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  • il y a 1 semaine
Ce lundi 2 février, le profil idéal pour l'élection présidentielle de 2027 a été abordé par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et face à le chiffre aujourd'hui, il y a Raphaël Legendre.
00:03Les patrons retrouvent une certaine aura, visiblement, auprès des Français.
00:08C'était arrivé déjà pendant le Covid, et à chaque fois que ça arrive,
00:11on en verrait bien un à l'Élysée.
00:13Qui commence, Raphaël ? Non ? Emmanuel ?
00:16Moi, je vais commencer, parce que moi, je trouve que c'est plutôt, effectivement, une bonne idée.
00:22D'abord, la question, c'est pas de savoir si, en théorie, dans l'absolu,
00:27un patron ferait un bon président de la République.
00:29Il faut d'abord partir de la petite annonce, de l'offre d'emploi.
00:32C'est exactement le débat de ce matin, monsieur Le Chiffre, je suis désolé.
00:35Oui, mais on pourrait discuter comme ça, fondamentalement,
00:38en se disant, bon, est-ce qu'en théorie ?
00:40Mais non, là, c'est pas en théorie, c'est en pratique.
00:41De quoi on a besoin, aujourd'hui, à l'Élysée ?
00:45C'est quelqu'un qui va réussir, enfin, à redresser des finances publiques dégradées.
00:51Il faut rappeler quand même que la France, sous des présidents de la République
00:54qui n'ont pas été des patrons, est quand même le pays
00:56qui, par rapport aux autres grands pays industrialisés, c'est le plus appauvri
00:59et c'est le plus endetté.
01:00C'est vrai.
01:01Donc, il y a un moment où ce que vous cherchez, c'est un peu un redresseur d'entreprise.
01:05Or, qui, mieux qu'un patron, pourrait effectivement faire ça ?
01:09Sachant qu'un patron, en principe, il sait trancher, il sait gérer des équipes,
01:14il sait ce que c'est que la culture du résultat,
01:16là où tous les autres présidents ont échoué,
01:18qui étaient tous soit avocats, soit politiciens professionnels,
01:21soit fonctionnaires, globalement, grosso modo.
01:23Donc, je pense que c'est vraiment un bon profil.
01:26C'est un profil, en plus, dans lequel les Français ont confiance,
01:29puisque regardez toutes les enquêtes, effectivement, dont c'est là.
01:32C'est, grosso modo, quand on est confronté à des problèmes,
01:35eh bien, les solutions viennent toujours, la plupart du temps,
01:39en premier, des entreprises et des chefs d'entreprise.
01:41Donc, compétence, crédibilité, confiance des Français.
01:46Moi, je pense que...
01:46Alors, après, on pourra s'interroger sur les profils.
01:48On pourra faire du name dropping.
01:49Bien sûr, bien sûr.
01:50Mais moi, je pense que c'est pas absurde.
01:52Je vous cite la phrase d'un humoriste qui m'a beaucoup plu récemment.
01:54Il a dit, écoutez, tous ces personnels politiques extrêmement brillants,
01:58qui ont fait des très brillantes études,
01:59quand vous voyez où ils ont conduit la France,
02:02on se dit qu'on pourrait peut-être essayer un imbécile.
02:04Moi, je me dis, avant d'essayer l'imbécile,
02:06essayons au moins le patron.
02:07Ce qui est vrai, c'est qu'il y a une véritable appétence en ce moment.
02:12Il y a un besoin d'entendre le discours rationnel des chefs d'entreprise
02:16au milieu d'un environnement politique absolument catastrophique.
02:19Il faut dire que si...
02:21Enfin, c'est vraiment par défaut, cet appel des chefs d'entreprise,
02:23c'est qu'on a une classe politique qui est en dessous de tout
02:25depuis déjà pas mal de temps.
02:2777% des Français sont d'effectivement par Opinion Way
02:31pour la Fondapol et le Cercle des Entrepreneurs.
02:33Ils estiment que...
02:35Le premier parti de France !
02:36Alors moi, je le redonne après, 15 jours aux chefs d'entreprise
02:39avant de se faire couper la tête par les Français
02:42qui restent des révolutionnaires quand même.
02:44Pourquoi ? Parce qu'on le dit à chaque fois,
02:47la nation, c'est pas l'entreprise, c'est pas la même chose.
02:49On ne dirige pas une entreprise comme on dirige une nation.
02:53Une entreprise, ça a un objectif clair,
02:56c'est le profit, le développement.
02:58Un État, c'est arbitré entre différentes choses,
03:01entre l'économique, le social, le régalien.
03:03Un PDG, ça tranche, un président, ça doit composer avec toutes les forces de la nation
03:09et on sait bien que passer en force, ça serait extrêmement compliqué.
03:12On ne manage pas la démocratie.
03:14On a besoin de pragmatisme.
03:17Mais non, c'est très vertical une entreprise.
03:19On ne peut pas décider comme ça en France.
03:22Dans une démocratie, on négocie, on consulte et parfois on ralentit.
03:28Donc c'est très compliqué.
03:30Et puis on a vu surtout à de nombreuses reprises
03:34que toutes les personnalités de la société civile
03:37qui se sont essayées à la vie politique,
03:40ça a été un échec globalement.
03:41Non, en France, vous avez vu Nicolas Hulot,
03:45ça a été un offreur, le seul qui a réussi, c'est...
03:47Mais d'où Nicolas Hulot, il n'était pas patron,
03:49il n'était pas chef d'entreprise.
03:50Il a été nommé ministre, non, je parle des ministres
03:52de la société civile dans la classe politique.
03:56C'est hyper violent.
03:58Il n'y a qu'un exemple que vous pourriez m'objecter.
03:59Et l'appareil d'État n'est pas celui d'un CAC 40.
04:03Oui, il n'y a qu'un exemple.
04:04Nicolas Hulot, il n'a jamais été patron.
04:06Non, mais ministre, je vous parle des sociétés civiles en politique.
04:09Non, mais on ne parle pas des sociétés civiles, on parle des patrons.
04:12On ne parle pas des gens de la société civile.
04:13On parle des patrons en politique.
04:16Or, on a vu Dupond-Moretti, c'était un avocat.
04:18Bon, c'est les avocats qui ont ruiné la France, grosso modo,
04:20avec les hauts fonctionnaires.
04:22Mais grosso modo, c'est quand même ça.
04:23Non, il n'y a eu qu'un exemple qui pourrait m'objecter.
04:26C'est Francis Mer, qui était un grand patron,
04:29qui a été nommé à Bercy.
04:30Mais là, je répondrais à Raphaël,
04:32comme je m'attendais à l'objection,
04:34qu'il était ministre, il n'avait pas le pouvoir de décision.
04:36Non, c'était qu'un ministre comme les autres
04:39qui a dû subir, effectivement,
04:41les décisions du président de la République de l'époque,
04:43qui était Jacques Chirac,
04:44et de son premier ministre, qui était Jean-Pierre Raphaël.
04:46Là, si vous mettez un patron à l'Élysée,
04:48c'est lui qui décide, encore.
04:50Il nous reste une minute.
04:51En gros, les noms qui circulent,
04:53c'est quand même toujours Michel-Édouard Leclerc.
04:55C'est qui ?
04:56Michel-Édouard Leclerc, c'est le patron du caddie.
04:59Il s'amuse.
05:00Oui, c'est ça, il sert sur la règle du pouvoir d'achat.
05:02Mathieu Pigas, également.
05:03Oui, mais Mathieu Pigas, c'est du Emmanuel Macron au carré.
05:06C'est du banquier d'affaires.
05:07Enfin, c'est très à gauche.
05:08Non, non, c'est le banquier d'affaires
05:10qui se fait plaisir en étant révolutionnaire marxiste.
05:14Non, moi, je peux vous citer trois noms,
05:16moi, qui m'iraient bien.
05:19Jean-Dominique Sénat,
05:20grand patron, consensuel, plutôt social.
05:23Il a quand même une belle performance en tant que patron.
05:25Il a dirigé des belles boîtes,
05:27qui sont des boîtes françaises,
05:28des marques connues que les gens aiment.
05:31Il y en a un qui serait un peu plus disruptif,
05:33mais qui, à mon avis,
05:35ferait souffler un petit vent
05:36dans tout ça,
05:37qui serait Patrick Pouyanné.
05:39Ah oui, c'est sûr qu'on irait à l'AHE.
05:42Et puis, autre patron plus discret
05:46que moi, je trouve vraiment très performant,
05:49parce qu'il a réussi sans grand bruit
05:50la transformation de son entreprise,
05:52c'est Benoît Bazin,
05:53à la tête de Saint-Gobain.
05:54Et puis, pourquoi pas essayer
05:56ce qu'on n'a jamais essayé,
05:57c'est-à-dire un patron
05:59d'un vrai grand cabinet de conseil.
06:00Je pense à Alexis Karklings, par exemple,
06:02Marché, qui pourrait faire
06:03une très nombreuse transition.
06:04Je sais qu'elles ne sont pas très nombreuses,
06:06mais il faudrait peut-être
06:06mettre des femmes aussi dans vos listes.
06:08On peut lui poser la question ?
06:09On pourrait mettre des femmes aussi dans vos listes.
06:11Ça changerait un petit peu.
06:11Merci, messieurs.
06:13Face à Emmanuel Lechypre, le débat.
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