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  • il y a 11 mois
Avec Julien Leclercq (chef d'entreprise, auteur de "Recherche désespérément salariés" aux éditions Fayard) et Francis Dubrac (président de la société de travaux publics Dubrac TP et de la chambre des métiers de Seine-Saint-Denis)

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##LA_VERITE_EN_FACE-2025-10-02##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jean-François Aquili.
00:05Allez, les patrons inquiets, même les plus petits, pas seulement les ultra-riches, vous savez.
00:11Il faut changer le pays, certes, mais quels nouveaux impôts nous préparent Sébastien Lecornu, les entreprises françaises,
00:19les plus taxés au monde seront-elles affaiblies au sortir de tout ça ?
00:24C'est une vraie question que nous nous posons ce matin dans la vérité en face avec nos deux invités,
00:29Julien Leclerc, bonjour, chef d'entreprise, auteur de recherche, entre parenthèses, désespérément salarié chez Fayard,
00:38à la tête d'un restaurant aussi, vous avez votre établissement ?
00:41C'est ça, dans le Gers, à l'Ecteur, vous êtes restaurateur aussi ?
00:45Je viens de revendre en vrai.
00:46Ah, vous l'avez revendu ?
00:47Voilà, c'est ça.
00:48Ah, c'est dommage ?
00:48J'ai retrouvé des week-ends et des vacances.
00:50Ah ça oui, une vraie vie.
00:51C'est absolument, c'est un métier extraordinaire.
00:55La restauration, c'est un plein temps.
00:56Avec nous également, Francis Dubrac, bonjour et bienvenue.
00:59Vous êtes président de la société de travaux publics Dubrac TP et de la Chambre des métiers de Seine-Saint-Denis
01:05et vous êtes, Francis Dubrac, en première ligne d'une crise majeure, celle du bâtiment aujourd'hui,
01:12totalement en panne.
01:13Ça ne va pas du tout.
01:14Vous savez, l'expression archi-bateau, quand le bâtiment va, tout va, l'inverse est vrai aussi.
01:20Quand ça ne va plus, c'est un mauvais signe pour le pays.
01:23C'est un très mauvais signe, puisque le bâtiment est générateur d'une grande quantité de mal-oeuvre.
01:31C'est mauvais signe aussi pour les gens qui souffrent du mal-logement.
01:35Et malheureusement, on ne voit pas le bout du tunnel avec des ministres démissionnaires qui se succèdent.
01:41Oui, alors je vous citerai, oui absolument, je vous citerai Jean-Louis Borloo ce matin,
01:46qui est venu apporter une touche d'espérance, enfin si on renverse la table dans ce pays.
01:52Lui, il veut une bande du redressement avec des femmes, des hommes qui connaissent les complexités,
01:56qui savent gérer ça et renverser le pays, fédéraliser tout ça et arrêter la complexité.
02:01Ça ne s'est pas gagné.
02:02Mais vous avez Éric Larchevêque, qui est quand même un gros entrepreneur dans ce pays,
02:07l'un des plus gros investisseurs, cofondateur de Ledger,
02:09entreprise dans les crypto-monnaies, qui dit qu'il vaut mieux partir de France désormais
02:14si on veut entreprendre. Est-ce que c'est excessif ? Oui, non.
02:18Julien Leclerc, il y a le budget qui va bien arriver un jour.
02:23Vous étiez, vous m'aviez dit hors micro, à Bram,
02:25aux cinquièmes rencontres socialistes organisées par Carole Delga,
02:29qui était notre invité hier matin ici même.
02:31Qu'est-ce que vous sentez ? Qu'est-ce qui va se passer là ?
02:35Il va falloir que le nouveau Premier ministre fasse des déconcessions.
02:38Est-ce que c'est sur le dos des entreprises ?
02:41D'abord, un, heureusement, on n'est plus patriote que ce qu'a dit Éric Larchevêque.
02:45On est très attaché à notre pays.
02:47On est la plupart des entrepreneurs...
02:48Vous n'êtes pas d'accord avec ce qu'il dit ?
02:49Non, je ne suis pas d'accord parce que je suis très attaché à mon pays
02:51et que ça laisserait entendre.
02:54Je pense que M. Dubrac sera d'accord avec moi.
02:56Ça laisserait entendre qu'on n'en a rien à faire et qu'on ne pense qu'à nos intérêts personnels.
02:59Je suis désolé. On est inquiets pour notre pays.
03:01Avant toute chose et avant même d'être inquiets pour nos boîtes.
03:03Ça, c'est le premier point.
03:05Deuxième point, on est très attaché au système social.
03:06La plupart des chefs d'entreprise sont attachés au système social.
03:09On est attaché au paiement de l'impôt.
03:11La question, c'est pourquoi ? Pourquoi faire ?
03:13Depuis des décennies, on paye de plus en plus de taxes,
03:15notamment les entreprises, mais les particuliers aussi.
03:17On donne de plus en plus d'argent.
03:19Dans le même temps, le pays est de plus en plus endetté.
03:21Et on ne cesse de dire que les services publics se délitent
03:24ou en tout cas ne s'adaptent pas à l'évolution de la société.
03:27Donc, je suis inquiet parce que, d'abord, ça fait trois semaines
03:30qu'il y a un Premier ministre qui n'a pas de gouvernement, quand même.
03:33Il paraît que ça va venir.
03:34Il paraît que ça va venir, mais il paraît aussi que la gauche,
03:36dans une semaine, vote une motion de censure.
03:38Donc, ça va venir et trois jours après, ils ne seront déjà plus là.
03:41La gauche semble absolument décidée, en tout cas, à le faire sauter.
03:44Il n'arrête pas de le dire.
03:46Depuis qu'il a annoncé son refus de remettre l'ISF
03:49ou de revoir l'ISF, la taxe du Kman, etc.,
03:52je ne reviens pas là-dessus.
03:53Donc, oui, il a en tout cas absolument besoin de convaincre et d'élargir.
03:59Après, moi, s'il y a un truc dont je dois me féliciter,
04:01c'est qu'il semble avoir compris
04:02qu'il ne faut pas aller rajouter des taxes sur le dos des TPE, PME
04:07qui font le tissu économique français.
04:08Ça, je m'en félicite parce qu'on ne peut pas.
04:11Parce qu'on va crever.
04:12Sinon, il n'y avait jamais eu autant de boîtes
04:14qu'on déposait de bilan que ces derniers mois.
04:16À 0826 300 300, vous connaissez le numéro du standard.
04:20Vous nous appelez pour réagir dans cette émission
04:21et avec nos invités, Francis Dubrac,
04:23pour rebondir sur ce que dit Julien Leclerc à l'instant.
04:27Vous n'avez pas envie de partir, vous ?
04:28Non, pas du tout.
04:29Vous êtes bien, je suis très bien en Seine-Saint-Denis.
04:31C'est plus beau département du monde.
04:32Ben oui.
04:33Après l'Oté-Garonne, quand même, non ?
04:34Bon, il faut voir.
04:35Ça vous va.
04:36Mais encore, faut-il avoir du boulot, quand même ?
04:39Il faut avoir du boulot
04:40et puis il faut avoir confiance en son pays.
04:43Comme le dit monsieur,
04:46on a une vision à long terme
04:48parce qu'il faut faire des investissements,
04:49il faut préparer l'entreprise pour l'avenir.
04:52Et aujourd'hui, j'avoue qu'on m'aurait mis un brandeau sur les yeux,
04:55ça serait à peu près la même chose.
04:56Donc je ne sais pas où je vais.
05:00L'horizon pour moi, à la radio, à la télé,
05:03c'est que des hommes politiques, ils parlent de taxes.
05:05Mais est-ce qu'une entreprise
05:08qui serait dans la même situation financière,
05:11ne serait pas en train de se poser plutôt la question
05:14de comment économiser,
05:16de trouver des économies sur le budget
05:18pour pouvoir passer la crise ?
05:21Moi, je ne veux pas qu'on leur donne des taxes supplémentaires.
05:24Qu'est-ce qu'ils vont en faire ?
05:25Ils dilapident depuis 40 ans nos impôts.
05:28Donc maintenant, on va trouver des économies
05:31et on va se mettre au boulot.
05:33Partout, il y a des économies à faire.
05:34Dans tous les services, dans tous les ministères.
05:36Partout.
05:37C'est ce que disait Jean-Louis Borloo ce matin.
05:39Si on met le nez dedans, si on soulève le capot,
05:41lui, il parle de 150 milliards tout de suite.
05:43150 milliards d'euros, c'est chiffré.
05:45Mais Jean-Louis Borloo a tout à fait raison.
05:47C'est un garçon exceptionnel.
05:48Et j'en ai marre d'écouter des émissions de télé
05:50où on dit qu'il va falloir supprimer
05:53le homard de l'assiette de Macron
05:55pour faire des économies.
05:56C'est n'importe quoi.
05:56Francis Dubrac, il faut quand même rappeler
05:58que les entreprises payent des cotisations à l'URSSAF
06:00et qu'elles sont prélevées tout le temps, tous les mois.
06:03Et qu'au fond, c'est ce qui finance la protection sociale
06:06dans ce pays et les entreprises.
06:08Elles ne sont pas là que pour faire du pognon.
06:09Elles participent à l'effort national.
06:12Je suis d'accord avec vous.
06:13On en est très fiers.
06:14Je suis très fier de savoir que...
06:15Il y a un discours qui est bizarre en ce moment.
06:18Oui, on est à côté de la plaque.
06:19On est complètement à côté de la plaque.
06:21Et d'ailleurs, on est en train, comme disait Alain Bauer,
06:23de fabriquer des praffes.
06:24Des ?
06:25Des praffes.
06:26Des plus rien à foutre.
06:27Des plus rien à foutre, oui.
06:29C'est des gens qui ne veulent plus voter.
06:31Des praffes.
06:31Des plus rien à foutre.
06:33Des plus rien à foutre.
06:33Et c'est des gens qui ne veulent plus aller voter.
06:37En Seine-Saint-Denis, on est à 18% de votants.
06:39Et un monde politique qui continue à s'isoler
06:41dans une espèce de cage de verre
06:45où le monde ne compte plus.
06:47Julien Leclerc, discours bizarre en ce moment.
06:49C'est toujours la faute de quelqu'un, en fait.
06:51C'est ça que je suis complètement d'accord
06:52avec ce que vous dites.
06:53C'est la faute de quelqu'un, mais jamais des politiques.
06:56Il y a deux mois, c'était la faute des jeunes qui ne foutent plus rien.
06:59Il y a trois semaines, c'était la faute des vieux, les boomers, les salauds hyper riches.
07:03Ils ne dépensent pas, ils gardent leur argent quand même.
07:05Et là, maintenant, c'est la faute des riches, des très riches.
07:07Et puis après, ça devient la faute des entreprises, etc.
07:09Une entreprise doit gagner de l'argent.
07:12Ce n'est pas une finalité, c'est un moyen.
07:14C'est parce qu'on est d'abord un lieu de vivre ensemble,
07:16on est un lieu d'épanouissement social.
07:17Moi, en tout cas, c'est ma vision du travail.
07:19Et on a besoin qu'une entreprise gagne de l'argent
07:21pour pouvoir pérenniser les emplois, etc.
07:24Et vous avez dit quelque chose de très important
07:26et qui est au cœur du problème,
07:27c'est que le système social français repose sur le salariat.
07:30Et qu'il y a de moins en moins de salariés.
07:32Donc, ça pose un problème pour financer le modèle social français.
07:37Et oui, mais je ne suis pas en train de dire qu'il faut le shooter.
07:40J'y suis extrêmement attaché.
07:42On a la chance dans ce pays d'avoir le droit à un accident de vie.
07:46On a le droit de tomber malade, on a le droit d'être au chômage.
07:49C'est génial.
07:50Il faut absolument protéger ça.
07:52On ne peut le protéger que si on le revoit,
07:54que si on le réinvente et que s'il y a un vrai projet de société.
07:57C'est pour ça que pour moi, là, on ne discute
07:58depuis des semaines, des mois, que de pansements.
08:00« Je vais augmenter telle taxe. »
08:03Les dépenses sont mineures.
08:05Il faut un vrai projet.
08:06Où on va et comment on rééquilibre ce budget ?
08:09Il y a 50 ans, il était 60 ans maintenant,
08:11il était à l'équilibre.
08:12On l'a foutu en l'air en quelques décennies.
08:14Donc, ça ne doit pas être très compliqué de le réinventer un peu.
08:17Alors, nous sommes en ligne avec Jacques.
08:19Bonjour, Jacques.
08:21Bonjour.
08:21Vous êtes à Castres, Jacques.
08:23Oui.
08:24Vous êtes chef d'entreprise ?
08:26Oui.
08:26Qu'est-ce que vous dites ce matin, Jacques ?
08:30Qu'est-ce que vous faites, d'ailleurs, en fait ?
08:32Votre prise de quoi ?
08:33Je fais un conseil pour la tourisme, la restauration.
08:36D'accord.
08:36Je travaille aussi à l'étranger.
08:38Je fais quelques missions à l'étranger.
08:40Oui.
08:40J'étais au Maroc, notamment, tout ça.
08:43Bon, les systèmes sociaux marocains, à peu près identiques à la France.
08:48Mais, ce que j'ai envie de dire, c'est que moi, depuis...
08:52Je commençais l'apprentissage en 78.
08:55Quand le terrain est passé, mon patron m'a dit « je m'en vais ».
08:57Mais je n'ai jamais parti.
08:58Donc, je pense qu'aujourd'hui, les petites entreprises comme les miennes sont beaucoup plus taxées que les grosses entreprises.
09:05Donc, c'est facile de dire « on va s'en aller », « on va faire ci », « on va faire ça ».
09:09Mais, je pense qu'en France, tout ce qui manque, c'est surtout le contrôle à tout ce qu'on donne comme argent à droite à gauche.
09:16Vous voulez dire qu'il n'y a pas de suivi sur...
09:19On ne sait pas où va l'argent.
09:22Ce matin, encore, j'ai regardé le chaîne Info, d'accord ?
09:27Qui disait que les gens qui portaient plainte, les plaintes n'étaient pas traitées par insuffisance de policiers.
09:3610 minutes après, on voit Rotaillot qui déploie à 90 policiers en France et contre les gens qui demandent leur droit.
09:41Vous voyez ce que je veux dire ?
09:42On est... On nous dit 3 minutes avant qu'on n'a pas laissé le monde et 3 minutes après, on a déploit à 90.
09:47C'est ça qui ne va pas en France.
09:50On essaye toujours de faire peur.
09:52On essaye toujours de dire « mais nous, je suis à votre reprise, on va s'en aller si vous ne donnez pas ça et ça et ça. »
09:57Bon, Jacques, vous n'avez pas envie de partir, vous ?
10:01Non, du tout. Moi, je partais la journée, mon pays.
10:03Oui, j'entendais.
10:04Voilà. Ça plaît à Julien Leclerc, ça.
10:06Mais parce qu'on est hyper attaché à notre pays. Il a raison, Jacques.
10:09Et j'adhère à mille points. Il n'y a pas de contrôle de la dépense publique.
10:12À un moment donné, on essaie quelque chose, on se rend compte que ça ne marche pas, on arrête.
10:15Notamment, pour revenir sur les propos de Jean-Louis Borloo, la multiplication des agences dans tous les sens,
10:21dont plein font la même chose, avec chacune un budget, chacune des équipes, ça fait des décennies.
10:27Chirac dénonçait déjà ça il y a 30 ans ou 40 ans.
10:30Et personne ne met le nez dedans.
10:31Non, personne n'a le courage politique en tout cas de dire « il faut qu'on arrête cette multiplication d'actions publiques qui ne se concertent pas. »
10:38Jacques, vous êtes toujours là. Vous êtes un peu inquiet quand même quand on sait qu'il y aura forcément des concessions à faire pour le prochain budget.
10:48Alors, sur le budget, on parle toujours de taxes. On ne parle jamais comment on peut faire pour créer de la croissance.
10:56On ne parle jamais de croissance, en fait. On parle de taxes, on parle de nouvel impôt, de taxes, les riches, les pauvres, les agents.
11:04Et on ne parle jamais comment on fait pour avoir de la croissance. Comment on fait ?
11:08Et ça, pour moi, c'est primordial. Avant d'aller chercher les taxes, créons la croissance.
11:13Et pour créer la croissance, il faut peut-être un peu libérer le travail, il faut peut-être donner...
11:18Moi, j'ai 57% des Français qui ne payent pas l'impôt sur le revenu.
11:23Il y a 30% d'adjants qui travaillent au SMIC où on n'a pas de charge patronale. Ce n'est pas visible.
11:30Donc, je ne sais pas. D'un côté, on est...
11:33Vous dites quoi ? Il faudrait des petites contributions, des petits bouts qui, mises bout à bout, soulageraient l'ensemble.
11:39Regardez, à 30% du monde du travail aujourd'hui qui est SMIC, on n'a pas une cotisation patronale.
11:45Ça ne peut pas fonctionner. Ça ne peut pas fonctionner.
11:47Et juste au-dessus du SMIC, vous avez 41% de charge. Vous voyez ce que je veux dire ?
11:54Si vous mettez 10% de charge sur le SMIC, c'est 12 milliards de coûts, là, comme ça.
11:5910%, c'est 150 euros. Ce n'est pas la mort. Vous voyez ce que je veux dire ?
12:03J'ai compris.
12:04Donc, arrêtons toujours d'aller chercher la minorité, aller chercher la majorité.
12:13Parce que le SMIC en France, il y a une majorité. Grâce, d'ailleurs, à ces élections de charge qui existent et qui sont des niches fiscales aussi.
12:20Donc, moi, je ne suis pas d'accord avec ça.
12:23Pas d'accord avec ça. Et en tout cas, vous restez là, mais vous êtes inquiet.
12:27Merci, Jacques. Pardon, je vous coupe le sifflet, mais on a bien compris le message.
12:31Vous l'avez bien développé.
12:33Et je vais vous faire réagir dans ce studio, Francis Dubrac et Julien Leclerc, dans un court instant, juste après la pause.
12:38Très important ce qu'a dit aussi Jacques sur...
12:41On veut taxer les gros, mais c'est souvent les petits qui sont à la sortie pour mettre la main au portefeuille.
12:47Allez, 0826 300 300. La vérité en face. Nos patrons sont inquiets. Vous réagissez.
12:53Vous nous appelez sur l'antenne de Sud Radio. A tout de suite.
12:56Le Grand Matin Sud Radio. La vérité en face.
12:59Jean-François Aquili.
13:000826 300 300. Vous nous appelez dans la vérité en face. Vous réagissez.
13:04Ces patrons inquiets. Quand on dit le patron, ça veut tout et rien dire, Francis Dubrac et Julien Leclerc.
13:11Nous avons continué la discussion hors micro, comme on dit.
13:14Tiens, Francis Dubrac, vous avez une boîte de BTP, de travaux publics, dans Seine-Saint-Denis.
13:21Vous avez combien de salariés, vous ?
13:22400.
13:23400 salariés. C'est une grosse boîte.
13:26Je ne sais pas.
13:27Ah si, c'est une grosse boîte.
13:28Et vous êtes un peu en panne en ce moment ? Qu'est-ce que vous diriez ? L'activité, elle souffre ?
13:33Ah ben non, les travaux publics, on a un peu de chance en ce moment, parce qu'on a des élections qui arrivent, des élections municipales.
13:38Donc, il faut que l'électeur ne tombe pas dans un nid de poules ou que son environnement soit beau.
13:42Donc, on est encore très très bien.
13:45Ceci étant, sur les grands travaux, tout est en panne, puisqu'il n'y a plus de logement, donc il n'y a plus de bureau.
13:50Il n'y a plus besoin de faire des actes et il n'y a plus besoin de percer des routes, d'amener des fluides.
13:54Donc là, il y a quand même un sujet.
13:56Ah, il y a un gros sujet.
13:57Regardez, les bâtisseurs, les grandes sociétés, ils sont en panne.
13:59Tout le monde est en panne.
14:00Vous manifesterez, Francis Dubrac, le 13 octobre, à l'appel du MEDEF.
14:06Ben justement, c'est parce que c'est à l'appel du MEDEF.
14:09Moi, je suis vice-président de la CPME du 93, donc j'écoute ce que dit notre président et notre conseiller fédéral.
14:16C'est non.
14:17Hein ?
14:17C'est non.
14:18C'est non, parce que d'abord, le MEDEF l'a fait d'autorité en disant, nous organisons dans du patronat, mais il n'est pas tout le patronat.
14:25Et la deuxième raison, c'est que l'impact sur les PME et TPE, d'abord, il n'est pas évoqué.
14:34Et on sait bien que quand un gouvernement commence à faire des taxes pour les gros, peut-être que les seuils diminuent, et à la fin, ça tombe sur les petits.
14:42Donc, on veut être au combat, on veut être en avant, et on veut avoir des interlocuteurs en face.
14:48Parce qu'en ce moment, ce n'est que des démissionnaires.
14:50Que des démissionnaires.
14:51Ah oui, c'est ministre.
14:52Dans tous les sens du terme.
14:52Oui, ah oui, d'accord.
14:54Pas seulement sur le statut officiel.
14:56Non.
14:57Dans les faits.
14:57De la France.
14:59De la France.
14:59Julien Leclerc, même question à vous-même, le 13, vous mobilisez, vous manifestez ?
15:05Je serai au boulot.
15:06Donc non.
15:07Parce que vous serez au boulot ?
15:08Non, parce que c'est très parisien avec le 13, je ne suis pas à Paris.
15:11Avec la mobilisation, en tout cas de ce que j'en sais aujourd'hui, elle est uniquement à Paris.
15:15Qu'est-ce que vous faites pour nos auditeurs ?
15:17Je travaille dans les médias et la communication en général.
15:20La communication, c'est après l'immobilier.
15:21D'abord, c'est l'immobilier qui souffre en période de crise.
15:23Et après, ça vient sur la com' parce que c'est des budgets qu'on coupe en se disant
15:27comme il y a des retours sur investissement un peu plus compliqués à mesurer,
15:30c'est le premier budget coupé juste après l'immobilier.
15:33Donc quand je vois l'immobilier souffrir, je sais que c'est pour nous.
15:34C'est le deuxième domino.
15:36Sachez quand même qu'avant la fin de l'année, on aura 90 000 dépôts de bilan.
15:41Ça n'inquiète personne.
15:4290 000 dépôts de bilan.
15:44En fait, c'est un peu le même sujet d'ailleurs que ce que vous dites.
15:46Ça n'inquiète personne.
15:48Je suis content qu'il y ait une mobilisation parce qu'on est une population qui ne se mobilise jamais,
15:52parce qu'on est au boulot, parce que 99% des boîtes français sont des petites entreprises,
15:57qu'une petite entreprise, le patron, il est haut urbain et il ne peut pas aller manifester.
16:01Du coup, c'est hyper facile.
16:02C'est un réflexe assez naturel chez le politique de dire j'ai besoin d'un peu d'argent,
16:06je vais augmenter les taxes sur les entreprises.
16:08On a plus de 200 taxes qui encadrent la vie de l'entreprise.
16:11Et on ne dit pas qu'on ne veut plus en payer.
16:12On dit qu'on veut payer des taxes justes et qui amènent quelque chose.
16:15et pour une utilisation intelligente de l'argent qu'on va donner.
16:19Et c'est assez facile parce que les entreprises n'ont pas râlé.
16:21Et que dès qu'on râle, on dit « Ah, c'est encore ces salauds de patrons qui ne sont pas contents,
16:26blindés aux as, ils réduiront un peu la taille de leur piscine ».
16:29Et donc, il y a un espèce de réflexe naturel à les taxer les boîtes
16:32qui aujourd'hui ne peuvent pas payer, ne peuvent pas augmenter les impôts.
16:35Vous avez entendu tout à l'heure, et d'ailleurs vous-même, Francis Dubrac,
16:38que vous étiez la tailleur de votre discours, Julien Leclerc,
16:41et je vous fais réagir aussi Francis Dubrac là-dessus,
16:43le discours en ce moment qui consiste à dire
16:46« Il faut taxer les super-riches ».
16:48Je ne vais pas vous demander si...
16:49Enfin, si, je vous le demande.
16:50D'ailleurs, Zuckman, je ne sais pas ce que ça vous inspire.
16:52Mais il y a deux mondes, en réalité.
16:54Il y a les ultra-riches,
16:56et d'ailleurs, les grands patrons ne sont pas forcément des vrais patrons.
17:00Ça, vous allez nous le dire.
17:01Parce que ça, personne ne l'entend, ça.
17:03Et puis, souvent, on veut taper les très hauts,
17:07et puis c'est en dessous qu'il faut mettre la main au portefeuille.
17:12Alors d'abord, il y a patron et patron.
17:14Patron, c'est un mot qu'on n'aime plus,
17:16et que même la génération de chefs d'entreprise aujourd'hui ne veut plus.
17:18On préfère dire entrepreneur.
17:20La chanson « Merci patron », c'est le passé.
17:21Oui, c'est le passé.
17:22J'ai écrit des bouquins qui s'appellent « Salaud de patron » il y a dix ans,
17:25et on me reprochait le salaud à l'époque,
17:26maintenant on me reproche plutôt le patron.
17:28Un patron, ça veut dire quelque chose.
17:29Monsieur Dubrac est un patron, c'est un groupe familial,
17:31il en est le dirigeant, c'est sa boîte, c'est son argent,
17:34c'est son patrimoine, son patrimoine en plus familial.
17:36Donc il y a une dimension de responsabilité depuis le départ, etc.
17:41Les grands patrons, comme on dit, sont à 90% d'entre eux, pas tous,
17:45des dirigeants salariés qui peuvent passer d'une boîte à l'autre.
17:49Moi j'ai l'exemple de Carlos Tavares,
17:50qui était le dirigeant de Peugeot,
17:53qui touchait 36 millions d'euros par an,
17:56qui passait d'un groupe à l'autre.
17:57Donc il n'y avait pas cette dimension-là, il n'y avait aucun risque.
18:00Pour moi, ce n'est pas des patrons, ces gens-là.
18:01Je pense à Sodexo, par exemple, à l'inverse,
18:04c'est la boîte de Pierre Bellon, aujourd'hui sa fille qui dirige,
18:06c'est la patronne, c'est leur boîte, c'est le groupe familial,
18:08ce n'est pas du tout pareil,
18:09et d'ailleurs, ça se retrouve dans le climat de l'entreprise.
18:13C'est important de faire ce distinguo-là.
18:16Après, sur l'attaque Zuckman, les ultra-riches,
18:18c'est-à-dire d'abord, un, encore une fois,
18:19c'est toujours la faute de quelqu'un,
18:20donc en ce moment, c'est la faute des ultra-riches.
18:22Je suis désolé, mais les riches financent le système social.
18:25S'il n'y a plus de riches, le système social n'y tient plus.
18:27Et ensuite, j'ai un regard assez pragmatique.
18:28Je comprends, je suis d'accord qu'il y a 100 personnes
18:31qui possèdent la moitié des richesses du globe.
18:33C'est inacceptable.
18:34Il y a des gens, je reviens sur Tavares,
18:36il n'a rien demandé, mais 36 millions d'euros par an,
18:38ça veut dire qu'on rémunère son travail sur des générations après lui.
18:41Ça n'a aucun sens.
18:42Ça, je comprends, c'est juste impossible à supporter.
18:45Mais à côté de ça, je suis pragmatique.
18:47Zuckman, au départ, il dit quand même,
18:49il veut taxer les riches, les milliardaires,
18:51dans le monde entier.
18:52Pour moi, ça, ça peut fonctionner.
18:54Mais aller taxer les milliardaires en France,
18:55je suis d'un vrai.
18:56Ils vont se barrer.
18:58Et on a besoin de leur argent.
18:59Donc moi, je suis beaucoup plus favorable sur des systèmes...
19:01C'est comme la taxation des transactions financières,
19:03si vous la faites tout seul dans votre coin, ça ne sert à rien.
19:05Exactement.
19:05C'est exactement la même chose.
19:07Alors que des dispositifs incitatifs,
19:08dire, ok, ton argent, tu l'as, il dort,
19:11viens l'investir dans le tissu économique français,
19:13ça, c'est intelligent.
19:14Francis Dubrac, vous partagez, j'imagine,
19:15le point de vue de Julien Leclerc.
19:16Sur l'idée, on va taper ces ultra-riches,
19:20mais ça ne marche pas,
19:21parce qu'il y a toujours des trucs pour placer l'argent,
19:24ou d'être ailleurs.
19:25Mais ça, c'est un chiffon rouge qui a mis tout le monde.
19:27Il y a du ruissellement dans la taxation
19:29sur les patrons comme vous.
19:31Oui, moi, j'ai un double métier,
19:33je suis entrepreneur et percepteur.
19:35Je perçois la TVA, je perçois des taxes,
19:38je perçois tout.
19:39Donc je suis content, je ne suis pas rémunéré,
19:40par contre, par l'État, pour être percepteur.
19:42Non, la taxe du climat, ça fait rigoler,
19:43parce que c'est un chiffon rouge qu'on agite dans les médias,
19:47qui fait plaisir à certaines catégories politiques.
19:49Mais il faut, pour arrêter le train infernal
19:53de la dépense et de l'emprunt,
19:55il faut 100 milliards.
19:56La taxe humaine, si ça rapporte 10 milliards,
19:58ce sera tout.
19:58Donc on est loin du compte.
20:00Donc ce n'est pas le sujet.
20:02Et puis il faut arrêter de vouloir aller chercher.
20:04De Gaulle a créé tout notre système social
20:07dans des années de plein emploi et compagnie.
20:09Et nous, depuis, on est en train de le détruire
20:12par des mesures électoralistes,
20:16comme les 35 heures,
20:18comme donner un mois de congé aux pères de famille,
20:22comme de supprimer les vacances,
20:26enfin de ne pas compter les congés payés pendant les vacances.
20:28Enfin, on n'arrête pas de casser les moyens de ressources
20:33pour financer tous ces avantages qui sont géniaux.
20:36Il n'y a pas un pays au monde où on est mieux soigné,
20:39où on est mieux pris en compte quand on n'a plus de boulot.
20:41Et puis on en veut plus.
20:42On ne va pas y arriver.
20:43On ne va pas y arriver.
20:44Vous êtes d'accord, Julien Leclerc, avec ça ?
20:45Vous êtes un communiquant aussi.
20:48Comment est-ce que les patrons,
20:50et ça sera la fin,
20:50parce que ça va très vite cette émission,
20:52on se dit beaucoup de choses ce matin,
20:55qu'est-ce qu'ils doivent, au fond,
20:56dire pour se faire entendre dans ce pays ?
20:59Parce que c'est quand même un brouhaha.
21:01C'est très compliqué à émerger là-dedans.
21:03J'en appellerais, moi, à la responsabilité du monde politique.
21:07On a besoin d'un projet de société.
21:09On a besoin de réinventer quelque chose.
21:11Et s'ils le font,
21:13on sera prêt à faire un effort fiscal.
21:14Les entreprises, comme les particuliers,
21:16on peut se dire,
21:17ok, pendant 2-3 ans, 4 ans, 5 ans,
21:19il faut qu'on paye un peu plus,
21:21parce qu'il y a un projet,
21:22et qu'on nous promet un mieux.
21:24Là, pour l'instant, on n'a pas ce projet-là.
21:25Et donc, cette responsabilité de la vision moyen et long terme,
21:29elle ne repose que sur les chefs d'entreprise.
21:30Moi, en période de crise,
21:31et je vais voir mes salariés en disant,
21:33on n'a plus un rond,
21:34il va falloir serrer la ceinture,
21:35il va falloir bosser plus.
21:36Bonne journée, je suis désolé,
21:38c'est la grève.
21:39Il faut que je rajoute à ça,
21:41ok, on n'a plus un rond,
21:42on va serrer la ceinture,
21:43on va bosser plus,
21:43mais je vous promets,
21:44demain, ça va aller.
21:45C'est ça que j'en appelle vraiment un projet.
21:47Vous êtes passionné de politique, M. Aquili ?
21:49C'est assez intéressant,
21:51en ce moment,
21:51ce qui se passe d'un point de vue politique.
21:55Opposition droite-gauche,
21:56la droite dit, il faut plutôt faire des économies,
21:58la gauche dit, il faut plutôt augmenter les taxes.
22:00Il y a une vraie différence quand même,
22:02donc c'est hyper intéressant.
22:04J'ai un appel aujourd'hui à la responsabilité.
22:05Merci à tous les deux.
22:06Julien Leclerc, chef d'entreprise,
22:07auteur de recherche,
22:08désespérément salarié chez Fayard.
22:10Et plus de restos, ça c'est fini.
22:12Merci d'avoir rectifié.
22:13J'ai encore les fermes, mais voilà.
22:14Francis Dubrac,
22:16président de la Société de Travaux Publics,
22:17Dubrac TP,
22:18400 salariés,
22:19m'épatez là.
22:20Et vous êtes aussi
22:21de la Chambre des métiers de Sainte-Saint-Denis.
22:25Ce matin, il faut se dire les choses sur l'antenne de Sud Radio.
22:28Et bonjour à vous.
22:29Je vous laisse vous installer, Valérie Expert.
22:31Mettez-vous d'accord.
22:33Qu'y a-t-il au menu ce matin ?
22:34Écoutez, on aura Sophie de Menton,
22:35donc on va continuer à parler des patrons,
22:37de la mobilisation des patrons.
22:40On va évidemment évoquer tout cela.
22:41On va revenir également sur Jean-Louis Borloo,
22:47votre interview ce matin,
22:48parce que je l'ai trouvée formidable.
22:49Décapant.
22:50Donc, oui, oui,
22:51avec un discours très, très, très iconoclaste.
22:55On va dire, donc voilà.
22:56Beaucoup de sujets encore,
22:57donc mettez-vous d'accord avec vous.
22:59Bonne émission.
22:59Merci.
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