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Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.
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00:00Le 18-19 d'Edwige Chevrillon
00:04Vous êtes bien dans le 18-19 avec mon invité Philippe Etienne, ambassadeur de France et donc qui a été ambassadeur à Washington de 2019 à 2023.
00:15Bonsoir Philippe Etienne, merci beaucoup d'être avec nous parce qu'en plus ce qui est intéressant, vous avez été le Sherpa comme on dit d'Emmanuel Macron, ça c'était 2017 à 2019.
00:24Vous avez été ambassadeur en Allemagne aussi et puis même vous avez été à la représentation permanente à Bruxelles.
00:30Donc c'est dire si vous avez un parcours et vous allez peut-être nous l'illustrer aujourd'hui par ce qui s'est passé du moins tout à l'heure à Davos avec ce discours quand même un peu discours fleuve.
00:44Avec deux parties, une qui était vraiment faible pour les chefs d'entreprise qu'il avait devant lui, puis l'autre partie qui était, moi je dis un peu la géopolitique à prix au nul.
00:51Parce que c'était un peu simpliste mais avec quelques phrases quand même très fortes sur le Groenland, pourquoi le Groenland est essentiel pour la sûreté, la sécurité des Etats-Unis mais en même temps il n'en pourra pas la force.
01:05Et puis quand même une ou deux phrases sur l'Europe, bon il a taclé le président Macron en disant qu'il avait essayé de jouer au dur, mais enfin bon qu'il l'avait vu avec ses lunettes.
01:14Emmanuel est peut-être dans la salle, il savait pertinemment qu'il était reparti, mais en tous les cas que l'Europe ne va pas dans la bonne direction.
01:22Vous, vous publiez votre livre qui s'appelle Le Sherpa, mémoire d'un diplomate aux avant-postes de l'histoire, c'est publié chez Taillandier.
01:30Et j'ai envie de dire que ça tombe bien parce que là vous êtes aux avant-postes pour nous raconter comment vous analysez cette séquence un peu folle qui a commencé en début de semaine.
01:41Alors merci d'abord de votre invitation, je l'analyse effectivement depuis ma double expérience ambassadeur aux Etats-Unis, triple vous avez raison puisque j'ai aussi été à l'Elysée auprès d'Emmanuel Macron.
01:56Mais je veux dire la double expérience des Etats-Unis et de Donald Trump, ce premier mandat, mais aussi de 13 années à Bruxelles à la représentation permanente et de nombreuses crises européennes,
02:09de crises affrontées par l'Union Européenne et là on en a une sacrée, ainsi d'ailleurs que de postes en Allemagne.
02:16Et donc je pense, en voyant ce qui se passe actuellement, je pense en fait surtout aux Européens et je pense au fait que là ils sont amenés à d'abord exercer leur devoir de solidarité,
02:34qui est un principe très important dans l'Union Européenne.
02:36Oui, qui tarde à se mettre en place quand même, pardonnez-moi.
02:39Non, non, je ne crois, là je ne pense pas sincèrement parce que le fait d'avoir envoyé, d'avoir accompagné le Danemark pour l'envoi de certaines troupes,
02:49d'avoir tout de suite fait des déclarations soutien au Danemark, non je pense que la solidarité a été affirmée.
02:53Là, oui, sur le Groenland.
02:55On est d'accord, pardon. Et je crois que ça c'est un principe important, mais maintenant évidemment l'essentiel c'est de voir ce que va faire le président Trump le 1er février
03:03et comment les dirigeants européens qui vont préparer leur potentielle réaction jeudi soir, demain soir en sommet, vont effectivement réagir.
03:13Est-ce qu'il y aura l'unité, la détermination suffisante, mais aussi le calme, c'est-à-dire la disponibilité à parler, mais en même temps la détermination à réagir ?
03:22Est-ce que vous diriez que l'Europe est dans un goulot d'étranglement ?
03:26Non, je n'emploierai pas cette expression. Je dirais que quelque part elle est au pied du mur plutôt, mais qu'elle a tous les moyens de franchir l'obstacle.
03:40J'ai évoqué les nombreuses crises que j'ai vécues au sein de l'Union européenne.
03:44J'ai vu comment chaque fois l'Union européenne a réagi.
03:47D'ailleurs, vous connaissez la célèbre citation de Jean Monnet, l'un des fondateurs de l'Union européenne.
03:52L'Union européenne, la construction européenne, c'est la somme de toutes les solutions apportées par les Européens aux différentes crises qu'ils traversent.
04:02Et j'ai vu comment à chaque fois, parfois très difficilement, parfois trop tard, parfois après bien des sommets de crise, il y a eu des solutions.
04:14Là, je reconnais que la crise est d'une nature différente.
04:17On a quand même face à nous le pays qui était notre allié principal. C'est une crise inédite d'un format qui est vraiment un défi.
04:26Mais je pense malgré tout que les Européens ont les moyens de faire face.
04:30Alors, ça dépend de ce que vous appelez par moyens, monsieur l'ambassadeur.
04:34D'abord, vous avez raison, il faut qu'il y ait des moyens politiques, puis après il y a des moyens économiques.
04:39Sachant que tous les pays ont des logiques économiques différentes, que ce soit l'Allemagne.
04:46L'Allemagne, évidemment, elle ne veut pas qu'on joue trop les durs à cuire avec le président américain,
04:52parce qu'il y a un enjeu pour l'industrie automobile allemande.
04:56Nous, on a un enjeu avec la filière vin et champagne, mais ce n'est pas tout à fait la même chose.
05:02Oui, mais vous savez, quand je parle des crises européennes que j'ai vécues, c'était toujours comme ça.
05:07Au départ, les pays européens n'avaient jamais les mêmes intérêts.
05:10Donc là, vous avez raison. Quand je disais qu'on a les moyens, vous avez raison de dire qu'en fait il y a deux choses différentes.
05:16On a incontestablement les moyens matériels, parce que l'Union Européenne est très importante,
05:21le marché intérieur est un levier extraordinaire avec tout ce qu'il représente pour les entreprises américaines notamment.
05:28Mais est-ce que nous aurons la volonté d'utiliser ces leviers ? C'est aussi ça la question.
05:34Pardonnez-moi, mais c'était ma question.
05:37Est-ce que vous pensez que là, on est vraiment au pied du mur, c'est-à-dire qu'on ne peut pas faire autrement ?
05:45Sinon, c'est quand même un peu la désagrégation de l'Europe.
05:49Est-ce qu'il y a une prise de conscience telle qu'ils vont arriver à se mettre d'accord ?
05:53C'est quoi votre pronostic ? C'est ça qu'on a envie de vous entendre ?
05:56Eh bien, je l'ai formulé par rapport à mon expérience.
06:01Mon pronostic est que les Européens vont se mettre d'accord, en effet.
06:05Pas forcément sur l'utilisation du règlement anticoercition, qui est un peu le recours suprême.
06:12Le bazooka commercial, comme on dit, qui a été fait pour la Chine.
06:15Qui a été fait pour la Chine, mais aussi parce que l'Union Européenne...
06:18Oui, pour répondre à des coercitions chinoises.
06:22Mais quand même, pas seulement, parce qu'on se rappelle en Europe, on a la mémoire des sanctions extraterritoriales, déjà américaines, et c'était avant Trump.
06:30Je ne sais pas si vous vous souvenez, les sanctions Cuba, Libye, Iran, etc.
06:33Donc, on a quand même, depuis des années, l'Union Européenne cherché un moyen de répondre à ce type de pression.
06:42Donc, on a cet instrument, mais on peut répondre autrement.
06:44Vous savez que jusqu'au 6-7 février, on a sur la table ce paquet de 93 milliards d'euros de droits de douane
06:51qui avaient été préparés l'année dernière au cas où il n'y aurait pas eu d'accord.
06:54Il est toujours disponible.
06:55Il est toujours disponible, on en parlera tout à l'heure avec la présidente de la commission des affaires économiques et monétaires
07:01qui sera mon invité, Orlaluc.
07:02Oui, mais en même temps, il n'est toujours pas en application.
07:09Donc, on est toujours suspendu, quoi.
07:12Pourquoi on n'a pas dégainé ?
07:14Mais on n'a pas dégainé pour l'instant, parce que les États-Unis n'ont pas non plus dégainé.
07:18Non, mais eux, ce n'est pas grâce à Donald Trump.
07:23C'est la Cour suprême qui a suspendu ça.
07:25Ah non, ce que je voulais dire, vous avez tout à fait raison, il y a aussi l'épée de Damoclès sur le président Trump de la Cour suprême.
07:32Mais ce n'est pas à ça que je faisais référence.
07:35Je faisais référence au fait que Trump, il a dit quoi ?
07:37Il a dit qu'il mettrait des droits de douane de 10% le 1er février, mais pas encore le 1er février, et de 25% le 1er juin.
07:45Donc, il faut évidemment attendre de voir s'il le fait.
07:47On ne va pas déjà décider si...
07:50Une réponse est quelque chose...
07:52Vous connaissez la méthode Trump, c'est d'annoncer des choses.
07:55Et puis après, il les fait ou il ne les fait pas.
07:57Donc, je pense que ces droits de douane, on ne les avait pas dégainés l'année dernière parce qu'il y a eu un accord.
08:03Quoi qu'on pense de cet accord.
08:04D'ailleurs, le Parlement européen vient de décider de repousser la ratification de l'accord de l'année dernière.
08:09C'est une première réponse européenne, après tout.
08:10Il y a déjà eu une réponse européenne.
08:12Et puis, on a dit que ces droits de douane qu'on n'a pas dégainés l'année dernière, on les garde à notre disposition si on en a besoin.
08:23Et donc, ils sont disponibles.
08:24Deux questions un peu, vous qui avez analysé, décrypté, comment le climat en Europe, en ce moment, vous le trouvez comment ?
08:36Vous êtes...
08:37Beaucoup d'anxiété, certainement.
08:39Parce que là, comme je le disais, ce n'est pas une crise, même comme celle que j'ai connue, qui était déjà super grave.
08:45Les dettes, la crise financière, les réfugiés, le Brexit, l'invasion de l'Ukraine, on est passé par des moments très très graves.
08:56Mais là, le problème, c'est qu'on a à la fois l'agression russe en Ukraine, la question de nos relations avec la Chine,
09:06qui est quand même, on n'en parle pas beaucoup, mais qui est aussi très très biquée, avec les terres rares et toutes les mesures chinoises.
09:12Les enjeux commerciaux.
09:14Et puis, le déséquilibre, le gros déséquilibre qui fait...
09:18Mais est-ce que le couple est encore allemand ?
09:19Et puis maintenant, on a notre principal allié qui nous...
09:24Qui n'est plus notre allié.
09:25Qui n'est plus notre allié, qui ne se comporte plus comme allié.
09:27Et pas seulement sur le plan économique et des mesures dont il nous menace, à cause de la volonté d'annexer le Groenland,
09:33mais même sur le plan, je dirais, idéologique.
09:36Vous avez entendu ce qu'a dit Donald Trump à Davos, la critique des pays européens,
09:40qui était déjà dans la nouvelle stratégie de sécurité nationale, qui a été publiée à Washington.
09:46Donc, tout ça, ça crée de l'anxiété, c'est normal.
09:50Ça crée de l'anxiété.
09:51Mais est-ce que du coup, ça resserre un peu les liens, sachant qu'il y a une nouvelle élection...
09:55Enfin, il y a eu une élection en Allemagne, qui a conduit au pouvoir en tant que chancelier Frédéric Schmerz.
10:01Donc, on sent quand même qu'il y a un petit rapprochement avec la France.
10:05C'était moins évident avant.
10:06Mais à son tour, comme l'a souligné très amicalement Donald Trump,
10:11c'est dans quelques mois, Emmanuel Macron ne sera plus là.
10:14Donc, il est totalement démonétisé.
10:16Et puis, il y a l'Italie, qui fait son bonhomme de chemin, avec Georgia Meloni,
10:22qui est devenue un peu la dame de fer de l'Europe,
10:26et puis celle avec qui accepte de discuter Donald Trump.
10:30Alors d'abord, le président français n'est pas du tout démonétisé
10:33quand on vient au sein du Conseil européen.
10:35La voix de la France porte.
10:38Mais de toute manière, oui, je crois que malgré les différences
10:41que vous aviez à juste titre souligné, que je reconnais,
10:45qui sont à la fois politiques, confère madame Meloni,
10:47comme vous venez de le dire,
10:48qui sont d'intérêt économique, confère l'industrie allemande,
10:51comme vous l'avez aussi dit,
10:52je pense qu'en effet, vu cette pression qui s'exerce,
10:56qui est très forte sur les Européens,
10:58je pense qu'ils resserrent et ils vont resserrer les rangs
11:01parce qu'ils comprennent, on comprend, je crois,
11:05assez bien deux choses actuellement.
11:07Premièrement, si nous sommes divisés, nous allons beaucoup perdre.
11:12Et deuxièmement, si nous ne répondons pas,
11:14nous allons aussi beaucoup perdre
11:15parce que nous donnerons raison à Donald Trump
11:20qui dit que les Européens sont faibles.
11:22Vous voyez, donc, pour ces deux raisons,
11:24on est amenés à resserrer les rangs.
11:27Philippe Etienne, on va écouter juste Donald Trump,
11:30justement, tout à l'heure à Davos,
11:31sur l'Union européenne, sur l'Europe.
11:33Accrochez-vous.
11:34Je tiens à discuter de la manière dont nous avons accompli
11:42ce miracle économique.
11:44Peut-être aussi de la manière dont vous aussi pouvez faire
11:47beaucoup mieux en suivant notre exemple.
11:49Car certains endroits en Europe ne sont franchement plus reconnaissables.
11:52Ils sont méconnaissables.
11:54Il n'y a pas matière à débat.
11:55Des amis reviennent de différents endroits en disant
11:57« Je ne reconnais pas cet endroit ».
12:02Et ce n'est pas dans un sens positif,
12:04mais dans un sens très négatif.
12:06J'aime l'Europe, je veux que l'Europe aille bien,
12:08mais elle ne va pas dans la bonne direction.
12:12Alors, réaction de Philippe Etienne ?
12:14Écoutez, moi, personnellement, je ne suis pas...
12:17À mon humble niveau, comme citoyen,
12:19je ne suis pas d'accord avec cette vision de l'Europe.
12:21L'Europe ne va pas bien ? La France ne va pas bien ?
12:23Non, mais je ne dis pas qu'on va bien,
12:25mais je ne dis pas non plus que les États-Unis vont parfaitement bien.
12:29Chaque pays a ses problèmes.
12:31Et je sais comment...
12:33Quand j'étais ambassadeur de France aux États-Unis,
12:35vous savez, les États-Unis...
12:37Et là, je ne parle pas de Donald Trump,
12:38je parle de l'opinion qu'on rencontre souvent.
12:42Les Américains ont souvent une vision un peu surannée
12:46des pays comme la France, l'Italie, voire l'Allemagne.
12:49Les pays où on mange bien et où il y a des beaux monuments.
12:52Alors, il y a Versailles et Johnny Hallyday.
12:55D'un certain côté, finalement, ce serait bien que
12:57ce soit un peu l'Europe musée
13:00où les touristes viennent,
13:03ce qui, d'ailleurs, entre nous, soit dit,
13:04est très important pour la France.
13:06Mais ce n'est pas seulement ça, l'Europe, en effet.
13:08Il y a de...
13:10Il y a de l'innovation,
13:12il y a aussi des évolutions sociales,
13:15il y a des débats politiques.
13:16Tout ça existe aussi aux États-Unis.
13:18Ça ne veut pas dire qu'on n'a pas à apprendre
13:20de la société américaine.
13:21Moi, j'ai beaucoup d'admiration pour les États-Unis.
13:23Je crois beaucoup au dynamisme, au miracle américain.
13:26Deux questions, parce qu'après, je sais qu'il faut
13:28qu'on vous libère, Philippe Etienne.
13:30D'abord, un, vous avez présenté vos lettres de créance
13:32à Donald Trump lors de son premier mandat.
13:35Tout à fait.
13:35Est-ce qu'à un moment ou à un autre,
13:37quand vous avez passé cinq ans à Washington,
13:39est-ce que vous avez entendu le mot Groenland ?
13:41Alors oui, le cas, enfin, l'idée a été évoquée
13:47pendant le premier mandat.
13:48Vous savez, la plupart de ce qui nous occupe aujourd'hui,
13:51on en a parlé pendant le premier mandat de Donald Trump,
13:54simplement, pas du tout avec le même caractère d'affirmation.
14:00La même violence, on peut dire une violence.
14:01La même brutalité, la même violence.
14:03Non, mais cette idée n'est pas complètement nouvelle.
14:08Et d'ailleurs, comme vous le savez,
14:09les États-Unis, dans le passé,
14:11avaient déjà fait des propositions d'acquisition de ce territoire.
14:15Oui, bien sûr, mais il y a longtemps, en fait.
14:17La dernière fois, je crois, juste après la Deuxième Guerre mondiale,
14:19mais du moins, c'est ce que j'ai lu.
14:21Donc oui, on en avait entendu parler,
14:23mais absolument pas sur ce mode.
14:25Oui.
14:26Et juste quand tu es...
14:27Donald Trump disait tout à l'heure à Davos,
14:29mais j'ai appris à...
14:31Je deviens diplomate.
14:32Vous, qui êtes un diplomate de carrière,
14:34je vois que ça vous fait rire, mais...
14:37Non.
14:37Eh bien, tout dépend de ce qu'on appelle diplomate.
14:40Mais en tout cas, Donald Trump a sa méthode.
14:44On connaît son origine professionnelle.
14:50D'ailleurs, quand il dit
14:51« Il me faut un titre de propriété pour le Groenland »,
14:54c'est une expression, effectivement,
14:56de négociation immobilière.
14:58Et on sait aussi que c'est un homme
15:00qui est très doué pour la communication.
15:02Philippe-Étienne, vous publiez donc
15:05le Sherpa, mémoire d'un diplomate
15:06aux avant-postes de l'histoire,
15:08c'était chez Taillandier.
15:09Il y a un point quand même.
15:11Le monde que vous décrivez dans vos mémoires,
15:13que vous avez connu,
15:15n'a plus rien à voir avec le monde
15:17d'aujourd'hui,
15:18ou dans lequel est en train de nous projeter
15:20Donald Trump.
15:21Alors, c'est justement l'un des fils rouges
15:23de ce livre que j'essaye de tirer.
15:26En fait, le monde que nous connaissons aujourd'hui
15:30est très différent du monde que j'ai traversé,
15:32sauf que j'ai quand même vécu aux États-Unis
15:34mon dernier poste, y compris ce Donald Trump.
15:37Mais en fait, le monde d'aujourd'hui
15:39ne s'explique pas quand même
15:40sans qu'on connaisse bien notre histoire.
15:44Donc, c'est vrai qu'il est très différent,
15:46mais il est important de savoir d'où nous venons.
15:48Alors, peut-être un point là-dessus.
15:52Avez-vous entendu Donald Trump tout à l'heure
15:54qui a dit, sans nous,
15:56sans nous les Américains,
15:58peut-être que vous parleriez allemand ou japonais.
16:02Vous avez réagi comment
16:03quand vous avez entendu cette phrase ?
16:05Faisant allusion, évidemment,
16:06au fait que les Américains,
16:07évidemment, ils sont intervenus en 1944 et en 1945.
16:11À la demande du président de la République,
16:12pendant les deux dernières années,
16:14j'ai présidé la mission pour la commémoration
16:16du 80e anniversaire de la libération de la France.
16:20J'ai rencontré, madame,
16:21les derniers survivants des GIs,
16:24des vétérans qui nous ont libérés.
16:26Certains sont devenus des amis très proches.
16:28Ils ont plus de 100 ans.
16:30Nous avons le devoir,
16:32et nous avons, je crois, ce respect,
16:34mais nous avons le devoir
16:36de les respecter infiniment
16:37et de leur être infiniment reconnaissants.
16:39Ceci étant,
16:40puisqu'on est aussi dans un autre anniversaire,
16:42le 250e anniversaire,
16:43la déclaration de la dépense des Etats-Unis,
16:45on pourrait aussi dire
16:46qu'il n'y aurait pas d'Etats-Unis
16:47sans la France.
16:48Donc, je pense qu'il faut non pas...
16:52Chacun son tour.
16:54Il ne faut pas essayer de faire des comptes.
16:55Il faut être fier ensemble.
16:58Il faut être fier ensemble
16:59de ce qu'on a fait,
17:01y compris de ce qu'Américains et Français ont fait.
17:04Y compris il y a 80 ans,
17:05quand on a été libérés
17:06grâce aux soldats américains,
17:08mais aussi grâce aux résistants français,
17:10et quand on a reconstruit
17:11notre démocratie et notre République.
17:13La diplomatie, c'est tout un art.
17:15Et ça fait partie de notre présent aussi.
17:17C'est pour ça que je disais
17:18que le monde qu'on connaît aujourd'hui,
17:21il est très inquiétant,
17:22mais il faut savoir d'où on vient.
17:23Il faut, par exemple,
17:24se souvenir de ce qui s'est passé
17:26il y a 80 ans.
17:27Merci beaucoup, Philippe Etienne,
17:29d'avoir été avec nous.
17:30Donc, le Sherpa,
17:31c'est une manière aussi
17:32de retrouver ce fil dont vous parliez,
17:35de la géopolitique
17:36de la diplomatie française.
17:38Merci beaucoup.
17:38Merci à vous.
17:39Merci.
17:39Merci.
17:39Merci.
17:39Merci.
17:39Merci.
17:39Merci.
17:39Merci.
17:39Merci.
17:40Merci.
17:40Merci.
17:40Merci.
17:40Merci.
17:41Merci.
17:41Merci.
17:41Merci.
17:42Merci.
17:42Merci.
17:43Merci.
17:44Merci.
17:44Merci.
17:45Merci.
17:45Merci.
17:46Merci.
17:47Merci.
17:48Merci.
17:49Merci.
17:50Merci.
17:51Merci.
17:52Merci.
17:53Merci.
17:54Merci.
17:56Merci.
17:57Merci.
17:58Merci.
17:59Merci.
18:00Merci.
18:01Merci.
18:02Merci.
18:03Merci.
18:04Merci.
18:05Merci.
18:06Merci.
18:07Merci.
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