00:00Il a fait ses armes chez Nicolas Dupont-Aignan
00:02avant de connaître une ascension
00:04au sein du Rassemblement national.
00:06Mon invité est aujourd'hui député RN de Moselle
00:08et conseiller spécial de Jordane Bardella.
00:11Musique intrigante
00:13...
00:25Bonjour, Alexandre Loubet.
00:27Merci pour votre invitation.
00:29Vous avez acquis une certaine notoriété
00:31à la suite d'une séance de questions au gouvernement.
00:34Une question qui a déclenché pas mal de mouvements.
00:37Vous avez interpellé Bruno Le Maire
00:39sur les enjeux de souveraineté industrielle.
00:41La conclusion de votre intervention, c'était le 11 octobre 2022.
00:45Monsieur Le Maire, vous avez travaillé
00:47pour Dominique de Villepin, qui avait dénoncé la lâcheté
00:50de ceux qui refusent de défendre les intérêts de la France.
00:53Aujourd'hui, le lâche, c'est vous.
00:55Applaudissements
00:57J'ai l'honneur de demander des excuses solennelles
01:00au Rassemblement national pour avoir employé le terme de lâche
01:03à une personne qui a toujours fait preuve de courage
01:06dans son engagement politique depuis 20 ans,
01:09qu'il fait de la politique au service de la France
01:12et des Français.
01:13Applaudissements
01:15...
01:20Vous avez déclenché un incident de séance.
01:22Tout le groupe du Rassemblement national
01:25a quitté l'hémicycle à ce moment-là.
01:27Juste par curiosité, on voit, à ce moment-là,
01:29Marine Le Pen et Bruno Le Maire s'interpeller,
01:32se pointer du doigt mutuellement.
01:34Qu'est-ce qu'ils se sont dit ?
01:36Ecoutez, tout d'abord, cette séquence,
01:38elle me rappelle les débuts de mon mandat.
01:40Je dois vous avouer qu'elle me fait un peu rigoler,
01:43puisque je n'avais jamais été sanctionné
01:45ni au collège ni au lycée, j'étais un élève très modèle.
01:48Il a fallu que j'attende de céger à l'Assemblée nationale
01:51pour être sanctionné, mais en réalité,
01:54cette sanction, je crois que c'est une médaille que j'ai reçue,
01:57parce que je ne sais pas exactement
01:59ce que se sont dit Marine Le Pen et Bruno Le Maire,
02:02en revanche, parce qu'il y avait énormément de brouhaha,
02:05mais la réalité, c'est que j'ai dénoncé la lâcheté
02:08du ministre de l'Economie, et si c'est à refaire,
02:12je le ferai sincèrement,
02:14parce qu'il refuse de défendre les intérêts de la France.
02:18En l'occurrence, j'alertais...
02:20J'alertais.
02:21Sur la façon de vous y prendre...
02:23Sur la façon de nous y prendre,
02:25encore la semaine dernière, un collègue s'est fait insulter
02:28de voyou par un député macroniste, il n'a pas été sanctionné.
02:32Pourtant, il y a eu un énorme brouhaha dans l'Assemblée.
02:35Il y avait ce qu'on appelait à l'époque la stratégie de la cravate,
02:38qui était portée par Marine Le Pen auprès de tous les députés
02:42du groupe RN, cette idée qu'il fallait que les députés
02:44soient polis, courtois, exemplaires,
02:47et là, vous avez agressé verbalement un ministre,
02:49vous avez mis le feu à l'hémicycle.
02:51C'est votre façon de faire de la politique ?
02:54Ca doit être musclé ?
02:55Oui, la politique doit être musclée parfois.
02:58En revanche, le terme de lâche n'est pas une insulte.
03:00Je l'ai vérifié auprès de l'Académie française.
03:03Ce n'est pas une insulte, mais c'est un qualificatif
03:06dépréciatif. La réalité, encore une fois,
03:08c'est que je dénonçais la vente à venir d'une société stratégique,
03:12Excelia, un fleuron industriel, à des intérêts américains.
03:16Cette vente s'inscrivait dans toute une lignée de ventes
03:19de fleurons nationaux, comme Alstom, Alcatel, HGH,
03:23Sorio, la Techwear, la Farge, et j'en passe,
03:26plus récemment, Doliprane,
03:28et que le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire,
03:32a justement fait ses responsabilités
03:34en se faisant passer pour victime.
03:37Je pense qu'il a vu pire, mais vous savez,
03:40en l'occurrence, je pense qu'il a demandé des excuses
03:43qui n'ont pas été formulées.
03:45Je pense que ce sont plutôt les Français
03:48qui devraient lui réclamer des excuses
03:50quand on voit le dérapage des comptes publics.
03:53C'est pas une interview politique, c'est sur la politique,
03:56sur l'engagement, sur la façon de faire de la politique.
03:59Vous avez comparé, un jour, la politique à une drogue.
04:03Quand on commence, on a du mal à s'en passer.
04:05C'est un vrai plaisir.
04:06Une drogue, oui, ça rend indépendant,
04:09mais c'est aussi toxique.
04:10Donc, la politique, ça a aussi une part de toxicité.
04:13Je vais vous faire une confiance,
04:15je n'ai jamais consommé de drogue, je tiens à le signaler.
04:18Peut-être que la comparaison avec un virus serait plus pertinente,
04:22mais je cherche toujours le vaccin.
04:24La politique, c'est extrêmement chronophage.
04:27C'est la part de toxicité ?
04:29En réalité, la politique, c'est un sacerdoce.
04:31C'est-à-dire qu'on se dévoue corps et âme,
04:34on ne compte pas nos heures,
04:35c'est chronophage, notre ennemi principal, c'est le temps,
04:39et tout cela se fait bien souvent
04:41ou en sacrifiant notre vie personnelle, voire familiale.
04:45Vous avez fait vos premiers pas en politique à 18 ans
04:48en créant un syndicat étudiant-souverainiste
04:51à Sciences Po, ça s'appelle encore
04:53Critique de la raison européenne, ça existe encore,
04:56et en rejoignant le parti de Nicolas Dupont-Aignan
04:59à l'époque de Boularepublique.
05:00C'est votre prof d'économie au lycée
05:02qui vous a amené dans un meeting de Nicolas Dupont-Aignan ?
05:06Oui, tout à fait.
05:07J'avais un prof d'économie au lycée avec lui,
05:09qui est, en quelque sorte, mon mentor en politique
05:14et qui partage les mêmes convictions
05:17en faveur de la défense de la souveraineté nationale
05:21et se revendique également d'hugolisme.
05:23C'est la raison pour laquelle je me suis engagé dès 18 ans
05:26au sein du parti de Dupont-Aignan.
05:28Vous avez occupé différentes fonctions,
05:30à la tête du mouvement des jeunes de Debout de la République,
05:34puis vous êtes devenu directeur de la communication de Dupont-Aignan.
05:37C'est une école de la politique pour vous,
05:40de travailler avec lui.
05:41Qu'avez-vous appris ?
05:42C'était une excellente école.
05:44Je peux me permettre d'associer plusieurs de mes collègues,
05:47dont Jean-Philippe Tanguy et Thomas Ménager,
05:50étant donné que nous avons eu très jeune
05:52à exercer des responsabilités au sein d'un petit parti politique,
05:56mais nous avons pu apprendre les méthodes politiques,
05:59nous avons pu bénéficier, justement,
06:01des qualités qu'avait Nicolas Dupont-Aignan,
06:04notamment, qui était un excellent élu local.
06:07Et je crois qu'on a un peu hérité de son obstination
06:11à vouloir défendre nos idées contre vents et marées.
06:14Vous avez fini par rompre avec lui, fin 2020,
06:17quand vous avez compris qu'il refusait
06:19tout rapprochement politique avec Marine Le Pen.
06:21Vous avez quitté Debout la France
06:23avec Jean-Philippe Tanguy et Thomas Ménager.
06:26Vous avez créé un parti, l'Avenir français,
06:28qui se revendique du gaullisme.
06:30C'est comme ça que vous avez été élu député en 2022,
06:33avec le soutien du Rassemblement national.
06:35J'ai lu, dans la presse, que, dès vos années étudiantes,
06:38vous avez côtoyé un groupe
06:40où se mêlaient des militants de l'UMP,
06:42c'était l'UMP à l'époque,
06:44du Front national de la jeunesse et de la droite souverainiste,
06:47dont vous faisiez partie.
06:49Le fameux cordon sanitaire qui existait à l'époque
06:52entre ces partis n'existait pas forcément entre les étudiants.
06:55Je crois que, dans ma génération,
06:57le cordon sanitaire a été brisé
06:59dans des bars parisiens.
07:03Je m'explique.
07:04A l'époque, nous étions tous étudiants.
07:07Je pense à Jordan Bardella,
07:09je pense à Gaëtan Dussosé,
07:11l'ancien patron du FNJ, désormais député.
07:13Je pense à Sarah Knafau,
07:15à beaucoup d'autres personnalités.
07:17Qui a adhéré à votre syndicat.
07:19Absolument. Très bien renseigné.
07:21Et nous avions l'habitude de nous retrouver,
07:24y compris avec des personnes de l'UMP,
07:27qui n'ont pas encore tous franchi le pas,
07:29mais je ne doute pas qu'ils le feront sous peu.
07:32Nous avions l'habitude de nous retrouver pour des soirées.
07:35Nous avions pris conscience
07:36que, malgré nos appartenances partisanes différentes,
07:40on se retrouvait sur l'essentiel,
07:42on partageait exactement le même point de vue
07:44sur 95 % des enjeux.
07:46Je crois que, par conséquent,
07:47on avait tous conscience qu'on finirait par se retrouver.
07:51Aujourd'hui, le RN est le parti dans lequel on se retrouve tous.
07:54Jordan Bardella, vous vous êtes connu à cette époque.
07:57C'était quoi pour vous ?
07:59C'était un ami ? Vous partagez des convictions ?
08:01Vous étiez en opposition sur certains sujets ?
08:04Encore une fois, on était en accord sur à peu près tout.
08:07Sur le fond, peut-être que la stratégie divergeait un peu.
08:10J'étais auprès de Nicolas Ducognon
08:12parce que j'avais la certitude qu'il fallait
08:14qu'une personnalité issue des rangs de la droite
08:17vienne agréger des voix au RN.
08:19Vous savez, j'avais assisté à des meetings du RN en 2012.
08:22Je n'avais même pas l'âge de voter,
08:24j'étais à Toulouse,
08:25et j'avais assisté aux meetings de Marine Le Pen.
08:28Donc, il y avait évidemment une proximité d'idées entre nous.
08:32On le voit sur cette photo lors de ce fameux réveillon.
08:35Au milieu, là, c'est lui.
08:37Jordan Bardella, en fait, c'était un militant à l'époque
08:40et il est encore militant aujourd'hui.
08:42Quand on a milité côte à côte,
08:44même si on n'était pas dans le même parti,
08:46pour défendre les mêmes convictions,
08:48ça crée des liens plus encore renforcés
08:51lorsque l'on passe des soirées ensemble,
08:53des soirées étudiantes.
08:54Vous évoquez ces liens.
08:56Si je vous parle de Jordan Bardella,
08:58c'est parce qu'il a eu un rôle direct dans votre ascension
09:01de fulgurante au sein du Rassemblement national.
09:04Vous êtes étroitement lié à sa propre ascension politique.
09:07C'est lui qui vous a nommé directeur de la communication du RN
09:10dès son élection à la présidence du parti,
09:13lui qui vous a nommé directeur de campagne des Européennes
09:16puis des législatives,
09:17et enfin, conseiller spécial à ses côtés.
09:20Vous lui devez beaucoup.
09:21Je lui dois énormément,
09:23je lui en suis très reconnaissant,
09:24de même qu'à Marine Le Pen.
09:26Ce sont eux qui m'ont permis d'avoir l'investiture
09:30dans ma circonscription,
09:31et mon élection comme député en 2022
09:35et ma réélection en 2024 ont été l'honneur de ma vie.
09:38Mais cette ascension, ça s'explique par ces liens
09:40que vous aviez tissés par le passé,
09:42il y a une complicité et une confiance.
09:44Il y a une complicité, une confiance,
09:46il y a une certaine symbiose dans notre manière de voir la politique
09:50et de faire campagne, c'est important.
09:52Vous savez, quand on mène une campagne
09:55comme celle des élections européennes,
09:57c'est un véritable marathon.
09:59Pendant près d'un an, on se dévoue corps et âme,
10:02jusqu'à pas d'heure le soir,
10:03très tôt le matin,
10:05on affronte énormément d'attaques,
10:08il y a un esprit de camaraderie tranchée,
10:11finalement, qui se développe au sein de l'équipe,
10:15et je crois qu'il est important d'avoir des personnes
10:18sur qui on peut compter et avec qui on partage
10:21de lignes directrices, stratégiques,
10:24une même vision, finalement,
10:26et je crois qu'on travaille extrêmement bien ensemble
10:29dans un rapport de confiance.
10:31Vous devez aussi votre ascension politique
10:33à vos qualités dans un domaine précis, la communication.
10:36Vous avez exercé vos conseils en communication
10:39auprès de Nicolas Dupont-Aignan, au sein du RN,
10:42pendant la campagne de Marine Le Pen en 2022.
10:44Est-ce que, finalement,
10:46ce n'est pas ça ce qui vous caractérise le plus,
10:48ce côté stratège politique,
10:50spin doctor, comme disent les Anglo-Saxons,
10:53si on peut dire,
10:54est-ce que ce n'est pas ce que vous aimez le plus en politique ?
10:57Non. Ce que j'aime le plus, c'est l'humain.
11:00Je le dis sincèrement, c'est l'humain.
11:02On témoigne mon omniprésence sur le terrain,
11:05dans ma circonscription en Moselle,
11:07le fait que je multiplie sans arrêt les déplacements,
11:10les rencontres, les rendez-vous auprès des particuliers,
11:13des élus, des entreprises, des associations.
11:15C'est ce que j'aime le plus dans cette aventure,
11:18une aventure intergénérationnelle,
11:20avec différents horizons, finalement, sociaux, professionnels.
11:25Effectivement, j'ai une prédilection
11:27pour les enjeux de communication.
11:29Je sais faire campagne,
11:31parce que j'ai appris à faire campagne,
11:33notamment auprès de Nicolas Dupont-Aignan,
11:36mais je vous rassure, ni Marine Le Pen ni Jordan Bardella
11:39n'ont besoin de moi pour réaliser
11:41les scores historiques récents qu'on a pu avoir.
11:44En revanche, comme beaucoup de militants,
11:46j'ai mon modeste niveau et je continuerai à le faire.
11:49On va passer à notre quiz.
11:50Conclusion de l'émission.
11:52L'idée, c'est de compléter les phrases que je vais vous proposer.
11:56Avec Jean-Philippe Tanguy et Thomas Ménager,
11:58on garde en commun...
12:00Notre amour de la France et notre amitié.
12:02Ceux qui disent que je suis le gendre idéal,
12:04ça revient parfois dans les portraits de vous ?
12:07Ca revient très souvent.
12:08Ca revient très souvent.
12:10Je n'aime pas souvent citer Marine Le Pen,
12:13mais je vais me souvenir qu'une fois,
12:15elle m'avait dit, à l'approche des élections législatives de 2022,
12:18quand elle avait vu mon affiche,
12:20que je allais faire voter les mamans et les mamies.
12:23C'est une phrase qui m'avait beaucoup fait rire.
12:26Gendre idéale, je ne sais pas.
12:28Je le pense.
12:29En tout cas, je cherche toujours ma belle-mère.
12:33Rires
12:34Enfin, j'ai gardé de l'Ariège.
12:37J'ai gardé de l'Ariège mon amour pour la campagne,
12:41ma famille, qui est toujours là-bas,
12:43et je fais des infidélités à ma circonscription de la Moselle
12:46une fois par an, à l'approche de Noël,
12:49parce qu'effectivement, je retourne en famille
12:51pour fêter Noël.
12:52Vous n'avez pas gardé l'accent ?
12:54Je n'ai pas gardé l'accent.
12:56Je suis en train d'adopter l'accent moselland,
12:59car j'ai été parachuté, je l'ai toujours assumé,
13:01mais depuis mon annonce de candidature en 2022,
13:04je vis dans ma circonscription
13:06et je compte bien y rester très longtemps
13:09pour continuer d'être à l'écoute et de défendre les Mosellands.
13:12Merci, Alexandre Loubet.
13:14SOUS-TITRAGE RED BEE MEDIA
13:17Générique
13:19...
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