- il y a 4 mois
Aujourd'hui, c'est au tour de Daniel Riolo, journaliste RMC, auteur de "Le football selon moi" (Ed. Marabout), de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00RMC face aux grandes gueules
00:02C'est un collègue de bureau, c'est un copain, c'est Daniel Riolo qui est avec nous, l'homme de l'after tous les soirs sur RMC avec Gilbert Briboy, le chroniqueur aussi chez Estelle Denis.
00:14Bonjour Daniel !
00:14Salut Alain, salut tout le monde !
00:15Il revient avec ce livre, Le foot selon moi, aux éditions Marabout, alors c'est un abécédaire, ton amour du football.
00:21Avant de prendre cet abécédaire, je voudrais que tu nous racontes comment toi tu es tombé dans le football en fait, à quel âge, cet amour, cette passion du foot ?
00:30C'est vraiment très simple, c'est de la transmission, c'est culturel, je suis d'origine italienne, ça l'est beaucoup moins aujourd'hui d'ailleurs, il y a une grosse évolution en Italie par rapport à ça,
00:40mais tu sais que très longtemps on disait, le football c'est une religion en Italie, et j'ai connu l'époque où ça l'était vraiment, où c'était la messe le matin, le repas, et puis il y avait les matchs, ils étaient tous le dimanche après-midi là-bas.
00:50Donc il y a une vraie culture de ça, donc moi quand j'y allais, quand j'étais gamin...
00:53Tu allais où, tu as grandi où en fait, c'était où ?
00:56Ah non, moi j'ai grandi ici, dans l'Essonne.
00:59Oui mais, ta culture italienne, elle est de quel endroit ?
01:02Ah, en Sicile, à côté de Palerme.
01:05Donc le foot, c'était dans ma vie, parce que mon père me racontait la Coupe du Monde 70,
01:10j'ai pas vu celle de 74, et mes premiers moments de foot, c'est 76, c'est les Verts.
01:16Moi j'ai grandi avec les Verts, où j'étais persuadé qu'il n'y avait pas d'autres équipes,
01:18parce que le foot passait même pas à la télé, il y en avait très peu des matchs qui passaient,
01:22et je croyais qu'il n'y avait que cette équipe-là.
01:25Et mon club, le club de ma vie, c'est le PSG, et je l'ai découvert tard,
01:29parce que comme le premier match du PSG, il passait à la télé en 82, c'est la finale de la Coupe de France.
01:33Et là je lui ai dit, oh bah tiens, il y a un club à côté de la maison,
01:36enfin un peu loin de la maison quand même, parce que j'étais à 25 km.
01:39Et là, j'ai commencé, je ne sais pas si on se rend compte que les matchs de championnat,
01:44jusqu'à 84, ça ne passait pas à la télé.
01:46Donc on avait les matchs de Coupe d'Europe de temps en temps,
01:48on avait l'équipe de France qui passait.
01:51Et la finale de la Coupe.
01:51Et la finale de la Coupe.
01:53Et donc mes premiers héros, c'est évidemment Platini,
01:55parce que c'était l'homme de l'équipe de France,
01:56donc quand tu regardais les bleus...
01:58Il y a d'ailleurs P comme Platini.
01:59Le Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Bonsoir de Thierry Rolland,
02:02c'est le rendez-vous en famille.
02:04Mais tiens, puisqu'on parle de P,
02:05parce que tu dis P comme Platini, il y a P comme passion et pognon.
02:09Aussi dans ton dictionnaire du foot,
02:12c'est-à-dire que le pognon a pris le pas sur la passion aujourd'hui ?
02:16Alors justement, non, c'est ce que je veux dire là-dedans,
02:18c'est dans cette lettre-là,
02:21c'est que, alors c'est également ce qu'on fait beaucoup dans l'after,
02:24c'est de faire tomber les idées reçues
02:25et d'aller dans une recherche de la vérité.
02:28Ce que je dis dans le livre, c'est ma vérité.
02:30Et moi, je trouve ça toujours terrible quand on dit
02:33« Ouais, le pognon a pris le pas maintenant ».
02:35Mais en fait, le pognon, il a toujours été présent dans le foot.
02:38Et je raconte et je donne un tas d'exemples,
02:40mais le pognon, si les verres sont forts en 1976,
02:42c'est déjà parce qu'ils ont plus d'argent,
02:44c'est déjà parce que leur patron,
02:46c'est également le patron des chaînes de supermarchés Casino.
02:50C'est parce qu'ils ont plus d'argent que les autres.
02:52Et ça a toujours été comme ça.
02:53Et quand Tapie arrive à l'OM, c'est aussi une affaire de pognon.
02:56Et quand Olaz construit Lyon petit à petit,
02:59j'y pense parce que vous avez parlé d'Olaz il y a un quart d'heure,
03:01c'est aussi parce que petit à petit,
03:03ils dirigent une entreprise qui fait beaucoup d'argent
03:06et que cet argent va également permettre à l'OL d'en avoir.
03:10Le foot, ça a toujours été une histoire de pognon.
03:12Donc le côté romantique du football,
03:15moi aussi je suis romantique,
03:15en fait on est tous nostalgiques.
03:18Le foot, ça rend nostalgique.
03:20Parce que ça ramène à l'enfance.
03:21On pense tous que c'était mieux avant
03:23parce que ça ramène à l'enfance, ça ramène à l'adolescence.
03:25Mais en fait, des histoires de pognon, des histoires de transfert,
03:28je raconte qu'en 86, on m'apprend que j'irai,
03:32j'ai 16 ans, on me dit,
03:34je suis en Italie d'ailleurs en vacances,
03:35on me dit, j'irai s'il va aller à Marseille.
03:38Et là je me mets à hurler, je me dis pardon ?
03:40Non, j'irai, c'est Bordeaux, c'est la fidélité, la loyauté,
03:42c'est impossible.
03:43Et là, c'est un peu ma découverte à moi du foot business.
03:46Parce que Tapie réussit à l'avenir
03:47en lui proposant plus d'oseilles que Claude Besse pouvait bien le donner.
03:50Qu'est-ce que vous avez pensé du livre ?
03:54Moi j'ai bien aimé le livre de Daniel,
03:56et j'ai surtout aimé ton habileté à éviter les procédures.
04:00Et comme moi je ne suis pas un mec gentil,
04:01je vais essayer de te plonger dans les procédures.
04:04J'en ai assez comme ça, laisse-moi tranquille,
04:07j'en ai en cours en plus.
04:08À haine comme Neymar,
04:09tu racontes que ça s'est terminé au tribunal.
04:13Malheureusement, ces derniers temps,
04:14il y a une espèce de tendance quand même
04:16à vouloir qu'on aille devant les tribunaux.
04:18Ce n'était pas le cas il y a 10-15 ans.
04:20Donc j'en ai un en cours,
04:21c'est le 20 novembre des champs.
04:23Et Neymar, c'était le 7 juillet 2023.
04:28Je m'en souviens très bien,
04:28et la date aussi,
04:29parce qu'avant il y en avait eu,
04:30mais je n'y allais pas.
04:32Parce que le journaliste n'est pas toujours obligé d'y aller au tribunal.
04:35Mais là, on m'avait dit,
04:36là Neymar, il faut vraiment être là,
04:37il faut t'expliquer.
04:39Et je me souviens que ça a été stress de préparer.
04:42Et puis stress par rapport à l'employeur,
04:44à celui qui te paye,
04:44parce que tu ne veux pas que son nom soit sali.
04:47Et puis mine de rien,
04:48il y a quand même des sommes à payer si tu perds.
04:50Et donc j'étais très très très gêné par rapport à ça.
04:52C'était la première fois que c'était aussi important.
04:54Et à ce moment-là,
04:56je pense que je m'en souviendrai longtemps.
04:58Neymar, évidemment, il n'était pas là.
04:59Parce que pour lui, c'est une goutte d'eau,
05:00il n'en a rien à tirer.
05:01Il n'y avait que son avocat qui était là.
05:02Tu dénonçais son train de vie,
05:03enfin son train de vie dans son moche de vie.
05:04C'est juste ce commentaire,
05:05comme vous pouvez faire en parlant des hommes politiques.
05:08En fait, on pourrait être en procès en permanence.
05:10D'ailleurs, les politiques le font beaucoup moins que les sportifs.
05:13Les sportifs...
05:14Ça va venir, ça va venir.
05:15Mourad, deux choses.
05:16La première, c'est que tu parles de ton amour inconsidéré pour Vincent Labrune.
05:20Ah, il était là, il t'aille chercher la lettre.
05:23Et il y a un petit passage,
05:25quand je lis aussi le passage sur les agents,
05:27où tu dis que Vincent Labrune adorait faire les surtransfert,
05:30des transferts incessants.
05:32Est-ce qu'il y a une idée sous-entendue à travers ça ?
05:36Enfin, je pense que c'est vraiment la personne avec laquelle je suis.
05:39Parce que comme beaucoup de gens me disent
05:41« Ah, t'as enfin fait un livre bienveillant,
05:44où tu parles de ta passion, des choses que tu aimes et tout. »
05:46Il y a quand même quelques coups de canif de temps en temps.
05:49T'es allé chercher le coup de canif, t'as raison.
05:51Non, je lui dis en fait,
05:52autant des champs, tout le monde sait,
05:54et je dis quand même,
05:55mais malgré tout, il est absolument indéniable
05:57que ce gars-là ait un puits de science en matière de football,
06:00qu'il sait gagner,
06:00même si on n'aime pas toujours la façon qu'il a de gagner.
06:02En revanche, là, t'es allé vraiment chercher le personnage.
06:05En fait, je dis,
06:06je ne lui vois aucune compétence.
06:08Mais vraiment zéro.
06:09Et pour le coup, j'explique,
06:10parce que je l'ai quand même fréquenté,
06:12je le connais,
06:12j'ai pas mal d'anecdotes coulisses sur lui.
06:14Tu dis, il n'a jamais rien réussi,
06:15jamais rien construit,
06:16il est pris dans la ligue de football.
06:18Cette phrase est effrayante,
06:19mais il est sympa, Vincent.
06:21Et ça, pour ses amis, c'est suffisant.
06:23À chaque fois que tu parles,
06:24« Ah non, on sait qu'il est nul comme président de la ligue,
06:26mais il est sympa. »
06:27C'est le gars qui t'invite à prendre un café,
06:28qui t'invite à déjeuner,
06:29et il est sympa dans ce cadre-là.
06:30Mais ce n'est pas une compétence d'être sympa.
06:39Et à moins que je sois passé à côté,
06:41j'ai cherché à N Nasser Al-Kalafi.
06:43Je ne l'ai pas trouvé.
06:44Parce que tu as arrêté la lettre de cul, Qatar.
06:46Non, mais je pensais qu'il mériterait
06:47un petit chapitre,
06:49parce que c'est un personnage dans le football
06:51qui fait croire à tout le monde
06:53que c'est son argent,
06:54alors que ce n'est pas son argent,
06:55qui a des moyens surdimensionnés
06:57par rapport aux autres,
06:58et qui fait croire qu'il a un talent surdimensionné,
07:00alors qu'il n'a jamais mis un euro
07:02dans le Paris Saint-Germain.
07:03Et je ne crois pas en plus
07:04qu'il en ait beaucoup de talent,
07:06mais il a réussi à s'entourer
07:07pour néanmoins construire un club
07:09en termes de business
07:10et maintenant de réussite sportive,
07:12ce qui n'était pas le cas jusqu'à l'année dernière.
07:13C'est un talent quand même.
07:14Qui est aujourd'hui absolument incroyable.
07:16Avec les moyens qu'on a mis en place,
07:19c'est un talent, c'est un minimum.
07:21C'est avoir s'entouré.
07:22Joël Dagoceri.
07:23Non, moi j'ai bien aimé
07:24parce que j'aime bien le foot,
07:26déjà beaucoup,
07:26ça me vient de ma maman,
07:27un peu de mon papa,
07:28mais plus de ma maman
07:28qui regarde beaucoup le foot
07:30et qui continue à regarder le foot.
07:32Et j'ai des souvenirs
07:33qui remontent, allez,
07:3488, 86,
07:39où je commence à me rappeler du foot.
07:40Donc j'ai bien aimé relire un peu
07:42quelque part l'historique,
07:44des choses que je n'ai pas connues aussi.
07:46Et il y a deux trucs en fait
07:47chez toi que je remarque.
07:50J'ai l'impression que tu aimes bien
07:51être un peu à contre-courant.
07:53Alors c'est un courage pour moi.
07:54Par exemple, tu dis que tu as pris du temps
07:55à reconnaître Maradona en tant que légende.
07:59Alors que bon, c'était quand même...
08:03Il y a peu de gens qui vont...
08:04Mais est-ce que tu crois vraiment
08:05qu'en 86, en France,
08:07quand il gagne la Coupe du Monde,
08:08en France, il est aimé ?
08:10Moi je dis qu'à l'époque,
08:11je le détestais.
08:12Parce que d'abord, on nous dit,
08:13et c'est vrai parce que je le constate,
08:14moi j'ai 16 ans,
08:15je suis en construction
08:16de ce que doit être un homme,
08:17c'est-à-dire pas un tricheur,
08:19pas un voleur,
08:20et lui, il a tout ça.
08:21Parce qu'il fait cette main
08:22à la Coupe du Monde,
08:24il faut se souvenir
08:25de comment Thierry Roland
08:26et Jean-Michel Larquet
08:26commentaient les matchs,
08:27ils ne le présentaient pas
08:28comme un héros.
08:29J'ajoute à ça le parallèle
08:30que moi je faisais toujours
08:31avec Platini,
08:32et moi j'adorais Platini,
08:33et pour moi c'était le rival.
08:35Qui était le meilleur joueur du monde ?
08:36C'était l'un ou c'était l'autre ?
08:37Quand t'as 16 ans,
08:38moi il y avait une espèce de guerre.
08:41Et moi Maradona,
08:41c'est un dieu aujourd'hui pour moi,
08:43et je dis en fait,
08:44c'est un joueur pour adultes,
08:45c'est pas un joueur pour enfants.
08:47À ce moment-là,
08:47c'est pas un joueur pour enfants.
08:48Et moi je grandis avec Maradona,
08:50qui est le gars qui fait la main,
08:52qui est le gars qui soi-disant
08:53traîne avec les camorristes à Naples,
08:55c'est le gars qui mouille un peu
08:56dans la drogue,
08:57c'est pas les valeurs
08:58qu'on m'enseignait.
08:59Donc ce gars-là,
08:59moi c'était Platini,
09:00c'était le gars chevaleresque,
09:02le romantique et tout ça.
09:03Maradona c'était l'opposé.
09:05Et puis en plus,
09:05il y a mon histoire perso,
09:06c'est qu'en 90,
09:07il fait ce fameux demi-finale
09:08contre l'Italie,
09:09la France n'est pas à la Coupe du Monde.
09:10Donc comme tous les binationaux,
09:12quand ça ne va pas d'un côté,
09:13on a la chance d'en avoir deux.
09:14Donc moi j'en avais deux,
09:15et en 90,
09:16il y a cette demi-finale
09:16contre l'Italie
09:17qui fait pleurer toute l'Italie
09:18et Maradona est le héros de l'Argentine.
09:20Je le déteste,
09:21mais c'est même pas que je le déteste.
09:22Je me fous de savoir
09:23que c'est en meilleur.
09:24Maradona,
09:25c'est Manu Chao,
09:25c'est la Mano Negra,
09:26il a toute une durée.
09:28Et ça, ça vient après,
09:29c'est quand je grandis
09:30que je prends conscience.
09:31Dans ton truc à contre-courant,
09:32tu récidives avec Luis Enrique,
09:34parce que c'est quand même devenu
09:36le dieu de Paris.
09:39C'est quand même,
09:40il est sacré.
09:41Donc, qu'est-ce qu'il fait ?
09:43Donne-lui l'équipe de serre.
09:44Toi, t'aimes le PSG,
09:46enfin, t'adores le PSG,
09:47et tu rentres pas dans la vague,
09:49tu rentres pas dans la vague,
09:50tu vois, Luis Enrique.
09:51Moi, j'ai du mal,
09:51je le dis à plein de lettres,
09:55je n'aime pas l'unanimisme
09:57et l'idolâtrie.
09:58Donc, en fait,
09:58souvent, mes critiques
09:59sont à la hauteur
09:59de ce que j'entends
10:00de gens qui sont...
10:01On me dit,
10:02toi, t'es excessif.
10:03C'est possible,
10:04mais je t'assure
10:05que parfois,
10:06l'idolâtrie,
10:06elle est excessive
10:07dans le fait
10:07de ne pas vouloir critiquer.
10:09Et quand...
10:09Je vois pas pourquoi.
10:10C'est la même chose
10:11dans la politique.
10:12On peut très bien
10:12trouver un type génial
10:13en 2017
10:14quand il est élu
10:14et le trouver
10:15qu'il a plein d'idées
10:16et se dire,
10:16six mois après,
10:17oula, ça sent mauvais,
10:18ou un an après,
10:19oula, ça sent mauvais.
10:20Dans la politique,
10:21ça donne Sarkozy 2007
10:22où il fait naître
10:23plein d'espoir.
10:24Six mois après,
10:25moi le premier,
10:26beaucoup de déceptions.
10:27Ça a donné Macron et tout.
10:28Luis Enrique,
10:29quand il arrive,
10:30moi, je peux débattre
10:30des heures sur le fait
10:31que je n'aime absolument
10:32pas ce qu'il fait.
10:33Je constate après
10:34qu'il change du tout au tout
10:35dans sa communication,
10:36dans sa façon de manager.
10:39Mais je n'ai pas le droit
10:39de le dire.
10:40Parce qu'il y a six mois,
10:40j'avais dit ça.
10:42Non, je ne vois pas
10:43pourquoi on ne pourrait
10:43pas évoluer.
10:44Eux évoluent.
10:44Ils évoluent dans leurs discours.
10:46Ils changent.
10:46Ils ont des conseillers en com.
10:48Ils ont plein de gens
10:48pour changer.
10:49Mais nous,
10:50on ne peut pas dire
10:51maintenant,
10:52j'aime bien ce que tu fais.
10:53Avant, je n'aimais pas
10:53ce que tu faisais.
10:54Moi, j'ai dévoré
10:56le livre.
11:00J'étais très nostalgique
11:01en le lisant.
11:02Parce que je suis un pro-PSG
11:04des années 80-90.
11:07Là, en revanche,
11:07par exemple,
11:08j'ai beaucoup de mal
11:08à critiquer les années 90-90.
11:10C'est une sorte de rêve.
11:11C'est parce que ma jeunesse.
11:12Quand tu parles
11:13de St-Fadalèbe,
11:14je ne sais pas
11:14s'il est encore connu
11:16par les amoureux de foot.
11:17Ce serait bien
11:18que les gens s'en souviennent.
11:20C'était exceptionnel.
11:20Mais quelque part,
11:21quand je le lis,
11:23alors plein de fois,
11:23je ne suis pas d'accord
11:23avec toi
11:24sur tes engagements,
11:26mais je respecte
11:27parce que j'aime justement
11:28le journaliste
11:29qui a un avis
11:31et qui argumente.
11:32Là, c'est doux.
11:34C'est trop doux.
11:35Je m'attendais
11:36que ça pique.
11:38Mais pas sur les souvenirs.
11:39Sur les souvenirs,
11:40ça ne peut pas piquer
11:40des souvenirs.
11:41Tu m'as fait pleurer.
11:41Tu m'as fait pleurer
11:42sur quoi ?
11:43Sur Mustapha Dallèbe,
11:44notamment ?
11:44Sur Louis.
11:45Mais toute cette génération.
11:46Louis Fernandez,
11:47pour moi,
11:47je ne suis pas d'accord
11:49avec lui
11:49sur Diego Maradona.
11:50Diego Maradona,
11:51c'est Robin Desbois.
11:51Maradona,
11:52ce n'est pas que je ne suis pas d'accord.
11:53Moi, je l'adore,
11:53c'est mon dieu.
11:54C'est à l'âge adulte.
11:55Non, mais gamin,
11:55c'est mon jarre Robin Desbois.
11:56Mais toi,
11:57tu l'aimais enfant ?
11:58T'as à quel âge
11:59en 86 ?
12:00Je suis en 64.
12:01Ça fait 22 ans.
12:02J'ai adulé
12:03Diego Maradona.
12:04Moi, à 16 ans,
12:05je n'y arrivais pas.
12:06En 86,
12:07on l'appelait
12:07comme le successeur de Pelé.
12:08C'est le gars
12:09qui sort les bafons.
12:09Je ne comprenais pas
12:10ce qu'il était.
12:10Il sort les bafons
12:11d'Argentine
12:13et qui devient un dieu.
12:14Il est un génie.
12:15Et qui est capable
12:15de dire,
12:16je le sais,
12:16mais je ne l'ai
12:17à la FIFA,
12:19qui va rencontrer le pape
12:20et qui lui explique
12:21ce que vous faites.
12:22Vous me racontez,
12:23vous êtes pour les pauvres.
12:25Et là-haut,
12:26l'or que vous avez
12:26sur le toit,
12:28donnez-le aux gens,
12:29donnez-le.
12:30C'est vrai qu'il est capable
12:30d'avoir des opinions.
12:31On n'aime pas.
12:32Mais qui était tranché,
12:33qui était combattant.
12:34Alors,
12:34sur ses opinions politiques,
12:35alors là,
12:36franchement,
12:36ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux.
12:37Non,
12:37ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux.
12:37Moi,
12:38il y a...
12:39Mais c'était plus tard.
12:42Je vais lui dire
12:42qu'il y a mon passage préféré
12:43dans l'île.
12:43Franchement,
12:50ton passage préféré,
12:51c'était...
12:51C'est Benzema.
12:52Benzema.
12:53Je vais y revenir.
12:54Et Mourad,
12:55c'est...
12:56Ah mais moi,
12:57c'est Johan Cruyff.
12:58C'est le seul point d'accord
12:59que j'ai avec Eric Zemmour,
13:01c'est vous dire.
13:02Je pense que...
13:03Le seul point où je suis d'accord
13:04avec Eric Zemmour,
13:05c'est qu'il dit
13:06que le plus grand joueur...
13:06Moi,
13:07tu es tiens,
13:07c'est Johan Cruyff.
13:07Le problème,
13:08Mourad,
13:08c'est qu'il est au-delà.
13:09Il est au-delà.
13:09Il est au-delà.
13:09Il est au-delà.
13:09Il est au-delà.
13:10Il est au-delà.
13:11Je suis d'accord avec lui.
13:12Mon chapitre préféré
13:13dans ton livre,
13:15c'est T'es qui, toi ?
13:17Ah mais c'est normal
13:17parce que t'es journaliste.
13:18T'es qui, toi ?
13:19Et ça, j'ai...
13:20Oui, t'as pas joué au football,
13:21donc tu peux pas...
13:22Explique ce que c'est
13:23que le fameux T'es qui, toi.
13:24C'est quand on dit
13:25à Daniel Ruyolot,
13:26un journaliste,
13:26T'es qui, toi,
13:27pour juger le vôtre critiqué ?
13:29T'es qui, toi,
13:29pour critiquer ?
13:30Et donc,
13:31alors c'est un argument
13:32qui commence à être
13:32un petit peu éculé
13:33parce que les gens,
13:34j'ai l'impression,
13:35ils le comprennent,
13:36ça revient de temps en temps.
13:37Mais t'es qui, toi,
13:38pour parler de politique ?
13:38T'as pas été élu, Alain Marshall ?
13:39Tu t'es présenté
13:40à la mairie de Nice ?
13:41Pas encore ?
13:41T'attends encore...
13:42Un petit peu, oui.
13:43Un petit peu, voilà.
13:43Et puis ça serait déloyal
13:44pour les autres candidats.
13:47T'es qui, toi,
13:47pour parler, Yves,
13:48d'autre chose que de bouffe ?
13:50Je suis moi.
13:50J'ai le droit.
13:51Et voilà.
13:52Laisse-moi te dire,
13:52j'ai le droit.
13:53Et nous,
13:54on a quand même une formation.
13:56On parle avec des gens,
13:58on se nourrit de l'expérience,
13:59des témoignages qu'on entend,
14:00on travaille
14:01avant de donner notre avis.
14:03Et le t'es qui, toi,
14:04alors,
14:05c'est le t'es qui, toi,
14:06pour dire du bien,
14:07du mal,
14:08mais t'es qui, toi,
14:08pour dire du bien ?
14:09T'es qui, toi,
14:10pour dire,
14:11oh, cette frappe,
14:12qu'est-ce qu'elle est ratée ?
14:12Et quand elle est dans la lucarne,
14:13c'est fantastique !
14:15T'es qui, toi,
14:16pour t'enflammer,
14:16t'as jamais joué à ce niveau-là,
14:17tu peux pas savoir
14:17que c'est bien
14:18de l'avoir mis en lucarne
14:19de cette façon-là.
14:20Donc ça ne devrait être
14:21qu'extase.
14:22Et c'est vrai que le journalisme
14:22dans le sport
14:23n'a toujours été,
14:24c'était la phrase
14:25de Charles Bietry
14:26avec qui j'étais
14:27en désaccord profond
14:28sur son approche du métier,
14:29c'était véhiculer des émotions.
14:32Moi, je pense que
14:32ça ne doit pas être que ça.
14:34On doit pouvoir étudier
14:35ce qui se passe derrière,
14:36l'économie du sport,
14:37l'économie du foot,
14:38ce qui se passe dans un vestiaire,
14:40raconter.
14:41Il y a mille choses à raconter,
14:42c'est une matière
14:42absolument formidable.
14:43Donc on peut critiquer
14:44et je rappelle à chaque fois
14:45que les plus grands entraîneurs,
14:47ils se trouvent,
14:47en tout cas la plupart,
14:48n'ont pas été des grands joueurs.
14:50Autant Luis Enrique
14:50a été un très grand joueur,
14:52tout comme Guardiola,
14:53autant Mourinho,
14:54ou Arrigo Saki,
14:55et le pire de tous,
14:57Saki,
14:57je pense que je lui mets
14:58une dose en foot,
15:00mais alors,
15:00je suis sûr
15:01parce qu'il s'avait à peine joué.
15:03Et ça a été un penseur
15:05qui a influencé
15:07tous les autres.
15:07Dans ce dictionnaire,
15:09l'autre,
15:09parce que le Téquitoa,
15:10j'ai adoré,
15:11mais il y avait,
15:11il y a le M,
15:13M comme Merguez.
15:15Et oui,
15:15M comme Merguez,
15:16le football,
15:17le son,
15:17le rigolo.
15:17Tu t'y retrouvais ou pas
15:18quand t'allais au stade duré ?
15:19Pourquoi tu mets Merguez ?
15:21Parce que c'était le truc,
15:24parce que quand j'allais,
15:25je raconte que quand j'allais au parc,
15:27en fait,
15:27c'était une sorte de luxe.
15:29Parce que,
15:30déjà,
15:30il fallait pouvoir se le payer,
15:32c'est un sandwich,
15:32et moi,
15:33je venais avec mes sandwiches à moi,
15:35mais quand j'avais deux,
15:36trois ronds,
15:37je suis pareil,
15:37je trouve qu'il y avait
15:38une espèce de magie
15:39à pouvoir se payer la Merguez.
15:41Ça faisait partie du spectacle.
15:42Et ça sentait bon,
15:43et je disais,
15:44en fait,
15:44je me souciais même pas
15:45de savoir que le mec
15:46qu'il la faisait,
15:47il la faisait sur des caddies
15:48retournés,
15:48sur des grilles
15:49qu'à mon avis comportaient.
15:50Aujourd'hui,
15:51il est au trou,
15:51s'il fait ça.
15:51Le mec,
15:52s'il fait ça,
15:52il est au trou.
15:53Il enlevait la mie
15:54avec ses doigts absolument dégueulasses.
15:55Tu les as encore ?
15:56Ils sont là encore.
15:57Il mettait des espèces de sauce
15:59dans des tubes dégueulasses,
16:00et en fait,
16:00on s'en foutait.
16:01Et personne n'a jamais été malade.
16:02Personne.
16:04Et pour moi,
16:04c'était mon luxe.
16:06C'était quand j'avais
16:07les deux, trois ronds
16:07avec les potes.
16:08Ah,
16:08on se fait la Merguez avant
16:09ou après le match.
16:10Et quand on pouvait le faire,
16:11c'est parce qu'il y a
16:12cette espèce de chaleur,
16:12ça puait,
16:13mais on s'en foutait
16:13que ça puait.
16:14Il y avait une vraie nostalgie
16:15autour du sandwich Merguez.
16:17Maintenant,
16:17ce n'est plus du tout ça.
16:18Parce que maintenant,
16:18il faut la payer
16:19à l'intérieur du parc,
16:20elle coûte une fortune.
16:21Et tu payes une blande.
16:22Mais peut-être qu'elle
16:22est meilleure de qualité.
16:23Le football,
16:24selon moi,
16:25aux éditions Marabout,
16:26découvrez le petit livre de Daniel.
16:27On arrive à période
16:28des cadeaux de Noël.
16:29Vous pouvez faire une commande,
16:30franchement,
16:31pour les amours et du foot.
16:32Vous pouvez détester
16:33Daniel Riolo,
16:34vous pouvez l'aimer,
16:35mais il y a une chose
16:36qu'on ne peut pas lui reprocher,
16:37c'est que le foot,
16:38il est connu à Rion.
16:39Et ça,
16:39on s'y retrouve tous dedans.
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