- il y a 4 mois
Ce mardi 2 septembre, Antoine Larigaudrie vous présente le coffre-fort dans son émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Tout pour investir sur BFM Business
00:04On se demandait depuis combien de temps existait cette émission avec Gaëlle Slimane.
00:10Vous avez dit que vous connaissez depuis super longtemps ?
00:12Ah oui, Gaëlle Slimane, oui, ça fait 20 ans qu'on se connaît.
00:15Mesdames et messieurs, vous êtes aussi invités dans cette émission au milieu de nos private jokes.
00:21Gaëlle Slimane, président d'Odoxa, merci d'être avec nous.
00:24Avec grand plaisir Antoine.
00:25Et Marion Chapelle-Masso de Carillon, bonjour, merci d'être avec nous également.
00:30Donc j'allais dire, l'heure est grave.
00:32L'heure est grave, on sent que chez les épargnants, on a un vrai souci de tout mettre au coffre fort.
00:37Ça tombe bien, c'est le nom de la rubrique.
00:39On épargne, on épargne, on épargne, avec des taux considérables.
00:42Mais en même temps, on a l'impression que du côté de chez les investisseurs,
00:47on est en train de se dire, en même temps ça ne va rien rapporter.
00:49Et il faut absolument que je mette de côté quoi qu'il en coûte.
00:54Est-ce que c'est votre sentiment ?
00:55Du point de vue de l'opinion, quand on interroge dans le cadre de notre baromètre de l'épargne,
00:59qu'on suit ensemble avec Groupama, avec Capital et avec DFM, c'est exactement ça.
01:05C'est-à-dire qu'on a des taux d'épargne qui étaient complètement fous
01:07et qui se sont encore, j'allais dire accentués, on peut même dire Antoine,
01:12qui se sont aggravés.
01:13Parce que l'épargne c'est génial, si le ressort de l'épargne c'est, j'ai des projets d'investissement,
01:19j'ai des projets personnels, je veux en faire quelque chose,
01:22ou j'attends un rendement important, ce serait formidable.
01:25Mais les gens nous disent, je mets dans mon bas de laine,
01:29je mets de côté avec du super sécurisé qui ne rapporte pas grand chose pour ne pas dire rien,
01:35parce que j'ai de plus en plus de défiance en l'avenir.
01:38Et donc, moins on a confiance en l'avenir de la situation économique du pays,
01:42ce que montre bien notre baromètre de l'épargne,
01:43notre autre baromètre de l'économie qu'on suit ensemble depuis très longtemps sur BFM,
01:48plus on est inquiet sur l'avenir, plus on met de côté,
01:52il y a quand même un petit changement, et vous l'avez résumé Antoine d'un mot,
01:56c'est qu'on a en France une appétence pour les placements archi-sécurs.
02:02Donc livret A, assurance vie, immobilier.
02:05C'est toujours la liquidité qui est le critère principal, finalement, c'est la disponibilité.
02:10Oui, la disponibilité et l'idée de ça ne peut pas baisser.
02:15Même si ça ne rapporte pas grand chose, ça ne peut pas baisser.
02:18Sauf que là, à force de voir le livret A, le rendement du livret A baisser, baisser, baisser,
02:25dans nos enquêtes, les personnes qui détiennent des livrets A nous disent de plus en plus,
02:31non, là, ce n'est plus possible, le rendement est trop mauvais,
02:33donc j'envisage d'aller ailleurs, et on regarde.
02:37Alors ça part de très très bas.
02:39La part de Français qui mettent de côté tous les mois,
02:41c'est plus des trois quarts des gens structurellement,
02:43qui parviennent chaque mois à mettre de côté,
02:45la part de Français qui nous disent,
02:46finalement je me laisserais bien tenter par des placements à risque et par la bourse,
02:51elle a plus que doublé en l'espace de quelques mois,
02:54parce que face à ces rendements très mauvais proposés par les grands classiques,
02:57on regarde la bourse de manière un peu moins distance, mais on part de loin.
03:02Marion Chapelle-Masso, vous faites le même diagnostic,
03:05il y a une volonté de prendre un petit peu plus de risques,
03:09parce qu'il y a aussi tout le ressenti autour de l'inflation,
03:12qui fait que les rendements du livret A qui descendent encore à 1,7% cet été,
03:17ça va changer le paradigme,
03:18mais ça va peut-être provoquer un début de bascule, celui dont parle Gaël ?
03:23Absolument, alors le vrai sujet aussi, c'est que le livret A est plafonné à 22 950 euros,
03:33donc ça ne permet pas non plus de couvrir pour les épargnants les plus modestes,
03:37évidemment cela permet de placer sans risque,
03:41mais en tout cas, moi ce qui concerne la majorité de ma clientèle,
03:44le livret A c'est encore une fois, je le disais la saison dernière,
03:50mais très régulièrement, la tirelire,
03:52c'est-à-dire que ça permet de pouvoir investir dans les dépenses courantes
03:58et mettre de côté un parier.
04:00Oui, c'est plus de la tuyauterie qu'autre chose.
04:03Absolument, absolument.
04:04Alors aujourd'hui, le vrai sujet, c'est qu'effectivement,
04:07les clients sont inquiets,
04:09parce que oui, le taux du livret A ne couvre plus tout à fait l'inflation,
04:16ou en tout cas pas assez,
04:18et donc on veut diversifier son épargne,
04:23sauf que évidemment les nouvelles économiques de cette rentrée
04:26mettent un cran d'arrêt sur leur velléité,
04:30ils ont bien réfléchi au mois d'août en disant
04:32on va aller sur les marchés, on va diversifier,
04:34et là on rentre, boum.
04:37Donc les nouvelles ne sont pas bonnes,
04:38mais il faut quand même garder en cap,
04:42parce que deux choses,
04:45geler son épargne,
04:45c'est souvent une solution qui est,
04:49ou en tout cas une stratégie qui n'est pas la bonne sur le long terme.
04:52Ensuite, deux choses,
04:54c'est qu'en gros, il faut regarder aussi à long terme,
04:58c'est-à-dire qu'encore une fois,
04:59dans le coffre-fort, on regarde en trois étapes,
05:02on a la liquidité pour les dépenses courantes,
05:05on a l'investissement moyen terme
05:06qui va nous permettre d'investir dans des projets,
05:08et on a le long terme qui va concerner certainement la retraite,
05:12ou des investissements vraiment beaucoup plus longs.
05:15Et là, sur ce compartiment-là,
05:17on peut quand même imaginer
05:18des investissements plus risqués,
05:21évidemment, sur plus long terme.
05:24Gaël, on n'en parle pas,
05:28parce que ça concerne évidemment
05:29un nombre très réduit d'épargnants,
05:31mais est-ce que certains ne sont pas tentés
05:34de plus en plus d'aller placer leur argent
05:36ailleurs ?
05:37Oui.
05:38Je ne sais pas, Luxembourg ?
05:41On a un niveau d'angoisse
05:45sur l'avenir de la situation économique du pays,
05:47qui est, vous savez,
05:48on évoquait le fait qu'on se connaît depuis très longtemps,
05:50Antoine,
05:51on a un baromètre économique
05:52qu'on suit tous les mois,
05:54depuis très très très longtemps.
05:56Il est très mauvais, structurellement,
05:58parce qu'on est français,
05:59on est pessimiste.
05:59Oui.
06:00Mais là, on atteignait des points bas incroyables
06:03avant l'été,
06:04et je vous fais le teaser,
06:06on sort la prochaine livraison dans deux jours.
06:09Et c'est jeudi,
06:10vous êtes chez Raphaël Lejandre.
06:11Exactement, chez Raphaël,
06:12donc je réserve ça pour Raphaël Lejandre,
06:15mais sachez qu'on va percer,
06:17crever,
06:18tous les planchers possibles
06:20en termes de défiance.
06:21Parce que les Français font,
06:23à juste titre,
06:24une corrélation immédiate
06:26entre situation de crise politique,
06:29comme celle que nous allons vivre
06:30immanquablement à partir du 8,
06:33et peut-être du 10,
06:34avec les mouvements de contestation
06:36qui se préparent,
06:37et la situation économique.
06:40Et donc, on anticipe déjà
06:41une situation économique
06:43encore plus désastreuse
06:44du fait du trouble politique
06:46que nous allons vivre,
06:47et ça incite d'autant plus
06:49à se dire,
06:50« Mais tiens, souvenez-vous en 81,
06:53l'arrivée de François Mitterrand
06:55au pouvoir à inciter
06:56certaines familles aisées,
06:57on en a fait des films,
06:59des livres, des articles,
07:01à aller en Suisse
07:02cacher leur argent
07:03en se disant
07:04que les communistes
07:06allaient arriver à Paris,
07:08les chars soviétiques dans Paris,
07:09et qu'on allait leur prendre leurs sous. »
07:11Je plaisante,
07:12mais là on n'en est pas très loin
07:13au niveau d'angoisse actuelle.
07:14Les gens ont compris
07:15qu'il y avait un problème de dette,
07:16estiment qu'effectivement
07:17c'est légitime et grave,
07:19et ont compris
07:19qu'on allait prendre
07:20de l'argent.
07:20Et ils ne veulent pas
07:21que ce soit le leur.
07:22C'est peut-être ça
07:23la problématique,
07:24c'est cette angoisse
07:24de « l'État va prendre nos sous
07:27pour renflouer les caisses ».
07:29Bien sûr.
07:29Oui.
07:31Donc il se dit
07:31« si on laisse
07:32nos avoirs
07:34via des contrats
07:35d'assurance-vie par exemple,
07:36alors les livrets bien sûr,
07:37tout ce qu'il y a à la banque,
07:38mais en plus
07:38chez les assureurs,
07:40leur inquiétude... »
07:41Il y a tellement une cible
07:42dessus,
07:42l'assurance-vie,
07:43enfin depuis des années
07:44on en parle.
07:44On dit « c'est le bas de laine,
07:46on dit de la France,
07:47etc. »
07:47ils disent « ils vont nous ponctionner en fait ».
07:50Si on en ouvre au Luxembourg,
07:53eh bien ce sera plus compliqué.
07:55Et moi on observe au cabinet
07:57vraiment un engouement
07:59pour le Luxembourg
08:00et pour les placements
08:01à l'étranger,
08:04voire même,
08:05on a à nouveau des questions,
08:07bon c'est dans l'air du temps
08:08de cette rentrée,
08:09dès qu'il y a une instabilité politique
08:12en France,
08:13on a à nouveau les questions
08:14sur de la délocalisation.
08:16Il faut savoir qu'en Italie,
08:17ils attendent
08:183600 nouveaux millionnaires
08:20d'ici la fin de l'année.
08:21Et pourtant,
08:22ils ont dans l'été
08:24augmenté le forfait
08:26qui attire à nouveau
08:30les millionnaires.
08:31L'incentive, oui.
08:32Voilà.
08:32Ils ont augmenté
08:33à 200 000 euros le forfait
08:34dans l'été là,
08:36mais ça ne semble pas
08:37vraiment freiner
08:39l'engouement
08:41pour la Dolce Vita
08:43France Alpine.
08:44Il y a de la croissance,
08:46il y a de l'activité,
08:47ce n'est pas un mythe.
08:49Il y a quelque chose
08:51qui est peut-être limite inquiétant,
08:52parce que la tentation
08:54peut être de se dire
08:54bon, allez,
08:55je vais mettre un peu de sous.
08:56Encore une fois,
08:57on parle d'un minimum
08:59d'épargnants,
09:00parce que c'est évidemment,
09:02il y a des tickets d'entrée
09:03conséquents.
09:05Maintenant,
09:05si on se dit
09:06c'est le bazar en France,
09:08je mets mes sous de côté
09:09en Suisse ou au Luxembourg,
09:10l'État,
09:11il va forcément s'y intéresser
09:12à un moment donné,
09:13en disant oui,
09:15mais non,
09:15en vrai.
09:16Oui,
09:16ce n'est pas forcément
09:17une bonne idée.
09:18Moi,
09:18je pense que la responsabilité
09:19de cette angoisse,
09:21elle vient des politiques,
09:22elle vient de nos dirigeants.
09:24À partir du moment
09:25où vous agitez
09:26des chiffons rouges
09:27et des spectres,
09:28comme l'a fait récemment
09:29François Bayrou,
09:30mais c'était le cas
09:31de ses prédécesseurs,
09:33pour dire
09:33la situation est terrible,
09:34vous comprenez
09:35qu'on est en banqueroute,
09:36en faillite,
09:37à force de répéter
09:37ces mots-là.
09:39Alors,
09:40entendons-nous,
09:40c'est très bien
09:41de faire prendre conscience
09:42aux Français
09:42de la problématique
09:44de la dette
09:45et des déficits.
09:45Là,
09:45pour le coup,
09:46c'est bien rentré.
09:47Mais là,
09:47c'est très bien rentré,
09:48mais du coup,
09:49ça crée une angoisse
09:49parce qu'en plus,
09:50il n'y a pas la solution
09:51à côté.
09:52Si le rôle de l'homme politique,
09:53normalement,
09:54est plutôt de dire
09:55on a tel problème
09:55sans le dramatiser,
09:57mais de bien le montrer,
09:58et ensuite de dire
09:59du coup,
10:00on va prendre telle solution
10:01et de s'y tenir.
10:02Ce n'est pas du tout
10:02ce qui se passe,
10:03ce qui fait que chacun
10:04a l'impression
10:05qu'il est ciblé,
10:06qu'il a une cible
10:07dans le dos,
10:07et se dit,
10:09quand on entend
10:10les propos de François Bayrou
10:11sur les retraités,
10:12par exemple,
10:13principal électorat
10:14de sa majorité,
10:16ça fait réfléchir
10:17tout le monde
10:17en se disant
10:17mais alors,
10:18qui va se faire tomber ?
10:20Qui va se faire scalper ?
10:21Et ça,
10:22c'est si François Bayrou
10:23ou cette majorité
10:24restent au pouvoir.
10:25Mais la perspective
10:26de législative anticipée,
10:28elle est là,
10:29c'est possible,
10:30d'une nouvelle dissolution,
10:32et de l'arrivée
10:32au pouvoir
10:33d'autres familles politiques
10:35qui pourraient mener
10:35des politiques
10:36beaucoup plus fortes
10:38sur la récupération
10:39des patrimoines
10:41et de l'argent
10:41des Français,
10:42ça inquiète aussi
10:43un certain nombre
10:44de catégories sociales.
10:45Ce qui est amusant,
10:46c'est que,
10:47Marion,
10:47on peut peut-être
10:48en parler,
10:50cette catégorie
10:51dont parle François Bayrou
10:54en disant
10:55non mais il n'y a pas
10:55de raison
10:55que les jeunes
10:56payent justement
10:58le train de vie
10:59des boomers.
11:01Les jeunes,
11:02si on regarde
11:02les chiffres
11:02de ces dernières années,
11:03ils sont un petit peu
11:04organisés,
11:04ils ont tous pris
11:06des petites applis
11:08pour pouvoir jouer
11:09en bourse,
11:10pour pouvoir commencer
11:10à trader des cryptos,
11:12etc.
11:12Ils ont un petit peu
11:13moins peur
11:13de prendre du risque,
11:14mais avec toujours
11:15cette conscience
11:15de la liquidité,
11:16il y a peut-être
11:16un état d'esprit
11:17qui est en train
11:18de changer
11:18de lui-même là maintenant.
11:19Absolument,
11:20je pense que
11:21l'éducation financière
11:22doit progresser,
11:23ça c'est sûr en France,
11:25mais elle est
11:26un peu plus ancrée
11:27dans les natures
11:29et auprès de notre clientèle
11:31est de plus en plus jeune.
11:32alors on a des enfants
11:36de nos clients,
11:37bien sûr,
11:38et que l'on éduque
11:39depuis quelques années,
11:41mais moi je suis effectivement
11:44de ceux qui pensent
11:45qu'il faut éduquer nos enfants
11:47dès leur plus jeune âge,
11:49parce que la prise de risque,
11:51elle s'apprend.
11:53Elle se quantifie,
11:54elle se...
11:55Bien sûr, bien sûr,
11:56et c'est pas sur tout,
11:57mais si on laisse
11:59notre argent
12:00dans la tirelire
12:01ou dans une boîte
12:02sur le coin du bureau,
12:03ça ne fructifie pas.
12:05Bon, mais n'ayez pas peur.
12:08Comme disait Christian Fontaine
12:09tout à l'heure,
12:10je trouvais le conseil concret
12:11vraiment génial.
12:12Prenez une heure par semaine
12:14quand vous voulez
12:15pour un petit peu regarder
12:17tableau de bord,
12:17vous regardez un petit peu
12:18où en sont vos capitaux
12:20et vous prenez
12:21les bonnes décisions comme ça.
12:22Une heure par semaine,
12:23pas plus.
12:23Non, non,
12:24c'est un conseil remarquable.
12:26Et puis, encore une fois,
12:27merci d'avoir été avec nous.
12:28Gail Slimane,
12:30Odoxa
12:30et Marion Chapelle-Masso
12:32de Carillon.
Écris le tout premier commentaire