- il y a 2 mois
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va en discuter dans le signé Consigny, avec ce soir le sénateur communiste Fabien Gué, sénateur de la Seine-Saint-Denis.
00:08Bonsoir, monsieur le sénateur.
00:09Bonsoir.
00:10Charles Consigny, bonsoir.
00:11Bonsoir.
00:11Alors justement, ce maire Cossure et l'Europe avec madame von der Leyen, l'Europe est amie ou ennemi de la France dans cette histoire ?
00:19Un peu les deux.
00:20C'est vrai qu'on peut se demander si ce traité n'est pas un peu anachronique d'une part,
00:26parce qu'il va à l'encontre de tout ce que font maintenant un certain nombre de pays pour protéger leurs frontières.
00:32C'est un traité qui se négocie depuis 25 ans, le maire Cossure.
00:36Et s'il n'est pas nuisible à notre agriculture en particulier, puisqu'en fait, pour le reste, il est plutôt bénéfique, je pense.
00:44Je vais l'expliquer dans une seconde.
00:46Mais pour notre agriculture, c'est là que le bas blesse.
00:49Pour le reste, pourquoi c'est bénéfique ?
00:51Parce que ça ouvre aux industries européennes un marché d'environ 400 millions de personnes,
00:58avec tout à coup une libre circulation de tous les produits que nous pourrions vendre aux Brésiliens, aux Argentins,
01:06à toutes les parties, à cet accord pour toutes nos industries.
01:11Donc on parle beaucoup de l'industrie automobile, mais ça vaut aussi pour l'industrie automobile française, pour toutes nos industries.
01:16Là où effectivement les agriculteurs ont raison de gueuler et de s'opposer,
01:21c'est que non seulement on va effectivement importer des produits agricoles,
01:25que ce soit de la viande ou des produits végétaux,
01:29qui sont bourrés des produits que nous on interdit sur notre territoire,
01:34pesticides, autres produits de ce genre,
01:37mais en plus on va exporter des pesticides et des produits chimiques
01:43qu'on va fabriquer en Europe, qu'on refuse à nos agriculteurs,
01:49mais que les agriculteurs des pays du Mercosur vont utiliser,
01:53et derrière on va réimporter ce qu'ils auront produit avec ces produits qu'on interdit en Europe.
01:59Donc ça, ça me paraît évidemment délirant,
02:02et je pense qu'il faut le dénoncer,
02:04mais néanmoins sur le principe, je continue moi à penser,
02:07que ça reste un bon débouché pour les industries européennes de Mercosur,
02:10surtout au moment où notamment les Etats-Unis ferment leurs frontières,
02:15ça reste un débouché intéressant.
02:17Monsieur le sénateur ?
02:19Bon, mais c'est bientôt la fin de l'année,
02:21et on va être quasi d'accord avec Monsieur Coïncy, vous voyez.
02:25C'est l'esprit de Noël.
02:25C'est l'esprit de Noël qui nous guette.
02:28Non, mais je connais bien ces accords libre-échange,
02:30puisque vous me devez avec le groupe communiste,
02:32c'est nous qui avons inscrit dans notre niche parlementaire il y a deux ans le CETA,
02:35puisque le gouvernement refusait de passer au vote depuis cinq ans,
02:40et donc on a permis de voter, et on a refusé l'accord.
02:44D'ailleurs, il est toujours suspendu, puisqu'il devrait revenir à l'Assemblée nationale,
02:48et ça fait deux ans qu'il s'est perdu entre le palais du Luxembourg...
02:51Le CETA, c'est l'accord avec le Canada.
02:53Avec le Canada.
02:54Bon, la question qui est posée, c'est qu'aujourd'hui, vous avez 40 accords de libre-échange,
02:59assez différents les uns des autres, mais 40 accords économiques,
03:03qui recouvrent 70 pays.
03:04Et là où a raison Monsieur Consigny, c'est qu'à chaque fois, c'est la question agricole,
03:09ou la question que nous, on met sur le tapis,
03:12et en contrepartie, c'est notamment la question industrielle, où on a un point fort.
03:17Donc, à chaque fois, on met en balance notre question agricole et la question industrielle.
03:23Le problème que rencontrent un certain nombre d'éleveurs, notamment bovins,
03:26c'est que vous avez donc le Mercosur, en même temps le CETA,
03:29et en même temps en accord avec la Nouvelle-Zélande.
03:31Donc, une fois que l'ensemble des quotas inonderont l'Union européenne et la France,
03:37nous serons dans une course au moins disant sociale et environnementale,
03:41et nos éleveurs ne pourront pas y résister.
03:44La deuxième question, celle qu'a pointée Monsieur Consigny, est absolument essentielle,
03:48il faut que tout le monde le comprenne.
03:50Nous avons, et je crois peut-être que ce sera un point de débat entre nous,
03:54mais nous avons des questions sanitaires et environnementales
03:57de très haut niveau au sein de l'Union européenne et en France,
04:00et vous allez importer des produits qui sont interdits chez nous.
04:04Donc, là, c'est complètement une folie, c'est que vous avez un moins disant social et environnemental,
04:08et en plus, vous allez permettre de fabriquer des produits qui sont interdits en France
04:13et de les importer, et qu'ils nous concurrencent.
04:15Donc, la question qui nous est posée, et celle qui devrait animer nos débats démocratiques,
04:20mais aujourd'hui, vous avez un sérieux problème,
04:22c'est que ces accords ne passent pas devant le Parlement, ni devant l'Assemblée nationale.
04:26– Devant le Parlement européen, si.
04:27– Ni devant l'Assemblée nationale, ni devant le CETA,
04:30la question ne se réglera même pas au niveau du Parlement européen,
04:34mais du Conseil européen.
04:35D'ailleurs, Emmanuel Macron est en train de faire un bras de fer contre les Allemands,
04:39avec Georgia Mélanie, pour trouver des alliés, pour que l'accord soit repoussé.
04:43– Pour avoir la minorité de blocage.
04:44– Voilà, pour avoir une minorité de blocage,
04:46et que Mme van der Leyen ne signe pas l'accord samedi prochain avec le Mercosur.
04:51– Vous êtes confiant, vous pensez que Emmanuel Macron va y arriver ?
04:54– Je ne sais pas, il n'y a que les batailles que l'on ne mène pas, que l'on perd,
04:57mais en tout cas, très vraisemblablement,
05:00ce qui concerne les éleveurs et les agriculteurs français et françaises,
05:04concerne aussi un certain nombre d'éleveurs et de producteurs européens,
05:08parce que ce sont la même question.
05:10Quand même, prenez garde,
05:13donc on interdit de nourrir aux antibiotiques nos bovins,
05:17à juste raison, parce qu'il y a eu des scandales sanitaires quand même,
05:20qui nous ont inondé les 25 dernières années,
05:22et on va permettre qu'ils le fassent,
05:24et qu'ils viennent massivement du Canada, du Mercosur,
05:26ou de la Nouvelle-Sélande, donc c'est une aberration totale.
05:28Quand vous ajoutez ça, plus le fait que les éleveurs n'arrivent pas à vivre dignement du fruit de leur travail,
05:33plus la crise que nous vivons, évidemment la colère elle est grande.
05:37– Non mais c'est sûr qu'il n'y a pas très longtemps, par exemple,
05:40dans un magasin, un supermarché du Jura,
05:43je tombais sur de l'agneau néo-zélandais.
05:48Bon, c'est vrai qu'il y a une absurdité, si vous voulez, là-dedans.
05:51Même moi qui suis un ultra-libéral furieux,
05:53et qui estime que le libre-échange total est la meilleure solution
05:59pour tous nous enrichir collectivement,
06:02je vois bien quand même l'absurdité qu'il y a à importer de l'agneau néo-zélandais
06:07et à le revendre dans les campagnes françaises.
06:10Ça c'est sûr qu'il faut un peu évoluer là-dessus.
06:14En même temps, l'Union européenne, parmi les grands blocs mondiaux,
06:18par rapport aux États-Unis, par rapport à l'Asie,
06:21enfin à la Chine en particulier,
06:23est le bloc qui dépend le plus de ses exportations.
06:26Nous dépendons, je crois, à 40% de nos exportations,
06:29ce qui est beaucoup par rapport aux autres.
06:30Donc on a besoin, en réalité, d'exporter.
06:33Notre marché intérieur ne nous suffit pas,
06:36ne suffit pas à notre industrie.
06:38Moi, je pense que ce qui serait de bonne justice,
06:42puisque ça fait 25 ans qu'on négocie cet accord,
06:45on peut attendre 26 ans,
06:48il n'y a pas d'urgence à attendre un petit peu,
06:51on devrait effectivement, je pense, repousser cet accord
06:53pour protéger les agriculteurs européens
06:56et notamment les agriculteurs français
06:58qui ont quand même été suffisamment sacrifiés.
07:01Combien il faut qu'il y en ait qui se pendent
07:03dans le fond de leur grange
07:05pour qu'on entende leur détresse ?
07:08Donc moi, je pense qu'on pourrait attendre un peu.
07:10Et franchement, Mme von der Leyen,
07:13qu'est devenue la France dans le concert des Nations Européennes
07:17pour qu'une dame qui n'est pas élue,
07:19qui négocie...
07:20– Ou enfin, qui est choisie par les chefs d'État et du gouvernement.
07:22– Oui, mais quand même, moi, j'estime...
07:24– Elle a été validée par Emmanuel Macron.
07:25– J'estime quand même que dès lors que le président français s'oppose,
07:30surtout si on apprend, là, vous m'apprenez,
07:32qu'il négocie avec Mme Mélanie, ça j'ignorais,
07:34mais surtout s'il est soutenu par d'autres chefs d'État,
07:36je pense que la France était très isolée.
07:37– Il y a 27 pays.
07:38– Oui, mais il y a un moment donné,
07:40il faut que la France doit quand même avoir voix au chapitre.
07:43Moi, je suis désolé, je ne me sens pas particulièrement représentée
07:45par Ursula von der Leyen,
07:48qui a négocié n'importe comment.
07:51Déjà, les vaccins, je veux dire, son comportement...
07:54– Avec Pfizer durant la crise Covid.
07:56– N'est pas clair, je veux dire,
07:57elle refuse de produire les textos
07:59qu'elle échangeait avec le patron de Pfizer.
08:01Bon, j'estime que l'agriculture française,
08:06elle doit quand même être défendue,
08:08et je me méfie d'un accord qui peut être à des bons débouchés
08:12pour d'autres pays de l'UE, mais pas forcément pour la France.
08:15Il faut qu'en tout cas, le président français, à mon sens,
08:18pèse de tout son poids pour obtenir au moins des vraies concessions
08:22s'agissant des agriculteurs français.
08:24– Non, mais il y a trois choses.
08:27La première, elle est une question démocratique.
08:30Vous disiez, c'est les gouvernements qui l'ont choisi,
08:33Mme von der Leyen, c'est vrai.
08:35Mais quand même, 40 accords de libre-échange
08:38sans qu'à aucun moment les parlements nationaux
08:41ne soient interrogés, puissent voter,
08:43et la seule fois où ils le peuvent, c'est le CETA,
08:46donc l'accord avec le Canada,
08:47comme ça ne va pas dans leur sens,
08:49on suspend les votes, est une question.
08:51D'autant plus que ce sont des accords qui ont commencé,
08:54notamment le Mercosur, en 1999.
08:57Nous n'étions pas quand même,
08:59tout le monde peut l'accorder, il y a 26 ans,
09:01nous n'étions pas dans la question climatique
09:03et le réchauffement climatique,
09:05comme aujourd'hui, ou les questions soucières.
09:06– Non, mais on arrête le commerce international.
09:08– Non, pas du tout, je n'ai jamais dit ça.
09:10– Il faut mieux l'organiser.
09:11– Alors, pardon, pardon, M. Trujot, pardon de vous le dire.
09:14– Non, mais je termine, ça n'empêchera pas,
09:15s'il n'y a pas le Mercosur,
09:16ça n'empêchera pas la viande argentine et brisienne
09:19de continuer à arriver en France.
09:20– Tout à fait.
09:20– Sauf que l'idée, c'est de mettre en place des règles.
09:23Alors, peut-être que les règles ne sont pas suffisantes
09:24pour protéger nos agriculteurs,
09:26mais il faut expliquer,
09:27il ne faut pas dire n'importe quoi aussi à ceux qui nous regardent,
09:28c'est-à-dire que ça n'empêchera pas,
09:30déjà, des produits qui sont chez nous de continuer à arriver.
09:32– Tout à fait.
09:33– L'idée, c'est de leur fixer des règles.
09:34– J'ai coupé personne.
09:36M. Trujot, vous avez commencé à me couper la parole en me disant,
09:39est-ce que vous voulez arrêter le commerce international ?
09:41Pardon de vous le dire,
09:42mais les questions de libre-échange
09:43datent des années 70,
09:45et pourtant, nous commerçons depuis l'Antiquité.
09:48Donc, nous commerçons avant les accords de libre-échange
09:51et si nous remettions les choses à plat,
09:53nous continuerions.
09:55En réalité, il faut, j'en viens à mon deuxième point,
09:59avoir une exception sur l'agriculture française et européenne.
10:03Parce qu'elle est en difficulté,
10:04parce que les troupeaux sont en train de baisser
10:06et donc, comme on a une exception culturelle,
10:08– On veut vendre des voitures aussi, on veut vendre du vin.
10:10– Comme on a une exception culturelle,
10:12il faut avoir une exception agricole,
10:15parce qu'il y a une question de souveraineté alimentaire.
10:17– Et pour les autres produits industriels ?
10:20Alors, je sais qu'en France, on n'en a plus beaucoup,
10:21mais en France, il y en a encore.
10:21– Malheureusement, vous savez, j'étais encore en Isère.
10:23– Oui, mais je vous dis, on est en train de liquider.
10:27– Il faut voir aussi, je ne vous ai jamais coupé,
10:28je ne peux pas aller au bout d'une idée ici.
10:30Vous êtes trois contre eux.
10:31– Non, non, non, ce n'est pas trois, c'est un débat.
10:32– Vous êtes trois contre eux.
10:33– C'est vrai, pour une fois, M. Marshall,
10:36vous êtes de mon côté, deux comme deux.
10:38– Mais c'est son côté communiste.
10:40– Voilà, c'est son côté communiste.
10:42En cette fin d'année, il le laisse exploser,
10:44vous pouvez le faire avec vous.
10:45– C'est une explosion douce.
10:46– Oui, très douce.
10:47– Une sorte de outing.
10:49– Moi, j'étais jeudi en Isère,
10:52j'ai vu les Tesser, 350, c'est en train d'être liquidé,
10:55les Vincorex, les ST microélectroniques.
10:57Donc, effectivement, nous avons aussi une question industrielle.
11:01Mais je le dis, je reviens sur ce qui nous concerne,
11:03il faut une exception agricole,
11:05comme nous avons une exception culturelle sur cette question.
11:08Et donc, oui, il faut un rapport de force.
11:11Et lorsque la France prend la parole au sein des nations européennes,
11:16elle doit être entendue, écoutée et respectée.
11:19Par exemple, la question des clauses miroirs,
11:21de ne pas accepter des produits que nous interdisons ici,
11:24venant de l'autre côté de la planète,
11:26ça semble plutôt logique.
11:28Et nous devrions trouver un chemin de consensus au sein des 27.
11:31Sinon, tout le monde comprendra bien
11:32que quand les quotas des 40 accords de libre-échange
11:37seront sur la table,
11:38évidemment, l'exception française et européenne,
11:40en termes d'agriculture, ne pourra pas tenir.
11:42Non, mais après, il faut bien voir,
11:44on ne peut pas à la fois pleurer sur la fermeture de l'usine Brandt,
11:47par exemple, il y a encore la semaine dernière,
11:51et refuser des débouchés.
11:54Il faut bien voir que le Brésil, l'Argentine,
11:57les pays qui sont partis à cet accord,
12:00ce n'est pas que des paysans et des gens
12:03qui vivent dans des favelas.
12:05C'est des classes moyennes très importantes
12:07qui ont des vrais moyens
12:10et qui peuvent acheter des produits français,
12:12et notamment des voitures ou des machines à laver françaises,
12:14premièrement.
12:15Je vais même vous dire mieux,
12:16parce que j'ai été plusieurs fois au Brésil,
12:17puisque je suis président du groupe France-Brésil au Sénat,
12:20j'ai eu cette occasion-là,
12:21et je peux même vous dire
12:22que ce n'est pas que des simples paysans,
12:25mais ils savent même produire.
12:26Et il y a toutes les sociétés françaises,
12:28par exemple, les pneus Michelin pour les tracteurs,
12:32il y a la dernière usine à fermer en France,
12:35et il y en a une très grande qui a ouvert au Brésil,
12:38et je peux vous dire qu'ils font du pneu identique à nous.
12:41Donc ils ne nous ont pas attendus, si vous voulez,
12:44pour eux avoir un enjeu industriel,
12:46leur souveraineté et faire leurs produits.
12:48Si on pense que nous, on va être submergés
12:51par les produits sud-américains,
12:53mais que nous, on va leur vendre et qu'ils nous attendent.
12:55– On va leur vendre un peu.
12:57– On va leur vendre un peu.
12:58– Mais croyez-moi, ils ont des usines et ils savent faire.
13:01– Oui, d'accord, mais en attendant…
13:03– Et surtout, pour l'instant, c'est les Chinois
13:04qui sont en train de submerger toute l'Amérique.
13:09– Ils submergent l'Europe, ils submergent l'Amérique.
13:12– Oui, il y a raison de plus pour y aller.
13:13– Tout à fait.
13:14– Deuxièmement, c'est un traité qui nous ouvre,
13:16les marchés publics sud-américains.
13:19– C'est quand même intéressant, je veux dire,
13:22pour nos boîtes de BTP, pour nos entreprises technologiques,
13:26par exemple, pour…
13:27– Le fond des gens.
13:29– Hein ?
13:30– Le fond des gens.
13:30– Oui, mais là, ça va être facilité.
13:34En tout cas, c'est ce qu'il y a écrit partout.
13:36C'est porte ouverte pour les marchés publics européens.
13:37– C'est bon pour notre balance commerciale.
13:38– Moi, je pense, encore une fois,
13:40je pense que fondamentalement, on est presque d'accord.
13:42C'est-à-dire que je pense que le secteur à protéger,
13:47c'est l'agriculture française dans cette histoire.
13:49Mais sinon, pour le reste, c'est quand même important
13:51qu'on ait des débouchés à l'étranger pour notre industrie.
13:55Sinon, on arrivera…
13:57Déjà que le niveau des prélèvements obligatoires sur les salaires…
14:01– Et voilà, vous dérivez.
14:02– Vous étiez mieux ce cas-là, et là, ça dérive.
14:04– Mais non, mais c'est vous-même qui prenez l'exemple des pneus Michelin.
14:08Pourquoi est-ce qu'à votre avis, Michelin fait fabriquer des pneus au Brésil plutôt qu'en France ?
14:14– Mais parce que Michelin, là-bas, a beaucoup de débouchés,
14:16il y a des grands haciendas, et vous vendez des tracteurs avec des pneus.
14:19Et qu'en France, le nombre, malheureusement, de paysans est en train de gréguer.
14:25– Je pense aussi que c'est parce que le salarié brésilien coûte un petit peu moins cher
14:29que le salarié français, quand même.
14:30– Oui, mais jusqu'à quand ?
14:31Parce qu'ils ne vont pas vouloir apprécier sur le catalogue pendant des années.
14:35– Pour l'instant, ils sont, certes, socialistes,
14:36mais ils n'ont pas 50% de charges sur les salariés.
14:39– Bah oui, c'est vrai.
14:40– Mais ils n'ont pas la chance d'avoir la sécurité sociale.
14:43– Et ça m'étonnerait qu'ils restent socialistes longtemps,
14:44d'ailleurs, vu le vent de libéralisme qui souffle.
14:47– Non, le vent de l'extrême droite.
14:49– Sur l'Amérique latine.
14:49– Parce que si vous considérez que ce qu'il y a gagné au Chili,
14:53c'est un vent de libéralisme, pardon.
14:55– Face à un communiste.
14:56– Oui, face à une communiste.
14:57– Qui a perdu.
14:57– On se déclare l'héritier de Pinochet.
15:00Pardon de vous le dire, M. Consigny,
15:01ce n'est pas un vent de libéralisme.
15:02– C'est un vent d'extrême droite et un vent de breu.
15:04– En attendant, oui.
15:06– Non, non, mais sans doute, sans doute.
15:07– C'est pas sans doute, c'est l'effet.
15:09– J'observe quand même qu'après Milley,
15:11c'est aussi un candidat ultralibéral qui a été élu
15:14contre une candidate communiste.
15:16Donc c'est bien qu'il penche quand même dans un certain…
15:19– Un vent d'extrême droite, héritier de Pinochet, 52 ans en plus.
15:21– Oui, mais il penche dans un certain sens sur l'économie.
15:23– En tant que républicain sincère, comme moi,
15:26vous devriez le dénoncer.
15:27– Merci Charles Consigny, merci M. le sénateur.
15:30– En tout cas, nous faisons tous les deux
15:32– C'est assez rare, c'est assez rare.
15:35– Merci d'avoir été avec nous.
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