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  • il y a 12 heures
Ce mardi 10 février, dans son édito, Raphaël Legendre a abordé les raisons de penser à une continuité de l'État assurée par les proches d'Emmanuel Macron jusqu'en 2032. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Laure Closier sur BFM Business.

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Transcription
00:006h48, retour de la matinale de l'économie.
00:03Deux mouvements importants hier du côté des nominations.
00:05Le gouverneur de la Banque de France qui a annoncé qu'il quitterait ses fonctions en juin,
00:09c'est un an avant ce qui s'était prévu.
00:11Et Amélie de Montchalin qui va remplacer Pierre Moscovici à la Cour des Comptes.
00:14Raphaël Lejean, ça sent le recasage avant la présidentielle.
00:18Oui c'est simple, Emmanuel Macron est en train de verrouiller
00:21tous les postes les plus sensibles de la haute administration publique avant 2027.
00:26Est-ce que c'est pour l'arrivée du RN ?
00:28Est-ce que c'est la crainte de voir Jean-Luc Mélenchon arriver au pouvoir ?
00:31Peu importe, quelle que soit l'alternance, si alternance il y a,
00:35la continuité de l'État, comme on dit, sera assurée par de très proches du président de la République
00:40jusqu'à la prochaine présidentielle, celle de 2032.
00:45Celle pour laquelle Emmanuel Macron, après avoir brigué un mandat européen,
00:50puisque c'est ce qu'il vise, pourrait tout à fait se représenter.
00:54Oui, ça comme ça.
00:55Il y a d'autres postes sensibles sur lesquels il y a eu des mouvements ?
00:57Oui, effectivement, ça a commencé il y a un an avec la nomination de Richard Ferrand.
01:02Souvenez-vous, c'était en février 2025 au Conseil constitutionnel.
01:06Il y restera jusqu'en 2034.
01:09À la Banque de France, François Villeroy de Gallo a lui été, on peut le dire,
01:13clairement poussé vers la sortie, alors que son mandat courait jusqu'en juin 2027,
01:16vous l'avez rappelé lors, c'est-à-dire un mois après la présidentielle.
01:20Il a été gentiment prié de laisser sa place un an avant,
01:25acquis probablement au secrétaire général de l'Élysée, Emmanuel Moulin,
01:29qui rêve du poste depuis toujours et qui resterait jusqu'en 2032, lui.
01:34À la Cour des Comptes, le mandat d'Amélie de Montchalin est, lui, tout simplement irrévocable.
01:39C'est-à-dire qu'Amélie de Montchalin, qui a 40 ans aujourd'hui,
01:43pourrait rester à la tête de la Cour des Comptes jusqu'à la limite d'âge,
01:46qui est de 67 ans, c'est-à-dire jusqu'en 2053.
01:52Et ce n'est pas tout, il reste un organe, peut-être le plus puissant de tous, le Conseil d'État.
01:59Au Conseil d'État, l'actuel vice-président du Conseil, Didier Roland-Tabuteau,
02:05fera valoir ses droits à la retraite le 21 mai prochain.
02:10Un décret vient d'être publié fin janvier pour indiquer cette date.
02:14Là, on parle beaucoup de Marc Guillaume, vous savez, l'ancien secrétaire général du gouvernement,
02:19très proche d'Emmanuel Macron, qui est aujourd'hui préfet d'Île-de-France.
02:23On parle de Marc Guillaume pour remplacer Didier Roland-Tabuteau.
02:27Son mandat, lui, prendrait fait fin en 2036.
02:31Donc, je répète, la Banque de France court jusqu'en 2032.
02:35Le Conseil constitutionnel, c'est jusqu'en 2034.
02:37Le Conseil d'État jusqu'en 2036 et la Cour des comptes jusqu'en 2053,
02:41tous verrouillés pour le prochain quinquennat.
02:45Là, c'est plus du recasage, c'est un vrai hold-up.
02:47C'est assez courant, mais ça pose quand même un problème démocratique.
02:51Oui, quand même, parce qu'effectivement, tous les anciens ministres l'ont fait,
02:54de Mitterrand à François Hollande.
02:56Tous ont recasé les proches.
02:59On appelle ça les nominations de fin de règne.
03:01Mais là, c'est un véritable verrouillage institutionnel.
03:04Ce qui pose quelques questions.
03:06Les occupants des postes actuels sont quand même dégagés sans beaucoup de ménagement.
03:11Et puis, vous avez des questions autour de Richard Ferrand,
03:13qui n'a aucune compétence juridique.
03:16Vous avez quand même un petit sujet avec Amélie de Montchalin,
03:21parfaitement compétente.
03:22C'est une véritable budgétaire.
03:23Oui, c'est ses sujets.
03:25Première présidente.
03:26Ça sera la première première présidente de la Cour des comptes.
03:28Sauf que la Cour des comptes doit rendre au mois de mai son rapport
03:31sur les comptes de l'État en 2025.
03:34Au mois de juin, le rapport sur les perspectives des finances publiques.
03:37Elle va s'auditer elle-même.
03:38Donc, ça veut dire qu'elle va présenter des rapports
03:41qui vont juger sa propre action à Bercy.
03:44Ça pose quand même un petit problème de déontologie.
03:48Elle est clairement conflictée.
03:49Ça pose quelques petits sujets, effectivement.
03:51Merci beaucoup, Raphaël.
03:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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