00:00Face à le Chypre, il y a Marc Fiorentino comme tous les vendredis sur ce plateau.
00:04Et cette question avec la récente...
00:05J'aimerais bien faire seul en fait une fois ce débat.
00:07Sans blague, franchement Marc Fiorentino.
00:11Être face à le Chypre mais sans le Chypre.
00:13Bon, face à la récente hausse des taux, vous me perturbez.
00:18Le grand public et les politiques ont-ils compris la gravité de la situation ?
00:23Oui, alors moi je suis très surpris.
00:25Je sais que l'ambiance est au pessimisme extrême.
00:28Et je trouve qu'en fait, les gens que Emmanuel méprise, c'est-à-dire les marchés financiers, ont réussi
00:36leur coup.
00:36C'est-à-dire que quand je vois aujourd'hui les sondages qui disent que dans les préoccupations des Français,
00:43la dette est devenue une des préoccupations majeures.
00:45Quand je vois que dans les conférences de presse sur les présentations des programmes économiques,
00:54même celui de Mélenchon cette semaine, dans lequel on ne va pas parler de voler évidemment impôts,
01:01mais on voit que sur la dette, il dit qu'il faut réduire la dette.
01:06Alors bon, on connaît ses idées sur l'annulation de la dette, mais il dit quand même, il dit quand
01:10même, il faut réduire la dette.
01:11Quand on a vu la présentation du programme économique de Marine Le Pen, où je me suis pensé en me
01:17disant,
01:17mais c'est pas possible, c'est elle qui parle de règles d'or, de réduction des déficits, d'efforts
01:22à faire.
01:23Enfin, je trouve qu'il y a un élément qui est extrêmement positif, c'est qu'il y a un
01:27changement de ton total
01:28qui est en train d'infuser le sujet de la dette, le sujet de l'économie, est devenu un sujet
01:35principal des élections.
01:36Alors, entre ça et la réalité, l'exécution, on est quand même très loin, je suis d'accord,
01:42mais je trouve que c'est un élément extrêmement positif.
01:44Ça fait des mois, des années qu'on alerte un peu dans le vide, ici, partout, en disant,
01:51attention, on est vraiment dans une situation qui est très difficile, la dette, c'est vraiment un problème,
01:55les taux d'intérêt, c'est vraiment un problème, le déficit, c'est vraiment un problème.
01:58Et aujourd'hui, on a l'impression qu'enfin, on nous écoute.
02:02Les sujets sont posés, est-ce que pour autant, c'est la réalité ou c'est de la com' Emmanuel
02:06?
02:06C'est ça le problème des gens de marché, c'est qu'ils ont la mémoire courte, c'est des
02:09poissons.
02:10Parce qu'en fait, la réalité, c'est que Marc nous dit, ah super, dans les sondages,
02:15les Français se préoccupent de la dette.
02:17La réalité, c'est que quand on les interroge depuis 20 ans, il y a 75 à 80% des
02:21Français,
02:22depuis 20 ans, qui considèrent que la dette, c'est un problème.
02:26Du côté des politiques, c'est pareil, ils tirent tous la sonnette d'alarme.
02:29Depuis des années, vous reprenez, alors j'ai repris, il y a des déclarations de Michel Rocard,
02:33la maîtrise des dépenses publiques et sociales s'imposent,
02:36car tout élordissement de la dette publique se paye un jour par une limitation de la croissance.
02:41Chirac, François Fillon, le célèbre, je suis à la tête, d'un État en faillite, Bruno Le Maire, etc.
02:46Pareil, tous les politiques, et ne parlons pas de François Bayrou,
02:49qui depuis 2007 a fait de la réduction de la dette l'objectif numéro un de son programme.
02:55Quand François Fillon dit l'État est en faillite, personne ne l'entend.
02:58C'est-à-dire que ça ne passe pas, je ne suis pas d'accord du tout avec Emmanuel.
03:01Évidemment, ça n'a jamais été une préoccupation majeure des Français.
03:05Ni la dette, ni la situation financière, ni le déficit.
03:09Il y avait de temps en temps un ou deux politiques un peu réalistes
03:12qui essaient de tirer la sonnette d'alarme.
03:14Ils étaient totalement inaudibles.
03:15Ce n'est pas du tout le cas aujourd'hui.
03:17Aujourd'hui, nous on voit bien, même autour de nous,
03:20dans les métiers du conseil en gestion de patrimoine, de la banque,
03:25on voit une inquiétude, une inquiétude réelle.
03:26Pourquoi ? Parce que la hausse des taux commence à toucher directement la vie quotidienne des Français.
03:31C'est-à-dire qu'ils veulent faire un prêt immobilier, on leur dit
03:33« Ben non, tes revenus ne te permettent pas d'emprunter. »
03:37Ils ont des prêts à la consommation, les taux augmentent.
03:39Et donc, ils sont aujourd'hui conscients du problème.
03:42Donc là où je ne suis pas du tout d'accord avec Emmanuel,
03:44je suis beaucoup plus positif.
03:45C'est que je trouve que d'abord, un, c'était,
03:48ils citent quelques personnes qui sont des personnes
03:50qui ont toujours milité pour la réduction des déficits budgétaires.
03:5380% des Français qui s'inquiètent de la dette depuis 25 ans.
03:57On ne peut pas dire qu'il y a une prise de conscience.
03:59Aujourd'hui, ce qui est très intéressant,
04:02c'est qu'on regarde tout le spectre politique.
04:05Bon, il n'y a pas que David Lissnard qui parle de la réduction de la dette.
04:09C'est lui qui l'a porté, cette idée.
04:11Mais aujourd'hui, on voit Marine Le Pen qui en parle.
04:14On voit Mélenchon.
04:15Je me suis pincé de dire qu'il faut réduire la dette.
04:19Je pensais qu'il avait bu quelque chose.
04:22Évidemment, les gouvernements centristes,
04:24même si certains ont oublié qu'ils étaient aux commandes
04:26et qu'ils n'ont rien fait, mais ils en parlent.
04:28Est-ce que la nature de l'inquiétude a changé ?
04:30On nous rabâche les exemples de la Grèce, de l'Italie.
04:34Est-ce que peut-être que c'est ça ?
04:36On se rend compte davantage de ce qui pourrait nous tomber dessus ?
04:39Mais pas du tout, puisque la preuve, c'est que quand vous demandez aux gens...
04:42D'abord, un, sur la prise de conscience de la dette,
04:45ça fait 25 ans que les Français sont conscients.
04:47Mais non, il y a 25 ans, on n'avait pas la Grèce.
04:48Arrête de faire ton contestataire.
04:50Non, mais c'est faux.
04:51Mais ce n'est pas faux, il y a des chiffres.
04:52C'est faux, ce n'est pas une question de chiffres.
04:54Mais si, c'est une question de chiffres.
04:5580% des Français, et si tu crois, et alors en plus, la naïf, c'est totale.
05:00En 2022, la dette n'était pas un sujet.
05:04Il y a des arracheurs de dents comme Marine Le Pen et LFI
05:08qui vous disent, ah bah oui, regardez les programmes.
05:10Mais qu'est-ce qui s'est passé hier à l'Assemblée ?
05:11Parce que c'est ça le problème, c'est que sur le principe,
05:13tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil,
05:15on va réduire la dette.
05:16Mais encore une fois, dès qu'il s'agit de rentrer dans le concret,
05:19de faire des efforts, qu'est-ce qu'on fait ?
05:20Est-ce que les Français sont faits à des plans de rigueur ?
05:22Non, il y a les trois quarts des Français qui ne veulent pas d'austérité,
05:26qui ne veulent pas faire d'efforts.
05:27Il y a effectivement ce qui s'est passé à l'Assemblée hier soir,
05:30parce que quand on rentre dans le concret, c'est ça qui se passe.
05:32Dès qu'il s'agit de demander un effort supplémentaire aux retraités, etc.,
05:36ah bah non, tout le monde est contre, sauf le bloc central.
05:40Emmanuel oublie juste un truc, c'est qu'on est à quelques mois des élections
05:45et qu'on est dans un jeu de rôle.
05:47C'est-à-dire qu'effectivement, quand on est confronté aujourd'hui au budget,
05:51chacun essaye de soigner sa base électorale.
05:54Le Cornu dit que ça va se préciser en décembre.
05:56Non, exactement, et puis je pense que de toute façon,
05:58là on verra qui est responsable et qui est responsable.
06:01Ça, c'est peut-être le seul point sur lequel je suis d'accord avec Emmanuel.
06:03C'est qu'aujourd'hui, une fois qu'on a eu la prise de conscience publique,
06:06je m'excuse Emmanuel, mais en 2022, je crois que je n'ai jamais entendu personne
06:10parler de la dette en termes de...
06:12Et ce n'était pas du tout une préoccupation des électeurs, pas du tout.
06:15Et ni en 2017.
06:17Donc c'est la première fois, première élection,
06:19que c'est une préoccupation majeure.
06:21Ça, c'est le premier élément.
06:22Le deuxième élément, c'est qu'aujourd'hui, on va pouvoir déterminer,
06:26là je suis d'accord avec Emmanuel,
06:27le niveau de responsabilité ou d'irresponsabilité des politiques
06:32par rapport au budget de Lecornu.
06:34Pour moi, le budget de Lecornu, il n'y a pas de question,
06:37il faut l'adopter sans se poser aucune question,
06:39quel que soit son bord politique, qu'on soit libéral,
06:42qu'on soit social-démocrate, qu'on soit socialiste,
06:44mais ça ne sera pas le cas.
06:45Ça sera le cas.
06:46Ça sera le cas, c'est-à-dire qu'il n'y aura pas de...
06:49Je pense que, par exemple, on aura la surprise
06:51de voir le Rassemblement national ne pas censurer le gouvernement.
06:55Mais bien sûr que non.
06:55Mais bien sûr que non.
06:56Et ou alors ça se terminera en 49.3.
06:58Oui.
06:59Mais regardez, comment...
07:00Mais 49.3 sans censure, c'est exactement la même chose.
07:03Vous pouvez faire confiance à des gens, par exemple,
07:06qui vous disent qu'il faut certes, effectivement,
07:08faire une règle d'or, etc.
07:10Et qui vous disent en même temps,
07:11il faut baisser massivement les taxes sur les carburants.
07:14Non, mais c'est pas celui-là que tu es en train de dire
07:15est-ce que je fais confiance au programme politique
07:18de Rassemblement national ?
07:19La réalité, c'est que dans les faits...
07:20Et la réponse est non.
07:22La réponse est non.
07:22Dans les faits...
07:23Mais la question, c'est est-ce qu'aujourd'hui,
07:25dans leur discours, au moins, dans leur discours, au moins,
07:28il y a un changement ton ?
07:30Eh les filles, c'est très fantaisiste encore.
07:32Mais on commence à voir...
07:33Hormis la présentation des programmes, Marc,
07:35que tu souviens tout à l'heure,
07:37il n'y a rien dans les faits
07:39qui montre concrètement que tous ces partis
07:41sont prêts à faire des efforts...
07:44Non, mais il y a juste un petit changement.
07:46C'est qu'on n'a plus le choix.
07:47Et la dette...
07:47Non, mais ils ont compris qu'on n'avait plus le choix.
07:49C'est-à-dire qu'ils ont compris que grâce à nous,
07:52grâce aux hommes de marché,
07:53ils ont compris aux femmes de marché,
07:54que tu méprises...
07:56Je te renvoie à ce qu'a publié l'OFCE hier.
07:59C'est que, grosso modo,
08:00plus de la moitié de cette hausse des taux d'intérêt,
08:03elle n'est pas liée à des phénomènes français.
08:05C'est un phénomène qui vient notamment des Etats-Unis.
08:07Il y a une petite partie française.
08:08Excuse-moi, le spread entre l'Allemagne et la France
08:11est passé de 60 à 140 points.
08:14Merci, messieurs.
08:15Je suis d'accord avec toi sur ce point,
08:16mais en réalité...
08:17Non, je préfère faire ça.
08:18Ça n'a pas de...
08:21Face à le chiffre,
08:22tous les jours, à 8h40...
08:25Il y a trop de mauvaises fois.
08:26Il y a des gens qui ont la mémoire longue
08:27et il y a des gens qui sont des poissons dans un bocat.
08:28Merci, messieurs.
08:29Merci à vous aussi d'avoir suivi la matinale de l'économie.