00:00L'interpellation de jeunes filles qui sont calmes, qui sont devant l'Assemblée Nationale et qui se disent
00:08« Voilà, nous, on est contre le texte sur l'euthanasie ».
00:11Écoutez, tendez l'oreille, je vais vous faire écouter juste 15 secondes de cette jeune fille qui a été filmée
00:16par le journaliste de Boulevard Voltaire, Jean Bexon, qui était sur place.
00:21Écoutez ce qu'elle dit aux forces de l'ordre, tendez l'oreille.
00:32Je sais que ce n'est pas très drôle de faire ça, mais moi non plus, je ne peux pas
00:36faire autrement.
00:40Donc elle dit, elle se fait interpeller, elle dit « Je suis désolée de vous déranger, je ne peux pas
00:47faire autrement, mais Jean Bexon, c'est lunaire ».
00:50Il faut vraiment que je vous décrive la scène parce que vous ne voyez pas l'image.
00:53En fait, cette fille m'a fait penser au tableau de Vermeer, la jeune fille à la perle,
00:57et il y a ce constat, c'est-à-dire qu'elle est entourée de deux armoires à glace imposantes,
01:01ce qui est normal, je l'abravais, mais heureusement que c'est des troupes de choc
01:04et qui sont complètement casquées, et qu'il embarque.
01:08Et à ce moment-là...
01:08Il embarque, mais j'avoue que quand on voit l'image, c'est avec délicatesse aussi, ils ne sont pas
01:13non plus...
01:13On peut le souligner en effet, oui.
01:15Mais l'image...
01:15Il l'encadre, mais ce n'est pas violent.
01:17Voilà, l'image est choquante, mais ils ne sont pas...
01:20En tout cas, il y a quand même ce contraste saisissant entre ces deux armoires à glace
01:27qui doivent être très sportifs, et puis cette jeune fille à la perle et qui s'excuse.
01:31Et c'est la première fois que je vois ça en manifestation.
01:34Encore une fois, pour filmer beaucoup d'interpellations,
01:35parce qu'on a des manifs d'extrême-gauche, etc.
01:42Les policiers se prennent des insultes, etc.
01:44Vous me direz, c'est peut-être le jeu de la rue, de ces mouvements sociaux,
01:46mais c'est la première fois que je vois quelqu'un s'excuser de faire perdre du temps à ces
01:51personnels de la Bravem
01:52et leur dire vraiment, je suis désolé, veuillez m'excuser,
01:56mais je ne voyais pas d'autre solution que de venir au Veilleur ce soir.
01:59Je précise que cette fille, ce n'est pas une membre des Black Blocs,
02:03elle n'a pas jeté des pavés sur les policiers, elle n'a pas dégradé l'espace public.
02:07Je fais juste un petit parallèle.
02:08En septembre dernier, j'étais dans une manif de gauche place de la République
02:12et j'ai vu des militants taguer des appels aux meurtres
02:17et à la décapitation du Premier ministre et du ministre Retailleau.
02:24Il y avait les policiers qui étaient à peu près à une vingtaine de meurtres
02:26qui ne sont pas intervenus.
02:28C'est quand même le choc.
02:29Je ne leur ai pas là, Pierre, je me dis qu'ils n'ont pas reçu l'ordre d'intervenir.
02:30Oui, mais c'est ceux deux points de mesure qui interpellent quand même.
02:34Exactement.
02:35Il y avait des chants, il y avait la lecture de base de ce texte,
02:38des listes de Noix de Saint-Marc.
02:40Que dire à un jeune de 20 ans ?
02:41Enfin, je veux dire, il y a pire comme provocation,
02:43comme trouble à l'ordre public.
02:45Et j'ai vu arriver une vingtaine de policiers de la BRAVEM.
02:49Alors, il y avait la police nationale.
02:50Au tout début, il y avait même la police nationale, la gendarmerie nationale.
02:52Hier soir, toujours devant l'Assemblée nationale.
02:54Hier soir, police nationale, gendarmerie nationale et la BRAVEM.
02:57On a l'impression d'être dans un salon des forces de l'ordre.
03:00Et uniquement parce que...
03:01Alors, il y avait combien de personnes qui étaient rassemblées, des veilleurs ?
03:0450 personnes se sont réunies.
03:0550 personnes.
03:0637 personnes ont été placées en garde à vue.
03:09Non, non, attendez, attendez, attendez.
03:10Non mais, on en rigolait.
03:11C'est le chiffre qui m'a été donné par les participants.
03:13Attends, attends.
03:15J'attends.
03:15Je ne vous crois pas.
03:16Je vous écoute.
03:17Non mais je ne vous crois pas, Jean-Bexon.
03:18Vous êtes comme Saint-Thomas.
03:19Vous avez besoin de voir.
03:20Non mais, alors, je rappelle que vous êtes journaliste à Boulevard Voltaire.
03:23Vous allez devant l'Assemblée nationale.
03:25Vous filmez.
03:25Ce sont seulement 50 personnes qui chantent, qui sont contre le texte.
03:30Et 37 sont interpellées ?
03:32Exactement.
03:33Alors, je précise que les commissaires ont fait les ordres de sommation.
03:37Donc, trois ordres de sommation en disant partez, partez, partez.
03:39Trois fois.
03:40Et c'est à partir de là qu'ils ont commencé à envoyer la Bravem.
03:42La Bravem qui est arrivée en moto, parce que c'est pour arriver plus vite.
03:47Et ce qui m'a surpris, c'est que parfois, moi, j'ai des dans les transports témoins.
03:50J'ai vu, il y a quelques jours, il y avait quelqu'un qui caressait sur leur consentement
03:53les jeunes femmes qui leur touchaient les cheveux, etc.
03:56J'ai dû appeler la sécurité derrière la rétapée, qui n'est pas venue.
03:58J'ai dû appeler la police qui a mis une demi-heure à venir.
04:00Et là, j'ai vu la police motorisée qui est arrivée extrêmement rapidement
04:05et qui a procédé à ces interpellations.
04:09Jean Beckson, journaliste à Boulevard, Voltaire.
04:11Les personnes ont été interpellées.
04:13Pourquoi ? Pour qu'elles résoudent ce qu'il se passe pour manifestation interdite ?
04:16Et que sont devenues les personnes qui ont été interpellées et placées en garde à vue ?
04:20Alors, il y a deux motifs.
04:21Il y a un motif de non-dispersion, quand on vous dit trois fois de partir de la manifestation.
04:28Pardon, j'ai envie, c'est une blague.
04:30Non, ce n'est pas une blague.
04:31On voit tout le temps des gens qui ne se dispersent pas, qui ne sont pas arrêtés.
04:36On voit les blackbugs, comme vous dites, qui cassent tout sous les yeux parfois des policiers
04:40qui ne sont pas interpellés.
04:42Et là, il y a des filles tranquilles qui ne sont pas masquées.
04:44Parce que ça aussi, ça m'a interpellée.
04:45Elle n'est pas masquée.
04:46Elle est en visage découvert.
04:47On les arrête, des petites jeunes filles comme ça.
04:50Alors, je suis assez surprise.
04:52Donc, appelez-nous au standard d'Europe 1 pour savoir si vous êtes choqués.
04:54On aura Isabelle qui nous appelle de Nice dans un instant.
04:56Je vous laisse terminer, peut-être, Jean Beckson ?
04:57Mais vous ne croyez pas, Christine Kelly, ça me vexe.
05:05Jean Beckson, c'est pour ça que je voulais que vous soyez là, parce que je n'y croyais pas.
05:09Vous voyez ce que je veux dire ?
05:10Non, mais on est dans une séquence grave.
05:12On est dans une séquence où Quentin a été tué.
05:15On est dans une séquence où Raphaël Arnaud, on ne sait pas où il est.
05:18On est dans une séquence où Raphaël Arnaud, il a été dénoncé comme violent depuis longtemps.
05:22Il n'a pas été pour autant interpellé.
05:24Il a été condamné, puis on en lance, il est resté à l'Assemblée Nationale.
05:27Et on est en train d'arrêter une petite jeune fille comme ça.
05:30Plusieurs, plusieurs petites jeunes filles.
05:32Alors, que sont-elles devenues ?
05:34Il y a deux motifs qui ont été donnés par les autorités,
05:37enfin, qui me sont donnés par l'avocat qui défend ses veilleurs.
05:40Le premier motif, c'est participation à un introupement après sommation de se disperser.
05:44Sans armes.
05:44Et ils n'avaient pas d'armes.
05:46Et je précise, j'ai vraiment vu quand même le commissaire faire les sommations.
05:49Je ne veux pas dire que la répression s'est faite d'un coup.
05:53Oui, c'était justifié, selon les textes.
05:56Ça s'inscrit quand même dans un cadre d'ordre,
05:57une procédure qui a été respectée.
06:01Et le premier motif, c'est l'organisation d'une manifestation sur la voie publique,
06:05sans déclaration.
06:06Et l'avocat, par rapport à ces motifs, m'a dit
06:08que le droit de manifester est constitutionnel en France,
06:11et qu'il estime que c'est une manifestation spontanée,
06:14qui ne générait pas de troubles à l'ordre public.
06:15Pacifique.
06:16Pacifique, exactement.
06:18Et de fait que, pour lui, les motifs ne sont pas légitimes.
06:23Non mais je ne sais pas, moi je vois par exemple,
06:25on a quand même le droit de se rassembler quelque part.
06:27Mais 50 participants, c'est limite une sorte de classe à ce stade.
06:29Oui c'est ça.
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