Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 jour
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

---

🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

---

🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr

##C_EST_QUOI_LE_PROBLEME-2026-01-08##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Le 10h midi, mettez-vous d'accord, Valérie Expert.
00:03Bonjour à toutes et à tous, nous sommes ensemble pendant deux heures pour commenter l'actualité à 10h30, les débats.
00:10Bonjour Gilles Gansman. Bonjour Valérie.
00:11Et bonjour Félix Mathieu avec vous. C'est quoi le problème ?
00:15Est-ce que vous avez reçu beaucoup de vœux cette année ? Est-ce que vous avez reçu beaucoup de cartes de vœux ?
00:20Moi je dois dire qu'au fil des années, on reçoit de moins en moins de cartes de vœux et même de vœux sur les réseaux.
00:28On recevait plein de SMS, vous vous rappelez une époque où les réseaux étaient saturés et puis on recevait les messages à 3h.
00:34Vous Félix ?
00:35À minuit tout le monde s'appelait, c'est vrai, beaucoup moins qu'avant. Il n'y a plus le côté à minuit le 1er, tout le monde s'appelle.
00:41Et quant aux cartes de vœux, ça coûte trop cher peut-être.
00:44Et on va en parler avec vous puisque le gouvernement...
00:46Peut-être qu'on ne croit plus qu'on va passer des bonnes années.
00:48Oui c'est ça, c'est la vraie question. Pourquoi on ne se souhaite plus les vœux ?
00:51Mais c'est vrai que le gouvernement a annoncé, on va en reparler avec vous dans un instant, de supprimer,
00:55enfin c'est le Premier ministre qui a demandé à ses ministres de ne plus envoyer de cartes de vœux papiers.
01:00Et ce n'est pas sans conséquence.
01:01Alors sinon, dans nos débats, écoutez, je crois que le mot du jour c'est inacceptable.
01:07Un blocage inacceptable, vous l'avez entendu dans le rappel des titres.
01:11Ce sont les mots de Bréjon à propos des agriculteurs qui bloquent Paris.
01:16Qu'en pensez-vous ? Est-ce que vous comprenez leur colère et leur désespoir ?
01:21Inacceptable, trop de gens dorment à la rue.
01:24Avec le grand froid, évidemment, c'est encore plus d'actualité.
01:29Mathilde Panot, députée LFI, propose des réquisitions de logements vacants.
01:34Qu'en pensez-vous ? Là aussi, ça fait débat.
01:36Et puis inacceptable, les manifestations et les dégradations d'après-match,
01:41après la victoire de l'Algérie,
01:44des manifestations, des dégradations à Marseille, à Lyon, à Paris et à Roubaix.
01:48Est-ce qu'on est obligé d'accepter cela ?
01:50On y reviendra tout à l'heure.
01:52Justement Valérie, pour démarrer le son qu'on pourra passer à vos débatteurs,
01:58je vous propose justement d'écouter Maud Bréjon, porte-parole du gouvernement,
02:02qui a lancé un avertissement aux agriculteurs qui bloquent Paris.
02:05C'était sur France Info ce matin.
02:07Pour autant, la situation qu'on voit depuis cette nuit, depuis ce matin, n'est pas acceptable.
02:11Donc sur l'appel à manifester devant l'Assemblée nationale,
02:14comme sur les tracteurs qui sont en ce moment même sur la place de l'Étoile à l'Arc de Triomphe,
02:19je n'ai qu'une chose à dire, tout ça est illégal,
02:21nous ne laissons pas faire et nous ne laisserons pas faire.
02:25Rapport de force, dont on pourra en parler avec vos débatteurs.
02:28Absolument.
02:28Félix, donc nous parlions des vœux, des cartes de vœux.
02:33Alors l'actualité, ça a été effectivement cette annonce du Premier ministre
02:37demandant à ses ministres de ne plus envoyer de cartes papier.
02:40Oui, la consigne est formelle de la part de Sébastien Lecornu aux différents ministères.
02:44Vous n'envoyez plus de cartes de vœux, vous allez vous contenter désormais
02:47d'envoyer des mails de bonne année.
02:48On a envie de dire merci, au revoir.
02:50Est-ce que c'est de la radéinerie ou est-ce que vous dites qu'après tout,
02:53il n'y a pas de petites économies ?
02:54Bon, je vous laisse en juger.
02:56D'ailleurs, vous pouvez nous le dire au 0826 300 300.
03:00L'objectif, en tout cas dit Matignon, attention,
03:02c'est de réformer structurellement la communication de l'État.
03:07Rien de moins.
03:08Et donc, ça passe par ça, par les cartes de vœux.
03:10La com' de l'État, si on additionne un peu tout, tous les ministères, etc.
03:14Un milliard d'euros par an à peu près.
03:15Objectif, donc, un tiers de moins.
03:18Et visiblement, les petits ruisseaux font les grandes rivières.
03:21Si ça permet d'économiser 10 000 euros par ministère,
03:24de ne plus envoyer de cartes de vœux,
03:25c'est toujours ça de pris, quelque part, à trancher Matignon.
03:28Oui, mais bon, c'est sûr que tout le monde n'est pas ravi de cette décision.
03:33Oui, la carte de vœux, quelque part, c'est quand même une tradition,
03:36une habitude culturelle.
03:37C'est ce que nous disent les fabricants, les vendeurs aussi, tout simplement, de cartes.
03:41On va être dans un instant avec le leader du secteur éditor
03:45qui propose d'en envoyer gratuitement 5 000 à chaque ministère des cartes de vœux.
03:49À votre bon cœur, on en est là.
03:51Le tout, Internet, quelque part, peut-être que ça a un peu cassé une part de tradition,
03:56de folklore, ça donne quelque chose de plus aseptisé.
03:58C'est vrai qu'un mail, c'est plus impersonnel.
04:00Et encore, si on en envoie un,
04:02ce ne sont pas les cartophilistes qui vont vous dire le contraire.
04:05Si vous voulez, les cartophilistes, je ne sais pas si vous connaissez les collectionneurs...
04:09Les collectionneurs de cartes, oui, j'ai vu ça dans certains reportages.
04:12Il y en a qui les collectionnent depuis des années.
04:14Depuis des années, depuis, par exemple, là,
04:17il y a nos confrères de France 3 qui avaient trouvé le témoignage d'un cartophiliste
04:22qui, depuis mi-terran, en envoie à tous les ministères, à tous les présidents,
04:27et qui recevait à chaque fois des réponses, figurez-vous.
04:30C'était un peu une sorte de tradition signée de la main du ministre ou du président ou du Premier ministre.
04:35Et ce normand, par exemple, a prénommé Alain,
04:38avait accumulé comme ça une collection de 600 cartes de vœux de différents ministères,
04:42mais aussi de tous les présidents,
04:44des cartes de vœux signées Roselyne Bachelot, Dominique de Villepin,
04:48ou pourquoi pas François Bayreau.
04:50Voilà, ça vous envoie du rêve quand même, tout ça.
04:53Sauf que c'est fini, visiblement, ça coûtait trop cher.
04:55Et lui, il nous dit quand même,
04:56Sébastien Lecornu a fait capoter ma collection.
04:58Oui, mais avouez que nous, ici à la rédaction,
05:02on reçoit beaucoup, beaucoup de vœux des mairies, des hommes politiques,
05:07et ça finit à la poubelle.
05:08On regarde le vœu, on regarde qui nous a envoyé la carte,
05:11et une fois sur deux, on ne les collectionne pas, on les met à la poubelle.
05:15Vous avez reçu des vœux, j'imagine, ici à la rédaction,
05:17on ne les garde pas, ces cartes-là.
05:19Donc il y a aussi une vraie réalité.
05:21Ça nous fait plaisir de lire que tel maire nous souhaite une bonne année,
05:25mais ça va à la poubelle, non ?
05:28Oui, mais vous, allez-vous, vous ne les jetez pas vos vœux ?
05:32Si, si, si.
05:33Mais économiquement, il y a une industrie qui est en train d'être menacée.
05:40Alors, quelques réactions de nos auditeurs.
05:42Anne nous dit,
05:43Anne, pardon, Ampho, vous me dites,
05:46des vœux pour quoi dire dans cette tourmente.
05:48Stéphane, qui a de l'humour, nous dit,
05:49de toute façon, avec le plantage de la Poste,
05:51il serait arrivé à Pâques, les vœux.
05:53Mais c'est vrai que moi, j'ai été interpellé par le témoignage d'Henri Condamine,
06:00qui est avec nous.
06:01Bonjour, président fondateur d'Editor.
06:03Vous êtes leader dans le domaine de la carterie.
06:08Et je vous ai entendu au moment de l'annonce du Premier ministre.
06:11Et c'est vrai que ça m'a interpellé,
06:13que je n'avais pas pensé que ça mettait votre entreprise en péril.
06:17Bonjour.
06:17Je ne pense pas qu'on puisse dire que cette décision
06:25mette le marché ou notre entreprise en péril.
06:30Moi, ce que je voudrais souligner,
06:32c'est que M. Le Cordu est le seul chef de gouvernement au monde
06:37à interdire l'usage de la carte de vœux.
06:42Ça nous paraît une posture de communication, en fait,
06:46pour faire diversion.
06:48Nous n'avons pas de budget, donc pas d'action gouvernementale.
06:52On s'en prend à la carte de vœux pour faire un acte d'autorité.
06:56Je dirais presque d'autoritarisme.
06:59Oui.
06:59Alors, oui, pardon.
07:02Non, allez-y, allez-y.
07:04Je voulais dire que c'est une décision d'autant plus étonnante
07:07et pour nous, pas raisonnable.
07:10D'abord, en tant que citoyen, faire dans la carte de vœux
07:13le bouc émissaire du déficit excessif de l'État,
07:18c'est ni crédible ni raisonnable.
07:22C'est plutôt dérisoire.
07:24On cherche entre 30 et 45 milliards d'économies
07:29sur le budget français.
07:30Et là, on va parler d'une mesure qui concerne
07:34à peu près 10 000 euros par ministère.
07:37Alors, ensuite, il y a une réaction économique,
07:40vous le disiez à l'instant.
07:41Oui.
07:42C'est-à-dire qu'il y a une filière.
07:44Cette filière, c'est des fabricants, bien sûr,
07:46mais c'est aussi des distributeurs.
07:48Oui.
07:48C'est-à-dire que la distribution des cartes de vœux,
07:51elle concerne beaucoup de monde.
07:54C'est une tradition culturelle.
07:57Même si vous dites qu'on en envoie moins aujourd'hui,
08:01on peut dire que peut-être pour les vœux de fin d'année,
08:04au niveau des institutions ou des ministres,
08:07on en envoie moins.
08:08Mais par contre, au niveau des consommateurs,
08:10ils s'en consomment encore.
08:12C'est-à-dire que la carte, c'est une marque d'attention,
08:15c'est de la reconnaissance.
08:16C'est un geste qui compte.
08:18Et avec une charge émotionnelle forte.
08:21Ça crée du lien, ça donne du sens à la vie.
08:24Peut-être entre particuliers,
08:26mais c'est vrai que les cartes des ministères,
08:27est-ce qu'elles ont un intérêt ?
08:29Est-ce que griffonner avec mon amitié,
08:33ou sincèrement, ou bien à vous,
08:35sur une carte imprimée,
08:36ou parfois même avec des cartes dont le texte est pré-imprimé,
08:39je ne vois pas où est le lien émotionnel qui peut y avoir ?
08:43La seule chose, c'est que prendre une décision de cette nature,
08:47lui donner ce retentissement, ça amène à quoi ?
08:53On parle de quoi ?
08:56Il y a quand même des vraies mesures à prendre pour les économies du budget de l'État, non ?
09:01Et parler des cartes de vœux, et seulement des cartes de vœux.
09:05Ce qui est amusant, par exemple,
09:07c'est qu'on ne parle pas des frais de réception,
09:10on ne parle pas des petits fours et du champagne,
09:12on parle simplement de la carte de vœux.
09:14C'est une mesure totalement, c'est une posture, c'est clair,
09:20c'est pour faire de l'animation à un moment où on n'a rien d'autre à se mettre sous la dent.
09:27Moi, ce que je voudrais dire sur le plan économique,
09:29c'est que ça concerne quand même beaucoup d'emplois.
09:32Si vous voulez, la distribution est faite au travers de 52 600 points de vente en France,
09:38qui vend des cartes de vœux,
09:41ça représente 180 000 salariés, d'accord ?
09:44Et certes, ce n'est pas un chiffre d'affaires considérable pour ces magasins,
09:50mais où ça devient très important,
09:51c'est que c'est un produit à marge plus forte,
09:54parce que ces gens-là sont généralement des gens qui vendent du tabac,
09:57de la presse, de la papeterie, de la librairie,
10:00et qui ont des faibles marges.
10:01Donc la carte de vœux contribue à 10% de la marge de ces distributeurs,
10:06et ça veut dire que 10% des emplois salariés,
10:09qui sont 180 000,
10:10sont concernés par cette image que donne le Premier ministre de notre produit.
10:19Voilà.
10:20Et ensuite, il faut quand même savoir que la carte de vœux,
10:23c'est très apprécié.
10:25Déjà, en fait, tout le monde n'en envoie pas.
10:27Je vous ai entendu dire, moi, ça ne m'intéresse pas d'en recevoir.
10:31Ben oui, mais il y a quand même 100 millions de cartes
10:34qui sont expédiées par an par les Français.
10:36C'est-à-dire que donc, c'est 100 millions...
10:38C'était les cartes politiques, dont parlait Gilles Gansman tout à l'heure.
10:41Ce n'étaient pas les cartes entre particuliers, effectivement,
10:43qui ont une valeur, comme vous le disiez, plus chargée d'émotions,
10:47parce que quelqu'un pense à vous,
10:49parce qu'il y a une relation qui se fait.
10:52Et sur les politiques, c'est peut-être un petit peu différent.
10:55Mais on va y revenir, 0826 300 300.
10:58Est-ce que vous continuez d'envoyer des cartes de vœux ?
11:01Est-ce que vous en avez reçu ?
11:02On a envie de vous entendre ce matin sur Sud Radio.
11:05A tout de suite.
11:05Plus de cartes de vœux pour les ministres.
11:14Ce matin, on en parle avec vous.
11:16C'est quoi le problème ?
11:17Félix Mathieu, Henri Condamine est avec nous en ligne,
11:20président fondateur d'Editor,
11:22donc leader sur le domaine de la carterie.
11:25Et vous nous avez expliqué les tenants et les aboutissants de cette interdiction.
11:30Vous jugez assez ridicule,
11:33puisqu'elle ne concerne finalement qu'une toute petite somme
11:37dans l'océan des déficits de l'État.
11:40Félix Mathieu, vous avez une question pour Henri Condamine.
11:43Henri Condamine, au-delà des cartes de vœux,
11:45est-ce que le marché de la carte postale aussi s'est replié ?
11:48Parce qu'il y a une époque où les gens en vacances
11:50écrivaient, envoyaient des cartes postales à leur famille, à la mamie.
11:54Sauf qu'aujourd'hui, la mamie, elle a le groupe WhatsApp de la famille.
11:57Les gens sont toujours en contact.
11:58Les gens s'envoient peut-être aussi moins de cartes postales en vacances qu'avant, non ?
12:02Alors, vous avez raison.
12:04C'est-à-dire que la multiplication des téléphones portables,
12:09où l'on prend soi-même ses photos,
12:12a considérablement atténué l'usage de la carte touristique de vacances.
12:19Mais ce sont deux choses totalement différentes.
12:20Ce sont deux marchés différents.
12:21Les cartes d'anniversaire, les cartes pour les fêtes,
12:26fête des mers, Saint-Valentin,
12:28tout ça a particulièrement bien résisté.
12:31Nous sommes dans un marché où les gens continuent
12:35à se donner des marques d'affection.
12:38La carte, ça a cette valeur très importante,
12:42c'est que ça transmet une charge émotionnelle forte.
12:45Il y a des gens, d'ailleurs, qui les gardent.
12:47Alors, on ne garde certainement pas les cartes envoyées par les municipalités
12:52ou les hommes politiques.
12:54Mais par contre, lorsque l'on reçoit une carte de quelqu'un que l'on aime,
12:58qui fait partie de son environnement proche,
13:01eh bien, à partir de ce moment-là, c'est totalement différent comme comportement.
13:04Et là, c'est très important.
13:05Et ça n'a pas faibli.
13:08Oui, mais l'émotion, elle passe aussi lorsque vous faites une photo de vous derrière un sympa
13:12et vous mettez « Bonne année d'Amsterdam » ou « Bisous d'Amsterdam »
13:17et on l'envoie par WhatsApp.
13:18Il y a aussi une valeur d'émotion où on peut faire aussi une petite vidéo
13:22où on souhaite la bonne année avec une coupe de champagne.
13:25L'émotion passe aussi désormais par ces réseaux-là et par WhatsApp, non ?
13:33Alors, c'est intéressant ce que vous dites parce que, en ce qui nous concerne,
13:36nous venons cette année de lancer une innovation très importante.
13:40Une innovation, d'ailleurs, qu'on a proposé d'offrir au Premier ministre.
13:44En fait, c'est une carte phygitale.
13:47« Digital », ça veut dire physique et digital.
13:50C'est le meilleur des deux mondes.
13:52C'est-à-dire, la carte physique, elle existe toujours.
13:55On peut y écrire un mot qui donne du sens parce que l'écriture, c'est irremplaçable.
14:01L'écriture, il y a une charge émotionnelle dans l'écriture
14:04et on comprend que ça a été vraiment fait pour la personne.
14:08Ça n'a rien à voir avec un like, un WhatsApp.
14:11Mais sur cette carte digitale dont je parle, il y a un discret QR code
14:16et ce QR code permet, aujourd'hui, d'enregistrer une vidéo personnalisée
14:22et au destinataire de la lire.
14:24On vient de lancer ça et ça marche évidemment très bien
14:27parce que ça associe la carte physique à l'actualité, aujourd'hui,
14:34du monde digital dans lequel on vit.
14:36Mais on garde quand même le support papier
14:39qui donne une richesse et une émotion plus fortes.
14:41Merci beaucoup, Henri Condamine, d'être intervenu ce matin sur Sud Radio.
14:46Quelques réactions d'auditeurs.
14:48Stéphane nous dit que la carte doit devenir un objet unique maintenant.
14:50C'est tellement facile de la faire soi-même.
14:52Il m'envoie la photo de la carte qu'il a faite pour son frère.
14:56Claire nous dit « Bonjour, moi j'ai envoyé des cartes à Noël pour ma famille éloignée.
15:00Elles sont arrivées début janvier, le 5 très exactement.
15:04Bravo La Poste pour votre efficacité.
15:06C'est décourageant.
15:07Dites-nous si vous continuez d'envoyer des cartes de vœux.
15:10Et toujours Stéphane nous dit qu'il y a Dromadaire qui cartonne
15:14et on peut faire des cartes personnalisées.
15:16Dromadaire, c'est votre société.
15:18Rafik Smati, bonjour.
15:19Bonjour.
15:20Bonne année à vous.
15:23Bonne année.
15:23Alors Dromadaire, c'est effectivement une société qui est spécialisée
15:28dans les cartes virtuelles, dans les cartes digitales.
15:33C'est un marché.
15:34Vous avez lancé quand cette société ?
15:37Alors c'est une société que j'ai lancée en 1998.
15:41Donc vous voyez, je fais partie des anciens de l'Internet français.
15:46Et effectivement, nous avons une activité qui est une activité de carte de vœux électronique
15:49mais aussi une activité de cartes de vœux papier.
15:51Ce qui nous donne une vision assez objective et assez large sur ces marchés
15:58et sur l'évolution de ces marchés.
16:01Et moi ce que je trouve intéressant, et pour compléter les propos qui sont dits sur le plateau,
16:06c'est que contrairement aux idées reçues,
16:08alors la carte de vœux électronique, elle est de plus en plus utilisée,
16:11les supports changent, j'entendais parler de WhatsApp, etc.
16:14Évidemment, c'est une tendance de fond et c'est très bien.
16:17Mais la carte de vœux papier, non seulement elle résiste,
16:21mais figurez-vous qu'elle résiste particulièrement auprès des jeunes,
16:26auprès des trentenaires, auprès des quadras.
16:29Et c'est ça qui est extrêmement intéressant.
16:31C'est-à-dire que nous avons noté une tendance de fond ces 3-4 dernières années
16:35avec une recrudescence des consommations justement de cartes de vœux papier
16:40de la part d'une cible plutôt urbaine, plutôt jeune,
16:44qui peut paraître...
16:47Paradoxal, oui.
16:48Oui, oui, c'est paradoxal.
16:50On a levé le sentiment.
16:51Vous faites le même constat que cette année,
16:53on reçoit moins de cartes de vœux ?
16:56Moins de vœux en général ?
16:58Alors, de cartes de vœux papier, non.
17:01C'est un marché qui est en croissance, étonnamment.
17:05Mais vous savez, je crois qu'il y a un besoin d'authenticité
17:08dans cette période qui est extrêmement anxiogène,
17:11où les relations sociales sont parfois extrêmement tendues,
17:15où vous avez des angoisses qui sont liées au climat géopolitique, politique, etc.
17:20Et donc, le besoin de vouloir retisser des liens auprès des gens qu'on aime,
17:26c'est quelque chose qui, je pense, n'a jamais été aussi élevé.
17:30Et en particulier, le supplément d'âme,
17:33parce qu'on a connu WhatsApp,
17:36parce qu'on est dans un monde extrêmement numérisé,
17:39le fait de vouloir aller plus loin,
17:40et le fait de vouloir aller plus loin aujourd'hui,
17:42c'est revenir à une certaine forme de tradition,
17:44et la carte papier incarne aussi cette tradition.
17:47Écoutez, c'est intéressant.
17:48Une sorte de mouvement de balancier chez les plus jeunes,
17:51comme si on avait été tellement loin dans la dématérialisation
17:54qu'on voulait en réaction revenir à vraiment un objet papier
17:58qu'on peut toucher et envoyer, quoi.
18:00C'est ça, c'est-à-dire que la carte de vœux électronique,
18:03la carte WhatsApp,
18:05elle a un mérite, c'est qu'elle est gratuite,
18:07et donc qu'elle tolère une certaine forme d'abondance.
18:09C'est-à-dire que vous pouvez envoyer des dizaines de cartes
18:11ou des centaines de cartes à des centaines de contacts.
18:14Mais d'une certaine façon, ça leur fait perdre
18:17une charge émotionnelle que l'on retrouve, en revanche,
18:20dans la carte de vœux papier.
18:22Parce que si vous faites une carte de vœux papier,
18:23vous prenez le temps de la choisir d'abord.
18:25Ensuite, vous prenez le temps d'écrier,
18:27vous prenez le temps de l'envoyer.
18:29Et tout ça, c'est autant d'attention
18:30qui montre à la personne qui la reçoive
18:32qu'elle compte pour vous.
18:33– Et qu'est-ce que vous pensez de la décision du Premier ministre
18:38d'interdire les cartes de vœux aux ministres ?
18:41C'est, comme le disait Henri Condamine,
18:44peanuts dans un océan d'économies à faire ?
18:47– Alors, écoutez, je souris parce que la France,
18:53c'est un chiffre qui a été annoncé hier ou avant-hier,
18:55la France va emprunter 310 milliards d'euros en 2026.
19:00310 milliards d'euros, on est 1300 milliards d'euros
19:04de dépenses publiques.
19:06Donc je veux bien qu'on fasse des économies,
19:07la vie est une affaire de symbole,
19:09mais je trouve ça extrêmement mesquin.
19:13Surtout d'en faire un axe de communication.
19:15Surtout d'en faire un axe de communication.
19:17Et puis vous allez avoir plein de gens
19:19qui vont envoyer des cartes de vœux
19:21à des personnalités politiques.
19:22Et donc qu'est-ce qui va se passer ?
19:23Les personnalités politiques ne vont pas pouvoir répondre
19:25bref, tout ça.
19:27Et encore une fois, sur ce sujet-là,
19:28comme sur tant d'autres,
19:30c'est une affaire de symbole
19:32et on ne va pas mettre les mains
19:36là où il faut vraiment les mettre
19:37pour réformer l'État.
19:38– Merci Rafik Smati d'être intervenu.
19:40Alors on a Yohan qui attend depuis un petit moment
19:42qui voulait nous parler des cartes de vœux.
19:46Est-ce que vous envoyez des cartes, Yohan ?
19:48– Bonjour, Alain.
19:49– Bonjour.
19:49– Oui, oui, oui.
19:51Je suis complètement en phase
19:52avec ce que vient de dire Rafik.
19:53Alors moi, je vois, j'ai bientôt 40 ans
19:57et j'ai un besoin de revenir
19:59à des choses traditionnelles,
20:00à des choses palpables.
20:02Et pourtant, je travaille dans l'informatique.
20:05La digitalisation, je connais très très bien.
20:07Et pourtant, il y a des choses, je trouve,
20:08effectivement, d'avoir du palpable.
20:11Oui, il y a une charge émotionnelle.
20:13Il y a le fait de se dire
20:14que la personne a pris un peu de temps
20:16pour assigne l'attention.
20:18C'est du texte, c'est des choses, voilà.
20:22Ça a une représentation que le digital n'a pas.
20:26On sent une attention qui est portée particulière
20:29au travers de cet objet.
20:31Et par rapport à la décision du ministre,
20:36du Premier ministre,
20:37par rapport à ça, je trouve qu'il y a deux choses.
20:40La première, c'est, effectivement,
20:42j'aimerais savoir combien coûte
20:45leur community manager
20:47pour leur maintenir leur compte sur X,
20:50pour déballer des sornettes sur X.
20:55Alors que Benkart 2, c'est la tradition,
20:57c'est sympa, ça fait toujours plaisir, d'une part.
21:02Et d'autre part, c'est malheureusement aussi
21:06un peu, je trouve, un signe
21:10de l'appauvrissement un petit peu
21:13politique et culturel français.
21:15De se dire, finalement,
21:17on va se chercher des économies,
21:18on va les taper dans les traditions,
21:20on va les taper un petit peu
21:21dans ce qui fait un petit peu,
21:23ce qui unit aussi un petit peu un peuple.
21:25Parce que, mine de rien, une attention,
21:26c'est ce qui permet aussi
21:27de se reconnecter aux gens.
21:31En disant que, ouais, c'est secondaire
21:33ou parce que ça ne rapporte pas
21:34ou que sais-je.
21:35Alors que, justement,
21:37comme l'a dit justement
21:38Rossi Raffi, qui est aussi
21:39votre hétero d'un précédent,
21:41dans ces moments-là,
21:43on a une période un peu anxiogène
21:44et puis c'est bien de revenir
21:45un peu à des choses fondamentales.
21:47Merci beaucoup, Johan,
21:49d'être intervenu.
21:50Merci et bonne année
21:51à vous également.
21:53Merci, Félix Mathieu.
21:54On se retrouve dans un instant
21:55pour commenter l'actualité,
21:57évidemment parler des agriculteurs
21:59qui sont montés à la capitale
22:02et qui bloquent un certain nombre
22:04d'endroits dans Paris.
22:05A tout de suite.
22:06Sud Radio.
22:08Mettez-vous d'accord.
22:09Valérie Expert.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations