- il y a 4 mois
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Bonsoir à tous, bonsoir Olivier Truchot.
00:02Bonsoir Alain, bonsoir à tous.
00:03Pas de fumée blanche encore, sorti du côté de la rue de Varennes, de l'hôtel de Matignon.
00:07On attend toujours de savoir quel est le sort de Sébastien Lecornu.
00:10Avec qui va-t-il travailler ? Sera-t-il toujours Premier ministre ce soir ?
00:12Y aura-t-il un nouveau gouvernement ?
00:14On approche quand même de leurs limites données par le Président de la République.
00:18Ce qu'il avait dit à son Premier ministre de missionnaire, vous avez vu jusqu'à mercredi soir,
00:22pour trouver une plateforme d'action, sinon je prendrai mes responsabilités.
00:25Une chose que l'on sait, c'est que Sébastien Lecornu va aller voir Emmanuel Macron.
00:28Exactement, et ensuite il va s'exprimer à la télévision pour rendre compte de ses ultimes négociations
00:34qui se poursuivent en ce moment même à Matignon.
00:36Justement, on va y retrouver Hugo Capelli en direct pour BFM TV.
00:40J'ai la question à 1 euro.
00:42Où en est-on, Hugo Capelli ?
00:43A vous de nous résumer ça et d'être le plus clair possible, ce qui n'est pas simple.
00:49Et bien comme vous, j'attends que la porte d'entrée de Matignon, qui se trouve juste derrière moi,
00:54s'ouvre pour nous montrer que Sébastien Lecornu, ça y est, part vers l'Elysée.
00:58A la rencontre d'Emmanuel Macron pour lui rendre compte de ce qu'il a vu, entendu ici depuis 48 heures,
01:03depuis qu'il a relancé les consultations avec les partis politiques.
01:06Au moment où je vous parle, on arrive au bout du temps imparti, vous l'avez dit,
01:10et je peux vous dire que les consultations sont sur le point de se terminer.
01:14Derniers échanges téléphoniques avec des responsables politiques.
01:17Ensuite donc, les regards vont se tourner vers Emmanuel Macron.
01:20Ce sera au chef de l'État de trancher.
01:22Une nouvelle dissolution ce matin.
01:24Sébastien Lecornu, dans son allocution, a dit qu'on s'en éloignait de plus en plus.
01:29L'hypothèse d'une suspension de la réforme des retraites, l'hypothèse d'une reconduction de Sébastien Lecornu,
01:35tout ça a été démenti par l'entourage du Premier ministre.
01:37Je cite, il faut cesser les rumeurs et les fausses informations.
01:41Ce que l'on peut affirmer, c'est que Sébastien Lecornu s'exprimera tout à l'heure à 20h.
01:46Seule expression de l'exécutif ce mercredi soir.
01:49Ça veut donc signifier qu'il ne devrait pas être remplacé ou reconduit immédiatement.
01:54Encore donc un petit peu de patience s'il vous plaît.
01:57Merci Hugo Capillet et Adrien Fâche pour BFM TV.
02:00Amandine Atalaya, bonsoir.
02:01C'est la journée des rumeurs.
02:03Alors rumeurs sur une suspension de la réforme des retraites.
02:08Cette rumeur même sur Lecornu 2, c'est-à-dire le maintien de Sébastien Lecornu,
02:14ou plutôt sa reconduction à Matillon.
02:16Tout ça a été démenti par l'entourage du Premier ministre.
02:20Mais pourquoi ces rumeurs qui circulent là ?
02:22Parce que, d'une part, il y a du bluff.
02:24C'est-à-dire que comme c'est une journée de négociation,
02:26il y a beaucoup de personnes qui envoient aussi de fausses informations
02:29pour essayer de se favoriser.
02:31Par ailleurs, parce que c'est assez compliqué tout ça
02:34et que ça change en permanence.
02:36chaque minute de chaque heure.
02:39Il y a une piste qui est plus sérieuse que l'autre dans les deux que vous avez évoquées.
02:43La suspension de la réforme des retraites est discutée en ce moment.
02:48C'est-à-dire que c'est quelque chose qui, dans les échanges qu'a Sébastien Lecornu
02:52avec la gauche notamment, est sur la table.
02:55Alors reste à en définir les contours.
02:57Mais ce serait une condition pour que la gauche accepte aujourd'hui de gouverner.
03:02Et à l'heure où on se parle,
03:05il semble possible qu'Emmanuel Macron puisse choisir in fine un gouvernement de gauche
03:12en estimant qu'il peut y avoir une petite voie de passage politique.
03:16Il y a eu un petit peu plus tôt, en effet, cette rumeur.
03:19Plusieurs personnes ont cru savoir, en début d'après-midi,
03:21que Sébastien Lecornu serait renommé ce soir par Emmanuel Macron.
03:25Et puis tout de suite, Olivier Faure a dit
03:27« C'est absolument faux, Olivier Faure du Parti Socialiste.
03:30C'est une intox.
03:30Vous êtes en train de vous faire promener par des proches d'Emmanuel Macron.
03:34Et si c'était le cas, si Sébastien Lecornu était renommé ce soir,
03:37je n'accepterais pas cela.
03:40Je n'accepterais pas de travailler dans ces conditions »,
03:42disait Olivier Faure.
03:42L'entourage du Premier ministre a fait savoir
03:45qu'il démentait absolument ces informations.
03:52Reste qu'il y a toujours un flou.
03:54Et qu'aujourd'hui, quand on parle à nos différents interlocuteurs,
03:58personne n'est capable de dire ce qu'Emmanuel Macron va faire ce soir
04:01après avoir vu Sébastien Lecornu.
04:01– Alors on va essayer d'en savoir plus du côté des socialistes.
04:04Laurent Baumel est avec nous, député socialiste.
04:05Vous en êtes où, les socialistes qui ont été reçus ce matin
04:09par Sébastien Lecornu.
04:10À la sortie, on a entendu Olivier Faure et Boris Vallaud notamment
04:13exiger des garanties sur les retraites
04:16qui pour l'instant n'ont pas été données.
04:18– Oui, ce matin c'était semble-t-il une conversation
04:21mais sans avoir en face de nous un Premier ministre en exercice
04:25qui pouvait s'engager.
04:27Donc Mme Borne, la veille, avait fait une ouverture sur les retraites.
04:31Bon, il en a été un peu question.
04:33Mais je vais vous dire, moi j'ai un peu envie qu'on simplifie tout ça maintenant.
04:37La semaine dernière, il y a eu une semaine pile,
04:38on discutait effectivement face à un Premier ministre
04:41qu'Emmanuel Macron avait de nouveau choisi dans son camp.
04:44Bon, et on avait consenti à avoir de nouveau une discussion
04:48avec un Premier ministre macroniste
04:49et le débat portait sur les concessions réelles
04:52qu'il était prêt à nous faire.
04:54Entre-temps, le socle commun a explosé.
04:56C'était quand même l'argument essentiel depuis le début de cette législature
04:58pour dire qu'on nomme un Premier ministre qui ne vient pas de la gauche.
05:01Certes, la gauche est arrivée en tête comme coalition aux élections législatives,
05:06mais il y avait une coalition dans l'hémicycle qui s'appelait le socle commun
05:09et qui était l'argument ou le prétexte pour continuer de nommer des Premiers ministres
05:14venus de cette famille politique.
05:17Bon, le socle commun a explosé cette semaine.
05:19Donc moi je dis maintenant, le plus simple, c'est quand même de nommer un Premier ministre
05:22qui vienne de la gauche et qu'on arrête...
05:24Est-ce qu'il y a des négociations ? Est-ce que ce matin, il y a eu des négociations ?
05:27Eh bien, ce Premier ministre, cette Première ministre qui sera issue de la gauche,
05:30arrivera avec ses orientations, mais aussi la conscience
05:33que nous ne sommes pas majoritaires dans l'Assemblée
05:34et mettra en œuvre cette méthode du compromis
05:37que les Premiers ministres macronistes successifs n'ont pas été capables de mettre en œuvre.
05:41Alors c'est la gauche...
05:41Donnez-nous notre chance.
05:42C'est la gauche avec qui ?
05:43Donnez-nous...
05:44Sans les insoumis...
05:45La gauche avec le Parti Socialiste, les écologistes, les communistes,
05:49tous les groupes qui veulent aujourd'hui s'inscrire dans cette logique...
05:52C'est 123 députés à peu près, à l'Assemblée ?
05:55D'accord, mais le socle commun n'était pas majoritaire.
05:56Non, non, mais c'est important quand même de préciser qu'avec 123 députés,
05:59vous ne partez pas gagnant, quoi.
06:01Ce sera un gouvernement minoritaire, ce serait, si Emmanuel Macron consent enfin
06:05à essayer cette solution dans l'intérêt du pays,
06:07ce serait un gouvernement minoritaire comme l'était, comme l'ont été les trois gouvernements...
06:10Oui, et ça s'est mal terminé à chaque fois.
06:12C'est normal, mais avec d'emblée la conscience qu'on ne peut pas imposer toutes ces idées
06:17et qu'il faut faire des compromis.
06:18Mais pour l'instant, il n'y a pas de négociation précise.
06:19Donnez-nous, j'ai envie de dire au Président de la République,
06:21donnez-nous notre chance de montrer que nous, nous sommes capables de faire
06:24ce que vos premiers ministres successifs n'ont pas été capables de faire jusqu'à présent.
06:28Oui, Gaëtan Mélin, cette suspension de la réforme des retraites,
06:32si on l'apaise économiquement, si on suspend, ça a un impact déjà.
06:37On a ce soir une certitude, c'est que Sébastien Lecornu, Premier ministre,
06:41a demandé aux équipes d'Éric Lombard de chiffrer la suspension de la réforme des retraites.
06:46Après, on ne connaît pas exactement les contours de cette suspension.
06:50Est-ce que ça concerne uniquement l'âge légal de départ à la retraite ?
06:53Est-ce que ça concerne également la durée de cotisation ?
06:57Et puis, est-ce que ça suspend aussi toutes les mesures favorables aux retraités les plus modestes ?
07:02Parce que cette réforme des retraites de 2023, effectivement,
07:06elle avait ses critères d'âge, mais elle avait aussi d'autres critères
07:09beaucoup plus favorables aux Français.
07:11Donc, on ne connaît pas les contours, mais effectivement, selon ce chiffrage,
07:16il apparaît que cela aurait un coût pour les dépenses publiques de la France,
07:20à savoir 500 millions d'euros dès 2026 et 3 milliards en 2027.
07:26Tout simplement parce qu'on partirait effectivement sur la base,
07:29vraisemblablement, d'un âge légal qui serait figé à 63 ans en 2026,
07:34et non plus à 63 ans et 3 mois, et pour 2027 à 63 ans et non plus 63 ans et 6 mois
07:41et 171 trimestres cotisés qui correspondent à 42 ans et 9 mois.
07:48Donc, voilà.
07:49Mais il faut aussi avoir bien en tête le chiffrage qui avait été fait par la Cour des comptes
07:53il y a quelques mois et qui expliquait que si on arrivait à suspendre
07:57la réforme des retraites de 2023, justement, à cet âge de 63 ans,
08:02cela aurait un coût pour les dépenses publiques,
08:05un coût qui se chiffrerait à 13 milliards d'euros supplémentaires par an à l'horizon 2035.
08:11Et force, justement, de ces chiffres,
08:14eh bien, souvenez-vous que Sébastien Lecornu avait rencontré les partenaires sociaux,
08:20patronat et syndicat.
08:21Il avait également rencontré les différents partis et il avait dit
08:25pas question d'une suspension ni d'une abrogation de la réforme des retraites.
08:30Donc, on ne voit pas pourquoi, finalement, sur cette base,
08:33eh bien, aujourd'hui, il reviendrait sur cette position.
08:35On a bien entendu Mme Borde qui portait la réforme,
08:38finalement, se renier et dire qu'on pouvait la suspendre.
08:41En ce moment, il se passe beaucoup de choses et on a des choses qui semblent à peine croyables.
08:44Mme Garnier, vous êtes sénatrice LR, proche de Bruno Retailleau.
08:48Tout à l'heure, Bruno Retailleau a dit que si jamais le gouvernement suspend la réforme des retraites,
08:53le prochain gouvernement, on ne sait pas lequel, les LR pourraient censurer.
08:58Oui, la réforme des retraites, on la porte, et notamment au Sénat, depuis de longues années.
09:03On la propose, on la porte à chaque exercice budgétaire.
09:07On le fait par esprit de responsabilité.
09:10On a bien conscience que ça ne réjouit personne d'augmenter les durées de cotisation,
09:15d'éloigner l'âge de départ à la retraite.
09:17Je crois que tout le monde l'a parfaitement à l'esprit.
09:19Mais on ne peut pas faire autrement.
09:20Aujourd'hui, il y a un principe de réalité qui s'impose à nous.
09:23Il faut rappeler que cette réforme a été pensée au sortir de la Deuxième Guerre mondiale,
09:27à une époque où il y avait beaucoup d'enfants, puis beaucoup de jeunes,
09:30donc beaucoup d'actifs pour financer les retraites.
09:33Aujourd'hui, la courbe démographique française s'est tout simplement inversée.
09:37Donc si on ne veut pas sacrifier le niveau de pension de nos retraités,
09:41il faut jouer sur l'autre variable, qui est celle de l'âge de départ et de la durée de cotisation.
09:45Donc moi, je me réjouis que Bruno Retailleau ait réaffirmé cette ligne,
09:49qui bien sûr est exigeante, qui n'est pas facile à défendre.
09:51– Mais qui n'était pas aussi claire à l'Assemblée, on va quand même rappeler,
09:53on va rafraîchir la mémoire de ceux qui nous regardent,
09:55c'est qu'effectivement les sénateurs étaient pour la réforme.
09:58À l'Assemblée, le groupe LR s'est déchiré,
10:00à tel point que Mme Borne a décidé de passer avec le 49-3,
10:04parce qu'elle n'était pas sûre que les députés LR votent tous cette réforme.
10:07– Un gros tiers était contre, un tiers des députés LR étaient contre.
10:10– Les LR sont très ambigus là-dessus.
10:12– Pour autant, on a réaffirmé la ligne politique,
10:14qui est celle aujourd'hui des Républicains,
10:16que Bruno Retailleau, président des Républicains, a réaffirmé.
10:19Et si, il l'a réaffirmé clairement.
10:21– À l'époque, elle n'était pas claire.
10:22– En disant, si on revient sur cette réforme des retraites,
10:26les LR pourraient censurer un nouveau gouvernement,
10:29dont on ne connaît pas les contours, vous l'avez rappelé à l'instant,
10:31je crois que la ligne politique, elle est au contraire parfaitement réaffirmée aujourd'hui.
10:33– Est-ce que ce n'est pas le prix à payer pour avoir un budget ?
10:37– Oui, mais enfin, si vous voulez, vous venez de rappeler le coût,
10:41le prix à payer, il est colossal.
10:43On parle de dizaines de milliards d'euros.
10:45– Il faudra des recettes supplémentaires pour compenser.
10:47– La gauche va vous dire…
10:49– À l'heure où la dette a explosé, à l'heure où notre déficit est hors de contrôle,
10:52est-ce qu'on peut se permettre d'aller encore ajouter du déficit au déficit
10:56et de la dette à la dette ?
10:58Moi, je ne le crois pas.
10:58– Comment vous combler simplement en quelques mots cette suspension,
11:01puisque c'est de l'argent, il y a manque à gagner ?
11:03– Vous avez raison, il n'y a pas qu'un seul budget possible,
11:06il y a des équations budgétaires.
11:07Donc effectivement, si on revient sur la réforme des retraites,
11:10et je pense qu'il y a une majorité d'ailleurs dans l'Assemblée nationale
11:12pour revenir sur cette réforme des retraites en vérité,
11:15ça veut dire qu'il y a des recettes qu'il faudra aller chercher ailleurs.
11:17Nous, on a des propositions sur la fiscalité
11:19et sur la mise à contribution des plus riches ou des patrimoines les plus élevés.
11:24Ces propositions ne font pas l'objet d'un accord d'LR, de la droite, on le sait.
11:30– Ce sera plutôt avec le RN là ?
11:31– La question à laquelle on parvient là aujourd'hui,
11:33sur laquelle on aboutit, c'est est-ce qu'on a les uns les autres compris
11:38qu'il n'y a pas de majorité dans cette Assemblée
11:42et que de toute façon, le budget du pays, si nous voulons qu'il soit adopté,
11:45si nous voulons qu'il y ait un budget, il sera l'objet d'un compromis
11:50dans lequel, à la fin, vous aurez des traces de ce que veulent les gens de gauche.
11:53– Ce ne sera pas un budget de gauche ?
11:54Ce ne sera ni un budget totalement à gauche, ni un budget totalement à droite.
11:57Ce sera un budget qui fera la part à ce que chacun peut apporter
12:01comme idée, comme orientation, ce qui lui paraît bon
12:04pour les équilibres financiers du pays, pour la justice.
12:06Et si vous voulez, je veux bien que chacun reste dans son couloir
12:10et répète en permanence sa ligne politique.
12:13Enfin, ça produit la situation dans laquelle on est aujourd'hui.
12:16– Je partage, j'entends votre message.
12:18– Ou alors il faut accepter la proposition de retourner aux urnes,
12:22de faire une présidentielle, etc.
12:23– C'est un autre sujet, vous avez raison.
12:25– Si ce n'est pas votre ligne, ce n'est pas la nôtre en tout cas,
12:27puisque nous on pense qu'il faut donner à cette législature
12:29une utilité pour les Français, et ne pas en permanence penser
12:32que le moment que nous vivons est destiné à préparer le suivant.
12:35– Il y a des gens qui ont besoin de réponses.
12:37– Vous avez peur de la dissolution ?
12:39– Non, justement, on n'a pas peur de la dissolution.
12:41– Il y a du résultat ?
12:42– Mais on ne pense pas que ce soit une réponse à la situation.
12:45– Pour le Rassemblement national, c'est la plaisanterie.
12:47– Simplement, M. le député, pardonnez-moi, juste pour vous répondre,
12:49M. le député, très rapidement, moi j'entends ce que vous dites,
12:52simplement, si les concessions faites aux uns et aux autres
12:55conduisent à faire à nouveau exploser l'enveloppe des dépenses publiques,
12:59si le plus petit dénominateur commun pour voter un budget,
13:02ça se fait encore et toujours au détriment de nos finances publiques,
13:05ce ne sera pas possible.
13:06– Et si ça se fait au détriment de la justice sociale la plus élémentaire,
13:10ce ne sera pas possible.
13:10– Dans tous les cas, dans un instant, on va écouter Marine Le Pen,
13:13justement, puisque pour Marine Le Pen, et puis vous êtes avec nous,
13:15Alexandre Loubet, la plaisanterie a assez duré,
13:17il faut maintenant retourner devant le peuple,
13:19mais nous sommes, pardon, avec une syndicaliste,
13:21Sandra Demar, secrétaire générale du syndicat solidaire.
13:23– Qui a beaucoup manifesté contre cette réforme des retraites ?
13:25– Oui, tout à fait, mais on n'était pas seuls,
13:27puisqu'il y avait plusieurs millions, et plusieurs semaines.
13:29– Qu'est-ce que vous en pensez de la suspension, là ?
13:31– Vous dites, bravo, Mme Borne, vous avez changé d'avis,
13:33c'est formidable au cœur des tractations.
13:35– Alors, on est assez étonnés, quand même,
13:35pour tout vous dire, on est assez étonnés de ce revirement,
13:38puisque quand même, vous l'avez rappelé,
13:40elle a fait quand même, elle était au pouvoir,
13:42et donc c'est elle qui a imposé cette réforme,
13:47et de façon la plus antidémocratique possible,
13:49puisqu'elle a utilisé le 49-3.
13:51– Elle a même battu tous les records d'utilisation du 49-3.
13:54– Totalement, et elle n'a pas du tout écouté
13:56les millions de travailleurs et de travailleuses
13:57qui étaient dans la rue et en grève pendant des semaines.
14:00Donc, on est assez étonnés,
14:01mais il paraît qu'il n'y a que les imbéciles
14:03qui ne changent pas d'avis.
14:04– Donc, la suspension, vous acceptez ?
14:07– Alors, nous, on n'en est pas à la suspension,
14:09nous, on en est aux actes,
14:10et plutôt, comme vous le savez,
14:12on a lancé un ultimatum via l'inter-syndical interprofessionnel,
14:16et l'une de nos revendications,
14:18ce n'était pas la suspension, mais l'abandon.
14:20Bon, et là, moi, je suis encore un peu étonnée,
14:22c'est pour refuser cette suspension ou cet abandon,
14:26ce qui est mis en avant, c'est la question du coût.
14:29Mais à chaque fois qu'il y a une avancée sociale
14:31pour la majorité des travailleurs et travailleuses dans ce pays,
14:34on nous parle de coût.
14:36Mais personne ne vient nous parler du coût
14:38des politiques fiscales qui ont été mises en place
14:40depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron,
14:42du coût des exonérations de cotisations patronales
14:45qui ont un impact sur le financement de la sécurité sociale
14:50et donc sur le financement des retraites.
14:52C'est quand même, ce n'est pas nous qui le disons,
14:55c'est inscrit dans le projet de loi de finances
14:57de la sécurité sociale de François Béroud
15:00et avant lui, de Michel Barnier.
15:03Et on voit ces exonérations de cotisations patronales.
15:07C'est 91 milliards d'euros.
15:09Il y a aussi une réalité démographique,
15:11d'ailleurs, qui ne frappe pas que la France,
15:12qui frappe toute l'Europe.
15:13D'ailleurs, partout en Europe, on recule l'âge de départ
15:16parce qu'effectivement, il y a moins d'enfants,
15:19il y a moins de renouvellements de génération,
15:20la population vieillit,
15:22et que si on veut continuer à avoir des retraites convenables,
15:25il faut travailler un peu plus longtemps.
15:26Sinon, on peut partir à 60 ans, mais avec des retraites minables.
15:28Ce n'est pas ce que vous souhaitez.
15:29Ce n'est pas ce qu'on souhaite, mais il y a une question qui se pose.
15:32Le système par répartition, il fonctionne comme ça.
15:34Est-ce que c'est une avancée qu'on vive plus longtemps ?
15:38Nous, on considère que oui.
15:39Le travail, ce n'est pas forcément un esclavage.
15:43Travailler deux ans de plus pour beaucoup de gens.
15:45Vous connaissez l'espérance de vie en bonne santé en France ?
15:49L'espérance de vie en bonne santé, elle est à peine de 63 ans.
15:53Et cette espérance de vie en bonne santé, elle est stable depuis 2004.
15:57Ce n'est pas le travail qui provoque la mauvaise santé non plus.
16:02Le travail abîme.
16:02Vous êtes en train de faire croire que c'est le travail qui est en train de bousiller l'espérance de vie.
16:07Ce n'est pas ça.
16:07Le travail, il abîme.
16:08Il y a de la pénibilité au travail, mais ce n'est pas ça.
16:10Aujourd'hui, les facteurs sont multiples.
16:12Le travail, il réduit l'espérance de vie en bonne santé.
16:16Un certain nombre de travail.
16:18Je ne parle pas de tout le travail, mais il y a une catégorie de salariés qui souffrent au travail.
16:24Il y a une dégradation des conditions de travail dans l'ensemble du monde aujourd'hui du travail.
16:31Et par ailleurs, sur cette question…
16:33Quand il faut s'arrêter à 60 ans.
16:34Nous, on est plutôt là-dessus, mais continuons à discuter sur la suspension.
16:40Alors, nous, là, on voit bien qu'il y a une séquence politique un petit peu inédite de crise de régime, par ailleurs.
16:47Et nous, on est là aussi pour dire que, quel que soit le gouvernement,
16:50on continuera à se mobiliser pour qu'il y ait un budget de justice fiscale et sociale dans ce pays.
16:56Alors, en tout cas, Marine Le Pen, elle s'est réjouie de la perspective d'une suspension de la réforme des retraites.
17:01Là, vous rejoignez la gauche et socialiste, Alexandre Loubet, député RN de la Moselle.
17:07À ceci près que nous considérons que le travail, c'est la santé,
17:10encore faut-il prendre en compte la pénibilité en fonction des parcours de chacun.
17:14Oui, nous militons pour l'abrogation de la réforme des retraites d'Emmanuel Macron et d'Elisabeth Borne,
17:20pour la simple et bonne raison qu'elle est profondément injuste, inefficace et absurde économiquement.
17:25Je pourrais le développer, si vous le souhaitez.
17:27Mais moi, ce que je constate, d'une part, au regard des échanges qu'il y a sur ce plateau
17:30et de ce feuilleton qu'on vit depuis le début de la journée, et même depuis hier,
17:34c'est qu'on a d'un côté les partis ici représentés, de la gauche à LR, à une partie des LR,
17:39parce qu'il y a beaucoup d'ambiguïté, on ne comprend plus trop quelle est la position du Parti des Républicains,
17:44en incluant la Macronie, qui se bouscule pour faire la queue devant Matignon,
17:48pour essayer de sauver leur peau, et je pèse mes mots, sauver leur poste.
17:52Parce qu'ils ont peur de la dissolution.
17:53Parce qu'ils ont peur de la dissolution.
17:54Effectivement, dans l'espoir d'éviter de nouvelles élections.
17:58Et de l'autre côté, j'ai remarqué, en regardant notamment votre chaîne,
18:02qu'on a Marine Le Pen, qui elle est à la fois agricole près de Clermont-Ferrand,
18:06au contact des Français, au contact des agriculteurs,
18:09et Jordan Bardella, qui depuis le début de la journée,
18:11consulte et travaille à l'élaboration du projet que nous présenterons pour le budget.
18:16Donc vous vous attendez à la dissolution, vous vous préparez pour de nouvelles élections.
18:19Pour sortir de cette phase politique, effectivement, il faut un retour aux urnes.
18:22Et la réalité, c'est que je regrette que la réforme des retraites
18:26soit devenue finalement la Libye, le prétexte pour que tout le système essaie de sauver sa peau.
18:31Parce qu'il faut retourner aux urnes, soit par la démission du président de la République,
18:35je crois qu'on aurait ainsi près de cinq années de stabilité,
18:39ce serait souhaitable, mais n'est pas le général de Gaulle qui veut,
18:41soit par la dissolution de l'Assemblée nationale,
18:44c'est ce que nous souhaitons évidemment,
18:46et le Rassemblement national se tient prêt.
18:48On va y revenir bien évidemment, parce que les tractations continuent,
18:51on attend de savoir ce qui va sortir des discussions à Matignon,
18:54mais Gaëtan Mélin a évoqué le coût de la suspension éventuelle des réformes de santé,
18:58donc François Gapilland s'est penché attentivement de la réforme des retraites
19:02sur ces données qui sont fournies aussi par les économistes.
19:06Alors, qu'en est-il François ? Bonsoir.
19:08Bonsoir, ce que coûterait la suspension de la réforme des retraites,
19:11ou plus exactement ce qu'elle ne rapporterait pas.
19:13Pour commencer, écoutez ce qu'en disait ce matin,
19:16le ministre déjà des missionnaires de l'économie.
19:18« Quelle que soit la manière dont on modifie la réforme des retraites,
19:24ça va coûter beaucoup d'argent.
19:25Modifier la réforme des retraites, ça va coûter des centaines de millions en 2026
19:30et des milliards en 2027. »
19:33Sachant que geler la réforme dès l'an prochain,
19:35ça voudrait dire fixer à 63 ans l'âge de départ.
19:39Certains économistes, à l'image de Michael Zemmour par exemple,
19:42estiment même que ça reviendrait à arrêter les compteurs dès maintenant,
19:44et donc ça veut dire un âge de départ à 62 ans et 9 mois.
19:48Chaque mois compte évidemment.
19:49La Cour des comptes s'est penchée sur l'hypothèse d'un gel
19:52dans un rapport publié il n'y a pas si longtemps, en février dernier.
19:55Conclusion, 8 milliards d'euros par an de recettes en moins à l'horizon 2030
20:01et jusqu'à 13 milliards par an à l'horizon 2035.
20:0413 milliards, explication, en deux parties.
20:075,8 milliards liés au fait que les départs à la retraite seraient plus nombreux que prévus,
20:12donc les pensions aversées plus nombreuses,
20:14et 7 milliards et quelques parce que moins de cotisations sociales et d'impôts
20:19qui rentreraient dans les caisses parce que les Français travailleraient un peu moins longtemps.
20:2313 milliards qu'il faut peut-être, je vous le propose en tout cas,
20:26aussi mettre en perspective avec un autre chiffre, 15.
20:2815 milliards, sommes perdus depuis la dissolution et 1,5 point de croissance en moins
20:34d'après l'OFCE, le coût de l'incertitude politique en fait.
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