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  • il y a 7 mois
Aujourd'hui, c'est au tour d'Alain Duhamel, journaliste et chroniqueur politique, auteur de "Les politiques. Portraits et croquis", de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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00:01RMC, face aux grandes gueules.
00:03C'est votre dernière saison après 60 années d'analyse politique ?
00:08Oui, c'est la dernière classe.
00:09Vous avez commencé en 1964 ?
00:11Cinq.
00:12Pourquoi c'est la dernière ?
00:13Il fallait que je divorce soit avec BFM, soit avec ma femme.
00:17Ah oui, c'est très gentil ça.
00:19Non, non, non, je n'en crois pas un mot.
00:22Il a débuté dans le métier alors que naissait la Ve République.
00:26Il en est devenu l'éditorialiste phare.
00:29Onze élections présidentielles et huit présidents sont passés.
00:33Est-ce qu'il vous arrive à ce moment-là de penser à l'élection présidentielle ?
00:36Pas simplement quand je me rasse.
00:38Merci Alain.
00:39Avez-vous d'autres leçons de maintien à me donner ?
00:41Bah écoutez, attendons la fin de l'émission.
00:44Avec nous, Alain Duhamel.
00:46Alain Duhamel.
00:46Alain Duhamel, bonsoir.
00:50Bonjour Alain.
00:51Bonjour.
00:51Alain, vous avez passé votre vie à analyser, à commenter, à interviewer des responsables politiques.
00:59Et alors là, ce qui est intéressant dans ce documentaire, c'est que c'est l'inverse.
01:02C'est les responsables politiques qui parlent de vous.
01:03Ça vous a pas un peu gêné ?
01:05Je n'étais pas là quand ils parlaient de moi.
01:08C'était dans des entretiens avec Fabrice.
01:11Fabrice Pirot.
01:12Leur réalisateur.
01:14Et donc, je les ai découverts après coup.
01:18Et vous avez appris des choses ?
01:20Bon, disons que leur réaction, ça m'a fait plutôt plaisir.
01:23Et notamment le fait que des dirigeants de générations différentes et d'orientations politiques opposées
01:33étaient tous en même temps, disons, plutôt sympathiques avec moi.
01:38Et pourquoi avoir accepté ce documentaire ?
01:41Il est testamentaire ?
01:43Au départ, c'était quand même pas ça.
01:46Oui, si.
01:47Au départ, dans l'idée, il y avait de ça.
01:50Oui.
01:50Bon, en plus, il y a une raison toute bête.
01:54Mais c'est que celui qui l'a réalisé, Fabrice, est un ami.
01:57Et que je sentais que ça lui faisait plaisir.
01:59Et c'est notre producteur sur BFM TV.
02:01Et que ça me faisait plaisir de lui faire plaisir.
02:03Parce que finalement...
02:04Même si ça prenait du temps.
02:05Alors que ça n'est pas ce dont je dispose le plus.
02:08Mais surtout, vous ne parlez pas beaucoup de vous, vous n'aimez pas ça ?
02:11Non.
02:11Non ?
02:12D'ailleurs, vous remarquerez que vous n'avez pas fait de découverte sur ma vie privée.
02:17Non, mais justement...
02:17Ah, quand même un peu !
02:18On découvre vos lieux de vacances.
02:23Cette maison dans les Cévennes qui vous tient à cœur.
02:27On découvre aussi...
02:28On voit votre femme.
02:30Votre belle-sœur.
02:30Votre belle-sœur.
02:32C'est plus qu'une belle-sœur, c'est la sœur jumelle de ma femme.
02:36Alors, c'est une quasi-femme.
02:38Sandrine, tu disais, oui, quand même, tu as appris des choses sur Alain Duhamel, l'homme.
02:44Oui, et c'est ce qui vous a encore plus, en tout cas pour moi, rendu plus accessible, en fait.
02:49Parce que bon, quand on vous voyait...
02:51C'est vrai, ça fait quand même quelques années que je suis à la télé, donc j'ai la chance de pouvoir vous admirer, vous regarder.
02:56Mais là, avec ce documentaire, je ne sais pas, ça vous a un petit peu plus humanisé d'apprendre un peu votre maison dans les Cévennes, votre maison à Lille-Dieu, votre épouse, de voir un peu votre mode de vie.
03:06Oui, oui, moi, j'ai beaucoup apprécié.
03:08Mais c'est vrai que les interviews sur ma vie privée, je ne crois pas qu'il y en ait beaucoup dans l'histoire.
03:15J'en connais pas, d'ailleurs.
03:17Non, moi non plus.
03:18Mais pourquoi, alors que les téléspectateurs vous côtoient depuis 60 ans, pourquoi ne pas avoir expliqué qui vous êtes réellement ?
03:25Mais parce que je n'ai pas envie de parler de moi comme personne, j'ai envie d'être jugé comme professionnel.
03:31Mais comme personne, je trouve que ça regarde ma famille directe et des très bons amis, mais pas au-delà.
03:38Et je ne suis pas du tout du genre exhibitionniste.
03:40Alors, on va vous découvrir, on va découvrir 60 ans de vie politique.
03:43Est-ce que vous avez bien fait votre métier ?
03:46En tout cas, ce que je peux dire, c'est que je l'ai fait longtemps et intensément.
03:53Sans rien négliger ?
03:55Intensément.
03:55Alors ensuite, on a sûrement des reproches à me faire, parce que je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas en faire.
04:02On en fait à tout le monde, il n'y échappe pas.
04:05Mais ce qui est intéressant dans ce documentaire, et les gens le découvriront lorsqu'il sera diffusé, c'est dimanche soir, précisément.
04:14Alors, on voit bien sûr l'histoire politique de la Ve République, puisque vous avez connu tous les présidents de la Ve République, vous les avez tous interviewés.
04:23Sauf De Gaulle.
04:23Sauf De Gaulle.
04:24En revanche, que j'ai vu.
04:26J'ai assisté à ces conférences de presse, et notamment à la plus célèbre.
04:30Oui.
04:31Donc, voilà.
04:32Et c'est aussi l'histoire de l'évolution des relations entre un journaliste politique et les responsables politiques.
04:39C'est vrai.
04:40Est-ce que ça évolue dans le bon sens ?
04:42Alors, je ne veux pas généraliser.
04:45Mais ce qui est sûr, c'est que quand j'ai commencé, c'était encore l'époque du gaullisme gaullien.
04:51Donc, la première époque de la Ve République.
04:54Quand j'ai commencé, les relations entre les politiques et les journalistes, c'était de l'ordre du proviseur et d'un élève dissipé.
05:03Aujourd'hui, je ne dis pas que ça s'est inversé, mais on voit bien tous les politiques, de tout sexe et de tout parti, à la recherche frénétique d'invitations au moins deux fois par jour, quand même.
05:17Et donc, évidemment, le rapport des forces n'est pas le même.
05:21Avant, les journalistes étaient demandeurs.
05:23Maintenant, les hommes politiques sont demandeurs.
05:25Est-ce que vous avez été dans une relation de connivence avec les politiques ?
05:30De connivence, non.
05:32De sympathie, oui, avec certains.
05:34Pas du tout avec d'autres.
05:35Ça vous a empêché d'être...
05:36Mais de familiarité, oui, parce que je les connaissais bien.
05:41Puis, c'est toujours pareil.
05:42Ça ne tient pas à moi, ça.
05:44Mais, qu'est-ce que vous voulez ?
05:45La longueur du temps, ça crée quelque chose de différent.
05:48Mais nouer des relations amicales avec un responsable politique, est-ce que, finalement, ça ne vous empêche pas, ensuite, d'avoir suffisamment de recul pour être critique quand il faut l'être ?
05:56Oui, alors, louer des relations amicales, d'abord, vraiment, amicales, amicales, il n'y en a pas beaucoup.
06:03C'est Mitterrand, qu'on voit beaucoup dans votre...
06:06Alors, il y a eu François Mitterrand, que je ne me suis jamais gêné pour critiquer.
06:11Et j'ai même, en 1982, publié un livre pour expliquer pourquoi sa politique économique ne tenait pas debout et n'avait aucune chance de réussir.
06:20Mais il aurait un peu sauvé votre carrière à un moment où vous étiez d'abord mis de côté.
06:26Le documentaire laisse penser que vous avez eu un coup de pouce pour revenir avec Mitterrand.
06:30Ce n'était pas que je risquais d'être mis de côté, c'était qu'on m'aurait fait un peu attendre à la porte, ce qui n'était pas tellement mon habitude.
06:40Bon, et c'est vrai que la gauche venait, c'était en 80, la gauche venait de gagner et il y avait des sanctions politiques dures qui frappaient.
06:49Et c'est vrai que moi, il n'a jamais été question de sanctions politiques dures, mais il a été question de mettre en retrait, disons qu'il y a eu des encouragements pour que ça ne se produise pas trop.
07:00Et donc moi, ça m'amène à ma question principale sur votre carrière fabuleuse.
07:04Est-ce que c'est la modération qui vous a permis de durer autant de temps ?
07:12C'est-à-dire que vous passiez aussi bien avec la gauche qu'avec la droite, une espèce de centrisme journalistique ?
07:20Ou est-ce que c'est le talent ? Ou est-ce que c'est les deux ?
07:23Il peut même y avoir d'autres choses.
07:25Il y a le fait que, et ça a été vrai davantage chaque année, je suis devenu une espèce de tableau vieilli qu'on voit accroché dans le salon depuis tellement longtemps que, bon, ben voilà, on fait avec.
07:41Et suffisamment modéré ?
07:43On fait avec, c'est comme on tient ses couverts du bon côté, ben voilà, moi je suis là, ils le savent, ça leur plaît, ça leur plaît pas.
07:49Mais ça c'est possible parce que vous étiez modéré.
07:52C'est pas une insulte.
07:53J'ai jamais considéré la modération comme une insulte.
07:57Au contraire, je la considère assez souvent comme une preuve d'intelligence.
08:00Oui, mais la modération, ça vous a souvent été reproché, Alain ?
08:04On va dire, ah mais Alain, oui, mais il prend pas de risque.
08:07Et aujourd'hui, dans un...
08:08Alors ça, c'est pas vrai du tout, aujourd'hui en tout cas.
08:10Voilà, aujourd'hui dans un monde...
08:12En tout cas, je pense qu'avec vous, ça n'est pas le cas.
08:13C'est vrai.
08:14Mais vous avez un peu évolué.
08:16Oui, ben comme tout le monde.
08:17Dans ce qui s'appelait le façade du Hamel sur BFM TV, il y a, effectivement, vous avez un peu changé le rôle d'ailleurs,
08:23parce que vous êtes parti, vous avez eu un rôle de débatteur.
08:26Vous étiez plutôt jusqu'à présent quelqu'un qui analysait la politique, un commentateur, etc.
08:32Mais néanmoins, vous avez toujours quand même gardé, effectivement, cette volonté d'être nuancé, d'être modéré.
08:39Dans un monde qui est de plus en plus sans nuance, poussé par les réseaux sociaux,
08:43finalement, est-ce que ça ne devient pas une vertu ?
08:46Est-ce qu'on vous reprochait avant, je deviens aujourd'hui une vertu ?
08:49Oui, mais de toute façon, c'est mon tempérament.
08:51Je ne sais pas que je me force, ce n'est pas une discipline, je ne sais pas que j'ai pas besoin.
08:55Vous avez besoin maintenant, un peu de nuance.
08:56Je pense qu'on en a toujours besoin, qu'on en a besoin particulièrement en ce moment,
09:00mais qu'on en avait également besoin en 81, des deux côtés.
09:03Bon, moi, c'est vrai que je suis modéré, modéré dans mes jugements,
09:12et j'essaye non pas d'être neutre, parce que je ne suis pas plus d'autre que les autres.
09:18J'ai des détestations, j'ai des sympathies.
09:21On va y revenir sur les détestations.
09:22Ils ne sont d'ailleurs pas forcément partisanes.
09:25Ce n'est pas la détestation de la gauche, etc., ou l'inverse.
09:30Ce n'est pas ça du tout, c'est individuel.
09:32Et je mets au défi, quel que journaliste politique que ce soit,
09:35de ne pas avoir des gens qui trouvent sympathiques et des gens qui trouvent antipathiques.
09:40Cela dit, pour revenir à votre question,
09:43avoir des relations vraiment d'amitié avec des politiques, c'est un sport dangereux.
09:51Vous ne vous êtes jamais emporté ?
09:54Oh, si, ça m'est arrivé.
09:56Avec Marine Le Pen, ça m'est arrivé, par exemple.
09:59Vous n'aimez pas Marine Le Pen ?
10:00Non.
10:00Vous étiez agacé, même.
10:01Vous étiez agacé parce que...
10:02Oui, mais même emporté à un moment.
10:04Oui, oui.
10:05Mais pourquoi vous ne l'aimez pas Marine Le Pen ?
10:07D'ailleurs, elle ne réagit pas, elle n'a pas été interviewée dans le documentaire.
10:11Non, ça lui a été proposé.
10:12Oui.
10:12Elle n'a pas voulu.
10:13Elle a eu peur d'être trop violente dans sa réponse.
10:16Et pourquoi vous ne l'aimez pas ?
10:18Je ne l'aime pas parce que je ne l'aime pas, d'abord.
10:20Il parle de ses idées.
10:21Ah ben non, non, non.
10:22La personnalité.
10:23Il y a la personnalité.
10:24Il y a des gens qu'on trouve sympathiques et des gens qu'on trouve antipathiques.
10:28Bon, moi, je la trouve antipathique.
10:29Par exemple, vous aimez bien Jean-Luc Mélenchon, ça passe.
10:31Oui, j'aime bien Jean-Luc Mélenchon.
10:33Je n'aime pas ses idées.
10:34Non, je n'aime pas ses idées, mais j'aime bien Jean-Luc Mélenchon.
10:37D'abord parce que lui est vraiment cultivé, contrairement à Marine Le Pen.
10:40Ensuite, qu'il est vraiment éloquent, contrairement à Marine Le Pen,
10:42qui récite des discours insipides,
10:45et qui simplement a, ce qu'on reprochait à Jacques Chirac quand il était très jeune,
10:49l'éloquence du menton.
10:51Vous vous rappelez de ça ?
10:52Bon, c'est ce qu'on disait au début des années 70.
10:55L'éloquence du menton.
10:56Elle a l'éloquence du menton, c'est-à-dire pas d'éloquence.
10:58Et Ségolène Royal, puisqu'à un moment donné, vous l'avez quand même...
11:00Non, je n'ai pas d'antipathie pour Ségolène Royal.
11:02Vous l'avez vincée à un moment donné dans votre livre pour les présidentielles.
11:03Oui, mais ce n'était pas par antipathie.
11:06En revanche, dans votre nouveau livre, elle y est, Ségolène Royal.
11:08Oui, elle y est.
11:09Vous ne l'avez pas oubliée.
11:10Non, mais d'ailleurs...
11:11Pas cette fois-ci, une fois, pas deux.
11:13Oui, mais je ne l'avais pas oubliée.
11:15Je l'avais écartée.
11:16Ce n'est pas la même chose.
11:18C'est parce qu'elle n'avait rien de personnel.
11:21C'est parce qu'elle incarnait quelque chose que je n'aime pas, que je n'aime toujours pas,
11:25qui est la démocratie d'opinion essayant de se substituer à la démocratie représentative.
11:31Et pour moi, c'est une régression.
11:33Et donc, c'était pour ça.
11:34C'était, je veux dire, elle a de la présence à un culot incroyable, de la vivacité, etc.
11:43Quand on la voyait s'avancer à des meetings, les bras levés en extase,
11:48comme si c'était une réincarnation d'une vierge guerrière,
11:52eh bien franchement, ce n'était pas ma tasse de thé.
11:54Qu'est-ce que vous voulez dire ?
11:55Et aujourd'hui, vous direz, n'aimez pas.
11:56Alors, moi, j'encourage tous nos auditeurs à regarder ce documentaire,
12:00diffusé dimanche soir sur France 5 à 23h,
12:03parce que c'est vraiment un grand voyage dans toute la politique des 50 dernières années,
12:08avec un caractère émouvant et passionnant.
12:10Moi, je crois que vous avez réussi, Alain Duhamel, tout simplement.
12:13On le voit dès l'origine de vos débuts, parce que vous étiez sympathique,
12:18souriant, avenant.
12:19Ça, je vous remercie.
12:20La courtoisie, l'élégance, le dynamisme,
12:23travailleur assidu, exigeant avec vous-même, manifestement,
12:26le tout dans une fausse candeur et aussi une fausse décontraction.
12:30Alors, pour adopter une terminologie raccord avec les GG,
12:35vous êtes, d'une certaine manière, un fort en gueule tout en diplomatie.
12:39Vous auriez sans doute été anobli pendant l'Ancien Régime,
12:41parce qu'avec cette élégance, ce parcours,
12:44ce service des affaires publiques,
12:47ça ne serait pas passé inaperçu, peut-être le baron Duhamel de la politique,
12:52on aurait dit ensuite, allez, la politique sont très compétents.
12:55Mais vous êtes néanmoins, d'ores et déjà,
12:57grand officier de la Légion d'honneur.
12:58Ce qui, pour nos auditeurs, est, pour ainsi dire,
13:01la plus haute distinction de la République,
13:03puisque ça n'est plus un grade, il y a chevalier, officier, commandeur.
13:06Grand officier, c'est une dignité.
13:08Donc, les hommes politiques...
13:10Qui m'a été conférée par des présidents successifs d'opinions opposées.
13:15Voilà.
13:15Mais moi, je pense que l'État peut vous élever encore à la dignité suprême,
13:21qui est celle de la Grande Croix.
13:23Non, non.
13:23Pour un mérite exceptionnel, c'est qu'en organisant,
13:27en convainquant François Mitterrand de faire ce débat de second tour,
13:31le premier en 1974,
13:34vous avez décalé de sept ans le grand plongeon de la France.
13:38Et à ce titre-là, franchement, vous méritez d'être Grand Croix.
13:42Alors, ma question est la suivante.
13:45La politique fait très souvent, trop souvent appel à ce qu'il y a de plus bas en l'homme.
13:49Il faut le dire aussi, derrière les shows médiatiques.
13:52Le mensonge, l'ambition, l'orgueil, la déloyauté, la démagogie,
13:56la concupiscence, la trahison.
13:59Comment peut-on, et c'est une question ouverte,
14:02avec tout le respect qu'on vous doit,
14:04comment peut-on avoir traversé favorablement la vie
14:06au contact permanent pendant 60 ans d'autant de fauchetons ?
14:12Parce que les hommes politiques valent, et les femmes politiques, bien entendu,
14:15valent beaucoup mieux que ce qu'on dit en général,
14:18que l'antiparlementarisme repose sur l'ignorance de la réalité,
14:25que les politiques ne sont pas tous des génies,
14:27ne sont pas tous sympathiques,
14:28mais qu'on ne tient le coup en politique que si on travaille comme un bossu,
14:34et que si on incarne quelque chose.
14:37Alors, il y a des renversements, il y a des vestes qui se retournent.
14:42Pas tellement.
14:43Non, statistiquement, pas tellement.
14:45Quand vous avez 589 personnes,
14:48vous n'avez pas 589 traîtres.
14:50Vous en avez une demi-douzaine,
14:52c'est-à-dire beaucoup moins que ce qu'il y a dans la population.
14:55Oui, mais ceux qui arrivent, ils trahissent à tour de rôle.
14:57Ceux qui arrivent ont quand même souvent trahi.
14:59Je parlais de ceux qui deviennent présidents,
15:02qui sont élus présidents.
15:04C'est quand même aussi une histoire de trahison, souvent.
15:07Alors, le pouvoir est en partie une histoire de trahison,
15:11dans tous les pays, bien entendu.
15:14Est-ce que c'est seulement une affaire de trahison ?
15:16Non.
15:17C'est une affaire de dynamisme.
15:19C'est une affaire de charisme.
15:22Et c'est surtout une affaire de très, très longue patience.
15:26Vous n'avez pas parlé de conviction.
15:27Pardon ?
15:28Vous n'avez pas parlé de conviction.
15:29Les convictions sont plus fluctuantes que les ambitions.
15:33Alain Duhamel, vous restez avec nous.
15:35On a parlé du documentaire.
15:37On le conseille, bien sûr, dimanche.
15:39On parle aussi de la politique actuelle.
15:40Dimanche sur France 5.
15:42La retraite, moi, jamais.
15:44Comproduction France TV et BFM TV, c'est à 23h.
15:48Ensuite, il sera disponible au printemps sur BFM.
15:50Il y a le livre aussi.
15:51Et en replay, avant, à des heures plus civiles.
15:55Bien sûr.
15:56Aujourd'hui, il y a le replay.
15:57C'est un documentaire qui a été produit par Fabrice Pierrot, bien évidemment.
16:01Et c'est Théophile Bouticourt qui a fait toute la mise en image.
16:06Dans un instant, on va parler de votre livre.
16:07Aussi, c'est une galerie de portraits.
16:09Les politiques, portraits groquis.
16:11C'est aux éditions de l'Observatoire.
16:12Ça aussi, ça vaut la peine qu'on en parle.
16:14Et qu'on parle de ce qui va se passer à l'Assemblée nationale pour le budget aussi.
16:17Monsieur Lecornu, il a l'honneur d'un portrait.
16:20Est-ce qu'il le mérite vraiment ?
16:22En tout cas, ça n'était pas idiot.
16:26Puisque quand j'ai écrit son portrait, il n'était pas question qu'il soit Premier ministre.
16:29Allez, à tout de suite avec les GGI 11h20.
16:31Les GGI, les Grandes Gueules avec dans les GGI aujourd'hui Alain Duhamel.
16:53Nous le recevons dans les Grandes Gueules avec Emmanuel Devilliers, avec Sandrine Pégan, avec Antoine Diers.
16:59Avec ce livre, les politiques, portraits et croquis.
17:02Alors, on le disait, il y a Sébastien Lecornu.
17:04Alors, qu'est-ce qu'il va nous faire Sébastien Lecornu ?
17:06Tiens, prenez un pari Alain Duhamel.
17:08Les ordonnances ou le 49-3 pour le budget ?
17:10Alors, je ne suis pas pari.
17:12Parce que je trouve que c'est le contraire de l'analyse.
17:15Bon.
17:17Moi, je pense que ça serait beaucoup plus raisonnable le 49-3 que les ordonnances.
17:21Parce que les ordonnances, ça évoque pour un millionnème des Français des souvenirs historiques.
17:29Je pense qu'il y a quand même un régime qui s'est effondré par les ordonnances
17:32et qui passait pour solide à tort ou à raison.
17:37Donc, en plus, je trouve que c'est assez inadapté.
17:41C'est une bouée de sauvetage.
17:46Ça n'est rien d'autre.
17:47Et ça n'est pas du tout, mais alors pas du tout pédagogique.
17:52Bon, en revanche, un 49-3, chacun prend ses responsabilités.
17:56On accepte le budget, on ne l'accepte pas.
17:58Pourtant, il avait promis de ne pas passer par le 49-3.
18:02Donc, ça sera un budget, quel que soit le mode opératoire,
18:07qui ne sera pas adopté par un vote.
18:09Est-ce que c'est un échec personnel pour Sébastien Lecornu ?
18:12Finalement, il échoue comme les autres.
18:14Il est obligé de passer par le 49-3 avec ce risque de censure.
18:19Sébastien Lecornu, qui est certainement le Premier ministre le plus inattendu
18:24et le plus original que j'ai connu par ses méthodes,
18:29par son style, je dirais, par sa modestie flamboyante.
18:34C'est-à-dire qu'il avance sa modestie comme un bouclier.
18:38Modestie honnête ?
18:40Et modestie astucieuse.
18:42Astucieuse.
18:43Et il faut être astucieux pour arriver dans les méandres actuels,
18:48non pas à avancer droit, personne ne peut,
18:51mais à avancer quand même, à avancer en titubant,
18:55à avancer en clignant de l'œil, à avancer en trébuchant,
19:00mais à avancer.
19:01Et qui aurait dit il y a deux mois que Lecornu serait encore Premier Ministère ?
19:09Moi, il m'amuse.
19:10C'est pour ça que je le compare aux marmottes qui fabriquent des barrages
19:17et puis qui sommeillent quand on ne s'y attend pas.
19:21J'évoquais tout à l'heure votre modération,
19:23votre côté peut-être toujours proche du pouvoir.
19:26Là, typiquement, vous venez de nous proposer une analyse
19:31sur les ordonnances et le 49-3
19:33qui est typiquement l'astuce de Lecornu.
19:36Avoir brandi les ordonnances pour que d'un seul coup,
19:38le 49-3 apparaisse raisonnable.
19:40Et c'est l'analyse que vous venez de nous livrer.
19:42Et donc, là-dessus, typiquement,
19:44c'est ce que je voulais vous dire en vous disant,
19:46peut-être parfois trop modéré,
19:48vous livrez l'analyse presque attendue,
19:50si je peux me permettre, sur ce coup-là.
19:51Mais non, d'abord, il n'y a pas deux analyses.
19:54Il y en a une qui est compétente et l'autre qui ne l'est pas.
19:56De dire que je choisis plutôt les analyses compétentes
20:00que les analyses puériles.
20:01Je pense qu'il était très compétent de dire
20:03que les ordonnances étaient juste annoncer un chiffon rouge
20:09pour faire passer le 49-3.
20:10J'espère bien.
20:11Surtout qu'avec les ordonnances...
20:12J'espère bien.
20:13Je préfère le 49-3,
20:15qui est une procédure démocratique, classique,
20:17éprouvée et organisée pour servir par la Constitution,
20:22que les ordonnances qui sont ce qui reste quand plus rien n'est possible
20:28et qui n'ont jamais été utilisées.
20:31Autrement dit, ce n'est pas un hasard.
20:32Le 49-3, c'est l'instrument qui a été construit,
20:36qui a été construit sous l'autorité du général de Gaulle
20:40et de Michel Debré,
20:42mais à la demande insistante
20:45des anciens présidents du Conseil de la Quatrième
20:47qui voulaient empêcher l'instabilité permanente.
20:53Sébastien Lecornu s'était engagé à ne pas l'utiliser.
20:55Donc il y a quand même, une fois de plus,
20:58on parlait tout à l'heure des mensonges,
21:00des promesses non tenues.
21:02Une fois de plus, c'est une promesse politique qui est non tenue.
21:05Alors il y a plein de raisons pour l'expliquer,
21:09mais pour les Français qui ne sont pas plongés dans la politique chaque jour,
21:13ils vont se dire, finalement,
21:15pendant trois mois, il nous a raconté
21:16que le 43, ça ne sera pas utilisé,
21:19il va être réutilisé.
21:20– Je pense que ça va être beaucoup plus basique que ça.
21:23Je pense que s'il y a un budget,
21:26même médiocre, de toute façon, il sera médiocre,
21:28et même insuffisant,
21:29il ne sera de toute façon pas assez rigoureux.
21:31– Pas le courage, en tout cas.
21:32– Voilà.
21:33Mais s'il y a un budget, les Français seront plutôt soulagés.
21:36S'il n'y a pas de budget, ils seront énervés.
21:38– C'est pas très intéressant.
21:40– Et ensuite,
21:41et ensuite, les techniques constitutionnelles
21:44qui, moi, me passionnent.
21:47Mais je ne pense pas que ça soit le cœur
21:50des réflexions des Français.
21:51Quand ils s'en fichent, j'ai perdu.
21:52En revanche, savoir si la France a un budget,
21:55je crois qu'ils ont envie que la France ait un budget.
21:57– Il s'exprimera en fin de journée aujourd'hui,
21:59Sébastien Lecornu.
22:00– Là aussi, c'est vraiment un atypique.
22:04Mais en plus, ce n'est pas un atypique fabriqué,
22:06c'est un atypique instinctif.
22:08L'idée de remplacer les conférences de presse
22:11ou les interviews,
22:13c'est hyper classique.
22:14– Il est en comptable ou le journaliste ?
22:15– Par, brusquement,
22:19à n'importe quel moment de la journée,
22:20en tout cas au moment où on ne s'y attend jamais,
22:23une espèce de micro-auto-interview de trois minutes ?
22:29– On ne va pas faire deux heures sur Lecornu.
22:33– Une réaction là-dessus,
22:34vous nous faites passer Lecornu
22:35pour une espèce de punk
22:36qui aurait réinventé la politique.
22:38– Non, parce qu'on est très loin quand même.
22:39– On va laisser Lecornu de côté.
22:41– Non, mais ça vous amuse
22:44de remplacer l'analyse par la bande dessinée ?
22:46– Non, mais c'est de votre âge.
22:48– Alain Duhamel,
22:50on a parlé des grands fauves politiques,
22:52Mitterrand,
22:52et d'ailleurs ceux qui témoignent dans le documentaire,
22:54qui parlent de vous,
22:56Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy,
22:57François Hollande,
22:58mais la génération actuelle,
23:00est-ce qu'elle est aussi brillante
23:02ou est-ce qu'on a vraiment perdu en qualité ?
23:04– Alors, la génération actuelle
23:07est toujours inférieure à la génération précédente
23:10pour une raison extrêmement simple,
23:12c'est que les références qui viennent instinctivement,
23:16ce sont les trois ou quatre meilleures
23:17de la génération précédente.
23:19Et que pour la génération actuelle,
23:21on ne sait pas vraiment
23:22qui sont les trois ou quatre meilleures.
23:23Alors maintenant, s'il s'agit de dire
23:25qu'il n'y a plus de grands fauves,
23:28comme par exemple le moment
23:29où il y avait à la fois Chirac, Giscard,
23:33Barre, Marchais, Mitterrand,
23:35il n'y a plus ça en ce moment.
23:37Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas ça dans cinq ans,
23:39mais il n'y a plus ce niveau-là politique.
23:43Bon, mais il y a des talents.
23:45– Qui ?
23:46– Et il y a des talents,
23:47y compris des talents,
23:49que si j'écrivais maintenant le livre,
23:50parce que je l'écrivais depuis deux ans,
23:52et puis il fallait que je fasse des choix.
23:54Mais il y a des gens que j'ajouterais,
23:57parce que je les trouve intéressants.
23:59Par exemple, Amélie de Montchalin,
24:01je la trouve intéressante.
24:02Franchement, je n'aurais pas dit ça il y a deux ans.
24:04Donc, je la trouve intéressante.
24:06Bon, Sarah Knafro,
24:08je ne peux pas dire que ce soit ma tasse de thé du tout.
24:11Bon, et en plus, je vois très bien
24:12comment elle maquille ses positions,
24:14mais c'est quelqu'un d'intéressant,
24:16on ne peut pas dire le contraire.
24:17C'est d'original et avec une...
24:18– Et si je vous dis Jordan Bardella,
24:20qui est aujourd'hui le chouchou des sondages ?
24:24– Jordan Bardella...
24:25– Il est en portrait dans le livre.
24:26– Il y a un grâce aux réussites aussi.
24:28– Il y a aussi,
24:29on parle aussi beaucoup de lui
24:30dans le portrait de Marine Le Pen,
24:32dont je dis en fait, en simplifiant,
24:34que la seule chose qu'elle ait vraiment réussie,
24:36c'est à créer Bardella dans la vie.
24:38– Oui, bon.
24:38– C'est quelque chose aussi,
24:40parce qu'après tout, s'il est président,
24:41il pourra se dire j'ai créé un président.
24:43– Mais alors dans vos portraits,
24:44il y a Marc Fénaud.
24:46– Oui.
24:46– Alors là, je dois avouer que quand je suis...
24:48Marc Fénaud, je me suis dit...
24:49Marc Fénaud...
24:50– Pourquoi ?
24:51– Oui, pourquoi ?
24:52– Pourquoi est-ce qu'il est dans la galerie de portraits ?
24:53L'ancien ministre,
24:54l'ancien ministre de l'agriculture,
24:56je crois que c'est le président du groupe Modem.
24:58Là, je dois avouer que je suis épaté
24:59d'avoir Marc Fénaud tirera l'arc émérique,
25:01paraît-il.
25:01– D'abord, il fallait bien des centristes.
25:05Il n'y a pas de raison qu'il y ait toujours eu des centristes.
25:08Et en plus, c'est souvent les centristes
25:10qui font les différences.
25:11Bon, donc, il fallait bien des centristes.
25:13Ensuite, c'est un très bon professionnel.
25:16Il est populaire, y compris dans les autres groupes parlementaires,
25:20ce qui n'est pas si facile.
25:22Et il tient bien son groupe,
25:23alors que les centristes sont loin d'avoir toujours été bien tenus.
25:27Et je dirais, c'est un...
25:32Il a des côtés le corps nu,
25:35c'est-à-dire qu'il a des méthodes à lui,
25:37il a sa personnalité à lui.
25:38Vous disiez qu'il chassait à l'arc.
25:39Parce que c'est vrai que moi, ça m'a intrigué et amusé
25:41qu'il chasse à l'arc.
25:43Je me suis dit, c'est pas banal.
25:45Bon, ben, de même, le corps nu,
25:47qui est fan à mili,
25:49ce qui, moi, ne me choque pas du tout,
25:50qu'il soit fan à mili,
25:52et qui est passionné par son grade de colonel de réserve
25:56dans la gendarmerie,
25:57et qui fait ses petites rondes,
25:58qui font le 31 décembre sa petite ronde
26:03dans un vernon, etc.,
26:05sont des originaux, quand même.
26:06Et le corps nu, il pourrait avoir un destin présidentiel ?
26:08Parce qu'on ne sait toujours pas
26:09qui va se présenter en 2027.
26:11Le corps nu...
26:12Je dirais, on ne sait jamais.
26:14On ne sait jamais.
26:15D'accord.
26:15Justement, puisqu'on parle de destin présidentiel,
26:17il y a des personnalités parmi lesquelles
26:19des anciens présidents de la République
26:21et des actuels,
26:21qui vous rendent hommage dans le documentaire
26:23qu'on verra dimanche soir à 23h sur France 5.
26:27Il a une forme de bonhomie
26:29qui vous met à l'aise.
26:31Bon, maintenant, attention,
26:33à la bonhomie du personnage,
26:35c'est un cobra dans une peau de loutre.
26:37Je me suis souvent demandé
26:38qu'est-ce qu'il fallait que je change
26:40pour séduire ou convaincre
26:43des gens comme Alain Duhamel,
26:46qui représentaient une certaine élite intellectuelle.
26:49Bonjour, monsieur le ministre.
26:50Bonjour.
26:51J'ai fait évoluer des choses
26:53après des discussions avec lui.
26:55Je pense que tant qu'il aura l'énergie,
26:57le goût, l'œil qui pétille,
26:59l'enthousiasme,
27:00qui au sens étymologique du terme
27:02est ce petit dieu intérieur,
27:04il arrêtera puis reviendra.
27:05Mais je dirais quand même
27:07que ces décennies de carrière
27:08ont montré un homme
27:10d'une grande finesse d'analyse,
27:11une grande équanimité
27:12et quand même une certaine idée de l'homme.
27:15Voilà.
27:20La dernière phrase est...
27:23Je ne savais pas ce qu'il disait.
27:25J'ai une certaine idée de l'homme.
27:26Je n'étais pas là,
27:27mais la dernière phrase est en tout cas vraie.
27:29Je me demandais s'il parlait de vous
27:30ou s'il parlait de lui, Emmanuel Macron,
27:32en même temps.
27:33Vous savez, les hommes politiques,
27:34en parlant des autres,
27:35parlent toujours d'eux-mêmes.
27:36Ça n'est pas propre à Emmanuel Macron.
27:38Vous vous voyez comme Cobra
27:39dans une peau de loutre
27:40ou pas, Alain Duhamel ?
27:42Alors, peau de loutre,
27:44j'aime bien la loutre.
27:46C'est une des plus belles fourrures.
27:49Et Cobra,
27:51disons que j'essaye
27:53d'être toujours courtois et attentif,
27:56mais que j'essaye aussi
27:57de ne pas laisser passer une occasion.
28:00Et voilà.
28:01Vous pouvez piquer.
28:01Tu es un escrimeur.
28:03Tu es un escrimeur qui aime toucher.
28:06Un Cobra, vous l'êtes inévitablement.
28:09Moi, je voyais par rapport
28:10à votre body language
28:11que, en fait,
28:12quand vous allez interviewer
28:13à chaque fois ces animaux politiques,
28:15vous êtes là,
28:15vous avancez,
28:16comme ça,
28:17comme si on était dans une arène
28:19comme un espèce de boxeur
28:20qui...
28:20Non, non, c'est un duel.
28:22C'est un duel.
28:22Une interview, c'est un duel.
28:25Vous êtes un Cobra.
28:25Quelle a été la...
28:26Ou un fleurettiste,
28:28comme on veut.
28:29De tous ces grands politiques,
28:30quelle a été la personne
28:31la plus difficile à interviewer,
28:33à maîtriser ?
28:35Alors,
28:36Mitterrand,
28:37dans l'opposition,
28:38était insupportable à interroger.
28:41Parce que chaque question
28:42était renvoyée à son auteur,
28:45soit comme si c'était une injure,
28:47soit parce que c'était une injustice.
28:50Alors,
28:50quand il a été président,
28:51paradoxalement,
28:53c'est devenu beaucoup plus facile.
28:55Alors,
28:55ça ne l'empêchait pas
28:56d'être désagréable
28:57avec les intervieweurs
28:58qui n'aimaient pas.
28:59Je me rappelle
28:59qu'il m'est arrivé une fois
29:00dans les interviews,
29:02vous savez,
29:02qui se faisaient le 14 juillet
29:03à l'époque.
29:04C'est obligé
29:05de voler au secours
29:06de Patrick Poivre d'Avor,
29:07parce que Mitterrand
29:08était en train
29:09de le semoncer
29:10en public.
29:12Et celui que vous regrettez
29:13le plus aujourd'hui,
29:14qui vous manque ?
29:18Est-ce qu'il y en a un
29:19dont je me dis
29:20qu'il me manque ?
29:21Si,
29:21il y a un homme
29:22dont j'aurais aimé
29:23qu'il soit président,
29:24mais je ne pense pas
29:26qu'il aurait été
29:27un bon président.
29:28J'aurais aimé
29:29que Jacques Delors
29:30soit président.
29:31Je suis sûr
29:31qu'il n'aurait pas été
29:32un bon président
29:33et que c'est d'ailleurs
29:34pour ça,
29:35parce qu'il s'en rendait
29:35compte lui-même
29:36qu'il n'a pas voulu
29:37être candidat.
29:39Comme avait dit
29:40Mitterrand
29:41à un interviewer belge,
29:42vous voulez qu'on s'enfonce
29:43encore un peu plus.
29:44Oui.
29:45Mitterrand ne pouvait pas
29:46le supporter.
29:48Merci Alain Duhamel.
29:49Vous avez le documentaire
29:50Dimanche Soir,
29:51La retraite,
29:52moi,
29:53jamais,
29:53coproduction France Télévisions
29:54et BFM TV.
29:56C'est à 23h,
29:57Dimanche Soir.
29:58Vous avez le livre
29:58Les politiques,
29:59portraits et groquiers
30:00aux éditions de l'Observatoire
30:01et la petite musique
30:02que vous entendez,
30:02c'est Louis Roméo.
30:03Merci Alain Duhamel
30:04d'être passé par le plateau
30:05des GG.
30:05Merci.
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