00:00David Cruque nous rejoint pour la financière de l'échiquier. Bonjour David. Bonjour Guillaume.
00:04Vous allez rendre votre verdict sur les marchés, ce verdict l'assumez-vous ?
00:07Totalement, j'estime et j'assume que malgré les records Guillaume, il n'y a toujours pas
00:13d'exubérance irrationnelle dans les marchés.
00:15Malgré les niveaux records, il n'y a toujours pas d'exubérance irrationnelle pour vous sur les
00:22marchés. Wall Street est sur des records, la Chine vit une super année aussi, les principaux indices,
00:26les bourses mondiales ont progressé encore en septembre alors que d'habitude c'est pas le
00:29meilleur des mois de l'année, mais vous nous dites, il n'y a pas encore en tout cas d'exubérance.
00:33J'espère que vous me pardonnerez si je me trompe, mais bon oui, pour moi il n'y a pas, il y a une
00:39bulle, mais il y a une bulle de capex, une bulle liée aux investissements, mais il n'y a pas une
00:43bulle liée aux valorisations. Paul a laissé entendre que le marché était hautement valorisé, il n'a pas
00:48dit qu'il était survalorisé. Et en fait il y a un exercice qui est très recherché en ce moment de la
00:53part des investisseurs, c'est de faire une comparaison entre la crise de 2000, de la crise
00:59internet, de la bulle internet et des marchés actuellement pour voir si effectivement on se
01:04rapproche vraiment de la descente. Donc 97, 99 c'est la phase d'expansion, donc si on est dans cette phase
01:11là de valorisation, ça veut dire qu'on a encore du temps devant nous et les marchés vont continuer
01:15de progresser. Si on est en 2000, 2001, et bien là effectivement on n'est pas très loin du précipice
01:20et là il faut se méfier. Donc ça c'est l'exercice que vraiment tout le monde a envie. D'ailleurs,
01:24quand Greenspan a laissé parler d'exubérance irrationnelle, c'était en 96, donc c'était très
01:29longtemps avant la descente aux enfers, même si cinq ans finalement dans les marchés, c'est pas tant
01:33que ça. Là où je veux venir, c'est que la réponse sur la bulle, Guillaume, elle vient peut-être de la
01:37composition des indices. Et là c'est assez intéressant et je reprends un rapport de Savita.
01:42On ne peut pas comparer la période actuelle avec la bulle de 2000 parce que la composition des indices
01:45est radicalement différente.
01:47Est radicalement différente et même au sein des techs, puisque finalement c'est maintenant un indice qui est très
01:52lié à la technologie, on a plus de 25% et je pense que le chiffre est d'ailleurs un peu au-dessus
01:56par rapport aux 10% qu'on avait en 2000. Les techs qu'il y a maintenant dans les indices ne sont plus du tout
02:00les mêmes. Il y a énormément de... Ils sont peu endettés, tandis qu'à l'époque c'était très endetté,
02:05c'est très asset light, excusez-moi de cet anglicisme. Il y a un niveau de cash qui est très supérieur
02:10aujourd'hui dans la plupart des grandes technologies américaines. Les marches sont très stables,
02:16il y a beaucoup de visibilité sur les marches, il y a des résultats qui sont très récurrents.
02:20D'ailleurs, on transpire de moins en moins à chaque fois que Nvidia ou Brocom sortent leurs résultats.
02:25On fait une journée spéciale pour ça, mais finalement, en tout cas, sur les derniers trimestres,
02:28ça a été moins compliqué qu'on ait pu le voir. Finalement aussi, l'IA, ce n'est pas le seul
02:33business de ces boîtes-là, elles ont d'autres activités. Donc en fait, finalement, ce que je veux dire
02:40par là, c'est que la sécurité qu'on a sur ces titres et la qualité que ressortent de ces titres,
02:44ça mérite une prime. Et ça, cette prime-là, c'est peut-être d'accepter une survalorisation
02:50des marchés par rapport à ce qu'on en se comptait. Le S&P se paye 22,7 fois, la moyenne
02:55historique, c'est 7,5. On avait vu à travers UBS que le fait qu'il y ait des achats récurrents
03:00des particuliers, on ne pouvait plus comparer ces 16,5 mais à 20,5. Donc on avait déjà
03:05finalement une décote qui était limitée. Mais finalement, voilà, c'est une bulle de capex,
03:09mais ce n'est pas une bulle de valorisation. Et la dernière chose, c'est que je me pose
03:12la question si on n'est pas en « too big to fail » aussi sur ces boîtes-là, sur ces sociétés-là,
03:16si finalement aujourd'hui, alors je reviendrai dans 15 jours peut-être pour en parler,
03:20mais aujourd'hui, peut-être maintenant que cette technologie américaine
03:22qui représente tellement d'indices et qui génère tellement de richesses,
03:26finalement, on est peut-être maintenant trop gros, il y a trop d'incidence
03:29et sur l'économie pour que ça…
03:31C'est-à-dire qu'à l'instar des plus grandes banques américaines
03:34qui, après la chute, les manes, sont devenues « too big to fail »
03:37et même les grandes banques ici en Europe, les États ont voulu finalement les sauver.
03:41Vous dites que les techs américaines, si à un moment on se rendait compte
03:43que toute cette bulle d'investissement dont vous nous parlez était moins productive,
03:47apportait moins de rentabilité à ce qu'on espérait et ce qui est valorisé aujourd'hui,
03:49bref, si les choses finissaient par décevoir, vous dites « too big to fail »,
03:53c'est-à-dire qu'on aurait peut-être une action publique pour tenir les choses,
03:56en tout cas limiter les dégâts ?
03:57Je vous ai dit, je répondrai dans 15 jours, mais en fait, effectivement,
03:59là où vous avez raison, c'est qu'il va falloir être attentif à ces capex
04:03et à la rentabilité de ces capex, voir si ça va se convertir en fré-cash-flow.
04:07Mais pour l'instant, en tout cas, mon idée est de dire que,
04:10oui, bulle des capex, mais absolument pas de bulle de valorisation.
04:13Beaucoup d'introductions en bourse, enfin beaucoup, il y en a plus qu'avant,
04:15en tout cas, les introductions en bourse, aux États-Unis notamment,
04:18on en a eu une à venir aussi en Europe avec des rissures,
04:20et aux États-Unis, on voit que les investisseurs se jettent sur les introductions en bourse,
04:24et il n'y a pas qu'aux États-Unis, c'est le cas sur tous les continents.
04:26Quel signal ça envoie, ça ?
04:28Les IPO, donc, c'est mis sur le marché, c'est un vrai baromètre de l'appétit des investisseurs en bourse.
04:33C'est exceptionnel ce qui se passe en ce moment, Guillaume.
04:35On n'a eu que 46 grandes IPO aux États-Unis, significatives en 2025,
04:41on est à plus d'une centaine en règle générale.
04:44Mais si on regarde même les IPO, toutes zones géographiques confondues,
04:49ça progresse d'environ 30% sur le premier jour de cotation.
04:53On a eu notamment une introduction, même en Suède, de Noba, c'était une financière,
04:59le titre a pris 30%.
05:00Un des acteurs de l'introduction m'a dit qu'il y avait plus de 600 lignes dans le book.
05:05Je ne sais pas si ça va être difficile pour nos éditeurs de le comprendre,
05:07mais ça veut dire qu'il y a eu une demande qui était absolument extraordinaire
05:11et que l'appétit pour le risque est fou.
05:13On a vu Sony Financial, c'est de la Life Assurance, qui a pris 37%.
05:16On a vu une société, alors vous allez me dire, c'est dans l'or,
05:19donc évidemment, ça progresse et la demande est forte, mais c'est 64%.
05:24Et c'est vrai qu'en plus des fusions acquisitions qu'on a ces derniers temps,
05:28et on a vu récemment Electronic Arts sortir par un private equity,
05:32et ça a été 55 milliards.
05:33Donc ce que je veux dire, c'est que là où normalement on devrait avoir
05:36une offre de marché qui est très forte, on en a moins que d'habitude,
05:40puisque 48, c'est vraiment loin des 110 qu'on a en médiane annuellement.
05:44Mais en plus, la demande pour ça, c'est des demandes qui sont absolument exceptionnelles,
05:48et on a des progressions de cours qui sont de l'ordre de 30%.
05:50Et dans le même temps, on a aussi du M&A qui progresse,
05:53on a plus de 1 trion de M&A cette année.
05:56De fusion acquisition.
05:57De fusion acquisition, pardon, c'est plus 19%, et c'est quand même exceptionnel.
06:01Et plus il y a de fusion acquisition, plus les entreprises se rapprochent,
06:06se concentrent, plus ça assèche l'offre disponible pour les investisseurs.
06:09C'est absolument ça.
06:10Sachant qu'en plus, par exemple, si on regarde les deux dernières semaines,
06:13les rentrées dans les fonds mutuels américains, c'est 88 milliards.
06:17C'est le troisième chiffre le plus important en deux semaines ever, de tout le temps.
06:21Donc on a, et je peux encore vous donner énormément de chiffres,
06:24on a un effet richesse qui vient des particuliers,
06:26qui sont de l'ordre de 6 trillions cette année.
06:28On a les share buybacks, je vous en parle beaucoup,
06:31mais si on augmente notre vision, et je finirai sur ce chiffre-là
06:34parce que j'en donne trop aujourd'hui,
06:36mais si on prend le Russell 3000, on arrive à 1,3 trillions d'autorisations.
06:42Si on prend 90% de ces autorisations qui sont faites,
06:46on arrive par jour à un share buyback
06:48qui est de l'ordre de 5,3 milliards de dollars aux Etats-Unis.
06:51Donc voilà, c'est un déséquilibre.
06:53C'est ça que je veux dire, et je finirai là-dessus,
06:54c'est que c'est un déséquilibre entre l'offre et la demande.
06:56Il y a de moins en moins d'offres, et du coup, la demande,
06:58quand elle peut s'investir sur ce qui reste,
07:00elle s'investit massivement.
07:02Je n'ai rien inventé, mais l'équation, elle fait que les marchés
07:04ne peuvent que progresser.
07:05Antoine ?
07:06Bon, non mais on a eu un septembre qui était quand même bien meilleur qu'attendu.
07:12Octobre s'ouvre, quels peuvent être les catalyseurs ?
07:14On a beaucoup parlé du shutdown, évidemment,
07:16mais il y a quand même des choses à venir qui seront regardées de près.
07:20Absolument, vous avez raison Antoine.
07:21Moi, je pense qu'il va falloir regarder énormément
07:22le début des résultats, l'apparition des résultats du troisième trimestre.
07:25On avait été sous charme de ces résultats du deuxième trimestre,
07:29où on avait progressé de 11% contre 4,
07:33on était à trois fois les attentes,
07:35ce qui était quand même assez significatif.
07:37Et là, on attend autour de 8% de progression.
07:40Ce qui m'embaisse un petit peu, Antoine,
07:42c'est qu'on n'a pas révisé à la baisse ces estimations.
07:44Alors souvent, on dit que c'est meilleur,
07:45mais il faut regarder ce qu'on attendait trois mois auparavant.
07:48Et là, le marché ne désagrège pas,
07:50ne baisse pas ses estimations, on reste à 8%.
07:53Donc, il va falloir regarder de près,
07:54mais ça va être intéressant de voir
07:56si les entreprises américaines conservent leurs marges,
07:59comme je l'ai annoncé tout à l'heure,
08:00et qu'effectivement, cette solidité et cette sécurité qu'on a,
08:04elle conserve la prime qu'on a actuellement sur les marchés.
08:07Donc, résultat, à partir du 14 octobre,
08:10résultat de JP Morgan et de toutes les bancaires derrière,
08:12ça va être important.
08:13Suivre le CPI du 15 octobre,
08:15qui sera quand même assez intéressant.
08:16Et la consommation, l'inflation américaine.
08:18L'inflation américaine.
08:19S'ils arrivent à la publier avec le shutdown ?
08:21Quand même, je pense qu'ici là, on y sera arrivé,
08:23mais vous avez raison,
08:24il y a quand même une question mark, on me dit.
08:27Et puis, il y aura le FMC, bien sûr, du 29,
08:29où on attend quand même une baisse des taux,
08:30mais c'est sûr que s'ils n'ont pas les chiffres de l'emploi vendredi,
08:34ça va être peut-être un tout petit peu difficile
08:36d'avoir de la visibilité pour baisser ces taux.
08:39Octobre démarre à peine,
08:40après un mois de septembre magnifique,
08:41le meilleur en 15 ans.
08:43On espère qu'octobre aussi sera très positif.
08:45On voit passer ce terme « October »
08:47de la part des investisseurs optimistes
08:50sur le potentiel encore à venir des marchés.
08:52« October », voilà, ce sera peut-être le mois d'October.
08:54Les thèmes, les secteurs sur lesquels il faut renforcer
08:57potentiellement ces positions en bourse,
08:59dans les portefeuilles, c'est quoi ?
09:02Écoutez, tout ce qu'il y a, je pense que,
09:05moi personnellement, c'est assez intéressant,
09:06mais je pense que tout est assez intéressant.
09:08En zone géographique, on s'aperçoit, Guillaume,
09:10que ce soit l'Asie qui a progressé 30%,
09:12qui fait son meilleur mois ever,
09:14les États-Unis qui sont en train de reprendre aussi
09:16pas mal de hauteur,
09:17l'Europe qui continue, en tout cas, aussi de progresser.
09:19On s'aperçoit qu'il faut être un petit peu partout.
09:21Maintenant, la tech devrait continuer de bien progresser,
09:23donc on est aussi très à l'écoute.
09:25Là, on a eu la santé qui commençait à reprogresser.
09:27Je pense qu'il va falloir regarder les secteurs en retard.
09:30Et pourquoi pas les petites et moyennes entreprises ?
09:32Je sais qu'on en parle très régulièrement,
09:34mais avec l'anticipation de baisse des taux,
09:36clairement, pour cette fois-ci,
09:38on peut regarder, finalement, l'euro seul a progressé.
09:40En Chine, les small limits sont en progression de presque 40% ou 50%.
09:44En Europe, c'est 25%.
09:46Donc je pense qu'il y a vraiment un faisceau intéressant
09:48pour les small limits de rebond,
09:49mais tout en anticipation, bien sûr,
09:51d'une baisse des taux probable et possible.
09:52C'est vous qui nous apportez ce chiffre.
09:54Encore un, troisième trimestre,
09:55le Russell 2000,
09:56donc les petites et moyennes capitalisations,
09:57a gagné au troisième trimestre,
09:58le Russell 12%.
09:59Le Nasdaq, 11%.
10:01Et c'est donc que le Russell est le meilleur indice américain
10:04sur le dernier trimestre.
10:06Ce qui laisse à penser qu'en tout cas,
10:08il y a un changement de prisme,
10:10en tout cas, sur ces petites et moyennes valeurs.
10:13Et si baisse de taux, il y a encore ces petites et moyennes valeurs,
10:16en profiterait particulièrement.
10:17Aujourd'hui, le marché mise à nouveau davantage
10:19sur une baisse de taux dès le 30 octobre.
10:21Pourquoi ?
10:21Parce que l'emploi américain confirme des signaux de ralentissement.
10:24L'enquête ADP a été publiée tout à l'heure,
10:25c'est l'emploi dans le secteur privé.
10:27On s'attendait à des créations de postes.
10:28Finalement, ce sont des destructions.
10:29Il y a eu 32 000 destructions de postes aux Etats-Unis,
10:32ce qui confirme le ralentissement.
10:33Et donc, peut-être, on vient renforcer l'hypothèse
10:36d'une baisse de taux dès ce mois d'octobre.
10:37Merci David d'être passé nous voir.
10:38Merci beaucoup Guillaume.
10:39David Krug pour la financière de l'échiquier.
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