00:0015h45, justement, tiens, il vient de nous rejoindre, Franklin Pichard pour Kipping Finance.
00:04Bonjour Franklin.
00:05Bonjour Guillaume.
00:05Bienvenue. Vous allez rendre votre verdict là face au marché et le prononcer.
00:08Ce moment qu'on va vivre ensemble et ce verdict que vous allez rendre, est-ce que vous l'assumez
00:11?
00:12Oui, je l'assume totalement.
00:13On vous écoute.
00:15Eh bien, je pense que les bonnes publications du premier trimestre ne sauveront pas le second trimestre.
00:23Les bonnes publications du premier trimestre ne sauveront pas le trimestre en cours.
00:26Alors, pourquoi vous pensez que c'est vrai que ces bonnes publications du premier trimestre
00:30qui tendent à rassurer le marché, quelque part sont passées
00:34et que peut-être le meilleur en termes de publication de l'année,
00:36le meilleur de l'année est peut-être d'ores et déjà derrière nous ?
00:38Oui, on pense là, on peut faire un point d'étape.
00:42On a eu 84% des publications qui ont été supérieures aux attentes.
00:48Elles ont été portées par des résultats bien, bien meilleurs qu'attendus et prévus par les analystes.
00:56En croissance des bénéfices du MSCI Europe, cette croissance annualisée atteint 5,6% sur les publications T1 annualisées,
01:09alors que les analystes attendaient 2,6%.
01:12Donc, ils ont couru, et les investisseurs derrière eux, ont couru après les titres et les bons résultats
01:18pour acheter les valeurs qu'ils ne détenaient pas.
01:22Et dans ce contexte-là, effectivement, sur le papier, c'est très beau,
01:29mais derrière ça, on commence à entendre, à lire de la part et d'autre que ces projections des investisseurs
01:39sont un petit peu trop optimistes, peut-être,
01:42et que ce sera très difficile de dupliquer ça au cours du deuxième trimestre.
01:47Donc, les investisseurs, les analystes n'étaient pas assez optimistes au premier trimestre ?
01:51Les entreprises ont fait mieux qu'attendu, bon, ils n'étaient pas assez optimistes,
01:55ils ne restent peut-être pas assez optimistes, en tout cas pas optimistes pour la suite.
01:57Ils se disent que ça y est, voilà, super premier trimestre, mais ça ne durera pas, ça ne pourra pas
02:01durer dans le contexte actuel.
02:02Voilà, exactement.
02:04C'est-à-dire, attention, là, on se précipite, on achète,
02:07on paye très très cher certains secteurs, certaines valeurs,
02:09mais il sera très très difficile de maintenir sur un rythme annualisé de 5,6%,
02:15parce qu'on aura quand même les effets de la guerre en Iran,
02:20qui se feront sentir beaucoup plus de façon ténue dans les résultats des entreprises,
02:28sur leurs marges, sur le coût du financement, etc.
02:31Parce qu'elles durent, on est au 74e jour aujourd'hui,
02:34on nous disait au début 3-4 semaines, on est dans le troisième mois,
02:37et on ne voit pas de sortie de secours encore dans ce conflit.
02:40Eh bien, on ne voit rien, justement, et pourtant, quand on regarde les indices,
02:45on voit que le Nasdaq caracole et attaque sa sixième,
02:50enfin, a clôturé sa sixième hausse hebdomadaire,
02:54on voit que les valeurs techno continuent d'être très très entourées.
03:02En fait, on est confronté à ces fameux acronymes TINA et FOMO.
03:09TINA, c'est « j'ai pas d'autre choix, il faut que j'y sois, j'ai peur d
03:13'avoir raté le train,
03:14j'ai peur d'être resté à côté, et j'y vais maintenant.
03:17J'y vais maintenant, même si c'est cher. »
03:19Et le deuxième FOMO, c'est donc la peur de rater quelque chose.
03:23Entre ne pas être dedans et peur de rater quelque chose,
03:26pousse les investisseurs à prendre un risque plus accentué, plus fort,
03:32en rentrant sur des valeurs qui sont très très chères maintenant,
03:35et qui devraient continuer vraisemblablement à délivrer,
03:40mais où on voit apparaître quand même des signes un petit peu d'essoufflement
03:44sur le marché en général.
03:46Est-ce que s'il n'y avait pas de perspective de plus d'inflation,
03:49les marchés auraient raison de monter, les investisseurs d'acheter,
03:52ou est-ce que, justement, quand on voit l'inflation au contraire réaccélérer,
03:56on a un chiffre des prix à la consommation aux États-Unis,
03:57supérieur aux attentes au mois d'avril,
03:59et on voit que cette hausse des prix, elle se diffuse au-delà des seuls prix de l'essence,
04:02est-ce que là, on se dit, justement, que c'est cette inflation,
04:04ce retour d'inflation qui pourrait manger le potentiel en bourgeois ?
04:07Oui, et ça soulève un autre problème.
04:09Dans les nouvelles optimistes que les investisseurs jouaient,
04:13c'était de dire « l'inflation sera très temporaire, ça ne durera pas ».
04:17Et on voit qu'aujourd'hui, on distille une musique qui est de dire
04:21« elle est peut-être plus forte là encore qu'anticipée »,
04:25et puis de temporaire, elle le sera sûrement,
04:28mais vraisemblablement beaucoup plus longtemps encore.
04:31Bon, quel secteur, quelle valeur pour la suite, pour compléter un peu le tableau ?
04:36Écoutez, pour compléter le tableau, heureusement, on voit.
04:39Alors, il y a des secteurs, curieusement, qui n'ont pas du tout été,
04:42qui n'ont pas joué leur rôle.
04:44Quand on regarde le secteur de la santé,
04:46le secteur de la santé avait baissé au moment où les marchés baissaient,
04:51et ne s'est absolument pas ressaisi.
04:53Donc, en général, quand on parle de protection un petit peu,
04:57on se dit qu'on va aller sur des valeurs refuge comme la santé.
05:00Eh bien, aujourd'hui, non.
05:02Au contraire, beaucoup de grandes maisons disent
05:06« attention, restez à l'écart ».
05:08Si maintenant, on répond à votre question…
05:10Malgré l'antavirus, parce qu'avec l'antavirus,
05:12hier, on a vu les valeurs de santé pas mal progresser.
05:14Le marché, c'est dit, a commencé à spéculer sur le fait
05:16qu'il y aurait de nouveaux besoins en santé,
05:17compte tenu de ce nouveau virus.
05:19Voilà, les quelques morts qu'il y a eu.
05:20Et on rappelle, une vingtaine de cas contacts en France,
05:23mais ces 20 contacts viennent tous du bateau,
05:26ou sont liés au navire.
05:27Mais voilà, sur les marchés, il y a eu un mouvement spéculatif hier
05:30en faveur du segment de la santé, du fait de l'antavirus.
05:32Dès aujourd'hui, on se repart à la baisse.
05:34On a dès aujourd'hui un retour à une respiration,
05:37à des prises de bénéfices sur Novacide, sur Biocinex,
05:39sur Sanofi aussi, qui a gagné 1%.
05:42Aujourd'hui, Sanofi reperde d'ores et déjà 1%.
05:44Oui, c'est ça.
05:44Mais en face de cet élément très conjoncturel,
05:49les analystes vous disent « le secteur de la santé
05:51est très corrélé au dollar, et on ne voit pas forcément
05:54le dollar rebondir, donc ça n'est pas bon ».
05:56Et les investisseurs se disent « aujourd'hui, sur la santé,
05:59finalement, c'est assez décevant.
06:01Et est-ce qu'il n'y a pas, pour répondre à Antoine,
06:04est-ce qu'il n'y a pas d'autres secteurs sur lesquels
06:05on peut se reporter ? »
06:07Alors oui, il y a les technologies quand même.
06:09On peut jouer sur du long terme.
06:11On peut jouer des titres comme ASML ou STMicro,
06:13même si STMicro est très suracheté,
06:16donc il faut également là aussi se méfier.
06:19Il y a la Défense avec des titres comme Thalès,
06:22comme Safran, comme Airbus.
06:23Vous pouvez aller aussi sur l'énergie avec du Schneider,
06:27avec du Legrand, avec Bouygues pour jouer Coins
06:29à l'intérieur de Bouygues, qui est la pépite du groupe maintenant.
06:33Et puis les infrastructures, vous pouvez jouer Saint-Gobain.
06:36Et toujours pareil, sur des matières premières,
06:39pouvoir jouer du Valorek ou du ArcelorMittal.
06:42Voilà des pistes qui permettent aujourd'hui de se diversifier.
06:47Et puis l'IA n'est pas achetée.
06:49Enfin, vous avez eu l'occasion de les commenter depuis longtemps.
06:53Aux États-Unis, les investissements en matière d'IA,
06:57c'est 700 milliards de dollars.
06:58Donc ça va porter beaucoup d'éléments.
07:01Ce que nous disent aussi beaucoup de stratégistes et d'économistes,
07:05c'est qu'il faudra peut-être même quand même encore être,
07:08là encore, mieux orientés et s'orienter sur les États-Unis
07:12plutôt que sur la zone euro.
07:14C'est elle qui devrait mieux passer la crise que les marchés européens.
07:18Alors, vous le disiez, le segment tech fait vraiment exception.
07:21C'est lui qui porte Wall Street quand même toutes ces dernières semaines.
07:24Et en Europe, c'est l'un des secteurs qui cartonnent depuis quelques semaines aussi.
07:28Comment faire ruisseler l'argent de la tech, l'argent de l'IA ?
07:31En Corée du Sud, les autorités envisagent de reverser directement aux consommateurs,
07:37directement aux consommateurs, une partie des recettes fiscales
07:39issues du boom de l'IA, toutes ces valeurs qui gagnent Samsung sur un an 300%,
07:44SKNX dans la mémoire sur un an, SKNX plus 800% en bourse.
07:48Eh bien, les recettes fiscales associées à ce boom,
07:51des bénéfices de Samsung et SKNX seraient reversés directement aux consommateurs.
07:56Ce sont des préoccupations de riches et des possibilités des solutions de riches.
07:59Je ne crois pas qu'on puisse avoir ce genre de décision prise par notre gouvernement actuel.
08:08Je pense qu'on peut laisser ça aux autres.
08:09Hélas, on n'est pas dans une situation où on peut se permettre ce genre de choses.
08:13Parce qu'on n'a pas d'entreprise qui génère autant de bénéfices qu'eux.
08:16D'accord.
08:16Donc les surplus de recettes fiscales ne sont pas là.
08:18Et puis même si on les avait, on le voit avec Total, on ne peut pas leur prendre.
08:21Oui.
08:22Et l'essentiel des bénéfices de Total, en plus, sont réalisés ailleurs, à l'étranger.
08:25Oui. Donc c'est matériellement impossible pour un pays comme la France.
08:28Ce ne serait pas possible d'appliquer les mêmes mesures.
08:30En tout cas, les mêmes mesures n'auraient pas les mêmes impacts positifs pour le consommateur.
08:33Mais c'est intéressant de voir. En Corée, ils cherchent des idées comme ça.
08:35Parce qu'évidemment, la population sud-coréenne, elle voit ses valeurs boursières s'envoler,
08:39exploser à la hausse, les bénéfices de Samsung et SKNX exploser à la hausse.
08:43Qu'est-ce qu'on en fait de tout ça pour la société ?
08:45Et donc le gouvernement envisage de reverser directement les recettes fiscales.
08:49Il ne s'agirait pas du tout d'une taxe exceptionnelle sur les profits.
08:51Non, non, c'est les taxes normaux.
08:52On garde le même taxe normal, on garde le même niveau d'imposition.
08:56Mais comme les bénéfices sont énormes, les taxes, les recettes fiscales de l'État seront énormes aussi.
09:00Mais il compte l'État les reverser directement aux consommateurs.
09:03Ça fait arriver.
09:05Oui. Je vous sens aigri là-dessus.
09:07On aimerait être dans leur situation, c'est ça ?
09:08Non, non.
09:09On aimerait être sud-coréen.
09:11Pardon ?
09:11On aimerait être sud-coréen.
09:12Ça peut être une idée aussi pour Donald Trump.
09:14Tiens, que faire des recettes fiscales liées à l'intelligence artificielle
09:16ou boum, des cètes magnifiques, ça peut lui apporter une idée ?
09:18Les reverser, pourquoi pas, aux consommateurs américains ?
09:21Ça pourrait être peut-être plus envisageable aux États-Unis qu'en France, c'est certain.
09:26Vous êtes malheureux d'être français, Franklin, là.
09:28Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui ne va pas ?
09:30Non, non, je ne suis pas malheureux d'être français, Guillaume.
09:33Non, non, tout va bien, mais je pense aujourd'hui...
09:35C'est de nouvelles idées qui émergent.
09:36C'est de nouvelles idées qui émergent et vous vous cantonnez à nous dire
09:38« Non, mais en France, on ne pourra pas ».
09:39Expliquez-nous, allez plus loin, pourquoi on ne peut pas en France ?
09:42Pourquoi on doit réfléchir autrement que les sud-coréens ou les américains sur ces questions ?
09:45On a un déficit, on perd de l'argent, on n'a pas de solution,
09:51on n'arrive même pas à aider aujourd'hui les plus pauvres avec des mesures beaucoup moins importantes.
09:59Je pense qu'on est dans une situation de blocage, mais objective,
10:02qui ne permet pas de faire ce genre de choses.
10:05Oui, parce que beaucoup de dettes, parce que l'État a besoin de garder cet argent et de l'utiliser
10:09lui-même.
10:10Aux États-Unis aussi, ils ont le sacré dettes et le sacré déficit.
10:13Ah oui, mais eux, ils ont une planche à billets qui peut faire tourner beaucoup plus facilement.
10:16Oui, oui, assez dure, assez dure.
10:17La situation, elle est difficile en ce moment pour nous, Européens.
10:20Heureusement, on a encore la plus vieille banque du monde, encore active.
10:23Elle est européenne et elle le restera.
10:24On lui souhaite longue vie.
10:26Banca Monte dei Paschi di Siena, créée en 1472, cotée à la bourse de Milan.
10:31Il se trouve que Banca Monte dei Paschi di Siena, créée il y a maintenant plus de cinq siècles,
10:36a publié ses résultats.
10:38Ça donne quoi ?
10:39On est prêt à investir comme ça dans la plus vieille dame d'Europe sur le secteur bancaire ?
10:44On a de belles banques en Europe.
10:46Sincèrement, on ne la suit pas.
10:48J'ai eu l'occasion de m'exprimer il y a quelques semaines ici sur le secteur bancaire.
10:53C'est un secteur dont on se méfie un petit peu.
10:56Quand même, le crédit est de plus en plus cher, tant pour les particuliers que pour les entreprises.
11:00On voit que les banques sont peut-être les premières à réagir et à imaginer qu'il y a des
11:05nuages un peu sombres qui se dessinent au loin.
11:09Et est-ce que nos banques françaises, pour parler de celles qu'on connaît, que les investisseurs achètent,
11:15si on prend les trois, BNP, Soxgen ou Crédit Agricole,
11:18on voit qu'on est quand même au moins à 10% pour les deux d'entre elles des plus
11:22hauts,
11:23que ça patine, qu'elles se sont bien reprises après la dégringolade.
11:27Mais je pense qu'aujourd'hui, là encore, vous allez me trouver un petit peu pessimiste,
11:33mais je pense que les problèmes sont quand même encore devant nous.
11:37Et je pense que dans cet environnement, les banques françaises ou européennes sont les plus exposées.
11:44Alors, ce qui concerne une banque du 15e siècle, je ne doute pas de ses qualités et de ses trésors
11:49de guerre.
11:50Mais je pense qu'aujourd'hui, la préoccupation des investisseurs, c'est de se dire,
11:54est-ce que là encore, c'est un secteur sur lequel je peux m'appuyer pour faire ma performance de
12:00l'année ?
12:00Je ne pense pas.
12:02Bon, cette valeur, en tout cas, Banca Montepaquis di Siena, gagne 2% aujourd'hui dans une Europe qui recule.
12:06Voilà, une banque de la Renaissance qui aujourd'hui émerge en Europe.
12:11C'est intéressant quand même.
12:12Une banque qui a franchi toutes les crises, y compris la crise Lehman de 2008.
12:17On peut la visiter, parce qu'il se trouve que cette banque, c'est intéressant quand même de regarder l
12:21'histoire de cette banque.
12:23En fait, à sa création, elle acceptait, cette banque, les objets du quotidien comme garantie pour prêter de l'argent.
12:28Vous pouviez y mettre vos vêtements, vos ustensiles, et elle vous prêtait de l'argent.
12:31Avec les siècles qui sont passés, mine de rien aujourd'hui, cette banque recèle l'une des collections d'œuvres
12:36d'art les plus prestigieuses d'Europe qu'on peut visiter.
12:39C'est à Sienne.
12:40Voilà, mais bon, je ne me serai pas convaincu du tout.
12:44Ça fait une bonne idée de visite en vacances.
12:47Ah non, ça va, oui, pour la visite, je suis convaincu.
12:49Il n'y a pas de problème.
12:50Vaut mieux aller visiter cette banque que l'avoir en portefeuille, c'est votre idée.
12:53Bon, ok, ok.
12:54Merci beaucoup, Franklin.
12:55Franklin Pichard pour Kikling Finance.
12:56Bon retour.
12:57Au revoir.
12:57– Sous-titrage FR 2021
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