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SMART PATRIMOINE - Une seule stratégie : la diversification ?
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il y a 6 mois
Mardi 8 juillet 2025, retrouvez Benoist Lombard (Président, Maison Laplace) dans SMART PATRIMOINE, une émission présentée par Nicolas Pagniez.
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00:00
Quelle stratégie d'investissement ou de gestion de son patrimoine à mi-année 2025 ?
00:08
Voilà le sujet qui va nous animer à présent sur le plateau de Smart Patrimoine.
00:11
Pour en parler, nous avons le plaisir d'accueillir Benoît Lombard.
00:14
Bonjour Benoît Lombard.
00:15
Bonjour Nicolas.
00:15
Vous êtes président de Maison Laplace, on commande souvent les actualités du secteur de la gestion de patrimoine ensemble.
00:20
A mi-2025, j'ai l'impression qu'il y a un mot qui revient souvent.
00:23
Alors il y en a deux, il y a incertitude tout d'abord sur qu'elle soit fiscale, politique, géopolitique, économique.
00:28
Et il y a du coup une réponse, un deuxième mot qui est diversification.
00:32
Benoît Lombard, c'est le maître mot quand on veut gérer son patrimoine aujourd'hui ?
00:36
Tout est dit, incertitude, mais incertitude déjà depuis des années.
00:39
Moi je dis souvent que ça fait plus de 30 ans que je fais ce métier, ça fait 30 ans que j'entends c'est le banc.
00:42
C'est vrai, il est exact, ça s'est accéléré.
00:45
Les problématiques géopolitiques, les problématiques de taux.
00:47
Rappelons-nous que nous avons mis 15 ans pour passer de taux de 3 à 0.
00:51
Et en 9 mois, en 2022, on est passé de 0 à 3.
00:55
On a eu de l'appétit aussi pour de l'obligataire, on va en parler.
00:57
Et effectivement Nicolas, vous avez raison, le maître mot de la gestion d'un patrimoine,
01:03
on va faire un focus en cette période de mi-année, c'est la diversification.
01:08
Et toute construction d'un patrimoine, je ne parle pas que de portefeuille,
01:11
d'un patrimoine doit reposer sur la diversification.
01:14
Et alors comment on diversifie correctement ?
01:16
Parce que c'est vrai que quand on entend diversification, on se dit,
01:18
on investit un peu dans toutes les classes d'actifs et puis c'est bon, on est diversifié.
01:21
Mais de plus en plus d'experts nous disent, attention, beaucoup de classes d'actifs à l'heure actuelle sont corrélées.
01:25
Et du coup, ce n'est pas si bien diversifié que ça si on reste sur cette stratégie.
01:29
Mais on l'a vu en 2022.
01:30
2022, moins 15% sur le marché obligataire, moins 15% sur le marché d'action et diversification n'a pas payé.
01:36
Maintenant, je voudrais qu'on rappelle un élément d'importance dans ce contexte de la diversification.
01:41
C'est originaire de gestion, appétence au risque et puis aussi quelque chose dont on ne parle pas assez.
01:45
Troisième petit bloc fondamental, c'est le fait de conserver sa ligne de conduite.
01:51
D'accord.
01:51
Quel que soit l'état des marchés et surtout lorsque ça se pète la figure, si je puis m'exprimer ainsi.
01:57
Ne pas céder à la panique quand on voit effectivement des annonces politiques qui ont une incidence sur les marchés par exemple.
02:01
On ne cède pas la panique.
02:02
Rappelons-nous au mois de février, le Nasdaq avait perdu un peu plus de 15% en l'espace de très peu de temps.
02:07
Ça rebondit d'autant, voire même plus, assez rapidement après.
02:11
Donc la diversification, dans un patrimoine, il y a du foncier, de l'immobilier et du mobilier.
02:18
Le mobilier, c'est la finance.
02:20
Et dans la finance, il y a du coté et du non-coté.
02:23
Et dans le coté et dans le non-coté, il y a de l'obligation, des actions, du monétaire pour la partie cotée.
02:29
Et donc on voit déjà qu'on a une granularité des investissements qui augmentent avec les positions géographiques,
02:37
qui augmentent avec la devise et qui augmentent avec les secteurs.
02:40
Si jamais on a des diversifications bien comprises dans cet ensemble extrêmement hétérogène,
02:45
on devrait pouvoir faire face à des vicissitudes de marché qu'on ne maîtrise pas.
02:51
Mais alors justement, j'en reviens à ma question.
02:52
Est-ce qu'il faut investir de manière équipondérée dans tout ce que vous venez de citer ?
02:55
Et là, on est suffisamment diversifié ?
02:57
Ou est-ce qu'il faut intégrer avec le biais corrélation également une stratégie un peu différente ?
03:03
C'est vrai qu'on avait l'habitude de dire il y a quelques années le 60-40 actions-obligations.
03:07
Est-ce que c'est toujours le cas aujourd'hui par exemple ?
03:08
Aujourd'hui, bien sûr qu'il ne faut pas être équipondéré parce qu'on ne peut pas raisonner sur des actions de croissance
03:14
de la même manière que sur de l'obligation corporate investment grade.
03:18
Ça n'a pas de sens.
03:20
Il faut conserver une poche de liquidité pour faire face, bien sûr, aux intérêts que pourrait avoir un instant donné de rester sur un marché.
03:27
Première chose, poche de liquidité.
03:29
Deuxième chose, avoir de l'obligataire parce qu'on sait que les taux, s'ils ont moins baissé que ce qu'on attendait,
03:35
ils sont quand même en phase descendante.
03:37
Donc une poche obligataire, ce n'est peut-être pas idiot pour cristalliser un taux.
03:39
Donc l'obligataire, ça reste une stratégie de 2025 ?
03:41
Oui. Aujourd'hui, l'obligation corporate investment grade sur 5 ans, on est à plus de 4%.
03:46
Sur du high yield, on est à plus de 5%, 6%, voire tout dépend après, bien évidemment, la duration et la qualité des émetteurs.
03:53
On a donc de l'intérêt aujourd'hui à cristalliser.
03:55
Troisième chose, des actions, qu'on revienne sur des actions de rendement.
03:59
Les actions de croissance ont fortement cru.
04:01
Nous avons des actions de rendement qui se retrouvent avec une capitalisation inférieure à celle des valeurs de croissance,
04:06
tandis qu'il y a le dividende qui va donner le revenu nécessaire pour satisfaire le besoin d'un client qui se dit
04:15
« Chouette, je n'ai pas gagné en capital, mais j'ai eu mon petit revenu, mon dividende. »
04:20
Donc là, effectivement, actions, obligations.
04:21
Si on reste sur ce sujet, peut-être avant d'aller sur le foncier ou l'immobilier,
04:25
c'est un discours qui est entendu, ça, par les particuliers, quand des CGP l'évoquent auprès de particuliers,
04:29
dans, je le rappelle encore une fois, un contexte où le particulier, on imagine bien qu'il a de moins en moins de capacité
04:35
à se faire des convictions dans un contexte incertain,
04:37
et le CGP doit, lui, avoir des convictions pour rassurer, justement, dans la période.
04:40
Le principal métier de la CGP, c'est de pallier aux carences de l'éducation financière de clients.
04:47
C'est ce que nous faisons chaque rendez-vous, je peux vous garantir, chaque rendez-vous que je fais avec un client,
04:52
j'ai une demi-heure, trois quarts d'heure d'éducation financière.
04:54
D'accord.
04:54
Et on rajoute couche par couche, et au bout d'un moment, il commence à comprendre un peu comment ça fonctionne.
04:58
Et pourquoi il y a un intérêt pour lui à tel ou tel investissement ?
05:01
Donc, si jamais on éduque financièrement, de manière qualitative, son client,
05:06
ça veut donc dire qu'il commence à être habitué à certains discours,
05:08
qu'il a déjà connu des crises, puisque nous ne connaissons que ça, nous l'avons vu en début d'émission.
05:12
Et donc, dans ce contexte-là, la confiance existe, et ils peuvent nous écouter,
05:17
pour peu qu'on ait, bien sûr, conservé cette diversification.
05:20
Donc ça, c'est, là encore, l'éducation, et puis aussi être un frein à la tendance naturelle
05:26
et psychologiquement compréhensible de vendre alors que les soldes démarrent.
05:32
Produits structurés, beaucoup disent que c'est la solution, la réponse au contexte actuel.
05:38
Quel est votre avis sur la question, Benoît Lombard ?
05:40
Les produits structurés sont devenus une classe d'actifs, à part entière.
05:43
Mais si je vous dis que les produits structurés, c'est une solution,
05:46
c'est comme si je vous disais que les six caves, c'est la solution.
05:48
D'accord, ça ne veut rien dire.
05:48
Qu'est-ce qu'on met dedans ? Ça ne veut rien dire.
05:50
Et l'imagination de l'ingénierie financière fait qu'avec des produits structurés,
05:53
on peut créer des produits qui peuvent, par exemple, travailler sur la différence de spread
06:00
entre les taux longs, les taux courts, l'Allemagne, la France.
06:03
Bref, et je ne parle donc pas d'action.
06:04
Bien sûr.
06:05
Et sur les actions, l'imagination est au pouvoir.
06:06
Donc les produits structurés, bien pensés, bien construits,
06:09
qui reposent sur, on va dire, une pluralité de sous-jacents,
06:13
et qui nous donnent des coupons qui sont mesurés, 6, 7, 8, 9.
06:21
Si on vend du 17 ou du 18, il y a un risque.
06:24
Essayons aussi, toute raison gardée, d'éviter d'aller chercher une performance
06:28
qu'on ne pourrait atteindre que dès l'instant où on aurait un alignement des planètes
06:33
qui n'existe pas toujours.
06:35
Bon, il y a effectivement les sujets immobiliers, fonciers,
06:37
alors on ne peut pas dresser toutes les classes d'actifs ici.
06:39
J'ai une question pour vous, Benoît Lombard.
06:41
On voit que se développent beaucoup de solutions aussi
06:43
qui proposent aux épargnants d'investir tout seuls,
06:46
dans un contexte complètement incertain.
06:47
On n'est pas effectivement dans un contexte où il suffit d'investir régulièrement
06:52
sur tel ou tel ETF pour être sûr de faire du rendement.
06:55
Est-ce que le rôle du CGP, le rôle des conseillers en gestion de patrimoine,
06:59
change à l'heure actuelle ?
07:00
Est-ce qu'ils doivent changer d'approche vis-à-vis de leurs clients ?
07:03
Si j'ai un client qui a un horizon de gestion qui est long
07:05
et qui est prêt à supporter un risque complètement dingue,
07:07
qu'il achète un ETF à MSI World, ça va lui satisfaire.
07:10
S'il me dit, ouais, mais non, mon horizon de gestion est inférieur,
07:13
je n'ai pas envie de supporter telle volatilité.
07:16
Mon SRRI risque, il est 4.
07:18
Alors là, rentre en compte l'allocation d'actifs.
07:21
Et si jamais on lui explique la diversification est payante,
07:23
ainsi qu'on vient de le voir,
07:24
parce que, bien évidemment, on panache le risque,
07:27
on divise le risque et on maximise la faculté de pouvoir avoir un gain
07:31
une fois qu'on se retrouve en projection un an, deux ans ou trois ans.
07:35
Eh bien là, le conseiller est indispensable.
07:38
Là, le conseiller palie la carence d'éducation financière dont on a parlé.
07:42
Là aussi, on est capable de pouvoir l'adresser vers des produits structurés,
07:45
évidemment complexes, vers de la dette non cotée.
07:48
Parce que quand on parle de private equity, on n'en a pas beaucoup parlé.
07:50
Il y a le private equity, l'equity,
07:52
mais il y a la dette non cotée dans la classe d'actifs non cotée.
07:55
Et là, sur la dette non cotée, on a des acteurs de référence.
07:57
Nous, on est en train de parler d'un produit.
08:01
On a lancé un produit avec l'acteur de référence
08:03
qui pilote 550 milliards de dollars ou d'euros, je ne sais plus,
08:07
peu importe, pourtant conséquent, dans la dette non cotée.
08:09
Quand on crée un produit avec une duration 4 sur une échelle de 5-6
08:13
et un coupon qu'on attend de 3-4 plus 3-4 de valorisation,
08:17
donc cette suite de rentabilité,
08:18
je peux vous garantir un truc,
08:20
ce n'est pas un ETF qui le fera, ça.
08:22
Merci beaucoup, Benoît Lombard,
08:23
de nous avoir accompagné dans Smart Patrimoine.
08:25
Je rappelle que vous êtes président de Maisons à la Place.
08:27
Merci beaucoup.
08:27
Au revoir, Nicolas.
08:28
Et on se retrouve tout de suite sur le plateau de Smart Patrimoine.
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