- il y a 11 mois
Depuis 1986, le concept de biodiversité décrit l'ensemble des espèces et écosystèmes qui composent le vivant ainsi que leurs interactions. Indispensable à toute forme de vie sur Terre, son effondrement est sans appel. Quelles perspectives pour sauver la biodiversité de la crise ?
Retrouvez "La Terre au carré" sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre
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00:00Musique
00:00Aujourd'hui, biodiversité, histoire d'une crise, racontée par...
00:22Philippe Rancola, écologue et directeur de recherche au CNRS.
00:25Il fut un temps où prendre la route, surtout l'été, signifiait revenir avec un pare-brise constellé de traces brunes et jaunes.
00:40Les enfants des années 70 s'en souviennent, on roulait quelques kilomètres à peine.
00:44Et déjà, il fallait dégainer l'éponge pour retrouver un minimum de visibilité.
00:48C'était agaçant, oui, mais c'était aussi le signe d'une nature débordante, de millions de petites ailes qui traversaient nos phares.
00:55Aujourd'hui, fini la corvée, on peut filer sur l'autoroute, traverser des campagnes entières, garder une vitre impeccable.
01:02Alors un confort, pas vraiment, plutôt le symptôme discret d'un monde qui s'éteint à petit feu.
01:07Les scientifiques ont donné un nom à ce phénomène, l'effet pare-brise, une drôle d'expression pour parler d'une réalité très sérieuse.
01:13En avril dernier, l'association britannique Kent Wildlife Trust révélait les résultats d'une enquête participative « Bugs Matter ».
01:22Verdict, en trois ans seulement, entre 2021 et 2024, la population d'insectes volants au Royaume-Uni aurait chuté de 63%.
01:30Le protocole était presque ludique.
01:32Avant de partir, les volontaires devaient nettoyer leur plaque d'immatriculation, activer une application qui enregistrait leur trajet,
01:39puis envoyer une photo de la plaque une fois arrivée.
01:42Et l'on comptait le nombre de petites tâches laissées par les insectes.
01:46Moins il y avait de tâches, moins il y avait de bestioles dans l'air.
01:49Et les chiffres parlent d'eux-mêmes, l'air s'est vidé.
01:52Certains avancent une explication technique.
01:54Les voitures d'aujourd'hui sont plus profilées, plus glissantes.
01:57Elles attraperaient moins d'insectes.
01:59Mais la constance des données et leur brutalité dessinent un tableau clair.
02:03Le déclin est bel et bien réel.
02:06Or, les insectes ne sont pas des figurants.
02:07Ils pollinisent, nourrissent d'autres espèces, entretiennent les sols.
02:11Sans eux, c'est toute la mécanique du vivant qui se grippe.
02:14L'effet pare-brise n'est pas seulement une anecdote de conducteur nostalgique.
02:18Il est le miroir d'un phénomène bien plus vaste.
02:20Car ce qui se joue là n'est qu'un chapitre de la crise mondiale de la biodiversité
02:24où oiseaux, poissons, mammifères et plantes suivent le même chemin silencieux.
02:29Nos pare-brises propres nous disent à leur façon le grand effacement du vivant.
02:34Et c'est cette histoire que nous allons vous raconter.
02:40Bonjour Philippe Grancola.
02:42Bonjour.
02:43Vous publiez aux éditions Talendier.
02:44La biodiversité, urgence, planète, notre monde vivant en danger, expliqué à tous.
02:51Comment allez-vous en tant qu'écologue ?
02:52Ça va le moral ?
02:53Écoutez, le moral est un peu plombé.
02:55Parce que non seulement je suis témoin à titre personnel sur le terrain,
02:59quand je travaille en forêt tropicale ou dans des savannes depuis quelques décennies,
03:04du déclin dont on vient de parler.
03:05Mais en plus, à force de l'expliquer, à tout un chacun, et puis quelquefois à des décideurs un peu sourds d'oreille,
03:12ça rend quelquefois un peu la vie moins agréable au quotidien.
03:17Est-ce que quand même vous avez des publics attentifs de temps en temps ?
03:20Alors oui, effectivement, heureusement, on sent qu'au-delà des clivages quelquefois un peu trop affichés,
03:26dans le cercle politique, on a vraiment une préoccupation, je pense, de la plupart des Français notamment,
03:32sur ces questions-là, la biodiversité, c'est agréable, on en a envie, même si quelquefois,
03:37on veut des pollinisateurs, on n'a pas envie d'avoir des moustiques dans la chambre à coucher,
03:40mais néanmoins, on comprend bien qu'on a besoin de plantes, d'animaux pour vivre.
03:46Et même aujourd'hui, des étudiants d'écoles prestigieuses, je les sens quand je fais des cours,
03:52vraiment très assidus à ces questions-là, ils comprennent que c'est leur monde,
03:55le monde de demain, le monde de leur vie de trentenaires, quarantenaires, cinquantenaires, qui se joue actuellement.
04:01– Le moustique est un pollinisateur, petite parenthèse, pour rebondir sur vos propos ?
04:05– Alors, non, pas vraiment. Il y a certains mâles de moustiques qui ne piquent pas,
04:10peuvent contribuer, effectivement, mais ce ne sont pas vraiment des acteurs majeurs.
04:14En fait, le destin du moustique, c'est plutôt de servir de nourriture aux poissons, aux oiseaux et aux batraciens,
04:20et c'est pas mal comme ça, parce que finalement, ils nous assurent la présence de vertébrés
04:25qui régulent les populations d'autres insectes.
04:28– C'est vrai qu'on entend souvent la question à l'été, mais à quoi ça sert les moustiques ?
04:31Ils ont un rôle très important, c'est de nourrir d'autres espèces.
04:34– D'autant plus qu'il y en a, 3500 espèces dans le monde, et seulement 20 qui piquent les humains,
04:37alors certes, qui provoquent des très gros dégâts, mais les autres, par contre, ils sont indispensables.
04:42– Philippe Grancola, vous ouvrez votre livre en écrivant ceci,
04:45« Si l'on devait trouver une seule caractéristique de nos cultures humaines modernes,
04:48ce serait probablement notre déni de la biodiversité. »
04:51– Ce déni, nous en sommes tous responsables, d'une certaine manière ?
04:54– Oui, et puis on l'hérite finalement de nos parents, de nos grands-parents,
04:57parce que c'est un déni culturel, on ne l'a pas inventé, en réalité, il nous est enseigné.
05:02Il nous est enseigné parce que les cours de SVT sont plus présents au lycée,
05:07parce que finalement, certaines disciplines sont vues comme beaucoup plus valorisantes
05:10que l'étude de la biodiversité, parce qu'on vit de plus en plus en ville,
05:14et donc de moins en moins en contact avec la nature,
05:16et puis parce qu'il faut bien le dire, certains tenants de la société, non des moindres,
05:21en fait, prétendent que la biodiversité, c'est un sujet de peu d'importance,
05:27et puis qui est une sorte de gesticulation médiatique de leurs opposants politiques.
05:32– Et vous pensez à qui en particulier ?
05:34– Je ne dirais peut-être pas de nom pour…
05:35– Ah ben vous avez le droit.
05:36– Mais oui, il y a toute une partie de la classe politique, de toute façon,
05:40très clairement, sur l'échiquier politique français,
05:42et malheureusement, et je le déplore vraiment,
05:45moi je l'ai vu en faisant une masterclass à l'Assemblée nationale notamment,
05:49évidemment à mesure qu'on va à droite de l'échiquier politique,
05:52on a beaucoup moins d'intérêt pour les questions d'environnement,
05:55en tout cas, on ne les considère pas sous un angle qui permet un changement,
06:00une transition, comme on l'appelle, une transition écologique,
06:03et c'est regrettable parce que c'est une opportunité pour tout un chacun,
06:06au plan politique, au plan économique, au plan culturel, au plan social,
06:12et puis au plan humain tout simplement.
06:13– On a construit nos modes de vie en oubliant qu'on reposait justement sur le vivant,
06:18ça c'est une mémoire qui s'oublie, qui vraiment agit beaucoup pour la non-compréhension du sujet ?
06:25– Oui, tout à fait, on se voit comme en dehors de la nature,
06:27et même le mot biodiversité qui était fait pour nous réconcilier avec toute la diversité du vivant,
06:33très souvent il est vu comme quelque chose d'exotique,
06:36les forêts amazoniennes, les récifs coralliens,
06:39alors bien sûr c'est important, évidemment,
06:41mais c'est aussi le coton, le lin qui nous habillent,
06:44tout ce que l'on mange au cours de nos repas,
06:47les deux kilos de bactéries qu'on a dans notre tube digestif,
06:54et puis malheureusement…
06:55– Ça aussi c'est de la biodiversité ?
06:56– Ça aussi c'est de la biodiversité, et tout est lié évidemment,
06:58cette biodiversité intestinale qui nous rend service,
07:01qui nous permet de vivre correctement,
07:02on le sait bien, quand on prend trop longtemps des antibiotiques,
07:05on a des petits soucis également,
07:06et bien cette biodiversité est dépendante de notre alimentation,
07:10et cette alimentation finalement, de la manière dont elle est produite,
07:13dépend aussi d'état de l'environnement.
07:15– Le mot biodiversité d'ailleurs, il apparaît quand ?
07:17– Alors il apparaît dans les années 80-86 pour être précis.
07:20– Donc c'est plutôt assez récent ?
07:21– Et c'est très récent effectivement,
07:22et je pense qu'effectivement de fait,
07:24il n'a pas encore eu le temps de percoler complètement dans la société,
07:27le mot écosystème par exemple date de 1935,
07:30et on le voit aujourd'hui, il est mis à toutes les sauces,
07:32on parle même de l'écosystème de l'entreprise par exemple,
07:35alors que sur biodiversité on est encore un petit peu en retrait,
07:38mais bon, les sondages laissent entrevoir aujourd'hui,
07:40qu'à peu près trois quarts par exemple des Français
07:42ont une appréhension à peu près de ce que c'est que la biodiversité.
07:46– On manque de mots quand même pour exprimer précisément
07:49cette crise que nous traversons aujourd'hui,
07:51ou en tout cas pour exprimer le vivant au sens large ?
07:54– Le problème en fait c'est que ces mots,
07:56ils ont une acception culturelle au sein de nos groupes sociaux,
08:00de nos familles, de nos employeurs, de nos amis, etc.
08:03Et bien sûr, c'est un peu comme sur les réseaux sociaux,
08:06certains d'entre nous qui nous intéressons à ces questions-là,
08:10professionnels ou peu importe, citoyens,
08:12voient ces mots souvent et apprennent à les connaître
08:15et se les approprient.
08:16Mais effectivement, quand on ne s'intéresse pas à un sujet,
08:19on en parlait tout de suite,
08:20on ne les voit pas sur les réseaux sociaux,
08:21ils ne passent pas dans le film.
08:22– Les algorithmes ne nous les proposent pas.
08:23– Voilà, et c'est la même chose pour certaines personnes
08:26du fait des clivages politiques, culturels ou sociaux.
08:29Ces personnes-là ne voient pas passer ces questions-là
08:32et ne peuvent même pas s'y intéresser
08:34quand bien même elles en auraient envie si elles y étaient confrontées.
08:37– Est-ce qu'on peut parler de biodiversité sceptique
08:40comme on parle des climato-sceptiques ?
08:42– Oui, tout à fait, tout à fait.
08:43En fait, on est vraiment dans le déni de science.
08:45Voilà, les fameux auteurs américains qui ont écrit ce livre
08:48qui se célèbre, qui s'appelle « Les marchands doutes »
08:50ont montré qu'on est passé de vendre les doutes
08:54aux firmes industrielles.
08:56On est passé des cigarettiers aux pétroliers.
08:59Et maintenant, on est effectivement dans la même situation
09:01à propos de l'agrochimie
09:02ou à propos d'un certain nombre de calculs électoraux.
09:05Quand on a un électorat à favoriser, qui n'aime pas trop les questions d'écologie,
09:10finalement, on essaye de nier les résultats de la science.
09:14C'est regrettable, c'est du court terme.
09:16Évidemment, on comprend bien que quelquefois, sous l'effet de l'exaspération,
09:20on n'ait pas envie d'entendre parler tout le temps de ça.
09:22Mais c'est quand même notre vie qui se joue.
09:24Et si on ne s'intéresse pas même à notre futur,
09:27pensons à celui de nos enfants.
09:28– Je parlais tout à l'heure dans le texte de présentation
09:31de l'effet par prise, qui est assez connu.
09:34C'est toujours l'exemple qu'on prend pour parler justement
09:35de la disparition et l'effondrement des insectes.
09:38Est-ce que ça aussi, ça raconte une histoire
09:40de l'amnésie environnementale qui est la nôtre ?
09:42– Oui, je pense.
09:44Bien sûr, comme vous disiez dans le texte,
09:47bien sûr, les personnes qui étaient enfants dans les années 70
09:51peuvent se souvenir de ça.
09:52Et encore, parce que quelquefois,
09:53on ne prête pas forcément attention à tous ces événements.
09:57mais bien évidemment, les personnes aujourd'hui
09:59qui ont 20, 30 ou 40 ans, malheureusement,
10:02dans certains cas, ne sont même plus en capacité
10:04de se rendre compte.
10:05Ce sont les spécialistes des pêches qui ont appris ça,
10:10qui se sont rendus compte finalement qu'on ne juge
10:11de l'état présent qu'à l'aune de ce que l'on se souvient.
10:14Et au fur et à mesure, on oublie ce qui est plus ancien,
10:17tout simplement parce qu'on n'en a pas été témoin
10:19à un moment donné.
10:20– Donc le normal, les normes changent.
10:22– Les normes changent, oui, tout à fait.
10:23Et malheureusement, ça ne fait qu'accentuer cet effet de biais
10:27dont on parlait avant.
10:28Il est médiatique et puis il est tout simplement observationnel.
10:31À chaque moment de sa vie, on ne peut pas comparer
10:34chaque moment de sa vie à des moments précédents
10:36si on ne les connaît pas et s'ils ne sont pas relatés
10:39par des médias.
10:39– Philippe Grancola, on va écouter l'extrait de ce reportage
10:42en plein cœur de la campagne Poitvine,
10:45dans la zone Atelier-Pleine-et-Val de Sèvres,
10:47où l'on a été témoin de la baisse justement
10:49de la biodiversité animale.
10:50C'est un reportage de France 24 en mai dernier.
10:53– Chaque matin, depuis 32 ans,
10:56les oiseaux sont écoutés ici,
10:59par des dizaines d'oreilles savantes.
11:00– Il y a un faucon crasserelle, là.
11:03Il y a une pie et deux faucons.
11:05– Postés dans un demi-millier
11:07de parcelles d'agriculteurs,
11:09ce sont ces scientifiques qui ont révélé
11:11dès 2018 l'effondrement vertigineux
11:13de la biodiversité.
11:14– Les oiseaux sont en déclin
11:17d'à peu près 1% par an.
11:18Les insectes, c'est plutôt 2,5% par an.
11:21C'est absolument considérable.
11:25– Et c'est la voix de Vincent Bretagnol,
11:27directeur de recherche au CNRS.
11:28C'est un collègue à vous, vous le connaissez bien.
11:30– Oui.
11:30– Donc ces scientifiques ont été les témoins,
11:33comme vous d'ailleurs, depuis très longtemps,
11:34en réalité, des effondrements de population,
11:37sans que réellement on en prenne la mesure ?
11:39– Non, effectivement, parce que quand on parle,
11:41ça tient encore à cette représentation culturelle
11:44que l'on a de la diversité du vivant.
11:45quand on parle des oiseaux, des insectes, pour beaucoup d'acteurs,
11:50ça semble être quelque chose, certes, de regrettable,
11:52qu'ils disparaissent, mais on ne se rend pas compte
11:54que derrière, finalement, il y a, au-delà du problème éthique,
11:57qui est bien réel, évidemment, il y a aussi beaucoup
12:00de problèmes économiques.
12:01Une baisse des populations d'insectes,
12:03c'est une baisse aussi des productions agricoles,
12:04quand on a besoin qu'elles soient pollinisées.
12:07La baisse des oiseaux, c'est beaucoup d'insectes
12:09qui nous posent problème, qui sont plus présents,
12:12parce qu'ils sont moins prédatés.
12:13Donc, on a vraiment des effets pervers
12:16de ces baisses de populations
12:17qui ont été documentées dans plein de pays du monde.
12:19Dans l'Amérique centrale, le regain du paludisme
12:22dans certains endroits, parce qu'il n'y avait plus
12:23de grenouilles pour manger les moustiques.
12:25Aux Etats-Unis, des chauves-souris malades
12:27d'une maladie exotique
12:30qui n'arrivent plus à supprimer
12:32des insectes agresseurs des cultures.
12:34Et on augmente les pesticides
12:35et surviennent des maladies dégénératives.
12:37Tout ceci a été parfaitement documenté
12:39dans des études scientifiques,
12:41et on en voit les conséquences.
12:42Mais évidemment, pour les personnes
12:44qui ne sont pas au courant,
12:45c'est simplement quelque chose de triste,
12:47peut-être un mal nécessaire
12:48à produire une nourriture industrielle,
12:50ce qui n'est évidemment pas le cas.
12:52Quels sont les chiffres les plus alarmants
12:53aujourd'hui autour de l'effondrement
12:55de la biodiversité,
12:55s'il fallait en retenir un ou deux
12:57qui vraiment, vous, en tant que scientifique,
12:59vous préoccupent plus particulièrement ?
13:01Alors, il y a l'embarras du choix.
13:03Évidemment, on vient de parler
13:03des oiseaux, des insectes.
13:05C'est vrai dans la plupart
13:06des grands bassins d'agriculture industrielle.
13:08Mais on pourrait aussi parler, bien sûr,
13:11de la perte des récifs coralliens frangeants,
13:14des récifs coralliens qui sont
13:15à la surface de la mer
13:17et qui vont disparaître
13:18à l'échéance de quelques décennies.
13:20Et en quoi c'est inquiétant ?
13:21C'est un tiers de la biodiversité marine
13:23qui part avec,
13:24parce que ces récifs,
13:25une fois qu'ils sont morts,
13:26ils se cassent avec le ressac, etc.
13:28Et les êtres qui sont dedans disparaissent.
13:30C'est une protection contre les vagues
13:32et les rats et les tsunamis qui disparaissent.
13:34Ce sont des ressources alimentaires
13:35pour les gens qui habitent à côté
13:36et qui disparaissent.
13:37Et puis, c'est aussi tout un lot de services
13:39qu'on ne comprend pas trop bien
13:41de maintien de la biodiversité,
13:44de captation des gaz à effet de serre
13:47dans l'ensemble océanique.
13:50Donc, on est vraiment dans des situations
13:51où il y a à la fois des pertes éthiques
13:52et puis des pertes fonctionnelles terribles
13:54qui nous menacent
13:56plus ou moins directement, bien sûr.
13:58Philippe Grand-Collar,
13:59on verra avec vous les causes
14:00et les conséquences aussi
14:01de cette crise de la biodiversité.
14:02Et puis, vous répondrez aux messages,
14:04aux questions et aux notes vocales
14:05avec l'application Radio France
14:07pour nous retrouver et vous entendre.
14:08Sous-titrage Société Radio-Canada
14:38Générique
15:08Générique
15:38Générique
16:08Théodora avec Luigi,
16:22c'était go sur un terre.
16:27Mathieu Vidard
16:28La terre au carré
16:32Qui peut nous dire si un animal
16:34ou un végétal
16:35qui est considéré comme étant sans intérêt
16:38ne peut pas avoir un intérêt pour l'homme ?
16:41Ainsi, imaginez que l'on ait découvert
16:43il y a 100 ans le fongicide idéal.
16:46Eh bien, s'il y a 100 ans,
16:47on avait découvert le fongicide idéal,
16:50on aurait été débarrassé des moisissures
16:51qui, évidemment, sont indésirables
16:53dans certains cas.
16:53Mais à l'heure actuelle,
16:55on n'aurait pas les antibiotiques
16:56car les antibiotiques sont fabriqués
16:58à partir de moisissures
17:00comme les pénicilliums
17:01qui nous donnent la pénicilline.
17:03Vous voyez qu'on ne peut jamais prévoir
17:06si une espèce animale ou végétale
17:08peut être utile à l'homme
17:10et il y a par conséquent
17:12tout intérêt à conserver
17:13ces animaux et ces végétaux.
17:16Est-ce que cette voix vous dit quelque chose,
17:17Philippe Grancola ?
17:18Écoutez, très honnêtement,
17:20je ne la reconnaîtrai pas
17:21si vous ne m'aviez pas dit
17:22auparavant à qui elle appartenait.
17:25Roger Dajos,
17:26c'était un écologue
17:27et un entomologiste français,
17:28donc c'est un de vos aînés.
17:29Oui, tout à fait.
17:30Il a joué un rôle important d'ailleurs.
17:31Oui, oui, effectivement.
17:32Il a écrit...
17:33Et là, c'est en 1974.
17:35Il a écrit des grands précis d'écologie
17:37que j'ai consulté assidûment
17:39quand j'étais étudiant
17:40il y a quelques décennies.
17:41Et vous me disiez
17:42qu'il y a 50 ans, 60 ans,
17:43en fait,
17:44toutes les bases d'alerte
17:45étaient déjà posées en réalité.
17:47Oui, oui, oui.
17:47On a eu toute une série
17:48de lanceurs d'alerte scientifiques
17:51ou non scientifiques d'ailleurs.
17:53Mais bon, évidemment,
17:54tout le monde,
17:54beaucoup de vos auditeurs
17:55connaissent Rachel Carson,
17:56mais en France,
17:58on peut citer Jean Dorst
17:59ou d'autres scientifiques
18:01qui ont écrit tout ça.
18:02Donc, c'était déjà connu
18:03et raisonnablement documenté.
18:05Est-ce que cette notion d'intérêt
18:07pour les humains,
18:08dont parlait Roger Dajos
18:09dans cet extrait,
18:10est importante ?
18:12Ou est-ce que finalement,
18:12ce n'est pas encore une façon
18:13de tout ramener
18:14à nos propres intérêts ?
18:15Je pense qu'il faut avoir
18:16un discours équilibré.
18:18Ce n'est pas un appel
18:19à pratiquer le « en même temps »
18:20qui est un mauvais express
18:21en ce moment au niveau français.
18:23Mais c'est vrai
18:24qu'on a besoin à la fois
18:25de rappeler
18:25qu'on doit respecter
18:28des êtres vivants
18:29qui ne nous appartiennent pas
18:30pour des questions éthiques.
18:31Mais en même temps,
18:32évidemment,
18:32on doit aussi être conscient
18:33de nos dépendances.
18:34Ils ne sont pas là
18:35pour nous rendre service,
18:36mais on en dépend.
18:37Et ça, c'est vraiment important
18:38de le comprendre,
18:39qu'on ne peut pas forcément
18:40cultiver toute notre alimentation
18:42de manière hydroponique
18:42au mépris de la biodiversité.
18:44Hydroconique,
18:44ça veut dire quoi ?
18:45C'est-à-dire finalement
18:46dans une enceinte artificielle
18:47avec une solution nutritive
18:48pour les racines des plantes.
18:50On fait ça de plus en plus
18:50pour les tomates
18:51qui est la dixième production
18:53en quantité,
18:54dixième production agricole
18:55en quantité dans le monde.
18:56Tomates,
18:57vous pouvez les trouver
18:57sur les rayons des magasins
19:00à n'importe quelle saison.
19:01Elles sont produites
19:02de manière complètement artificielle
19:03et par voie de conséquence,
19:04d'ailleurs,
19:04elles ont perdu tout goût
19:05et tout intérêt
19:06et une bonne partie
19:07de leur intérêt nutritif également.
19:09Donc effectivement,
19:10on est bien obligé
19:12de se rendre compte
19:12qu'on dépend de sols
19:13en bonne santé,
19:14de forêts en bonne santé,
19:15d'océans en bonne santé,
19:16à la fois pour réguler le climat,
19:18pour nous habiller,
19:18pour nous nourrir,
19:20pour réguler notre bien-être
19:21psychologique également.
19:23Donc c'est important
19:24de se rappeler à chaque fois
19:25des deux arguments,
19:26à la fois du respect
19:27pour ce qui ne nous appartient pas,
19:28pour un bien commun,
19:29le bien commun de la biodiversité
19:31qu'on n'a pas à saccager.
19:33Moi, dans mon livre,
19:34j'ai parlé d'une planète
19:35en coloc,
19:35parce qu'effectivement,
19:36c'est comme dans une coloc.
19:37Si vous avez un des colocataires
19:38qui fait n'importe quoi,
19:40les autres souffrent
19:41et c'est compliqué à gérer.
19:42C'est ce qui se passe en ce moment.
19:44Mais le problème,
19:44c'est qu'il y a beaucoup de colocataires
19:45en ce moment
19:46qui foutent le bordel dans l'immeuble.
19:47Oui, oui,
19:48quelques...
19:49Effectivement,
19:51pas seulement dans le petit espace français,
19:53mais également dans le monde entier.
19:55Effectivement,
19:55actuellement,
19:56on voit qu'il y a probablement
19:57un effet de balancier.
19:59Alors,
19:59on peut espérer que le balancier reparte.
20:01Si on est optimiste,
20:01on peut penser qu'il va repartir
20:03dans l'autre sens
20:03quand on s'apercevra
20:04que finalement,
20:06ces changements environnementaux
20:08nous portent tort
20:09et qu'on a un gros bénéfice
20:11à les réguler
20:11plutôt qu'à continuer
20:13à vite opérer.
20:14Est-ce qu'il est juste
20:15de parler de sixième extinction
20:16de masse,
20:17Philippe Grancola,
20:18parce que c'est une notion
20:18qui est discutée,
20:20qui suscite la controverse
20:21au sein même des scientifiques.
20:23Quelle est votre position
20:24là-dessus ?
20:24Alors,
20:25en fait,
20:25c'est une métaphore.
20:26En réalité,
20:27ce à quoi on est confronté,
20:28c'est une crise d'effondrement
20:29dans les populations.
20:30Et quand les populations
20:31s'effondrent de manière
20:32trop importante,
20:33il n'y a plus assez
20:34de natalité
20:35pour compenser la mortalité,
20:36les espèces disparaissent.
20:37Donc,
20:37c'est déjà arrivé
20:38pour un certain nombre
20:40d'espèces
20:40durant le temps humain
20:43relativement récent,
20:44depuis la Renaissance.
20:45Par exemple,
20:45on sait qu'il y a 7%
20:46des mollusques
20:47qui ont déjà disparu
20:48dans le monde.
20:49C'est énorme.
20:50Et puis,
20:50toutes les autres espèces
20:51qui se portent mal,
20:52alors si on est optimiste
20:53et qu'on voit les courbes
20:54descendantes de leur population,
20:56on pense que peut-être
20:57on va réussir
20:58à remonter la pente.
20:59Et si on est pessimiste,
21:00on voit qu'elles descendent
21:01en direction de l'extinction.
21:03Et effectivement,
21:04ce constat peut amener
21:05à la prédiction
21:06d'un risque
21:07de crise d'extinction
21:08qui est déjà
21:09très bien entamé.
21:10C'était le constat
21:10de l'IPBES,
21:12le GIEC de la biodiversité.
21:13Donc,
21:13il ne souffre pas
21:14vraiment de controverses.
21:15Mais justement,
21:16la précédente grande extinction,
21:17c'était celle des dinosaures.
21:19En tout cas,
21:19de la biodiversité
21:20au temps des dinosaures.
21:22Est-ce que c'est comparable
21:23avec ce qu'on vit aujourd'hui
21:24entre cette météorite
21:25qui a vraiment décimé
21:27une part très importante
21:29du vivant ?
21:29Et aujourd'hui,
21:30ce que nous vivons nous-mêmes
21:31sur cette planète ?
21:31C'est une métaphore
21:32qui est un peu
21:33justement trompeuse.
21:35Déjà,
21:35parce que quand on parle
21:36de la crise
21:37crétacé tertiaire,
21:38on se dit
21:38finalement,
21:39s'il y a une crise
21:39aussi grave que ça
21:40et que la biodiversité
21:43a survécu,
21:44c'est que ce n'est pas
21:45si grave.
21:46En réalité,
21:47on n'y était pas.
21:47Si on y avait vécu
21:49à ce moment-là,
21:50on serait probablement
21:52disparu nous aussi.
21:53Donc,
21:53il y a déjà un aspect
21:54de un peu trompeur
21:55sur la gravité
21:56et de la crise.
21:57Puis après,
21:57sur la cinétique,
21:58c'est très différent.
22:00Bien sûr,
22:00on pense à la météorite,
22:01mais les dinosaures,
22:03le déclin des dinosaures,
22:04ça a duré un million d'années.
22:05Aujourd'hui,
22:06on est sur une cinétique
22:07pour une partie
22:07de la biodiversité
22:08qui est beaucoup plus rapide.
22:10Donc,
22:10c'est un paradoxe.
22:11On est dans une situation
22:12aujourd'hui
22:12où les pressions
22:13sont différentes.
22:14Les pressions sont
22:15beaucoup plus fortes
22:16d'une certaine manière,
22:17beaucoup plus diverses
22:18qu'une simple météorite.
22:20Ah bon ?
22:21Nos pressions,
22:21aujourd'hui,
22:22humaines,
22:22sont plus fortes
22:22qu'une météorite
22:24ou des volcans
22:24parce que c'était aussi
22:25ce qui s'est passé.
22:26Il n'y a pas eu que ça.
22:27Il y a eu aussi
22:27une crise volcanique
22:28très importante.
22:29Tout à fait.
22:30Effectivement,
22:30on a des pressions
22:31très fortes aujourd'hui.
22:32La masse des constructions
22:33humaines qui dépasse
22:34la masse de tout le vivant
22:35sur Terre,
22:36la masse de plastique
22:37qui dépasse
22:38la masse
22:39des animaux
22:41sur Terre,
22:42les forêts
22:43qui ont diminué
22:44de 30%
22:44depuis la Renaissance,
22:47les zones humides
22:47de trois quarts,
22:49le monde sauvage
22:50qu'on appelait
22:51de nos voeux
22:52à être explorés.
22:53Moi,
22:53quand j'étais enfant,
22:54ce monde sauvage-là
22:55n'existe plus vraiment.
22:57Pour s'en convaincre,
22:58on peut regarder,
22:59par exemple,
23:00la manière
23:01dont les affluents
23:01de l'Amazone
23:02étaient à sec
23:04ces derniers temps
23:05ou la manière
23:06dont la forêt
23:07des Nouvelles Galles
23:08du Sud en Australie
23:08a brûlé
23:09il y a quelques années
23:10sans qu'on puisse
23:11l'arrêter.
23:12Voilà,
23:12on est déjà
23:13dans un monde
23:13qui ressemble
23:14à une mauvaise dystopie
23:15mais à travers
23:16le flux
23:17des événements médiatiques,
23:18finalement,
23:18on le voit,
23:20on est épouvanté
23:20et puis on oublie
23:21et puis on passe
23:22à autre chose.
23:23Et même les chiffres
23:24ne parlent plus quasiment.
23:26C'est-à-dire qu'il y a
23:27un effet de superlatif
23:28et de chiffre
23:28de plus en plus important
23:29et finalement,
23:30ça ne dit plus rien
23:31à personne.
23:32Non,
23:32pour que ça fasse sens,
23:34il faudrait que ça soit
23:34rapporté à notre vie quotidienne.
23:36Je pense que les chiffres
23:37qui font sens aujourd'hui
23:38sur la biodiversité,
23:39c'est ce qui concerne
23:40l'agriculture
23:40parce que ça fait sens
23:42de parler
23:42de centaines de milliers
23:44d'entreprises
23:45qui se meurent.
23:46Ça fait sens
23:47de parler des pollutions.
23:48Ça fait sens
23:48de parler de notre régime alimentaire.
23:50C'est vrai,
23:50quand on parle
23:51de la biodiversité exotique,
23:53charismatique,
23:54extraordinaire,
23:55qu'il faut sauvegarder aussi,
23:57bien sûr,
23:57mais c'est quelque chose
23:58qui est très lointain,
23:59qu'on voit sur un écran de télé
24:00pour la plupart d'entre nous
24:02et ce n'est pas suffisant
24:03pour qu'on se sente
24:04vraiment motivé
24:04pour faire quelque chose.
24:05Puisque vous parlez
24:06de l'agriculture,
24:07Philippe Grancola
24:07évoquons la loi Duplon
24:09sur laquelle vous vous êtes exprimé.
24:11Cette loi,
24:11ça a été le feuilleton de l'été
24:12avec une pétition
24:13de 2 millions de signatures
24:14et puis ce feuilleton
24:16va se poursuivre à l'automne.
24:17La promulgation
24:18par le président de la République
24:19en août
24:19n'a pas mis fin
24:20aux querelles
24:21qui opposent donc d'un côté
24:22les syndicats agricoles
24:24et de l'autre
24:25les associations de défense
24:26de l'environnement.
24:27Un débat doit avoir lieu
24:28à l'Assemblée nationale.
24:30Évidemment,
24:30pour l'instant,
24:31on attend le nouveau gouvernement.
24:32Pourquoi ce texte,
24:34selon vous,
24:35illustre un aveuglement politique
24:37face à la biodiversité ?
24:39Parce que tout simplement,
24:40il ne répond pas d'abord
24:41aux besoins des agriculteurs
24:43et puis il prescrit
24:45un certain nombre de mesures
24:46qui sont toutes
24:47totalement absurdes
24:48et dangereuses.
24:49Alors vous pensez auquel ?
24:50Parce qu'on pense évidemment
24:51aux néonicotinoïdes.
24:52Bien sûr.
24:52Mais il y avait d'autres mesures
24:53dans ce texte des lois.
24:55Les extensions
24:56des élevages industriels,
24:57on sait tous aujourd'hui
24:58qu'ils sont à la base
25:00avec leurs effluents
25:01de tout un tas de problèmes
25:02à commencer par les marées vertes.
25:04Il faut savoir
25:04que le temps de purge
25:05des sols pollués
25:06par les effluents
25:07des élevages,
25:08c'est 30 à 40 ans.
25:09Donc même si on arrête
25:10aujourd'hui,
25:11on en a pour 30 ou 40 ans
25:12de marées vertes.
25:13Il faut se rendre compte
25:14aussi que dans ce texte,
25:15il y a la question
25:15des bassines.
25:17Les bassines aujourd'hui,
25:18elles sont presque déjà
25:19asbines aujourd'hui,
25:20même en termes
25:21d'immédiateté.
25:22Pourquoi ?
25:22Tout simplement
25:23parce qu'on a du mal
25:23à les remplir.
25:25Parce que finalement,
25:26même si on a suffisamment
25:27d'eau accaparée
25:28de manière égoïste
25:29pour quelques cultures
25:30industrielles,
25:31ça ne profite pas du tout
25:32aux petits agriculteurs
25:33de la région,
25:34aux vivriers.
25:35Et puis en même temps,
25:36très souvent,
25:37ça ne suffit pas
25:38pour éviter
25:38les chocs climatiques
25:40qu'il y a
25:41avec des événements
25:42plus vieux extrêmes
25:43ou des sécheresses extrêmes
25:44à certains moments.
25:45Vous avez beau arroser
25:46une plante
25:47pendant la nuit,
25:48un champ pendant la nuit,
25:49si en journée,
25:50il fait 45 degrés
25:50et qu'il ne pleut pas,
25:52ça ne marche pas.
25:53Donc on est dans un système
25:54qui est mal adapté.
25:55Aujourd'hui,
25:56au lieu de cultiver du maïs
25:57et de l'irriguer de force
25:58avec des bassines,
25:59il faut accepter
26:00une transition
26:01et la plupart des agriculteurs
26:02sont partants
26:03pour faire cette transition
26:04et il faut les aider
26:05et la loi Duplon
26:06fait exactement l'inverse.
26:07Donc à qui s'adresse
26:08cette loi ?
26:08À quels agriculteurs
26:09s'adresse cette loi ?
26:10Elle s'adresse
26:11à un certain nombre
26:11de grands producteurs
26:12puisqu'on le sait,
26:14M. Duplon lui-même
26:15le dit.
26:16Le sénateur Laurent Duplon.
26:17Voilà.
26:18Les entreprises agricoles
26:20disparaissent,
26:20elles se concentrent.
26:22Aujourd'hui,
26:22on a des entreprises
26:23de plus en plus grosses
26:24avec de moins en moins
26:25de salariés
26:26qui cultivent des produits
26:27de moins en moins vivriers.
26:29Du colza
26:30pour les diésters
26:31et le diesel,
26:32de la betterave à sucre
26:33pour l'alcool,
26:34du blé à l'export
26:35en partie
26:36pour la nourriture animale,
26:37le maïs idem.
26:38Et finalement,
26:39de moins en moins
26:40de produits vivriers.
26:41Aujourd'hui,
26:42en France,
26:42on n'a pas du tout
26:43l'autonomie vivrière minimale.
26:45Bon,
26:45on n'aura jamais,
26:46bien sûr,
26:46sauf avec les départements
26:48outre-mer
26:48avec les bananes,
26:49le cacao ou le café.
26:50On exporte énormément
26:51quand même.
26:52On parle tout le temps
26:53de souveraineté.
26:55Oui.
26:55Mais on exporte aussi beaucoup.
26:56Oui, tout à fait.
26:57Et la surface agricole
26:58utile dans le monde,
26:59maintenant,
27:00elle est finalement,
27:01on met en concurrence
27:01les fibres pour les vêtements
27:03et la fast fashion,
27:05les agrocarburants
27:06qui sont un vrai problème
27:07et auquel on devrait
27:08substituer évidemment
27:09les ENR
27:11et les voitures électriques
27:12en complément
27:14de ce qui existe déjà
27:15comme par exemple
27:16en France,
27:16le nucléaire,
27:17le parc nucléaire.
27:18Et puis,
27:19il y a aussi
27:20toutes les questions
27:20de biomasse
27:21pour la méthanisation.
27:22Et puis enfin,
27:23il reste la portion congrue
27:24qui est l'alimentation humaine.
27:26Et là,
27:27ça ne va pas du tout.
27:27On est vraiment
27:28dans un système
27:28qui ne fonctionne pas,
27:30qui marche sur la tête
27:30et pire encore,
27:32les entreprises agricoles
27:33ont des difficultés.
27:34Il y a des propositions
27:35de loi qui ont été déposées
27:37pour leur donner
27:38des revenus garantis
27:39sur un certain nombre
27:39de productions.
27:40Elles ont toutes été
27:41contrariées
27:42par les proposants
27:44de la loi Duplomb.
27:45Donc aujourd'hui,
27:45on est dans un système
27:47qui va à l'envoi
27:48contre de l'intérêt
27:49de la plupart
27:49des petits agriculteurs.
27:50Alors,
27:51les agriculteurs,
27:52justement,
27:52par la voix de la FNSEA,
27:54ceux qui, justement,
27:55sont affiliés à la FNSEA,
27:56ont annoncé
27:56de nouvelles mobilisations
27:57pour le vendredi 26 septembre
27:59pour demander,
28:00entre autres,
28:01il n'y a pas que ça,
28:01mais l'application
28:02pleine et entière
28:03de la loi Duplomb.
28:05Qu'est-ce que vous aimeriez
28:06leur dire ?
28:06Vous les rencontrez,
28:07d'ailleurs,
28:07ces agriculteurs ou pas ?
28:08Écoutez,
28:09moi,
28:09j'en rencontre régulièrement,
28:11à la fois à travers
28:12les médias
28:13qui nous invitent ensemble
28:14ou simplement
28:15dans ma vie citoyenne.
28:17Il y a un dialogue
28:17qui est parfaitement possible.
28:18Qu'est-ce que vous racontez
28:19dans ces cas-là ?
28:19Il y a un dialogue
28:20qui est d'autant plus possible,
28:21par exemple,
28:21qu'on a des zones ateliers
28:22au CNRS,
28:23comme celle dont on parlait
28:24tout à l'heure
28:25avec mon collègue
28:25Vincent Bretagnol,
28:26qui dialogue avec des centaines
28:28de PME agricoles.
28:28Donc, ce dialogue,
28:29il est vraiment quotidien.
28:30Évidemment,
28:31ces agriculteurs,
28:31ils nous font part
28:32de leur désespoir
28:35d'être considérés
28:36comme les fauteurs de troubles,
28:39ce qui est bien compréhensible,
28:40évidemment,
28:41de leurs difficultés quotidiennes,
28:42parce qu'ils se trouvent
28:43confrontés à des problèmes
28:45de prix de vente
28:46de leur production
28:47et puis, finalement,
28:49d'arriver à trouver
28:50des marchés
28:51et de vivre dignement,
28:53bien sûr,
28:53d'être aidés,
28:54mais être aidés,
28:54ça ne veut pas dire,
28:55pour eux,
28:56être au crochet
28:56d'un certain nombre
28:58de subventions.
28:59Donc, il y a vraiment
29:00une difficulté, finalement,
29:02à restaurer une structure
29:03qui a été détruite
29:04depuis la fin
29:04de la Seconde Guerre mondiale,
29:06à restaurer ces structures
29:07d'agriculture vivrière
29:08dans lesquelles
29:09des PME peuvent se lancer,
29:10mais à condition
29:11qu'on les aide
29:12et qu'on ne distribue plus
29:13les subventions
29:14à la taille de l'exploitation,
29:15sans parler de la manière
29:16dont on cultive à l'intérieur.
29:18Mais ces agriculteurs
29:18qui vous disent
29:19qu'on ne peut pas faire autrement
29:20que d'utiliser
29:21de l'acétamipride,
29:23par exemple,
29:23pour les betteraves,
29:24qu'est-ce que vous leur dites
29:25dans ces cas-là ?
29:26Alors, c'est compliqué,
29:27parce qu'effectivement,
29:28quand on est PME agricole,
29:29une des 20 000 PME
29:30qui cultive de la betterave,
29:31la betterave,
29:32c'est une culture de rente
29:33qui est rentable à l'hectare,
29:34malgré tout,
29:35malgré tous les problèmes,
29:36malgré les problèmes
29:36d'aléas climatiques
29:37qui sont le principal problème
29:39ces dernières années,
29:40malgré les problèmes
29:40des virus de la jaunisse
29:41transmis par les pucerons,
29:42qui sont de temps en temps
29:44un problème.
29:45Et donc, évidemment,
29:45si on leur dit
29:46d'employer des modes cultureaux
29:47qui sont parfaitement éprouvés,
29:48qui ont été testés
29:49par l'Institut technique
29:50de la betterave,
29:51dans lequel on va mettre
29:52des plantes compagnes
29:52avec la betterave
29:53pour faire quelque part
29:55égarer les pucerons,
29:56dans lequel on va mettre
29:57des produits répulsifs
29:58qui sont beaucoup moins toxiques,
30:00qui ne sont pas des biocides,
30:01pour essayer aussi
30:03de repousser les pucerons.
30:04Si on fait de l'assolement
30:05d'une année sur l'autre,
30:06si on change
30:06les parcelles de culture,
30:08si on enlève
30:09les cordons de déterrage
30:10des betteraves
30:11de l'année d'avant
30:11pour que les virus
30:12ne passent pas
30:13dans les betteraves
30:14de l'année d'après,
30:15si on fait tout ça,
30:16évidemment,
30:16on renchérit
30:17le coût de la culture.
30:18Donc, la question,
30:20ce n'est pas seulement
30:21les méthodes culturales,
30:22le changement
30:23de méthode culturelle
30:23qui existe déjà,
30:24c'est aussi
30:25l'accompagnement financier
30:27de toutes ces questions.
30:29On ne doit pas laisser
30:30les betteraviers
30:32aux prises
30:32avec les majors sucrières.
30:34Ils ne pourront pas
30:34s'en tirer,
30:35bien évidemment.
30:36Mais ça fonctionne,
30:36ces alternatives
30:37dont vous parlez ?
30:37Ça fonctionne
30:38sur de grandes exploitations ?
30:39Ça fonctionne parfaitement
30:40sur un paysage agricole.
30:42Encore une fois,
30:43aujourd'hui,
30:44la betterave à sucre,
30:45bien sûr,
30:45il y a des régions
30:47de prédilection
30:48pour des raisons climatiques,
30:49mais il y a quand même
30:50une vingtaine de milliers
30:51d'entreprises
30:51qui cultivent
30:52sur des parcelles
30:54qui sont en moyenne
30:54de la taille de 16 hectares
30:56avec beaucoup de variations.
30:57Donc, ça fonctionne parfaitement.
30:59Ça a été testé.
31:00Il y a même des articles
31:00scientifiques qui sont sortis
31:01pour décrire
31:02le résultat de ces tests
31:03sur plusieurs années.
31:04Donc, quand on nous dit
31:05qu'on ne peut pas se passer
31:06d'acétamiprite,
31:07ce n'est pas entendable
31:08pour vous ?
31:08Ce n'est pas entendable
31:09à condition que l'État
31:10et la communauté européenne
31:11jouent leur rôle
31:12et aident réellement
31:13les entreprises agricoles.
31:14Philippe Grancola,
31:15vous êtes notre invité.
31:16On parle de la crise
31:16de la biodiversité avec vous.
31:18Vous répondrez aux messages
31:18et aux questions
31:19dans un instant.
34:19La biodiversité, tout comme le changement climatique
34:21d'origine humaine, est un problème d'équité
34:23intergénérationnelle et intragénérationnelle.
34:26Les pauvres et ceux des prochaines générations
34:29sont les plus vulnérables.
34:31Heureusement, les jeunes s'expriment
34:33en menant des campagnes partout dans le monde.
34:36La lutte contre la perte de biodiversité ne peut se faire que par des actions rapides et transformatrices
34:41partout dans le monde.
34:43Il est essentiel que les problèmes de perte de biodiversité et de changement climatique
34:49soient reconnus comme ayant un impact réciproque,
34:51qu'ils soient reconnus comme d'égale importance et qu'ils soient traités ensemble.
34:55À l'instant, le chimiste britannique Robert Watson de l'IBES,
35:00la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques,
35:05traduit par Jérôme Boulet, Philippe Grancola, vous qui êtes notre invité,
35:09autour de ce livre, La biodiversité, Urgence Planète.
35:12C'est aux éditions Talendier.
35:14Climat, biodiversité, même combat ?
35:16Tout à fait.
35:17En fait, on ne peut pas avoir, et l'IPBES l'a redit à travers le résultat d'une évaluation collective
35:23publiée avec des dizaines de milliers d'articles analysés fin 2024,
35:27on ne peut pas avoir de politique climat qui tienne sans une politique biodiversité qui tienne,
35:31et inversement, on ne peut pas non plus avoir une politique de l'eau ou de la santé humaine
35:34sans ces deux politiques climat et biodiversité.
35:37Donc ce n'est pas des crises séparées ?
35:38Non, tout à fait.
35:39En fait, aujourd'hui, le climat, c'est une des raisons pour lesquelles la biodiversité décline,
35:44pas la seule, mais c'est une raison importante.
35:46Et puis cette biodiversité qui décline, que ce soit le plancton dans les océans qui s'acidifie
35:50ou les forêts qui disparaissent parce qu'on les coupe ou parce qu'elles brûlent,
35:55c'est autant de puits de carbone en moins,
35:57et donc autant de gaz à effet de serre qui restent encore dans l'atmosphère
36:00et qui accentuent encore la crise climatique.
36:02Donc on est vraiment, malheureusement, dans un emballement mutuel entre ces deux crises.
36:06Et les écologues comme les climatologues arrivent à travailler vraiment ensemble aujourd'hui ?
36:11Alors oui, effectivement.
36:12Non, c'est vrai que le GIEC, la plateforme internationale du climat,
36:16et puis l'IPBS, celle de la biodiversité,
36:19ont un peu de mal à produire des rapports communs
36:21parce qu'il faut voir que derrière chaque rapport...
36:24Et des institutions.
36:25Voilà, et puis il y a des dizaines de milliers d'articles
36:27qui sont analysés par des communautés énormes.
36:29Et donc c'est un travail colossal
36:31et c'est déjà compliqué de faire ça à l'intérieur de sa communauté.
36:35Si on fait ça entre communautés,
36:37ça devient quelque chose de vraiment difficile au plan matériel.
36:41Mais il y a quand même eu des ateliers communs entre ces deux plateformes
36:45et qui ont évidemment émis une alarme et des recommandations au gouvernement.
36:51Est-ce que cette crise de la biodiversité,
36:52elle est comparable dans toutes les régions du monde de la même manière ou pas ?
36:56Alors il y a à la fois des différences et des points communs.
36:58Partout, on retrouve les mêmes facteurs.
37:00Alors avec des...
37:01Quelquefois des cinétiques différentes, des vitesses différentes.
37:04La perte d'habitat en Europe, ça continue bien sûr.
37:07Les haies, les zones humides continuent à décliner.
37:10Mais ça a commencé très tôt.
37:11Ça a commencé il y a quelques siècles.
37:13Alors que si on prend le bassin amazonien ou le bassin congolais,
37:16là on est en plein dans la perte d'habitat.
37:19Et puis les pollutions, les pollutions arrivent immédiatement après.
37:22L'agrochimie, les 400 000 substances de la chimie de synthèse
37:26qui sont déversées dans l'environnement,
37:27ça a augmenté à partir du début du XXe siècle.
37:32Et là, évidemment, dès qu'une forêt est détruite,
37:34c'est pour faire de l'agriculture industrielle par exemple.
37:37Et là, finalement, malheureusement,
37:38on est un peu placé dans la même situation
37:40que l'on soit au Brésil, en Argentine ou dans l'Union Européenne.
37:44Sur la couverture de votre livre, Philippe Grancola,
37:47il est indiqué état des lieux, menaces et solutions.
37:49Alors c'est évidemment ce dernier mot qui nous intéresse aussi.
37:52Puisque vous parlez de changements transformateurs comme solution.
37:55Qu'est-ce que vous entendez par là aujourd'hui ?
37:57Alors là encore, il y a un rapport de l'IPBES
37:59et vraiment, ça vaut le coup de lire au moins le résumé pour décideurs
38:04sur ce qu'on a paru également en 2024
38:06qui explique tout simplement qu'on ne peut pas essayer d'optimiser à la marge,
38:09d'essayer d'interdire un peu plus de pesticides,
38:11d'essayer de favoriser un peu plus des animaux qui ont tendance à disparaître.
38:16Non, il faut en fait arriver à changer un peu le système
38:19de manière avec des actions conjointes entre toutes les parties prenantes.
38:23Par exemple, un excellent exemple, c'est réconstituer des ceintures maraîchères
38:27autour des grandes villes.
38:29On fait de l'agriculture circuit court, local, bio, subventionnée par les agences de l'eau.
38:35Ça profite aux municipalités, ça profite aux agriculteurs,
38:38ça profite aux agences de l'eau pour qui ça coûte moins
38:41que de dépolluer des nappes phréatiques dans lesquelles il y a des résidus de pesticides.
38:46Et puis ça profite évidemment aux consommateurs qui mangent des bons produits locaux,
38:49qui n'a pas envie que ses enfants mangent des produits locaux bio à la cantine de l'école.
38:54Donc des ceintures maraîchères, voilà.
38:56Par exemple, c'est un exemple.
38:58Moi j'ai eu le plaisir de voir que les ceintures qui étaient réconstituées en France péniblement,
39:03parce que c'est un changement structurel important,
39:05c'est un changement transformateur.
39:07Il dit bien son nom, on va transformer quelque part la manière de produire notre alimentation.
39:11On revient à quelque chose qui existait il y a à peine un siècle.
39:14C'est quoi une ceinture maraîchère ?
39:15C'est le périphérique avec des fruits et légumes partout ?
39:18Ce sont des zones de culture autour des grandes villes.
39:21Elles existaient.
39:23Alors évidemment, on ne pourra pas nourrir toute la mégapole,
39:26la métropole qui n'est pourtant pas très grande,
39:28mais la métropole parisienne avec uniquement des productions qui viennent de la périphérie.
39:33Mais on va déjà contribuer énormément.
39:35Et puis c'est encore plus vrai évidemment pour des villes de taille plus raisonnable.
39:38Et ça se passe dans plusieurs endroits en France.
39:40C'est aussi une occasion par exemple de donner à des femmes enceintes des paniers bio,
39:45comme le font un certain nombre de municipalités,
39:47et de s'assurer ainsi que l'effet des polluants soit beaucoup moins fort sur les enfants.
39:52Donc là, à chaque fois, on est dans la transformation.
39:54On le voit, toutes les parties prenantes collaborent pour aller de l'avant.
39:57Les changements transformateurs.
39:58Il y a beaucoup d'autres propositions dans votre ouvrage.
40:00Je laisse aux auditrices, auditeurs le soin de les découvrir.
40:03On passe aux questions tout de suite.
40:04Et vos messages.
40:10Jackie nous dit ceci, j'imagine que les répulsifs évoqués pour remplacer les phytosanitaires,
40:15vous en parliez tout à l'heure avec la métrave, sont des produits chimiques.
40:17Ont-ils été testés pour leur toxiciter les résidus ?
40:20Alors effectivement, tout à fait.
40:22Il n'y a pas de produit qui ne soit pas chimique à la surface de la Terre.
40:26La différence, c'est que certains d'entre eux ont été fabriqués au laboratoire
40:29et que leurs propriétés sont différentes.
40:32Quand on fabrique un produit insecticide, herbicide ou fongicide, c'est pour tuer.
40:36Et quand on fait ça, on utilise souvent des fonctions essentielles des êtres vivants.
40:40Donc si on tue un champignon, malheureusement, il est bien rare que ça ne nuise pas aussi
40:44au métabolisme humain ou des insectes et vice-versa.
40:48Les répulsifs ne sont pas faits pour tuer.
40:50Ils sont faits pour repousser.
40:52Donc déjà, physiologiquement, du point de vue de leur constitution,
40:56ils ont moins de chances d'être toxiques.
40:58Mais bien évidemment, ça doit être testé en amont.
41:00Et c'est un produit qui va avec d'autres actions.
41:02Vous l'expliquiez très bien tout à l'heure.
41:04Ce n'est pas juste un produit qui va faire le job.
41:06Emmanuel nous dit, heureusement, nous avons encore des endroits
41:08où les citoyens et citoyennes se battent pour la biodiversité.
41:11Des agriculteurs et habitants de mon village se sont battus pour le remembrement en 1980.
41:15Et maintenant, nous sommes reconnus pour nos haies bocagères.
41:17Nos pare-brises collectionnent les insectes.
41:19Et de temps en temps, nous revoyons les vers luisants et aneuthons.
41:22Le combat continue, dit-elle.
41:24Oui, effectivement, c'est ça qui est dans une certaine mesure, malgré tout, rassurant.
41:27C'est qu'il y a des personnes qui ont parfaitement pris conscience de ça.
41:31Et là, c'est typiquement un exemple de changement transformateur.
41:33Des administrés, une commune, des agriculteurs qui se mettent ensemble pour aller de l'avant.
41:37Un message moins joyeux de Martine.
41:39J'habite dans une jolie vallée sévenole, loin des villes et villages.
41:42Depuis une quinzaine d'années, j'ai remarqué qu'il y avait de moins en moins d'insectes.
41:44Ça ne fait que s'accentuer.
41:46Cette année, ce fut le pire.
41:47Pas un frelon, pas une guêpe, très peu de papillons, une ou deux cigales.
41:49Pas de grillons le soir, pas de sauterelles.
41:51On a l'impression d'une vallée maudite.
41:53Et cet été, pas un chant d'oiseaux, je suis désespéré, dit-elle.
41:58C'est vraiment le printemps silencieux.
41:59Ou l'été silencieux.
42:00On y est.
42:01Et on n'a pas du tout retenu les leçons, finalement, des alarmes qui ont été lancées il y a quelques décennies.
42:07Dans lesquelles on parlait, par exemple, de l'effet du DDT.
42:09Un insecticide organochloré qui date déjà.
42:13Et enfin, Gilles nous dit, comment légiférer contre le transport des espèces exotiques ?
42:17Alors, c'est compliqué parce que les espèces exotiques, elles vont de pair avec l'augmentation de nos transports, 1000% en 50 ans.
42:24Et donc, évidemment, ce sont des passagers clandestins la plupart du temps.
42:27Donc, on fait des contrôles.
42:28Il y en a énormément.
42:29Des contrôles douaniers, des contrôles sanitaires.
42:32Et puis, surtout, et c'est là peut-être où le bas blesse, surtout, c'est au moment de l'éradication des têtes de pont.
42:38Le frelon asiatique, il y a 20 ans, on aurait pu empêcher qu'il s'établisse en Europe.
42:43On a attendu 20 ans pour produire une loi au Sénat.
42:46La même chose aujourd'hui avec des fourmis invasives qu'on trouve dans le sud de la France
42:51et pour lesquelles, à ma connaissance, aucune collectivité ne fait rien.
42:54Et c'est trop tard aujourd'hui ?
42:55C'est peut-être pas encore trop tard.
42:57Donc, faisons attention à ce type de problème quand il commence.
43:01Merci Philippe Grancola.
43:02La biodiversité Urgence Planète, c'est aux éditions Talendier.
43:06Merci beaucoup d'être venu nous en parler aujourd'hui.
43:09Merci.
43:10Merci à Jean-Philippe Verret qui a préparé ce dossier.
43:13Et Emma Bouvier, merci à Loïc Frapsos à La Technique,
43:17Lucie Safati pour la coordination de l'émission
43:19et Jérôme Boulet qui réalisait cette terre au carré.
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