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Avec Stéphane Linou, expert associé au laboratoire sécurité-défense du CNAM, auteur du livre « Résilience alimentaire et sécurité nationale »

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##ACTU_DU_JOUR-2026-02-25##

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Transcription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, Péricault-Légas, Maud Koffler.
00:08Bonjour Stéphane Linnou, je vous reçois parce qu'on s'est croisé hier sur le centre de l'agriculture
00:12et au déboté j'ai décidé de vous recevoir parce que vous proposez un thème, vous avez écrit un livre
00:19qui s'appelle Résilience Alimentaire et Sécurité Nationale.
00:23Est-ce qu'il y a un lien entre la résilience alimentaire et la sécurité nationale ?
00:27Déjà expliquez-nous quel est ce lien.
00:31Pour m'avoir invité pour évoquer le plus vieux sujet du monde
00:34qui est tout simplement le lien entre alimentation et sécurité
00:37que l'on a oublié depuis que nous avons le ventre plein depuis à peu près une soixantaine d'années.
00:41On ne pensait qu'à ça et on pense que se nourrir est une affaire réglée,
00:45que ça viendra toujours de quelque part,
00:47qu'au pire papa est à un plan concernant ce sujet si c'est un sujet
00:52et en fait de tout ça il n'y a rien.
00:54Donc dans mon ouvrage, dans mon livre enquête Résilience Alimentaire et Sécurité Nationale
00:58j'ai pris la température, c'était avant le Covid, dans le monde de la sécurité.
01:03Est-ce qu'on pense à la production alimentaire dans le monde de la sécurité et des risques ?
01:06Est-ce qu'on pense aux risques et à la sécurité dans le monde de la production alimentaire ?
01:11Et est-ce que dans le monde de la gouvernance on comprend la question ?
01:13Voilà, donc c'était mon scénario, c'était imaginons qu'il y ait une pandémie grippale
01:17qui bloque les chaînes d'approvisionnement.
01:19Donc ça c'était en 2008, lorsque j'avais lancé le mouvement Le Cavour,
01:22j'avais fait le pari de me nourrir que dans un rayon de 150 kilomètres pendant un an
01:26pour alerter sur notre degré de vulnérabilité par rapport aux approvisionnements.
01:30C'est devenu un enjeu aujourd'hui sociologique, économique et quasiment politique, le cavourisme.
01:34Ah, exactement, surtout politique, parce qu'on ne sait pas encore assez
01:37que 98% de ce qui remplit nos assiettes arrive par les camions venant d'autres régions et d'autres
01:44nations.
01:45Et dans le même temps, 97% de ce que nous produisons dans nos territoires
01:49arrivent également par les camions, et souvent pas les mêmes, venant d'autres régions et dans d'autres nations.
01:54Donc tout ça, ça tient lorsque ces perfusions alimentaires, lorsque ces flux tiennent.
01:58Mais si par exemple il y a une guerre hybride, une cyberattaque sur la chaîne logistique,
02:03on se tape dessus tout simplement parce que les supermarchés n'ont que même pas de joueur de stock sans
02:07panique,
02:08on ne produit quasiment plus notre nourriture à titre individuel, on ne la cuisine plus, on ne stocke plus,
02:13il n'y a pas de filet de sécurité alimentaire dans nos territoires,
02:16il n'y a pas de stock dans les collectivités locales, et pas non plus de stock alimentaire stratégique d
02:20'Etat.
02:21Et dans le même temps, on est devenu intolérant à la frustration,
02:25et on a oublié le truc de base qui nous a fait survivre pendant des millénaires,
02:30le biais, comme on dit en Occitan, le bonsals, de transformer les ressources en quelque chose d'utile.
02:36Donc vous mettez ce combo-là, une cyberattaque qui bloque les supermarchés,
02:40les chaînes d'info en continuent ou pas, qui disent que ça peut peut-être durer 10 jours,
02:44et vous avez des paniques, donc pour moi c'est une question de sécurité intérieure, d'ordre public,
02:49mais également de sécurité nationale.
02:51Donc la première norme alimentaire dont il faut s'assurer,
02:54ce n'est pas le nutritionnel, est-ce qu'il y a tel toxine ou autre, c'est un problème.
02:59Vous, c'est l'approvisionnement, on peut aujourd'hui se trouver en carence alimentaire,
03:04parce qu'il y aura eu une configuration politique ou géopolitique,
03:07qui ferait qu'on n'aura pas de quoi nourrir dans les grandes surfaces,
03:10on ne trouverait pas de matière première.
03:11– Tout à fait, tout à fait, il suffit, et là on l'a vu.
03:15– Pourtant on a des paysans qui sont là.
03:16– Alors, c'est ça le paradoxe, c'est qu'on peut crever de faim avec des paysans pas loin,
03:21tout simplement parce que le monde de la production, le monde de la distribution,
03:24de la transformation ne sont pas forcément connectés et dépendent des flux et des transports
03:28qui sont là aussi extrêmement vulnérables.
03:31– Alors là, vous ouvrez une porte absolument effarante,
03:34à savoir qu'en propre France, avec l'agriculture dont on connaît la performance,
03:39malgré les souffrances, malgré les carences, malgré les difficultés,
03:41on reste quand même un garmanger gigantesque,
03:43avec une population qui est très attachée à la conscience qu'on mange français,
03:46même s'il y a beaucoup d'importations.
03:48Cette année, c'est la première fois qu'on a importé plus que...
03:50Et vous dites, malgré tout, il y a un système, il y a une codification
03:53qui fait qu'on pourrait trouver, qu'on pourrait se trouver en pénurie.
03:57– Alors je vous donne un exemple très très concret et très récent.
04:01– Ah oui, j'en ai besoin.
04:02– Je forme les élus un peu partout en France sur le risque de rupture d'approvisionnement alimentaire.
04:06Une fois démontré que c'est une question de sécurité intérieure et de sécurité nationale,
04:10je propose de passer par des outils de sécurité civile qui existent déjà,
04:14les plans communaux et intercommunaux de sauvegarde,
04:16qui ne restent qu'à enrichir avec ce risque-là.
04:18Et avec le pays de Béarnes, le projet alimentaire du pays de Béarnes, en décembre,
04:23ils m'ont demandé, ça serait bien de faire ça, votre défi locavoureux et bas carbone.
04:29J'impose un compas géant dans l'assiette et dans le territoire.
04:32Donc moins de 51 kilomètres autour de l'assiette, bien présenté,
04:35trois plans minimums et également bas carbone, mais correctement payé à nos producteurs.
04:40Donc réaliser un repas de fête local chic et pas cher et bas carbone.
04:43On fait avec ce qu'on a et on voit où c'est que les maillons pètent.
04:46Et là, on a fait relever mon défi à 12 structures différentes et pour une fois, il y a eu
04:50une crèche.
04:51Des cantines scolaires, collèges, restauration d'entreprise,
04:54pour entre 3 000 et 4 000 repas.
04:56Et rien qu'avec un repas, vous savez quoi ?
04:59On a asséché le territoire en légumes, en crème et en beurre.
05:04Rien qu'avec un repas.
05:05Carrément.
05:06Carrément.
05:06Donc c'est extrêmement parlant.
05:10Et justement par rapport aux appels d'offres.
05:12C'est dû à quoi ?
05:13Cette défaillance est dû à quoi ?
05:17Alors entre autres, à une trop grande spécialisation des territoires.
05:21Et au fait qu'on a cru que ça viendrait toujours de quelque part.
05:26On va au moins cher et notamment la question aussi des appels d'offres.
05:30Et sur les 12 structures qui ont relevé mon défi,
05:33toutes ont dû s'affranchir de la commande publique actuelle.
05:38Donc sinon, ils n'auraient pas pu nourrir.
05:40Donc ils ont dit, on va le faire en direct.
05:42Sinon, on ne peut pas répondre aux appels d'offres.
05:43Ça veut dire que cette question des appels d'offres qui interdit
05:48de décrire la provenance des produits pour les cantines,
05:51et bien en fait, c'est anti-sécurité collective.
05:54Qui fixe ces normes ?
05:56Pour l'instant, la directive européenne sur les marchés
06:00interdit d'écrire la provenance des aliments.
06:05Pas de traçabilité sur les produits transformés.
06:07Ça, on s'est battu depuis des années en France,
06:09depuis des nasagnes au cheval roumain,
06:11et puis on n'arrive pas à avoir gain de cause.
06:13Pas de traçabilité.
06:14D'ailleurs, la Cour européenne de justice et le Conseil d'État a dû appliquer.
06:19Pas de traçabilité dans les produits industriels.
06:21On n'a pas à savoir d'où ça vient.
06:23Voilà, bon, ça c'est déjà pas bien, on est d'accord.
06:25Mais là, il y a un verrou vraiment à faire sauter.
06:29Et là, il y a par exemple l'Association des maires de France
06:31qui met un peu la pression pour que cette directive européenne
06:35soit assouplie et permette, par exemple, aux collectivités locales
06:39d'avoir la liberté totale de mettre 50% en approvisionnement local
06:44sans se faire taper sur les doigts.
06:46Donc ça, ça permettrait de donner de la visibilité à nos agriculteurs
06:49qui produisent, mais certains qui ne vendent pas.
06:52Mais Stéphanie, vous avez déjà des collectivités territoriales,
06:55que ce soit les régions pour les lycées ou les départements pour les collèges,
06:58qui essaient d'avoir une gestion locale, territoriale.
07:02Moi-même, c'est un combat que j'ai accompagné très souvent,
07:05faire en sorte que les enfants dans les cantines,
07:07les personnes âgées dans les EHPAD ou les malades dans les hôpitaux
07:09essaient de manger du local.
07:11Le plus important, c'est quand même les cantines scolaires, c'est plus accessible.
07:13Et vous avez beaucoup d'organismes de restauration collective
07:16qui sont en train de mettre en place un programme,
07:18donc avec les chambres d'agriculture,
07:21je recevrai des responsables de l'agriculture
07:23pour nous expliquer comment la sécurité agricole
07:24pourrait être mise en place.
07:26Aujourd'hui, tout ça est bien pensé, tout ça est bien organisé ?
07:29Ça commence à être pensé, mais il y a des verrous à faire sauter.
07:33Il serait temps ?
07:34Parce que c'est une question de sécurité collective, c'est ça.
07:37Et ce qui n'est pas encore assez compris,
07:40c'est qu'on risque vraiment de se taper dessus.
07:43Et tant qu'on ne favorise pas le local pour des raisons de sécurité,
07:49en fait, la question de la biodiversité, de la santé
07:53ou du revenu de nos agriculteurs,
07:55ce n'est pas ça qui fait bouger les poules.
07:56Qui se taper dessus ?
07:58Comment ?
07:58Qui se taper dessus ?
07:59Eh bien, nous.
08:00La population.
08:01Vous avec qui ?
08:02La population qui n'a pas de stock à la maison.
08:06Un petit début de guerre civile, pour des raisons.
08:09Comme au Moyen-Âge avec les famines.
08:11C'était la responsabilité politique des élus,
08:13des ancêtres des mers à la sécurité alimentaire.
08:15Et on l'a vu, je ne veux pas être alarmiste pour rien,
08:19mais il y a quand même eu des signaux faibles
08:22les premiers jours du Covid,
08:25où il y avait une incertitude sur le maintien des transports.
08:29Et c'est là qu'il y a eu des échauffourées,
08:32des bagarres et des tensions dans les supermarchés.
08:34Et à partir du moment où il a été décidé
08:36que les transports seraient maintenus,
08:37c'est là que ça s'est calmé.
08:39Donc, ça prouve bien.
08:40Et c'est le plus ancien couple de risques, quand même,
08:42qui existait dans les villes.
08:44Approvisionnement alimentaire et ordre public.
08:47Cette défaillance rapporte quand même de l'argent à certains,
08:49ou non ?
08:49Ça favorise un certain système de consommation ?
08:53Il y en a qui trouvent leur compte.
08:55Oui, bien sûr, il y en a qui trouvent leur compte.
09:00Oui, mais...
09:00Ou plutôt qu'ils redoutent.
09:03Si on mettait en place ce que vous dites,
09:05il y a des gens qui seraient lésés.
09:06Il y a des lobbies qui seraient lésés.
09:08Peut-être des chaînes de production,
09:10peut-être l'agro-industrie,
09:11peut-être la grande distribution.
09:13Peut-être l'agro-industrie, oui.
09:15Mais collectivement, on y gagnerait davantage,
09:17parce que le coût de l'inaction,
09:18il n'y aurait que des perdants.
09:20C'est clair.
09:21Non, mais ça, c'est clair.
09:21C'est ça, c'est ça le truc.
09:23Donc, à mon avis, il faut vraiment...
09:25Il faut que les circonstances se présentent,
09:26on est bien d'accord, mais...
09:28Il vaut mieux anticiper.
09:29Le coût de l'inaction, ça serait terrible.
09:32Et mieux vaut mettre en place
09:34des mesures barrières alimentaires territorialisées
09:37pour limiter ou éviter la saturation,
09:39justement, de nos infrastructures de sécurité collective.
09:42C'est ça le truc.
09:43Et en même temps, on coche les cases
09:44de l'économie, du revenu des agriculteurs,
09:47du revenu pour les territoires,
09:49du revenu dans les ménages également,
09:51mais également des questions
09:52de préservation de ressources
09:54avec l'écologie, avec l'eau,
09:56avec la santé,
09:57notre, évidemment, sécurité collective
09:58et le climat.
09:59En fait, ça, ça touche toutes les cases.
10:01C'est extrêmement œcuménique.
10:03Il n'y a pas de ventre de droite.
10:04Il n'y a pas de ventre de gauche.
10:06On est bien d'accord.
10:06Qui détient le levier administratif et politique
10:09pour décider de bien prévoir l'avenir
10:13dans ce sens ?
10:14C'est gouvernemental ?
10:15C'est préfectoral ?
10:16Gouverner, c'est prévoir.
10:17Et étant donné que, pour l'instant,
10:19ce n'est pas prévu,
10:20et c'est ce que j'avais démontré
10:22dans mon livre enquête avant le Covid,
10:25qui protège ?
10:26C'est le préfet et le maire.
10:28En cas de problème systémique,
10:29le préfet et nos infrastructures de sécurité
10:31sont débordées.
10:32Donc, mécaniquement,
10:33vers qui ça se retourne ?
10:34L'élu à portée d'engueulade
10:36qui protège la population,
10:37c'est dans les textes,
10:38c'est le maire.
10:38Donc, c'est en faisant partir le coût d'une commune,
10:43on élargit à l'intercommunalité cette question-là,
10:46et c'est là qu'il y a les projets alimentaires territoriaux
10:48qui nécessitent des financements,
10:51les PAT, exactement,
10:52qui nécessitent des financements pour fonctionner,
10:55et pour moi,
10:57alimenter financièrement les projets alimentaires territoriaux
10:59pour arriver à du concret,
11:00c'est fabriquer de la sécurité collective.
11:02Donc, quand on parle de souveraineté alimentaire
11:05au niveau national,
11:05tout en décapitant les projets alimentaires territoriaux
11:11et l'agence bio,
11:12c'est agir contre notre sécurité nationale.
11:14Les responsables politiques ont été interpellés ou non ?
11:16Ceux qui sont compétents,
11:17ceux qui sont concernés ?
11:18Petit à petit, petit à petit.
11:19Vous avez des parlementaires
11:20qui doivent interpeller le gouvernement,
11:22je pense, sur cette question-là.
11:23Alors, une sénatrice, en 2019,
11:26de la Haute-Garonne,
11:26Françoise Laborde,
11:28avait porté mes travaux au Sénat.
11:30Elle avait d'ailleurs déposé
11:31son projet de résolution
11:33basé sur mes travaux d'ailleurs
11:34Résilience Alimentaire des Territoires
11:36et Sécurité Nationale.
11:38C'était fin décembre 2019.
11:39Et il n'a manqué que 16 voix
11:42pour que ce projet de résolution soit adopté.
11:44Eh bien, bon.
11:45Stéphanie, nous, merci.
11:47Je recevrai le complément de votre information.
11:50C'est la sécurité agricole.
11:51On en parlera très vite
11:52parce que je pense que l'Inde va pas sans l'autre.
11:54Et puis, vous nous tenez au courant
11:55sur l'évolution de ce projet.
11:57Et puis, n'hésitez pas à revenir
11:58s'il y a des informations nouvelles.
12:00En tout cas, vous devez soulever un thème
12:01qui est important pour la Sécurité Nationale.
12:03Merci de vous y intéresser.
12:05Merci.
12:05À très bientôt.
12:05Merci.
12:06À très bientôt.
12:08Désolé.
12:08Sous-titrage Société Radio-Canada
12:08Sous-titrage Société Radio-Canada
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