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  • il y a 7 heures
Ce mardi 12 mai, Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finance, s'est penché sur l'anticipation d’une difficulté au 2e trimestre pour les publications, la hausse de l'inflation, le bilan des publications des entreprises européennes et américaines, le projet des autorités en Corée du Sud d'instaurer un dividende citoyen issu du boom de l'IA, ainsi que les publications européennes à suivre cette semaine, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.


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Transcription
00:0015h45, justement, tiens, il vient de nous rejoindre, Franklin Pichard pour Kipping Finance.
00:04Bonjour Franklin.
00:05Bonjour Guillaume.
00:05Bienvenue. Vous allez rendre votre verdict là face au marché et le prononcer.
00:08Ce moment qu'on va vivre ensemble et ce verdict que vous allez rendre, est-ce que vous l'assumez
00:11?
00:12Oui, je l'assume totalement.
00:13On vous écoute.
00:15Eh bien, je pense que les bonnes publications du premier trimestre ne sauveront pas le second trimestre.
00:23Les bonnes publications du premier trimestre ne sauveront pas le trimestre en cours.
00:26Alors, pourquoi vous pensez que c'est vrai que ces bonnes publications du premier trimestre
00:30qui tendent à rassurer le marché, quelque part sont passées
00:34et que peut-être le meilleur en termes de publication de l'année,
00:36le meilleur de l'année est peut-être d'ores et déjà derrière nous ?
00:38Oui, on pense là, on peut faire un point d'étape.
00:42On a eu 84% des publications qui ont été supérieures aux attentes.
00:48Elles ont été portées par des résultats bien, bien meilleurs qu'attendus et prévus par les analystes.
00:56En croissance des bénéfices du MSCI Europe, cette croissance annualisée atteint 5,6% sur les publications T1 annualisées,
01:09alors que les analystes attendaient 2,6%.
01:12Donc, ils ont couru, et les investisseurs derrière eux, ont couru après les titres et les bons résultats
01:18pour acheter les valeurs qu'ils ne détenaient pas.
01:22Et dans ce contexte-là, effectivement, sur le papier, c'est très beau,
01:29mais derrière ça, on commence à entendre, à lire de la part et d'autre que ces projections des investisseurs
01:39sont un petit peu trop optimistes, peut-être,
01:42et que ce sera très difficile de dupliquer ça au cours du deuxième trimestre.
01:47Donc, les investisseurs, les analystes n'étaient pas assez optimistes au premier trimestre ?
01:51Les entreprises ont fait mieux qu'attendu, bon, ils n'étaient pas assez optimistes,
01:55ils ne restent peut-être pas assez optimistes, en tout cas pas optimistes pour la suite.
01:57Ils se disent que ça y est, voilà, super premier trimestre, mais ça ne durera pas, ça ne pourra pas
02:01durer dans le contexte actuel.
02:02Voilà, exactement.
02:04C'est-à-dire, attention, là, on se précipite, on achète,
02:07on paye très très cher certains secteurs, certaines valeurs,
02:09mais il sera très très difficile de maintenir sur un rythme annualisé de 5,6%,
02:15parce qu'on aura quand même les effets de la guerre en Iran,
02:20qui se feront sentir beaucoup plus de façon ténue dans les résultats des entreprises,
02:28sur leurs marges, sur le coût du financement, etc.
02:31Parce qu'elles durent, on est au 74e jour aujourd'hui,
02:34on nous disait au début 3-4 semaines, on est dans le troisième mois,
02:37et on ne voit pas de sortie de secours encore dans ce conflit.
02:40Eh bien, on ne voit rien, justement, et pourtant, quand on regarde les indices,
02:45on voit que le Nasdaq caracole et attaque sa sixième,
02:50enfin, a clôturé sa sixième hausse hebdomadaire,
02:54on voit que les valeurs techno continuent d'être très très entourées.
03:02En fait, on est confronté à ces fameux acronymes TINA et FOMO.
03:09TINA, c'est « j'ai pas d'autre choix, il faut que j'y sois, j'ai peur d
03:13'avoir raté le train,
03:14j'ai peur d'être resté à côté, et j'y vais maintenant.
03:17J'y vais maintenant, même si c'est cher. »
03:19Et le deuxième FOMO, c'est donc la peur de rater quelque chose.
03:23Entre ne pas être dedans et peur de rater quelque chose,
03:26pousse les investisseurs à prendre un risque plus accentué, plus fort,
03:32en rentrant sur des valeurs qui sont très très chères maintenant,
03:35et qui devraient continuer vraisemblablement à délivrer,
03:40mais où on voit apparaître quand même des signes un petit peu d'essoufflement
03:44sur le marché en général.
03:46Est-ce que s'il n'y avait pas de perspective de plus d'inflation,
03:49les marchés auraient raison de monter, les investisseurs d'acheter,
03:52ou est-ce que, justement, quand on voit l'inflation au contraire réaccélérer,
03:56on a un chiffre des prix à la consommation aux États-Unis,
03:57supérieur aux attentes au mois d'avril,
03:59et on voit que cette hausse des prix, elle se diffuse au-delà des seuls prix de l'essence,
04:02est-ce que là, on se dit, justement, que c'est cette inflation,
04:04ce retour d'inflation qui pourrait manger le potentiel en bourgeois ?
04:07Oui, et ça soulève un autre problème.
04:09Dans les nouvelles optimistes que les investisseurs jouaient,
04:13c'était de dire « l'inflation sera très temporaire, ça ne durera pas ».
04:17Et on voit qu'aujourd'hui, on distille une musique qui est de dire
04:21« elle est peut-être plus forte là encore qu'anticipée »,
04:25et puis de temporaire, elle le sera sûrement,
04:28mais vraisemblablement beaucoup plus longtemps encore.
04:31Bon, quel secteur, quelle valeur pour la suite, pour compléter un peu le tableau ?
04:36Écoutez, pour compléter le tableau, heureusement, on voit.
04:39Alors, il y a des secteurs, curieusement, qui n'ont pas du tout été,
04:42qui n'ont pas joué leur rôle.
04:44Quand on regarde le secteur de la santé,
04:46le secteur de la santé avait baissé au moment où les marchés baissaient,
04:51et ne s'est absolument pas ressaisi.
04:53Donc, en général, quand on parle de protection un petit peu,
04:57on se dit qu'on va aller sur des valeurs refuge comme la santé.
05:00Eh bien, aujourd'hui, non.
05:02Au contraire, beaucoup de grandes maisons disent
05:06« attention, restez à l'écart ».
05:08Si maintenant, on répond à votre question…
05:10Malgré l'antavirus, parce qu'avec l'antavirus,
05:12hier, on a vu les valeurs de santé pas mal progresser.
05:14Le marché, c'est dit, a commencé à spéculer sur le fait
05:16qu'il y aurait de nouveaux besoins en santé,
05:17compte tenu de ce nouveau virus.
05:19Voilà, les quelques morts qu'il y a eu.
05:20Et on rappelle, une vingtaine de cas contacts en France,
05:23mais ces 20 contacts viennent tous du bateau,
05:26ou sont liés au navire.
05:27Mais voilà, sur les marchés, il y a eu un mouvement spéculatif hier
05:30en faveur du segment de la santé, du fait de l'antavirus.
05:32Dès aujourd'hui, on se repart à la baisse.
05:34On a dès aujourd'hui un retour à une respiration,
05:37à des prises de bénéfices sur Novacide, sur Biocinex,
05:39sur Sanofi aussi, qui a gagné 1%.
05:42Aujourd'hui, Sanofi reperde d'ores et déjà 1%.
05:44Oui, c'est ça.
05:44Mais en face de cet élément très conjoncturel,
05:49les analystes vous disent « le secteur de la santé
05:51est très corrélé au dollar, et on ne voit pas forcément
05:54le dollar rebondir, donc ça n'est pas bon ».
05:56Et les investisseurs se disent « aujourd'hui, sur la santé,
05:59finalement, c'est assez décevant.
06:01Et est-ce qu'il n'y a pas, pour répondre à Antoine,
06:04est-ce qu'il n'y a pas d'autres secteurs sur lesquels
06:05on peut se reporter ? »
06:07Alors oui, il y a les technologies quand même.
06:09On peut jouer sur du long terme.
06:11On peut jouer des titres comme ASML ou STMicro,
06:13même si STMicro est très suracheté,
06:16donc il faut également là aussi se méfier.
06:19Il y a la Défense avec des titres comme Thalès,
06:22comme Safran, comme Airbus.
06:23Vous pouvez aller aussi sur l'énergie avec du Schneider,
06:27avec du Legrand, avec Bouygues pour jouer Coins
06:29à l'intérieur de Bouygues, qui est la pépite du groupe maintenant.
06:33Et puis les infrastructures, vous pouvez jouer Saint-Gobain.
06:36Et toujours pareil, sur des matières premières,
06:39pouvoir jouer du Valorek ou du ArcelorMittal.
06:42Voilà des pistes qui permettent aujourd'hui de se diversifier.
06:47Et puis l'IA n'est pas achetée.
06:49Enfin, vous avez eu l'occasion de les commenter depuis longtemps.
06:53Aux États-Unis, les investissements en matière d'IA,
06:57c'est 700 milliards de dollars.
06:58Donc ça va porter beaucoup d'éléments.
07:01Ce que nous disent aussi beaucoup de stratégistes et d'économistes,
07:05c'est qu'il faudra peut-être même quand même encore être,
07:08là encore, mieux orientés et s'orienter sur les États-Unis
07:12plutôt que sur la zone euro.
07:14C'est elle qui devrait mieux passer la crise que les marchés européens.
07:18Alors, vous le disiez, le segment tech fait vraiment exception.
07:21C'est lui qui porte Wall Street quand même toutes ces dernières semaines.
07:24Et en Europe, c'est l'un des secteurs qui cartonnent depuis quelques semaines aussi.
07:28Comment faire ruisseler l'argent de la tech, l'argent de l'IA ?
07:31En Corée du Sud, les autorités envisagent de reverser directement aux consommateurs,
07:37directement aux consommateurs, une partie des recettes fiscales
07:39issues du boom de l'IA, toutes ces valeurs qui gagnent Samsung sur un an 300%,
07:44SKNX dans la mémoire sur un an, SKNX plus 800% en bourse.
07:48Eh bien, les recettes fiscales associées à ce boom,
07:51des bénéfices de Samsung et SKNX seraient reversés directement aux consommateurs.
07:56Ce sont des préoccupations de riches et des possibilités des solutions de riches.
07:59Je ne crois pas qu'on puisse avoir ce genre de décision prise par notre gouvernement actuel.
08:08Je pense qu'on peut laisser ça aux autres.
08:09Hélas, on n'est pas dans une situation où on peut se permettre ce genre de choses.
08:13Parce qu'on n'a pas d'entreprise qui génère autant de bénéfices qu'eux.
08:16D'accord.
08:16Donc les surplus de recettes fiscales ne sont pas là.
08:18Et puis même si on les avait, on le voit avec Total, on ne peut pas leur prendre.
08:21Oui.
08:22Et l'essentiel des bénéfices de Total, en plus, sont réalisés ailleurs, à l'étranger.
08:25Oui. Donc c'est matériellement impossible pour un pays comme la France.
08:28Ce ne serait pas possible d'appliquer les mêmes mesures.
08:30En tout cas, les mêmes mesures n'auraient pas les mêmes impacts positifs pour le consommateur.
08:33Mais c'est intéressant de voir. En Corée, ils cherchent des idées comme ça.
08:35Parce qu'évidemment, la population sud-coréenne, elle voit ses valeurs boursières s'envoler,
08:39exploser à la hausse, les bénéfices de Samsung et SKNX exploser à la hausse.
08:43Qu'est-ce qu'on en fait de tout ça pour la société ?
08:45Et donc le gouvernement envisage de reverser directement les recettes fiscales.
08:49Il ne s'agirait pas du tout d'une taxe exceptionnelle sur les profits.
08:51Non, non, c'est les taxes normaux.
08:52On garde le même taxe normal, on garde le même niveau d'imposition.
08:56Mais comme les bénéfices sont énormes, les taxes, les recettes fiscales de l'État seront énormes aussi.
09:00Mais il compte l'État les reverser directement aux consommateurs.
09:03Ça fait arriver.
09:05Oui. Je vous sens aigri là-dessus.
09:07On aimerait être dans leur situation, c'est ça ?
09:08Non, non.
09:09On aimerait être sud-coréen.
09:11Pardon ?
09:11On aimerait être sud-coréen.
09:12Ça peut être une idée aussi pour Donald Trump.
09:14Tiens, que faire des recettes fiscales liées à l'intelligence artificielle
09:16ou boum, des cètes magnifiques, ça peut lui apporter une idée ?
09:18Les reverser, pourquoi pas, aux consommateurs américains ?
09:21Ça pourrait être peut-être plus envisageable aux États-Unis qu'en France, c'est certain.
09:26Vous êtes malheureux d'être français, Franklin, là.
09:28Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui ne va pas ?
09:30Non, non, je ne suis pas malheureux d'être français, Guillaume.
09:33Non, non, tout va bien, mais je pense aujourd'hui...
09:35C'est de nouvelles idées qui émergent.
09:36C'est de nouvelles idées qui émergent et vous vous cantonnez à nous dire
09:38« Non, mais en France, on ne pourra pas ».
09:39Expliquez-nous, allez plus loin, pourquoi on ne peut pas en France ?
09:42Pourquoi on doit réfléchir autrement que les sud-coréens ou les américains sur ces questions ?
09:45On a un déficit, on perd de l'argent, on n'a pas de solution,
09:51on n'arrive même pas à aider aujourd'hui les plus pauvres avec des mesures beaucoup moins importantes.
09:59Je pense qu'on est dans une situation de blocage, mais objective,
10:02qui ne permet pas de faire ce genre de choses.
10:05Oui, parce que beaucoup de dettes, parce que l'État a besoin de garder cet argent et de l'utiliser
10:09lui-même.
10:10Aux États-Unis aussi, ils ont le sacré dettes et le sacré déficit.
10:13Ah oui, mais eux, ils ont une planche à billets qui peut faire tourner beaucoup plus facilement.
10:16Oui, oui, assez dure, assez dure.
10:17La situation, elle est difficile en ce moment pour nous, Européens.
10:20Heureusement, on a encore la plus vieille banque du monde, encore active.
10:23Elle est européenne et elle le restera.
10:24On lui souhaite longue vie.
10:26Banca Monte dei Paschi di Siena, créée en 1472, cotée à la bourse de Milan.
10:31Il se trouve que Banca Monte dei Paschi di Siena, créée il y a maintenant plus de cinq siècles,
10:36a publié ses résultats.
10:38Ça donne quoi ?
10:39On est prêt à investir comme ça dans la plus vieille dame d'Europe sur le secteur bancaire ?
10:44On a de belles banques en Europe.
10:46Sincèrement, on ne la suit pas.
10:48J'ai eu l'occasion de m'exprimer il y a quelques semaines ici sur le secteur bancaire.
10:53C'est un secteur dont on se méfie un petit peu.
10:56Quand même, le crédit est de plus en plus cher, tant pour les particuliers que pour les entreprises.
11:00On voit que les banques sont peut-être les premières à réagir et à imaginer qu'il y a des
11:05nuages un peu sombres qui se dessinent au loin.
11:09Et est-ce que nos banques françaises, pour parler de celles qu'on connaît, que les investisseurs achètent,
11:15si on prend les trois, BNP, Soxgen ou Crédit Agricole,
11:18on voit qu'on est quand même au moins à 10% pour les deux d'entre elles des plus
11:22hauts,
11:23que ça patine, qu'elles se sont bien reprises après la dégringolade.
11:27Mais je pense qu'aujourd'hui, là encore, vous allez me trouver un petit peu pessimiste,
11:33mais je pense que les problèmes sont quand même encore devant nous.
11:37Et je pense que dans cet environnement, les banques françaises ou européennes sont les plus exposées.
11:44Alors, ce qui concerne une banque du 15e siècle, je ne doute pas de ses qualités et de ses trésors
11:49de guerre.
11:50Mais je pense qu'aujourd'hui, la préoccupation des investisseurs, c'est de se dire,
11:54est-ce que là encore, c'est un secteur sur lequel je peux m'appuyer pour faire ma performance de
12:00l'année ?
12:00Je ne pense pas.
12:02Bon, cette valeur, en tout cas, Banca Montepaquis di Siena, gagne 2% aujourd'hui dans une Europe qui recule.
12:06Voilà, une banque de la Renaissance qui aujourd'hui émerge en Europe.
12:11C'est intéressant quand même.
12:12Une banque qui a franchi toutes les crises, y compris la crise Lehman de 2008.
12:17On peut la visiter, parce qu'il se trouve que cette banque, c'est intéressant quand même de regarder l
12:21'histoire de cette banque.
12:23En fait, à sa création, elle acceptait, cette banque, les objets du quotidien comme garantie pour prêter de l'argent.
12:28Vous pouviez y mettre vos vêtements, vos ustensiles, et elle vous prêtait de l'argent.
12:31Avec les siècles qui sont passés, mine de rien aujourd'hui, cette banque recèle l'une des collections d'œuvres
12:36d'art les plus prestigieuses d'Europe qu'on peut visiter.
12:39C'est à Sienne.
12:40Voilà, mais bon, je ne me serai pas convaincu du tout.
12:44Ça fait une bonne idée de visite en vacances.
12:47Ah non, ça va, oui, pour la visite, je suis convaincu.
12:49Il n'y a pas de problème.
12:50Vaut mieux aller visiter cette banque que l'avoir en portefeuille, c'est votre idée.
12:53Bon, ok, ok.
12:54Merci beaucoup, Franklin.
12:55Franklin Pichard pour Kikling Finance.
12:56Bon retour.
12:57Au revoir.
12:57– Sous-titrage FR 2021
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