- il y a 3 mois
BFM BUSINESS PARTENAIRE - Ce samedi 25 octobre, Frédéric Collet, président Filière IA & Cancers / Bionnassay-Consult, Théophile Mohr Durdez, directeur général et cofondateur de Volta Medical, et Rémy Teston, directeur général de Buzz E-Santé, étaient les invités dans l'émission Check-up Santé, présentée par Fabien Guez. Check-up Santé est à voir le samedi sur BFM Business.
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00:00Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur BFM Business dans Check-Up Santé.
00:16Vous le savez, l'intelligence artificielle est partout, véritable épidémie de neurones artificiels.
00:21Aujourd'hui, un grippin a plus de puissance de calcul que la NASA en 1969.
00:26Si, sous certains aspects, l'intelligence artificielle fait un peu peur,
00:31elle est une véritable révolution dans tous les compartiments de la médecine,
00:35prédiction, prévention, diagnostic, traitement, suivi.
00:38Et mes invités d'aujourd'hui vont vous le démontrer avec brio.
00:42J'ai le plaisir de recevoir Frédéric Collet, un des acteurs incontournables de notre communauté santé,
00:48président de la filière IA et cancer, devenu un acteur central de l'innovation en oncologie.
00:53Mon deuxième invité utilise l'intelligence artificielle lui aussi pour traiter une affection très fréquente
00:58pouvant entraîner un AVC, c'est l'arythmie par fibrillation auriculaire.
01:03Il s'appelle Théophile Mort Durdez et il dirige la start-up Volta Medical.
01:09Enfin, spécialiste de l'œil santé nourri à la sauce IA, Rémi Tesson qui dirige Buzz e-santé.
01:15Check-Up Santé, c'est parti.
01:18Check-Up Santé, au cœur de l'innovation santé.
01:23Frédéric Collet, bonjour.
01:25Bonjour Fabien.
01:25Vous êtes un expert en stratégie santé, on comprend quand on lit votre background.
01:31Vous avez été président de Novartis France, vous avez été président du LEM, le syndical d'industrie pharma.
01:35Vous êtes ambassadeur France 2030, vous êtes administrateur de l'Institut Imagine et j'en passe et des meilleurs.
01:41Et la raison pour laquelle vous êtes invité aujourd'hui, c'est votre président de la filière IA et santé,
01:47intelligence artificielle et santé.
01:49Rappelez-nous les liens entre l'IA, justement quelques généralités sur l'IA et la médecine.
01:55D'abord, la filière, je précise la FIAC, la filière IA et cancer.
01:59Alors, bien sûr, le cancer...
02:01On va y revenir.
02:02Mais notre spécialité, c'est vraiment le cancer.
02:04Pourquoi le cancer ? Parce que le cancer est un domaine dans lequel la data est extrêmement abondante,
02:10elle est très diversifiée, elle est plutôt bien structurée et elle est d'origine très multiple.
02:15Et en fait, quand on crée une filière, c'est exactement ça l'objectif,
02:18c'est de rassembler autour d'un même projet des acteurs qui chacun ont quelque chose à y apporter.
02:24On va y revenir.
02:25Et dans le domaine de l'IA, et dans le domaine du cancer, l'IA est particulièrement utile,
02:30et je reviens à votre question, parce qu'elle répond à un besoin.
02:33En médecine.
02:34Dans le domaine de la santé, dans le domaine du cancer, mais dans le domaine de la santé,
02:37l'IA répond d'abord à un besoin.
02:40La data y est abondante et les besoins sont extrêmement importants.
02:44On va résumer ça en disant pour une raison, c'est que plus la science progresse,
02:49plus le soin devient ciblé.
02:52Et plus le soin répond, non pas à une pathologie générale,
02:56ce qui est particulièrement vrai dans le cancer,
02:58mais à des pathologies de plus en plus ciblées.
03:00Et la data permet, tout au long de la chaîne, de mieux diagnostiquer.
03:05Alors justement, cette intelligence artificielle, elle se nourrit évidemment de la data, de la donnée.
03:10D'où vient-elle justement en médecine ?
03:11Alors cette donnée aujourd'hui, en médecine, elle vient, alors particulièrement en France,
03:15elle vient d'abord de données publiques qui ont été collectées au fil du temps.
03:19Et en France, on a le fameux SMDS qui existe depuis 2017.
03:23Mais c'est des datas qui existent, qui sont compilées depuis les années 70.
03:28Donc la France s'enorgueillit d'ailleurs d'avoir un véritable trésor.
03:32Mais pour autant, ce n'est pas la seule chose.
03:35C'est-à-dire que de plus en plus, les datas sont collectées ailleurs par l'ensemble des acteurs.
03:39Des acteurs de la tech, des acteurs du soin, les laboratoires pharmaceutiques collectent beaucoup de data.
03:46Les acteurs de la tech collectent beaucoup de data.
03:48Et cette data, elle est de plus en plus clairsemée, polymorphe, polyforme.
03:53Et donc, un des enjeux, c'est justement de pouvoir la rassembler, de pouvoir la raffiner.
03:59Surtout de la valider, non ?
04:00Surtout de la valider.
04:00Mais l'autre jour, je discutais avec justement un des acteurs de la FIAC qui me disait
04:06« Mais tu sais, finalement, le moteur, c'est-à-dire les algorithmes, tout le monde les aura, peu ou prou.
04:12La vraie différence, c'est la qualité du fuel.
04:15C'est la qualité de la donnée.
04:17Cette qualité pour qu'elle soit raffinée, pour qu'elle soit interopérable, comme on dit,
04:23c'est-à-dire qu'elle puisse se parler, pour qu'elle soit sécurisée.
04:26Bref, c'est la qualité du fuel qui fait toute la différence.
04:28Oui, mais qui va la contrôler ? Qui va la réguler ?
04:30Aujourd'hui, il y a des acteurs de la régulation.
04:33Ça sera peut-être l'IA qui va faire un autre place bientôt, non ?
04:34Non, non, non, au contraire, les acteurs de la régulation, du contrôle sont là.
04:39Mais justement, c'est un point très important.
04:41C'est parce que quand on parle de l'IA, on parle de data.
04:44Quand on parle de data, on parle, en fait, finalement, il y a deux approches.
04:48Il y a une approche très souveraine, c'est-à-dire qu'on cherche à protéger son capital.
04:52Vous avez évoqué la notion de trésor.
04:54Alors effectivement, on cherche à le protéger.
04:56Et c'est légitime, puisque ces datas, elles sont publiques.
04:59Elles concernent chacun d'entre nous.
05:01Ce sont des datas de santé.
05:02On ne veut pas qu'elles se promènent dans tous les sens.
05:04Puis on veut qu'elles soient sécurisées.
05:06Mais il y a une autre approche de ça, qui est de se dire,
05:08la data a aussi une valeur, et la souveraineté a aussi une valeur offensive.
05:12C'est-à-dire, comment est-ce qu'on fait en sorte
05:13qu'on crée un environnement qui soit compétitif ?
05:16Qu'un acteur, un laboratoire, une start-up, un acteur public se dise
05:20« Mais moi, c'est en France que je veux monter mon projet. »
05:24Parce qu'en France, non seulement les datas sont de qualité,
05:26mais elles sont accessibles et elles sont sécurisées.
05:29Et dans le domaine de la cancérologie, cette IA,
05:31elle prend une place vraiment plus qu'importante.
05:34Énorme.
05:35Parce que dans le domaine de la cancérologie, il y a deux choses, encore une fois.
05:38D'abord, la data est abondante.
05:39Ensuite, elle est de sources très différentes.
05:41Parce qu'il y a la donnée de santé telle que celle qu'on a dans le SNDS.
05:44Mais il y a aussi des données d'imagerie.
05:46Il y a aussi des données d'anapathes.
05:48Il y a des données de toutes sortes.
05:50Et aujourd'hui, ces données, on est capable de les structurer,
05:54de les rendre usables, si je peux dire.
05:56Première chose.
05:57La deuxième chose, c'est que dans le domaine du cancer,
06:00le besoin, il est énorme.
06:02Parce que, encore une fois, je vais utiliser un terme qui est horrible,
06:05mais le cancer, il se maladirarise.
06:07C'est-à-dire qu'on ne parle plus d'un cancer du poumon,
06:09d'un cancer du sein, mais de sous-cancer, de spécialité.
06:13Et donc, il est nécessaire de bien les diagnostiquer.
06:15Comme les maladies rares.
06:16Comme les maladies rares.
06:17Il y en a finalement beaucoup, ça concerne beaucoup de monde.
06:19Il y a 8000 maladies rares.
06:20Et 3 millions de patients atteints de maladies rares en France.
06:23Et donc, l'enjeu, c'est aussi de se dire
06:24comment est-ce qu'on utilise la data pour mieux diagnostiquer,
06:28mieux cibler, mieux prescrire, mieux accompagner le patient,
06:32mieux le suivre.
06:33Mieux prédire.
06:34Et mieux prédire également.
06:35Et tout l'enjeu de la prévention, il passe aussi par là.
06:38Alors justement, vous présidez la FIAC, la filiale IA et cancer.
06:43Quand a-t-elle été créée ?
06:45Alors la FIAC, elle a été créée en 2021.
06:49Elle a été créée...
06:49Elle est tellement récente.
06:50Oui, c'est très récent.
06:51Elle a 4 ans, la FIAC.
06:52La FIAC, c'est un enfant encore jeune qui a été créé...
06:56En fait, c'est très intéressant précisément pour répondre à cet enjeu d'attractivité.
07:01En se disant, comment faisons-nous pour développer une filière ?
07:05Et une filière, encore une fois, ce sont des acteurs d'origine différente,
07:10qui ont des moyens, des ressources différentes,
07:12et qui décident de travailler ensemble pour mener des projets,
07:16mais également pour, on pourrait dire, structurer un environnement,
07:19structurer un écosystème.
07:21Et donc, à la FIAC, on a quelque chose qui est très singulier.
07:25On a des acteurs publics, et au premier rang duquel, on a l'INCA,
07:29qui est vraiment l'acteur de référence.
07:31L'Institut national de cancer.
07:32Mais également, on a des acteurs privés.
07:34Et tous ces gens se retrouvent autour de la même table,
07:37d'un même conseil d'administration.
07:39Et ce qui est extraordinaire, c'est qu'ils vont décider ensemble
07:42des projets qu'ils veulent mener,
07:44ils vont décider ensemble de la méthode qu'ils veulent suivre,
07:47et ils vont partager ensemble les résultats de ces projets.
07:50Ce sont des gens qui, dans la vie courante, si je peux dire,
07:52sont soit dans des situations de dialogue public-privé,
07:56qui ont aussi leurs spécificités,
07:59soit des situations de concurrence entre tous ces laboratoires.
08:03Justement, vous avez cité le public,
08:05vous n'avez pas cité les partenaires, en fait,
08:08peut-être un peu fondateurs privés ?
08:09Alors, dans les partenaires, vous avez raison,
08:10dans les partenaires fondateurs de la FIAC,
08:12on a l'INCA, on a l'AIS, on a le Health Data Hub,
08:17enfin, un certain nombre d'acteurs publics.
08:19On a la BPI, puisque, en fait, la FIAC a été créée
08:23avec un financement de 17 millions,
08:25dans la première levée de fonds que nous avons faite,
08:28il y avait 17 millions, la moitié par la BPI,
08:30la moitié par les acteurs privés.
08:31Et les acteurs privés, ce sont, aujourd'hui,
08:34neuf des plus grands laboratoires internationaux
08:37de développement, de recherche, dans le domaine du cancer.
08:41Et donc, tous ces gens-là travaillent ensemble
08:43à mener ces projets, et, aujourd'hui,
08:45nous avons mené 14 projets.
08:48D'accord.
08:49Et la FIAC a fait ce que j'appelle la preuve de concept.
08:53C'est-à-dire que nous avons mené ces 14 projets,
08:56que ces 14 projets ont, aujourd'hui, fait l'objet de publications,
09:00on est pendant la semaine de l'ESMO,
09:01donc à l'ESMO, à l'ASCO,
09:04dans des revues d'oncologie de premier plan,
09:06pour montrer à quel point l'usage de la data,
09:09dans un certain nombre de domaines,
09:10était fertile et fructueux.
09:12Vous pouvez donner deux exemples concrets,
09:13ou deux exemples concrets, parmi ces 14 projets ?
09:16Alors, dans ces projets, il y a, en fait,
09:17on a, je vais vous donner, plusieurs types de projets.
09:22On a des projets qui sont du domaine du parcours de soins,
09:25du domaine du diagnostic,
09:26du domaine de l'accompagnement
09:27et de la qualité de vie des patients.
09:29Alors, quand je vous dis ça, vous allez me dire,
09:30c'est très général.
09:31En fait, c'est beaucoup plus spécifique,
09:33parce que, chaque fois, ça s'applique
09:34à un type de cancer particulier.
09:37Et puis, on a, par exemple, un projet
09:38qui est très emblématique pour l'instant,
09:40qui intéresse beaucoup de monde,
09:43et notamment, d'ailleurs, les autorités en France,
09:46qui est autour de l'accès précoce.
09:48Vous savez que l'accès précoce,
09:49c'est une singularité française
09:50qui permet, pour un laboratoire innovant,
09:52de rendre son traitement accessible
09:55plutôt que le droit commun simple.
09:57– Que sa validation officielle.
09:59– Que sa validation officielle.
09:59– Mais le problème de l'accès précoce,
10:02c'est que, légitimement,
10:03il nécessite de collecter beaucoup de données
10:05pour pouvoir suivre les bons résultats
10:07de l'accès précoce.
10:09Ces données, elles sont compliquées
10:10à collecter.
10:12Elles impliquent, y compris pour les hôpitaux,
10:15les services de soins qui sont concernés.
10:17Et donc, un de nos projets, aujourd'hui,
10:19qui est mené par plusieurs laboratoires,
10:21généralement concurrents également,
10:23est justement de se dire,
10:24est-ce que l'IA peut nous permettre
10:26d'aller collecter cette donnée
10:27de façon plus fiable, plus rapide, plus simple.
10:30Et donc, vous imaginez que ça peut renforcer
10:32l'attractivité de l'accès précoce.
10:33Et là, on est vraiment dans la notion
10:36de compétitivité et d'attractivité.
10:38– Alors, l'argent, évidemment,
10:39c'est le nerf de la guerre.
10:41Ce n'est pas plus compliqué dans ce contexte
10:43un peu politico-économico, etc. morose ?
10:47– Bon, il faut rester optimiste, bien sûr.
10:49– Oui, moi, je reste optimiste.
10:50On est en train de préparer une nouvelle levée de fonds.
10:52C'est-à-dire qu'on est en train de passer
10:54à l'étape 2 de la FIAC,
10:55pour lequel on souhaite justement
10:58retourner vers les laboratoires fondateurs,
11:00les partenaires fondateurs,
11:02y compris la BPI d'ailleurs,
11:03mais également de nouveaux acteurs
11:05qui sont aujourd'hui, ils nous le disent,
11:06intéressés par la FIAC,
11:07ceux qui n'étaient pas du premier tour de table,
11:09mais qui aujourd'hui, voyant la preuve de concept,
11:11se disent, il faut qu'on en soit.
11:13Alors, dans ces acteurs-là, vous avez,
11:14bon, j'ai envie de dire, les acteurs habituels,
11:16du soin, d'autres laboratoires, bien sûr,
11:20toujours internationaux,
11:21parce que c'est quand même,
11:22tous ces acteurs sont internationaux,
11:24mais vous avez également des acteurs
11:25qui sont des acteurs, par exemple, de la data,
11:28des acteurs du soin également,
11:30des experts de l'oncologie,
11:34vous avez également des start-up
11:36et un certain nombre d'acteurs.
11:37Mais vous parlez d'international, évidemment,
11:39heureusement,
11:40mais n'empêche qu'il y a deux mots, quand même,
11:42qu'on retrouve dans votre ADN,
11:44c'est compétitivité, souveraineté.
11:45Oui, absolument.
11:46Rapidement ?
11:47Compétitivité, souveraineté,
11:48ça veut dire que créer en France
11:50un environnement dans lequel on puisse se dire,
11:52c'est là qu'on veut mener des projets.
11:54La FIAC, elle a deux objectifs.
11:56Elle a un objectif pour mener ces projets,
11:58pour faire fructifier ce trésor de data
12:02dont nous disposons.
12:03Mais là, un deuxième objectif,
12:04c'est de faire fructifier l'écosystème.
12:06Depuis 2015,
12:08on a créé plus d'une centaine en France
12:10de start-up dans le domaine de l'oncologie,
12:13dans le domaine de l'usage de la data.
12:15Vous voyez à quel point l'environnement est fertile.
12:17Et la FIAC, elle permet à ces gros acteurs,
12:20ces laboratoires de premier plan,
12:22de travailler avec ces start-up françaises.
12:24Donc là aussi, on fructifie l'écosystème.
12:27Un euro sur deux,
12:28un euro sur deux,
12:29va à cet écosystème,
12:30que nous dépensons,
12:31va à cet écosystème.
12:33En dix secondes,
12:34on peut imaginer une FIAC
12:36dans d'autres domaine thérapeutiques ?
12:37Bien sûr.
12:38L'avenir de la FIAC,
12:40c'est...
12:40D'abord, on réfléchit à une FIAC
12:42qui permettrait de s'étendre
12:44au niveau européen, par exemple.
12:46C'est un des sujets.
12:47Mais on réfléchit aussi à...
12:49Est-ce que la FIAC peut s'exporter
12:50dans d'autres aires thérapeutiques ?
12:52Et pour le faire,
12:53et aujourd'hui, il y a déjà
12:54quelque chose qui est lancé
12:55dans les maladies rares,
12:56qui n'appartient pas à la FIAC,
12:58qui suit son propre chemin.
13:00Mais pour le faire,
13:01en général,
13:01il faut qu'il y ait un acteur de référence.
13:04Pour nous, c'est l'un cas.
13:05Ailleurs, ça peut être, par exemple,
13:06l'Institut Imagine.
13:08Il faut qu'il y ait une base de données
13:09qui soit structurée,
13:11qui soit accessible.
13:12C'est la plateforme des données de cancer.
13:14Le nouveau...
13:15Qui va devenir le nouveau registre du cancer.
13:17Ailleurs, ça peut être
13:18la base de données
13:19des maladies rares.
13:21Donc voilà.
13:22Il y a un petit squelette à avoir
13:23pour pouvoir dupliquer.
13:25Et peut-être, en particulier,
13:26justement, ça tombe bien
13:26parce qu'on a un autre acteur
13:27dans le domaine de la cardiologie.
13:29Frédéric Collet, merci.
13:30Merci beaucoup.
13:30Merci beaucoup, Fabien.
13:31On boit vos paroles.
13:32Revenez quand vous voulez.
13:33On va présent accueillir
13:34Théophile Mort d'Urdès,
13:36qui est le CEO de Volta Médical.
13:43Théophile Mort d'Urdès, bonjour.
13:45Bonjour.
13:45Et ravi de vous voir
13:46sur le plateau de Check-up Santé.
13:48Donc, vous avez fait quelques petites écoles.
13:49Vous avez fait HEC.
13:50Vous avez fait Polytechnique.
13:52Surtout Polytechnique, oui.
13:53Surtout Polytechnique.
13:53Et vous avez fondé, donc...
13:55Vous êtes le CEO.
13:56Vous avez fondé en 2016,
13:57déjà 9 ans.
13:58Vous avez cofondé avec 3 médecins électrophysiologistes
14:03et un data scientist,
14:06une boîte française qui s'appelle Volta Médical.
14:09Et votre boîte maintenant,
14:10elle bosse en France, mais aussi ailleurs ?
14:12Oui, tout à fait.
14:13On est présent dans 5 pays.
14:14En France, en Allemagne, en Belgique,
14:16aux Pays-Bas, aux Etats-Unis,
14:18qui reprend notre plus gros marché.
14:19Donc, on a aussi une filiale aux Etats-Unis.
14:21On est 100 personnes,
14:2280 personnes essentiellement en France.
14:25Le siège est à Marseille
14:25et une vingtaine de personnes aux Etats-Unis.
14:27Et une prise de tête,
14:28en fonction des différentes réglementations
14:29dans les différents pays ?
14:30Absolument, absolument.
14:32Alors, on va parler de l'arythmie
14:34par fibrillation auriculaire.
14:36C'est une affection qui est assez fréquente.
14:38Oui, très fréquente.
14:39C'est 600 000 patients en France.
14:41Entre 600 000 et 1 million de patients en France.
14:42C'est quasiment 1% de la population qui est touchée.
14:45Et on sait qu'à partir de 80, c'est 10%
14:47qui est question de la population.
14:49et surtout, cette arythmie
14:51qui veut dire que le cœur est complètement irrégulier.
14:54Pourquoi il est irrégulier ?
14:55Alors, en résumé,
14:58les arythmies cardiaques se regroupent par grandes familles.
15:00Donc, il y a les tachycardies,
15:01le cœur bat trop rapidement.
15:03Les bradycardies, le cœur bat trop lentement.
15:05Mais régulièrement.
15:05Mais régulièrement, voilà.
15:06Et les fibrillations,
15:08qui sont des arythmies chaotiques.
15:09Donc, le cœur fibrille.
15:11Et c'est généralement lié
15:12à des troubles de la conduction électrique.
15:14Donc, en fait, le cœur est un organe,
15:16comme vous le savez très bien,
15:16parce que je parle sous l'autorité d'un cardiologue,
15:18dont l'activité mécanique
15:21est directement liée à son activité électrique.
15:23Il y a une onde électrique
15:24qui se propage dans le cœur du haut vers le bas.
15:26Et quand le tissu s'altère,
15:28quand les propriétés de conduction électriques s'altèrent,
15:31ça engendre des courts-circuits,
15:32ça engendre des collisions électriques,
15:35etc.
15:36On précise évidemment qu'il s'agit
15:37d'une fibrillation auriculaire,
15:38et non pas ventriculaire.
15:39Voilà, exactement.
15:40Vente auriculaire, c'est la mort subite.
15:41Exactement.
15:42Donc, elle est fréquente.
15:43Comment la traite-t-on ?
15:44Donc, il y a différentes façons de la traiter ?
15:46Voilà, alors il y a deux modalités de traitement.
15:48Il y a la modalité médicamenteuse,
15:49donc le traitement médicamenteux,
15:51qui existe déjà depuis un certain nombre d'années.
15:53On va prescrire des anti-arythmiques aux patients.
15:55Et depuis une vingtaine d'années,
15:5720-30 ans,
15:58il y a une nouvelle verticale de la médecine,
16:02qui est l'ablation par cathéter en cardiologie,
16:04et où on va brûler,
16:06on va cautériser,
16:07détruire certaines régions du tissu dans le cœur,
16:11afin de restaurer le rythme normal du cœur,
16:13qui s'appelle le rythme sinusal.
16:14Pour ça, on va insérer des sondes par voie vasculaire dans le cœur,
16:18et on va cartographier le cœur,
16:20c'est la première étape.
16:21On essaie de comprendre l'arythmée cardiaque,
16:22comprendre comment ça fonctionne,
16:23comment l'électricité se propage,
16:25où est-ce qu'il y a des zones anormales,
16:26et en deuxième temps, brûler certaines régions.
16:28Alors, cette technique, ça s'appelle l'ablation.
16:30Voilà.
16:30L'ablation du cœur, ça s'appelle une ablation,
16:31qui existe, comme vous le disiez,
16:34sauf que vous, grâce à l'intelligence artificielle,
16:37vous l'avez approfondie, améliorée,
16:39pour qu'il y ait moins de récidive.
16:42Exactement.
16:42Parce que c'est vrai que le problème,
16:44le principal problème de l'ablation,
16:47surtout il y a 5 ans, 10 ans,
16:48c'est la récidive.
16:49Absolument, et c'est encore le cas
16:51pour toutes les formes les plus complexes de l'arythmée,
16:53et notamment ce qu'on appelle les FA persistantes,
16:56qui représentent la majorité des cas.
16:58Donc aujourd'hui, la majorité des patients
16:59qui sont atteints de FA font de la FA persistante,
17:02et les taux de récurrence sont de l'ordre de 50%
17:04chez ces patients à 12 mois.
17:06Et donc nous, on a conçu une intelligence artificielle
17:09qui va identifier les zones qui sont responsables
17:11de l'arythmie cardiaque,
17:13et en les brûlant,
17:13on a démontré maintenant dans une grande étude clinique randomisée
17:16qu'on a conduite dans 26 centres,
17:18dans 5 pays dans le monde,
17:20qu'on permettait d'améliorer significativement
17:22l'efficacité du traitement,
17:24et donc d'abaisser les taux de récurrence à long terme.
17:26Donc en fait, ce sont des logiciels d'aide à la décision
17:28pour les cardiologues, c'est ça, non ?
17:30Pendant l'opération, on va analyser des données
17:33qui viennent du bloc opératoire,
17:34notre logiciel va analyser les données,
17:36et va indiquer au cardiologue,
17:37bon ben voilà, là c'est une région d'intérêt,
17:38là c'est une autre région d'intérêt,
17:40et ensuite le cardiologue va adapter
17:42son protocole d'ablation,
17:44il va adapter là où il va brûler,
17:46pour mieux traiter les patients.
17:49D'accord.
17:49Et la deuxième chose, c'est que du coup,
17:50vous collectez des datas.
17:51Exactement, donc on le fait séparément.
17:55Les datas, c'est comme l'a dit le précédent orateur,
18:00c'est le fuel de l'IA.
18:03Pour nous, c'est très important d'avoir une IA,
18:05des données qui soient qualitatives,
18:07donc on a développé une plateforme
18:08pour pouvoir collecter ces données,
18:10et on est obligé de le faire dans un cadre
18:11qui n'est pas le cadre commercial du produit.
18:14Donc on ne collecte pas systématiquement
18:15dans l'utilisation de nos logiciels,
18:17on le collecte de façon séparée,
18:18dans le cadre de registres cliniques,
18:20où on a des contrats tripartites
18:22avec des investigateurs,
18:23le centre, la société,
18:24et on collecte ces données,
18:25on les annote,
18:26on a une plateforme complète
18:28pour prendre en compte le polymorphisme,
18:32la diversité, la variété des données,
18:33puisqu'on a des données temporelles,
18:36des données 3D,
18:38des données de suivi,
18:39des données épidémiologiques,
18:40et on doit intégrer toutes ces données
18:42pour essayer d'avoir une meilleure compréhension
18:44de la maladie
18:44et proposer un traitement qui est supérieur.
18:47– Supérieur en efficacité, évidemment.
18:50Et donc là, vous collaborez du coup
18:51avec de grandes entreprises
18:52comme GES Care, par exemple ?
18:54– Voilà, GES Care,
18:55d'autres acteurs
18:56qui sont moins connus du grand public,
18:58mais qui sont tout aussi importants
19:01dans notre secteur,
19:01comme Abbott,
19:02comme Johnson & Johnson,
19:04comme Medtronic.
19:06– Et donc vous avez un marquage CE ?
19:07– Marquage CE,
19:09FDA Clearance aussi depuis 2020,
19:11donc on a les autorisations
19:12de mise sur le marché
19:12en Europe et aux Etats-Unis.
19:14La difficulté en Europe,
19:17c'est que…
19:17– Et vous avez levé quand même
19:17quelques argents ?
19:19– Oui, oui, oui, tout à fait.
19:20– On a levé en tout 90,
19:2236 dans la dernière levée,
19:24mais en tout 90 millions,
19:25donc 80 millions en equity,
19:27avec des fonds de financement spécialisés,
19:30des fonds de venture,
19:32spécialisés dans la Medtech,
19:34des fonds européens,
19:34mais aussi récemment américains.
19:36– Et vous disiez la difficulté ?
19:38– Non, et donc je disais
19:39que la difficulté en Europe,
19:41c'est qu'on a un marquage CE,
19:42mais ensuite le marché reste fragmenté
19:47avec des systèmes de remboursement
19:49qui sont différents dans chaque pays,
19:50etc.
19:51– Eh bien, merci beaucoup,
19:52merci beaucoup Théophile Mordiundès,
19:55merci beaucoup,
19:55vous revenez quand vous voulez bien sûr.
19:57On va à présent accueillir Rémi Teston,
19:59patron de Buzz e-Santé.
20:03– Rémi Teston, bonjour.
20:08– Bonjour Fabien.
20:09– Il me semble vous avoir déjà vu quelque part, non ?
20:11– Eh oui, je suis déjà venu.
20:12– Alors vous êtes le patron,
20:13vous êtes le boss, fondateur de Buzz e-Santé,
20:16donc le influenceur,
20:18je sais que vous n'aimez pas
20:19quand on dit influenceur,
20:20vous dites plutôt quoi ?
20:22– Leader d'opinion, on se rappelle.
20:23– Leader d'opinion de l'e-Santé.
20:25Alors, plusieurs sujets aujourd'hui,
20:27donc en premier,
20:28on assiste à une véritable bataille
20:30des IA génératives en santé.
20:32– Exactement,
20:33alors c'est vrai que les IA génératives,
20:34on va dire classiques,
20:35les chat GPT, perplexity, etc.,
20:37ont été utilisées par certains praticiens
20:40pour essayer de tester leurs valeurs
20:41dans la recherche médicale,
20:43mais on voit émerger des IA génératives
20:45qui sont dédiées à la santé,
20:46notamment une en France,
20:47qui a été créée par la start-up Synapse Medicine,
20:50qui s'appelle MedGPT,
20:52et qui permet du coup…
20:53– Très malin comme dénomination.
20:54– Exactement,
20:55et qui a entraîné son modèle
20:56sur l'ensemble des recommandations françaises,
20:59donc elles viennent de l'HAS,
21:00de la NSM,
21:01TERIAC,
21:02et de recommandations qui viennent
21:03d'une multitude de sociétés savantes,
21:05pour finalement permettre d'avoir
21:06de l'information qui vient directement
21:08de sources françaises,
21:10dans l'écosystème qu'on connaît.
21:12Et puis ils ont fait un test aussi intéressant,
21:13c'est qu'ils ont fait passer
21:14l'ECN de l'année 2023
21:16à leur modèle,
21:17et aussi à ChatGPT,
21:19et ce qui s'est passé,
21:20c'est que le modèle MedGPT
21:21est arrivé dans les 500 premiers,
21:23tandis que ChatGPT est arrivé
21:25au-delà de la 2000ème place.
21:27– Incroyable.
21:28– Une performance…
21:29– La question que j'aurais dû vous poser un peu avant,
21:30juste une petite définition rapide
21:32de l'IA générative ?
21:33– L'IA générative,
21:35voilà ce qu'on appelle les LLM,
21:37donc c'est finalement
21:38des modèles d'intelligence artificielle
21:41qui vont s'entraîner
21:42sur du contenu existant
21:43pour vous fournir
21:44de nouveaux contenus.
21:46Donc il y a besoin d'entraîner le modèle
21:47sur tout un tas de données.
21:49Et puis si on parle toujours de cette bataille,
21:51c'est qu'il y a aussi un modèle
21:52qui fonctionne très bien aux Etats-Unis
21:53qui s'appelle Open Evidence,
21:55qui est vraiment le LLM santé
21:56qui est en train de cartonner là-bas,
21:58puisqu'il y a environ 40%
21:59des praticiens qui l'utilisent,
22:01et c'est déjà implémenté
22:02dans plus de 10 000 établissements
22:03aux Etats-Unis.
22:04Et peut-être bientôt en France ?
22:06– Et peut-être bientôt en France,
22:07donc il y a déjà des médecins français
22:09qui l'utilisent.
22:10Et ce qui est intéressant,
22:11c'est que ça permet du coup
22:12d'éviter aussi les hallucinations
22:15ou approximations
22:16qu'on peut trouver
22:16dans les modèles classiques
22:18comme Chagipiti,
22:20Perplexiti, Gémini, etc.
22:22– Alors est-ce qu'on peut dire
22:23qu'enfin l'espace européen
22:25des données de santé devient réalité ?
22:27– Alors c'est réalité maintenant,
22:28c'est effectif,
22:29et c'est un modèle qui permet
22:31du coup d'utiliser les données
22:32à plusieurs niveaux,
22:33déjà les données primaires,
22:35c'est-à-dire que demain,
22:36un médecin pourra,
22:39dans sa langue,
22:40accéder à toutes les données
22:41patients d'un individu
22:45qui vient de la communauté européenne,
22:47et donc pouvoir permettre
22:48la continuité des soins.
22:50Et puis également,
22:50dans ce qu'on va appeler
22:51les données secondaires,
22:53c'est-à-dire de pouvoir les utiliser
22:55dans la recherche,
22:55dans l'innovation,
22:56ou même pour tout ce qui est
22:58autour de la santé publique,
22:59et de pouvoir travailler
23:00sur des données
23:01beaucoup plus larges
23:02que le simple territoire national.
23:03– Frédéric Collet,
23:04qui est passé juste avant vous,
23:05donc on a parlé justement
23:06du fameux SDN en France,
23:08délégation du numérique en santé.
23:10– Voilà,
23:10donc c'est la délégation du numérique
23:11en santé qui pilote
23:12pour la France cette partie-là,
23:14puisqu'en fait,
23:15il y a des guichets uniques
23:15de données qui sont créés
23:16dans chaque pays
23:17membre de l'Union européenne.
23:18– Alors vous vouliez parler
23:19sur le plan innovation
23:21de la clinique de prévention
23:22de NECO-HENS.
23:24– Exactement,
23:25donc c'est une société
23:26qui a été créée
23:27par le fondateur de Spotify
23:28et qui permet de scanner
23:32le corps d'une personne,
23:34donc ça dure une dizaine de minutes,
23:36ça capte des millions de points
23:37au niveau de la peau,
23:38les données aussi
23:39cardio-métaboliques,
23:40et ça permet de faire
23:41une évaluation santé
23:43de la personne,
23:44et tout ça s'est fait
23:45en correspondance
23:47avec un médecin
23:47qui fait l'évaluation en amont
23:49et le suivi par la suite.
23:50– J'espère qu'il y a un médecin
23:51qui a la main quand même ?
23:52– Exactement,
23:53donc tout ça est encadré
23:54par des professionnels de santé.
23:55– Et quand vous dites
23:55« scanner »,
23:56ce n'est pas obligatoirement
23:57par des rayons X ?
23:59– Alors c'est une cabine
24:00où le patient se met
24:01au milieu de la cabine,
24:02et donc il y a des capteurs
24:03qui viennent prendre
24:04toutes les informations,
24:05les données,
24:06pour pouvoir du coup
24:06avancer sur ce sujet.
24:07– Oui, et surtout
24:08c'est instantané,
24:08il reste plus immédiatement
24:09le compte-rendu.
24:10– C'est dans une vraie volonté
24:10de prévention,
24:11c'est très implanté aujourd'hui
24:12au Royaume-Uni,
24:13et donc il cherche aussi
24:14à s'implanter
24:15dans d'autres pays
24:15dans les prochains mois.
24:16– Alors enfin,
24:17pour vous,
24:17la start-up du mois ?
24:19– Alors la start-up du mois,
24:20pour moi, c'est Galeon.
24:21Donc Galeon,
24:22c'est une société
24:22qui est spécialisée
24:23dans ce qu'on va appeler
24:24le DPI,
24:24le dossier patient informatisé,
24:27donc tout ce qui est
24:27la gestion des données
24:28à l'hôpital,
24:29en utilisant beaucoup
24:31l'intelligence artificielle,
24:32la blockchain,
24:33notamment pour sécuriser
24:34toutes ces données.
24:35Et ils ont annoncé récemment
24:36notamment un partenariat
24:37avec Samsung,
24:39puisqu'ils ont une branche santé
24:40qui s'appelle
24:40Samsung Health,
24:41où ils vont pouvoir combiner
24:42leur expertise de la donnée
24:43avec tous les équipements médicaux
24:45que fournit Samsung
24:46pour essayer d'apporter
24:48encore plus de solutions
24:49aux praticiens à l'hôpital.
24:50– C'est le futur de l'hôpital ?
24:51– Exactement.
24:53– Eh bien, merci beaucoup
24:53Rémi Tesson.
24:55Comme d'habitude,
24:56on boit vos paroles aussi
24:57et vous revenez quand vous voulez.
24:58Voilà, c'est la fin de cette émission.
25:00On se retrouve la semaine prochaine.
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