00:00Évidemment, on attend des annonces gouvernementales liées à ce conflit, notamment sur l'économie.
00:05Le détroit dormouse et permet de la reprise du trafic.
00:08C'est le rôle, pardonnez-moi, que la France porte depuis une décennie à l'échelle de l'Union européenne
00:14avec l'Europe de la défense.
00:16Europe de la défense qui, pour nous, n'est pas un concept.
00:19La France a doublé son budget militaire en 10 ans, ce qui nous confère aujourd'hui une capacité de réaction
00:26et de décision.
00:27Ce sont, là encore, les mots du président de la République.
00:31Un point sur les ressortissants.
00:34Vous savez que nous avons encore des ressortissants français qui sont bloqués au Moyen-Orient,
00:40mais également dans d'autres zones du monde.
00:43Je pense par exemple à l'Asie et qui attendent la reprise normale du trafic.
00:48Aujourd'hui, le ministère des Affaires étrangères et de l'Europe, avec le ministère des Transports,
00:53a permis le rapatriement de 2 000 de nos concitoyens de par des vols affrétés par l'État.
01:01Avec une priorité, là encore, vous le savez, donnée aux plus vulnérables, aux enfants, aux personnes sous traitement et aux
01:05femmes enceintes.
01:06Par ailleurs, à notre demande, il y a eu une reprise des vols commerciaux entre le Moyen-Orient et la
01:12France.
01:12Vols commerciaux qui ont permis le retour à ce jour de 17 000 Français.
01:17C'est donc un peu moins de 20 000 personnes qui, à l'heure où on se parle, sont rentrées
01:22sur le sol national.
01:24J'ajoute par ailleurs que, toujours à notre demande, 30 000 sièges d'avions seront disponibles la semaine prochaine.
01:32Là encore, pour des vols entre le Moyen-Orient et la France, 30 000 sièges.
01:36Et donc, ça va permettre d'accélérer le retour des ressortissants qui seraient toujours bloqués là-bas et qui souhaiteraient
01:44rentrer.
01:44Donc, vous redire que nous sommes, évidemment, pleinement mobilisés.
01:48Et je me permets de rappeler que, là encore, la France a été précurseur,
01:52puisque le Quai d'Orsay a été le premier ministère à mettre en place un rapatriement
01:57et à affrêter un vol dédié dès les premières heures qui ont suivi le conflit.
02:02Je vous propose maintenant qu'on fasse le point sur la situation relative à l'énergie,
02:08sujet que j'ai l'honneur de porter depuis deux semaines,
02:11en plus de cette casquette de porte-parole qui m'amène à venir devant vous chaque semaine.
02:17Ce que je vous propose, c'est que je laisse d'abord Roland Lescure faire un point
02:21sur la situation globale, internationale, sur la question des stocks, sur la question des marchés.
02:27Je reprendrai ensuite la main sur le volet plus national.
02:31Et Serge Papin embrayera avec les contrôles pour faire, comme nous l'avions dit devant vous,
02:39un bilan des trois derniers jours.
02:43M. Lescure, je vous cède la parole.
02:45Merci, merci, Mme la ministre, chère Maud.
02:49Évidemment, ce qui se passe au Moyen-Orient est un choc géopolitique, un choc militaire,
02:53mais c'est aussi un choc économique et financier d'importance.
02:58Avant d'en décrire les effets, je voudrais quand même rappeler deux choses.
03:02D'abord, un, que l'incertitude économique va être otage de l'intensité et de la durée du conflit.
03:09Évidemment, c'est ces deux facteurs clés qui joueront sur l'importance de l'impact économique du conflit.
03:16Deux, vous dire que nous ne sommes pas en 2022, et singulièrement en Europe,
03:20et particulièrement en France, au sens où, à l'époque, vous le savez,
03:24le choc géopolitique affectait les disponibilités, notamment de gaz, mais aussi de pétrole, en Europe, directement.
03:31La guerre était aux portes de l'Europe.
03:32À l'époque, les défis logistiques étaient immenses, puisqu'on devait passer de gaz importés de l'Est, en Russie,
03:39à de gaz importés de l'Ouest, Norvège, États-Unis et d'autres,
03:43qui a conduit une très forte hausse des prix, évidemment, c'était déjà le cas à l'époque, en gaz
03:48et en pétrole,
03:48mais aussi un enjeu de volume.
03:50Je rappelle qu'à l'époque, on s'inquiétait de ne pas avoir assez de gaz.
03:54On se demandait même si on allait devoir couper le gaz à des industries qui en consommaient beaucoup.
03:58On est évidemment dans une situation très différente aujourd'hui.
04:02L'inflation est réduite.
04:03Les enjeux de volume, nous l'avons dit, je le répète, ne sont en aucun cas un problème,
04:08ni pour l'Europe, ni d'ailleurs pour les États-Unis.
04:11Nous avons du pétrole, nous avons du gaz.
04:12Mais évidemment, l'impact de ce conflit, c'est une forte hausse des prix,
04:17qui, elle, affecte dans les marchés mondiaux l'ensemble des consommateurs.
04:22Vous le savez, la fermeture du détroit d'Hormuz liée au conflit,
04:26c'est à peu près 20 millions de barils par jour de pétrole
04:30et à peu près 20% de l'approvisionnement en gaz naturel liquéfié du monde.
04:35Le gaz naturel liquéfié, c'est une partie du gaz consommé dans le monde,
04:38mais c'est quand même une partie importante.
04:39Donc on a aujourd'hui à peu près 5 à 6% du gaz qui manque au monde.
04:44Ces manques sont essentiellement en Asie.
04:48Le Japon importe aujourd'hui 90% de son pétrole via le détroit d'Hormuz.
04:53Donc les enjeux d'approvisionnement, c'est en Asie qu'ils sont.
04:56Pour autant, le président de la République l'a dit ce matin,
04:59au-delà des efforts diplomatiques pour libérer le transport de marchandises
05:04et notamment de produits énergétiques au sein du détroit d'Hormuz,
05:07c'est la priorité, mais ça prendra forcément un peu de temps.
05:11L'objectif, il est d'essayer de remplacer ces barils manquants.
05:14C'est tout l'objet de l'action qu'a menée la France
05:16sous l'impulsion du président de la République depuis ce début de semaine.
05:21Je vais commencer par dire quand même que l'Arabie saoudite a fait sa part du travail
05:24puisqu'ils ont annoncé dans la nuit que le pipeline qui était très peu utilisé,
05:29qui permet de transporter du pétrole d'Arabie saoudite dans la mer Rouge,
05:33va permettre de disposer de 7 à 8 millions de barils par jour.
05:38Et donc sur les 20 millions, on en a à peu près un tiers
05:41qui sera remplacé par ce pétrole saoudien.
05:43Et ça, c'est une bonne nouvelle.
05:44Il en manque encore.
05:46Et pour ce faire, à la demande du président de la République,
05:48j'ai convoqué un G7 des ministres des Finances lundi.
05:51Nous avons présidé un G7 des ministres de l'Énergie
05:54avec la ministre de l'Énergie hier
05:57pour explorer la possibilité de libérer des stocks stratégiques.
06:01Vous savez qu'aujourd'hui, on a à peu près un milliard,
06:04un peu plus de millions, un milliard, pardon, de barils
06:07qui sont disponibles dans les pays de l'OCDE
06:10gérés dans le cadre de l'Association internationale de l'énergie, l'AIE,
06:14qui peuvent éventuellement être mobilisés en cas de crise.
06:17C'est pour ça que l'AIE a été créée dans les années 70
06:19et c'est pour ça qu'elle est utile aujourd'hui.
06:21Les ministres des Finances se sont accordés sur le principe
06:25et ont demandé à leurs collègues de l'énergie
06:27d'explorer les modalités de manière à ce qu'on puisse être prêt.
06:31Ce que nous avons fait hier avec nos collègues de l'énergie,
06:34un communiqué a été publié ce matin
06:35qui montre que nous souhaitons que l'AIE continue son travail.
06:39C'est ce qu'elle a fait hier dans le cadre d'un Conseil des gouverneurs
06:41pour qu'on soit prêt.
06:42Qu'on soit prêt, si décision doit être prise,
06:44à libérer une partie de ces stocks stratégiques
06:47très importants de manière coordonnée.
06:50Quel est l'impact de ce genre de mouvement ?
06:53Évidemment, je le répète, nous n'avons pas de problème
06:54d'approvisionnement en Europe, mais on en a au Japon.
06:58Et donc si, au Japon et en Asie, pardon,
07:00si des stocks sont libérés dans le monde,
07:02ça permet de réintroduire du pétrole,
07:05qui peut prendre plusieurs formes, raffiné, paraffiné, etc.,
07:08qui va permettre d'augmenter le pétrole qui circule dans le monde
07:11et de limiter les tensions sur les prix
07:13parce que du pétrole qui aujourd'hui circule à l'ouest
07:15pourra ensuite se rendre à l'est.
07:17Donc ça permet de limiter les tensions sur les prix
07:19qui sont celles qui nous affectent le plus aujourd'hui.
07:21Vous avez vu que la perspective de ces décisions
07:23a eu un impact très important sur la spéculation
07:27puisqu'on était à 120 dollars le baril lundi matin
07:30sur les marchés asiatiques.
07:32On est aujourd'hui revenu en dessous de 90 dollars le baril,
07:35un impact évidemment très important.
07:36– Bien, merci beaucoup chers collègues pour passer sur le plan national.
07:45Alors vous l'avez vu et tous les Français l'ont vu,
07:48cette crise a un impact substantiel sur les prix à la pompe.
07:52Le message du Premier ministre et le message que nous portons ce matin,
07:56il est simple et il est clair.
07:59les baisses observées sur les marchés et sur le prix du baril
08:04doivent être répercutées aussi vite que l'ont été les hausses.
08:10Je pense que les Français ont largement remarqué la rapidité
08:14avec laquelle les prix avaient monté il y a maintenant 8 ou 9 jours.
08:19et bien les baisses doivent être répercutées là encore de façon aussi rapide.
08:25J'ai entendu ce matin à une heure de grande écoute
08:28chez certains de vos confrères, un distributeur que je ne citerai pas,
08:34annoncer là encore une fois une répercussion quasi immédiate
08:37sous 2 à 3 jours.
08:39Ce sont des décisions je crois solidaires et éthiques
08:43que nous saluons ce matin et nous appelons évidemment
08:45l'ensemble de ses confrères à faire d'eux-mêmes.
08:50Concernant le gaz, là encore nous ne sommes pas dans la situation de 2022,
08:55Roland Lescure l'a dit, il faut remettre ces chiffres en perspective.
08:59Certes le prix du gaz sur les marchés a doublé,
09:03ça ne veut pas dire que le prix de la facture doublera.
09:06Je rappelle là encore que pour 4 millions notamment de Français,
09:10ils sont sur des contrats à prix fixe
09:12et donc le prix ne bougera pas d'ici au renouvellement de leur contrat.
09:16Et je redis par ailleurs qu'en août 2022,
09:19le prix du gaz avait atteint 150 euros le mégawatt-heure,
09:23soit 2,5 fois plus que ce que nous vivons aujourd'hui.
09:27La situation, je le redis, est là encore sans commune mesure.
09:31Sans commune mesure également sur la question de l'électricité,
09:34parce que nous sommes bien davantage protégés qu'en 2022,
09:39pour une raison simple, en 2022, lorsque nous entrons dans la crise énergétique
09:43qui a fait suite à la situation en Ukraine,
09:47une large part du parc nucléaire, près de la moitié en octobre-novembre 2022,
09:52est à l'arrêt pour cause de corrosion sous contrainte.
09:55Ce n'est plus le cas aujourd'hui et c'est heureux.
09:58Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires