- il y a 9 heures
Karin Viard, actrice, et Ghada Hatem, gynécologue obstétricienne, étaient invitées sur France Inter mardi pour le film "La Maison des femmes", réalisé par Mélisa Godet et inspiré de l'histoire vraie de la spécialiste. Entretien à retrouver sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mercredi-25-fevrier-2026-9681559
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00:01France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale.
00:07C'est une maison qui va fêter ses 10 ans, la première à prendre en charge les victimes de violences
00:12aussi bien du point de vue médical que psychologique et social.
00:16Cette maison, c'est la maison des femmes, créée à Saint-Denis et dupliquée à travers la France depuis.
00:21Un projet exceptionnel et une histoire singulière racontée dans un film au ton juste au cinéma la semaine prochaine.
00:28Et ce film, c'est votre histoire, Radha Atem. Bonjour.
00:31Bonjour.
00:32Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. Vous êtes gynécologue, obstétricienne et c'est donc vous qui
00:36avez créé en 2016 la maison des femmes qui est au cœur du film de Mélissa Godet.
00:41Et c'est une des actrices les plus populaires du cinéma français qui joue votre rôle. Bonjour Karine Viard.
00:46Bonjour.
00:46Merci d'être avec nous. Vous jouez une femme combative qui a donc fait vraiment avancer la prise en charge
00:52des victimes de violences.
00:52Et rejoignez-nous, chers auditeurs. Vous connaissez le chemin. 0145 24 7000 et l'appli Radio France.
00:58Ça fait quel effet, Radha Atem, de se voir incarnée à l'écran sous les traits d'une comédienne, de
01:05voir son combat raconté dans un film ?
01:06Je crois savoir que vous étiez assez sceptique au départ.
01:10Oui, forcément. Moi, je suis médecin et pour moi, c'était totalement surréaliste qu'on veuille raconter l'histoire d
01:18'un médecin qui fait son boulot et qui monte une structure de soins.
01:22Donc, j'avais très, très peur que ce soit pas juste, que ce soit mal raconté, que l'intention ne
01:29soit pas bonne.
01:30C'est toujours quand même très angoissant. En revanche, être représentée par Karine Viard est juste un honneur. C'est
01:37évident.
01:38Et donc, une fois que le script a été quand même travaillé, j'ai pu le travailler avec Mélisa, j
01:44'étais rassurée.
01:45Mais j'avais aucune idée du résultat final de la vision en 3D de cette polyphonie.
01:52Parce que c'est vraiment une polyphonie et que c'est pas facile à diriger. Et j'avoue que le
01:56résultat m'a bluffé.
01:57Alors, on va en parler de cette polyphonie. Karine Viard interprétait une histoire d'engagement militant pour la cause des
02:03femmes.
02:04Ça a été une évidence ?
02:05Une évidence, oui, absolument.
02:08Le scénario était très bien. Après, vous savez, quand on lit un scénario, on ne sait pas le rendu.
02:12C'est-à-dire que...
02:14Toi, moi non plus.
02:15On ne sait pas si ça va être subtil.
02:17On ne sait pas si ça va être subtil.
02:19On ne sait pas si ça va être une espèce de rassemblement de femmes un peu complaisant.
02:24Et en fait, quand je rencontre Mélisa, je vois que cette personnalité singulière, très timide,
02:29mais en même temps très, comment dire, très engagée,
02:32je me dis, ça va être intéressant.
02:35Et effectivement, ça l'est.
02:36C'est-à-dire qu'elle signe un film plein de vies, plein d'émotions, plein d'espoir.
02:41Très digne, très droit.
02:43Ça ne chouine pas.
02:44Ce n'est pas complaisant.
02:45Il y a de la vie, il y a de la force, il y a de la puissance, il y
02:48a de l'espoir.
02:49On embarque les hommes avec nous dans ce combat.
02:51Et ça, j'adore.
02:52Donc, c'est un message militant, mais qui n'est pas indigeste, loin de là.
02:56C'est un message militant qui montre les faits tels qu'ils sont.
03:00Et en tant que femme, j'ai vraiment appris des choses en faisant ce film, ce qui est incroyable.
03:04C'est un film militant au bon sens du terme.
03:06C'est un film joyeux qui dit les choses de façon directe.
03:10Mais effectivement, il y a des scènes où on rit.
03:12Juste, on a la chance de vous avoir ce matin toutes les deux dans le studio.
03:14Je crois savoir, Karine Viard, que pour préparer ce film, vous n'aviez pas voulu rencontrer Radha Atem.
03:19C'était parce que quoi ? Parce que vous vouliez pouvoir travailler votre interprétation sans la rencontrer avant ?
03:24Mais en fait, je me suis dit, cette femme est très puissante.
03:27Ce qu'elle fait, elle a quand même réussi à déplacer des montagnes.
03:30Et si je la rencontre, j'ai peur d'être dans une forme de mimétisme.
03:35Et ce que je voulais, c'est traduire au mieux.
03:37En plus, on ne se ressemble pas du tout physiquement.
03:39Et je me suis dit, je voudrais traduire au mieux sa pensée.
03:42Sa pensée politique, sa pensée engagée, comment elle se comporte avec les autres,
03:47comment elle envisage le collectif, etc.
03:50Donc, j'ai puisé dans le scénario.
03:52Je ne me suis basée que sur le scénario.
03:54Comme je savais que la réalisatrice avait travaillé avec Radha.
03:57Et je me suis dit, comme ça, je vais essayer de capter sa pensée de l'intérieur.
04:01Et je ne vais pas essayer de la mimer.
04:03Ce qu'elle a voulu faire, Mélisa Godet, la réalisatrice,
04:07c'est raconter la mission de cette maison des femmes du point de vue des soignants.
04:11Donc, une équipe pluridisciplinaire, hyper soudée.
04:14C'est un vrai collectif au service des femmes,
04:17aussi bien victimes de mutilations sexuelles dans leur pays d'origine
04:20que de violences conjugales, ici en France.
04:23C'était ça, la genèse de votre projet.
04:26Est-ce que vous avez voulu faire, Radha Athème ?
04:28Oui, moi j'ai voulu un lieu pour que la violence,
04:31qui n'est pas prise en considération en tant que telle à l'hôpital,
04:35puisse s'exprimer.
04:35Que les femmes puissent se dire, je vis des choses difficiles.
04:38à qui je peux en parler ? Où est-ce que je peux aller ?
04:40Pas au commissariat, je n'ai pas envie.
04:42Pas forcément dans une association de militantes,
04:46parce que j'ai besoin de plus.
04:48Et donc, pour moi, l'hôpital, c'est là où je bosse,
04:50j'ai toujours bossé à l'hôpital, était le lieu parfait.
04:52Parce que parler à un soignant, c'est rassurant.
04:56Ce n'est pas du tout se mettre en danger, a priori.
04:59Et donc, je me suis dit, ouvrir un lieu qui s'appelle
05:02la maison des femmes, peu importe.
05:03Ici, on s'occupe de la violence, ferait la différence.
05:07Et la vie nous a donné raison.
05:09C'est-à-dire qu'on a été submergé
05:11très, très rapidement de demandes de femmes
05:13qui, avant, n'allaient nulle part ailleurs
05:15parce qu'il n'y avait rien d'équivalent.
05:17Karine Vier, vous disiez il y a quelques instants
05:18en lisant ce scénario, en jouant dans ce film,
05:20j'ai appris beaucoup de choses.
05:21Qu'est-ce que vous avez appris sur la maison des femmes
05:24que peut-être vous ne saviez pas avant ?
05:27Vous savez, par exemple, cette idée
05:29qu'une femme victime de violence,
05:31on la met à l'écart,
05:32on la protège de son bourreau
05:34et puis trois semaines après, elle y retourne.
05:36Bon, cette idée que...
05:38Oui, mais elle y est retournée.
05:40Cette idée-là, en fait...
05:42L'emprise.
05:43L'emprise.
05:44Tout le phénomène psychique,
05:46le délabrement psychique
05:48qui fait qu'au fond,
05:49tu ne sais plus ce que tu vaux
05:50en dehors de ses coups.
05:52Quand tu comprends, en fait,
05:53tout le parcours psychique, émotionnel
05:56qui fait que tu ne peux pas
05:58te retirer de cette violence,
06:00ça te fend le cœur, en fait.
06:01Et moi, de l'extérieur, je pouvais me dire
06:03« Je ne comprends pas, on la protège »
06:05et puis en même temps, elle y retourne.
06:07Et bien voilà, ce film aide à comprendre pourquoi.
06:10Ou des femmes excisées
06:11qui n'ont même pas forcément conscience de l'être.
06:14C'est incroyable.
06:16Les violences sont multiples,
06:17elles sont variées.
06:18Et moi, je pensais, en tant que femme,
06:21connaître les violences.
06:22Mais non.
06:23Les violences, elles sont...
06:24Le diable se cache aussi parfois dans les détails.
06:27Ce qu'il faut dire, c'est que
06:29c'est un film très réaliste,
06:30même si on n'y voit pas de violences.
06:32Ça, c'est un parti pris de la réalisatrice.
06:33Elle n'a pas voulu montrer ces violences.
06:36Vous, vous interprétez donc un rôle de médecin.
06:39Il a fallu entrer dans cet univers,
06:42parfois très cru, très intime.
06:45Il y a les femmes, il y a leur histoire,
06:47il y a ce que vous, vous avez à leur dire.
06:48Moi, je suis très bonne soignante.
06:49Moi, j'ai fait gynéco.
06:51Je suis une très bonne médecin.
06:53Donc, vous aviez le ton.
06:54Comment on trouve la distance juste ?
06:57Le ton juste ?
06:58Je ne sais pas.
06:59Mais en tout cas,
06:59à chaque fois que j'ai joué,
07:00des médecins, des sages-femmes,
07:02je m'y crois.
07:03Ça marche très bien.
07:04Je ne sais pas.
07:06C'est vrai, Radar.
07:06Elle fait bien la gynécologue, Karine Viard ?
07:09Je n'ai pas vu comment elle opérait
07:10le fameux clito de compétition.
07:13Non, non, elle fait bien.
07:14Ça, juste, il faut expliquer à nos auditeurs
07:15qu'à un moment donné,
07:15il y a une scène dans le film
07:16où juste avant de rentrer au bloc,
07:18Karine Viard,
07:18vous prononcez cette phrase.
07:20Je vais lui faire un clito de compétition.
07:21Qui est ma phrase ?
07:23Qui est votre phrase ?
07:23Elle s'est appropriée pas mal de mes...
07:25Parce que Mélisa a beaucoup travaillé,
07:27en fait, à partir d'audio,
07:29d'articles, etc.
07:30Donc, il y a des répliques très justes
07:32et tout le monde me dit,
07:33c'est incroyable, comme par moments.
07:35Certes, elle ne te ressemble pas,
07:36elle est beaucoup plus jolie, tout ça.
07:38Mais on dirait toi.
07:41Ce qu'il faut dire,
07:42c'est que ce film,
07:43c'est la mission et le combat
07:45de votre équipe,
07:46Prada Athème,
07:47pour que la Maison des Femmes continue d'exister.
07:48Ça, on va y revenir.
07:49Mais c'est surtout
07:51les femmes qui nous marquent
07:52dans ce film,
07:53avec chacune leur histoire,
07:54leur origine,
07:55leur culture.
07:56On découvre aussi bien
07:57des femmes migrantes,
07:58sans papier,
07:59mutilées, violentées,
08:00que Catherine,
08:0165 ans,
08:02d'un milieu favorisé,
08:04qui est battu par son mari.
08:05Ça, c'était important
08:07de montrer cette diversité-là.
08:09Ah oui, très important.
08:11Très important,
08:12parce que ça touche
08:13toutes les femmes
08:13et tous les milieux.
08:16Et oui, c'est très important,
08:18parce que sinon,
08:18si on relègue ça
08:19à des femmes sans papier
08:21qui sont arrivées chez nous,
08:23le débat n'est pas le même,
08:25en fait.
08:25Toutes les femmes sont égales
08:27et elles sont égales
08:28devant cette violence.
08:30Et moi,
08:31ce que je voudrais dire,
08:32c'est que c'est une violence
08:33faite aux femmes,
08:34mais aussi ce que j'ai,
08:36pas découvert,
08:37parce que je ne l'ai pas découvert,
08:38mais pour moi,
08:39c'est aussi une violence
08:40faite aux enfants.
08:41C'est-à-dire que
08:42si tu ne te sens pas
08:43concerné plus que ça
08:44par la violence faite aux femmes,
08:46tu peux te dire
08:46mais cette violence
08:48s'exerce devant des enfants.
08:50Quid de ces garçons
08:51qui ont assisté
08:52toute leur vie
08:52à la violence de leur père ?
08:54Quels hommes ils deviennent ?
08:55Pareil pour ces petites filles.
08:57Quelles femmes elles deviennent ?
08:58C'est-à-dire que
08:58s'attaquer aux violences
08:59faites aux femmes,
09:00c'est s'attaquer
09:02à notre société
09:04dans ce qu'elle a
09:04de plus important.
09:05C'est notre avenir,
09:06c'est notre avenir
09:08qu'on ampute
09:08en laissant ces violences
09:10faites aux femmes
09:11sans réponse en fait.
09:12Radha Hatem,
09:13vous acquiescez
09:13en écoutant Karine Vier.
09:14C'est vrai sur cette diversité
09:17de femmes
09:18que vous avez pu soigner
09:19de la grande bourgeoise
09:20à la femme
09:22arrivée en France
09:22qui a été excisée
09:23dans son pays d'origine.
09:24Ça c'est quelque chose
09:25que vous avez constaté
09:26au quotidien
09:26à travers les milliers
09:27de femmes
09:28que vous avez soignées ?
09:29Et bien sûr,
09:30et même avant
09:30la maison des femmes
09:31parce que j'ai exercé
09:32dans des quartiers
09:32plutôt bourgeois.
09:33Et ces femmes-là,
09:35l'assistante sociale,
09:36la femme du patron
09:37de je ne sais pas quoi,
09:38ce sont mes patientes
09:39depuis toujours aussi.
09:41Et je trouve très bien
09:42que Mélissa ait montré ça
09:44parce que ça interpelle
09:46les hommes en fait.
09:47Les hommes,
09:48eux,
09:49en général,
09:49ont tendance à se réfugier
09:50dans c'est pas nous,
09:51pas tous les hommes,
09:52moi je suis sympa,
09:54je ne suis pas concernée.
09:55Et là,
09:55de voir cette diversité
09:56de femmes donc
09:57en face de bourreaux
09:59de milieux sociaux
10:00très très différents,
10:01ils sont très souvent
10:02à la sortie de la projection
10:04et ils disent
10:04ah non mais j'ai reçu
10:06un choc,
10:07je ne m'y attendais pas.
10:08Les hommes,
10:08il faut qu'on en parle,
10:09il y a un homme
10:09dans cette équipe
10:10de soignants
10:11qui est montré dans le film,
10:12je ne sais pas
10:12si ça correspond à la réalité
10:13de ce qu'était votre équipe
10:14Rada Atem.
10:15Il y a une scène
10:17qui fait réfléchir
10:18puisque devant lui,
10:20il y a une femme
10:20qui est déconcertée
10:22par l'idée
10:23de raconter son histoire
10:24à un homme
10:24et lui,
10:25il lui répond
10:26mais il faut bien
10:27qu'il y ait des hommes
10:27pour vous dire
10:28que ce que vous vivez
10:29n'est pas normal.
10:31Ce qu'un homme vous a fait
10:32n'est pas normal.
10:33Je prends la part
10:34de mon humanité
10:35et je valide
10:37que ce que vous avez vécu
10:38n'est pas normal.
10:39Vous l'avez conceptualisé ça
10:40Rada Atem ?
10:41Alors,
10:41on ne le fait pas comme ça.
10:42Déjà l'hôpital,
10:43c'est un lieu ultra féminin.
10:4599% des infirmières,
10:47des sages-femmes,
10:47etc.
10:48Donc il y a forcément
10:49beaucoup de femmes.
10:49Mais il y a aussi
10:50des soignants
10:50et je n'ai jamais voulu refuser
10:52bien au contraire
10:53à un soignant homme
10:54la possibilité d'exercer là
10:56parce que c'est ce qu'on disait
10:57aux femmes
10:57vous allez voir un homme
10:58et il est bienveillant.
11:00Et parfois,
11:01elle rechignait à y aller.
11:02Donc elle disait
11:02est-ce que l'élève sage-femme
11:04peut m'accompagner ?
11:05Et en sortant,
11:05elle disait
11:06c'est bon,
11:06je n'ai plus besoin
11:07d'élève sage-femme,
11:08je me sens bien.
11:09Et ça,
11:09c'est une victoire.
11:10Karine Vierre,
11:11sur cette scène
11:12et sur ce besoin
11:13de montrer
11:14qu'il y a effectivement
11:14aussi des hommes
11:15dans ces structures.
11:18Heureusement,
11:19et moi,
11:19c'est vrai que mon vœu
11:20c'est que ce soit
11:22beaucoup plus paritaire
11:23au fur et à mesure.
11:24Pourquoi est-ce que
11:25soigner,
11:26c'est réservé aux femmes ?
11:27Pourquoi est-ce que moi
11:28je fais si bien les médecins ?
11:29Je pense que je fais si bien
11:30les médecins déjà
11:31parce que je suis une femme.
11:32Je suis une femme
11:33que je suis habituée
11:33à soigner,
11:34à prendre soin.
11:37C'est un peu mon karma à moi.
11:38Donc c'est vrai
11:39que je rentre dans les médecins
11:41avec beaucoup de facilité
11:42parce qu'il faut avoir
11:43de l'empathie.
11:44Et je ne dis pas
11:45que les hommes en sont privés
11:46mais les femmes,
11:48on est marqués par ça.
11:50Donc oui,
11:51bien sûr qu'il faut des hommes.
11:52Et il y a des hommes
11:53qui sont merveilleux.
11:55Moi,
11:55j'ai rencontré des hommes,
11:57des psys exceptionnels,
11:59des soignants,
12:00des gynéco-hommes.
12:02Merveilleux,
12:03heureusement.
12:04Radatame,
12:04il y a quelque chose
12:05qu'on voit bien dans le film,
12:06c'est à quel point
12:07vous réussissez à rendre
12:08leur dignité,
12:09non pas qu'elle l'ait perdue
12:10mais que parfois
12:11certaines femmes,
12:11notamment des femmes exisées,
12:12croient l'avoir perdue.
12:13Et ça,
12:14ça revient beaucoup
12:15dans la reconstruction
12:16que vous leur offrez.
12:17Aussi dans des ateliers
12:19qu'on voit,
12:19il y a une scène
12:20absolument magnifique
12:21dans le film,
12:21un atelier qui s'appelle
12:22Réparer l'intime
12:23où on voit que vous prenez
12:24des photos de ces femmes
12:25qui ont été violentées.
12:26Pas moi,
12:26la photographe.
12:28Merveilleuse.
12:29Vous organisez cela.
12:30C'est quoi l'objectif
12:32de ces ateliers photos,
12:35de ces moments
12:36avec ces femmes
12:37qui ont été violentées ?
12:38Mais en fait,
12:40d'abord,
12:40ce n'est pas que les femmes
12:41exisées qui ont perdu
12:42leur dignité.
12:43Une femme qui a été
12:45massacrée,
12:45même psychiquement,
12:46mais pendant 20 ans,
12:47pense qu'elle ne vaut rien,
12:48pense que son agresseur
12:49a raison
12:50et endosse sa pensée.
12:52Donc l'idée,
12:53c'est de leur redonner
12:54des compétences,
12:55de leur montrer
12:55qu'elles en ont,
12:56de leur montrer
12:57qu'elles sont capables
12:58de produire du beau
13:00ou bien du karaté,
13:01par exemple,
13:02où elles disent
13:02« mais moi, je ne sais pas,
13:03je suis nulle, etc. »
13:04Et ça,
13:05on voit vraiment
13:06au fil du temps,
13:07on le voit sur leur visage,
13:09on le voit dans leur posture,
13:11que ça change tout pour elles.
13:12Et il y a aussi
13:13des ateliers
13:14de socio-esthétique.
13:15Ça paraît comme ça
13:16un peu superflu.
13:19Et non,
13:19pour ces femmes-là,
13:20que quelqu'un s'intéresse à elles,
13:22leur redonne de la beauté,
13:24elles ne se regardent pas
13:25de la même façon.
13:25Et ça, c'est magique.
13:27Radha Athem,
13:27vous avez fait corps
13:28avec ce projet
13:29pendant dix ans,
13:30vous avez soigné
13:31des milliers de femmes.
13:32Est-ce qu'il y a
13:32une histoire particulière
13:35qui vous a marquée
13:36plus que les autres
13:38que vous auriez envie
13:38de raconter ce matin ?
13:40Il y en a plein,
13:41mais je vais parler
13:43de cette jeune femme
13:45qu'on voit dans le film.
13:46Alors, l'histoire
13:46est très transposée
13:47et on ne reconnaîtra pas
13:48heureusement la personne,
13:49mais d'une jeune femme
13:50qui était venue me voir
13:51après un avortement
13:54sur un rapport
13:55pas très consenti,
13:56mais ça, je ne le savais pas,
13:56ce n'est pas moi
13:57qui m'étais occupée
13:57de l'avortement.
13:58Elle voulait que je lui
13:58refasse son hymène
13:59parce que dans sa culture,
14:01ce n'était pas possible
14:02de ne pas être vierge.
14:03Et ça m'agacait beaucoup
14:04parce que c'est une intervention
14:06qui m'énerve,
14:07même si je la fais parfois.
14:08Et je lui ai dit,
14:10tu passes ton bac
14:10et tu reviens me voir après.
14:12Eh bien, elle est revenue me voir
14:15et elle n'avait plus besoin
14:16de se faire réparer l'hymène.
14:18Et je lui dis,
14:19maintenant, qu'est-ce que tu veux faire ?
14:20Elle me dit,
14:20je veux être infirmière.
14:21Eh bien, depuis quelques mois,
14:23cette jeune femme est infirmière
14:24et ça, c'est une histoire.
14:24Ça, c'est un parcours magnifique.
14:27Figurez-vous qu'on a en ligne
14:29une femme qui s'appelle Mabou.
14:31Bonjour, bienvenue Mabou.
14:34Bonjour, Mabou.
14:34Donc, je corrige,
14:35bien évidemment,
14:36j'ai été suivie par docteur Athème
14:40et ce que je disais,
14:41en fait,
14:42c'est que grâce à Mabou Athème,
14:43moi, j'ai retrouvé
14:44non seulement une dignité physique
14:47avec la réparation que j'ai eue,
14:49mais j'ai également retrouvé
14:50confiance en moi
14:51et une dignité en tant que femme
14:54et en tant que maman
14:55d'une jeune fille aujourd'hui
14:56qui a 16 ans.
14:58Et à l'époque,
14:58quand j'avais été suivie
14:59par Mabou Athème,
15:00c'était en 2018,
15:02j'ai après été sollicitée
15:03pour témoigner
15:04sur le journal Fresh
15:06et mon témoignage
15:08j'avais fait effectivement
15:08le tour des réseaux.
15:09Donc, aujourd'hui,
15:10c'était juste pour dire
15:11que je continue à sensibiliser
15:13mon entourage,
15:14à sensibiliser les personnes
15:15que je croise dans la rue
15:16et je voulais remercier
15:19docteur Athème
15:20pour son engagement
15:21et d'avoir pris,
15:24en tout cas,
15:24ma souffrance
15:25et de m'avoir accompagnée
15:27et à toute l'équipe
15:28accompagnante
15:29de la Maison des femmes
15:30avec tous les ateliers
15:31qui ont été mis en place
15:33et moi, aujourd'hui,
15:34j'en suis très reconnaissante
15:35et je voulais la remercier pour ça.
15:36Vous avez...
15:37Merci, Nabou.
15:38Merci beaucoup.
15:38Vous avez changé,
15:40vous sentez que vous avez changé
15:41depuis votre passage
15:42à la Maison des femmes ?
15:43Oui, j'ai retrouvé
15:44de la dignité.
15:45Je me sentais
15:46moins femme.
15:48Je me sentais inférieure
15:49aux autres femmes
15:50et aujourd'hui,
15:51même dans ma vie
15:52au quotidien,
15:53même dans mon travail,
15:54j'ai retrouvé
15:54une assurance
15:55et j'ai retrouvé
15:57cette âme de petite fille
15:58que j'avais perdue
15:58en fait,
15:59avec cette intervention.
16:01Arrête à la thème
16:02sur ce témoignage.
16:02Merci beaucoup
16:03pour votre témoignage.
16:04Magnifique.
16:04On voudrait que toutes les femmes
16:06qui puissent passer
16:07par une structure comme ça
16:08en ressortent
16:09en disant
16:09j'ai retrouvé ma dignité
16:10parce que c'est ce que fait
16:11la violence,
16:12c'est qu'elles vous ôtent
16:13toute dignité.
16:15Karine Viard,
16:15je dis que vous êtes
16:16très émue en entendant
16:17ce témoignage.
16:17Oui, forcément
16:18parce que c'est très émouvant.
16:20Moi, par exemple,
16:21vous me demandiez
16:22ce que j'avais appris.
16:22J'ai appris ce que c'est
16:23que la roue de la violence.
16:24La roue de la violence,
16:25c'est un camembert
16:26qui est séparé en quatre.
16:29Il y a la tension,
16:30c'est-à-dire le moment
16:31où la tension est forte,
16:33où les enfants,
16:34la femme,
16:35sent qu'il y a
16:36un état de tension
16:36et qu'il ne faut pas
16:37faire tomber
16:37une petite cuillère.
16:38Et ça monte,
16:40ça monte,
16:40ça monte.
16:41Il y a le deuxième quart,
16:42il y a l'explosion
16:43de la violence.
16:44Donc là,
16:44c'est les coups,
16:45les insultes,
16:46bref, peu importe.
16:47Le troisième quart,
16:48c'est le déni,
16:48c'est de ta faute.
16:49Tu sais qu'à chaque fois
16:50que tu fais ça,
16:51ça me rend dingue,
16:52donc c'est de ta faute.
16:53Donc ça,
16:53c'est vraiment le quart
16:54où ça ampute
16:56sur ton estime de toi-même.
16:58C'est-à-dire que tu penses
16:58qu'effectivement,
16:59c'est toi qui as mal fait
17:00et que d'une certaine façon,
17:02les coups qui pleuvent sur toi,
17:03tu les as mérités
17:04parce que tu as encore fait
17:05cette réflexion
17:06que tu n'aurais pas dû faire.
17:07Et puis le quatrième quart,
17:09c'est la lune de miel.
17:09Comment j'ai pu te faire ça ?
17:10Je t'adore,
17:11j'aimerais jamais être
17:12quelqu'un comme toi.
17:14Et ça recommence
17:15indéfiniment.
17:16Cette roue de la violence,
17:17je trouve qu'elle est
17:18extrêmement claire.
17:20Elle est très pédagogique.
17:21Et elle est tellement réelle.
17:23Et pour comprendre ça.
17:25Et je trouve que moi,
17:26je me suis toujours dit,
17:27mais le troisième quart,
17:28c'est là où en fait,
17:30on te massacre totalement,
17:32pas physiquement,
17:32mais psychiquement.
17:33On t'enlève complètement
17:35toute capacité
17:36de réaction en fait.
17:38On te dit,
17:39tu ne vaux pas mieux
17:40que les coûts que je te donne.
17:41Et qu'est-ce qu'on fait
17:42à date ?
17:43Parce qu'évidemment
17:44qu'il y a des parcours
17:45des femmes qui sont sorties
17:47d'affaires.
17:47Et j'imagine que ça,
17:48c'est une grande fierté
17:49quand vos équipes
17:50ont contribué à ça.
17:52Mais il y a aussi parfois
17:53une impuissance
17:54à sauver des femmes.
17:56Souvent.
17:57On le voit dans le film d'ailleurs.
17:58On est souvent confronté
18:00à cette impuissance.
18:01D'abord parce que
18:02ce qu'explique Karine,
18:03c'est que cette roue-là
18:04fait qu'au moment
18:05où ça va très mal,
18:06les femmes demandent de l'aide.
18:07Et ensuite,
18:07lorsque le conjoint revient
18:09tout doux,
18:10tout charmant,
18:12elles se disent
18:12« Ah mais non,
18:13je suis débile.
18:13Qu'est-ce que j'allais envoyer
18:15cet homme,
18:15le père de mes enfants,
18:16en prison ?
18:18Personne ne va m'aimer
18:19comme lui.
18:19Je reviens. »
18:20Et donc,
18:20il faut que nous acceptions
18:21que notre rythme
18:22n'est pas celui de la victime
18:24et que c'est elle qui décide.
18:25Et ce sera le moment
18:27quand ce sera son moment.
18:28Il faut dire que ce film
18:30raconte un moment particulier
18:31de l'histoire
18:31de la maison des femmes.
18:32Un moment où il a fallu
18:33se battre
18:34pour avoir des financements,
18:36pour pouvoir continuer
18:36à fonctionner.
18:37D'ailleurs,
18:38vous dites,
18:38Karine Viard dans le film
18:39et peut-être Radha Athème
18:40dans la réalité,
18:41il va falloir que je mette
18:41ma cape de communicante.
18:42Il va falloir qu'on fasse
18:43comme les pandas roux.
18:44C'est ce que vous dites.
18:45Les pandas du WWF.
18:46Les pandas du WWF.
18:48Et c'est vrai que
18:48dix ans après,
18:49Radha Athème,
18:50on a du mal
18:51à simplement imaginer
18:54la possibilité
18:54que la maison des femmes
18:55ait été fermée.
18:57Il y a vraiment eu
18:58un moment
18:58où ça a été une question
19:00de vie ou de mort
19:01pour la maison des femmes ?
19:02Il y a eu un moment
19:03où elle n'aurait même
19:04pas existé.
19:05parce que le combat
19:06que raconte Mélisa
19:07en réalité se situe
19:08avant l'ouverture,
19:09avant la construction.
19:11Cette difficulté
19:11à trouver de l'argent
19:13pour construire,
19:13à convaincre les politiques,
19:15elle était très importante
19:16à ce moment-là.
19:17Une fois qu'on a ouvert,
19:18il y a eu plein de moments
19:19où on se disait
19:20oh là là,
19:20on ne va pas y arriver
19:21et il a fallu doubler
19:22de surface.
19:23Je vous ai dit
19:23que les patientes
19:24étaient arrivées
19:24en flux massif.
19:26Et là,
19:27ça a été plus facile
19:28parce qu'on ne donne
19:29qu'aux riches.
19:30Et là,
19:30on avait quelque chose
19:31à montrer.
19:31On disait,
19:31regardez,
19:32on a fait ça.
19:33donc il nous faut
19:34deux fois plus de place
19:35et l'argent
19:35là est arrivé
19:36beaucoup,
19:37beaucoup plus.
19:37Aujourd'hui,
19:38le combat,
19:38il est gagné ou pas ?
19:40Est-ce que la maison
19:41des femmes est...
19:42Voilà,
19:42les maisons des femmes
19:43puisque vous en avez
19:44ouvert une trentaine
19:44dans tout le pays,
19:45est-ce que le combat
19:46est gagné ?
19:47Est-ce que les financements
19:48sont pérennisés ?
19:49Non,
19:49ils ne sont pas à la hauteur
19:50et le gouvernement
19:51peine à donner.
19:53Leur sujet,
19:54c'est je préfère
19:54en ouvrir plus
19:55en donnant moins d'argent,
19:57ce qui n'est pas
19:57forcément une bonne idée.
19:59Mais non,
19:59le combat n'est pas gagné.
20:00Et puis il suffirait
20:01qu'on dise
20:02non,
20:03là,
20:03il faut faire des économies,
20:04on doit investir
20:05dans l'armement
20:06parce que la guerre
20:07est à nos portes.
20:08Qu'est-ce qu'on va couper ?
20:09Probablement ce genre de choses.
20:10Ce qu'on voit dans le film,
20:11c'est cette collaboration
20:15logique entre soignants,
20:16assistantes sociales,
20:17etc.,
20:17mais aussi étonnante
20:19avec des policiers
20:21qui sont en lien
20:22avec les équipes
20:23et qui peuvent intervenir.
20:25Qu'est-ce que vous vous dites
20:26quand vous voyez
20:27aujourd'hui
20:28ces femmes
20:29qui meurent
20:30sous les coups
20:31de leur conjoint
20:31alors qu'elles ont
20:32porté plainte
20:33une fois,
20:34deux fois,
20:34cinq fois ?
20:36C'est ce qui nous rend
20:37le plus en colère,
20:38c'est cette inefficacité
20:39à les protéger.
20:40Et évidemment,
20:41c'est toute la chaîne
20:42qui défaille.
20:43C'est-à-dire que
20:43les soignants
20:44font leur boulot,
20:45c'est leur boulot.
20:46Et ensuite,
20:47on est confronté
20:48à des retards
20:49de prise en charge
20:50parce que les policiers
20:51nous disent
20:52moi,
20:53on devrait être 16
20:53dans ce commissariat,
20:54on est 8.
20:55Donc évidemment,
20:55madame,
20:56on ne va pas y arriver.
20:56Les magistrats
20:57vous disent la même chose.
20:59Les procédures
21:00durent tellement longtemps
21:01qu'évidemment,
21:02on peut mourir
21:0320 fois avant.
21:04Donc ça,
21:05pour nous,
21:05c'est vraiment un enjeu
21:06là maintenant
21:07de mettre
21:08un gros coup d'accélérateur
21:09pour que très rapidement
21:11les femmes,
21:12les enfants soient protégés
21:13même quand on n'est pas sûr
21:15le principe de précaution
21:16qui consisterait
21:17à protéger un enfant
21:18qui a dénoncé des choses
21:19alors que la personne
21:21qu'il a dénoncée
21:22est encore innocente,
21:23n'a pas été jugée.
21:24Il faut protéger cet enfant.
21:25On ne peut pas se permettre
21:26de jouer avec le feu.
21:27Karine Viard,
21:28tout au long de cet entretien,
21:29vous nous avez raconté
21:30comment le film
21:31vous avait changé,
21:31comment vous aviez appris
21:33aussi sur la lutte
21:34contre les violences
21:35sexistes et sexuelles.
21:35Vous aviez raconté
21:36il y a quelques années
21:38avoir croisé la route
21:39de prédateurs sexuels.
21:40Vous disiez
21:40j'ai préféré passer
21:41à la casserole
21:41plutôt que de me rebeller
21:42parce que ça me paraissait
21:43plus simple.
21:44C'était l'expression
21:45que vous aviez eue.
21:46Et vous dites aussi,
21:47ça c'était dans le dossier
21:47de presse du film,
21:48j'ai toujours été féministe
21:49mais j'étais un peu rétrograde.
21:51C'est le mot que vous utilisiez.
21:52Est-ce que, voilà,
21:54aujourd'hui vous ne vous comporteriez
21:55pas de la même manière
21:56qu'il y a dix ans
21:57où vous pensiez
21:57qu'il y avait des comportements
21:59normaux alors qu'à l'évidence
22:00ils ne l'étaient pas ?
22:00Oui, c'est-à-dire que
22:01les femmes de ma génération
22:02on a non seulement
22:04on a trouvé normal
22:05un certain nombre
22:06de comportements
22:07qui finalement
22:08ne le sont pas
22:08mais on les a même cautionnés.
22:11Et aujourd'hui vraiment
22:12grâce à cette jeune génération,
22:14grâce à mes filles,
22:14grâce à des films comme ça
22:16en fait,
22:17je reconsidère tout ça
22:19et je ne suis plus d'accord.
22:21Je ne suis profondément
22:22plus d'accord
22:23avec des comportements
22:24que j'avais totalement
22:26internalisés.
22:27Et la violence
22:29elle est là,
22:29c'est-à-dire vous dites
22:30est-ce qu'aujourd'hui
22:30ça va, ça roule
22:32la maison des femmes ?
22:32Il faut savoir
22:33que le droit des femmes
22:34est sans arrêt rediscuté.
22:36Sans arrêt,
22:37c'est-à-dire que
22:39imaginez qu'en Pologne,
22:41bon c'est un pays
22:42très catho,
22:43mais que le droit
22:45à l'avortement
22:46disparaisse.
22:47Enfin,
22:48ça semble inimaginable.
22:50La liberté des femmes
22:51et le droit des femmes
22:52est sans arrêt rediscuté.
22:54C'est incroyable en fait.
22:57Merci.
22:57Je signale qu'on a
22:58un auditeur au Standard
22:59qui demande pourquoi
23:00il n'y a pas des maisons
23:00des femmes partout
23:01sur tout le territoire.
23:03Ça, j'imagine
23:04que vous posez
23:05la même question
23:05à Radha Athem.
23:06Voilà.
23:07Elle est sur le site.
23:08On peut faire des dons.
23:09Merci en tout cas
23:10à Radha Athem
23:10infiniment d'être venu ce matin
23:12et merci Karine Viard.
23:13La maison des femmes,
23:14ça sort la semaine prochaine
23:16au cinéma.
23:17C'est un film juste
23:18et c'est un film utile.
23:20La revue de presse à suivre.
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