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  • il y a 7 semaines
Avec Pierrick Horel (président des Jeunes Agriculteurs) et Patrick Legras (président de la CR des Hauts-de-France)

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##LA_VERITE_EN_FACE-2025-12-18##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jean-François Aquili.
00:05Nous évoquons le Mercosur. L'Europe va-t-elle dicter sa loi à la France ?
00:12Les chefs d'État, vous le savez, de gouvernement des 27 sont réunis aujourd'hui et demain à Bruxelles
00:17pour fixer cette position commune sur l'accord avec les pays concernés en Amérique du Sud.
00:23C'est l'étape clé pour décider si l'Union donne son aval à la Commission pour signer cet accord.
00:29Les agriculteurs européens, 10 000 sont mobilisés à Bruxelles, dont 4 000 venus de France.
00:36Les agriculteurs sont très inquiets et bien évidemment Emmanuel Macron a clairement dit
00:43que la France s'opposerait de manière très ferme à ce passage en force et milite pour un report de signature.
00:50Nous sommes en ligne avec notre premier intervenant. Bonjour Pierre-Ycorel, bonjour à vous.
00:57Bonjour.
00:57Bienvenue. Vous êtes président des Jeunes agriculteurs Pierre-Ycorel.
01:02Qu'est-ce qui se joue à vos yeux aujourd'hui et peut-être demain à Bruxelles ?
01:09Écoutez, aujourd'hui il se joue en fait notre capacité à donner une vision pour l'agriculture européenne sur les prochaines années.
01:18Parce qu'aujourd'hui on va parler du Mercosur parce qu'on s'y oppose très clairement.
01:23La France, vous savez que l'Italie a rejoint la coalition pour s'opposer à la signature du Mercosur.
01:31Et puis aussi toute la partie de la politique agricole européenne avec l'annonce cet été d'un budget en baisse de 20%.
01:38Et évidemment aussi les mesures d'ajustement carbone aux frontières qui viennent gréver la compétitivité des agriculteurs européens, notamment sur les prix des engrais.
01:47Et là-dessus vient se greffer la DNC comme une sorte de signal fort d'alerte de danger extrême pour notre élevage en France.
01:56Pierre-Ycorel, est-ce que vous sentez de la part du président Emmanuel Macron cette volonté de, lui dit, reporter ?
02:06Et je vous avoue que les agriculteurs, les éleveurs que nous avons en direct sur notre chaîne en permanence, notamment ce matin sur Sud Radio,
02:13nous disent non, non, non, il faut annuler le Mercosur, enfin l'accord Mercosur.
02:19Vous en pensez quoi vous Pierre-Ycorel ?
02:20Nous on en pense qu'aujourd'hui le Mercosur c'est un traité qui est là depuis des dizaines et des dizaines d'années
02:28et qu'on a un certain nombre de choses qui font qu'on viendrait gréver encore une fois la compétitivité des entreprises
02:34et aussi importer une agriculture dont nous ne voulons pas.
02:39Aujourd'hui ce qui est discuté et qui fait l'objet du report, c'est parce que la France notamment a proposé des mesures de sauvegarde,
02:45des mesures miroirs et une augmentation des contrôles.
02:48Ce qui nous interroge c'est qu'en fait c'est notre capacité à faire appliquer tout ça
02:53et finalement une fois qu'on fait rentrer ces produits-là, c'est très difficile pour le consommateur d'y voir clair,
03:01en tout cas pour les agriculteurs, on voit bien que notre manque de positionnement européen en termes de production et de compétitivité
03:09est compensé par l'ouverture au marché mondiaux et ça, ça nous pose un problème philosophiquement déjà.
03:15Pour rebondir sur ce que vous dites à l'instant, Pierre-Hicorel, prenons les clauses de sauvegarde renforcées,
03:21l'idée, quelle est-elle, c'est, on va faire ça simple, si les viandes, des viandes on va dire frelatées ou qui ne sont pas aux normes,
03:30entre, il faut qu'on soit en capacité de les bloquer et de sanctionner.
03:36Les médecins, ça exige un dispositif à la fois large et réactif, ce dont vous doutez, j'imagine.
03:46Exactement, aujourd'hui, il faut savoir qu'on contrôle à peu près 1% dans les ports de ce qui rentre de l'étranger.
03:521% ?
03:52Tout à fait, donc ce n'est pas suffisant, ce n'est pas à la hauteur.
03:55On entend l'engagement qui est pris de renforcer les contrôles, mais vous voyez que la marche à franchir est importante.
04:02Et puis, notre capacité à contrôler des produits qui sont interdits dans les pays du Mercosur, dans le produit fini,
04:10et sommes toutes très compliquées à mettre en place aussi.
04:13Donc voilà, c'est toutes ces choses qui nous font douter.
04:15On voit bien la volonté qui est celle de la France, de l'Italie et de l'Europe de vouloir mettre ces contraintes-là.
04:24Mais on voit aussi les pays du Mercosur qui ont du mal à accéder à ces demandes-là.
04:29Et donc, c'est pour ça qu'on maintient ce rapport de force aujourd'hui.
04:3225 ans de négociation, vous l'évoquiez tout à l'heure.
04:35Vous dites quoi ce matin, Pierre-Ycorel ?
04:39Les agriculteurs, les éleveurs doivent rester mobilisés.
04:42Et s'il le faut, bloquer les fêtes de fin d'année ?
04:46Non, nous, écoutez, à ce stade, on n'appelle pas à des blocages.
04:50Aujourd'hui, on doit être de manière très expressif à l'Union européenne avec nos homologues européens.
04:56Nous le serons, on verra à l'issue de cette mobilisation.
05:00Mais si déjà la France a été en capacité de réunir une partie des homologues européens pour bloquer le Mercosur,
05:08au moins un temps pour en rediscuter et essayer de trouver les voies de passage pour ne pas le signer,
05:15c'est plutôt un bon point.
05:17Donc, on y va étape par étape.
05:19Étape par étape.
05:19Parce que pour l'instant, la minorité de blocage, elle n'est pas acquise.
05:23Ça fonctionne comme ça au niveau de l'Europe.
05:26Pour l'instant, les Allemands, les Espagnols et d'autres pèsent assez lourd parce qu'ils ont leurs propres intérêts,
05:34notamment très industriels pour ce qui est des Allemands.
05:37Et c'est un bras de fer quelque part au sein même, Pierrick Aurel, du couple franco-allemand.
05:43Tout à fait.
05:45Et c'est aussi ça qui nous inquiète.
05:47C'est qu'on voit bien que les équilibres à l'intérieur de l'Union européenne ne sont plus les mêmes qu'il y a ne serait-ce que dix ans.
05:53Les équilibres et les rapports de force.
05:56Et ça aussi, c'est inquiétant.
05:57Je pense que chaque Européen, chaque Français doit mesurer ce qui est en train de se jouer à l'Europe en ce moment.
06:01Dans un moment où tous les autres pays réarment leur agriculture,
06:05nous, on décide d'imputer 20% de baisse au budget de la PAC.
06:09Et où on voit que des intérêts personnels de chaque pays peuvent venir finalement bouleverser les équilibres européens communautaires
06:17qui font aussi de l'Europe une grande puissance mondiale.
06:19Merci à vous, Pierrick Aurel.
06:20Les prochaines heures vont compter.
06:22Je rappelle, vous êtes président des Jeunes Agriculteurs.
06:27Nous verrons bien ce qui va sortir de cette négociation aujourd'hui et peut-être demain à Bruxelles.
06:33Allez, nous sommes à présent à 9h39 sur Sud Radio.
06:37En ligne avec vous, Laurent Garcia, bonjour.
06:40Bonjour.
06:41Vous êtes, vous, le directeur de la station de ski de Péragude.
06:47Et vous présidez, Laurent Garcia, la section massif pyrénéen au domaine skiable de France.
06:55Alors, Laurent Garcia, vous voyez bien, vous venez d'entendre le représentant des Jeunes Agriculteurs
07:00qui, eux, ne sont pas dans le blocage.
07:02Mais c'est le grand mouvement de nos éleveurs, de nos agriculteurs mobilisés et contre l'épidémie de DNC et l'accord Bémère-Cossure.
07:12Laurent Garcia, ce matin, l'accès aux stations de ski est-il bloqué ?
07:17À ce jour, on ne peut pas parler de blocage, on peut parler de difficulté à rejoindre les stations de montagne depuis samedi dernier
07:25avec des sections d'autoroutes parfois conséquentes qui sont fermées, des détournements qui sont proposés sur des itinéraires secondaires,
07:34des ronds-points sur les entrées de vallées qui sont aussi filtrants pour le moment.
07:38Donc, on peut dire que les obstacles sont quand même nombreux à l'heure où on se parle.
07:41Vous diriez que l'activité est relativement touchée par le mouvement des agriculteurs ?
07:50On le constate cette semaine depuis le week-end dernier qui a été sans comparaison avec le week-end précédent
07:55lorsque nous avons pu ouvrir la station.
07:57On poursuit cette semaine avec une fréquentation vraiment très très basse, très faible.
08:03On tourne à vraiment un bas régime au point qu'on a mis nos salariés à trois jours de congés par semaine
08:09et que pour l'instant, on ne fait pas de nouvelles embauches, même à la veille des vacances de Noël.
08:15On est très prudent sur la suite parce qu'on n'a pas les volumes qu'on devra avoir à ce moment de l'année.
08:20Laurent Garcia, vous enregistrez des annulations tout simplement de gens qui devaient venir skier chez vous ?
08:25À ce jour, non. À ce jour, en tout cas, les gens sont comme le représentant l'expliquait dans l'expectative de réponse qu'ils attendent.
08:32Et on comprend parfaitement bien les agriculteurs face à cette situation qui est la leur.
08:38Donc on est solidaires. On a aussi souvent dans nos stations de montagne beaucoup de gens qui travaillent aussi dans l'élevage et dans l'agriculture.
08:44Donc on a des salariés qui vivent les deux et la montagne n'a pas d'existence si elle ne vit pas aujourd'hui de l'agriculture, de l'élevage et du tourisme.
08:51Donc on est souvent même dans les mêmes combats en matière notamment de normes environnementales et vis-à-vis de l'eau en particulier.
08:59Donc on est comme eux. On attend. Et je pense que nos clients attendent aussi.
09:03Donc on n'a pas d'annulation à déplorer à cette heure-ci.
09:07J'espère que les heures qui vont suivre vont donner des signaux d'encouragement à la fois pour les agriculteurs qui en ont bien besoin
09:12et pour nous qui avons aussi besoin de travailler et d'accueillir les vacanciers dans de bonnes conditions dès samedi matin.
09:18J'imagine votre difficulté, Laurent Garcia, au fond de vous-même si je puis dire, à la fois solidaire et pour cause, vous l'avez bien expliqué à l'instant,
09:27et à la fois tout de même désireux de faire en sorte que les touristes viennent skier chez vous.
09:34Il faut que ça tourne sinon c'est toute une activité qui souffre.
09:37Déjà il y a eu des alertes climatiques les années précédentes.
09:40Là, la neige est au rendez-vous sur les Pyrénées.
09:44On voit toute la chaîne qui est enneigée.
09:46C'est une espèce de moment compliqué pour vous, Jérémy, j'imagine.
09:52Oui, parce que comme vous l'avez dit, les conditions sont là.
09:54On a une belle vague de froid, on a des conditions de neige qui sont intéressantes,
09:58qui vont se renforcer dans les jours qui arrivent.
10:01En tout cas, on est rentré dans l'hiver.
10:02Ce sont souvent de longs mois de préparation, vous l'imaginez aussi.
10:06Et puis je pense qu'il n'y a pas que les vacanciers qui viennent faire du ski.
10:10Je ne défends pas seulement la cause du ski,
10:12parce que beaucoup de gens viennent à Noël en vacances en montagne pour profiter de l'air pur.
10:15Il n'y a pas que ceux qui profiteront du ski.
10:17Il y a aussi beaucoup de gens qui vivent à Paris, dans des tas de régions françaises,
10:21qui ont de la famille en montagne et qui se retrouvent en famille dans les vallées
10:24où ils sont nés parfois, où leur famille est installée.
10:27Et donc c'est aussi ce rapprochement des familles qui est important de souligner.
10:30Donc je ne peux pas seulement la cause de l'activité du ski à tout crin.
10:35Elle est importante pour nous.
10:36C'est une raison économique suffisante.
10:38Mais c'est aussi un ensemble de personnes qui vivent de près la vie des montagnes
10:45et pour qui ces vacances de Noël sont un bien précieux familial.
10:49Et c'est très important.
10:50Donc je voudrais qu'on préfère tout ça et qu'on s'écoute bien les uns les autres.
10:53Voilà, on ne peut pas nous être pris en otage pour simplement des raisons
10:56que, encore une fois, nous comprenons parfaitement bien.
10:58et j'espère qu'ils auront des résultats prochainement à hauteur de leurs attentes.
11:04Message en pli de sagesse, mon cher Laurent Garcia.
11:08Merci pour cette intervention.
11:09Donc nous avons bien compris, barrage filtre en serre.
11:12On peut se rendre dans les stations, dans les domaines skiables.
11:15Mais nous allons surveiller avec vous l'évolution de la situation
11:19dans les heures qui viennent, dans les jours qui viennent.
11:22Merci Laurent Garcia.
11:23Je rappelle, directeur de la station de Pérague,
11:25des présidents de la section Massif Pyrénéen.
11:28Un regard spectral sur tout le massif au domaine skiable de France.
11:33Dans un instant, nous serons en ligne avec Patrick Legras
11:36qui préside la coordination rurale des Hauts-de-France.
11:41Nous reviendrons sur cette mobilisation autour du Mercosur
11:46et sur cette inquiétude de nos agriculteurs, nos éleveurs,
11:50à la fois pour l'accord de libre-échange
11:52et à la fois pour la progression de l'épidémie,
11:55la réaction du gouvernement face à l'épidémie de DNC.
11:59Vous restez en ligne avec nous.
12:00Vous restez avec nous sur La Vérité en Face 0826 300 300.
12:04François, vous réagissez si vous le souhaitez, comme vous le faites.
12:06A tout de suite pour la suite de La Vérité en Face sur Sud Radio.
12:09Le Grand Matin Sud Radio, La Vérité en Face, Jean-François Aquili.
12:15Et nous sommes à 9h48 en ligne avec vous.
12:20Bonjour Patrick Legras.
12:23Bonjour, on est dans un tracteur parce qu'il pleut à saut,
12:25donc on préfère que de vous parler dans le tracteur.
12:29Je suis avec le président de la Somme, Simon Gouisevier.
12:31Et vous êtes dans le tracteur, vous êtes à l'abri là, vous êtes bien là, attention.
12:35Les gendarmes ne le sont pas, mais nous, nous y sommes.
12:38Chacun, on attend là, mais les gendarmes, ils l'ont mauvaise.
12:41Alors Patrick Legras, vous présidez la coordination rurale des Hauts-de-France.
12:47Où est-ce que vous êtes précisément ?
12:49Que se passe-t-il ?
12:50Vous êtes dans votre tracteur, mais pourquoi au juste ?
12:53Dites-nous.
12:54On est au carrefour, ce qu'on appelle des bornes du temps,
13:00au nord d'Amiens.
13:02Et on va prendre la rocade pour rejoindre d'autres groupes de tracteurs
13:05qui sont tout autour de la rocade.
13:07Donc là, il est 10h, on n'embêtera pas trop de monde,
13:11mais on va montrer que l'agriculture existe encore.
13:13On préférait qu'elle existe différemment,
13:15mais on va montrer que l'agriculture existe.
13:16Et on rejoint un point central, et après, on va voir ce qu'on va faire.
13:20Alors, je précise, vous, vous rassemblez à Amiens.
13:24Pas question de vous rendre à Bruxelles ce matin, pourquoi ?
13:28Bruxelles, on va le laisser au co-gestionnaire de la FNSA.
13:32Vous comprenez, tout ça, c'est en accord avec M. Macron,
13:35avec la présidente de Copacogeta, avec Mme Vendor.
13:41Donc, ce n'est pas notre trip.
13:42Nous, on préfère montrer qu'on existe en France
13:45plutôt que d'aller montrer en bus, déjà.
13:47Nous, on est plus en tracteur, d'aller montrer en bus
13:49que les agriculteurs français sont traumatisés.
13:52En fait, ils sont traumatisés parce que la politique française n'est pas bonne.
13:56Évidemment, il y a la politique européenne.
13:58Il ne faut pas oublier une chose.
13:59En 2019, c'était Mme Christiane Lambert
14:02qui était présidente du Copacogeta,
14:04responsable de tout le commerce,
14:07implantation et exportation avec l'Europe.
14:09Et elle a pas...
14:10Alors, Patrick Legras, je vous interromps,
14:15je vous interromps, je vous vois bien à l'antenne,
14:17mais rapprochez-vous de votre téléphone
14:19parce qu'il y a des petites sautes
14:20et je ne voudrais pas que nous rations
14:22tout ce que vous avez à nous dire,
14:24qui importe.
14:25Patrick Legras, d'abord, il faut quand même rappeler à ceux qui nous écoutent
14:29de l'enjeu de ce Conseil européen.
14:34Aujourd'hui, le président de la République, Emmanuel Macron,
14:36qui désormais appelle au report de la signature de cet accord de libre-échange.
14:44Vous, à la coordination rurale,
14:46le report, ça vous suffit ?
14:49Non, mais on ne veut pas de report,
14:51on n'en veut pas des contrats de libre-échange,
14:53on peut faire du commerce,
14:54on peut faire du commerce sans contrats de libre-échange.
14:57Cette mondialisation,
14:58je pense, de M. Legras et de son équipe,
15:00on n'en veut plus.
15:01Alors, vous savez ce qu'on va faire, Patrick Legras ?
15:03On va interrompre quelques secondes cet échange avec vous.
15:08Nous allons vous reprendre au téléphone,
15:10parce que, eh oui, ce n'est pas toujours simple,
15:12les lésions en direct et en vidéo.
15:15Et on va vous prendre, comme on dit dans le jargon,
15:17en audio,
15:18pour bien entendre ce que vous avez à nous dire,
15:21ce qui est très important,
15:22parce qu'il faut le rappeler,
15:24ce qui se joue aujourd'hui,
15:27c'est, au fond,
15:29une sorte de bras de fer
15:30entre cette Europe,
15:32ou du moins une partie de l'Europe,
15:33qui veut signer l'accord,
15:34l'Allemagne et l'Espagne en tête,
15:37et puis la France,
15:38qui est déjà remis rejointe par l'Italie,
15:41qui demande ce report.
15:43Patrick Legras, vous, vous disiez à l'instant,
15:45je rappelle que vous présidez
15:46la coordination rurale des Hauts-de-France,
15:48vous êtes aux abords d'Amiens
15:50pour manifester paisiblement,
15:52pour faire comprendre aux gens
15:54qui vont à votre rencontre,
15:56ou que vous allez croiser vous-même,
15:57que votre combat est juste,
15:59Patrick Legras.
16:00Vous-même, donc vous disiez,
16:02c'est le refus de l'accord, net.
16:05Non mais, aujourd'hui,
16:07ce dossier traîne depuis les années 2000.
16:10Aujourd'hui, on sait faire du commerce
16:11sans contrat de libre-échange.
16:13Cette volonté à outrance
16:15d'être mondialisme de la Macronie,
16:18ça nous exaspère.
16:19On en a signé déjà 6 ou 7 depuis 3 ans.
16:21On veut nous faire signer celui-là.
16:24Après, on va en faire un avec l'Asie.
16:25On va en faire un avec l'Australie.
16:28On en a marre de ces contrats de libre-échange
16:30puisque là, on parle,
16:32et Mme Gennevard,
16:33je l'ai entendu encore avant-hier,
16:34a parlé de clause miroir.
16:37Mais c'est faux.
16:38J'ai des gens même du ministère
16:39qui me donnent les informations.
16:41Il n'y a pas du tout
16:42de clause miroir possible
16:43avec des élevages
16:44qui sont chez nous
16:45de 100, 200 ou 300 bêtes,
16:47avec des élevages
16:48qui sont de 15, 20 ou 50 000 bêtes.
16:50C'est impossible.
16:52Et surtout, on nous a dit,
16:54demander aujourd'hui,
16:56demander des contrats de libre-échange,
16:58c'est mort pour l'agriculture française
17:00parce qu'en fait,
17:02les clauses miroirs,
17:03ce ne seront pas des clauses miroirs,
17:04ce seront des compensations.
17:06Donc, on nous roule dans la farine
17:08depuis des années.
17:09Et il faut savoir
17:10que c'est quand même la FNSEA
17:11qui a accepté en 2019
17:12le principe de ce contrat de libre-échange.
17:15Et c'était Mme Christiane Lambert
17:16qui revient là au taquet,
17:18qui était présidente du COPAC OGK,
17:21l'organisme qui gère
17:22les importations et les exportations
17:24de l'Europe avec les autres pays.
17:26Donc, vous comprenez,
17:27le système ou le sketch
17:28de la FNSEA
17:29qui s'offusque aujourd'hui,
17:31nous, il faut arrêter,
17:31on n'est pas des lapins de trois semaines,
17:33vous comprenez ?
17:33Oui, vous n'êtes pas des lapins de trois semaines,
17:36j'aime bien l'expression.
17:37Patrick Legra,
17:38je rappelle les clauses miroirs
17:39pour nos auditeurs
17:41qui permettent d'aligner,
17:42grosso modo,
17:43les normes environnementales
17:44et sanitaires.
17:45Vous vous dites,
17:46on prend une ferme argentine,
17:48très grand format,
17:50des milliers et des milliers de bêtes,
17:52jamais ces normes seront impliquées.
17:54Donc, à la fin de la fin,
17:56il y aura d'éventuelles compensations
17:59pendant que l'élevage français
18:00va crever,
18:02on va dire les choses clairement.
18:02Oui, mais les compensations
18:05seront pour les pays
18:06ou l'industrie,
18:07par exemple l'allemande,
18:08pour les voitures,
18:09mais elles ne seront pas
18:10pour l'agriculture.
18:11Ah oui, en plus.
18:12Voilà, c'est certain.
18:13Moi, je vous dis,
18:14c'est des gens même du ministère
18:15qui me le disent.
18:16Donc, voilà,
18:17ils savent que je n'ai pas peur
18:18de le dire
18:18parce qu'évidemment,
18:19c'est compliqué de le dire.
18:20C'est un peu comme les vétérinaires
18:21pour la dermatose
18:22qui ont des courriers
18:23et s'ils parlent
18:24qu'il ne faut pas continuer à battre,
18:27on les menace
18:28de ne plus être vétérinaire.
18:29Moi, aujourd'hui,
18:30je dis ce qu'on me donne
18:32comme information.
18:33Et je vous rappelle,
18:33les clauses miroirs,
18:34c'est en fait d'avoir
18:35une symétrie
18:37ou une équivalence
18:38de production.
18:39Comment voulez-vous
18:39avec des productions
18:41de bœuf aux hormones
18:42qui sont interdites
18:44depuis 40 ans en France
18:45qu'on accepte
18:46cette marchandise en Europe ?
18:48C'est ça qui nous énerve.
18:49C'est qu'aujourd'hui,
18:50on veut sortir
18:51de l'Organisation mondiale
18:53du commun.
18:53C'est pour la coordination rurale.
18:55C'est clair.
18:56Si on ne peut pas
18:57supprimer
18:58cet accord
18:59qui traîne
19:00puisque M. Barnier
19:01nous dit depuis un an et demi,
19:02quand il est venu ici,
19:03il a dit qu'on ne pouvait pas
19:04annuler les engagements
19:05pris par l'Europe
19:06avec le Mercosur,
19:08la coordination rurale
19:10demandera
19:11à ce que la France
19:12quitte ce système
19:13qui est complètement perverse
19:15et qui se fait
19:15contre l'agriculture européenne.
19:17Bien compris,
19:18Patrick Legras,
19:19le message.
19:19Vous allez rester mobilisés
19:21parce que vous savez
19:21qu'on dit
19:22que ce sont les fêtes de Noël.
19:23Alors, il y a deux...
19:24A chaque fois,
19:25on dit la même chose.
19:26Ils vont se fatiguer.
19:27Ça, c'est une première chose.
19:28Et on ne va pas gâcher
19:29les fêtes de Noël.
19:30Vous pensez quoi à tout ça ?
19:31Vous restez mobilisés
19:32ou pas sur le terrain ?
19:32Parce que les gens
19:34vous soutiennent quand même.
19:35Non, mais depuis deux ou trois ans,
19:37c'est vrai que ça nous fatigue
19:38et je pense que
19:39si on n'arrive pas,
19:41parce qu'évidemment,
19:41on a des travaux,
19:42on doit nourrir les bêtes,
19:42on a plein de choses à faire.
19:44Ce qui est certain,
19:45c'est qu'on est en train
19:46de créer
19:47une dynamique
19:48et un mouvement
19:49général
19:50d'agriculteurs,
19:52d'artisans,
19:53de bouchers,
19:54de boulangers.
19:55Et ce que l'on espère,
19:57c'est que là,
19:57par exemple,
19:58on a des camions
20:00qui sont avec nous,
20:00des gens du BTP.
20:02Tout doucement,
20:02ce qu'on veut,
20:03c'est que ce système français
20:05qui agresse
20:08ceux qui travaillent
20:09et qui emmerde,
20:11il n'y a pas d'autre mot,
20:12ceux qui veulent s'en sortir,
20:13on ne peut pas continuer
20:15dans ce système.
20:16Donc,
20:17je pense honnêtement
20:18qu'aujourd'hui,
20:19c'est les agriculteurs,
20:19demain,
20:20ça sera les boulangers,
20:21les bouchers,
20:21et ça sera les artisans.
20:22Et je pense qu'on est au début
20:23d'un stop l'Europe
20:25et stop les contraintes.
20:27Laissez-nous travailler.
20:28Ça a toujours été
20:28notre discours
20:29à la coordination rurale.
20:30Foutez-nous la paix,
20:31laissez-nous travailler.
20:32C'est ce qu'on se demande
20:33aussi bien à la France
20:33qu'à l'Europe.
20:34Discours très audible,
20:35je vous le dis,
20:36Patrick Le Graal.
20:37Écoutez,
20:37on vous souhaite passer
20:38une journée,
20:39on va dire positive,
20:40de pédagogie,
20:42d'information.
20:43Les gendarmes,
20:44ils sont sous la pluie.
20:44Vous restez quand même
20:46bien à l'abri
20:46de votre tracteur.
20:48Appelez-nous après-midi,
20:49on sera ensemble
20:50parce qu'on va manger ensemble.
20:52Je pense qu'on va être
20:53très nombreux là sur Amiens.
20:54Si ça ne plaît pas forcément
20:55à M. Macron,
20:56on sera très nombreux vers midi.
20:57Allez, on vous rappelle.
20:58Merci Patrick Le Graal.
20:59Je rappelle,
20:59président de la coordination
21:01rurale des Hauts-de-France.
21:03Nous sommes au tout début.
21:04Merci à vous
21:05de cette mobilisation
21:06aujourd'hui
21:07en marge
21:08de ces premières heures
21:09de négociations.
21:10Elles vont être âpres
21:12autour du Mercosur
21:14à Bruxelles.
21:16Bonjour Valérie Expert.
21:17C'est le nouveau sujet.
21:18Oui, évidemment,
21:19ça va être le principal sujet.
21:21La mobilisation
21:22contre le Mercosur.
21:23La France est-elle
21:24trop faible ?
21:25Est-ce que la France
21:26peut peser
21:26dans la décision
21:28de Bruxelles ?
21:29Vous l'avez dit,
21:29elle a été rejointe
21:30par l'Italie.
21:31Qu'en pensent
21:31nos auditeurs ?
21:32Et puis le Mercosur,
21:33est-ce que ça vous fait peur ?
21:34Est-ce que vous êtes inquiet
21:35sur ce qui va se retrouver
21:37dans vos assiettes ?
21:38J'entendais un agriculteur
21:40en route vers Bruxelles
21:41qui disait
21:41c'est de la merde
21:42à coup sûr.
21:43Donc,
21:44dites-nous
21:45ce que vous en pensez.
21:46et puis on aura avec nous
21:47Jean-Baptiste Moreau
21:48qui lui a été agriculteur
21:50et qui pourra
21:51nous éclairer
21:52sur certains
21:53de ses sujets.
21:54Et puis on reviendra
21:55sur la déclaration
21:56de François Fillon
21:56à la place d'Emmanuel Macron.
21:58Je démissionnerai.
21:59Voilà.
21:59Étonnante interview.
22:00Étonnante absolument.
22:02Dans le Figaro ce matin.
22:03Et qu'en pensez-vous ?
22:04Est-ce que vous êtes d'accord
22:05avec François Fillon ?
22:07Et puis après,
22:08il y a le fond et la forme.
22:09Qui est-il
22:10pour donner des leçons
22:11à Emmanuel Macron ?
22:13Voilà.
22:14A tout de suite.
22:14Bonne émission.
22:15Merci.
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