- il y a 2 mois
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.
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00:00Business et la Tribune présente
00:01Le 18-19 d'Edwige Chevrillon
00:06Bonsoir à tous, bienvenue dans ce 18-19.
00:12Premier invité, c'est Jean-Claude Trichet, l'ancien président de la Banque Centrale Européenne,
00:16ancien gouverneur de la Banque de France.
00:17Bonsoir Jean-Claude Trichet.
00:18Bonsoir Régine.
00:18Merci d'être avec nous.
00:20Beaucoup de questions à vous poser, évidemment, avec le vote ou pas vote du budget,
00:25du budget de la Sécurité Sociale.
00:26Demain devra être discutée la question de la suspension de la réforme des retraites
00:31avec les nouvelles avancées du gouvernement.
00:34Vous nous direz s'il a raison ou pas.
00:37Je voudrais d'abord vous poser une question.
00:38Je ne sais pas si vous avez lu l'interview de Jordan Bardella,
00:42le président du Rassemblement National dans The Economist, la semaine dernière,
00:46où il dit quelque chose qui devrait vous intéresser.
00:49Il dit que la Banque Centrale Européenne pourrait racheter la dette de la France.
00:54On va discuter avec elle, évidemment, si jamais il en porte.
00:57Vous avez dirigé la Banque Centrale Européenne.
00:59C'est déjà arrivé, lorsque vous étiez en poste, de racheter des dettes de l'Espagne, de l'Italie.
01:05Enfin, on va revenir là-dessus.
01:06Qu'est-ce que vous lui répondez ?
01:08Eh bien, c'est très gentil, mais la Banque Centrale Européenne n'est pas le Père Noël.
01:13Et donc, elle peut, en effet, intervenir dans des conditions très précises
01:18et toujours assortie de conditionnalités.
01:22Donc, l'hypothèse dans laquelle se situe Jordan Bardella
01:27est une hypothèse dans laquelle la France est à terre,
01:31n'arrive plus à se financer,
01:34fait peur aux épargnants, qu'ils soient internationaux, européens et français,
01:40et donc est dans une situation dans laquelle se trouvaient l'Espagne et l'Italie de montant.
01:44Alors là, effectivement, c'est un drame.
01:48Les gouvernements des pays en question savent que c'est un drame.
01:51Et, en effet, on peut imaginer qu'une conditionnalité très forte...
01:56J'ai écrit une lettre au Premier ministre Berlusconi
02:00et au Premier ministre Zapatero, en Italie et en Espagne,
02:03pour leur dire, on peut vous aider,
02:07mais vous devez avant tout vous aider vous-même.
02:10Redresser complètement votre crédibilité,
02:13changer votre politique macroéconomique à 180 degrés.
02:18Et donc, ce sont des hypothèses extrêmes.
02:20Des hypothèses tout à fait...
02:21Donc, c'est une énorme erreur qu'a fait Jordan Bardella.
02:25C'est, en effet, une approche qu'ont malheureusement
02:28un certain nombre d'observateurs qui ne se rendent pas compte
02:32qu'il n'y a pas de Père Noël.
02:33Et que toute aide vaut conditionnalité stricte.
02:38Parce que personne n'a envie ni de perdre, vis-à-vis de la spéculation,
02:43ce qui serait ce qui eût été et serait un drame pour la Banque Centrale Européenne,
02:48ni, évidemment, d'inciter les épargnants à perdre de l'argent,
02:53parce que le pays lui-même, qui est en dernière analyse,
02:56évidemment totalement responsable de sa signature,
02:59de sa crédibilité, ne ferait pas les efforts nécessaires.
03:03Quelque part, c'est un côté un peu irresponsable.
03:06Parce que vous avez dit, ça voudrait dire que la France est à terre,
03:09que la France ne peut pas rembourser,
03:11et que la spéculation ne peut pas l'emporter.
03:13Je n'interviens pas dans la sphère politique, comme vous le savez.
03:17Dans aucune sensibilité.
03:19Mon propre métier consistait à avoir la meilleure monnaie possible
03:24pour tout le monde.
03:26Toutes les sensibilités politiques.
03:27Et je crois que ce que l'on peut dire aujourd'hui de l'euro,
03:31c'est qu'il est soutenu par toutes les sensibilités politiques.
03:34Donc il a prouvé qu'il valait la peine,
03:36alors que ce n'était pas si facile au départ.
03:38Mais il y a beaucoup de gens qui se trompent complètement
03:41et qui croient que la Banque Centrale Européenne est un Père Noël.
03:44Ce n'est pas un Père Noël.
03:46D'accord.
03:46Et puis que les conditionnalités sont extrêmement sévères,
03:48c'est un peu comme si le FMI débarquait en France.
03:51Enfin, en tous les cas, les conditionnalités sont aussi dures.
03:53– Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
03:56Et croire, encore une fois, qu'il y a un Père Noël est totalement erroné.
04:02– D'accord, vous laissez la période.
04:03– Ce n'est ni le Père Noël, la Banque Centrale Européenne,
04:07ni nos amis européens qui nous aiment bien,
04:10mais qui n'ont pas envie, eux non plus, de perdre de l'argent pour le plaisir.
04:14– Alors justement…
04:14– Ni le reste du monde.
04:15Et certainement pas le FMI.
04:16– On va parler du débat budgétaire en France.
04:20Sans faire de la politique, on peut quand même dire,
04:22certains disent lunaire, délire fiscal, la sorcellerie fiscale.
04:26Vous, si vous aviez un qualificatif, quel serait-il ?
04:30– Non, nous sommes dans une situation surréaliste.
04:35– Surréaliste ?
04:35– D'un côté, la situation française est très difficile.
04:39Objectivement, nous sommes le plus mauvais pays de l'Europe,
04:43et certainement de la zone euro,
04:45en ce qui concerne le retour à l'équilibre.
04:47Je vous rappelle, nous avons l'ambition,
04:49nous avions l'ambition, avec M. Béroud,
04:52d'arriver à moins de 3% ou à 3% en 2029.
04:57Au moment où nous en sommes, nous sommes déjà hors des clous de M. Béroud.
05:02– Non, attendez, parce que le gouvernement vient de dire
05:03que la France était en place de tenir son objectif de déficit 2025.
05:09après deux années noires, qui est à 5,4%.
05:12Donc, le pari a été tenu, dans tous les cas, pour 2025.
05:17– Écoutez, pour le moment, oui.
05:18– Après deux années noires.
05:19– En effet, pour 2025, mais 2025, c'est déjà derrière nous.
05:23Le problème, c'est 2026, 2027, 2028 et 2029.
05:27Parce que c'est en 2029 que nous avons promis
05:31à nos amis européens, à la Commission et aux Français
05:35que nous serions en dessous de 3%, juste à 3%.
05:38Mais c'est trois ans après les Italiens.
05:42Les Italiens seront à 3% ou un peu moins de 3% en 2026.
05:47Donc, il faut bien voir que la France est dans une situation
05:50extraordinairement difficile.
05:52Elle a perdu beaucoup, beaucoup de crédibilité.
05:56et ça se mesure dans les fameuses marges, les spreads,
06:01comme on dit dans le jargon.
06:03Et nous sommes maintenant au niveau de l'Italie,
06:05nous oscillons avec l'Italie, mais nous sommes au-dessus
06:07de tous les pays dont je parlais au moment de la très grande crise
06:11de Lehman Brothers et que nous avons aidé, en effet,
06:14moyennant conditionnalité à l'époque, la Grèce, l'Irlande, le Portugal,
06:19l'Italie et l'Espagne.
06:22Mais la France n'est pas, vous vous dites,
06:23la France n'est pas encore dans cette situation.
06:25Non, la France n'est pas encore dans cette situation.
06:28Elle continue à inspirer raisonnablement confiance,
06:32mais elle est absolument à la croisée des chemins.
06:34Et quand je vois les débats à l'Assemblée, je suis atterré
06:39parce que, manifestement, la plupart des locuteurs
06:43ne sont pas conscients du fait que nous sommes à la croisée des chemins.
06:46Ils ne sont absolument pas conscients.
06:48Vous êtes une méconnaissance économique et financière ?
06:51C'est qu'ils sont pris dans une sphère politique
06:54qui renverse complètement les valeurs.
06:57Quand on dépense plus d'argent, on dit victoire du parti X
07:00ou du parti Y ou du parti Z.
07:02Les valeurs sont totalement renversées.
07:04Jean-Claude Richer, une question que vous n'allez pas aimer,
07:06mais je vous la pose quand même.
07:08Est-ce qu'Emmanuel Macron, le président de la République,
07:10est-ce qu'il a caché la réalité aux Français ?
07:12Je ne sais pas si vous avez écouté l'ancien ministre de l'Économie et des Finances
07:15qui, quelque part, en a peut-être assez d'être le bouc émissaire
07:19sur les mille milliards qui ont été créés en 2022.
07:22Mais est-ce que vous pensez qu'on peut cacher à ce point-là la réalité aux Français ?
07:27Non, malheureusement, je ne crois pas qu'on cache la réalité aux Français.
07:30Malheureusement, il y a eu régulièrement, en effet, des calculs.
07:33Comment vous expliquez ce dérapage ?
07:34Les calculs, le dérapage est presque continu depuis l'Iman Brothers, si vous voulez.
07:41Nous avions le même niveau d'endettement en proportion du produit intérieur brut
07:45que les Allemands au moment de l'Iman Brothers,
07:48c'est-à-dire en 2008, disons 2007-2008.
07:5264% !
07:5464% du produit intérieur brut, Allemagne et France.
07:57A l'époque, nous étions considérés, en effet, comme un pays crédible.
08:01Nous n'étions pas dans la catégorie Espagne, Italie, Grèce, etc.
08:05De manière continue, nous avons détérioré notre position relative
08:12par rapport aux autres pays européens, à l'Allemagne, évidemment,
08:16qui, comme vous le savez, a un comportement généralement,
08:20parce que c'est le sentiment populaire d'ailleurs en Allemagne,
08:22donc généralement sage.
08:23Et tous les pays qui avaient été en situation difficile
08:28ont eu une piqûre de rappel.
08:31Ils sont bien meilleurs que nous.
08:33Et donc nous avons perdu des points constables.
08:35Je finis quand même sur Bruno Le Maire,
08:38parce qu'il a réaffirmé avoir alerté Emmanuel Macron
08:40sur le dérapage des comptes publics,
08:42plaidant en vain, je le cite,
08:45pour un budget rectificatif au printemps 2024,
08:48avant la dissolution de l'Assemblée nationale.
08:50Connaissant Bruno Le Maire, je n'ai aucun doute sur le fait
08:53qu'il a plaidé en effet en permanence le dossier du ministre des Finances.
08:59Mais ce n'était pas public, ça.
09:01Non, mais justement, il a caché la réalité.
09:04Le gouvernement est solidaire.
09:07L'ensemble des membres du gouvernement
09:08ont pris leurs responsabilités les uns et les autres.
09:12À l'intérieur même du gouvernement,
09:13je n'ai aucun doute sur le fait qu'il y a eu beaucoup de débats.
09:17Mais ce n'est pas à moi d'entrer à l'intérieur du gouvernement.
09:20Vous avez été directeur du Trésor,
09:21vous avez été gouverneur de la Banque de France, etc.
09:23Est-ce que c'est des choses qui arrivent ?
09:26On écrit en disant, attention, stop, il faut changer de politique.
09:30Et puis vous avez le chef de l'État qui vous dit,
09:32ah non, je suis désolée, il y a des échéances.
09:34Tous les ministres des Finances que j'ai connus,
09:37pour la quasi-totalité, ont réellement plaidé,
09:40évidemment, pour leur propre valeur.
09:43Ils sont responsables des finances publiques françaises,
09:46au premier chef, et de l'économie française, bien entendu.
09:49Donc je n'entre pas dans cette polémique, pas du tout.
09:52Je n'ai pas de doute sur le fait qu'il y a eu en effet débat,
09:54et débat permanent au sein même du gouvernement.
09:57Au total, le résultat est celui que nous avons sous les yeux.
10:01Mais encore une fois, je ne veux pas non plus accabler les derniers gouvernements.
10:05Nous avons perdu des points par rapport à l'Italie, à l'Espagne et à l'Allemagne,
10:11constamment depuis l'époque de Lehman Brothers.
10:14Est-ce qu'on arrive à un point où la France est asphyxiée
10:18par le paiement de ses intérêts,
10:20qui vont représenter 74 milliards en 2026,
10:24et 65 milliards cette année,
10:26et même dépasser les 100 milliards ensuite ?
10:28Est-ce que pour vous, on est à un point d'asphyxie ?
10:32On est évidemment à un point d'asphyxie.
10:35quand on est dans une situation où la croissance elle-même
10:38est entravée par des taux d'intérêt qui sont trop élevés,
10:41et où les dépenses improductives de la France sont colossales
10:45par rapport à ce que nous devrions...
10:47N'oublions pas que nous avons des dépenses publiques
10:49en proportion du PIB,
10:51qui sont, disons, à 9% de plus que les Allemands.
10:55Les Allemands vont nous rattraper.
10:56Ils sont nos grands compétiteurs.
10:58Donc, bien entendu, nous nous asphyxions complètement.
11:02Et nous sommes, comme je l'ai déjà dit, à la croisée des chemins.
11:06Il faut absolument redresser la situation.
11:09Ce n'est pas, en effet, ce que l'on entend à l'Assemblée nationale.
11:13Parce que nous sommes dans une sphère politique
11:15qui ne tient pas compte de la véritable situation française.
11:18Jean-Claude Truchet, l'ensemble des États de la zone euro
11:21vont affoler tous les compteurs des marchés en 2026,
11:25parce que notamment à cause des Allemands
11:27qui, eux aussi, se mettent enfin...
11:30Enfin, enfin, oui, parce que je pense qu'il y a un vrai besoin.
11:33Ils se mettent enfin à emprunter
11:34et ils vont devenir, pas le premier emprunteur,
11:37parce que ça reste la France,
11:39mais c'est eux qui vont faire les plus grosses émissions.
11:43Est-ce que pour vous, il y a quand même un risque
11:46de la dette au niveau européen ?
11:47Le risque de la dette n'est pas
11:49qu'il soit aggravé par l'Allemagne
11:51ou par tout autre pays.
11:53Le risque de la dette, c'est notre risque,
11:55à nous, Français.
11:56Au niveau de l'Europe ?
11:57Au niveau de l'Europe.
11:58Oui, de la Banque Centrale Européenne.
12:00L'Europe a une signature
12:02qui, au total, est bien meilleure
12:04que beaucoup d'autres dans le monde.
12:05Parce que c'est du jamais-midi.
12:06Et même meilleure que les États-Unis.
12:08C'est du 1 500 milliards, rien qu'en...
12:09Oui, c'est vrai, c'est vrai.
12:11C'est énorme.
12:12C'est vrai, mais encore une fois,
12:13ce n'est pas le problème de la France.
12:15Ce n'est pas le problème de la France.
12:16La France a son propre problème.
12:18Non, mais on d'accord.
12:19La France a son propre problème ?
12:20Elle doit inspirer confiance
12:21à l'ensemble de ses prêteurs.
12:23Elle doit absolument inspirer confiance
12:26à l'ensemble de ses prêteurs.
12:27Ce n'est pas ce qu'elle fait en ce moment
12:30de manière ostensible et notoire.
12:31Ok, mais est-ce qu'au niveau européen, aussi,
12:34il y a une escalade ?
12:36Tous les participants du marché
12:37regardent cela avec attention
12:39parce qu'effectivement,
12:40c'est une situation un peu différente
12:42de celle que nous avons connue dans le passé.
12:43Ce n'est pas notre problème à nous.
12:45Oui, d'accord.
12:46Vous voyez, il faut d'abord qu'on s'occupe de...
12:47Il faut qu'on s'occupe de nous-mêmes.
12:49Et surtout qu'on soit conscient.
12:52Et voyez-vous, il y a un point
12:53qui me navre complètement.
12:55L'opposition, les partis d'opposition,
12:58devraient se dire,
13:00le gouvernement,
13:02ce qui reste, disons, de la majorité,
13:05est prêt à avoir tout le propre,
13:07aux yeux de l'opinion,
13:10associé à des mesures difficiles,
13:13mais évidemment nécessaires.
13:15Au lieu de dire,
13:16laissons donc la majorité actuelle
13:19prendre tout l'opprobre,
13:21et puis nous en bénéficierons
13:22quand nous serons au pouvoir.
13:24Ils pensent les uns et les autres.
13:25Et en démocratie, effectivement,
13:27c'est une pensée qui est ultra rationnelle,
13:29ultra évidente.
13:31Quand nous serons au pouvoir,
13:32les choses seront beaucoup plus aisées pour nous.
13:34Malheureusement,
13:35ils ne résonnent absolument pas comme cela.
13:37Ils ne se rendent pas compte
13:38de la situation réelle.
13:41Et ils vont, en effet,
13:42aggraver la situation.
13:44Parce que la négociation actuelle
13:45aggrave la situation française.
13:47Lorsque vous voyez sur demain,
13:49avec ces discussions autour
13:50de la suspension de la réforme des retraites,
13:53il y a quand même la question,
13:54le gouvernement l'a dit,
13:55il va élargir la suspension
13:57de la réforme des retraites
13:58à nos carrières longues,
14:01encore à d'autres catégories.
14:05Donc, ça va coûter encore plus cher.
14:07Est-ce que vous dites ?
14:07Parce que pour le coup,
14:08c'est le gouvernement
14:08qui est tombé sur le crâne.
14:11Tout le monde.
14:11Si vous permettez cette expression.
14:12L'objectif étant d'arriver
14:15à avoir une majorité,
14:18en dernière analyse,
14:20de députés.
14:22En dernière analyse,
14:23effectivement,
14:24il y a en ce moment
14:25une aggravation de la situation
14:28qui est constante.
14:30Et lorsqu'on dépense plus d'argent,
14:31on dit victoire du parti X
14:33ou du parti Y
14:34ou du parti Z.
14:36Ce ne sont pas des victoires.
14:37Ce sont des échecs futurs monumentaux.
14:41Mais justement,
14:42est-ce que là,
14:43c'est un budget d'attente,
14:45comme dit le Premier Secrétaire
14:47du Parti Socialiste ?
14:49Ou est-ce qu'au contraire,
14:52vous dites qu'il faudrait presque
14:53ne pas avoir de budget voté
14:56lorsqu'on voit ce qui va en ressortir ?
14:59Quelle est la situation
15:00la pire à vos yeux ?
15:01Ne pas avoir de budget...
15:02Enfin, la situation est gravissime
15:05en termes réels
15:06et est épouvantable
15:07en termes politiques,
15:08c'est clair.
15:09Non, ça c'est clair.
15:10Alors, ne pas avoir de budget du tout,
15:12c'est la pire des solutions.
15:13C'est la pire des solutions.
15:14À mon avis.
15:14Ceci dit, avoir un très mauvais budget,
15:18en particulier par comparaison
15:20avec ce qui avait été envisagé,
15:22notamment du temps du Premier ministre Béroud,
15:25c'est également épouvantable
15:26parce que ça aggrave la situation
15:28et ça nous place dans une situation
15:30encore plus mauvaise
15:31que celle que nous avions auparavant.
15:33Par ailleurs,
15:34spéculer sur le fait
15:35que par miracle,
15:37notre pays va comprendre
15:38enfin ce qui se passe.
15:40l'ensemble de nos concitoyens
15:42vont au moment des élections présidentielles.
15:47Retrouver raison,
15:48comprendre qu'on est complètement
15:49à la croisée des chemins
15:50et voter alors pour une succession
15:54de bons budgets
15:55ou de budgets excellents,
15:57là, je dois vous dire,
15:58c'est un pari énorme
15:59que tout le monde fait semblant
16:01de prendre en ce moment.
16:02Mais à mon avis,
16:04le problème principal que nous avons,
16:06c'est d'expliquer aux Français
16:07dans le dernier détail
16:09pourquoi la situation
16:10est à la croisée des chemins ?
16:13C'est ce qu'a essayé
16:14de faire François Béroux.
16:15Pourquoi il faut absolument
16:16redresser les choses ?
16:17Parce que ce sont les plus pauvres
16:18et les plus démunis
16:20qui seront cruellement punis
16:22le moment venu
16:23quand il faudra en effet
16:25redresser les choses
16:26et faire les économies nécessaires.
16:29C'est ce que j'ai observé
16:31en Italie,
16:32c'est ce que j'ai observé
16:32en Espagne et en Grèce
16:34et en Irlande
16:35et au Portugal.
16:36Puisque vous parlez d'économie,
16:37une question à l'ancien gouverneur
16:39de la Banque de France,
16:39certains s'interrogent en disant
16:41puisqu'on cherche à faire des économies,
16:43à quoi sert la Banque de France
16:44aujourd'hui ?
16:45Est-ce qu'on pourrait très bien
16:46s'en passer finalement ?
16:47D'abord,
16:48le gouverneur de la Banque de France
16:49vous expliquerait
16:50qu'elle a fait
16:51elle-même
16:52énormément d'économies
16:53et qu'elle en fait constamment ?
16:56Tout à fait.
16:56Premièrement.
16:57Deuxièmement,
16:58elle joue un très grand rôle
16:59évidemment
17:00comme banque centrale
17:02très importante
17:03au sein du système
17:04européen de banque centrale.
17:05Comme vous le savez,
17:06le système européen
17:07de banque centrale
17:08est complètement décentralisé.
17:11Décentralisé,
17:12les décisions sont prises
17:13au Conseil des gouverneurs
17:15mais ensuite,
17:15elles sont appliquées
17:16dans chaque pays
17:17et chez nous,
17:18c'est très important.
17:19Et par ailleurs,
17:20nous avons d'autres fonctions
17:22de la Banque centrale,
17:23notamment le surendettement,
17:24d'autres fonctions
17:25très importantes
17:26dans tout le pays.
17:28Vous êtes en train
17:29de plaider pour votre paroisse ?
17:31Je ne plaide pas du tout
17:32pour ma paroisse
17:33ou mon ancienne paroisse.
17:35Je pense qu'au contraire,
17:36si tout le monde faisait
17:37les économies
17:39qu'a faites la Banque de France
17:40et notamment
17:41toutes les institutions publiques,
17:45nous serions dans
17:45une bien meilleure situation
17:47et certainement pas
17:48payées très mauvais
17:50en ce qui concerne
17:51les dépenses publiques
17:51en proportion du produit
17:52intérieur brut.
17:53Jean-Claude Richet,
17:54il y a une question
17:54qui n'a rien à voir
17:55mais vendredi,
17:56il y a un grand colloque
17:58à Rambouillet
17:59parce que c'est là
17:59où a été le premier,
18:00c'est tenu le premier G6
18:02ou le premier G7,
18:03c'est les 50 ans du G7.
18:06Avec la grande question derrière,
18:08de savoir,
18:09dans le cadre
18:09de la gouvernance mondiale,
18:10notamment avec Donald Trump
18:12qui renverse un peu
18:13toutes les règles,
18:14toute la bonne gouvernance
18:16comme on dit,
18:17est-ce que ça sert encore
18:19à quelque chose
18:19le G7 aujourd'hui
18:21quand il est confronté
18:22au BRICS,
18:23au G20 ?
18:25Ce qui est d'abord
18:26absolument remarquable,
18:28c'est qu'un concept
18:29qui a été inventé
18:31et créé
18:32il y a exactement 50 ans
18:33soit toujours là,
18:36présent.
18:37Ça, c'est le grand succès.
18:38C'est un succès conceptuel,
18:40c'est un succès philosophique,
18:41si je peux dire
18:42d'une certaine manière.
18:43Il fallait être lucide
18:44pour avoir l'idée
18:45de créer quelque chose
18:46à partir de rien,
18:47il n'existait pas.
18:47Valérie Giscard d'Estaing,
18:48on va le rappeler
18:49pour ce qui est...
18:49Oui, et le chancelier Schmitt.
18:51Et Helmut Schmitt.
18:51Ça a été une initiative
18:53française et allemande.
18:55Et la première réunion
18:57s'est tenue en rambouillet,
18:58en effet.
18:59Et je dois dire
19:00que c'est un succès remarquable.
19:04Bon, ceci dit,
19:05il y a eu beaucoup de changements
19:06sur le plan international.
19:08Nous avons,
19:08comme vous l'avez dit vous-même,
19:10le G7,
19:10nous avons le G20,
19:12nous avons les BRICS,
19:14vous l'avez dit,
19:15et nous avons aussi...
19:16Mais aujourd'hui,
19:17il n'y a plus de gouvernance,
19:18il n'y a plus de gouvernance mondiale.
19:19On ne peut pas dire...
19:19On a 40 secondes,
19:20donc c'est pour ça
19:21que je vais un peu vite.
19:22Écoutez,
19:22en 40 secondes,
19:23il reste une gouvernance mondiale.
19:25Le G7 est toujours là
19:27et est ultra nécessaire,
19:29même si Trump
19:30ne simplifie pas les choses.
19:31Le G20 est toujours là
19:33et ultra nécessaire,
19:34ne serait-ce que parce que
19:35c'est à lui qu'on fait rapport
19:37sur le plan de la gouvernance
19:39financière et économique,
19:42notamment dans le cadre
19:43de la Banque des Règlements Internationaux.
19:45Et bien entendu,
19:46il y a maintenant
19:46des désaccords assez profonds
19:48sur le concept même
19:49de la gouvernance mondiale.
19:50Juste un oui-non,
19:52parce que vous reviendrez nous voir
19:52sur ce point-là.
19:53Est-ce que vous redoutez
19:54une guerre monétaire
19:55entre le dollar et l'euro ?
19:58À cause notamment de Donald Trump.
19:59Écoutez,
20:00Donald Trump est capable de tout.
20:01Donc,
20:02il ne faut jamais dire jamais
20:03avec lui.
20:04mais ce serait
20:06la pire des choses
20:06pour les États-Unis
20:07et la pire des choses
20:09pour l'économie internationale.
20:10Donc,
20:11je n'y crois pas,
20:12même si on peut
20:14de temps en temps
20:14avoir,
20:15non pas tellement
20:16chez Donald Trump,
20:17mais chez ses collaborateurs
20:20ou ses conseillers,
20:21des propos absurdes
20:22du genre
20:23« plus le dollar sera faible,
20:25mieux cela vaudra ».
20:26Évidemment,
20:27ce sont des propos absurdes.
20:29D'ailleurs,
20:29ils ne sont pas répétés
20:31par le président américain
20:32lui-même.
20:33Merci beaucoup
20:34d'avoir été là.
20:35Jean-Claude Trichet,
20:36toujours avec vos éclairages,
20:37ancien président
20:38de la Banque Centrale Européenne
20:39et ancien gouverneur
20:40de la Banque de France
20:41qui sert donc
20:41à quelque chose
20:42encore aujourd'hui.
20:44Merci beaucoup.
20:45第一 dinosaurieprijer du
20:57de la Banque Centrale Européenne
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