00:00Good morning business, parole de patron.
00:04Il vit entre Paris et San Francisco, c'est Marc Menazek qui est avec nous ce matin, le fondateur de Funderfutur.
00:10C'est vrai que vous vivez désormais entre les deux mondes ?
00:13Oui, absolument.
00:14Ça fait quoi quand on rentre ?
00:16J'aime mon pays, je me le dis, c'est la méthode Coué.
00:20Oui, ça fait un peu ça.
00:22Je me dis qu'il y a plein de choses à faire, qu'il y a des entrepreneurs exceptionnels et qu'il faut tout faire pour les garder.
00:27Et donc, je pense que le fait qu'une entreprise d'investissement comme nous, comme Funderfutur,
00:33qui vraiment finance l'innovation depuis le départ, qui prend des paris importants,
00:37qui a réuni des centaines de millions d'euros auprès d'entrepreneurs, de familles, d'institutionnels,
00:43on va essayer de faire des deux côtés de l'Atlantique pour montrer justement qu'on peut créer des champions et des champions qui s'exportent.
00:49Et vous êtes inquiet de la fin de la politique de l'offre, des macronistes qui changent de veste au fur et à mesure,
00:56que la fin du mandat arrive, de l'ambiance politique ici ?
01:00Je suis inquiet de l'ambiance et je suis inquiet finalement de ce que je vois et de toute la stigmatisation qu'il y a autour des acteurs économiques.
01:10Je suis inquiet parce que la France, c'est une terre d'entrepreneuriat et qu'en fait, on n'a pas le droit au succès en France.
01:17Et dès qu'on est successful, on est pointé du doigt.
01:20Et ce que je vois aux Etats-Unis justement, pour y être beaucoup, c'est cet élan positif de toujours pousser vers le meilleur.
01:28Et j'aimerais beaucoup qu'on puisse un tout petit peu s'inspirer de ça parce que ça nous ferait beaucoup de bien.
01:32Donc vous avez investi ici, je le redis, mais dans le petit ballon, dans la fourche, dans Molotov, dans Ezra,
01:38il y en a beaucoup, les boîtes dans lesquelles vous avez investi.
01:42Dans Lydia, dans Yuka, dans l'intelligence artificielle, dans beaucoup de choses.
01:45Là aujourd'hui, le fonds dont vous venez de nous parler ce matin, c'est un fonds gros qui va être lancé en 2026.
01:50Vous allez investir dans des boîtes américaines.
01:52En fait, la particularité qu'on a observée ces dernières années, c'est que déjà, on a un très bon réseau aux Etats-Unis, historique, ça fait 20 ans,
02:00on le cultive, on y va régulièrement.
02:03Et ce qui s'est passé avec l'intelligence artificielle, ça vaut d'ailleurs pour les boîtes européennes qui partent aux Etats-Unis,
02:07mais ça vaut pour les boîtes américaines qui, de plus en plus, ont leur premier dollar de chiffre d'affaires en dehors des Etats-Unis, très vite.
02:13Et donc, le premier dollar de chiffre d'affaires, quand on a une boîte américaine, souvent, il se fait en Europe.
02:18Et l'Europe, c'est compliqué.
02:20C'est compliqué parce qu'on a plusieurs langues, parce qu'on a de la régulation,
02:23et parce qu'on a des lois qui sont différentes, des cultures qui sont différentes.
02:27Et donc, très vite, en fait, à travers le réseau, on est devenu un peu le partenaire d'un certain nombre d'entreprises qui s'installent en Europe,
02:34des entreprises américaines.
02:35Et donc, on a décidé, finalement, d'installer une équipe sur place pour investir dans ces sociétés américaines
02:39et leur mettre à disposition notre équipe basée à Paris, qui va les aider à développer leur business ici.
02:45Donc, c'est bon pour notre pays de faire une passerelle.
02:48Voilà, de faire une passerelle.
02:49Et c'est bon pour nos entreprises européennes de partir aux Etats-Unis.
02:51Mais comment vous voyez ce marché américain ?
02:53Vous dites qu'il est toujours ultra dynamique.
02:55On a des chiffres de croissance qui sont quand même pas clairs,
02:57avec un consommateur américain qui tire la langue d'un côté,
02:59puis des riches qui sont toujours de plus en plus riches.
03:01On a cette espèce d'économie à deux vitesses.
03:03Comment vous voyez ça ?
03:04Non, mais c'est totalement vrai, parce que c'est tellement libéral
03:07qu'en fait, ça crée des effets de bord considérables.
03:11Et en même temps, c'est un modèle où l'économie américaine,
03:14elle vous surprend, je veux dire, à chaque trimestre, à chaque semestre.
03:19Alors, c'est vrai que si on met de côté l'IA,
03:21on a quand même une partie émergée et submergée de l'iceberg qui n'est pas top.
03:26Mais je dirais qu'elle est solide, elle est très grosse.
03:29Et pour des entrepreneurs que nous sommes, d'aller aux Etats-Unis,
03:31aller chercher un marché adressable extrêmement gros,
03:34ça fait de très belles entreprises.
03:36Donc, on ne peut pas être dans la tech et passer à côté.
03:38Vous ne dites pas qu'il y a une bulle, là, on est survalorisés,
03:41il faut se qu'elle met un peu ?
03:42Non, je pense que sur la partie infrastructure,
03:44en effet, il y a des valorisations qui sont très élevées
03:46et en même temps des records qui sont battus trimestre sur trimestre.
03:49Donc, oui, je pense à titre personnel que c'est trop élevé.
03:52En revanche, ce que je vois d'un œil absolument extraordinaire,
03:54c'est que c'est une vraie révolution industrielle
03:56où l'ensemble des entreprises et des consommateurs
03:58sont en train d'implémenter de l'IA
04:00avec un champ des possibles qui est très important.
04:02Et nous, notre quotidien, chiffre d'un structure,
04:04c'est de financer des solutions d'IA appliquées à des métiers.
04:07C'est ça qui est très, très fort,
04:08avec des entreprises qui font des millions de chiffres d'affaires
04:10en très peu de temps parce qu'extrêmement...
04:12Et c'est dans le cas d'usage tout de suite, quoi ?
04:14Tout de suite, un cas d'usage sur une verticale.
04:15Je veux dire, l'intelligence artificielle appliquée à de la radiologie,
04:19appliquée à de la finance, appliquée à de la comptabilité,
04:21appliquée à des avocats, appliquée à tout ce que vous voulez.
04:24Et ça, c'est formidable parce que ça crée énormément de productivité.
04:27On le voit au quotidien.
04:28Nous, quand on rentre dans une entreprise,
04:30on fait des due diligence et des recherches sur l'entreprise
04:32extrêmement pointues et poussées.
04:34Et donc, on interview les utilisateurs.
04:36Et les utilisateurs qui utilisent de l'intelligence artificielle
04:39dans leur quotidien,
04:41on voit bien que ça a un impact de 15 à 40% sur la productivité.
04:45Alors moi, je pensais que pour être le plus fort en intelligence artificielle,
04:48c'était celui qui avait le plus d'argent.
04:49Mais on était juste avant vous avec Nel Zeguidour,
04:52qui est le cofondateur de Qtile.
04:53Lui, il dit à un moment donné que les cerveaux ont fait la différence.
04:56Il a totalement raison.
04:57Je pense que ce qui est absolument hallucinant
04:59dans l'intelligence artificielle,
05:01et on le voit au quotidien dans les entreprises dans lesquelles on investit,
05:04c'est que quand on intervenait avec Fondor Suture en amorçage,
05:06avant, généralement, on intervenait sur un début de produit,
05:09une équipe et un élan.
05:11Et aujourd'hui, on a, en plus de tout ça,
05:14des premiers rôles de chiffre d'affaires extrêmement rapides.
05:16Au bout de six semaines, lui, il vend déjà...
05:18Oui, bien sûr.
05:19On a fait quand même des pré-amorçages,
05:21des investissements de pré-amorçage,
05:23avec des entreprises qui font plusieurs millions de chiffre d'affaires.
05:26Et je pense que ça, c'est une opportunité pour nous,
05:28qui soit l'une des plus grosses plateformes européennes de financement,
05:32ce qu'on appelle « early stage » dans notre jargon.
05:33Donc, c'est le début, les 3, 4, 5 premières années de l'entreprise,
05:36qui est fantastique.
05:37Mais ce qui veut dire que dans les boîtes,
05:38parce qu'on a beaucoup dit ça aussi en Europe,
05:40on adopte l'intelligence artificielle, ça y est,
05:43on délivre, on voit les gains de productivité ?
05:45Je vois tous les jours des ETI, des PME, des ETI,
05:49et je sais que vous avez beaucoup de patrons qui vous écoutent,
05:52intégrer ça dans des processus métiers,
05:55dans le quotidien des professionnels.
05:57Et je vais vous dire quelque chose très simplement,
05:59alors, si un patron d'ETI, de TPE, de PME,
06:03ou même du CAC 40 ne le fait pas,
06:05ses collaborateurs vont aller sur Tchadipiti,
06:08sur leur téléphone, pour essayer de s'augmenter.
06:10Donc, autant prendre les choses à bras-le-corps,
06:13et le faire en tant qu'entreprise.
06:14Merci beaucoup Marc Menazet d'être venu nous voir.
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