- il y a 4 mois
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Bonsoir et bienvenue dans BFM Grand Soir. Si vous aimez la politique, vous allez être servis.
00:06Ça se passe sur BFM TV. L'ambition que j'ai, c'est d'être Premier ministre de notre pays.
00:11Qui a dit ça ? C'est Jordan Bardella. Vous allez l'entendre dans un instant dans une interview exclusive de Marie Chantret.
00:18Et puis vous entendrez aussi, vous verrez notre sondage inédit.
00:22On vous le dévoile ce soir en exclusivité. Notre sondage est là pour BFM TV, la tribune dimanche.
00:28Et si Emmanuel Macron décidait de dissoudre l'Assemblée nationale, quel serait le résultat dans l'hémicycle ?
00:33Vous saurez tout. Mais avant, on va parler de François Bayrou. Est-ce qu'il fait sa tournée d'adieu ?
00:37Parce que François Bayrou va donner une interview demain à Matignon.
00:41Pour décrypter cette rentrée politique explosive, il nous fallait forcément un Henri Guénaud.
00:46Bonsoir, Monsieur Guénaud.
00:47Bonsoir.
00:48Comment allez-vous ?
00:50Ça va, dans un drôle de monde.
00:52Oui, vous trouvez qu'on est dans une séquence politique très particulière.
00:55Je me dis parfois, arrivé à mon âge, tout ça pour ça.
00:58Écoutez, en tout cas, on est ravis de vous avoir ici. Vous allez pouvoir nous dire pourquoi vous avez l'air si dépité, si je puis me permettre.
01:06Et on le rappelle, vous êtes l'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l'Élysée, auteur de « À la septième fois les murailles tombaires » aux éditions du Rocher.
01:16On est ravis de vous avoir avec nous.
01:17Bruno Jeudy, vous êtes resté avec nous, éditorialiste politique BFM TV.
01:21Bernard Sananès, vous êtes indispensable. Vous allez pouvoir nous dévoiler ce sondage exclusif. Bonsoir.
01:27Bonsoir.
01:28Président de l'Institut de sondage Elab.
01:29On est aussi avec Victor Hérault, journaliste politique à Valeurs Actuelles.
01:35Bonsoir.
01:35Et Aurore Malval, rédactrice en chef du site du magazine Marianne.
01:41Est-ce que c'est terminé pour François Bayrou alors qu'il donne une nouvelle interview demain depuis Matignon ?
01:47Je voudrais d'abord vous faire écouter Jordan Bardella qui a une idée sur la question. Il n'a pas, il a directement pointé du doigt le comportement ces dernières semaines du Premier ministre.
01:58Écoutez Jordan Bardella pour BFM TV.
02:00On a été responsable du début à la fin. Et cet été, Marine Le Pen a pris la plume pour écrire à François Bayrou.
02:07Elle lui a présenté nos pistes pour faire des économies dans la mauvaise dépense publique pour permettre à ce budget de redonner de l'oxygène aux Français.
02:15Elle a fait le choix de lui présenter nos lignes rouges et de lui indiquer que nous étions disposés à lui expliquer, à travailler sur de potentielles passerelles en l'attente de nouvelles élections.
02:26Il n'y a eu aucun contact durant l'été ?
02:29Monsieur Bayrou n'a pas répondu à ce courrier.
02:31Parce que vous étiez en vacances. Voilà ce qu'il répond.
02:33Oui, sans doute faisait-il la sieste.
02:36Henri Guénaud, il a eu tort sur toute la ligne, François Bayrou, de matraquer comme ça les députés et leur dire
02:42« Voilà, ils n'ont pas été de bonne volonté. Je n'ai pas réussi à les joindre. Ils étaient en vacances. »
02:46Jordan Bardella répond « Non, François Bayrou faisait la sieste. »
02:49Non, mais je ne sais pas ce qu'il prend à François Bayrou depuis quelques semaines.
02:52Mais pour moi, c'est absolument incompréhensible.
02:54Ce n'est plus un dérapage.
02:56C'est une embardée totale.
02:59Il va où comme ça ?
03:00C'est la faute de tout le monde, sauf la sienne.
03:02Il met les gens dans des corners et puis il s'étonne qu'ils ne puissent pas en sortir.
03:08Je veux dire, quand on pose la question de confiance ou qu'on engage la responsabilité du gouvernement
03:13sur le fondement d'un plan dont il sait pertinemment qu'il est inacceptable,
03:21non pas seulement pour les états-majors des partis ou les appareils des partis de l'opposition,
03:25mais pour les électeurs de tous les partis d'opposition qui n'ont aucune marge de manœuvre sur ce budget
03:32par rapport à leurs électeurs, c'est-à-dire que leurs électeurs n'en veulent pas.
03:35Ils ne comprendraient pas que leurs partis votent la confiance.
03:40On ne leur demande pas de s'abstenir.
03:42Non, la confiance.
03:43C'est-à-dire qu'il les met dans une nasse.
03:47Soit il n'a aucune idée de ce qu'est l'état de l'opinion du corps électoral.
03:53Et à ce moment-là, je pense que, tant qu'il aille se reposer,
03:57soit il en a une très claire idée.
04:00Et à ce moment-là, c'est une manœuvre.
04:01Mais c'est une manœuvre qui, franchement, n'est pas respectable
04:06parce qu'elle met en danger la stabilité politique de nos institutions
04:12et surtout, elle accroît le risque politique.
04:15Et ça, le risque politique, c'est ce qui inquiète le plus les marchés.
04:21Et non seulement les marchés, mais les acteurs économiques.
04:25Regardez, les gens ne consomment plus, les entrepreneurs n'investissent plus.
04:30Donc, on joue là avec la France d'une manière qui n'est pas convenable.
04:36Vous les accusez d'irresponsabilité.
04:38On l'a vu cette semaine, François Bayrou a multiplié les interventions cette semaine.
04:43À quoi est-ce qu'il joue ?
04:45Il était au MEDEF, il était à la foire de Chalon, il a donné une interview aux Venteurs.
04:50Une interview, là, il va en donner une nouvelle dimanche à Matignon.
04:53Bruno Jeudy, est-ce qu'il cherche encore à sauver sa tête en essayant de convaincre les Français ?
04:59Écoutez, il l'a dit lui-même, il se bat comme un chien.
05:03Moi, ce que je vois, c'est que la méthode est quand même très décousue.
05:07Il convoque les chefs de partis, les présidents de groupe, après avoir mis sur la table son vote de confiance.
05:15Les choses sont faites un peu à l'envers.
05:18Bon, il y avait un délai de deux semaines entre le dépôt de sa demande de vote de confiance et le vote qui interviendra le 8 septembre.
05:28Donc, de toute façon, c'est une période dans laquelle il multiplie les interventions médiatiques.
05:33Celle de demain est quand même importante puisqu'elle interviendra à la veille de la réception des chefs de partis et présidents de groupe.
05:40Donc, bon, s'il y a une intervention qui est, j'allais dire, la plus importante de la semaine, c'est sans doute celle-ci.
05:48C'est l'intervention de la dernière chance ?
05:50Moi, je m'étonne, depuis le début de semaine, toute la semaine qui s'est écoulée, il a fait beaucoup d'interventions.
05:56Il n'a pas fait véritablement d'ouverture franche vers les présidents de groupe et les chefs de partis.
06:02Parce que ce sont eux qui vont décider et également à l'intention des Français.
06:06C'est-à-dire qu'on sait ce qui est reproché à François Méhaut.
06:10Lui-même dit « je suis ouvert sur tout », mais finalement, on ne sait pas sur quoi il pourrait avancer.
06:15Il n'a pas eu d'ouverture franche.
06:17Il n'y a pas eu beaucoup de cadeaux.
06:18Donc, s'il doit faire quelque chose, c'est demain.
06:21Et il faut que ce soit, j'allais dire, franc, clair et compréhensible.
06:24Et qu'ensuite, il mette la pression maximum, cette fois-ci, sur les présidents de groupe et les chefs de partis.
06:30Or, depuis une semaine, ils ont répondu que c'était non.
06:33Mais lui n'a pas depuis remis les choses, même s'il dit « si, si, ma portée ouverte » et tout ça.
06:39Mais ce n'est pas suffisant.
06:40Est-ce qu'il peut encore sauver sa tête, Aurore Malval ?
06:42Moi, je pense que non.
06:43Je pense que non.
06:44En fait, il a voulu, comme ça, changer un petit peu les règles du jeu.
06:47Il se savait condamné, marchant lentement vers une censure au mois de novembre.
06:52Il s'est dit « je vais les prendre de court » peut-être aussi avec cette dimension qu'il a parfois de se croire,
06:57en tout cas fin tacticien, de dire « hop, je change le système. »
07:01Finalement, ce ne sera pas une motion de censure qu'ils voteront.
07:03C'est un vote de confiance.
07:05Peut-être trop sûr aussi que le Rassemblement national n'aurait pas intérêt à la censure et que ce serait trop tôt.
07:10En fait, que ce serait trop tôt pour chacun.
07:12Oui, c'est sûrement trop tôt pour chacun dans les petits calculs parce qu'on ne fait pas ce qu'on veut.
07:17Mais sauf qu'il y a un principe de réalité.
07:19Effectivement, aucun des partis d'opposition, là, ne peut lui voter la confiance.
07:23Et même jusque dans ses propres rangs, les LR se demandent.
07:27Enfin, certains ont déjà annoncé, d'ailleurs, qu'ils s'abstiendraient peut-être de façon individuelle.
07:31Et maintenant, Laurent Wauquiez annonce qu'il y aurait un vote.
07:33Si même LR lâche le gouvernement, ça devient compliqué.
07:36C'est pour ça que cette question de confiance, en plus, elle est beaucoup plus difficile à obtenir.
07:39C'est une majorité simple.
07:40Donc, un simple vote où il y a plus de contre que de pour, c'est terminé.
07:45Donc, tout est fichu.
07:46Victor Hérault, est-ce qu'il ne faut mieux pas démissionner, finalement, plutôt que d'attendre ce vote de confiance ?
07:51Mais je crois que non, justement.
07:53Je crois que François Hérault s'est donné un sursis, s'est donné dix jours.
07:56Il savait, en réalité, je partage l'analyse d'Aurore, il savait qu'il allait tomber.
07:59Donc, il a préféré sortir par la grande porte en se donnant lui-même une mort politique.
08:04Oui, parce que, mine de rien, c'est lui qui monopolise la parole, là, pendant ces dix jours-là.
08:08Il sait, si vous voulez, en réalité, ce n'est pas lui qui ne s'est pas ouvert aux autres.
08:11Aucun des partis ne s'ouvre à aucun autre.
08:12C'est comme ça que ça se passe. Quoi qu'il arrive, tous les partis, enfin, pas tous les partis, tous les partis d'opposition auraient voté, ne serait-ce que soit la censure, soit n'auraient pas accordé leur confiance.
08:22Puisqu'il ne s'agit pas de oui ou non le budget Bayrou, il s'agit de oui ou non Bayrou.
08:26C'est oui ou non la matronie, oui ou non Emmanuel Macron.
08:28En réalité, les oppositions formulent comme la question, elles les formulent de cette façon-là.
08:32Donc, Bayrou savait que, de toute façon, il n'avait pas à jouer sur ce terrain-là.
08:35Donc, il a lui-même acté, si vous voulez, la date à laquelle il partirait, a priori, puisqu'on se doute que, mathématiquement, il y a peu de chances qu'il s'en sorte avec ce vote de confiance-là.
08:43Et il en a profité, pardon de revenir sur le sujet, parce qu'il matraque ce sujet des boomers pendant trois jours.
08:49Si vous voulez, c'est bien la preuve qu'il a décidé de faire son champ du signe.
08:52Parce qu'électoralement, la question des boomers, c'est la chose la moins payante électoralement.
08:56C'est-à-dire que tout le monde veut fusil sur le champ.
08:58C'est d'ailleurs ce qui est en train de se passer, tous les partis lui tombent dessus.
09:00Il n'avait aucun intérêt électoral ou de négociation à parler de ça.
09:03Au contraire, je pense qu'il profite de ces déjours pour imposer ces sujets.
09:07Quand on voit la méthode qu'il a employée, finalement, est-ce que vous êtes d'accord, Henri Guéno, quand Victor Héros dit que François Bayrou sort par la grande porte ?
09:15Alors, il sort, mais pas par la grande porte.
09:18D'abord, quand il pose la question des boomers, il le fait de façon insultante.
09:23Il ne prend même pas la peine d'envelopper les choses.
09:28Et il en rajoute tous les jours.
09:29Oui, c'est vrai, il a réitéré ses propos.
09:31C'est intenable parce qu'il se met à dos non seulement les fameux boomers,
09:35mais il se met à dos aussi très souvent les enfants des boomers.
09:39C'est que les gens reçoivent des messages, on voit dans l'opinion,
09:43les gens sont outrés pour leurs parents.
09:47Les gens vous le disent autour de vous, qu'ils se sont sentis humiliés ?
09:50Ah oui, oui. Je veux dire, indépendamment de tout ce qu'on peut penser,
09:55d'ailleurs un mensonge total que la génération précédente ne va pas laisser plus qu'elle a reçu à la génération suivante,
10:02mais indépendamment de ce qu'on peut penser du fond, si vous voulez, la façon dont ça a été fait,
10:07les mots qui ont été employés et sur lesquels il continue d'insister,
10:11c'est un vrai suicide politique.
10:14Mais lui ne le vit pas comme ça.
10:17Lui pense qu'il se taille une stature de présidentiable.
10:21C'est Churchill.
10:22Et alors si en plus ça pouvait coïncider avec une crise financière,
10:27il pourrait dire, regardez, mais regardez, si vous m'aviez écouté.
10:31Or c'est lui qui est en train de prendre le risque de la crise financière,
10:34parce qu'accroître le risque politique de cette façon,
10:37répéter tous les jours, on est en faillite, tout va s'effondrer,
10:41c'est nourrir la défiance.
10:43Et donc c'est créer les conditions d'une crise qui n'avait pas lieu d'être en réalité
10:48et qu'il est en train de construire lui-même.
10:51Ce qui est assez étonnant dans la stratégie de communication de la semaine,
10:54c'est vrai qu'il y a une multiplication de la parole du Premier ministre,
10:57pour faire quoi ?
10:58Évidemment pour prendre l'opinion à témoin,
11:00pour essayer de faire que l'opinion bascule un peu
11:02et fasse pression sur les députés des différentes oppositions.
11:06Mais pendant ces interviews, il n'envoie pas de message d'ouverture à l'opinion.
11:10Et on sait que l'opinion a crispé et crispé sur pas mal de sujets,
11:14que ce soit la question des jours fériés,
11:15que ce soit la question du forfait sur les médicaments.
11:18Et sur tous ces thèmes-là, François Bayrou a continué dans ses interviews
11:21à marteler que le sujet c'était l'ampleur de l'enveloppe du déficit à réduire
11:28avant de parler des mesures.
11:30Mais l'opinion n'attendait pas le débat sur l'ampleur de déficit à résorber,
11:33mais attendait le recul ou le retrait du Premier ministre
11:37sur certaines mesures qui n'est pas venu.
11:39On verra demain s'il y a des évolutions sur ce sujet.
11:41Sous-titrage Société Radio-Canada
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