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  • il y a 13 heures
Tous les matins à 7h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

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Transcription
00:01R.M.C. jusqu'à 9h. Apolline Matin. Apolline de Malherbe.
00:08Il est 7h14 et vous êtes bien sûr R.M.C. et R.M.C. Story.
00:11La France va-t-elle devenir la passoire de l'Europe ?
00:13Voilà l'accusation faite par une partie de la droite et notamment M. Bellamy
00:18qui accuse le gouvernement de ne pas suivre l'Union Européenne
00:22dans une manière de durcir sa position vis-à-vis de l'immigration illégale.
00:26Qui mieux que vous pour y répondre ?
00:28Benjamin Haddad, bonjour. Vous êtes le ministre en charge de l'Europe.
00:32Est-ce que vous allez soutenir le texte qui est en train d'être travaillé
00:35qui devrait aboutir dans les tout prochains jours du côté de l'Union Européenne
00:38qui prévoit notamment de durcir et de renforcer le renvoi des migrants
00:45qui n'auraient pas obtenu le droit d'asile ?
00:48Mais non seulement la France soutient ce règlement retour
00:50qui renforcera nos mécanismes pour pouvoir mieux expulser
00:53mais en plus c'est la France qui l'a demandé.
00:56Depuis 2018, on demande la révision de ce texte
00:59pour avoir plus de marge de manœuvre par exemple sur les rétentions administratives
01:02sur les durées ou sur les causes de rétention
01:04sur le fait de pouvoir faciliter les départs forcés
01:08et en faire d'une certaine façon la norme dans les départs
01:11pour renforcer les motifs de fouille.
01:14Voilà, ça montre en fait une Europe qui sort de la naïveté migratoire
01:17qui se donne les moyens de contrôler ses frontières extérieures
01:20qui se donne les moyens de faire respecter ses règles.
01:23C'est tout ce que la France a toujours demandé. Nous avons eu une négociation
01:26parce que vous le savez, ces sujets sont souvent très techniques.
01:29Il y a un certain nombre de mécanismes qu'il faut être capable de transposer
01:33aussi après dans le droit intérieur.
01:34Donc tout ça peut mettre du temps.
01:36Donc il y a eu une négociation entre les États membres, la Commission
01:38et le Parlement européen.
01:40J'ai bon espoir que nous aboutirons à un accord, un compromis
01:44dans les tout prochains jours.
01:45En tout cas, effectivement, c'est une avancée importante.
01:48Ce qui pourrait avoir lieu à Bruxelles et puis ensuite, il faudra le retranscrire
01:52dans notre droit.
01:54Vous ne vous y opposerez pas ?
01:55Non, pas du tout, au contraire.
01:57C'est le gouvernement d'ailleurs qui le présentera.
01:59Il y aura quelques dispositifs qu'il faudra retranscrire
02:01et puis après, il faudra bien sûr adapter nos moyens, nos dispositifs,
02:04ce qui est normal évidemment quand on renforce les moyens face à l'immigration irrégulière.
02:08Aujourd'hui, au niveau global de l'Union européenne,
02:09il n'y a que 20% des décisions d'expulsion
02:11qui sont véritablement suivies de faits.
02:14C'est-à-dire que seuls 20% de ceux qui devraient être expulsés d'Union européenne
02:18le sont véritablement.
02:19Et parmi l'arsenal proposé par ce texte,
02:23il y a notamment l'installation de hubs.
02:25Ce qu'on appelle des hubs, c'est des centres qui seraient aux portes de l'Union européenne
02:29dans lesquels on renverrait dans un premier temps les étrangers
02:32dont les demandes d'asile ont été rejetées
02:34avant qu'ils ne puissent retourner dans leur pays d'origine.
02:38Est-ce que vous y êtes favorable ?
02:39Une sorte de port de transition.
02:41Vous avez raison de le dire, il n'y a que 20% des OQTF
02:45qui sont exécutés au niveau européen.
02:48Et donc ce texte, il vise à renforcer nos moyens de lutte contre l'immigration irrégulière.
02:51A la fois sur le renforcement des motifs de rétention,
02:54sur le fait de pouvoir favoriser les retours forcés,
02:56sur le fait de renforcer les motifs d'enquête.
02:58Il donne aussi la possibilité aux États membres qu'ils souhaitent
03:01de faire appel à ce qu'on appelle des hubs,
03:03c'est-à-dire de pouvoir dans des pays tierces
03:05avoir des centres pour expulser.
03:08Jusqu'ici, c'est vrai qu'on a été un peu sceptiques sur l'utilisation,
03:12pas pour des raisons morales ou politiques, je veux être assez clair là-dessus,
03:14mais sur leur efficacité d'un point de vue logistique et d'un point de vue...
03:17Si vous ne les envoyez pas dans les hubs,
03:19que ferez-vous de ceux que vous souhaitez expulser
03:22en attendant qu'ils ne puissent obtenir un visa,
03:26un laissé-passer consulaire ?
03:28Non, mais c'est pour ça que ce texte donne la possibilité effectivement
03:30aux États membres qui le souhaitent de pouvoir avoir recours à ce dispositif.
03:32Mais j'entends dans vos mots, pardon monsieur le ministre,
03:34mais j'entends dans vos mots que vous dites, bon, cette possibilité,
03:37mais ça veut dire que la France ne l'utilisera pas ?
03:38Mais je réponds à votre question, ça donne aussi des moyens,
03:41et d'ailleurs, en plus des autres textes que nous sommes en train d'adopter
03:43ou que nous avons déjà adoptés au niveau européen
03:45pour renforcer notre réponse face à l'immigration irrégulière,
03:48de mettre plus de pression sur les moyens de départ et de transit
03:51à travers l'utilisation des visas, de l'aide au développement,
03:54c'est ce que nous sommes en train de faire.
03:55C'est plus fort quand on le fait à 27 pour pouvoir faire partir les immigrants.
03:59Vous ne m'avez pas répondu sur le fait que la France,
04:02est-ce que ça veut dire que la France n'en verra pas ?
04:05Ce texte vous donnera la possibilité de le faire,
04:09mais ensuite, est-ce que vous, vous dites ce matin,
04:11oui, on utilisera ces hubs ou non, on n'utilisera pas ces hubs ?
04:13Moi, je pense qu'il n'y a pas de tabou sur ce sujet.
04:15Jusqu'ici, la France ne l'a pas fait.
04:17Il y a, en fait, je crois que l'Italie qui avait essayé de le faire,
04:20mais qui, pour l'instant, n'a pas obtenu de résultat en utilisant ces hubs,
04:23mais encore une fois, ce texte...
04:24Vous ne vous interdirez pas la possibilité de renvoyer
04:27un certain nombre de migrants déboutés du droit d'asile dans ces hubs ?
04:30Mais je pense que, pour l'instant, il ne faut rien s'interdire
04:32quand on veut lutter et faire respecter notre droit
04:35et lutter contre l'immigration irrégulière.
04:37Par ailleurs, je voudrais dire que,
04:39si vous regardez les résultats qui ont été obtenus ces dernières années,
04:43l'immigration, les entrées irrégulaires dans l'Union européenne
04:46ont diminué de moitié ces dernières années
04:48et ça continue cette année en 2026.
04:51C'est aussi parce que nous avons renforcé nos moyens,
04:53à la fois la coopération avec les pays de transit et de départ,
04:57à la fois le renforcement de Frontex,
04:58l'agence de contrôle des frontières extérieures de l'Union européenne.
05:02On montre que, quand on est à 27, on obtient des résultats.
05:04Le Rassemblement national, pendant longtemps, nous a dit
05:06« C'est impossible, il faut sortir, il faut prendre des mesures nationales,
05:09sortir des textes européens. »
05:11Marine Le Pen avait dit
05:12que ses députés se battraient de toutes leurs forces
05:15contre ce règlement retour,
05:16qu'ils s'y opposeraient.
05:17Et ils ont fini par voter pour.
05:19Ils n'ont plus aucun logiciel sur les questions migratoires
05:22et sur les questions européennes.
05:23Nous, nous avons toujours tenu une ligne très claire,
05:24c'est la fermeté sur les questions migratoires,
05:27mais c'est plus efficace quand on le fait au niveau européen,
05:29quand on met des moyens communs,
05:30quand on est capable de mettre la pression sur les pays de transit et de départ
05:33avec des instruments européens,
05:35qu'on y met des ressources.
05:36Et c'est comme ça que nous obtenons des résultats concrets.
05:39Encore une fois, une baisse de moitié des entrées irrégulières
05:41dans l'Union européenne ces deux dernières années.
05:42Et là, on renforce encore plus les dispositifs avec ce règlement retour.
05:46Benjamin Haddad, une question sur Xenia Federovain,
05:49l'ancienne patronne de Russia Today,
05:51la chaîne d'information russe.
05:53Elle est aujourd'hui chroniqueuse dans certains médias
05:56et elle reprend, je cite,
05:57« les narratives de la propagande russe ».
06:00Voilà ce qu'affirme le Quai d'Orsay,
06:02le ministère des Affaires étrangères.
06:04Peut-elle rester sur le sol français ?
06:08Visiblement, son visa a été renouvelé.
06:11Est-ce que ce n'est pas paradoxal d'avoir d'un côté cette affirmation,
06:14elle reprend le narratif de la propagande russe
06:17et de l'autre, de lui autoriser le séjour sur le sol français ?
06:21Alors, moi, je voudrais distinguer les deux points.
06:23Je pense que c'est une chose de dire que quelqu'un peut venir s'exprimer
06:26et donner un point de vue sur les plateaux,
06:28mais après, on a le droit aussi d'être extrêmement lucide et clair
06:30sur ce que cette personne dit et le combattre.
06:32Et j'entends cette dame s'exprimer
06:34et effectivement reprendre tous les éléments de la propagande russe,
06:38anti-européenne, sur notre territoire,
06:40que ce soit sur la faiblesse de l'Europe,
06:42sur le fait que les Ukrainiens devraient accepter la défaite.
06:44Moi, je vois la réalité aujourd'hui du terrain
06:46qui est que la Russie, aujourd'hui, recule sur le terrain.
06:48Mais est-ce que ça veut dire qu'à vos yeux,
06:50cette femme est une ennemie de la patrie française ou de l'Europe ?
06:55C'est une adversaire idéologique de ce que nous défendons,
06:58de ce que nous représentons, à la fois la France, l'Europe,
07:01qui vise à, effectivement, instiller une propagande
07:05qui, en plus, est fausse, qui est erronée,
07:07qui va contre ce que nous défendons.
07:10Et donc, il faut être, je crois, encore une fois, lucide
07:11pour le dénoncer et pour le combattre.
07:14Et puis, pour rappeler de façon extrêmement claire les faits.
07:18Les faits, c'est que les Ukrainiens défendent leur souveraineté,
07:21défendent leur liberté face à l'agression de la Russie depuis 4 ans,
07:25qu'aujourd'hui, grâce à énormément d'innovations,
07:27d'ailleurs aussi sur le terrain militaire,
07:28ils sont en train de reprendre du terrain,
07:30que la Russie, non seulement agressait l'Ukraine,
07:33mais menace aussi l'architecture de sécurité européenne.
07:36Un drone russe qui est tombé en Roumanie encore cette nuit,
07:39menace par ses ingérences, par ses attaques cyberdes.
07:42Et donc, face à...
07:42La Roumanie touchée ?
07:43La Roumanie touchée ?
07:45Ça vous inquiète ?
07:46Mais on le voit déjà depuis des mois.
07:48Déjà, je voudrais exprimer ma solidarité avec la Roumanie.
07:50Je rappelle d'ailleurs que nous avons des troupes françaises
07:53qui sont en Roumanie dans le cadre des opérations de réassurance de l'OTAN,
07:56précisément pour assurer notre soutien à la souveraineté
07:59de nos partenaires en Europe centrale et orientale.
08:02C'est un drone russe ?
08:04C'est un drone russe.
08:05Nous l'avons vu aussi dans les Etats-Baltes, en Pologne, ces derniers mois.
08:09Et donc, il faut être extrêmement lucide sur ces opérations d'ingérence,
08:14ces attaques cyber, ces incursions dans l'espace aérien
08:16de la part de la Russie,
08:18la menace que la Russie représente dans toutes nos démocraties.
08:20Merci Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe
08:24d'avoir répondu à mes questions.
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