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  • il y a 4 mois
Ce mercredi 1er octobre, David Kruk, head of Trading Desk chez La Financière de l’Échiquier, s'est penché sur la présence des signes de bulle malgré les records et les valeurs à suivre dans les marchés boursiers, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00David Cruque nous rejoint pour la financière de l'échiquier. Bonjour David. Bonjour Guillaume.
00:04Vous allez rendre votre verdict sur les marchés, ce verdict l'assumez-vous ?
00:07Totalement, j'estime et j'assume que malgré les records Guillaume, il n'y a toujours pas
00:13d'exubérance irrationnelle dans les marchés.
00:15Malgré les niveaux records, il n'y a toujours pas d'exubérance irrationnelle pour vous sur les
00:22marchés. Wall Street est sur des records, la Chine vit une super année aussi, les principaux indices,
00:26les bourses mondiales ont progressé encore en septembre alors que d'habitude c'est pas le
00:29meilleur des mois de l'année, mais vous nous dites, il n'y a pas encore en tout cas d'exubérance.
00:33J'espère que vous me pardonnerez si je me trompe, mais bon oui, pour moi il n'y a pas, il y a une
00:39bulle, mais il y a une bulle de capex, une bulle liée aux investissements, mais il n'y a pas une
00:43bulle liée aux valorisations. Paul a laissé entendre que le marché était hautement valorisé, il n'a pas
00:48dit qu'il était survalorisé. Et en fait il y a un exercice qui est très recherché en ce moment de la
00:53part des investisseurs, c'est de faire une comparaison entre la crise de 2000, de la crise
00:59internet, de la bulle internet et des marchés actuellement pour voir si effectivement on se
01:04rapproche vraiment de la descente. Donc 97, 99 c'est la phase d'expansion, donc si on est dans cette phase
01:11là de valorisation, ça veut dire qu'on a encore du temps devant nous et les marchés vont continuer
01:15de progresser. Si on est en 2000, 2001, et bien là effectivement on n'est pas très loin du précipice
01:20et là il faut se méfier. Donc ça c'est l'exercice que vraiment tout le monde a envie. D'ailleurs,
01:24quand Greenspan a laissé parler d'exubérance irrationnelle, c'était en 96, donc c'était très
01:29longtemps avant la descente aux enfers, même si cinq ans finalement dans les marchés, c'est pas tant
01:33que ça. Là où je veux venir, c'est que la réponse sur la bulle, Guillaume, elle vient peut-être de la
01:37composition des indices. Et là c'est assez intéressant et je reprends un rapport de Savita.
01:42On ne peut pas comparer la période actuelle avec la bulle de 2000 parce que la composition des indices
01:45est radicalement différente.
01:47Est radicalement différente et même au sein des techs, puisque finalement c'est maintenant un indice qui est très
01:52lié à la technologie, on a plus de 25% et je pense que le chiffre est d'ailleurs un peu au-dessus
01:56par rapport aux 10% qu'on avait en 2000. Les techs qu'il y a maintenant dans les indices ne sont plus du tout
02:00les mêmes. Il y a énormément de... Ils sont peu endettés, tandis qu'à l'époque c'était très endetté,
02:05c'est très asset light, excusez-moi de cet anglicisme. Il y a un niveau de cash qui est très supérieur
02:10aujourd'hui dans la plupart des grandes technologies américaines. Les marches sont très stables,
02:16il y a beaucoup de visibilité sur les marches, il y a des résultats qui sont très récurrents.
02:20D'ailleurs, on transpire de moins en moins à chaque fois que Nvidia ou Brocom sortent leurs résultats.
02:25On fait une journée spéciale pour ça, mais finalement, en tout cas, sur les derniers trimestres,
02:28ça a été moins compliqué qu'on ait pu le voir. Finalement aussi, l'IA, ce n'est pas le seul
02:33business de ces boîtes-là, elles ont d'autres activités. Donc en fait, finalement, ce que je veux dire
02:40par là, c'est que la sécurité qu'on a sur ces titres et la qualité que ressortent de ces titres,
02:44ça mérite une prime. Et ça, cette prime-là, c'est peut-être d'accepter une survalorisation
02:50des marchés par rapport à ce qu'on en se comptait. Le S&P se paye 22,7 fois, la moyenne
02:55historique, c'est 7,5. On avait vu à travers UBS que le fait qu'il y ait des achats récurrents
03:00des particuliers, on ne pouvait plus comparer ces 16,5 mais à 20,5. Donc on avait déjà
03:05finalement une décote qui était limitée. Mais finalement, voilà, c'est une bulle de capex,
03:09mais ce n'est pas une bulle de valorisation. Et la dernière chose, c'est que je me pose
03:12la question si on n'est pas en « too big to fail » aussi sur ces boîtes-là, sur ces sociétés-là,
03:16si finalement aujourd'hui, alors je reviendrai dans 15 jours peut-être pour en parler,
03:20mais aujourd'hui, peut-être maintenant que cette technologie américaine
03:22qui représente tellement d'indices et qui génère tellement de richesses,
03:26finalement, on est peut-être maintenant trop gros, il y a trop d'incidence
03:29et sur l'économie pour que ça…
03:31C'est-à-dire qu'à l'instar des plus grandes banques américaines
03:34qui, après la chute, les manes, sont devenues « too big to fail »
03:37et même les grandes banques ici en Europe, les États ont voulu finalement les sauver.
03:41Vous dites que les techs américaines, si à un moment on se rendait compte
03:43que toute cette bulle d'investissement dont vous nous parlez était moins productive,
03:47apportait moins de rentabilité à ce qu'on espérait et ce qui est valorisé aujourd'hui,
03:49bref, si les choses finissaient par décevoir, vous dites « too big to fail »,
03:53c'est-à-dire qu'on aurait peut-être une action publique pour tenir les choses,
03:56en tout cas limiter les dégâts ?
03:57Je vous ai dit, je répondrai dans 15 jours, mais en fait, effectivement,
03:59là où vous avez raison, c'est qu'il va falloir être attentif à ces capex
04:03et à la rentabilité de ces capex, voir si ça va se convertir en fré-cash-flow.
04:07Mais pour l'instant, en tout cas, mon idée est de dire que,
04:10oui, bulle des capex, mais absolument pas de bulle de valorisation.
04:13Beaucoup d'introductions en bourse, enfin beaucoup, il y en a plus qu'avant,
04:15en tout cas, les introductions en bourse, aux États-Unis notamment,
04:18on en a eu une à venir aussi en Europe avec des rissures,
04:20et aux États-Unis, on voit que les investisseurs se jettent sur les introductions en bourse,
04:24et il n'y a pas qu'aux États-Unis, c'est le cas sur tous les continents.
04:26Quel signal ça envoie, ça ?
04:28Les IPO, donc, c'est mis sur le marché, c'est un vrai baromètre de l'appétit des investisseurs en bourse.
04:33C'est exceptionnel ce qui se passe en ce moment, Guillaume.
04:35On n'a eu que 46 grandes IPO aux États-Unis, significatives en 2025,
04:41on est à plus d'une centaine en règle générale.
04:44Mais si on regarde même les IPO, toutes zones géographiques confondues,
04:49ça progresse d'environ 30% sur le premier jour de cotation.
04:53On a eu notamment une introduction, même en Suède, de Noba, c'était une financière,
04:59le titre a pris 30%.
05:00Un des acteurs de l'introduction m'a dit qu'il y avait plus de 600 lignes dans le book.
05:05Je ne sais pas si ça va être difficile pour nos éditeurs de le comprendre,
05:07mais ça veut dire qu'il y a eu une demande qui était absolument extraordinaire
05:11et que l'appétit pour le risque est fou.
05:13On a vu Sony Financial, c'est de la Life Assurance, qui a pris 37%.
05:16On a vu une société, alors vous allez me dire, c'est dans l'or,
05:19donc évidemment, ça progresse et la demande est forte, mais c'est 64%.
05:24Et c'est vrai qu'en plus des fusions acquisitions qu'on a ces derniers temps,
05:28et on a vu récemment Electronic Arts sortir par un private equity,
05:32et ça a été 55 milliards.
05:33Donc ce que je veux dire, c'est que là où normalement on devrait avoir
05:36une offre de marché qui est très forte, on en a moins que d'habitude,
05:40puisque 48, c'est vraiment loin des 110 qu'on a en médiane annuellement.
05:44Mais en plus, la demande pour ça, c'est des demandes qui sont absolument exceptionnelles,
05:48et on a des progressions de cours qui sont de l'ordre de 30%.
05:50Et dans le même temps, on a aussi du M&A qui progresse,
05:53on a plus de 1 trion de M&A cette année.
05:56De fusion acquisition.
05:57De fusion acquisition, pardon, c'est plus 19%, et c'est quand même exceptionnel.
06:01Et plus il y a de fusion acquisition, plus les entreprises se rapprochent,
06:06se concentrent, plus ça assèche l'offre disponible pour les investisseurs.
06:09C'est absolument ça.
06:10Sachant qu'en plus, par exemple, si on regarde les deux dernières semaines,
06:13les rentrées dans les fonds mutuels américains, c'est 88 milliards.
06:17C'est le troisième chiffre le plus important en deux semaines ever, de tout le temps.
06:21Donc on a, et je peux encore vous donner énormément de chiffres,
06:24on a un effet richesse qui vient des particuliers,
06:26qui sont de l'ordre de 6 trillions cette année.
06:28On a les share buybacks, je vous en parle beaucoup,
06:31mais si on augmente notre vision, et je finirai sur ce chiffre-là
06:34parce que j'en donne trop aujourd'hui,
06:36mais si on prend le Russell 3000, on arrive à 1,3 trillions d'autorisations.
06:42Si on prend 90% de ces autorisations qui sont faites,
06:46on arrive par jour à un share buyback
06:48qui est de l'ordre de 5,3 milliards de dollars aux Etats-Unis.
06:51Donc voilà, c'est un déséquilibre.
06:53C'est ça que je veux dire, et je finirai là-dessus,
06:54c'est que c'est un déséquilibre entre l'offre et la demande.
06:56Il y a de moins en moins d'offres, et du coup, la demande,
06:58quand elle peut s'investir sur ce qui reste,
07:00elle s'investit massivement.
07:02Je n'ai rien inventé, mais l'équation, elle fait que les marchés
07:04ne peuvent que progresser.
07:05Antoine ?
07:06Bon, non mais on a eu un septembre qui était quand même bien meilleur qu'attendu.
07:12Octobre s'ouvre, quels peuvent être les catalyseurs ?
07:14On a beaucoup parlé du shutdown, évidemment,
07:16mais il y a quand même des choses à venir qui seront regardées de près.
07:20Absolument, vous avez raison Antoine.
07:21Moi, je pense qu'il va falloir regarder énormément
07:22le début des résultats, l'apparition des résultats du troisième trimestre.
07:25On avait été sous charme de ces résultats du deuxième trimestre,
07:29où on avait progressé de 11% contre 4,
07:33on était à trois fois les attentes,
07:35ce qui était quand même assez significatif.
07:37Et là, on attend autour de 8% de progression.
07:40Ce qui m'embaisse un petit peu, Antoine,
07:42c'est qu'on n'a pas révisé à la baisse ces estimations.
07:44Alors souvent, on dit que c'est meilleur,
07:45mais il faut regarder ce qu'on attendait trois mois auparavant.
07:48Et là, le marché ne désagrège pas,
07:50ne baisse pas ses estimations, on reste à 8%.
07:53Donc, il va falloir regarder de près,
07:54mais ça va être intéressant de voir
07:56si les entreprises américaines conservent leurs marges,
07:59comme je l'ai annoncé tout à l'heure,
08:00et qu'effectivement, cette solidité et cette sécurité qu'on a,
08:04elle conserve la prime qu'on a actuellement sur les marchés.
08:07Donc, résultat, à partir du 14 octobre,
08:10résultat de JP Morgan et de toutes les bancaires derrière,
08:12ça va être important.
08:13Suivre le CPI du 15 octobre,
08:15qui sera quand même assez intéressant.
08:16Et la consommation, l'inflation américaine.
08:18L'inflation américaine.
08:19S'ils arrivent à la publier avec le shutdown ?
08:21Quand même, je pense qu'ici là, on y sera arrivé,
08:23mais vous avez raison,
08:24il y a quand même une question mark, on me dit.
08:27Et puis, il y aura le FMC, bien sûr, du 29,
08:29où on attend quand même une baisse des taux,
08:30mais c'est sûr que s'ils n'ont pas les chiffres de l'emploi vendredi,
08:34ça va être peut-être un tout petit peu difficile
08:36d'avoir de la visibilité pour baisser ces taux.
08:39Octobre démarre à peine,
08:40après un mois de septembre magnifique,
08:41le meilleur en 15 ans.
08:43On espère qu'octobre aussi sera très positif.
08:45On voit passer ce terme « October »
08:47de la part des investisseurs optimistes
08:50sur le potentiel encore à venir des marchés.
08:52« October », voilà, ce sera peut-être le mois d'October.
08:54Les thèmes, les secteurs sur lesquels il faut renforcer
08:57potentiellement ces positions en bourse,
08:59dans les portefeuilles, c'est quoi ?
09:02Écoutez, tout ce qu'il y a, je pense que,
09:05moi personnellement, c'est assez intéressant,
09:06mais je pense que tout est assez intéressant.
09:08En zone géographique, on s'aperçoit, Guillaume,
09:10que ce soit l'Asie qui a progressé 30%,
09:12qui fait son meilleur mois ever,
09:14les États-Unis qui sont en train de reprendre aussi
09:16pas mal de hauteur,
09:17l'Europe qui continue, en tout cas, aussi de progresser.
09:19On s'aperçoit qu'il faut être un petit peu partout.
09:21Maintenant, la tech devrait continuer de bien progresser,
09:23donc on est aussi très à l'écoute.
09:25Là, on a eu la santé qui commençait à reprogresser.
09:27Je pense qu'il va falloir regarder les secteurs en retard.
09:30Et pourquoi pas les petites et moyennes entreprises ?
09:32Je sais qu'on en parle très régulièrement,
09:34mais avec l'anticipation de baisse des taux,
09:36clairement, pour cette fois-ci,
09:38on peut regarder, finalement, l'euro seul a progressé.
09:40En Chine, les small limits sont en progression de presque 40% ou 50%.
09:44En Europe, c'est 25%.
09:46Donc je pense qu'il y a vraiment un faisceau intéressant
09:48pour les small limits de rebond,
09:49mais tout en anticipation, bien sûr,
09:51d'une baisse des taux probable et possible.
09:52C'est vous qui nous apportez ce chiffre.
09:54Encore un, troisième trimestre,
09:55le Russell 2000,
09:56donc les petites et moyennes capitalisations,
09:57a gagné au troisième trimestre,
09:58le Russell 12%.
09:59Le Nasdaq, 11%.
10:01Et c'est donc que le Russell est le meilleur indice américain
10:04sur le dernier trimestre.
10:06Ce qui laisse à penser qu'en tout cas,
10:08il y a un changement de prisme,
10:10en tout cas, sur ces petites et moyennes valeurs.
10:13Et si baisse de taux, il y a encore ces petites et moyennes valeurs,
10:16en profiterait particulièrement.
10:17Aujourd'hui, le marché mise à nouveau davantage
10:19sur une baisse de taux dès le 30 octobre.
10:21Pourquoi ?
10:21Parce que l'emploi américain confirme des signaux de ralentissement.
10:24L'enquête ADP a été publiée tout à l'heure,
10:25c'est l'emploi dans le secteur privé.
10:27On s'attendait à des créations de postes.
10:28Finalement, ce sont des destructions.
10:29Il y a eu 32 000 destructions de postes aux Etats-Unis,
10:32ce qui confirme le ralentissement.
10:33Et donc, peut-être, on vient renforcer l'hypothèse
10:36d'une baisse de taux dès ce mois d'octobre.
10:37Merci David d'être passé nous voir.
10:38Merci beaucoup Guillaume.
10:39David Krug pour la financière de l'échiquier.
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