00:00Et face à le chiffre aujourd'hui, il y a Raphaël Legendre.
00:03Les patrons retrouvent une certaine aura, visiblement, auprès des Français.
00:08C'était arrivé déjà pendant le Covid, et à chaque fois que ça arrive,
00:11on en verrait bien un à l'Élysée.
00:13Qui commence, Raphaël ? Non ? Emmanuel ?
00:16Moi, je vais commencer, parce que moi, je trouve que c'est plutôt, effectivement, une bonne idée.
00:22D'abord, la question, c'est pas de savoir si, en théorie, dans l'absolu,
00:27un patron ferait un bon président de la République.
00:29Il faut d'abord partir de la petite annonce, de l'offre d'emploi.
00:32C'est exactement le débat de ce matin, monsieur Le Chiffre, je suis désolé.
00:35Oui, mais on pourrait discuter comme ça, fondamentalement,
00:38en se disant, bon, est-ce qu'en théorie ?
00:40Mais non, là, c'est pas en théorie, c'est en pratique.
00:41De quoi on a besoin, aujourd'hui, à l'Élysée ?
00:45C'est quelqu'un qui va réussir, enfin, à redresser des finances publiques dégradées.
00:51Il faut rappeler quand même que la France, sous des présidents de la République
00:54qui n'ont pas été des patrons, est quand même le pays
00:56qui, par rapport aux autres grands pays industrialisés, c'est le plus appauvri
00:59et c'est le plus endetté.
01:00C'est vrai.
01:01Donc, il y a un moment où ce que vous cherchez, c'est un peu un redresseur d'entreprise.
01:05Or, qui, mieux qu'un patron, pourrait effectivement faire ça ?
01:09Sachant qu'un patron, en principe, il sait trancher, il sait gérer des équipes,
01:14il sait ce que c'est que la culture du résultat,
01:16là où tous les autres présidents ont échoué,
01:18qui étaient tous soit avocats, soit politiciens professionnels,
01:21soit fonctionnaires, globalement, grosso modo.
01:23Donc, je pense que c'est vraiment un bon profil.
01:26C'est un profil, en plus, dans lequel les Français ont confiance,
01:29puisque regardez toutes les enquêtes, effectivement, dont c'est là.
01:32C'est, grosso modo, quand on est confronté à des problèmes,
01:35eh bien, les solutions viennent toujours, la plupart du temps,
01:39en premier, des entreprises et des chefs d'entreprise.
01:41Donc, compétence, crédibilité, confiance des Français.
01:46Moi, je pense que...
01:46Alors, après, on pourra s'interroger sur les profils.
01:48On pourra faire du name dropping.
01:49Bien sûr, bien sûr.
01:50Mais moi, je pense que c'est pas absurde.
01:52Je vous cite la phrase d'un humoriste qui m'a beaucoup plu récemment.
01:54Il a dit, écoutez, tous ces personnels politiques extrêmement brillants,
01:58qui ont fait des très brillantes études,
01:59quand vous voyez où ils ont conduit la France,
02:02on se dit qu'on pourrait peut-être essayer un imbécile.
02:04Moi, je me dis, avant d'essayer l'imbécile,
02:06essayons au moins le patron.
02:07Ce qui est vrai, c'est qu'il y a une véritable appétence en ce moment.
02:12Il y a un besoin d'entendre le discours rationnel des chefs d'entreprise
02:16au milieu d'un environnement politique absolument catastrophique.
02:19Il faut dire que si...
02:21Enfin, c'est vraiment par défaut, cet appel des chefs d'entreprise,
02:23c'est qu'on a une classe politique qui est en dessous de tout
02:25depuis déjà pas mal de temps.
02:2777% des Français sont d'effectivement par Opinion Way
02:31pour la Fondapol et le Cercle des Entrepreneurs.
02:33Ils estiment que...
02:35Le premier parti de France !
02:36Alors moi, je le redonne après, 15 jours aux chefs d'entreprise
02:39avant de se faire couper la tête par les Français
02:42qui restent des révolutionnaires quand même.
02:44Pourquoi ? Parce qu'on le dit à chaque fois,
02:47la nation, c'est pas l'entreprise, c'est pas la même chose.
02:49On ne dirige pas une entreprise comme on dirige une nation.
02:53Une entreprise, ça a un objectif clair,
02:56c'est le profit, le développement.
02:58Un État, c'est arbitré entre différentes choses,
03:01entre l'économique, le social, le régalien.
03:03Un PDG, ça tranche, un président, ça doit composer avec toutes les forces de la nation
03:09et on sait bien que passer en force, ça serait extrêmement compliqué.
03:12On ne manage pas la démocratie.
03:14On a besoin de pragmatisme.
03:17Mais non, c'est très vertical une entreprise.
03:19On ne peut pas décider comme ça en France.
03:22Dans une démocratie, on négocie, on consulte et parfois on ralentit.
03:28Donc c'est très compliqué.
03:30Et puis on a vu surtout à de nombreuses reprises
03:34que toutes les personnalités de la société civile
03:37qui se sont essayées à la vie politique,
03:40ça a été un échec globalement.
03:41Non, en France, vous avez vu Nicolas Hulot,
03:45ça a été un offreur, le seul qui a réussi, c'est...
03:47Mais d'où Nicolas Hulot, il n'était pas patron,
03:49il n'était pas chef d'entreprise.
03:50Il a été nommé ministre, non, je parle des ministres
03:52de la société civile dans la classe politique.
03:56C'est hyper violent.
03:58Il n'y a qu'un exemple que vous pourriez m'objecter.
03:59Et l'appareil d'État n'est pas celui d'un CAC 40.
04:03Oui, il n'y a qu'un exemple.
04:04Nicolas Hulot, il n'a jamais été patron.
04:06Non, mais ministre, je vous parle des sociétés civiles en politique.
04:09Non, mais on ne parle pas des sociétés civiles, on parle des patrons.
04:12On ne parle pas des gens de la société civile.
04:13On parle des patrons en politique.
04:16Or, on a vu Dupond-Moretti, c'était un avocat.
04:18Bon, c'est les avocats qui ont ruiné la France, grosso modo,
04:20avec les hauts fonctionnaires.
04:22Mais grosso modo, c'est quand même ça.
04:23Non, il n'y a eu qu'un exemple qui pourrait m'objecter.
04:26C'est Francis Mer, qui était un grand patron,
04:29qui a été nommé à Bercy.
04:30Mais là, je répondrais à Raphaël,
04:32comme je m'attendais à l'objection,
04:34qu'il était ministre, il n'avait pas le pouvoir de décision.
04:36Non, c'était qu'un ministre comme les autres
04:39qui a dû subir, effectivement,
04:41les décisions du président de la République de l'époque,
04:43qui était Jacques Chirac,
04:44et de son premier ministre, qui était Jean-Pierre Raphaël.
04:46Là, si vous mettez un patron à l'Élysée,
04:48c'est lui qui décide, encore.
04:50Il nous reste une minute.
04:51En gros, les noms qui circulent,
04:53c'est quand même toujours Michel-Édouard Leclerc.
04:55C'est qui ?
04:56Michel-Édouard Leclerc, c'est le patron du caddie.
04:59Il s'amuse.
05:00Oui, c'est ça, il sert sur la règle du pouvoir d'achat.
05:02Mathieu Pigas, également.
05:03Oui, mais Mathieu Pigas, c'est du Emmanuel Macron au carré.
05:06C'est du banquier d'affaires.
05:07Enfin, c'est très à gauche.
05:08Non, non, c'est le banquier d'affaires
05:10qui se fait plaisir en étant révolutionnaire marxiste.
05:14Non, moi, je peux vous citer trois noms,
05:16moi, qui m'iraient bien.
05:19Jean-Dominique Sénat,
05:20grand patron, consensuel, plutôt social.
05:23Il a quand même une belle performance en tant que patron.
05:25Il a dirigé des belles boîtes,
05:27qui sont des boîtes françaises,
05:28des marques connues que les gens aiment.
05:31Il y en a un qui serait un peu plus disruptif,
05:33mais qui, à mon avis,
05:35ferait souffler un petit vent
05:36dans tout ça,
05:37qui serait Patrick Pouyanné.
05:39Ah oui, c'est sûr qu'on irait à l'AHE.
05:42Et puis, autre patron plus discret
05:46que moi, je trouve vraiment très performant,
05:49parce qu'il a réussi sans grand bruit
05:50la transformation de son entreprise,
05:52c'est Benoît Bazin,
05:53à la tête de Saint-Gobain.
05:54Et puis, pourquoi pas essayer
05:56ce qu'on n'a jamais essayé,
05:57c'est-à-dire un patron
05:59d'un vrai grand cabinet de conseil.
06:00Je pense à Alexis Karklings, par exemple,
06:02Marché, qui pourrait faire
06:03une très nombreuse transition.
06:04Je sais qu'elles ne sont pas très nombreuses,
06:06mais il faudrait peut-être
06:06mettre des femmes aussi dans vos listes.
06:08On peut lui poser la question ?
06:09On pourrait mettre des femmes aussi dans vos listes.
06:11Ça changerait un petit peu.
06:11Merci, messieurs.
06:13Face à Emmanuel Lechypre, le débat.
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