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  • il y a 2 jours
Ce vendredi 16 octobre, les réactions du grand public et des politiques face à la récente hausse des taux d'intérêt ont été abordées par Marc Fiorentino et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à le Chypre, il y a Marc Fiorentino comme tous les vendredis sur ce plateau.
00:04Et cette question avec la récente...
00:05J'aimerais bien faire seul en fait une fois ce débat.
00:07Sans blague, franchement Marc Fiorentino.
00:11Être face à le Chypre mais sans le Chypre.
00:13Bon, face à la récente hausse des taux, vous me perturbez.
00:18Le grand public et les politiques ont-ils compris la gravité de la situation ?
00:23Oui, alors moi je suis très surpris.
00:25Je sais que l'ambiance est au pessimisme extrême.
00:28Et je trouve qu'en fait, les gens que Emmanuel méprise, c'est-à-dire les marchés financiers, ont réussi
00:36leur coup.
00:36C'est-à-dire que quand je vois aujourd'hui les sondages qui disent que dans les préoccupations des Français,
00:43la dette est devenue une des préoccupations majeures.
00:45Quand je vois que dans les conférences de presse sur les présentations des programmes économiques,
00:54même celui de Mélenchon cette semaine, dans lequel on ne va pas parler de voler évidemment impôts,
01:01mais on voit que sur la dette, il dit qu'il faut réduire la dette.
01:06Alors bon, on connaît ses idées sur l'annulation de la dette, mais il dit quand même, il dit quand
01:10même, il faut réduire la dette.
01:11Quand on a vu la présentation du programme économique de Marine Le Pen, où je me suis pensé en me
01:17disant,
01:17mais c'est pas possible, c'est elle qui parle de règles d'or, de réduction des déficits, d'efforts
01:22à faire.
01:23Enfin, je trouve qu'il y a un élément qui est extrêmement positif, c'est qu'il y a un
01:27changement de ton total
01:28qui est en train d'infuser le sujet de la dette, le sujet de l'économie, est devenu un sujet
01:35principal des élections.
01:36Alors, entre ça et la réalité, l'exécution, on est quand même très loin, je suis d'accord,
01:42mais je trouve que c'est un élément extrêmement positif.
01:44Ça fait des mois, des années qu'on alerte un peu dans le vide, ici, partout, en disant,
01:51attention, on est vraiment dans une situation qui est très difficile, la dette, c'est vraiment un problème,
01:55les taux d'intérêt, c'est vraiment un problème, le déficit, c'est vraiment un problème.
01:58Et aujourd'hui, on a l'impression qu'enfin, on nous écoute.
02:02Les sujets sont posés, est-ce que pour autant, c'est la réalité ou c'est de la com' Emmanuel
02:06?
02:06C'est ça le problème des gens de marché, c'est qu'ils ont la mémoire courte, c'est des
02:09poissons.
02:10Parce qu'en fait, la réalité, c'est que Marc nous dit, ah super, dans les sondages,
02:15les Français se préoccupent de la dette.
02:17La réalité, c'est que quand on les interroge depuis 20 ans, il y a 75 à 80% des
02:21Français,
02:22depuis 20 ans, qui considèrent que la dette, c'est un problème.
02:26Du côté des politiques, c'est pareil, ils tirent tous la sonnette d'alarme.
02:29Depuis des années, vous reprenez, alors j'ai repris, il y a des déclarations de Michel Rocard,
02:33la maîtrise des dépenses publiques et sociales s'imposent,
02:36car tout élordissement de la dette publique se paye un jour par une limitation de la croissance.
02:41Chirac, François Fillon, le célèbre, je suis à la tête, d'un État en faillite, Bruno Le Maire, etc.
02:46Pareil, tous les politiques, et ne parlons pas de François Bayrou,
02:49qui depuis 2007 a fait de la réduction de la dette l'objectif numéro un de son programme.
02:55Quand François Fillon dit l'État est en faillite, personne ne l'entend.
02:58C'est-à-dire que ça ne passe pas, je ne suis pas d'accord du tout avec Emmanuel.
03:01Évidemment, ça n'a jamais été une préoccupation majeure des Français.
03:05Ni la dette, ni la situation financière, ni le déficit.
03:09Il y avait de temps en temps un ou deux politiques un peu réalistes
03:12qui essaient de tirer la sonnette d'alarme.
03:14Ils étaient totalement inaudibles.
03:15Ce n'est pas du tout le cas aujourd'hui.
03:17Aujourd'hui, nous on voit bien, même autour de nous,
03:20dans les métiers du conseil en gestion de patrimoine, de la banque,
03:25on voit une inquiétude, une inquiétude réelle.
03:26Pourquoi ? Parce que la hausse des taux commence à toucher directement la vie quotidienne des Français.
03:31C'est-à-dire qu'ils veulent faire un prêt immobilier, on leur dit
03:33« Ben non, tes revenus ne te permettent pas d'emprunter. »
03:37Ils ont des prêts à la consommation, les taux augmentent.
03:39Et donc, ils sont aujourd'hui conscients du problème.
03:42Donc là où je ne suis pas du tout d'accord avec Emmanuel,
03:44je suis beaucoup plus positif.
03:45C'est que je trouve que d'abord, un, c'était,
03:48ils citent quelques personnes qui sont des personnes
03:50qui ont toujours milité pour la réduction des déficits budgétaires.
03:5380% des Français qui s'inquiètent de la dette depuis 25 ans.
03:57On ne peut pas dire qu'il y a une prise de conscience.
03:59Aujourd'hui, ce qui est très intéressant,
04:02c'est qu'on regarde tout le spectre politique.
04:05Bon, il n'y a pas que David Lissnard qui parle de la réduction de la dette.
04:09C'est lui qui l'a porté, cette idée.
04:11Mais aujourd'hui, on voit Marine Le Pen qui en parle.
04:14On voit Mélenchon.
04:15Je me suis pincé de dire qu'il faut réduire la dette.
04:19Je pensais qu'il avait bu quelque chose.
04:22Évidemment, les gouvernements centristes,
04:24même si certains ont oublié qu'ils étaient aux commandes
04:26et qu'ils n'ont rien fait, mais ils en parlent.
04:28Est-ce que la nature de l'inquiétude a changé ?
04:30On nous rabâche les exemples de la Grèce, de l'Italie.
04:34Est-ce que peut-être que c'est ça ?
04:36On se rend compte davantage de ce qui pourrait nous tomber dessus ?
04:39Mais pas du tout, puisque la preuve, c'est que quand vous demandez aux gens...
04:42D'abord, un, sur la prise de conscience de la dette,
04:45ça fait 25 ans que les Français sont conscients.
04:47Mais non, il y a 25 ans, on n'avait pas la Grèce.
04:48Arrête de faire ton contestataire.
04:50Non, mais c'est faux.
04:51Mais ce n'est pas faux, il y a des chiffres.
04:52C'est faux, ce n'est pas une question de chiffres.
04:54Mais si, c'est une question de chiffres.
04:5580% des Français, et si tu crois, et alors en plus, la naïf, c'est totale.
05:00En 2022, la dette n'était pas un sujet.
05:04Il y a des arracheurs de dents comme Marine Le Pen et LFI
05:08qui vous disent, ah bah oui, regardez les programmes.
05:10Mais qu'est-ce qui s'est passé hier à l'Assemblée ?
05:11Parce que c'est ça le problème, c'est que sur le principe,
05:13tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil,
05:15on va réduire la dette.
05:16Mais encore une fois, dès qu'il s'agit de rentrer dans le concret,
05:19de faire des efforts, qu'est-ce qu'on fait ?
05:20Est-ce que les Français sont faits à des plans de rigueur ?
05:22Non, il y a les trois quarts des Français qui ne veulent pas d'austérité,
05:26qui ne veulent pas faire d'efforts.
05:27Il y a effectivement ce qui s'est passé à l'Assemblée hier soir,
05:30parce que quand on rentre dans le concret, c'est ça qui se passe.
05:32Dès qu'il s'agit de demander un effort supplémentaire aux retraités, etc.,
05:36ah bah non, tout le monde est contre, sauf le bloc central.
05:40Emmanuel oublie juste un truc, c'est qu'on est à quelques mois des élections
05:45et qu'on est dans un jeu de rôle.
05:47C'est-à-dire qu'effectivement, quand on est confronté aujourd'hui au budget,
05:51chacun essaye de soigner sa base électorale.
05:54Le Cornu dit que ça va se préciser en décembre.
05:56Non, exactement, et puis je pense que de toute façon,
05:58là on verra qui est responsable et qui est responsable.
06:01Ça, c'est peut-être le seul point sur lequel je suis d'accord avec Emmanuel.
06:03C'est qu'aujourd'hui, une fois qu'on a eu la prise de conscience publique,
06:06je m'excuse Emmanuel, mais en 2022, je crois que je n'ai jamais entendu personne
06:10parler de la dette en termes de...
06:12Et ce n'était pas du tout une préoccupation des électeurs, pas du tout.
06:15Et ni en 2017.
06:17Donc c'est la première fois, première élection,
06:19que c'est une préoccupation majeure.
06:21Ça, c'est le premier élément.
06:22Le deuxième élément, c'est qu'aujourd'hui, on va pouvoir déterminer,
06:26là je suis d'accord avec Emmanuel,
06:27le niveau de responsabilité ou d'irresponsabilité des politiques
06:32par rapport au budget de Lecornu.
06:34Pour moi, le budget de Lecornu, il n'y a pas de question,
06:37il faut l'adopter sans se poser aucune question,
06:39quel que soit son bord politique, qu'on soit libéral,
06:42qu'on soit social-démocrate, qu'on soit socialiste,
06:44mais ça ne sera pas le cas.
06:45Ça sera le cas.
06:46Ça sera le cas, c'est-à-dire qu'il n'y aura pas de...
06:49Je pense que, par exemple, on aura la surprise
06:51de voir le Rassemblement national ne pas censurer le gouvernement.
06:55Mais bien sûr que non.
06:55Mais bien sûr que non.
06:56Et ou alors ça se terminera en 49.3.
06:58Oui.
06:59Mais regardez, comment...
07:00Mais 49.3 sans censure, c'est exactement la même chose.
07:03Vous pouvez faire confiance à des gens, par exemple,
07:06qui vous disent qu'il faut certes, effectivement,
07:08faire une règle d'or, etc.
07:10Et qui vous disent en même temps,
07:11il faut baisser massivement les taxes sur les carburants.
07:14Non, mais c'est pas celui-là que tu es en train de dire
07:15est-ce que je fais confiance au programme politique
07:18de Rassemblement national ?
07:19La réalité, c'est que dans les faits...
07:20Et la réponse est non.
07:22La réponse est non.
07:22Dans les faits...
07:23Mais la question, c'est est-ce qu'aujourd'hui,
07:25dans leur discours, au moins, dans leur discours, au moins,
07:28il y a un changement ton ?
07:30Eh les filles, c'est très fantaisiste encore.
07:32Mais on commence à voir...
07:33Hormis la présentation des programmes, Marc,
07:35que tu souviens tout à l'heure,
07:37il n'y a rien dans les faits
07:39qui montre concrètement que tous ces partis
07:41sont prêts à faire des efforts...
07:44Non, mais il y a juste un petit changement.
07:46C'est qu'on n'a plus le choix.
07:47Et la dette...
07:47Non, mais ils ont compris qu'on n'avait plus le choix.
07:49C'est-à-dire qu'ils ont compris que grâce à nous,
07:52grâce aux hommes de marché,
07:53ils ont compris aux femmes de marché,
07:54que tu méprises...
07:56Je te renvoie à ce qu'a publié l'OFCE hier.
07:59C'est que, grosso modo,
08:00plus de la moitié de cette hausse des taux d'intérêt,
08:03elle n'est pas liée à des phénomènes français.
08:05C'est un phénomène qui vient notamment des Etats-Unis.
08:07Il y a une petite partie française.
08:08Excuse-moi, le spread entre l'Allemagne et la France
08:11est passé de 60 à 140 points.
08:14Merci, messieurs.
08:15Je suis d'accord avec toi sur ce point,
08:16mais en réalité...
08:17Non, je préfère faire ça.
08:18Ça n'a pas de...
08:21Face à le chiffre,
08:22tous les jours, à 8h40...
08:25Il y a trop de mauvaises fois.
08:26Il y a des gens qui ont la mémoire longue
08:27et il y a des gens qui sont des poissons dans un bocat.
08:28Merci, messieurs.
08:29Merci à vous aussi d'avoir suivi la matinale de l'économie.

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