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  • il y a 4 mois
Ce lundi 22 septembre, William Kadouch-Chassaing, co-directeur général d'Eurazeo, dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:03William Cadouche-Assin, bonjour, vous êtes le co-directeur général d'Euraseo.
00:08Euraseo qui a rédigé un livre blanc de 22 pages pour faire émerger 5 champions européens d'ici 2028 dans les secteurs stratégiques.
00:16Alors 5, ça serait déjà pas mal, on a Mistralaï, mais vous allez dire si on peut aller en chercher 4 autres au niveau européen.
00:23Ce qu'on voit dans vos propositions, c'est que ça ressemble quand même de très près au rapport Draghi.
00:27C'est-à-dire qu'en gros, il faut évidemment faire l'union des marchés de capitaux, faire en sorte qu'on drive les investissements vers l'économie productive.
00:34On dirait le rapport Draghi, mais en 22 pages.
00:38Nous, on n'a pas prétention à inventer les mesures que l'Union européenne doit prendre pour assurer son rebond.
00:44Ce qu'on est, c'est un acteur de terrain.
00:47On a investi nos 37 milliards dans à peu près 600 entreprises sur le continent européen,
00:51qui vont de la biotech jusqu'à la transition environnementale en passant par les services financiers.
00:55Et on constate qu'il y a un tissu vibrant, qu'il y a des entreprises qui se projettent à l'échelle mondiale,
01:01qui ont des avantages compétitifs.
01:02On a voulu rappeler que l'Europe a des avantages compétitifs structurants.
01:06Ça fait toujours du bien.
01:07Et on a voulu rappeler ce qu'est le terrain entrepreneurial dans lequel on peut générer de la création de valeur.
01:14Et puis oui, c'est vrai qu'aujourd'hui, l'Europe, elle est à un moment très fondamental de son parcours économique.
01:21Et ce qui est sur la table nous va très bien.
01:23Il y a le rapport Draghi, le rapport l'État, le rapport Noyer.
01:26La Commission a fait un certain nombre de propositions.
01:28Nous, on dit, allez-y.
01:29Il y a des choses à faire pour orienter l'épargne vers l'économie productive,
01:33pour libérer les capacités d'innovation.
01:35Par exemple, les bacs à sable réglementaires sur l'entraînement des modèles en intelligence artificielle.
01:41Ça n'est qu'un exemple parmi d'autres.
01:43Pour investir mieux dans la souveraineté, dans la défense, dans la décarbonation.
01:48Le problème, c'est qu'aujourd'hui, les rapports, on les connaît.
01:50Le constat, je pense que c'est bon, tout le monde l'a.
01:52Mais on n'est qu'à 10% pour l'instant du rapport Draghi en un an.
01:55Il a encore rappelé ces derniers jours, notamment à la Commission européenne, que ça n'allait pas assez vite.
01:59Ce que vous dites, c'est qu'il faut simplifier le marché intérieur.
02:02C'est-à-dire qu'on a encore, même beaucoup de barrières, nous, entre pays.
02:06On se fait des droits de douane internes, en fait.
02:09Absolument.
02:10Nous, d'abord, vous avez parfaitement raison.
02:12C'est pour ça que nous, encore une fois, on prend notre posture d'entreprise.
02:16On participe dans une entreprise citoyenne au débat,
02:18parce qu'on voit des choses qui se passent sur le terrain.
02:20Parfois, on est consulté, mais nous ne nous substituons pas au processus de décision.
02:23Ça va plus loin que le fait qu'il y ait des rapports.
02:27Il y a aujourd'hui des mesures qui sont sur la table posées par la Commission.
02:30Et disons-le, la grande hypocrisie, c'est que tout le monde parle de la Commission qui va trop lentement,
02:35mais la réalité, c'est que ce sont les États membres, individuellement, mesure par mesure,
02:39qui essaient de les décoter ou de les ralentir.
02:41Et on pourrait en prendre plusieurs pour le commenter.
02:45Donc, à la fin des fins, nous, on dit, allez-y.
02:48Le principal sujet pour nous, avant l'intégration du marché et la suppression des barrières non douanières,
02:54c'est d'abord l'allocation de l'épargne.
02:56Nous, on est un acteur qui répartit de l'épargne et qui génère du rendement sur la base de nos investissements.
03:02Aujourd'hui, cette épargne européenne, elle est très mal allouée.
03:0535 000 milliards d'épargne, 40% qui est dans des produits gelés,
03:10qui ne créent aucun rendement pour l'épargnant.
03:13Il ne faut pas s'étonner qu'il y ait des effets de richesse importants entre les États-Unis et l'Europe.
03:18Et puis, près de 8 000 milliards d'euros, si on avait une structure d'épargne à l'américaine,
03:24qui irait vers l'économie productive, industrielle, les services, l'innovation,
03:29alors qu'ils vont sur ces produits gelés.
03:32Vous savez qu'il y a près d'un point de PIB de différence de l'investissement européen,
03:38vous le retrouvez en matière de recherche et développement,
03:41par rapport aux États-Unis, c'est près de 200 à 250 milliards par an de manque pour l'innovation.
03:47Mais alors, là, il faut prendre le problème à la racine.
03:49C'est-à-dire que c'est un problème de culture financière, de rapport au risque.
03:53C'est-à-dire qu'il faut commencer à expliquer les investissements dès le plus jeune âge.
03:57C'est-à-dire que là, vraiment, c'est un problème culturel global.
03:59On a un cumul d'un problème de culture financière.
04:04D'ailleurs, l'Europe est un des continents, en tout cas de l'OCDE,
04:06dans lequel la culture financière est la plus faible.
04:09Et dans certains pays, elle est vraiment très faible.
04:11Donc, il faut expliquer ce qu'est le vrai risque de l'investissement.
04:15Ce n'est pas simplement la protection du capital et la liquidité immédiate qui protègent le risque.
04:20Ce sont bien d'autres dimensions.
04:21Il faut rappeler ce qu'est son rendement.
04:23Il faut sans doute changer un peu notre kit de pensée sur le passage à l'échelle.
04:29On voit bien ce que font les Chinois, ce que font les Américains.
04:32Et à côté, quand même, des mesures concrètes.
04:34Pourquoi un certain nombre de produits d'épargne qui avaient été lancés au moment de la commission Juncker en 2016
04:40n'ont jamais vu le jour à l'échelle pan-européenne ?
04:42Parce que les États ont gardé des fiscalités et des réglementations très divergentes.
04:46Donc, il faut faire converger tout ça.
04:48Et puis enfin, il faut approfondir ce marché intérieur.
04:51Les entreprises dans lesquelles nous, nous investissons chez Eurasio,
04:54ce sont des entreprises qui sont rarement des champions que nationaux.
04:56Ils deviennent des champions européens.
04:58Et sur cette base-là, ils arrivent à se projeter aux États-Unis, en Amérique latine, en Asie, bien entendu.
05:03Y compris en Chine, dans laquelle nous les aidons.
05:05Ces entreprises, pour pouvoir bénéficier de l'effet de taille du marché,
05:10il faut qu'on les libère de différentes réglementations, obligations de reporting,
05:15qui sont toutes différentes et qui créent en effet des barrières à l'entrée,
05:19très importantes, entre 40 et 100% de barrières douanières équivalentes selon le FMI.
05:24Oui, qu'on se met tout seul, en fait.
05:25Vous dites cinq champions européens, ça ne fait pas beaucoup.
05:28C'est relativement accessible.
05:31Vous y croyez aujourd'hui sur ces cinq champions ?
05:33Vous en avez identifié quelques-uns qui potentiellement pourraient grimper encore plus ?
05:38Eurasio a déjà une tradition d'accompagner des champions.
05:41Dans son histoire, ce n'est pas neutre.
05:43Ça fait 50 ans qu'Eurasio fait un investissement en Europe.
05:45Il a accompagné des Danone, des Accor, des Montclair.
05:49C'est comme des très belles entreprises aujourd'hui.
05:51On accompagne un Doctolib.
05:54Nous avons été investisseurs dans Mistral.
05:57Une entreprise moins connue qui s'appelle Dorc,
05:59une entreprise qui fait de l'équipement chirurgical pour la cataracte.
06:03C'est une entreprise hollandaise que nous avons accompagnée dans la projection aux États-Unis.
06:05Et en Chine, il est devenu le leader mondial de cet équipement chirurgical très important,
06:12évidemment, pour l'ophtalmologie.
06:13Donc, nous, c'est ce type de choses qu'on va aller regarder.
06:16Est-ce que dans les services financiers de spécialité,
06:18dans la transition environnementale,
06:20dans les services aux entreprises,
06:23la technologie, la santé,
06:25on est capable de faire émerger des champions mondiaux,
06:29d'abord européens et puis mondiaux ?
06:30C'est ce à quoi on s'active.
06:33On a 600 entreprises, encore une fois, dans le portefeuille,
06:36dont de très beaux noms.
06:37J'en citerai un dernier, Bioline,
06:39qui est un leader, maintenant, européen, de souche française,
06:43dans tout ce qui est le biocontrôle,
06:45c'est-à-dire l'agriculture durable.
06:46Il y a beaucoup de choses qui sont en train de se passer sur le continent
06:49sur lesquelles on peut créer des avantages compétitifs.
06:51Il faut juste que l'Europe se prenne en main.
06:53Déjà, nous, il faut qu'on se prenne en main
06:54et puis il faut qu'on fasse les bons choix d'investissement.
06:57L'Europe doit se prendre en main.
06:59Le futur, ça se subit.
07:01L'avenir, ça se construit.
07:02Merci beaucoup, William Kadouchassin,
07:03d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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