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  • il y a 1 minute
Ce vendredi 25 septembre, la question de la mise sous tutelle de la France par la BCE a été abordée par Emmanuel Lechypre et Marc Fiorentino dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à le Chypre, comme tous les vendredis, il y a Marc Fiorentino.
00:02Oui, c'est face à Fiorentino, non ?
00:05Face à Fiorentino, pardon, pardon, effectivement.
00:08Et vous nous dites que la France devrait être mise sous la tutelle de la BCE.
00:12Pourquoi ?
00:13Parce qu'en fait, et c'est ce qui m'étonne le plus,
00:15j'ai l'impression d'être un peu comme ces médecins au début du Covid
00:18qui voyaient l'épidémie et puis personne ne la voyait, la pandémie.
00:22Et moi j'ai l'impression d'être dans la même situation
00:24avec la crise économique et financière.
00:26J'ai l'impression qu'on est dans le déni de crise économique et financière
00:29que personne ne se rend compte de la gravité de la situation dans laquelle on est.
00:33Bon, qu'on commente ici et là, ici, comme partout,
00:38le spread, le taux par rapport à l'Allemagne est monté à 1,10%.
00:42C'est un peu grave, mais quand même, c'est pas très grave.
00:45Et puis on a Emmanuel Macron, on en a parlé tout à l'heure,
00:47qui nous dit, oui, c'est un peu de la faute de l'Iran,
00:50mais comme j'ai envoyé des troupes en Arabie Saoudite,
00:52on va régler le problème.
00:54Enfin, je me dis, on est en plein délire complet.
00:56Et donc je me dis, aujourd'hui, et je croise des gens,
01:00j'imagine que vous aussi, dans la rue,
01:01qui vous disent, mais comment on va s'en sortir ?
01:05Et je me pose la question et je me dis,
01:07finalement, pour s'en sortir, à partir du moment où nous-mêmes,
01:10nous n'avons absolument pas le courage politique pour le faire.
01:13Alors on trouve des excuses, Emmanuel Macron nous a dit,
01:15c'est pas de ma faute, j'ai pas fait de réforme structurelle,
01:17c'est parce que les autres ne voulaient pas.
01:18Il a oublié qu'il avait la majorité et qu'il aurait pu le faire.
01:21Donc aujourd'hui, on se retrouve dans une situation où je me dis,
01:24quelle est la solution ?
01:25La solution pour sortir de la crise dans laquelle on est aujourd'hui,
01:27qui est une crise profonde économique et financière, je le répète,
01:31c'est finalement qu'on soit mis sous tutelle.
01:33Alors on ne va pas être mis sous tutelle par le FMI,
01:35parce que ça c'est des fantasmes de partis populistes,
01:38mais on peut être mis sous tutelle par la BCE,
01:41qui a un moyen très simple de nous mettre sous tutelle,
01:43qui consiste à dire, écoutez, moi je vais intervenir,
01:45elle a un fond, il faut expliquer aux gens qui nous écoutent,
01:48que la BCE a l'autorisation d'intervenir sur la dette de pays en difficulté
01:54dans un fond qu'on appelle anti-fragmentation.
01:57C'est-à-dire qu'à partir du moment où les taux s'éloignent trop des taux allemands,
02:00elle peut intervenir sur, par exemple aujourd'hui, la dette française.
02:03Mais en échange de ça, évidemment, moi je ne demande pas qu'on ait encore une fois
02:07l'impunité qu'on a eue pendant des années,
02:10qui consiste à dire, ben c'est pas grave, on fait n'importe quoi,
02:12et puis la BCE va intervenir,
02:14mais qu'en face, on nous dise, voilà les conditions pour qu'on intervienne,
02:18sinon, excusez-moi l'expression, démerdez-vous.
02:21C'est-à-dire que vous allez vous retrouver dans une situation dramatique.
02:23Emmanuel Lechy, vous n'êtes pas d'accord sur l'utilisation,
02:26vous trouvez que c'est pas forcément le bon outil ?
02:28Non, je pense que c'est pas le bon outil,
02:30et que ça pourrait même être contre-productif.
02:32D'abord, c'est pas vraiment, ce mécanisme anti-fragmentation,
02:35c'est pas vraiment un outil qui a été conçu pour venir en aide à un état en difficulté.
02:41Non, c'est un outil qui a été conçu au cas où il y aurait finalement des conditions de marché
02:46qui se détériorent.
02:47Mais c'est le cas ?
02:48Ben non, non, non, non, non, non, parce que justement, la BCE dit,
02:52la BCE dit, en fait, ce mécanisme il est fait quand il y a des conditions de financement qui se
02:58détériorent,
02:59mais pour des raisons qui sont liées à des problématiques de marché,
03:02et qui ne sont pas liées finalement aux fondamentaux propres des pays,
03:06et que ces distorsions, ces dysfonctionnements du marché,
03:12empêchent finalement la politique de la Banque Centrale Européenne de se traîner.
03:15Donc c'est pas fait pour un pays qui est mal géré, en fait, pour ce mot-là.
03:18Mais je suis pas d'accord, Emmanuel, parce que justement, c'est en disant ce genre de choses
03:21qu'on ne reconnaît pas la gravité de la situation.
03:24On est aujourd'hui, je suis pas d'accord avec toi, excuse-moi,
03:26on est aujourd'hui dans les conditions exactes des besoins d'intervention de la Banque Centrale Européenne,
03:34c'est-à-dire qu'on est dans des conditions où aujourd'hui, le financement de la dette est problématique.
03:39Alors, Marc, à ce niveau de taux d'intérêt, ensuite, on n'est pas dans une situation de crise.
03:45Je veux dire, on peut pas dire qu'au niveau...
03:48Des 5%, vu la dette qu'on a aujourd'hui, et le...
03:53Attends, excuse-moi, tout le monde connaît les chiffres, on les a répétés 10 fois,
03:57on va avoir un service de la dette qui va dépasser le budget de l'éducation.
04:02Je veux dire, une fois que t'as dit ça...
04:03Mais ça, c'est un problème français, Marc, c'est pas un problème européen.
04:05Et puis alors, le paradoxe de tous les paradoxes, pour moi,
04:09c'est qu'on s'est quand même suffisamment disputé sur ce plateau sur l'inefficience des marchés,
04:15les marchés ne voient rien, les marchés ne savent pas sanctionner...
04:18Non, ça, c'est toi qui le dis.
04:19Non, mais c'est la réalité.
04:20Non, c'est toi qui le dis.
04:21La réalité, c'est qui ?
04:22Non, non, non, non, Marc, c'est la réalité.
04:24C'est pas du tout la réalité, c'est la réalité des économistes qui ne voient rien.
04:27Non, on s'est déjà disputé sur ce sujet.
04:30Quand toi, tu prétends, soi-disant, la vision des marchés,
04:33rappelle-toi tout ce qui s'est passé avant la crise de 2008,
04:36quand la Grèce emprunte au même taux que l'Allemagne et la France,
04:38on nous disait, à l'euro, ça va être formidable,
04:40les marchés vont jouer le rôle de force de rappel
04:42pour que les pays gèrent bien leurs finances publiques.
04:44Ça a été, au contraire, une prime à faire n'importe quoi.
04:47Et là, je dis, pour une fois que les marchés font leur boulot,
04:50que les taux remontent, qu'ils disent,
04:51attention, prêtez à la France, ça devient dangereux,
04:54et qu'ils vont nous pousser à faire des choses.
05:00On dit qu'ils ne font pas ce qu'ils font et qu'ils ne sont pas efficaces,
05:02et là, au moment où ils font ce qu'ils font et qu'ils sont efficaces,
05:05on leur dit, ah ben non, on va laisser intervenir la baissée.
05:08Ils vont nous pousser à faire quoi, Emmanuel ?
05:11C'est ça qui est intéressant.
05:13Si on pense que les taux d'intérêt vont encore augmenter,
05:15il y a bien un moment où il faudra prendre les décisions qu'ils vont le faire.
05:20Et pourquoi je trouve que la BCE, c'est dangereux ?
05:22Parce que déclencher ce mécanisme,
05:25ça envoie pas le signal qu'enfin on va s'occuper de la France
05:28et que tout va bien aller,
05:29c'est attirer l'attention sur le fait que la France
05:31est dans une situation catastrophique
05:33et que ça va aggraver la situation.
05:34Et en plus, c'est antidémocratique
05:36parce que je ne vois pas au nom de quoi la BCE,
05:38qui n'a été élue par personne,
05:40finalement couperait les ailes du prochain président de la République
05:42et tuerait finalement toute possibilité
05:44de mener une nouvelle politique économique.
05:46Alors c'est intéressant,
05:47c'est intéressant parce qu'on est dans...
05:49Enfin, on n'est même plus dans le déni là,
05:51on est dans le délire,
05:52c'est-à-dire on est dans le fantasme de croire
05:55qu'Emmanuel pense aujourd'hui
05:58que si les marchés font leur boulot,
06:00ce que je dis depuis un moment,
06:01donc pour une fois, il le reconnaît,
06:04et nous pousse à faire des réformes,
06:07ces réformes vont se faire
06:08alors qu'elles n'ont pas été faites,
06:10alors qu'on avait une majorité politique.
06:12Là, on n'a pas de majorité politique
06:13jusqu'à avril-mai.
06:15Je te rappelle quand même
06:16qu'on est au mois de septembre,
06:18c'est-à-dire qu'il y a encore six mois
06:19à tenir sans majorité.
06:21Donc tu es d'accord pour dire
06:22qu'il ne va rien se passer ?
06:23D'accord, tu es en train de nous dire
06:25qu'il ne va rien se passer.
06:26Pendant ce temps-là,
06:27on a une économie française
06:28qui est totalement asphyxiée,
06:30on sait qu'on ne va pas prendre de mesures,
06:31tu as l'espoir qu'à partir de 2027,
06:35il y ait un pouvoir politique
06:36qui soit capable de prendre des mesures.
06:38Il n'y aura pas plus de majorité
06:39peut-être après.
06:40Personne ne peut le dire.
06:41Mais ça, attendez,
06:42laissez les gens voter.
06:44Mais évidemment,
06:45mais personne ne peut le dire,
06:46et moi je dis simplement aujourd'hui,
06:47on est déjà aujourd'hui,
06:49c'est là où je ne suis pas d'accord
06:50du tout avec toi,
06:51parce que je pense que tu n'es pas,
06:53tu le sais, évidemment,
06:55parce que tu connais la situation
06:56des PME, des ETI,
06:58et tu n'es pas déconnecté
07:00de cette réalité-là,
07:01on ne peut pas attendre,
07:03ça en va encore six mois.
07:04C'est-à-dire que le point
07:05que je dis aujourd'hui,
07:06c'est que la seule solution,
07:08contrairement à ce que dit Emmanuel,
07:09il n'y aura pas de courage politique.
07:11Il n'y aura pas de réforme,
07:12déjà, jusqu'aux élections.
07:15Ça veut dire jusqu'à l'été prochain,
07:17parce qu'on ne parle pas
07:17des élections en mai,
07:20on parle du fait
07:21d'avoir les législatives,
07:22d'avoir tout ça.
07:23Donc il n'y aura rien.
07:23Donc il faut bien
07:24que quelqu'un prenne des mesures.
07:26Le seul moyen
07:27de prendre des mesures aujourd'hui,
07:28on voit bien le pauvre Lecornu
07:30qui essaye de se battre
07:31avec un budget
07:31qui est déjà ridicule
07:32et qui n'est pas
07:33à la hauteur de l'événement.
07:34Déroule-moi ton scénario.
07:35Mon scénario,
07:37une fois que la BCE dit,
07:39etc.,
07:39qu'est-ce qu'elle fait ?
07:40Elle nous impose quoi ?
07:41Qui va le mettre en place ?
07:42Qu'est-ce que ça va changer ?
07:43Elle va apporter son aide
07:45à Sébastien Lecornu
07:46qui va au moins pouvoir
07:47faire passer un budget
07:48à minima
07:49avec 50 milliards
07:51de réduction
07:52et tout va continuer
07:53comme avant.
07:54Non, parce qu'on pourra
07:54prendre 50 milliards
07:55de réduction de dépenses
07:57et d'amélioration
07:58de notre budget
07:59qui nous permettra
08:00déjà de revenir
08:01à 5%
08:02et ça,
08:03il n'y a que la BCE
08:03qui peut nous la poser.
08:04Moi, je vais te concéder
08:05quelque chose.
08:06Je te concède.
08:07Je dis pourquoi pas.
08:09J'ai gagné un an.
08:09S'il me concède.
08:10Tu te concèdes ?
08:11Non, mais je pense
08:12que le faire maintenant
08:13serait totalement catastrophique
08:14et contre-productif.
08:15Donc il faut attendre
08:16encore 6 mois ?
08:17Oui, je pense qu'il faut attendre.
08:18Explique ça au patron
08:20d'entreprises aujourd'hui
08:21qui voient leur chiffre d'affaires
08:22qui est à zéro
08:23et qui n'arrivent pas
08:23à se financer.
08:24Est-ce que tu crois
08:24que les patrons
08:25ils ont beaucoup d'espoir
08:26dans le budget de 2027 ?
08:28Ils n'en ont aucun.
08:29Non, mais la BCE
08:30ça peut être leur espoir.
08:31Moi, je pense que
08:32l'intervention de la BCE
08:33elle serait peut-être pertinente
08:35une fois qu'on aura voté,
08:37une fois qu'on aura
08:38une nouvelle majorité, etc.
08:40Et là, si effectivement
08:41la France se retrouve
08:42dans une situation inextricable
08:43parce que le nouveau président,
08:46le nouveau gouvernement
08:46nous mène droit dans le mur,
08:48et bien là,
08:48on aura la BCE
08:50et on n'aura pas tiré
08:51la cartouche bêtement
08:51six mois avant
08:52et on aura au moins
08:54les marchés.
08:54Parce que d'accord,
08:55c'est qu'une question de timing.
08:56des marchés bêtements.

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