- il y a 5 heures
- #sudradio
Avec Michael Moreau, auteur de "Sa Majesté nomme"
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NewsTranscription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face-à-face.
00:07Non ce n'était pas le radeau de la Méduse, ce bateau qu'on se le dise au fond des
00:16porcs, dise au fond des porcs.
00:20Ils naviguaient en perpénard sur la grand mare des canards
00:26et s'appelaient les copains d'abord, les copains d'abord.
00:31Voilà, je voulais illustrer la présence de Mickaël Moreau, auteur de Sa Majesté Nôme,
00:36voilà, en cette émission, en ce face-à-face de la France dans tous ses états,
00:40ce document historique qui nous raconte comment le président de la République peut aujourd'hui,
00:46de façon tout à fait régalienne, je ne sais pas si Louis XIV avait autant de pouvoir, si quand même,
00:51nommé à des postes clés, à des postes très importants ou moins importants, qui bon lui semble.
00:57Je reçois donc, voilà, Mickaël Moreau, Sa Majesté Nôme, le roi, on vous l'a connu, le roi d'Anse,
01:04le thème c'est le fait du prince en fait, et là Mickaël Moreau, avec cet ouvrage publié chez Robert
01:11Laffont,
01:12vous mettez le doigt sur cette particularité de la Vème République,
01:16où le chef de l'État, il y a un gouvernement, avec l'article 20,
01:21qui dit que le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation,
01:24un parlement, une assemblée nationale, qui est la représentation du peuple souverain,
01:28pour autant, le locataire, le titulaire de l'Élysée, dispose quand même d'un certain nombre de prérogatives constitutionnelles et
01:34légales,
01:35qui lui permettent à certains moments de faire ce qu'il veut.
01:38que, déjà, vous qui avez observé, alors vous avez rencontré 170 personnalités,
01:42il faut lire ce livre, parce que je disais, c'est un cours d'histoire,
01:45on apprend plein de choses,
01:48Sacha Touy, quand même, à un moment donné,
01:49et on se dit, oh, il a osé, il n'est pas le seul,
01:52il n'est pas le seul,
01:54Mitterrand, on n'en a pas hésité, Chirac aussi,
01:57du temps de De Gaulle, on va vous dire, c'était fait à bon escient,
02:00c'était des personnes compétentes au poste clé,
02:02et là, on a dérivé vers,
02:04c'est pour ça que j'ai voulu qu'on mette cette chanson de Brassens,
02:07les copains d'abord,
02:08là, c'est de plus en plus les copains d'abord.
02:10Ça ne veut pas dire qu'ils sont tous nuls,
02:12mais c'est quand même d'abord des copains.
02:13Alors, le pouvoir de nomination du président de la République,
02:16c'est un pouvoir qui est finalement très méconnu,
02:18mais auquel les présidents de la République
02:20ont beaucoup tenu, tout au long de la cinquième,
02:24et ont de plus en plus tenu,
02:25même, ça raconte aussi la présidentialisation
02:28accrue du pouvoir, tout au long de la cinquième,
02:30c'est-à-dire que chaque année,
02:31le président de la République
02:33nomme des milliers de personnes,
02:36donc il y a des milliers de postes
02:37qui dépendent vraiment de lui.
02:38En fait, le même,
02:40quand on demande à Matignon ou à l'Elysée,
02:42il n'y a même pas de chiffre,
02:44il n'arrive même pas à s'estimer.
02:45C'est incalculable, on va dire,
02:45au sens du terme du terme.
02:46C'est-à-dire qu'il y a des postes aussi
02:47qui passent au Conseil des ministres,
02:49il y en a d'autres qui ne passent pas au Conseil des ministres,
02:50etc.
02:50On m'a fait des estimations,
02:52certaines convergent autour de 5 000,
02:53mais on m'a fait des estimations jusqu'à 10 000.
02:55Donc, le chiffre est absolument considérable.
03:00L'étendue est très fort.
03:02C'est un pouvoir aussi sur les gens,
03:05finalement, qui veulent être nommés.
03:06Donc, ça provoque des phénomènes de cours.
03:07C'est un pouvoir hérité de la monarchie
03:10de pouvoir choisir les gens
03:11et dans tous les domaines de la sphère publique,
03:14que ce soit, aujourd'hui,
03:16on voit la nomination du patron du Louvre
03:18dans le domaine de la culture.
03:19Les présidents de la République
03:20s'impliquent beaucoup dans les nominations
03:22dans la culture,
03:23mais aussi dans des secteurs plus régaliens,
03:24évidemment.
03:25Les renseignements,
03:26aussi la diplomatie,
03:28les ambassadeurs,
03:29les recteurs,
03:30énormément, énormément de postes
03:31dépendent du président de la République
03:34qui peut choisir seul,
03:35sur beaucoup de postes,
03:36même sans critères vraiment imposés.
03:38Ça a évolué au fur et à mesure
03:40de l'application de la Constitution
03:41et de la République.
03:42Le général de Gaulle commence.
03:44Ensuite, on a Pompidou,
03:45on ne va pas tous les citer,
03:46Giscard Mitterrand,
03:47Chirac, Sarkozy, Hollande.
03:50À chaque mandat,
03:51en lisant votre ouvrage,
03:52on a l'impression qu'ils utilisent
03:54de plus en plus
03:54ce droit.
03:55Alors, ce droit,
03:56ils doivent l'utiliser,
03:56il faut les nommer,
03:57ces postes.
03:58Mais qu'au début,
03:59c'est vraiment en fonction
04:00de la compétence
04:01et, j'allais dire,
04:02de la légitimité de l'individu
04:03qu'il est nommé
04:04et qu'ensuite,
04:05ça devient sur des critères
04:07plutôt partisans.
04:08On nomme des ambassadeurs.
04:10Et ensuite, c'est carrément
04:12des gens du cercle rapproché,
04:14voire des amis.
04:15Alors, le cercle rapproché,
04:17ça a aussi existé par le passé.
04:19Par exemple, dans les années 80,
04:20je raconte,
04:22François Mitterrand
04:23qui nomme un ami médecin,
04:25ambassadeur,
04:26alors qu'il n'avait aucune expérience
04:27dans la diplomatie.
04:30Ce qui est sûr,
04:31c'est que c'est un pouvoir
04:34encore croissant.
04:35C'est-à-dire qu'au début,
04:36en 1958,
04:37quand le général de Gaulle,
04:38déjà, quand il met en place
04:39la Constitution,
04:40il fait une ordonnance
04:41le 28 novembre 1958
04:43qui réexplique bien
04:46encore plus l'article 13
04:47de la Constitution.
04:48Donc, on dit bien,
04:48c'est l'article 13
04:49qui stipule que le président
04:51de la République
04:51a le pouvoir de nommer
04:53certains postes
04:53de sa seule autorité.
04:54Nomme aux emplois civils
04:55et militaires de l'État.
04:57Militaires de sa seule autorité.
04:58Oui, alors même si
04:59beaucoup de postes, en fait,
05:00passent aussi en Conseil des ministres,
05:02mais dans les faits,
05:03les ministres, en fait,
05:04ils font de plus en plus
05:04de figuration.
05:05Mais est-ce que la totalité
05:06doit passer en Conseil des ministres ?
05:07Non, pas tous.
05:08Non, non, il me semble bien
05:10qu'il y a des postes
05:10qui s'en met directement.
05:11qui passent en Conseil des ministres,
05:12par exemple,
05:14le Louvre, là,
05:14c'est passé en Conseil des ministres
05:16tout à l'heure.
05:16Mais en fait,
05:17le président de la République
05:18choisit seul,
05:19choisit même de plus en plus seul.
05:20Alors, je n'ai pas eu
05:21le nom de la personne.
05:22Christophe Léribot
05:22qui vient de...
05:23Christophe Léribot
05:24qui succède à madame...
05:25Qui avait été, en fait,
05:26choisi en 2024,
05:29nommé en 2024,
05:30à la tête du Louvre
05:30à la suite d'une succession
05:32qui a duré
05:32pendant plusieurs années
05:33pour trouver un successeur
05:35à Catherine Pégar.
05:36Ce sont des tractations,
05:37des tractations terribles.
05:38Ce sont des longues tractations.
05:39Le président aime bien
05:41choisir seul.
05:42Et donc,
05:44dès le début,
05:45en 1958,
05:46finalement,
05:46De Gaulle choisit
05:47que le...
05:49explique très clairement
05:49que les nominations
05:52doivent dépendre plus
05:53du président de la République
05:54davantage
05:54que du Premier ministre.
05:56Mais,
05:56il y a eu des tournants
05:57dans l'histoire.
05:57Par exemple,
05:591985,
05:59l'été 85,
06:01le 6 août 1985,
06:03François Mitterrand
06:04fait passer un décret,
06:05un peu en douce
06:06parce qu'on est en plein été,
06:07qui augmente encore sensiblement
06:09le nombre de nominations
06:10qui dépendent
06:11du président de la République
06:12plutôt que du gouvernement.
06:13L'été 85,
06:14ce n'est pas un hasard.
06:15On est à quelques mois
06:17de législatives.
06:18Il sait déjà
06:18que ces législatives
06:19vont être perdues.
06:20Et il se prépare déjà
06:21à une cohabitation dure.
06:23Et ça a été critiqué
06:26par la droite
06:27en 1995,
06:29débat de l'entre-deux-tournes
06:30de la présidentielle.
06:31Donc,
06:31les images existent,
06:33existent évidemment.
06:34Encore sur l'INA.
06:36Jacques Chirac
06:37débat face à Lionel Jospin
06:38et dit que l'un de ses premiers gestes,
06:40et ses mots,
06:40l'un de mes premiers gestes,
06:41s'il est élu président de la République,
06:43ce sera de restreindre
06:44ce pouvoir de nomination
06:45qu'il parlait d'une dérive monarchique.
06:47Évidemment,
06:48il n'a pas fait.
06:51Et ce pouvoir,
06:52et finalement,
06:52tous les présidents de la République
06:53ont continué
06:54à beaucoup s'attacher
06:55à ce pouvoir.
06:55Vous dites que ça vient d'un décret.
06:57Donc,
06:57il y a des décrets présidentiels.
06:58Il y a des décrets qui peuvent...
07:01François Mitterrand
07:01a émis un décret
07:03renforçant
07:04sa capacité personnelle.
07:05Le nombre de postes.
07:06Étant dans le nombre de postes,
07:07notamment dans la culture.
07:08C'est un décret qu'il a émis
07:08au titre de sa présidence
07:09de la République.
07:10Je pensais que les décrets
07:11devaient quand même passer...
07:12Alors,
07:12ça a été contresigné
07:13par Laurent Fabius,
07:14qui était le Premier ministre
07:15à l'époque.
07:15C'est ce que j'allais vous dire,
07:15bien sûr.
07:16Mais ça a été décidé par...
07:19Et j'ai interrogé
07:20des personnalités
07:22de l'Élysée de l'époque
07:23dans l'entourage
07:23de François Mitterrand
07:24qui reconnaissent très clairement
07:25que c'était pour étendre
07:27le pouvoir de nomination
07:28de François Mitterrand
07:29à l'approche des législatives.
07:31C'est incroyable
07:32parce que...
07:33Et c'est la polémique
07:34que soulève la nomination
07:35d'Amélie de Montchanin
07:36de Richard Ferrand
07:37déjà au Conseil conventionnel
07:38et on verra qui...
07:39Au Conseil d'État,
07:40bientôt.
07:41Qui sera au Conseil d'État.
07:44Au départ,
07:45on constate,
07:46votre livre le dit bien,
07:47ce sont des amis politiques
07:49qui sont souvent compétents
07:51mais c'est des proches
07:51qui sont fiables politiquement.
07:53Alors, il y a des postes...
07:54On peut évoluer.
07:55Ensuite, c'est carrément
07:56une faveur que l'on rend,
07:57un service que l'on rend.
07:59On nomme un peu
07:59comme on nommait
08:00une maîtresse
08:00ou un copain.
08:02Alors, ça peut
08:03tout au long de la cinquième,
08:04en fait, ça a existé.
08:06Même si, en fait,
08:07aujourd'hui,
08:08il y a quelques garde-fous
08:09qui ont été créés
08:10au fur et à mesure,
08:10notamment Nicolas Sarkozy
08:12a mis en place
08:12quelques gardes-fous,
08:14notamment pour certains postes
08:16le passage des auditions
08:19devant le Parlement,
08:20c'est-à-dire que
08:21devant les commissions parlementaires.
08:22Les commissions parlementaires
08:23peuvent s'opposer
08:24à certaines nominations présidentielles
08:25mais, en fait,
08:26dans les faits,
08:26c'est très très rare
08:27parce qu'ils doivent voter
08:27au 3 cinquième
08:29contre,
08:29ce qui est vraiment
08:30absolument rare.
08:31C'est arrivé qu'une seule fois
08:32depuis 2008.
08:33Qu'une seule fois depuis 2008.
08:34Donc, ça montre
08:35à quel point c'est très rare.
08:38En fait,
08:39il n'y en a pas tant que ça.
08:40Il n'y en a pas tant que ça
08:41des garde-fous.
08:42Après,
08:44nommer soi-même,
08:45nommer seul,
08:46ça ne veut pas forcément dire
08:47nommer des personnes
08:48pas compétentes.
08:49C'est-à-dire qu'il peut y avoir
08:51des...
08:52On nomme pas que des gens
08:54sur des critères de proximité.
08:56On nomme aussi parfois
08:56sur des critères
08:57de compétence.
08:59Sur beaucoup de postes,
09:00évidemment.
09:00mais il y a beaucoup de postes
09:04où, finalement,
09:05il y a très très peu
09:05de critères.
09:06Donc, on peut choisir
09:07un petit peu
09:08qui on veut
09:08et puis il y a des postes
09:09très sensibles,
09:10régalien,
09:11les renseignements,
09:12etc.
09:12Où, évidemment,
09:14il faut une proximité
09:16avec le président
09:16de la République
09:17pour pouvoir bien s'entendre.
09:19C'est spécifique à la France
09:20ou non,
09:20ce genre de situation ?
09:21Alors, ça dépend des secteurs.
09:23Il y a toutes sortes
09:24de modèles à l'étranger
09:25pour nommer.
09:26Aux Etats-Unis
09:26ou une présidence,
09:28je veux dire,
09:28un régime présidentiel.
09:29Il y a du polysystème.
09:30Bien sûr.
09:31Il y a des pays
09:32où il y a un rôle
09:33accru du Parlement
09:35qui ont un oeil
09:36encore plus acéré
09:37sur les nominations.
09:39Ce qui n'est pas trop le cas
09:39en France.
09:41Après, ça pose aussi une question,
09:42c'est qu'un rôle accru
09:43du Parlement
09:43dans les nominations,
09:44ça veut dire
09:44une politisation accrue
09:45de ces nominations.
09:47C'est-à-dire qu'on peut nommer
09:47pour des raisons politiques
09:48plus que pour des raisons
09:50de compétences.
09:53Il y a un peu
09:54tous les modèles.
09:55Il y a des pays
09:55où c'est plus décentralisé,
09:57où les ministères
09:58jouent un peu plus
09:58leur rôle.
10:00Là, c'est très concentré
10:02autour du président
10:03de la République.
10:04Ça raconte bien
10:04la présidentialisation
10:06du régime actuel.
10:08Sa Majesté nomme
10:09qui les copains d'abord ?
10:11C'est pour ça qu'on écoutait
10:12tout à l'heure
10:13la chanson de Georges Brassin.
10:15Je suis avec Michael Moreau,
10:16auteur de ce document
10:17qui est un document politique
10:18et historique.
10:19parce que vous relatez,
10:21j'allais dire,
10:22le comportement
10:22des chefs d'État
10:23de cette cinquième république.
10:24Appelez-nous
10:25au 0 826 300 300.
10:27Emmanuel Galasso
10:28attend votre appel.
10:29Je suis persuadé.
10:30Alors, pas que vous vous sentiez
10:31concerné.
10:31Je ne pense pas que vous attendiez
10:32à être nommé demain matin
10:33par M. Macron
10:34à un poste quelconque.
10:35Quoique, on ne sait jamais.
10:36Mais en tout cas,
10:37vous avez certainement
10:37une idée sur le fait
10:39qu'aujourd'hui,
10:40il y a peut-être
10:40des abus de pouvoir,
10:41d'une personnalisation
10:42du pouvoir.
10:43Voilà.
10:44Le pouvoir régalien.
10:45Est-ce que ça vous choque ?
10:46Est-ce que ça vous inspire ?
10:47Est-ce que ça vous donne
10:48des idées ?
10:48Est-ce qu'il faudrait réformer,
10:50restreindre un peu
10:51les pouvoirs du président
10:52de la République ?
10:52Enfin, voilà.
10:53Tout un tas de considérations
10:54que vous êtes à même
10:54de nous transmettre
10:55et de partager avec nous.
10:56Vous appelez Emmanuel Galasso
10:58au 0 826 300 300
10:59et Mickaël Moreau
11:01qui est un homme sage
11:02et posé
11:03saura vous apporter
11:04la réponse la plus précise
11:05aux interrogations
11:06que vous formulerez.
11:07A tout de suite
11:07sur Sud Radio.
11:09Sud Radio,
11:10la France dans tous ses états,
11:12Péricault Légas.
11:13Je reçois Mickaël Moreau,
11:15auteur de Sa Majesté Nomme.
11:17Vous avez compris
11:17de quoi il s'agit.
11:18Le roi,
11:19le roi,
11:19c'est pas le roi d'Anse là,
11:20c'est le roi,
11:21le fait du prince.
11:22Le président de la République
11:23nomme à des postes
11:24très importants
11:25des personnes de son choix,
11:27soit qu'il ait le pouvoir
11:28de les nommer personnellement
11:29directement sans aucune consultation,
11:31soit qu'il soit obligé
11:33de passer par une validation
11:34au Conseil des ministres,
11:35ce qui,
11:36lorsqu'on est en majorité absolue
11:37est systématique.
11:39Là,
11:39peut-être qu'Emmanuel Macron
11:41a dû,
11:41avec Michel Barnier
11:42et François Bayrou,
11:44négocier quelques nominations.
11:45Il ne s'en est pas présenté
11:46d'aussi importante
11:47que celle d'aujourd'hui.
11:48Là,
11:48en tout cas,
11:48on est dans la dernière ligne droite
11:50de son quinquennat.
11:52Voilà.
11:53Les sondages prédisent
11:54une victoire
11:55d'un parti d'opposition
11:56qui serait le Rassemblement national
11:57et visiblement,
11:59Mickaël Moreau,
12:00en verrouille un max.
12:02Et puis,
12:02on ne s'en cache pas.
12:03C'est un peu l'image
12:03que ça donne,
12:04vous êtes d'accord ?
12:05Alors,
12:05il y a deux choses.
12:05C'est que,
12:06un,
12:06on est en fin de règne
12:07et que tous les précédents
12:08présidents de la République
12:09en fin de règne
12:10ont recasé.
12:10Donc là,
12:11est-ce qu'il va y avoir
12:12la même chose,
12:13sachant qu'il y a des postes
12:15sur lesquels ça a commencé ?
12:16Il y a plusieurs types de postes.
12:18Il y a des postes
12:19qu'on appelle inamovibles,
12:20c'est-à-dire où,
12:21en fait,
12:21c'est très très difficile
12:22pour un président de la République
12:24de destituer la personne
12:25qui est en cours de mandat.
12:27Donc là,
12:28c'est le cas de,
12:29on a beaucoup parlé
12:29d'Amélie de Montchalin
12:30à la tête de la Cour des comptes.
12:31C'est la vie ?
12:32C'est jusqu'à la retraite.
12:33C'est jusqu'à la retraite.
12:35C'est jusqu'à ce qu'elle ait 68 ans.
12:36bien entendu.
12:37Jusqu'à ce qu'elle ait 68 ans
12:38et on a 40.
12:39Là,
12:40elle a potentiellement,
12:41si elle veut s'accrocher
12:42pendant 28 ans à ce poste,
12:44elle peut s'accrocher
12:45pendant 28 ans.
12:46Je le dis aux auditeurs
12:47de Sud Radio,
12:48si ça vous château
12:49et si ça vous choque,
12:50appelez-nous,
12:50on en discute avec Michael Moreau,
12:52c'est vraiment passionnant.
12:53C'est pour ça d'ailleurs
12:54que souvent à la Cour des comptes,
12:55jusqu'ici,
12:56les présidents de la République
12:57ont plus nommé
12:58des personnalités
12:59autour de 60 ans
13:00pour pas qu'il y ait
13:01des temps
13:03de pouvoir
13:04aussi long.
13:05Didier Migaud
13:06s'est retiré
13:07par les Midas,
13:08je penserais aussi,
13:08il est parti normalement.
13:09Alors, Didier Migaud,
13:10il a été en plus nommé
13:11au gouvernement.
13:13Pierre Moscovici
13:14aurait pu...
13:15Il lui restait encore
13:16un petit peu de temps.
13:16Il lui restait un petit peu.
13:17En fait,
13:18son mandat actuel
13:19se terminait en septembre,
13:20il aurait pu même
13:20le prolonger encore un peu.
13:22Après,
13:22il a dit assez clairement
13:23que lui préférait
13:27partir à Luxembourg,
13:29à la Cour des comptes européennes.
13:31Mais il avait dit aussi
13:33assez clairement,
13:34je donne une référence
13:35en mai 2024,
13:37où il avait déclaré
13:38qu'il souhaitait partir
13:40de toute façon
13:41pas après la présidentielle,
13:42avant la présidentielle,
13:43pour que son successeur
13:44soit choisi
13:45par Emmanuel Macron
13:46plutôt que par
13:47un éventuel président
13:49ou présidente RN,
13:50si jamais
13:50un président ou présidente RN
13:52a été élu en 2027.
13:57Donc,
13:59il y a des postes
13:59comme ça
14:00qui sont inamovibles.
14:01La Banque de France,
14:01ça va arriver
14:04en juin,
14:04c'est inamovible.
14:05Il va y avoir
14:05le conseil d'État,
14:06le patron du conseil d'État
14:07qui va être nommé
14:08au mois de mai.
14:09Qui est son titre
14:09et vice-président.
14:11Puisque le président,
14:12c'est le premier ministre
14:13du conseil d'État.
14:14Voilà, c'est ça, exactement.
14:15Avec une contrainte supplémentaire
14:18pour le président de la République,
14:18c'est que pour être
14:19patron du conseil d'État,
14:20il faut être conseiller d'État.
14:22Ce qui n'est pas le cas
14:23de la Cour des Comptes.
14:24La Cour des Comptes,
14:25le minimum chalin,
14:25n'est pas issu
14:26de la Cour des Comptes.
14:26Mais on peut trouver
14:28un conseiller d'État
14:30dans son entourage
14:31ou autre,
14:31où qu'on soit venu.
14:32Donc, il y a des cas
14:33où il faut un minimum
14:34de compétences
14:35ou en tout cas
14:35une autorité
14:36par rapport à l'institution
14:38légitime
14:38ou alors sinon
14:38c'est au choix du président.
14:40Voilà, il y a des postes
14:41sur lesquels
14:42il y a moins de critères.
14:43Après, il y a des postes
14:44qui ne sont pas inamovibles.
14:45Par exemple,
14:45tous les directeurs
14:46d'administration centrale
14:47qui sont des postes importants
14:48dans la haute administration.
14:50Bien sûr.
14:51Et là, pour le coup,
14:52un président de la République,
14:53quel qu'il soit,
14:56peut nommer et dénommer
14:58du jour au lendemain
14:58un directeur d'administration centrale.
14:59Mais cela passe par
15:00le conseil des ministres,
15:01je pense très souvent.
15:02Oui, mais par exemple,
15:03c'est aussi le cas
15:04des directeurs d'administration centrale,
15:06mais tout ce qui est préfet,
15:07évidemment, etc.
15:08Le conseil des ministres,
15:10mais le président peut décider,
15:13un préfet peut être appelé
15:14tous les mardis soirs
15:15pour dire le lendemain matin,
15:16vous n'êtes plus en poste.
15:17Je pense que 80% des préfets
15:19nommés en conseil des ministres,
15:20pour le parti 90,
15:21l'ont été sur validation
15:23du président de la République,
15:24sauf un que le Premier ministre
15:26ou le ministre de l'Intérieur
15:26voudraient nommer personnellement.
15:28Pour quelqu'un,
15:29on lui accorde le fait
15:30de nommer le préfet,
15:31mais c'est le président qui décide.
15:31En fait, c'est le président
15:32qui décide.
15:33Mais après, effectivement,
15:34tout passe en conseil des ministres,
15:35à ceci près que parfois,
15:37en période
15:38de politique plus complexe,
15:40par exemple,
15:40quand Bruno Retailleau
15:41a été ministre de l'Intérieur,
15:42il y avait des deals.
15:43C'est-à-dire qu'il y avait
15:44des présidents de la République
15:45qui disaient,
15:46moi je nomme un tel
15:46et Bruno Retailleau
15:48qui choisissait un autre poste.
15:50Parfois, en période
15:50de cohabitation
15:51ou de majorité pas très claire,
15:55il peut y avoir des deals
15:56sur des nominations
15:57puisque ça doit passer aussi
15:58en conseil des ministres
15:59avec des contre-signatures.
16:00Ou alors,
16:01des préfets qui sautent
16:02parce que pas assez docile.
16:03Précemment,
16:04le préfet du Pas-de-Calais,
16:05il y a un problème
16:05de manifestation,
16:06où le cortège présidentiel
16:07s'est fourvoyé
16:08et ils sont tombés
16:09sur des manifestations,
16:10ils ont dû faire marche arrière.
16:12Le préfet avait pourtant
16:13bien balisé
16:13le parcours
16:14que devait suivre
16:17le cortège présidentiel
16:18et hop,
16:18il a sauté,
16:19on l'a mis ailleurs.
16:20Et ça,
16:20c'est parce que l'Elysée
16:21a dit,
16:21je ne veux plus le voir.
16:21Et puis,
16:22c'est assez régulier
16:22qu'à chaque alternance,
16:23à l'élection
16:25d'un nouveau président
16:26de la République,
16:27le nouveau président
16:27de la République
16:28choisit de changer
16:28des préfets.
16:29Alors,
16:29il y a des préfets
16:30peut-être plus politisés
16:31que d'autres,
16:31dont on connaît
16:32les impointances
16:33avec certains partis.
16:34Bon,
16:34ça s'est joué entre croix.
16:35Ça s'est joué pendant 50 ans
16:37entre UDR,
16:38RPR
16:39et puis à partir de 1981,
16:40ceux qui étaient proches
16:41du PS.
16:42Et encore,
16:43on ne les change pas tous
16:43parce que le préfet aussi,
16:45il a capacité à évoluer
16:46dans son comportement.
16:47quand on est préfet,
16:48on n'a pas sa carte
16:49de parti politique
16:50dans la tête.
16:51Mais si on est trop marqué,
16:53effectivement,
16:53alors,
16:54ils ne sont pas limogés
16:55comme aux Etats-Unis
16:56où ils vont entrer au chômage,
16:57ils sont forcément recyclés,
16:59ils continuent à garder leur...
17:01Ça aussi,
17:01c'est quand même une aberration.
17:02Oui,
17:02ils peuvent être envoyés
17:03à un endroit
17:03pas du tout espéré.
17:05de la haute fonction publique,
17:06on retombe toujours
17:06sur ses pieds
17:07même si le poste
17:08n'est pas aussi prestigieux.
17:09Avec aussi,
17:11on a bien vu
17:12tout au long de la cinquième
17:13des critiques
17:14sur le...
17:16le...
17:16ben le...
17:17à l'époque de...
17:18Déjà à l'époque
17:19des gaullistes,
17:20on parlait...
17:20l'opposition critiquait
17:21l'Etat UDR.
17:23Quand les socialistes
17:24étaient au pouvoir,
17:25le RPR critiquait
17:25l'Etat PS.
17:26Après,
17:27le PS a critiqué
17:28l'Etat RPR.
17:29C'est très souvent arrivé
17:31qu'en fait,
17:33le président de la République,
17:34le pouvoir en place,
17:35veuille mettre
17:35l'Etat à sa main.
17:37Mickaël Moreau,
17:38compte tenu des pouvoirs
17:39que je me permets de dire
17:41que c'est attribué
17:41le Conseil constitutionnel,
17:43surtout depuis 1971
17:45ou avec l'accord du Parlement,
17:47le Conseil constitutionnel
17:48a introduit
17:49dans ses prérogatives
17:50le fait de pouvoir
17:50se référer
17:51à la Déclaration universelle
17:52des droits d'homme,
17:53ce qui lui donne
17:54un pouvoir
17:54de décider de tout
17:55sur tout.
17:56Donc,
17:57le rôle du président
17:57du Conseil constitutionnel,
17:59même s'il n'est qu'une voix
18:00sur neuf,
18:01est quand même aujourd'hui
18:02un rôle politique
18:04très, très...
18:04en tout cas,
18:05beaucoup plus important
18:05que ce qu'on a connu.
18:07Quand j'étais gamin,
18:08il y avait Roger Fray,
18:08bon,
18:09et puis ensuite...
18:09ça s'est politisé
18:10de plus en plus.
18:12Roland Dumas...
18:13Oui, ça a souvent été
18:14des proches quand même
18:15des présidents de...
18:16C'est la première fois
18:17que vraiment on mettait
18:18le copain.
18:20Jean-Louis Debré
18:21a été nommé
18:21en quelques jours
18:23de la lecture présidentielle
18:24de 2007.
18:25c'est le pote du pote
18:26qui est un homme politique
18:27tout à fait respectable
18:28et on en a sa mémoire.
18:30Mais enfin,
18:30nommé au Conseil constitutionnel,
18:32ça avait quand même interpellé
18:33Roland Dumas.
18:34Vous savez ce que disait Mitterrand ?
18:35Quand j'ai besoin
18:36de régler un problème de droit,
18:37je vais voir Badinter.
18:38Quand c'est le problème est tordu,
18:39je vais voir Roland Dumas.
18:40Donc la phrase était restée célèbre.
18:42Et là,
18:43on a Richard Ferrand
18:43qui, bon,
18:45aux yeux de la loi,
18:46c'est un citoyen
18:47qui a le droit
18:47de prétendre à ce poste
18:48malgré qu'il y ait eu
18:49un petit litige
18:50sur le Crédit Mutuel
18:51de Bretagne.
18:52C'est un personnage
18:52controversé.
18:53Et quand on sait
18:54le rôle du Conseil constitutionnel,
18:56mettre un homme si proche,
18:57un copain de cette nature
18:58à une institution
18:59qui peut défaire
19:01ou faire les lois,
19:01c'est quand même énorme.
19:03Vous trouvez pas ?
19:03Alors,
19:03du coup,
19:04c'est déjà arrivé
19:05par le passé.
19:07Il y a une différence
19:08quand même
19:08par rapport au...
19:09Oui, mais le Conseil constitutionnel
19:10n'avait pas autant de pouvoir
19:11qu'il a ouvert.
19:11Enfin,
19:12ou n'osait pas
19:13user de ce pouvoir.
19:14Avec quand même
19:15une différence,
19:15c'est que c'est l'un des postes
19:17qui passe devant le...
19:18qui nécessite une audition
19:19devant le Parlement.
19:20Ce qui n'est pas le cas,
19:21par exemple,
19:21du patron de la Cour des comptes.
19:23C'est vrai.
19:23Ni du Conseil d'État.
19:25Et pour Richard Ferrand,
19:27c'est passé RICRAC.
19:28C'est-à-dire...
19:28Le RN s'est abstenu.
19:29Le RN s'est abstenu.
19:30Donc la validée.
19:30Aurait pu s'y opposer.
19:31Donc la validée.
19:31Aurait pu s'y opposer, oui.
19:33Et c'est passé
19:34qu'à une seule voix près.
19:35Qu'à une seule voix près.
19:37D'ailleurs,
19:38Emmanuel Macron
19:38et Richard Ferrand
19:39ne s'y attendaient absolument pas
19:40que ce soit aussi serré.
19:41Ils ont cru en...
19:42Oui, bien sûr, bien sûr.
19:43Ils ont même cru à un moment donné
19:44que ça serait peut-être perdu
19:45parce que c'était pas sûr.
19:47Il aurait fallu
19:48un autre profil
19:49moins politique.
19:50Et au final,
19:51au final,
19:51au final,
19:52c'est passé.
19:53Il y a eu des présidents retoqués,
19:54des candidats à la présidence ?
19:55Non, en fait,
19:56Celui qui est le plus proche,
19:58c'est Ferrand,
19:58qui a failli...
20:00En fait,
20:00c'est depuis 2008
20:01qu'il y a des validations
20:02que des commissions parlementaires
20:05peuvent s'opposer
20:05à des nominations,
20:06à certaines nominations
20:07de l'article 13.
20:10Mais les...
20:11En fait,
20:11c'est très très difficile.
20:13un vote contre
20:14au 3-5ème
20:15des commissions,
20:16c'est quasi impossible.
20:18C'est arrivé qu'une seule fois
20:19depuis 2008.
20:20C'est arrivé qu'une seule fois.
20:21C'était Emmanuel Macron
20:23qui voulait nommer
20:23le patron de l'ADEME,
20:25l'Agence pour le développement durable,
20:27qui était Boris Ravignon,
20:28le maire de Charleville-Mézières.
20:30Et c'était...
20:31Il a été aussi retoqué
20:31pour des raisons
20:32dont on pense aussi
20:33politique-politicienne,
20:34puisque c'était un ancien LR
20:36qui n'avait pas soutenu
20:36Valérie Pécresse,
20:38mais Emmanuel Macron en 2022.
20:41Et c'était quelques jours
20:42après un 49-3 sur les retraites
20:44qui avait été très très mal vécu
20:45par les parlementaires,
20:46y compris dans le camp macroniste.
20:47Ça s'est passé
20:48en avril 2023.
20:50C'est la seule fois
20:51que c'est arrivé.
20:53C'est dire à quel point
20:54c'est quasi impossible.
20:56C'est très très difficile,
20:57en tout cas,
20:57pour les commissions parlementaires
20:58de s'y opposer.
20:59se conformer.
21:00Je reçois Mickaël Moreau,
21:01auteur de Sa Majesté Nomme,
21:03le titre dit tout,
21:04Le Fait du Prince.
21:05Nous sommes sur Sud Radio.
21:06Appelez-nous au 0826 300 300.
21:09Emmanuel Galasso
21:10attend votre appel
21:11parce que je sais bien
21:12que vous avez des questions
21:13à poser.
21:14Je sais bien que tout ça
21:15vous titille,
21:16vous chagrine,
21:16vous agace,
21:17vous énerve
21:17et que ces nominations
21:18du Fait du Prince,
21:20c'est quelque chose
21:20qui n'est pas forcément conforme
21:22à l'idée que vous vous faites
21:23de la République,
21:24de la Ve République en particulier
21:26et peut-être même
21:27de la démocratie française.
21:28On attend votre appel
21:30sur Sud Radio.
21:31A tout de suite
21:31et moi,
21:31je suis avec Emmanuel Moreau.
21:34Midi 14h,
21:36Sud Radio,
21:37la France dans tous ses états,
21:39Péricault et Gasse.
21:40Je reçois Mickaël Moreau,
21:42auteur de Sa Majesté Nomme,
21:43comment le président de la République
21:44peut nommer
21:45qui bon lui semble
21:46quand il le veut
21:47aux postes
21:48qui sont ceux
21:49où il a un pouvoir
21:50de décision
21:50et comment si au début
21:52c'était fait uniquement
21:53en fonction de la légitimité
21:55et des compétences
21:55du personnage
21:57au fur et à mesure
21:58que cette République
22:00a avancé.
22:00Ça a été le fait du prince
22:01et on a fini par nommer
22:02des proches,
22:03des alliés,
22:04des copains
22:05et plus que ça éventuellement.
22:07Appelez-nous
22:08au 0826 300 300.
22:10Emmanuel Galastro
22:11attend votre appel.
22:12Je suis sûr
22:12que vous avez un ami
22:13sur la question.
22:14Vous pouvez peut-être
22:15d'ailleurs trouver ça
22:16très bien
22:16que M. Emmanuel Macron
22:18ait nommé Amélie de Montchannin
22:19à la Cour des comptes.
22:20Il y a des gens
22:21qui disent
22:21mais pourquoi la contester ?
22:22C'est quelqu'un
22:22de très compétent
22:23en termes économiques
22:24et puis vous pouvez trouver
22:25que c'est un petit peu
22:26mal placé
22:26par rapport au lien
22:27qu'elle a joué
22:29à côté du président
22:30de la République.
22:31Du temps du général
22:32de Gaulle,
22:32on l'a évoqué tout à l'heure,
22:34on est nommé
22:35parce qu'on est évidemment
22:36dans la famille politique
22:38du président de la République.
22:39Le général de Gaulle
22:40a nommé des proches
22:40au grand poste.
22:42Mais on est quand même
22:42nommé parce qu'on a
22:43une compétence avérée.
22:45En tout cas,
22:45il a nommé quand même
22:46aussi quelques proches.
22:47Après,
22:49il...
22:49Vous avez un exemple
22:50en tête ou non ?
22:51Même à la tête
22:52de toutes les grandes institutions,
22:57c'était quand même
22:58des proches.
22:59Mais après,
23:01c'était une époque aussi
23:02où les ministères
23:02pouvaient jouer,
23:05avoir un rôle
23:06plus important
23:07dans les nominations
23:08sur lesquelles,
23:09sur les postes
23:10pas moins importants,
23:11moins en vue,
23:12le général de Gaulle
23:13déléguait.
23:16Malheureux,
23:17la culture
23:17était nommée
23:18en tant que ministre,
23:18il nommait aussi
23:19des gens...
23:21Mais avec l'aval
23:22et la bénédiction
23:23du général de Gaulle,
23:24bien entendu,
23:25ou de Georges Pompidou.
23:26On est quand même
23:27dans une logique
23:28d'on est au service
23:29de l'État.
23:29Oui,
23:31même s'il y avait aussi
23:32des critiques déjà
23:33de l'opposition,
23:33quand même,
23:34qui critiquaient
23:35l'État UDR,
23:37par exemple,
23:38avec tous les hauts fonctionnaires
23:42qui étaient gaullistes.
23:45En fait,
23:46c'était Servan Schreiber
23:47du Parti Radical
23:48qui avait imaginé
23:50cette expression
23:50de l'État UDR
23:51qu'on a retrouvée ensuite.
23:53C'est lui qui avait inventé
23:53la formule
23:54de l'État UDR.
23:56Après,
23:56on a eu l'État UDF
23:57ou l'État Giscardien.
23:59Valéry Giscard d'Estaing,
24:00quand il arrive en 1974,
24:02quand il est élu,
24:04déjà,
24:06les nominations font parler
24:08puisqu'il écarte finalement
24:09des gaullistes.
24:11C'est une page
24:11qui se tourne
24:12à cette époque-là.
24:13les nominations,
24:15notamment des hauts fonctionnaires,
24:16font déjà parler
24:17et puis arrive 1981
24:19avec l'alternance
24:20où les patrons
24:22d'entreprises publiques
24:22sont beaucoup changés.
24:26Il faut nommer aussi
24:27tous les patrons
24:28à la tête des entreprises
24:29nationalisées,
24:30y compris les banques.
24:31Et parfois,
24:32on a trouvé
24:33des proches du PS
24:34et des proches
24:35du président de la République.
24:36Dans ce cas-là,
24:37Michael Emeroux,
24:37vous convenez
24:38que s'il y a un changement
24:39dans la majorité,
24:40c'est un peu normal
24:40qu'on mette des alliés
24:41ou des gens
24:42qui ne vont pas mettre
24:42des entraves
24:43dans votre nouvelle politique.
24:44Le problème
24:45est toujours de savoir
24:46est-ce que ces personnes
24:47sont compétentes
24:48et sont légitimes
24:49à ce poste ?
24:51Par exemple,
24:51Emmanuel Macron,
24:52il assume une part
24:54de ce polysystème
24:55de quand il est arrivé
24:56en 2017.
24:57Même,
24:57il faisait quelque chose
24:57que ne faisaient pas
24:59ses prédécesseurs,
25:00c'est que pour les directeurs
25:01d'administration centrale,
25:02il les recevait
25:03avant de les nommer.
25:04C'était une façon
25:05de les adouber,
25:07de leur donner
25:07même une feuille de route.
25:08Vous dépendez bien de moi.
25:10D'être sûr
25:11qu'il soit en phase
25:11avec la politique
25:12pour laquelle
25:13il avait été élu.
25:13C'est ça.
25:14Il vérifiait d'abord
25:15leur ligne
25:15et ensuite,
25:16il leur disait
25:16n'oubliez pas
25:17que c'est moi
25:17qui étais fait roi.
25:18C'est une forme
25:19finalement de spoil-système
25:21qui ne dit pas son nom.
25:23Il y a des postes
25:26pour lesquels
25:27de haute administration
25:29pour lesquels aussi
25:30on peut se dire
25:34qu'effectivement
25:34il faut des hauts fonctionnaires
25:36qui vont devoir
25:37appliquer une politique
25:38et il vaut mieux
25:38qu'ils soient en phase
25:39avec la politique
25:42de l'exécutif en place.
25:44C'est clair.
25:45On disait en rentaine
25:47Michael Moreau
25:48qu'autant les deux premiers
25:49présidents
25:50de Gaulle et Pompidou
25:51étaient habités
25:52par un patriotisme
25:53j'allais dire
25:54par une conscience
25:55de la nation
25:55qui fait que
25:56s'ils nommaient
25:57des alliés politiques
25:57c'était quand même
25:58parce que ces gens
25:59avaient une légitimité
25:59et qu'à partir de Giscard
26:01plus encore avec
26:02Mitterrand et Chirac
26:02et alors là
26:03ça va de plus en plus fort
26:05on nomme
26:06au fait du prince
26:06en fonction d'une affinité
26:08d'une sympathie
26:08ou d'une amitié.
26:09Alors ça peut arriver
26:10même si encore une fois
26:11nommer approche
26:13c'est pas forcément
26:13nommer quelqu'un
26:14d'incompétent.
26:15Non mais on est bien d'accord
26:16et heureusement
26:16et heureusement
26:17il y a eu beaucoup d'amis
26:18qui étaient des gens
26:19extrêmement compétents.
26:20Mais il y a plein d'exemples
26:21de nominations
26:22même y compris
26:23dans des organismes
26:24des institutions indépendantes
26:26ou des nominations
26:30qui ont fait parler
26:31et qui ont fait polémiques.
26:32En 89
26:33on a beaucoup parlé
26:34de François Mitterrand
26:34qui nomme
26:35Georgette Lemaire
26:36la chanteuse
26:36qui est en détresse financière
26:38il faut lui trouver quelque chose
26:39et du coup
26:39on la nomme au conseil économique
26:41et social
26:41pour lui trouver un salaire.
26:43Mais elle donne
26:44des interviews à l'époque
26:46dans les interviews
26:47elle dit elle-même
26:48qu'elle ne sait pas
26:48ce que c'est
26:49que le conseil économique
26:49et social
26:50et elle va devoir
26:51y siéger
26:52et y travailler
26:54contre un salaire.
26:55François Mitterrand
26:56est le premier président
26:57de la République
26:58qui commence un petit peu
26:59à abuser
27:00de cette prérogative.
27:01Alors François Mitterrand
27:02il étend son pouvoir
27:03et puis il y a aussi
27:04le fait que c'est
27:05de l'alternance
27:06c'est-à-dire qu'il veut
27:09une administration
27:10qui ne soit pas suspect
27:13de vouloir faire l'inverse
27:14de sa politique.
27:15Pour vous dire qu'en 81
27:16on a un peu nettoyé
27:17les écuries d'Ogiat
27:18si je puis dire ainsi
27:19là où c'était possible.
27:20Voilà une partie
27:21de la haute.
27:22Quand une nouvelle majorité arrive
27:23elle n'a pas envie
27:23d'avoir l'équipe précédente
27:25qui est aux manettes
27:25et qui pourrait mettre
27:26des bâtons dans les roues
27:27mais ils ne se sont pas privés
27:28ça c'est clair.
27:29Oui avec le cas
27:30en plus de
27:31avec le cas aussi
27:31de toutes les entreprises
27:32publiques
27:32y compris toutes les entreprises
27:34à nationaliser.
27:35Alors l'audiovisuel
27:36on va en parler énormément
27:37bien sûr
27:38et comme que ça
27:38non mais continuez
27:39sur Mitterrand
27:40il nomme des postes
27:41aux administratives.
27:42Parce qu'il y a par exemple
27:43dans les banques
27:45par exemple
27:45qui ont été nationalisés
27:46il y a eu des nominations
27:47de proches
27:48de personnes
27:48qui n'avaient pas forcément
27:51la capacité
27:52de ce poste-là.
27:54BNP
27:54Société Générale
27:55Crédit Lyonnais
27:56on se souvient
27:57de M. Abrère
27:59Perlevade
28:00il n'y a pas eu
28:00que des gens
28:01qui n'étaient pas
28:02mais il y a eu
28:03notamment
28:03beaucoup de petites banques
28:05nationalisées
28:06et sur lesquelles
28:07il y a eu
28:07des proches
28:09qui n'étaient pas
28:11qui normalement
28:12n'auraient pas été nommés
28:13et c'est des personnalités
28:15de l'entourage
28:15de François Mitterrand
28:16qui me l'ont dit
28:18ou de Jacques Delors
28:18de l'époque.
28:19François Mitterrand
28:20lui ne se gêne pas
28:22on dirait d'ailleurs
28:23qu'il estime ça
28:23tout à fait normal
28:24qu'il nomme des gens
28:25proches de lui
28:26pour lesquels
28:26il a des estimes
28:27à des postes de prestige.
28:28Je me souviens
28:29à l'époque
28:30vous vous souvenez
28:30Gilles Martinet
28:31qui était un des responsables
28:32de l'observateur
28:33se retrouve à l'une
28:34des plus prestigieuses
28:35ambassades de France
28:36qu'est celle de Rome
28:38dans les murs
28:39du palais Farnese
28:40c'était extraordinaire
28:41lui-même
28:41il avait demandé ça
28:43comme une faveur
28:43et on lui accorde
28:44comme si le souverain
28:46comme si le roi
28:46avait accordé
28:47cette prébande.
28:48Ce sont des pratiques
28:49là Gilles Martinet
28:51vous avez d'autres cas
28:51sur Mitterrand ?
28:52Par exemple sur François Mitterrand
28:53il y a eu
28:54un de ses amis médecins
28:55qui a été nommé
28:57à plusieurs postes d'ambassadeur
28:58alors que je disais
28:59tout à l'heure
28:59il n'avait aucune expérience
29:01dans la diplomatie
29:03et d'ailleurs
29:04il y avait
29:04une forme de blague
29:06qui circulait
29:07au sein du quai d'Orsay
29:07si on veut nommer des nuls
29:08on a tout ce qu'il faut ici
29:09c'était une blague
29:11c'était la phrase
29:12voilà
29:13c'est cette phrase là
29:14est-ce que c'est peut-être
29:16Hubert Védrine
29:16qui l'aurait dite
29:17on a...
29:18non c'est Hubert Védrine
29:18qui me l'a raconté
29:21qui vous l'a raconté
29:22il n'en est pas l'autre
29:23et puis c'est vraiment
29:24c'est une blague évidemment
29:25mais ça racontait
29:27ça racontait quelque chose
29:28c'est une phrase
29:29qu'on peut appliquer
29:30à tous les ministères
29:30et à toutes les institutions
29:31il y a toujours
29:32un foyer de nuls
29:33disponible
29:33pour pouvoir les nommer
29:35c'est le lot d'ailleurs
29:36de l'administration française
29:37et sur la diplomatie
29:38d'ailleurs dans les ambassades
29:39sur le cas des ambassadeurs
29:42François Mitterrand
29:43aussi avait décidé
29:45de nommer
29:46sur certains postes
29:47des personnes
29:47qui n'étaient pas
29:48ambassadeurs d'origine
29:49mais fiables
29:50mais fiables
29:51mais voilà
29:52mais fiables
29:53Jacques Chirac
29:54là aussi on ne se prive pas
29:55de nommer des copains
29:56et des copines
29:57à des postes clés
29:58oui bien sûr
29:59bien sûr
30:00il y a eu aussi même
30:01des...
30:02alors parfois
30:03il y a des
30:03il y a des personnes
30:04qui ne sont pas forcément
30:07proches à la base
30:07mais qui provoquent
30:08qui provoquent
30:09des grandes batailles
30:10par exemple
30:11il y a eu une bataille
30:12très importante
30:13autour de EDF
30:14en 2004
30:17Jacques Chirac
30:18voulait renouveler
30:18François Rousseli
30:19dont il n'était pas proche
30:21à la base
30:21mais dont il était
30:22devenu proche
30:23de François Rousseli
30:25et il s'est passé
30:27quelque chose
30:27d'assez inédit
30:28c'est que Jean-Pierre Raffarin
30:29qui était premier ministre
30:30à l'époque
30:30s'y est opposé
30:32mais très très fortement
30:33au point
30:34disent plusieurs témoins
30:35de mettre
30:36même sa démission
30:37dans la balance
30:38et finalement
30:41Jean-Pierre Raffarin
30:42a eu la tête
30:43de François Rousseli
30:45mais il y a eu
30:47des proches aussi
30:48évidemment
30:49que Jacques Chirac
30:50a nommé
30:50il y a eu par exemple
30:51je cite aussi
30:52le cas des renseignements
30:53alors les renseignements
30:53il faut évidemment
30:54que les patrons du renseignement
30:55soient proches
30:56du chef de l'État
30:58il vaut mieux
30:58et au début
31:00des années 2000
31:02Jacques Chirac
31:02qui se méfiait
31:03beaucoup des services
31:04d'espionnage
31:05des mauvais coups
31:06de services
31:07d'espionnage
31:10avait décidé
31:10de nommer
31:11des proches
31:11des collaborateurs
31:12qui se sont
31:14ensuite avérés
31:14des grands patrons
31:15du renseignement
31:16mais qui à l'époque
31:17n'avaient pas cette expérience-là
31:18et qui ont alerté
31:19eux-mêmes
31:21Jacques Chirac
31:21en disant
31:22mais on y connaît
31:23je n'y connais pas grand-chose
31:24en termes de renseignement
31:25et Jacques Chirac
31:25leur a répondu
31:26mais c'est pour ça
31:26que je vous nomme
31:27c'est-à-dire que pour lui
31:29le critère de proximité
31:30devait être
31:31avant tout essentiel
31:33sur un poste
31:34comme celui-là
31:34alors est-ce qu'on a pu
31:36avoir aussi le cas
31:37en homme
31:38pour ne pas se débarrasser
31:39mais neutraliser
31:40on faisait tout à l'heure
31:41allusion à Philippe Séguin
31:42on sait que Jacques Chirac
31:43le nomme à cet poste
31:44précigieux
31:45de président de la Cour des Comptes
31:46en 2010
31:48non pardon
31:49il part en 2010
31:49mais il est nommé
31:52juste avant
31:53et tant qu'il est présent
31:54à la Cour des Comptes
31:55il ne pourra pas
31:55prendre de position
31:57contraire aux orientations
31:58alors qu'on sait
31:58qu'il y avait une grosse
31:59grosse divergence
32:00sur l'Europe
32:01sur la France
32:03sur la politique intérieure
32:04entre Philippe Séguin
32:05et Jacques Chirac
32:06et il le nomme
32:07à la Cour des Comptes
32:08la neutralisation
32:09le président de la Cour des Comptes
32:09ne peut pas prendre
32:10de position politique
32:11politicienne
32:11et puis on commençait
32:12à rentrer vers la fin
32:14de l'ère Chirac
32:15où il fallait aussi
32:17où il y a eu
32:18et c'était très avéré
32:19aussi
32:20des nominations
32:20de ne pas seulement
32:22de grandes personnalités
32:23de ce calibre-là
32:25mais aussi
32:25des conseillers
32:26qui ont été
32:27qui ont été remerciés
32:29avec des
32:30qui avaient donné
32:31beaucoup
32:31en fait
32:32à Jacques Chirac
32:33et qu'il fallait
32:35remercier
32:36et dont il fallait
32:36aussi s'assurer
32:37la poursuite
32:38de leur carrière
32:39la suite de leur carrière
32:40en épluchant bien
32:41votre bouquin
32:41j'ai pas trouvé
32:42de maîtresse
32:43nommée
32:43alors il y a peut-être
32:44des choses
32:44qu'on ne sait pas
32:45ça n'est jamais allé
32:46jusque là
32:47des amis proches
32:48oui
32:48mais des intimes
32:50dans l'intimité
32:52des intimes
32:53ça peut arriver
32:53après je ne suis pas rentré
32:56dans les chambres
32:57à cacher
32:57je ne parle pas de maîtresse
32:58du tout
32:58mais là c'est un lien
32:59c'est vraiment
33:00un geste humain
33:01effectivement
33:02elle n'est pas compétente
33:03il la nomme
33:04quel irrespect
33:04pour l'institution
33:05en question
33:06en disant
33:06je vais mettre
33:07Jeannette Vermeer
33:07qui est quelqu'un
33:08d'une accordioniste
33:10formidable
33:11au conseil économique
33:12et social
33:12oui
33:13Jean-Jet Lemaire
33:13oui oui
33:14pardon
33:14Jean-Jet Lemaire
33:15je dis
33:15je suis confondu
33:17avec
33:17à l'époque
33:18alors sachant
33:19que c'était vraiment
33:19c'était un geste
33:20elle avait fait
33:21elle avait fait
33:22quelques médias
33:23elle avait envoyé
33:23une lettre au président
33:24de la république
33:24pour dire qu'elle était
33:25en détresse financière
33:26je se souviens
33:27à l'époque
33:27le conseil économique
33:29et social
33:29aussi nommait régulièrement
33:30des personnalités
33:32aussi du monde
33:32de la culture
33:33et du coup
33:35lui avait trouvé
33:35ce poste là
33:36après ce qui faisait parler
33:37c'est qu'elle a accepté
33:39aussi de faire
33:39des reportages
33:40ou des interviews
33:41dans lesquelles
33:41elle disait
33:42qu'elle ne connaissait pas
33:45même le conseil
33:45économique et social
33:46et qu'elle était
33:47vraiment nommée
33:47pour le coup
33:48pour avoir un salaire
33:49je suis avec
33:51Mickaël Moreau
33:52nous décryptons
33:53progressivement
33:54le différent comportement
33:55des présidents
33:56de la république française
33:57à l'heure
33:57de nommer
33:58des amis
33:59ou des copains
34:00ou des proches
34:00à des postes essentiels
34:01de la république
34:03appelez-nous
34:03au 0 826 300 300
34:06je vais prendre Marc
34:08dès qu'on aura
34:09passé cette petite pause
34:11je prendrai Marc
34:11qui nous appelle
34:12de Mézi
34:12qui a des questions
34:12à poser à Mickaël
34:14à tout de suite
34:21je reçois Mickaël Moreau
34:23auteur de
34:23Sa Majesté Nomme
34:24vous avez compris
34:25qu'il s'agit
34:25de la façon
34:26dont le président
34:27de la république
34:27nomme
34:28ou quelquefois
34:29d'ailleurs évoque
34:30des hauts dignitaires
34:31de l'état
34:32en fonction
34:32de leur faciès
34:34des sympathies
34:35qu'ils leur portent
34:36ou des affinités
34:37qu'ils ont ensemble
34:38nous avons Marc
34:39qui nous appelle
34:40de Béziers
34:42Marc
34:42vous trouvez normal
34:43que le président
34:43de la république
34:44puisse nommer
34:44certains postes
34:45comme ça
34:45à sa guise
34:46sans consulter
34:46personne
34:48oui bonjour
34:49Périgaud
34:50bonjour
34:50bonjour
34:51alors
34:54je ne sais pas
34:55si c'est normal
34:56qu'il
34:57ça résonne non
34:58non non
34:59vous entendrez bien
34:59allez-y Marc
35:00allez-y
35:01parlez tranquillement
35:02je me demandais
35:03si
35:03alors je ne sais pas
35:04si c'est normal
35:05qu'il nomme ou pas
35:05tout ce que je sais
35:06c'est que
35:07Charles de Gaulle
35:08avait fait une constitution
35:11sur mesure
35:12par rapport à sa personnalité
35:13et la question
35:14je me pose en permanence
35:15j'aurais pu poser
35:16un constitutionnaliste
35:17ou un historien
35:19c'est comment
35:20Charles de Gaulle
35:21qui connaissait tant
35:22la population française
35:23le peuple français
35:24a pu imaginer
35:25que tous ses successeurs
35:27seraient à son image
35:28aussi rigoureux
35:29scrupuleux
35:29et avec l'intérêt
35:31du pays
35:33et de la collectivité
35:35d'une part
35:35et puis l'autre question
35:37si vous permettez
35:38Périgaud
35:38je vous en prie
35:40l'autre question
35:41c'était
35:41étant donné
35:42qu'on a des politiques
35:43qui n'ont plus
35:44l'envergure
35:45des anciens politiciens
35:47et qui ont créé
35:49beaucoup de structures
35:50on parle de
35:50de la défense
35:52on parle de
35:53de tous les outils
35:54dont la république dispose
35:56vu qu'on a
35:58des politiques
35:58maintenant sous-dimensionnées
36:00est-ce que
36:01justement
36:02ces outils
36:02ne sont pas
36:03sur-dimensionnés
36:03par rapport
36:04à la capacité
36:05de nos politiques
36:06à gérer ça
36:07et du coup
36:08ça fait la part belle
36:09c'est aux fonctionnaires
36:10qui sont très compétents
36:12mais qui finalement
36:13comme ils n'ont pas
36:13de vis-à-vis politique
36:14et bien
36:15ça devient l'état profond
36:16il faut la politique
36:17à la place du politique
36:18on a bien compris Marc
36:19donc Mickaël Moreau
36:20Marc vous demande
36:21si quand le général de Gaulle
36:23avec Debré
36:23et Jean Foyer
36:24ont fait la constitution
36:25cet article 13
36:26est-ce qu'il a pensé
36:27qu'après lui
36:28ça serait peut-être pas
36:29que ça serait peut-être
36:29pas des gens aussi rigoureux
36:31et avec le sens
36:32de l'état
36:33et la neutralité
36:33qui allait avoir
36:34ce levier
36:35de l'article 13
36:36qui permet au président
36:37de la république
36:37de nommer des personnes
36:38de son choix
36:39à des postes
36:40souvent très importants
36:41en tout cas
36:41le général de Gaulle
36:42a laissé
36:42je disais tout à l'heure
36:43un outil aussi
36:45à ses successeurs
36:46c'est que dès le début
36:48en plus de la constitution
36:51il est fait une ordonnance
36:53le 28 novembre 1958
36:55qui très clairement
36:56encore plus clairement
36:57que le dit la constitution
36:58même beaucoup plus clairement
36:59dit que sur les nominations
37:01c'est le président de la république
37:02qui est à la main
37:03plutôt que le premier ministre
37:05donc dès le début quand même
37:07il était imaginé
37:08que c'est le président de la république
37:10que le régime
37:11était présidentiel
37:12donc il y tenait
37:13il tenait à cette nuance
37:14il y tenait beaucoup
37:16oui mais se doutant
37:17et Marc a raison de dire
37:18il se doutait bien
37:19qu'après lui
37:19tout le monde
37:20n'allait pas être
37:21cet auteur
37:21de vertu
37:22et de moralité politique
37:23est-ce que
37:25Michael Moreau
37:25l'article 13
37:27en gros
37:28reste quand même
37:29l'outil de la méritocratie
37:30alors
37:32ne donnez pas un pourcentage
37:35voyez à oui
37:36et oui à 60%
37:3770%
37:37à chaque élection
37:41d'un nouveau président
37:42de la république
37:42c'est le nouveau défi
37:43c'est comment
37:44renouveler
37:45la haute administration
37:46qui se renouvelle
37:48finalement
37:48assez peu
37:49et comment nommer
37:50des personnalités
37:51nouvelles
37:52ce qu'on appelle
37:53comment renouveler
37:54ce qu'on appelle
37:55à l'Elysée
37:56le vivier
37:58Emmanuel Macron
37:59a essayé
38:00de casser
38:01les concords de l'Etat
38:02alors même
38:02qu'il en est issu
38:04pourquoi à votre avis
38:05il a voulu
38:05pour s'en émanciper
38:07justement
38:07ou pour pouvoir
38:08avoir les coudées
38:09plus franches
38:10oui
38:10pour pouvoir aussi
38:12avoir des nominations
38:14plus
38:15moins attendues
38:16plus originales
38:17il aime
38:18par exemple
38:18dans la culture
38:19des profils
38:20plus
38:20il y a eu des profils
38:21aussi internationaux
38:22comme Alexandre Darnèf
38:24à l'Opéra de Paris
38:26il n'y a pas que des loupés
38:27on est d'accord
38:28il n'y a pas que des loupés
38:29non
38:29pas du tout
38:30même
38:30il n'y a pas que des loupés
38:32on sait qu'il a aussi
38:33cassé
38:34les chasse gardées
38:35par exemple
38:36du conseil d'Etat
38:37notamment
38:37il y avait
38:38dans la culture
38:38parce que je parlais de la culture
38:39dans la culture
38:40il y avait beaucoup de postes
38:41il y en a toujours quand même
38:42mais des postes réservés
38:44par tradition
38:44alors que rien ne le précise
38:46dans les textes
38:47à des conseillers d'Etat
38:48il a essayé
38:49de casser
38:50ce genre de choses
38:51la difficulté
38:52pour un président de la république
38:53c'est de renouveler
38:54ce qu'on appelle
38:55le vivier
38:55et d'avoir
38:58d'avoir une relève
39:00différente
39:00d'avoir des visages nouveaux
39:02parce que la haute administration
39:03encore une fois
39:03elle se renouvelle
39:04assez peu finalement
39:05Michael Moreau
39:06on a plusieurs fois cité
39:07le mot de conseil d'Etat
39:08rappelons brièvement
39:10c'est une institution
39:11c'est le tribunal
39:12de l'administration
39:13c'est pas des juges
39:14mais c'est l'organisme
39:15qui valide
39:16ou pas
39:17les décisions administratives
39:18les arrêtés
39:18les décrets
39:19exactement
39:20il y a deux
39:20il y a deux missions principales
39:22pour le conseil d'Etat
39:23dont on va choisir bientôt
39:24le nouveau patron
39:25c'est au mois de mai
39:26donc ce sera très important
39:27il y a un rôle de conseil
39:29du gouvernement
39:29sur l'élaboration
39:31de la loi
39:31et ensuite il y a un rôle
39:32de c'est le plus haut juge
39:35administratif
39:35en France
39:36pour juger
39:38les litiges
39:39administratifs
39:40et là le gouverneur
39:41de la banque de France
39:41a démissionné
39:42bien avant la fin de son mandat
39:44pour laisser au président
39:44de la république
39:45ses cousues de fil blanc
39:46la possibilité de nommer
39:47en juin
39:48en juin
39:49la personne
39:50que bon lui semblera
39:51oui c'est un peu
39:52qui n'amovible
39:53voilà François de Villeroy
39:54de Gallo
39:55devait partir après
39:56la présidentielle
39:56finalement il part avant
39:57donc c'est Emmanuel Macron
39:58qui va choisir
39:59son successeur
40:00ou ses successeuses
40:00on contourne un petit peu
40:02le suffrage universel
40:03parce qu'on pourrait se dire
40:04au prochain président de la république
40:06nommé
40:06qui sera élu en 2027
40:08de décider quand même
40:09avec qui il va avoir
40:10autour de lui
40:11il mettra des postes clés
40:12et là on dit
40:13je verrouille avant
40:14tu peux prendre le poste
40:16mais je te préviens
40:17j'aurais verrouillé
40:17ça, ça, ça et ça
40:18et ça
40:18c'est pas très démocratique
40:20vous êtes d'accord
40:20c'est fait en accord
40:22avec la constitution
40:22finalement
40:23il n'y a rien
40:23qui est bien
40:24mais avec par exemple
40:27un précédent
40:27qui est intéressant
40:28à regarder
40:28qui est 2012
40:30on est en pleine
40:31campagne présidentielle
40:33Nicolas Sarkozy
40:34qui est en campagne
40:35veut nommer
40:36un poste inamovible
40:37également
40:37un poste très important
40:38le patron de la caisse
40:39des dépôts
40:40qui a un autre bras armé
40:41de l'état
40:41bien sûr
40:41caisse des dépôts
40:42de consignation
40:43et il veut nommer
40:44son secrétaire général
40:45de l'Elysée
40:45Xavier Muscat à l'époque
40:46oui Xavier Muscat
40:47ça fait polémique
40:48en pleine campagne présidentielle
40:50je me souviens
40:50et résultat
40:53en février 2012
40:56Nicolas Sarkozy
40:57décide de geler
40:58cette nomination
40:59en accord
41:00avec Xavier Muscat
41:01il n'a fait pas
41:02et il décide même
41:03il annonce même
41:03qu'il gèle
41:04toutes les nominations
41:05à des hauts postes
41:07toutes les nominations
41:08qu'il devait décider
41:10en tant que président
41:11de la République
41:11le temps de la campagne
41:12présidentielle
41:13pour que
41:14ces nominations
41:15ne lient pas
41:16la personne
41:16qui serait élu
41:17ou réélu
41:18en 2012
41:19alors Nicolas Sarkozy
41:20qui sera le président
41:21de la République
41:22nous sommes journalistes
41:23vous êtes un grand journaliste
41:25Michael Moreau
41:25vous avez vécu
41:26beaucoup de périodes
41:27du journalisme en France
41:28Nicolas Sarkozy
41:29décide
41:30si ça sera le président
41:30de la République
41:31alors là
41:31c'est pour clarifier les choses
41:32c'est moi qui nomme
41:33les patrons de l'audiovisuel
41:35arrêtons les cimes
41:36avec les hautes autorités
41:37les CSA
41:38tout ça
41:38je le nomme
41:39comment ça se passe
41:40depuis finalement ?
41:42maintenant c'est du coup
41:42c'est le
41:45François Hollande
41:45est revenu
41:46au système d'avant
41:46à savoir que c'est
41:48l'Arcom
41:50qui choisit
41:51mais pendant un certain temps
41:52c'est le président
41:52qui nomme le patron
41:54de l'audiovisuel
41:54sous Nicolas Sarkozy
41:55c'est ça
41:56alors que
41:57Nicolas Sarkozy
41:58en termes de nomination
41:59a quand même
41:59beaucoup innové
42:00c'est à dire que
42:01c'est lui qui met en place
42:02les procédures d'audition
42:03pour un certain nombre
42:04de postes
42:04c'est lui qui décide
42:06de nommer un opposant
42:07Didier Migaud
42:08à la tête de la Cour des Comptes
42:09en 2010
42:10ça ne se faisait pas
42:12ça ne se faisait pas avant
42:13même s'il a lui-même
42:15beaucoup nommé
42:15et beaucoup aimé nommé
42:17parfois aussi
42:18c'est clair
42:18sans trop consorter
42:20son gouvernement
42:21quand il nomme
42:23Henri Prodlio
42:24à la tête d'EDF
42:25ou quand il nomme
42:27Guillaume Pépi
42:28à la tête de la SNCF
42:29Guillaume Pépi
42:29le notement à la SNCF
42:31alors que François Fillon
42:31le Premier ministre
42:32avait annoncé à Anne-Marie Hydra
42:33qu'elle serait recondue
42:35il a fait aussi
42:37c'est lui qui a nommé
42:38à l'époque
42:38c'était contesté
42:39parce qu'elle était
42:40conseillère à l'Elysée
42:41Catherine Pégard
42:42à la tête de Versailles
42:44de la présidence
42:44du château de Versailles
42:45même si après
42:46Catherine Pégard
42:47a été très estimée
42:48sur ce poste
42:48mais à l'époque
42:51il l'avait vraiment
42:53choisi lui-même
42:53elle était conseillère
42:54à l'Elysée
42:55et à l'époque
42:55ça avait fait controverse
42:57aussi dans le milieu
42:58de la culture
42:58là il y a encore
42:59des postes à nommer
43:00avant la fin du mandat
43:02par exemple
43:03alors le plus important
43:04c'est le Conseil d'Etat
43:06donc la vice-présidence
43:07du Conseil d'Etat
43:08oui c'est ça
43:08à la tête d'une institution
43:10gardienne de l'Etat de droit
43:12là c'est la nomination
43:14in nominem
43:14c'est-à-dire le président
43:15de la République tout seul
43:16ou validation du Conseil des ministres
43:18de toute façon
43:18sur la plupart des postes
43:19il y a validation
43:20mais sur le Conseil d'Etat
43:21il n'y a pas de passage
43:23comme pour la Cour des comptes
43:24il n'y a pas d'audition
43:25devant le Parlement
43:25il n'y a pas d'audition
43:26devant le Parlement
43:26mais c'est quand même
43:27le gouvernement qui signe
43:28alors bon je pense pas
43:29c'est le président qui choisit
43:29oui je pense pas
43:30que Sébastien Lecornu
43:31s'oppose au choix
43:32d'Emmanuel Macron
43:33non c'est le président
43:33quoi qu'il arrive
43:34le patron du Conseil d'Etat
43:35c'est vraiment le président
43:36de la République qui choisit
43:37il y a un nom qui circule
43:39qui est Marc Guillaume
43:40le préfet d'Ile-de-France
43:42bien sûr
43:42mais on sait que
43:43Emmanuel Macron aime bien
43:44se dézinguer les favoris
43:46et aime bien faire des surprises
43:47à la dernière minute
43:48Amélie de Montchalin
43:48elle n'était pas du tout
43:50annoncée par exemple
43:51Marc Guillaume
43:52qui serait pas le plus illégitime
43:53là on peut dire
43:54un conseiller d'Etat
43:56qui était surtout secrétaire général
43:57du gouvernement
43:58bien sûr
43:59il connait très très bien
44:00le Conseil d'Etat
44:01et la matière juridique
44:02il était secrétaire général
44:03du gouvernement
44:04notamment pendant
44:04toute la période confinement
44:06un autre poste important
44:07auquel Emmanuel Macron
44:09après il y a des postes
44:09qui vont être très visibles
44:11quand même
44:12il y a des postes
44:12il y a défenseurs des droits
44:13il y a
44:15on attendait aussi
44:16évidemment des postes
44:17dans la culture
44:17comme le Louvre
44:18là ça vient de tomber
44:18mais il y a un certain nombre
44:19de postes
44:20est-ce qu'il va y avoir aussi
44:21cet été
44:21comme ça arrive souvent l'été
44:22des mouvements
44:23un grand mouvement de préfets
44:24qui va permettre
44:25ou pas de recaser
44:26des personnes aussi
44:29est-ce qu'il va y avoir aussi
44:30des changements d'ambassadeur
44:31avec la difficulté
44:32qu'un ambassadeur
44:33normalement
44:33c'est un représentant personnel
44:35en fait
44:35finalement un peu
44:36du président de la République
44:37donc c'est difficile
44:39de nommer à de telles postes
44:40juste avant la présidentielle
44:41on le saura très bientôt
44:42peut-être que votre livre
44:44Michael Moreau
44:44va peut-être influencer
44:45le président de la République
44:46merde il y a Michael Moreau
44:47qui a mis le doigt dessus
44:48je vais faire gaffe
44:48maintenant à ce que je fais
44:49parce que c'est sûr
44:50que vous avez attiré
44:51notre attention
44:51celle des médias
44:52et celle de l'opinion publique
44:53là les décisions régaliennes
44:55le fait du prince
44:55a pris des proportions
44:57jamais vues
44:57dans l'histoire
44:58de la cinquième République
44:59je rappelle le titre
45:00de votre ouvrage
45:01Sa Majesté Nomme
45:02ça veut tout dire
45:03aux éditions Robert Laffont
45:05par Michael Moreau
45:06que j'ai eu le bonheur
45:07et la joie
45:08de recevoir aujourd'hui
45:09j'espère qu'on aura l'occasion
45:10de se retrouver
45:10sur d'autres sujets
45:11Michael
45:11vous êtes un interlocuteur formidable
45:14je vous dis à demain
45:15et là je vous laisse en compagnie
45:17de la douce Brigitte Laé
45:18pour des sujets
45:19beaucoup plus apaisants
45:20merci Michael Moreau
45:21à bientôt
45:21merci beaucoup
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