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  • il y a 2 ans
L’auteur et producteur Hugues de Rosamel, nous raconte comment et pourquoi il s’est mis à produire sa propre pièce et tous ses enjeux financiers. Et comment le besoin de s’auto-produire s’est imposé pour pouvoir être pris dans un théâtre parisien !

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00:00Bonjour Hugues de Rosabelle et merci d'être là, vous êtes l'auteur et le producteur de Livraison
00:09Comprise et nous sommes là pour parler des aspects financiers de la production. Qu'est-ce
00:13qui vous a amené à produire votre propre pièce ? Une aventure qui est un peu similaire à l'aventure
00:20de l'écriture. J'ai écrit la pièce, quand on écrit une pièce, on est tout seul, on ne sait pas
00:25où on va et l'aventure a démarré et puis ça a pris un peu d'ampleur. J'ai deux merveilleux
00:34comédiens avec moi et pour avancer il n'y avait pas tellement d'autres solutions que de mouiller
00:40la chemise, de créer pour les compagnies pour pouvoir avancer et puis et puis prospérer,
00:48essayer d'avoir des représentations et c'est comme ça qu'on a réussi à aller au théâtre et
00:53Berthaud mais auparavant il y a tout un travail qui ne peut pas se faire si on n'a pas une
00:58structure pour monter la pièce. Et vous avez mis combien de temps finalement entre le début et
01:05l'arrivée au studio et Berthaud ? Il s'est écoulé un peu plus de deux ans. Il y a la rencontre avec
01:12les comédiens, il y a la lecture, il faut que ça prenne entre les comédiens et puis ça prend un
01:19peu plus d'ampleur. On fait quelques lectures et puis la question se pose où va-t-on ? Est-ce
01:25qu'on peut la jouer ? Et à partir du moment où on veut jouer la pièce, il faut créer l'affiche,
01:29il faut faire des résidences. Tout ça a un coût et puis on a eu la chance de pouvoir créer la
01:33pièce l'année dernière en Normandie dans un festival qui s'appelle le Théâtre au Château et
01:39le retour du public était tel qu'on s'est dit bon allez, il faut passer au dessus et donc là on est
01:45parti à vitesse supérieure pour aller démarcher l'État de Parisien et à la lecture le Théâtre
01:50et Berthaud à Paris. Et quant au financement, comment ça se passe ? Ça paraît assez obscur
01:57pour tout le monde. Comment ça s'est passé pour vous si vous pouvez en parler ? Oui, c'était une
02:03découverte parce que la production est née pour monter livraison comprise. Alors il y a eu un
02:13alignement d'étoiles qui a fait que je me suis dit bon, je vais casser une tirelire privée pour
02:19pour amorcer la pompe. On va faire un financement participatif et puis l'autre partie, on espère
02:28avoir des recettes. Au fin de compte, quand on commence une production de théâtre, on ne sait
02:33pas trop où on va. Quand on écrit une pièce, on ne sait pas si elle va bonne, si elle va plaire.
02:38Et quand on produit une pièce, comme le chantait Sardou, le public est un mystère. Donc on ne sait
02:43pas du tout s'il va y avoir du monde. On ne sait pas trop où on va, mais c'est un pari et il faut
02:50passer par là. Et Paris est un pari également dans la suite et dans la progression de
02:57l'aventure. Alors il faut mettre les choses sur la table. Qu'est-ce qu'il me faut ? Le décor, les
03:04costumes, créer une affiche, créer tous les supports et puis trouver des résidences, financer
03:12les comédiens, bien évidemment. Et donc on part un peu dans l'inconnu, mais on établit un budget.
03:20C'est compliqué de se dire qu'on va avoir un retour sur investissement, sur un investissement.
03:26Là, dans le cadre du Studio Eberto, on va jouer 24 représentations, plus j'espère. En fait, c'est
03:32une rampe de lancement. Il ne faut pas se dire qu'on va avoir un retour sur investissement tout de suite
03:36au bout de 24 représentations, parce que le système fait que ce n'est pas évident. Mais si
03:42on ne passe pas par là, on ne peut pas aller plus loin. Oui, bien sûr. Et comment vous avez pu répondre,
03:47coordonner les besoins créatifs avec les enjeux financiers, votre propre cagnotte ?
03:54Alors là, c'est un peu le système D, c'est un man in France. Donc avec Olivier, le
04:03metteur en scène, on a vu ce qu'il fallait. J'ai vu dans mon entourage, j'ai la chance d'avoir des
04:10talents. Donc on a fait travailler autour de nous les talents, on a fait des devis, on a vu un peu
04:16à quelle hauteur ça pouvait se monter en termes de dépenses.
04:22Et puis après, il y a une part de risque. On y va, parce que sinon, on ne bouge pas. Et puis voilà,
04:28on espère qu'on aura du succès, etc. Mais au début, voilà, on sait les coûts
04:33de fabrication de la pièce. Après, il y a le coût quand on est au théâtre, parce qu'on est en
04:40co-réalisation avec le théâtre, le studio Iberto. Et donc là, on repart sur une autre aventure. C'est
04:46pour ça qu'on fait aussi un financement participatif pour aider le projet. Et co-réalisation ne veut
04:52pas dire co-financement ? Non, non, pas du tout. La co-réalisation, en fait, c'est un... Le théâtre
04:59met à la disposition de la compagnie son infrastructure, son... Tout ce qui est le
05:08domaine technique. Ça a un coût, donc il y a un loyer qui est dans le contrat. Et la compagnie,
05:15elle, arrive évidemment avec le décor, s'occupe du cachet des comédiens, des droits d'auteur. Et
05:20voilà, c'est une répartition des coûts et des services, en quelque sorte. La co-réalisation,
05:27un théâtre va vous dire, moi, je veux pour chaque représentation, je vais prendre un chiffre ou
05:32n'importe quoi, 100 euros par représentation. Si vous arrivez, la recette est en dessous de 100
05:38euros, la compagnie va compenser. Si c'est au-dessus de 100 euros, 150, les 50 euros sont
05:44pour la compagnie, les 100 pour le théâtre. Et quand on arrive à 200, en fonction des théâtres,
05:49là c'est 50-50. Donc si on fait 300, c'est 150-150. Et le théâtre avec ses 150 paye ses charges,
05:55et la compagnie avec les 150 rembourse, paye ses comédiens. Donc voilà, c'est pour ça que c'est
06:01une aventure à long terme. Ça ne peut pas être à court terme pour avoir un retour sur investissement.
06:08Si on pense gagner de l'argent tout de suite, on va droit à l'échec. Si on en gagne, ce sera plus
06:13tard. Pour l'instant, quand on va revendre, s'il y a des prolongations, voilà. C'est un pari sur
06:17l'avenir. C'est un passage obligatoire. Oui, oui, bien sûr. Et exaltant. Bien sûr. Et vous êtes
06:22enfin à Paris, au Studio Héberto. Ça, c'est formidable. Et chaque théâtre a sa façon de
06:26fonctionner. Beaucoup marchent en co-réalisation. Et on fonctionne à peu près de la même façon.
06:34Après, les détails des contrats, c'est spécifique. Avec des coproductions ? Il peut y avoir des
06:39coproductions de théâtre. Tout dépend de la structure du théâtre. Là, le Studio Héberto,
06:46c'est de la co-réalisation. D'accord. Chéri, quels sont les outils de communication que vous
06:52avez créés et donc payés aussi, pour aider ? Alors là aussi, j'ai fait appel à des talents
06:58de proximité. Quand on lance une pièce, il faut créer la fiche. Ça, c'est très amusant à faire,
07:06puisqu'on échange avec les graphistes. Il y a la fiche à créer parce que ça doit être le
07:12premier tap à l'œil. Ensuite, la pièce exige deux choses très particulières. Un colis,
07:19puisque le pitch, c'est lorsqu'une femme se fait livrer l'homme de sa vie. Donc, il ne vient pas
07:24en valise, il vient dans un colis. Donc, le colis, il fallait le concevoir, trouver un système qui
07:30fasse qu'il puisse être monté, démonté, qu'il puisse ne pas être trop lourd, répondre à un
07:35cahier des charges. En fait, on a vu ça avec Olivier. Donc, il y a la société TAD, qui est
07:40en Normandie, qui s'est penchée dessus et on a travaillé ensemble. Et on est arrivé, je crois,
07:46avec plusieurs essais. Ça aussi, ce sont des coups, mais on est bien obligés et tant mieux,
07:53d'ailleurs. Donc, de passer par là. Ensuite, dans la pièce, c'est la société Atouker qui livre. Donc,
08:02il a fallu créer un logo. Donc, là aussi, la société Avomar, qui est nantaise. On a
08:08travaillé ensemble sur une idée de logo. Et puis après, donc ça, c'est important parce que ça
08:14donne une image sur tous les supports, sur les flyers, sur les affiches. Puis après,
08:19alors le studio Héberteau, on lui donne des maquettes, il édite, il imprime des flyers,
08:26des affiches. Il y a aussi un dossier de presse qu'on a créé pour se faire connaître et pouvoir
08:34diffuser. Et toujours en reprenant le logo, la caisse, on a une empreinte. Tout harmonie.
08:45Tout harmonisé, puis choix des couleurs. Enfin, voilà quoi, c'est tout ça, le support. Alors,
08:50on fait une captation aussi le 18 et puis à vous. Et bien, voilà, c'est parfait.
08:57La transcène qui nous aide aussi et c'est fantastique. Merci. En plus, c'est votre
09:00première émission, donc on est très heureux de l'inaugurer. Merci beaucoup Hubert de Rosamel,
09:05auteur et donc producteur de livraison comprise. Donc, pièce jouée au studio Héberteau du 15
09:10septembre au 4 décembre. Merci beaucoup à tous nos invités, Olivier Ardoin, comédien,
09:16Brigitte Froman, comédienne, Hugues de Rosamel, auteur et producteur et Thierry de Carbonnières,
09:22metteur en scène. Merci à vous tous de nous avoir suivis pour cette première émission de
09:27Scènes en lumière. Nous nous donnons rendez-vous le mois prochain pour de nouvelles aventures sur
09:33Be Smart For Change. Au revoir et à bientôt.
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