Ce lundi 29 septembre, dans sa chronique USA Today, John Plassard, spécialiste en investissement chez Mirabaud & Cie, s'est penché sur le risque de shutdown grandissant aux Etats-Unis, une correction boursière à venir en octobre, le retrait de la cote d'Electronic Arts, et la discussion d'OpenAi avec le président des É.A.U. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer sur BFM Business.
00:00New York, c'est l'ouverture, premiers instants de cotation, la cloche qui retentit à Wall Street.
00:06John Plassard avec nous, cité, gestion, bonjour John, ravi de vous retrouver.
00:10Bonjour Guillaume.
00:10J'espère que vous avez passé un bon week-end.
00:12Et Antoine Larigauderie en fil rouge, bonjour, re-bonjour Antoine.
00:15Re-bonjour Guillaume, bonjour John.
00:17C'était déjà à l'antenne tout à l'heure, il était 11h, beaucoup d'envois de tout pour investir, c'est tous les jours.
00:22Antoine, comment Wall Street à l'instant entame-t-il sa semaine ?
00:25Et de manière assez positive, le Nasdaq qui gagne 0,57%, 22611 points, plus 0,25 pour le Dow Jones, 46364 et plus 0,4 pour le S&P 500, 6670.
00:37Et notre CAC 40, lui, il est en hausse de 0,18%.
00:40On a du mal à maintenir la hausse, 7884 points, mais on le verra avec nos analyses techniques.
00:45Apparemment, il y a beaucoup, beaucoup de résistance en ce moment, que ce soit sur l'indice, que ce soit sur certains titres clés comme LVMH par exemple.
00:52Donc, pour l'instant, on est en hausse, mais sans grande conviction, on va dire.
00:56Quels seront, John, les grands enjeux, les grands rendez-vous à suivre cette semaine ?
01:01Plusieurs choses, mais surtout sur l'emploi.
01:03On va se focaliser presque tous les jours sur l'emploi.
01:06Demain, on a l'emploi, John, c'est apparemment le rapport de l'emploi préféré de la Fed.
01:14Mercredi, on aura l'ADP de l'emploi.
01:17Jeudi, les commandes d'usines.
01:18Et puis, vendredi, les investisseurs, eux, se focalisent sur vendredi parce qu'on aura les fameux NFP, les croissances d'emploi, les créations d'emploi.
01:30On attend 50 000 contre 22 000 le mois précédent.
01:33On se souvient cependant que tous les mois, à chaque fois, sont révisés à la baisse ou à la hausse.
01:38Ces derniers temps, c'était à la baisse.
01:40Et puis, le taux de chômage devrait rester à 4,3 %, comme ça l'était le mois précédent.
01:48Et ce qui est assez intéressant à noter, c'est que ce rapport sur l'emploi, on le dit chaque mois qui sera important,
01:55mais ce rapport sur l'emploi pourrait être un tout petit peu plus important que les autres
01:59parce qu'on a eu la réunion de la réserve fédérale américaine et Jérôme Powell, le président de la Fed,
02:04a clairement dit qu'il fallait se focaliser sur l'emploi plus que sur l'inflation qui était restée stable.
02:11On s'en souvient, vendredi, on en avait parlé ensemble.
02:14Et donc, vraiment, une semaine avec beaucoup de volatilité, début du mois d'octobre,
02:21et puis surtout, l'emploi, tous les jours, l'emploi, l'emploi, l'emploi.
02:25Oui, on aura tout un collier de publications sur l'emploi, enfin, si les publications peuvent avoir lieu.
02:30Et ça, ça va dépendre d'un possible shutdown.
02:32C'est demain soir, la date limite, où en est-on des discussions sur un shutdown ?
02:36Et s'il a lieu, quels en seraient au pluriel les impacts, John ?
02:40Oui, jusqu'au dernier moment, jusqu'à la dernière minute, j'allais dire.
02:44Aujourd'hui, Donald Trump a rencontré les quatre principaux leaders du Congrès.
02:49Donc, il y a des démocrates, bien évidemment, essayer de trouver un accord sur une loi de financement temporaire,
02:56comme à chaque fois, à quelques heures de l'échéance.
02:59On rappelle, c'est demain soir, heure de New York à minuit, c'est-à-dire le 1er octobre.
03:05Alors, d'un côté, on a les exigences, évidemment, des démocrates.
03:09Eux, ils soutiennent, ou ils conditionnent, je dirais, leur soutien à une extension des subventions sur la santé
03:17et l'annulation des coupes budgétaires qui étaient imposées par Trump et Elon Musk,
03:23on s'en souvient, en début d'année.
03:26De l'autre côté, les positions républicaines, bien, les républicains, eux, veulent ce qu'on appelle voter un clean texte.
03:36Qu'est-ce que ça veut dire ?
03:37Ça veut dire qu'ils veulent un texte pour éviter le shutdown et les prochains shutdowns.
03:40Ils veulent négocier plus tard la question sur la santé, les prix de la santé.
03:46Mais la chose qui est un peu compliquée cette fois-ci, c'est qu'ils ont besoin de 7 votes démocrates au Sénat.
03:56Donc, évidemment, on est dans un climat politique extrêmement tendu.
04:00Donald Trump, cette nuit, a dit qu'il allait licencier massivement en cas de shutdown.
04:07Eh bien, oui, il n'y va pas par quatre chemins.
04:10Alors que, d'un autre côté, vous avez les démocrates qui craignent que la Maison-Blanche revienne sur certaines promesses,
04:16même en cas d'accord.
04:18Alors, on rappelle juste une chose, parce que ce n'est pas la première fois qu'il y a arrivé des shutdowns aux États-Unis.
04:23Et le plus long shutdown était durant le premier mandat de Donald Trump.
04:27On rappelle quand même que ça a des impacts sur le marché.
04:31Normalement, on voit le dollar qui s'affaiblit.
04:34On a la volatilité, bien évidemment, qui monte.
04:37Et puis, les valeurs liées ou exposées à la consommation domestique qui, elles, baissent.
04:43Alors, domestique et public, bien évidemment.
04:46Alors, on fera attention.
04:48Évidemment, à chaque fois, c'est différent.
04:49Et l'impact sur les actifs qu'on vient de dire seront encore plus importants, plus longs le shutdown.
04:57Si le shutdown, il y a, eh bien, va durer.
05:00Et donc, c'est ce qu'on va surveiller.
05:01C'est Bank of America qui estime que chaque semaine de shutdown retranche 0,1 point de PIB aux États-Unis.
05:08Voilà, chaque semaine de shutdown.
05:10On verra.
05:10Donc, deadline, vous le disiez, heure américaine, demain soir, minuit, heure de New York.
05:14Wall Street vient donc d'ouvrir.
05:16Il est là-bas, 9h35.
05:17Et le S&P 500 gagne 0,3%.
05:20Le Nasdaq aussi poursuit son trend dossier et gagne 0,7%.
05:24On évoquera dans un instant, bien sûr, bien sûr, Electronic Arts.
05:27Parce que, oui, cette vieille dame, entre guillemets, de la bourse, c'est quand même un groupe historique de Wall Street.
05:32Eh bien, Electronic Arts va quitter Wall Street.
05:33On vous explique tout dans un instant.
05:35Juste avant, on va aussi arriver en octobre, donc.
05:37Et sur les marchés, il y a ce fameux effet octobre.
05:40Octobre.
05:41L'October Effect.
05:42C'est quoi, John ?
05:43Oui, alors, c'est une croyance historique, presque, selon laquelle, durant le mois d'octobre, vous avez des cracks.
05:52Alors, c'est vrai que si on se réfère à l'histoire, on a eu des cracks en octobre 1907, 1928, 1987, et d'autres aussi, mais sans réelle base solide.
06:03Si on regarde, vous savez, le mois passé, on avait dit, enfin, au début de ce mois, pardon, le mois de septembre, pas encore terminé, au début de ce mois, on avait dit que le mois de septembre était historiquement, pour le S&P 500, le plus mauvais mois de l'année.
06:17Et bien, historiquement, le mois d'octobre n'est pas si mauvais que ça.
06:21Depuis 1928, le mois d'octobre, pour le S&P 500, progresse de 0,6%.
06:28Alors, évidemment, c'est une question psychologique, les grands cracks donnent l'impression qu'on a tout le temps des cracks en octobre, ce qui n'est pas vrai.
06:39Le niveau des marchés, le niveau de l'or, qui est au plus haut encore aujourd'hui, pousse aussi les investisseurs à penser qu'il y aura une consolidation, une correction des marchés.
06:51Mais, rassurons-nous, l'octobre effect tend à diminuer. En tout cas, ces dix dernières années, on n'a pas réellement eu de cracks en octobre.
07:00Donc, faisons attention. Je ne sais pas si vous êtes superstitieux, Guillaume, mais si vous l'êtes, peut-être retirez vos billes des marchés en octobre.
07:10Effectivement. Octobre rouge, s'amuse même à dire certains sur le marché.
07:14Mais, en moyenne, octobre n'est pas si mauvais que ça, c'est ce que vous nous disiez.
07:17Alors, on le disait, la sensation du jour, c'est Electronic Arts, qui donc, une des valeurs tech historiques de Wall Street, acteur des jeux vidéo,
07:25va sortir de la cote pour, pas pour une poignée, pour 50 milliards de dollars, en l'occurrence, Don.
07:3255 milliards de dollars, c'est un des plus gros buy-out, comme on dit, jamais réalisé.
07:39Alors, ce qui est intéressant, et c'est là où vous allez certainement sourire, mais ce buy-out est mené par le Fonds souverain saoudien et Affinity Partner.
07:51Mais qui est-ce que c'est qu'Affinity Partner ? C'est la société de Jared Kushner.
07:57Jared Kushner, qui c'est ? Eh bien, c'est le beau-fils de Donald Trump, bien évidemment.
08:03Même Donald Trump est dans la sortie d'Electronic Arts. On rappelle quand même que Electronic Arts, c'est des créateurs de franchises emblématiques,
08:13comme Madden NFL, vous avez Butterfield, et puis de Sims, bien évidemment, qui fonctionnent extrêmement bien.
08:22Vous avez des actionnaires qui vont recevoir 210 dollars par action en cash,
08:26soit une prime de 25% par rapport au cours d'Electronic Arts, avant qu'on ait cette fuite dans les journaux qui ont eu lieu vendredi soir.
08:37Donc, c'est très, très gros comme chose. C'est assez rare.
08:41Et évidemment, si c'est assez rare, eh bien, la famille Trump est dedans.
08:46Oui, et donc, Electronic Arts, qui avait été introduit à Wall Street en 1989, va quitter la cote.
08:51Electronic Arts, alors ce titre est en hausse aujourd'hui, plus 5%. Il avait déjà gagné quasiment 15% au titre Electronic Arts, c'était vendredi.
08:58Et dans ce même univers des jeux vidéo, du coup, on regarde les lectures transversales, les read across, comme disent les anglo-saxons,
09:03les autres titres impactés par cette opération. Il y a Take-Two, notamment Take-Two, qui a Wall Street gagné en ce moment un peu plus de 3%.
09:10Dans une séance qui se passe bien, et on en vient à la pure tech et à l'intelligence artificielle,
09:15on n'en avait toujours pas parlé, pour la première fois, je pense, en au moins un an, on n'avait pas parlé d'IA en 8 minutes.
09:20Eh bien, on va le faire, on va se rattraper.
09:21Le directeur général d'OpenAI a rencontré qui ? Le président des Émirats Arabes Unis.
09:28Oui, ils veulent discuter d'une coopération renforcée dans l'intelligence artificielle,
09:34notamment en matière de recherche et d'application concrète.
09:38C'est véritablement une initiative qui s'inscrit dans l'ambition d'Abu Dhabi,
09:45de construire un espèce d'écosystème intégré d'intelligence artificielle,
09:50soutenir la transition vers une économie de la connaissance et pas simplement basée sur le pétrole et la vente d'énergie fossile.
10:02Et on sait que les Émirats investissent massivement dans les infrastructures,
10:07avec un des plus grands data centers mondiales.
10:12Et évidemment, le modèle d'intelligence artificielle intéresse énormément dans la région.
10:19On sait que l'Arabie saoudite a des projets futurs d'une capacité absolument extraordinaire.
10:26Donc, OpenAI, toujours ici, toujours dans les bons coups, si je peux dire,
10:31puisqu'on a beaucoup entendu parler d'eux ces derniers temps dans l'intelligence artificielle et dans les investissements.
10:37Et si vous en cherchez, vous aussi, si vous cherchez à réaliser des bons coups,
10:40vous qui nous suivez et regardez, c'est Culture Bourse à suivre dans 10 minutes.
10:43N'hésitez pas à nous adresser vos questions en flashant, en scannant le QR code qui apparaît sur vos écrans,
10:48ou va apparaître, est en train d'apparaître, ça y est, sur vos écrans.
10:51Tout à l'heure, Julie Cohen-Eurto et ses experts vous répondront.
10:54Un tout dernier mot, on va parler du secteur automobile aussi,
10:57de ce fabricant de pièces automobiles très connu aux Etats-Unis, First Brands.
11:00Eh bien, First Brands se place sous la protection du Chapter 11.
11:04C'est un tournant, John.
11:05Oui, ça fait vraiment les gros titres du Financial Times ce matin.
11:10Vous avez dit First Brand Group, c'est un équipementier automobile qui est basé dans l'Ohio.
11:17Eh bien, il se met sous le Chapter 11 avec plus de 10 milliards de dollars de dette.
11:23C'est l'un des effondrements les plus spectaculaires de la dette privée.
11:27Et ce qu'il y a, c'est que l'entreprise, qui est détenue par un homme d'affaires assez connu aux Etats-Unis,
11:33qui s'appelle Patrick James, avait emprunté massivement via des financements hors bilan.
11:39Aujourd'hui, on ne connaît pas réellement l'ampleur des engagements et qui est réellement dans cette faillite massive.
11:48Alors, il y a eu un prêt-relais de 1,1 milliard de dollars qui a été accordé par les créanciers,
11:54mais on est dans le flou le plus total.
11:58Et on se souvient que des fois, on avait ce type d'entreprise,
12:01eh bien, certaines faillites d'entreprises qui ne concernaient qu'un seul secteur,
12:07eh bien, qui pouvaient avoir des répercussions sur certaines banques, notamment.
12:11En tout cas, ça met le flou pour les banques, mais aussi pour les équipementiers automobiles
12:16qui sont déjà sous la menace, eh bien, des taux d'imposition américains mis en place par Donald Trump.
12:24John Plassard, cité gestion, il nous accompagne chaque jour à l'ouverture de Wall Street.
12:28Merci John, c'est USA Today, les indices US, le Nasdaq, le S&P sont encore en hausse aujourd'hui.
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