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00:00Philippe Legrand, c'est un plaisir de vous retrouver sur La Rêve.
00:07Je rappelle que vous êtes le fondateur président de Teleos,
00:09qui est un opérateur de services télécom IT pour les entreprises et les collectivités.
00:13Vous êtes un petit peu au milieu de vos clients, là, ici, Philippe.
00:16Absolument.
00:16Vous êtes aussi le vice-président de la Fédération Infranum,
00:19qui représente les infrastructures numériques françaises.
00:22À la mi-juillet, vous avez annoncé un projet d'investissement de Teleos
00:27pour participer à la reconstruction des infrastructures numériques en Ukraine.
00:31Alors, quel est le montant de cet investissement ?
00:33Qu'est-ce que vous êtes fixé comme objectif et échéance ?
00:36Le montant de l'investissement que nous envisageons de réaliser en Ukraine est de 40 millions d'euros.
00:40L'objectif, c'est de réussir à boucler le tour de table d'ici la fin de l'année
00:43et de lancer les déploiements dès le début de l'année prochaine.
00:46Déploiement de quoi ? De fibre optique ?
00:48On déploiera 500 000 prises en fibre optique pour couvrir tout un oblast ukrainien
00:52qui est situé à l'ouest de Kiev.
00:54Et alors, comment est-ce que vous allez travailler ?
00:56Parce qu'on est là sur un terrain de guerre.
00:59Je ne sais pas, on a une expertise, c'est très certain, en matière d'infrastructures.
01:02Mais poser des infrastructures comme la fibre optique, c'est quand même pas simple.
01:06Dans un pays en guerre, comment vous allez procéder ?
01:08Eh bien, justement, au Palais Farnese, à l'ambassade de France, à Rome,
01:11je signais un mémorandum of understanding avec un opérateur ukrainien.
01:14Et c'est avec cet opérateur que nous allons déployer la fibre
01:17en nous appuyant sur les compétences locales,
01:19mais bien entendu en capitalisant sur le savoir-faire de la filière
01:22et l'excellence du savoir-faire de la filière française.
01:24D'accord. Et elle est comment la filière ukrainienne ?
01:27Elle est un peu éclatée.
01:29Il y a un millier d'opérateurs, il y a des difficultés pour les petites entreprises
01:33à préserver leurs salariés qui, bien souvent, sont mobilisés sur le front.
01:37Donc il y a une prime à la taille.
01:39Mais il reste encore des compétences.
01:40Et puis on a une capacité à transposer notre savoir-faire vers les salariés ukrainiens.
01:45Alors justement, je me posais la question,
01:46est-ce que le modèle français est exportable, transposable ?
01:50C'est exactement celui que je vais exporter avec un modèle d'opérateur d'infrastructures,
01:54d'une part, qui va ouvrir ses infrastructures à tous les opérateurs ukrainiens,
01:59et un modèle d'opérateur commercial, d'autre part,
02:01pour stimuler l'intensité concurrentielle et développer les services localement.
02:05Vous avez été reçu par l'Elysée pour préparer le conseil présidentiel au commerce extérieur.
02:11On en est où du développement de la filière française à l'international ?
02:15La filière française exporte beaucoup.
02:16La filière française des infrastructures numériques, c'est 32 milliards à l'export.
02:20C'est quand même beaucoup, ça n'est pas rien.
02:22Et je crois qu'au niveau de l'Elysée, on a bien conscience de cet enjeu-là.
02:26Il y a un export concile, un peu comme aux Etats-Unis, qui est en train de se monter.
02:30Et c'est à ce titre que nous essayons de faire valoir notre savoir-faire et l'exportation de la filière.
02:34Mais vous en attendez quoi ?
02:36On attend trois choses.
02:37D'abord, on attend que les outils financiers que la France met à disposition soient mieux agrégés,
02:42que nous puissions rivaliser davantage avec les puissances asiatiques américaines.
02:46On attend que la lisibilité des aides françaises soit améliorée.
02:50Et on attend enfin qu'il y ait un effet d'entraînement, que les grands groupes entraînent les PME à l'export.
02:54On a vu aussi au niveau européen un projet enterré, celui d'un fair share,
03:02où on engagerait, on devait engager peut-être, en tout cas c'était imaginer,
03:07les big tech dans le financement, la participation au financement d'infrastructures en Europe.
03:12Vous recevez comment cette nouvelle ?
03:15Alors je le regrette, je le déplore, moi je suis un fervent supporter du fair share,
03:19qui permet à l'économie des télécoms françaises quand même d'être mieux alimenté par ceux qui bénéficient de nos infrastructures,
03:26c'est-à-dire les grands acteurs du numérique, les GAFAM.
03:29Et là, l'abandon du fair share sur l'hôtel des droits de douane est une très mauvaise nouvelle.
03:35Il ne faut pas laisser passer, je trouve que sans commenter ce qui s'est passé sur les droits de douane,
03:40il ne faut pas laisser passer l'abandon du fair share, il faut revenir.
03:42C'est une bonne mesure, il faut la soutenir.
03:44Ah donc vous dites que ce n'est pas enterré ?
03:46Je souhaite que ça ne le soit pas, pour l'instant ça l'est.
03:48Ok, et sur les droits de douane, il y a un impact direct sur l'économie des infrastructures ?
03:52Alors oui, les opérateurs du fait de faire fair share sont quand même bien victimes de cela.
03:57Après, sur l'économie des télécoms elles-mêmes, je serai plus nuancé.
04:02On importe beaucoup de produits américains, plus qu'on en exporte.
04:06Donc cette balance commerciale est déficitaire, mais je ne suis plus nuancé, mais j'insiste vraiment sur le fair share.
04:11Ok, c'est cette parole que vous venez porter là, sur l'AREF ?
04:15C'est exactement ça.
04:16Auprès de qui ?
04:16Auprès du gouvernement, j'ai vu quelques ministres et quelques grands chefs d'entreprise également,
04:21pour défendre notamment cet export council et cet effet d'entraînement,
04:25la responsabilité qu'ont les grandes entreprises à emmener de leur sillage des PME,
04:29de la filière des infrastructures numériques.
04:31Et ça j'y attache une grande importance, mais les autres éléments que j'ai évoqués également,
04:34c'est l'occasion de se retrouver pour cette phase de rentrée.
04:37Merci beaucoup Philippe Legrand.
04:39Merci Delphine.
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