:01et c'est vrai que...
26:02Le porte-parole de la conf
26:04Haute-Vienne
26:04avec qui j'ai discuté
26:05m'a dit que c'était
26:06totalement faux
26:07et qu'évidemment,
26:08il n'avait pas ramené
26:08le black bloc.
26:09En tout cas,
26:10on voyait dans l'arrière
26:11des gens qui étaient préparés
26:12avec des masques
26:13de manifestation.
26:13C'était pour justifier
26:14peut-être le déploiement
26:15des camions de 100 ans
26:16de la gendarmerie,
26:16ce qui a beaucoup choqué
26:17les agriculteurs sur place.
26:19Et c'est ça qui a déclenché
26:20une bonne partie
26:20des manifestations
26:21d'ailleurs qui ont suivi
26:22depuis le vendredi.
26:23S'il n'y avait pas eu
26:23cette intervention
26:25très musclée,
26:25il n'y aurait peut-être
26:26pas eu autant de manifestations.
26:27Juste d'un mot aussi
26:28du contexte très éductif.
26:30Moi, j'ai une pensée
26:31pour nos collègues
26:32qui ont été agressés
26:33sur un certain nombre
26:34de points de blocage.
26:35Deux journalistes
26:36de BFM TV notamment.
26:37Il y en a des barrages.
26:38Pour le coup,
26:39je comprends
26:40qu'il puisse y avoir
26:40de l'émotion,
26:41mais on le redit toujours
26:42à chaque mouvement social,
26:44quel qu'il soit
26:44et même lorsqu'il concerne
26:45d'autres professions
26:46que les agriculteurs
26:47essayent de montrer
26:49ce qui se passe,
26:50mais ça ne sert à rien
26:51de s'en prendre précisément
26:52à ceux qui sont
26:52derrière les caméras.
26:53On est d'accord.
26:54On est complètement d'accord.
26:55On condamne sans raison.
26:57Regardez,
26:57on a un chef avec nous.
26:59Un chef de 3 étoiles.
27:01Les maisons Marcon
27:03à Saint-Bonnet-le-Froid
27:03en Haute-Loire.
27:05C'est Jacques Marcon
27:05qui est avec nous.
27:06Bonsoir, chef.
27:07Merci d'être en direct
27:09sur BFM TV.
27:10Vous avez manifesté.
27:11Vous soutenez les agriculteurs.
27:13Pourquoi ?
27:13C'était votre première
27:14manifestation, je crois.
27:16Oui, c'était en effet
27:18ma première manifestation.
27:20Déjà, je voudrais dire
27:21que c'était à l'appel
27:22de la Confédération Paysanne
27:23et de la Coordination Grale
27:24qui avaient demandé
27:25aux citoyens
27:26de les soutenir
27:26au pied en velée.
27:27Je ne l'ai pas fait
27:28de mon propre chef.
27:29Moi, j'ai juste invité
27:29toutes les professeurs
27:31à nous rejoindre,
27:31que ce soit des bouchers,
27:32des pâtissiers,
27:34les commerçants du Puy.
27:35On était nombreux.
27:36On était plus de 2 000
27:37sur la place.
27:37Il y avait 500 agriculteurs
27:39et plus de 1 000 personnes
27:40dans la société civile.
27:41Je trouvais ça important
27:42parce qu'on a nos destins
27:43qui sont liés
27:43et je trouvais ça bien
27:44de leur montrer notre soutien.
27:45Vous avez été choqué
27:46par l'abattage massif ?
27:48Un petit peu, même beaucoup.
27:51J'ai beaucoup d'amis éleveurs.
27:52Vous savez,
27:53on a le fin gras du Maisa en Eau-Cloire,
27:54on a l'anneau noir,
27:55le veau du blé.
27:56Les bêtes,
27:57c'est toute leur vie.
27:58C'est de la génétique
27:58sur plusieurs générations.
28:00Je suis choqué
28:01quand on dit
28:01qu'il n'y a pas d'émotion
28:03à tuer des bêtes
28:03parce que vraiment,
28:04pour eux,
28:05c'est leur famille,
28:05c'est leur vie
28:06et surtout qu'il y a
28:07des alternatives.
28:08Sur une maladie
28:08qui a seulement 10 %
28:09de mortalité,
28:10il ne faut pas me dire
28:10qu'il n'y a pas d'alternative.
28:12Le seul problème,
28:12en fait,
28:13c'est un problème de fond,
28:13c'est que toute notre agriculture
28:15est basée sur le commerce,
28:16sur l'international,
28:17sur le libéralisme.
28:18On vend des bêtes
28:19à l'autre bout du monde
28:20et on en achète.
28:21C'est complètement ridicule.
28:22Et comme on ne veut pas
28:23arrêter ce commerce international,
28:24on ne fait pas de vaccins
28:25et c'est ce qui bloque
28:26tout actuellement.
28:27Il faut...
28:28Il y a des vaccinations.
28:30Elle va être étendue
28:31puisqu'on va vacciner
28:32750 000 bêtes
28:33dans les prochaines semaines.
28:36Ça veut dire pour vous ?
28:37Pour un critère économique,
28:40effectivement.
28:41La vaccination est un peu étendue.
28:44Oui, la vaccination,
28:45elle est un peu étendue.
28:46Mais évidemment,
28:46c'est pour le Sud-Ouest.
28:47C'est uniquement pour le Sud-Ouest.
28:48Elle reste quand même limitée,
28:50au maximum limitée,
28:51parce que ça peut...
28:53Le critère économique
28:54domine quand même
28:55et ça peut gêner les exportations.
28:56Il y a des négociations à faire.
28:58Ça peut gêner les échanges
28:58au-delà des exportations.
28:59C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
29:01heureusement ou malheureusement,
29:02j'en sais rien,
29:03mais la plupart de nos broutards
29:04issus de nos zones de naissage
29:06qui sont des zones de renom,
29:07avec beaucoup d'exploitation,
29:09beaucoup d'animaux,
29:09sont engraissés en Espagne.
29:11Et en Italie.
29:12Pourquoi est-ce qu'on les engraisse ailleurs ?
29:13Pourquoi on ne va pas chez nous ?
29:14Alors, exactement pour les raisons
29:16que je vous indiquais tout à l'heure.
29:18C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
29:19il y a beaucoup d'éleveurs
29:20qui éventuellement souhaiteraient
29:21pouvoir développer
29:22des ateliers d'engraissement.
29:24Et pour des raisons
29:24qui sont liées à l'incapacité
29:25de pouvoir monter un élevage,
29:28de moderniser,
29:29voilà, ils ne le font pas.
29:31Et puis, malheureusement,
29:32je pense que comme toute industrie
29:34et toute économie,
29:36tout secteur économique en France
29:38aujourd'hui,
29:39produire en France
29:40aujourd'hui est objectivement plus cher
29:41qu'en Italie ou en Espagne
29:43pour des questions
29:44qui sont liées
29:44au financement de notre modèle social,
29:46aux impôts de production,
29:47etc., aux taxes.
29:48Donc aujourd'hui,
29:49effectivement,
29:49il y a un problème lié
29:51à notre capacité,
29:52notre compétitivité.
29:53Je voudrais qu'on retourne
29:55voir Jacques Marcon.
29:57Vous, en tant que chef,
30:00c'est que du Made in France
30:02chez vous ?
30:04C'est pratiquement...
30:05Là, je suis de la truce d'Alba
30:06d'Italie,
30:06mais sinon,
30:07c'est que du Made in France.
30:08Et vous savez,
30:08les normes,
30:09je trouve qu'elles ont bon dos
30:10parce que oui,
30:10les normes sont contraignantes
30:11et certaines sont ridicules.
30:13Ça, je viens à l'entendre.
30:14Et vous savez,
30:15c'est aussi ces normes
30:15qui font la qualité
30:16de notre agriculture,
30:17qui font la qualité aussi...
30:19Vous savez,
30:19le Mercosur a été signé.
30:21On va importer tous ces bœufs
30:23d'Amérique du Sud
30:23où on est en train
30:24de détruire la forêt amazonienne.
30:26Les générations futures brésiliennes
30:27nous en parleront dans 30 ans.
30:28On sera responsables de ça,
30:30de ce marché ouvert
30:31où on va tout détruire.
30:32Moi, je trouve qu'on ne doit pas
30:33tout sacrifier sous le principe
30:34de toujours payer moins cher
30:35notre alimentation.
30:37On peut faire de l'alimentation
30:38en France à coût modéré
30:40en mangeant moins de viande,
30:41en mangeant plus des légumineuses
30:42et de céréales
30:42dans les quartiers scolaires,
30:43par exemple.
30:44On a toujours mis
30:45ce pouvoir d'achat en haut,
30:46toujours payer moins cher,
30:47moins cher, moins cher.
30:48Vous savez pourquoi
30:48j'ai invité des commerçants
30:49depuis, c'est que, pareil,
30:51dans les magasins de vêtements,
30:52c'est le même problème.
30:53On apporte tout de Chine
30:53avec Chine.
30:54Maintenant, on est en train
30:55de détruire tous nos commerces
30:56de proximité.
30:57Ceux qui vivent dans les boucheries
30:58artisanales, dans les commerces
30:59de centre-ville, dans tout,
31:01c'est la porte ouverte à la Chine,
31:02c'est la porte ouverte
31:02au Mercosur.
31:03Moi, ce que je trouve regrettable,
31:05c'est qu'à l'Europe,
31:05on a 370 millions de consommateurs,
31:07on ne soit pas capable
31:08de se protéger.
31:08Oui, mais Jacques Marcon,
31:09pardon, mais...
31:09Je ne comprends pas,
31:11il ne faut pas non plus
31:12donner l'impression
31:13que la France
31:13deviendrait simplement
31:15un village gaulois,
31:17recroquevillée sur elle-même,
31:19cette France.
31:20On a besoin, quand même,
31:21de commerce.
31:23Ce n'est pas ce que je dis,
31:24c'est que l'Europe,
31:25on fait ça à l'échelle de l'Europe,
31:26déjà, je ne parle pas de la France,
31:27je crois beaucoup à l'Europe,
31:28je suis un pro-européen,
31:29au contraire,
31:30mais je trouve que l'Europe,
31:31on a déjà un grand marché
31:32et on pourrait se protéger.
31:33Et je suis désolé,
31:34les Chinois sont en train
31:35de nous la faire à l'envers
31:36avec les voitures électriques,
31:37mais très bien
31:37ce qui est en train de se passer.
31:39On est en train de bousiller
31:39notre industrie automobile européenne
31:41à cause de ça.
31:42Il y a plein de sujets comme ça.
31:45On ne se protège pas assez,
31:46comme d'ailleurs la Chine
31:47ou les Etats-Unis se protègent.
31:48Oui, mais Jacques Marcon,
31:49c'est aussi une question
31:50de pouvoir d'achat
31:51pour les Français,
31:52parce que vous dites
31:52qu'ils achètent chinois,
31:54ils achètent surtout
31:54en fonction de leur porte-monnaie,
31:56et si on leur propose moins cher,
31:57ils vont vers ce qui est bon
31:59pour leur porte-monnaie.
32:00Pour leur porte-monnaie ?
32:02Juste Jacques Marcon répond.
32:05Allez-y.
32:06Le pouvoir d'achat,
32:06ça me fait un peu rigoler,
32:08parce que c'est toujours
32:09le cheval de bataille
32:09de l'agroalimentaire
32:11et de certains
32:11qui ne sont pas très vertueux
32:13là-dessus.
32:14Le pouvoir d'achat,
32:15vous savez,
32:15c'est toujours ce qu'on met en avant.
32:16Mais on peut faire français
32:18à un coût modéré,
32:19déjà en apprenant
32:20un truc tout simple.
32:21Dans les cantines scolaires,
32:22on est en train de refaire
32:23une formation de cantiniers
32:24qui n'existe plus en France.
32:26Pour manger des légumes noces,
32:27des céréales,
32:27moins de viande,
32:28le pouvoir d'achat
32:29sera gagnant déjà.
32:30Il y a plein d'études
32:31qui prouvent.
32:31Il faut apprendre des gens
32:32à cuisiner un peu plus,
32:33aller dans le magasin
32:34de producteurs.
32:35Vous savez,
32:35on est en train
32:36de se faire avoir
32:36par cet agroalimentaire
32:38aux produits transformés.
32:39Moi, le premier,
32:39dans les écoles hôtelières,
32:40il n'y a plus de formation
32:41pour faire des jus,
32:42c'est que des fonds aux poudres.
32:43C'est que ça,
32:44on est en train
32:44de se faire bouffer par ça.
32:45Et le pouvoir d'achat,
32:46je suis désolé,
32:47c'est simplement
32:48ce qu'on met en tête d'affiche
32:49en disant de toute façon
32:50si on ne fait pas le Mercosur,
32:51on mangera de la viande trop chère.
32:52Et on fait peur aux gens.
32:53Vous savez,
32:54quand on commence
32:54à faire peur aux gens,
32:55c'est qu'on veut faire passer
32:56des choses qui ne sont pas saines.
32:58Et moi,
32:58je vous dis que dans 20 ou 30 ans,
32:59si on continue comme ça,
33:00non seulement il n'y aura
33:01plus de paysans en France,
33:02il n'y aura plus de paysages,
33:03on va tout bousiller
33:04et on va tout importer
33:05et on sera dépendant
33:06de l'Amérique du Sud
33:07pour la viande,
33:07des Chinois pour le textile
33:08et il ne restera plus d'industrie
33:09en France,
33:10il ne restera plus rien.
33:11D'où l'intérêt peut-être
33:12de se conserver un peu
33:13de ce ultra-libéralisme
33:14qui arrive actuellement.
33:15Jacques Marcon,
33:16vous vous engagez
33:17à ne jamais mettre
33:17sur votre carte
33:19de la viande argentine ?
33:22Moi,
33:23ça fait longtemps
33:23que je n'en ai jamais mis.
33:25Vous savez,
33:25l'agneau de Nouvelle-Zélande,
33:26on sait de où il vient,
33:27c'est un accord
33:28qui a été signé il y a 30 ans,
33:29accord d'un scandale
33:30qui a eu lieu
33:31avec la Nouvelle-Zélande
33:31et pour étouffer l'affaire,
33:32l'État français a signé
33:33un accord de libre-échange
33:34avec zéro taxe.
33:36Voilà,
33:36vous pouvez rechercher,
33:37c'est un bateau
33:38qu'on avait coulé néo-zélandais.
33:39Donc vous voyez,
33:40il y a des accords
33:40comme ça ridicules.
33:41Moi,
33:42j'ai vu des saumons
33:42pêchés en Norvège,
33:44allaient se faire lever
33:45en filet en Chine
33:45et revenir en France.
33:46Il y a des choses
33:47de l'ultralibéralisme
33:48qui sont ridicules.
33:50Ce qu'on a perdu en France,
33:51c'est le bon sens paysan,
33:52le bon sens tout simplement.
33:54Et je pense que là-haut,
33:55ils ont perdu le bon sens.
33:56On voit l'Europe aujourd'hui,
33:57ils sont en train
33:58de faire passer un omnibus,
33:59vous avez entendu parler,
34:00pesticides,
34:01accepté à vie,
34:02le glyphosate,
34:03accepté à vie,
34:04plus de contrôle.
34:05On est en train
34:05de se faire avoir
34:06par le trumpisme,
34:07il faut appeler un chat un chat.
34:08On avait une Europe sociale
34:09qui a avancé,
34:10qui peut avancer soudé.
34:11On est en train
34:11d'ouvrir nos portes.
34:12Alors vous avez raison,
34:13il faut libérer les normes,
34:14arrêter les normes,
34:15produire comme des Américains
34:16et puis on se trouvera
34:17dans 30 ans
34:18et on voit comment
34:18sur les campagnes françaises.
34:19On parlera d'environnement,
34:20on parlera de cancer,
34:21on parlera de tout ça.
34:22Moi je pense que
34:22sous le dos du pouvoir d'achat,
34:23on est en train
34:24de poussiller notre environnement,
34:25notre santé
34:26et surtout notre histoire
34:27de gastronomie
34:28et de bons produits.
34:29Ce qu'on va perdre en premier,
34:30c'est la lentille verte du Puy,
34:31les poulets de Brest
34:31et l'ensemble
34:32des bons produits de France.
34:34Et ça, moi,
34:34en tant qu'acteur de la gastronomie,
34:36je ne peux pas l'accepter.
34:37Et donc ça veut dire
34:37qu'aujourd'hui,
34:38le président Macron
34:39ne défend pas suffisamment
34:40l'agriculture alors ?
34:41Nos responsables politiques
34:42sont à côté de la plaque.
34:45Ben écoutez,
34:45vous savez,
34:46la loi Egalim,
34:47ça l'est vraiment dans le bon sens.
34:48C'est peut-être
34:48un des rares présidents
34:49dans son premier quinquennat
34:50qui a essayé de faire quelque chose.
34:52Parce que Chirac serrait
34:53beaucoup de mains
34:53mais il en a fait beaucoup par derrière.
34:55Et franchement,
34:55M. Macron,
34:56on le critique beaucoup
34:57mais la loi Egalim,
34:58ça l'est dans le bon sens.
34:58La loi Egalim,
34:59ça permettait aux producteurs
35:00de toucher un peu plus
35:01sur ce qu'ils vendent.
35:02Bien sûr.
35:02Les agriculteurs.
35:03Et ça porte quand même ses fruits.
35:04A côté,
35:05vous avez des acteurs...
35:05L'égalim existe tout à fait.
35:06Attention, allez-y.
35:07Oui, oui.
35:08Mais à côté,
35:08vous avez des acteurs
35:09comme Lactalys,
35:10comme Bigard,
35:11ces gros acteurs
35:12qui échangent beaucoup
35:12de produits à l'export.
35:14Lactalys qui vend beaucoup
35:15de lait aux Chinois,
35:16vous savez.
35:16Les Chinois,
35:17en ce moment,
35:17ils ont monté leur ferme.
35:18Pourquoi la balance
35:19est en train de baisser
35:20la balance excédentaire agricole ?
35:22On met ça pareil,
35:23et on fait peur aux gens.
35:24Mais de toute façon,
35:25cette balance,
35:25elle va continuer de baisser.
35:26Ne vous inquiétez pas.
35:27Les Chinois,
35:27ils vont faire leur lait
35:28en plus de nous.
35:29Les Africains,
35:30ils ont bloqué
35:30les importations
35:31de volailles françaises
35:32archi-subventionnées.
35:33Donc, elles se trompent
35:33bientôt plus de volailles.
35:35Parce que oui,
35:35on importe beaucoup de volailles,
35:36mais on en exporte beaucoup.
35:37Et je peux vous dire
35:38qu'il y a plein de petits poulaillers
35:39chez moi qui s'étaient montés
35:40notamment pour faire des oeufs.
35:41On les a emmerdés.
35:42On emmerde des gens
35:43qui veulent faire des poulaillers
35:44à taille humaine.
35:45Vous parliez tout à l'heure
35:46qu'on emmerdait les gens
35:47avec des normes.
35:48On emmerde des gens
35:48qui veulent faire
35:49des exploitations
35:49à taille humaine.
35:51Moi, je suis contre
35:51l'élevage intensif
35:52et l'exploitation à taille humaine
35:54pour l'hôpital du local
35:55et à bon prix.
35:56Merci.
35:57Merci Jacques Marcon,
35:58chef du restaurant
35:593 étoiles Maison Marcon.
36:00Merci d'avoir été
36:01en direct avec nous.
36:03On va continuer justement
36:05de regarder,
36:06de suivre l'actualité
36:07du côté de Bruxelles.
36:09On va y retourner justement
36:10retrouver Bruno Delacour
36:11qui est producteur
36:12de pommes de terre.
36:13Il est dans l'Aisne
36:14et il est allé manifester
36:15Bruno Delacour.
36:17Bonsoir monsieur Delacour.
36:18Merci d'être avec nous.
36:20Vous restez sur place
36:21à Bruxelles
36:22ou vous allez rentrer
36:23quand même là ?
36:23Ça y est, c'est terminé ?
36:25Il faut savoir quitter Bruxelles.
36:27Non, non, ça y est.
36:28Bonjour à tous.
36:29Donc oui, ça y est,
36:30c'est terminé.
36:32Notre bus repart à 21h,
36:33ce qui me laisse
36:34un petit peu le temps
36:35pour répondre à vos questions.
36:36Alors justement,
36:37est-ce que vous avez confiance ?
36:38Est-ce que vous pensez
36:39que la France saura dire non ?
36:41Parce que le président
36:41de la République l'a dit,
36:42le compte n'y est pas.
36:44Alors, clairement,
36:47le compte n'y est pas.
36:48Nous, on était,
36:49je suis venu à Bruxelles
36:50justement pour dire
36:52que ce n'était pas possible.
36:54On ne peut pas accepter
36:55un accord
36:55sans des clauses
36:56de réciprocité.
36:58Et en fait,
36:59ce qui nous motive aujourd'hui,
37:00c'est qu'au niveau agricole,
37:03on n'a plus aucune vision
37:04sur l'avenir.
37:06On nous a imposé
37:07des retours de sucre
37:09et de céréales
37:11en provenance d'Ukraine
37:12puisque le marché
37:14d'export de l'Ukraine
37:16était bloqué par la Russie.
37:18Donc aujourd'hui,
37:19on se retrouve
37:19avec un afflux
37:21de ces deux marchandises
37:22sur le marché français
37:23qui ont fait
37:24que nos prix
37:25se sont complètement effondrés.
37:27Alors effectivement,
37:27j'entendais
37:28parler de la loi EGalim
37:30juste avant.
37:31C'est vrai que la loi EGalim,
37:32ça partait d'un bon fond.
37:34Sauf que nous,
37:34au niveau agricole,
37:36nos prix de vente
37:37sont basés
37:38sur des cours mondiaux.
37:39Aujourd'hui,
37:40le cours de céréales
37:41est à 170 euros.
37:43C'est ce qu'on va toucher.
37:44Et nos coûts de production
37:45sont à 200.
37:47Comment on fait ?
37:48Qui est-ce qui compense ?
37:50A l'origine,
37:51la PAC,
37:51c'était justement
37:52pour compenser
37:53cette différence de prix.
37:54Là, elle va baisser.
37:55On a accepté
37:55de baisser nos prix
37:57et là,
37:59il nous parle
37:59qu'ils vont baisser l'enveloppe.
38:00Ben non,
38:01on ne peut pas accepter ça.
38:02Aujourd'hui,
38:03c'est notre deuxième enjeu
38:05aujourd'hui.
38:06C'est justement
38:07de se battre
38:08pour garder le budget
38:09de la PAC,
38:10voire de l'augmenter.
38:11L'inflation est passée par là.
38:13Aujourd'hui,
38:13nos charges ont augmenté
38:14de 30%.
38:15Objectivement,
38:17on n'y arrive plus.
38:17Là, on est au taquet.
38:19Et j'ai vu mon comptable hier,
38:20on faisait le point
38:21sur l'année future,
38:22on regardait le prévisionnel.
38:23Il est encore pire
38:24que cette année.
38:25Alors, on entend effectivement
38:26qu'on a eu des bons rendements
38:27que c'était un peu meilleur
38:28que d'habitude cette année.
38:30Sauf que les prix
38:30n'y étant pas,
38:32le chiffre d'affaires,
38:33le retour sur nos marges,
38:35il est pire que l'année dernière.
38:36Donc, nos revenus
38:37l'année prochaine
38:37vont encore baisser encore plus.
38:39On est déjà au taquet.
38:40L'année prochaine,
38:41on est en négatif.
38:42Et quand on regarde
38:43le bilan
38:43commerciale française...
38:47Juste une question.
38:48Parce que vous êtes producteur
38:48de pommes de terre.
38:50Ça veut dire quoi ?
38:50Que les Français mangent
38:51moins de pommes de terre
38:52ou il y a une concurrence
38:53à la pomme de terre aujourd'hui ?
38:55Il y a toujours une concurrence
38:59à la pomme de terre.
39:00Elle vient d'où, les patates ?
39:01Le pomme de terre est...
39:02Alors,
39:04elle vient de partout en Europe,
39:07mais en Belgique,
39:08dans les autres pays européens.
39:10Mais le problème
39:11qu'on a aussi
39:11sur la pomme de terre,
39:13c'est qu'on a une forte demande
39:14de la part des industriels
39:17qui prévoyait une forte demande.
39:19La demande n'ayant pas été là,
39:21les producteurs
39:22ont s'est mis
39:23à produire davantage.
39:25Et là,
39:25on se retrouve
39:25sur un marché
39:26qui s'effondre.
39:27Donc aujourd'hui,
39:27il y a des surplus
39:28de pommes de terre.
39:29Il y a des pommes de terre
39:30qui partent en méthanisation
39:32ou en compost
39:34parce qu'ils ne respectent pas
39:36le cahier des charges
39:37des industriels.
39:38Les industriels
39:39sont draconiens cette année.
39:41Et donc,
39:41il y a des milliers de tonnes
39:42qui ne seront pas commercialisées.
39:45Et qui est-ce
39:45à chaque fois la variable ?
39:47C'est le monde agricole,
39:48c'est l'agriculteur
39:49qui doit payer la facture.
39:51Si, j'ai envie de dire,
39:53la grande distribution
39:54participait un peu,
39:56ça nous permettrait
39:56de survivre.
39:57Aujourd'hui,
39:58clairement,
39:59l'agriculture française
40:01est en train de mourir.
40:02Et nous,
40:03on veut se défendre.
40:04Quand on voit
40:04les surtranspositions
40:06de règles
40:07au niveau des taxes
40:08et on nous parle
40:09d'une taxe carbone
40:10qui va nous occasionner
40:12un coût supplémentaire
40:13à l'hectare
40:13de 150 euros.
40:15150 euros,
40:16pour vous donner un exemple,
40:17la marge que nous,
40:18on peut faire
40:19pour combler,
40:20c'est 300 maxi.
40:21Et là,
40:22c'est dans le meilleur des cas.
40:23Les céréaliers,
40:23ils ne font même pas ça.
40:24Aujourd'hui,
40:25on nous impose
40:25150 euros.
40:26C'est impossible.
40:27C'est une question
40:28de vie ou de mort.
40:29Merci Bruno Lacour.
40:31Merci d'avoir été
40:31en direct de Bruxelles
40:33avec nous,
40:33producteur de pommes de terre
40:35dans l'Aisne.
40:36On va en revenir
40:36sur cette situation agricole,
40:38sur cette tension.
40:39Est-ce que la France
40:39a les moyens de dire non ?
40:41On va reprendre
40:41le fil de notre discussion.
40:43On sera aussi
40:44avec Célia Vallée
40:45qui est du côté
40:45de l'Ariège
40:46où s'est rendu
40:47le chef du gouvernement,
40:48Sébastien Lecornu,
40:49ce matin.
40:50Elle a pu rencontrer
40:51les agriculteurs
40:51qui ont rencontré
40:52le Premier ministre.
40:53Les fameux frères vergers,
40:54c'est eux
40:54qui ont vu
40:55leur troupeau
40:59abattu,
41:00euthanasié.
41:01C'est une visite
41:02à Uiclo.
41:03C'est la méthode Lecornu
41:04sans caméra,
41:05discrètement.
41:05Est-ce que c'est
41:06une bonne méthode ?
41:06On en parlera.
41:07Allez, reste avec.
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