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00:00Place à présent dans cette émission, trois infos qui fâchent, dont on va débattre autour d'un invité.
00:04Alors, l'information, vous le savez, la convergence des luttes espérée par beaucoup le samedi 17 octobre.
00:09Mais à quel prix ? Certains disent au prix d'un durcissement, voire d'une radicalisation, on va en parler.
00:15Emmanuel Macron qui dénonce des scènes inacceptables, mais le pouvoir a-t-il encore le pouvoir et donc la capacité
00:21à mettre fin à ce mouvement ?
00:23Et puis pendant ce temps, la France est en proie à tous les prédateurs compte tenu de notre vulnérabilité financière.
00:29Bonsoir Jean-François Copé, merci d'être avec nous, comme vous voulez, maire Les Républicains de Meaux, ancien ministre.
00:35Nous sommes avec Arthur Berda, je le salue, Bruno Jody, merci d'être là, Rocaïa Diallo nous accompagne, Emmanuel Elchipre
00:41est resté.
00:43Vers une convergence des colères, disent certains ce samedi 17 octobre, Jean-François Copé, on vient de parler là des
00:48différentes revendications.
00:50Pour les uns, les pêcheurs et les agriculteurs étranglés par la flambée des carburants.
00:54Pour les autres, les lycéens qui dénoncent par cours sur la vétusté des lycées.
00:59Pour d'autres, des combattants antiracistes, des adorateurs de Greta Thunberg.
01:04Vous voyez le lien entre tout ça ?
01:05Aucun.
01:06La vérité, c'est qu'il faut reprendre ces catégories les unes après les autres pour voir que les ressorts
01:12ne sont pas du tout les mêmes.
01:13Et en l'occurrence, celui qui nous préoccupe le plus, c'est celui des lycéens.
01:18Et celui des lycéens est en train, on le voit bien, de s'essouffler.
01:22Et moi, je pense que c'est la première erreur politique de Mélenchon dans cette campagne.
01:28Pourquoi ?
01:29Tout simplement parce qu'il n'y a aucun doute, en vérité, sur le fait que tout ça est totalement
01:33instrumentalisé.
01:34Je peux en témoigner, je l'ai vu de mes yeux à mots, mais totalement instrumentalisé.
01:38Les petits blocs bien organisés de LFI qui étaient sur place, qui ont bien chauffé tout le monde.
01:45Sauf que, personne ne le dit, moi je pense que le gouvernement a pas mal réagi.
01:49Parce qu'en fait, qu'est-ce qu'il a fait ?
01:51Ah oui, effectivement, personne ne le dit, oui.
01:53Oui, mais personne ne le dit, parce que ce n'est pas l'ambiance.
01:54On n'a pas envie de dire du bien d'un gouvernement qui est tellement affaibli aujourd'hui, en l
01:57'absence de majorité.
01:58Mais si vous regardez techniquement, d'un côté, il y a eu un vrai travail de maintien de l'ordre.
02:03Et on a rappelé qu'on ne faisait pas n'importe quoi dans la République.
02:06Plus de 7000, près de 7000 interpellations.
02:10Ça en dit long sur le fait qu'il n'était pas question de faire n'importe quoi.
02:13Et moi, j'ai vu, encore à mot, mais je pense que c'est une très bonne vitrine de ce
02:18qu'ont été ces journées,
02:20beaucoup de lycéens et de parents qui ont dit, mais attendez, nous on veut aller bosser, on a le bac.
02:24Et personne n'a parlé de cela.
02:26Et deuxièmement...
02:27Vous parlez de la majorité silencieuse, c'est ce que vous dites ?
02:29Je parle de tout... Vous savez ce que c'est la vie dans un lycée ?
02:32Enfin bon, on a des enfants.
02:33La vérité, c'est que l'influence des copains, des réseaux sociaux,
02:37on ne peut pas avoir l'air d'être trop à dire qu'on veut bosser.
02:39Mais la vérité, c'est qu'il y a des parents qui ont dit à leurs enfants, maintenant, on arrête.
02:44Parce qu'en réalité, c'est dangereux.
02:46Oui, parce qu'il n'a jamais été écrit du...
02:48Ce n'est pas au lycée Moissan un mot qu'ils ont dit arrêter avec ce qui s'est passé.
02:51C'est bien du lycée Moissan, ça me touche beaucoup que vous ayez été dans ce détail.
02:55Parce qu'effectivement, c'est un excellent exemple.
02:58Qu'est-ce que c'est le lycée Moissan ?
02:59C'est un lycée dans lequel Valérie Pécresse a mis 6 millions d'euros d'investissement.
03:04Une bande de voyous qui, pour un certain nombre d'entre eux, n'étaient absolument pas de ce lycée.
03:11On réussit à forcer le premier jour et à brûler la porte.
03:16Ce qui d'ailleurs pose des tas de problèmes de sécurité incendie.
03:19Pardon d'être très concret, on a une vingtaine de classes qui sont aujourd'hui impraticables à cause de ces
03:24bêtises.
03:26Les voyous en question, parce qu'il n'y a pas d'autres mots, ont été interpellés.
03:29La police a fait un travail remarquable grâce aux caméras de vidéosurveillance.
03:34On verra les sanctions surtout.
03:35Et par ailleurs, il appartiendra naturellement à la justice de se prononcer.
03:38Je note que le parquet a été extrêmement réactif.
03:41Et pour ce qui nous concerne, comme la région, on a déposé plainte évidemment à la constitution de partie civile.
03:46Et qui va payer la facture ?
03:47C'est ce que je vous dis, on a déposé plainte avec la constitution de partie civile.
03:50Et donc, il appartiendra, le cas échéant, à la justice de décider la mise en cause financière des parents
03:56lorsque les jeunes en question sont mineurs, mais bien entendu.
04:01Et je vais vous dire une chose, ça a déjà été le cas lors des émeutes de juin 23, sauf
04:05que...
04:05On a l'impression que c'est nous tous qui avons payé, surtout.
04:09Sauf là où la justice a condamné, et elle a condamné beaucoup plus fortement qu'on le dit.
04:13Mais vous savez, il y a un petit problème en France.
04:14C'est qu'à chaque fois qu'il y a des dégâts, on en parle beaucoup.
04:18Quand il y a des condamnations, on en parle beaucoup moins.
04:20Parce qu'il y a une espèce de préjugé qui consiste à ne jamais dire du bien de la manière
04:23dont la justice travaille.
04:24Je peux témoigner de l'inverse. La justice, elle fait un travail remarquable,
04:27dans des conditions extraordinairement difficiles, et on le voit sur ces sujets.
04:31Il y a une réponse policière, il y a une réponse pénale.
04:33Et moi, je vous dis tout de suite, le petit numéro...
04:35Tout va très bien, Madame la Marquise.
04:37Non, non, mais je sais. La réponse politique est bonne.
04:40Moi, je me demande ce qu'ils font dans la rue.
04:42Ce qu'ils font dans la rue, mais...
04:43Encore aujourd'hui.
04:44Je répète, et vous l'avez vu, et vous le savez.
04:46Un temps de démocratie interne, une plateforme, un numéro vert,
04:503 000 professeurs qui sont sortis du chapeau comme un lapin.
04:53C'est une réponse à la hauteur ?
04:54Mais c'est un problème structurel qui est celui d'un gouvernement
04:57qui, depuis maintenant 3 ans, vit une descente aux enfers
05:01avec l'absence totale de majorité assemblée.
05:03Donc, il faut qu'on arrête de se mentir.
05:05J'ai dit sur ce plateau, devant votre prédécesseur,
05:08à l'automne 2024, on ne tiendra pas, ce sera une descente aux enfers.
05:12Il faut qu'Emmanuel Macron en tire les conséquences.
05:14Il s'est bien gardé de tirer les conséquences.
05:15Il est resté, et ça a donné ce désastre auquel nous assistons aujourd'hui.
05:18Emmanuel Macron parti, l'école ne serait pas mieux portée.
05:22Je ne sais rien, parce que ça veut dire qu'on aurait...
05:24Non, mais écoutez, on ne va pas faire de la fiction.
05:26La seule chose, c'est qu'il faut qu'on ait le courage
05:28de faire un certain nombre de ces réformes.
05:31Mais je rappelle juste que quand vous avez une plateforme de dialogue...
05:33Dommage que vous n'avez pas été au pouvoir, monsieur Copé.
05:35Non, mais attendez.
05:36Quand vous avez une plateforme qui est ouverte,
05:39que vous avez des dizaines de milliers de réponses des lycéens,
05:43et que vous avez...
05:44C'est bon des lycéens, Jean-François Corré.
05:4580 000 à peu près.
05:46Tout le monde pouvait y aller.
05:47D'accord.
05:48Enfin, en tout cas, ce que je note,
05:50c'est que l'essentiel, en réalité,
05:52n'a absolument pas porté sur Parcoursup.
05:55Non, mais c'est très intéressant.
05:56Non, c'est vrai.
05:57Qui a parlé de Parcoursup ?
05:58Qui a parlé...
05:59C'est essentiellement LFI qui en a trouvé un argument.
06:02La plupart des lycéens ici-mêmes en ont parlé.
06:05Mais les lycéens ici-mêmes,
06:06vous allez regarder qui vous avez convié.
06:08J'ai vu un bout d'émission.
06:09J'ai convié l'Uni, j'ai convié tous les...
06:11Vous n'avez donc pas convié des vrais lycéens.
06:14Vous avez convié des représentants d'organisations lycéennes.
06:17D'accord.
06:17C'est des faux, quoi.
06:19C'est des faux nés.
06:19Ils ne sont pas au lycée.
06:20C'est vrai que vous êtes certain
06:21que les représentants du syndicat des lycéens en colère,
06:25dont on découvre la proximité avec LFI,
06:28représentent des millions et des millions de...
06:30Non, mais j'ai dit aussi l'Uni.
06:31L'Uni, ce n'est pas le plus proche de la proximité.
06:32J'aime beaucoup l'Uni,
06:33mais je sais très bien que l'Uni, de la même manière,
06:34a des petites difficultés de représentativité.
06:36Vous me ferez une liste des vrais lycéens, M. Copé.
06:39Les lycéens, ils...
06:39Mais écoutez, on ne va pas se raconter des blagues.
06:41Sinon, ce n'est pas la peine de m'inviter.
06:42Moi, je suis maire.
06:43Moi, je vous raconte ce que j'ai vu.
06:44Mais effectivement, ils vous écoutent.
06:45On ne va pas se mentir.
06:47On a d'un côté un gouvernement qui, effectivement, est paralysé.
06:49Il ne peut pas faire de loi.
06:50Il n'y a aucune loi qui passe.
06:50En revanche, ce que je note,
06:52c'est qu'on a un ministre de l'Éducation nationale
06:54qui a commencé à donner quelques orientations.
06:56Je m'en fiche.
06:57Je ne suis pas actionnaire de ce gouvernement.
06:59Je vous dis juste que sur ces sujets...
07:01D'accord, mais vous permettez qu'on interroge
07:01les 3 000 professeurs d'où ils sont venus.
07:03S'ils sont en réserve,
07:04pourquoi n'étaient-ils pas devant les élèves
07:06il y a quelques mois, quelques années ?
07:06Mais parce que l'administration est d'une lourdeur, madame.
07:08Mais écoutez, j'en ai fait encore l'expérience.
07:11On a changé un principal de collège
07:14qui n'est pas au niveau
07:15ou un proviseur qui n'est pas au niveau.
07:17Ce que tout le monde sait, c'est un cauchemar.
07:19Parce que les syndicats ne vont pas être d'accord.
07:21Parce que les règles qu'ils ont imposées...
07:22Donc c'est tout ça qu'il faudra changer.
07:24Et il faut le changer comment ?
07:25Lors d'un prochain quinquennat
07:26et pas avec des lois qui vont durer 18 mois
07:29et vont bloquer le pays.
07:30Avec des ordonnances.
07:30Vous dites à tout le monde, attendez pendant 7 mois.
07:33Vous avez une autre solution, vous ?
07:34Je ne sais pas.
07:36Il n'y a pas de majorité.
07:37Mais je n'ai pas l'impression
07:38que ceux qui sont dans la rue vont attendre 7 mois.
07:41On va tous...
07:42De toute façon, on va continuer
07:43de voir LFI agiter tout le monde.
07:46Comme d'habitude, LFI va continuer d'agiter.
07:49Le comportement du maire de Saint-Denis est une honte.
07:52Devant le lycée Paul-Éluard
07:53où on sait que Valérie Pécresse a investi
07:55et a programmé une bonne quarantaine
07:57de millions d'euros d'investissement.
07:59Et M. Bayoko nous dit
08:01j'incarne la convergence des luttes.
08:03Mais c'est une honte, simplement.
08:04Et donc il faut que les gens le regardent.
08:05Et moi, je pense que ce qu'a fait Mélenchon,
08:08en réalité, c'est une responsabilité énorme
08:11et que ça va commencer à se voir.
08:13Parce que durant cette campagne,
08:15les Français vont pouvoir se donner
08:16vraiment l'illustration
08:18de ce que pourrait être...
08:20Dans l'enquête de la tribune dimanche
08:22le week-end dernier,
08:24Jean-Luc Mélenchon n'était pas le premier...
08:26La question qui profite de ce mouvement,
08:29Jean-Luc Mélenchon,
08:30arrivait loin derrière Marine Le Pen.
08:32Oui, bien sûr, mais d'ailleurs...
08:34Mais d'ailleurs, les extrêmes...
08:35Mais 69% des improuvés...
08:37Bruno Jeudy, mais vous allez tout à fait dans mon sens.
08:40Je pense qu'en réalité, ces deux-là se font...
08:42Mais M. Copé, pardon, c'est par votre camp
08:44qui s'en regrandit, là, me semble-t-il,
08:46dans les enquêtes non plus.
08:48Donc la question, c'est...
08:49Et vous, où êtes-vous ?
08:50M. Balibagayoko, peut-être,
08:51mais il est sur le terrain.
08:53Je citais un autre maire d'une autre tendance,
08:54M. Robert Ménard.
08:56Il est sur le terrain.
08:57Et les élus...
08:58Parce que vous croyez qu'on fait quoi,
08:59nous, pendant ce temps-là,
09:00on va...
09:00Vous croyez qu'on va se balader aux Caraïbes,
09:02nous, pendant ce temps-là ?
09:03Mais vous plaisantez ou quoi ?
09:03Les Caraïbes, c'est en France aussi.
09:05Il y a une partie de la France dans les Caraïbes.
09:06Oui, mais c'est loin de me permettre.
09:08Si je peux juste faire cette petite remarque,
09:10c'est un peu loin.
09:10Donc, en réalité, on est bien sur place
09:13à suivre, minute par minute,
09:16le nombre d'élèves qui sont devant les lycées,
09:18de trouver des solutions
09:19pour permettre d'éviter les bloqués.
09:21Alors ça, je vous assure,
09:22on n'est vraiment pas loin.
09:23C'est la grande différence avec les députés
09:25qui, pour beaucoup d'entre eux,
09:26soit s'ils sont extrémistes,
09:28agitent les uns et les autres,
09:29soit s'ils ne le sont pas,
09:30n'ont pas le pouvoir de faire...
09:31Moi, j'ai une question.
09:32Oui, pardon.
09:32Vas-y, ok.
09:33Non, juste par rapport à ce que vous dites
09:34sur les lycéens.
09:35D'un côté, vous estimez
09:36qu'ils sont influencés par la France insoumise
09:38et de l'autre, vous estimez
09:39que certains sont juste emportés
09:40par l'élan des autres lycéens
09:42qui les influenceraient
09:42parce qu'ils sont plus agités.
09:44Vous ne leur prêtez pas de volonté propre ?
09:45C'est-à-dire qu'il y a quand même
09:46des mobilisations qui précèdent
09:47l'arrivée de la fille.
09:48Les premières mobilisations ont eu lieu
09:49dès la fin du mois d'août à Mayotte,
09:51puis en Guyane, avant d'arriver à Créteil.
09:52Il y a quand même une véritable mobilisation
09:55qui est liée à des questions
09:56qui datent quand même.
09:58Je vais vous dire ce que je pense profondément.
10:00Parce que j'ai vraiment essayé
10:01de comprendre tout ça,
10:03de l'analyser le mieux possible.
10:05C'est notre boulot ici.
10:07Je pense qu'en fait,
10:09il y a eu des manipulations,
10:10c'est certain.
10:11Je pense qu'il y a,
10:12chez une écrasante majorité de nos jeunes,
10:15y compris ceux qui n'ont pas manifesté,
10:17une gigantesque angoisse existentielle,
10:19qui n'est pas du tout celle
10:20de la charge d'emploi du temps
10:22ou de Parcoursup,
10:24qui est en fait l'angoisse
10:25de quelle sera leur place demain
10:28entre l'IA et la planète.
10:28Ça, il n'y a pas besoin
10:29de beaucoup réfléchir pour le savoir,
10:30M. Copé, pardon.
10:31Il y a le Covid,
10:32on a tous compris qu'il y a une angoisse existentielle.
10:34Mais pardonnez-moi.
10:35Non, non, non, mais je vais vous dire...
10:37Non, c'est ce que je vous dis sans zéronie.
10:38Vous avez votre point de vue
10:40et il est respectable,
10:41mais ne balayez pas ça d'un verre demain.
10:42Qu'est-ce qu'il y a derrière ça ?
10:43Il y a une angoisse existentielle.
10:45Mais cette angoisse,
10:45laissez-moi vous répondre,
10:46cette angoisse existentielle,
10:48qu'est-ce que c'est la particularité
10:49d'une angoisse existentielle
10:50par rapport à des petites inquiétudes ?
10:52C'est qu'ils savent bien
10:53qu'il n'y a pas de réponse
10:54ni immédiate ni globale.
10:56Parce que tout ça,
10:57en réalité,
10:58pour partie,
10:59échappe à tout le monde.
11:00Pardon, M. Copé,
11:00vous avez raison,
11:00mais ça fait 30 ans
11:01que certains sont au pouvoir.
11:03Ils ont été anciens ministres,
11:04ils ont été parlementaires,
11:05ils ont été porte-parole au gouvernement.
11:07On ne peut pas dire
11:08que l'école...
11:09Non, mais je ne parle pas
11:10que les défaillances de l'école
11:12viennent de nulle part.
11:12J'ai le plaisir de vous écouter
11:13assez souvent.
11:14Il faut arrêter,
11:16sans arrêt,
11:17de nous ressortir,
11:18ça fait 30 ans
11:18qu'on est au pouvoir.
11:19Pour une raison simple,
11:20c'est que ce n'est pas vrai.
11:21D'abord parce que les gouvernements,
11:22ils ont changé de couleur politique
11:24depuis 30 ans.
11:25Ça n'a pas toujours été la gauche,
11:26ça n'a pas toujours été la droite.
11:27Deuxièmement,
11:27ce ne sont pas toujours les mêmes.
11:29Les nouveaux qui sont là,
11:31je suis désolé,
11:31ils n'étaient pas là il y a 30 ans.
11:33Vous avez eu une rupture
11:33à l'école récemment.
11:34Est-ce que vraiment l'école
11:36est devenue le lieu de l'instruction
11:37ces dernières années ?
11:38Est-ce que les élèves sont sortis
11:39avec les savoirs fondamentaux ?
11:41Ça dépend des endroits,
11:43ça dépend des équipes pédagogiques,
11:45ça dépend de la manière
11:45où ça s'est fait.
11:46Vous savez quoi ?
11:46On n'est pas un jardin à la française
11:48où tout est pareil.
11:49Moi, je peux vous donner
11:50d'innombrables exemples
11:51dans ma ville
11:52de jeunes issus
11:53de quartiers sensibles
11:55qui avaient plus de difficultés
11:57que d'autres dans la vie
11:57et qui s'en sont sortis.
11:59Mais pour toute une série de raisons,
12:00personne n'a envie d'en parler.
12:01Et quand je vous dis des jeunes,
12:03c'est beaucoup
12:03qui sont, pour un certain nombre
12:05d'entre eux,
12:06des jeunes qui,
12:07parce qu'ils étaient coachés,
12:08encadrés par leurs parents,
12:10parce qu'ils ont trouvé
12:10des bonnes équipes pédagogiques
12:12qui ont réussi.
12:12D'autres, en revanche,
12:13qui ont été noyés dans la masse,
12:15qui se sont trouvés embarqués
12:16par les réseaux sociaux,
12:17par les trafics de drogue,
12:18par des parents abandonnés
12:19et qui n'y arrivent pas.
12:20J'ai les deux.
12:20Et ces sujets-là,
12:22on doit les aborder
12:23sans être caricaturales
12:24à chaque fois,
12:25du genre,
12:26de toute façon,
12:26ça fait 30 ans que vous êtes là,
12:27etc.
12:27Ça n'a aucun sens.
12:29Et d'ailleurs,
12:29cet argument,
12:34il détourne l'attention
12:35de la nullité
12:36des propositions du RN
12:37et de LFI.
12:38De la nullité.
12:39Parce que quand je regarde
12:40les contre-projets
12:41de Mme Le Pen
12:42ou de M. Mélenchon...
12:42Mais sur l'éducation,
12:43l'on n'a pas beaucoup entendu.
12:45Attendez,
12:46juste, pardonnez-moi.
12:47Là, vous dites,
12:48c'est la responsabilité
12:49de LFI,
12:50si je vous ai bien compris.
12:51On va revenir au projet du RN.
12:52Mais jusqu'où vous allez ?
12:53Parce que moi,
12:53j'ai entendu M. Rotaillot
12:54dire qu'il faudrait interdire
12:55la France insoumise,
12:56M. Sotty dire
12:57qu'il faudrait révoquer
12:58M. Bali Bagayoko,
12:59comme je sais
13:00que vous êtes
13:00un grand démocrate,
13:02je m'interroge.
13:02Est-ce que pour vous,
13:03le débat politique,
13:04c'est d'interdire un parti
13:05ou de révoquer un maire ?
13:05Attendez, d'abord,
13:06ne vous interrogez pas,
13:07ce n'est pas la peine.
13:08Ce n'est pas moi
13:08qui l'ai dit.
13:09Donc, interrogez-les.
13:11Vous n'entendrez jamais
13:12dire des choses
13:13qui ne sont pas...
13:13Vous faites partie
13:14de la même galaxie
13:15que M. Rotaillot.
13:16C'est légitime
13:17ou pas comme question ?
13:18Peut-être pas de Sotty,
13:19quand même.
13:19Oui, mais M. Rotaillot.
13:20Bon, c'est pas pareil.
13:22Deuxièmement,
13:24en ce qui concerne
13:25les propositions
13:26des uns et des autres,
13:26chacun est en campagne,
13:28chacun dit ce qu'il veut.
13:30Moi, vous ne m'avez pas
13:30entendu sur ce sujet.
13:31En revanche,
13:32dire que LFI
13:33est un parti d'extrême-gauche,
13:34j'ai écrit un livre
13:35sur ce sujet,
13:36que c'est un parti populiste
13:37qui instrumentalise
13:38les émotions
13:39et les violences
13:40à des fins de conquête
13:41de pouvoir
13:41dans les pires conditions,
13:42ça oui.
13:43On ne sait pas
13:43qu'il y a une adhésion sincère
13:44de la part des jeunes
13:45aux idées de la France insoumise.
13:47On ne sait pas
13:47qu'ils sont mus
13:47par quelque chose
13:48qui est vraiment
13:49de l'ordre de leur conviction.
13:50Mais je vous l'ai dit,
13:51je pense qu'ils ont
13:52effectivement
13:52de très grandes inquiétudes.
13:53Mais je pense qu'à côté
13:54de ces grandes inquiétudes
13:55auxquelles Mélenchon
13:57ne répond pas,
13:58qu'est-ce que fait Mélenchon,
13:59lui ?
13:59Il l'instrumentalise,
14:00il agrège
14:01un certain nombre de causes
14:02qui n'ont rien à voir
14:03les unes avec les autres.
14:04Je suis désolé de vous dire
14:05que les drapeaux palestiniens
14:06ont des dupes de rien,
14:07n'ont rien à voir à faire
14:08devant l'Élysée.
14:09Qu'il y ait une génération
14:09qui soit solidaire
14:10avec d'autres personnes
14:10qui sont dans le monde,
14:11ça a toujours été le cas.
14:19D'un côté comme de l'autre.
14:20Mais mon point de vue,
14:21mon point, il n'est pas là.
14:22Mon point, il est simplement
14:22de dire ne soyons pas dupes.
14:24Ne nous trompons pas
14:26par rapport au piège
14:27qu'ils ont tendu.
14:27Est-ce que vous ne croyez pas
14:28deux choses ?
14:28D'abord, il y a deux temporalités
14:29pour la sortie de crise.
14:30Il y a le débat budgétaire
14:31qui s'est engagé mardi
14:32à l'Assemblée nationale.
14:33Si je comprends bien
14:34ce que vous dites,
14:34les marges budgétaires
14:35sont contraintes.
14:35Et donc, c'est plutôt
14:36dans le cadre de la campagne
14:37présidentielle
14:38que ça va se régler.
14:38Et là, vous dites,
14:38Jean-Luc Mélenchon
14:39qui avait fait plutôt
14:40une rentrée
14:40qu'il avait installée
14:41dans le débat,
14:42vous dites qu'il a fait
14:42sa première erreur.
14:44Est-ce que vous ne croyez pas
14:44que la droite et le centre
14:45se trompent en invoquant
14:47une majorité silencieuse
14:49et en renvoyant
14:50Jean-Luc Mélenchon
14:51à une minorité radicalisée
14:52et qu'à l'inverse,
14:53Jean-Luc Mélenchon,
14:54c'est précisément sa stratégie
14:55et que pour l'instant,
14:56elle porte ses fruits
14:57dans les enquêtes
14:58d'attention de vote.
14:59Je suis tout à fait d'accord
15:00et je vais même aller plus loin encore
15:02en vous disant quelque chose
15:03qui a trait au fait que
15:04je commence à être un peu
15:05doyen de l'humanité
15:06en matière politique.
15:07Une campagne présidentielle,
15:09c'est six mois là.
15:11C'est très très long.
15:12Très très long.
15:13Et moi, je vois aujourd'hui
15:15Mélenchon plafonner,
15:18plastronner,
15:19je vois Mme Le Pen
15:20vivre sa meilleure vie
15:21et je me dis
15:22on va attendre un peu.
15:23Vous voyez ?
15:24Parce que petit à petit,
15:25au fil des semaines,
15:26cette essoreuse
15:27qu'est la campagne présidentielle
15:29va amener les journalistes
15:30qui font naturellement
15:31leur travail,
15:32vous êtes là pour ça,
15:34à challenger les candidats.
15:35Et en les challengeant,
15:37on va voir la nullité
15:38du programme économique
15:39de Mme Le Pen
15:40comme de M. Mélenchon.
15:41Mais avant de parler
15:42de cette présidentielle
15:42dont on parle matin-midi-sœur,
15:44malgré tout,
15:44il y a une colère,
15:45il y a un arrière-plan politique
15:46qui est là.
15:47Il y a tout à l'heure,
15:48nous avons eu
15:49porte-parole de la Confédération Paysanne
15:51qui dit,
15:51elle, elle dit
15:52moi je suis pour une convergence
15:53des luttes.
15:53J'ai posé la question,
15:54je dis mais quel lien
15:55avec les revendications
15:57des lycéens ?
15:57Elle me dit
15:57peu importe aujourd'hui.
15:59On a cassé ce que nous sommes.
16:00On ne veut pas survivre
16:02et on veut vivre.
16:03Il y a quand même énormément
16:04de...
16:04C'est étonnant que finalement
16:07vu la similarité
16:08des problèmes
16:09entre en gros
16:09les campagnes
16:10et les banlieues,
16:11c'est fou qu'il n'y ait pas eu
16:12de connexion
16:12qui se soit faite plus tôt
16:13parce que vous rencontrez
16:14exactement les mêmes types
16:16de problèmes.
16:17C'est-à-dire les problèmes
16:17de dégradation
16:20des services publics,
16:22les problèmes de logement,
16:24les problèmes de pauvreté,
16:25les problèmes d'accès
16:27aux transports, etc.
16:28Mais on est si sûr
16:28qu'elle va se faire.
16:29Non, non, je ne dis pas
16:30qu'elle va se faire.
16:31Non, mais attendez, mais stop.
16:32Attendez, de dégradation
16:33des services publics.
16:34Mais on ne mesure pas
16:36ce qu'au quotidien,
16:37sur les territoires,
16:39le service public
16:40offre de possibilités.
16:42On est un pays
16:43qui donne des choses
16:43formidables.
16:44Écoutez, j'ai inauguré
16:47tout un programme à mots
16:48qui s'appelle
16:49la maison des adolescents
16:50où j'ai une dizaine
16:51d'interlocuteurs
16:52qui travaillent ensemble
16:52pour les ados
16:53en souffrance.
16:53Mais Jean-François Copé,
16:54les déferts médicaux,
16:55tout ça, ça existe.
16:56La Poste, elle est partie
16:57à 20 kilomètres.
16:58Mais la Poste est partie
16:58à 20 kilomètres
16:59parce que les gens
17:00n'envoient plus de lettres.
17:01Il faut arrêter.
17:02Et on a même fermé
17:02les trésors.
17:03Mais pardonnez-moi.
17:04Mais on peut remettre
17:05l'église au milieu du village
17:07à dépôt du service public.
17:08C'est pareil, etc.
17:09Ce n'est pas du service public.
17:10Mais attendez, vous défendez.
17:12Excusez-moi.
17:12Je vous lis trop
17:13pour penser
17:15que vous croyez ce que vous dites.
17:16Vous êtes le premier
17:17à dire qu'il faut
17:17rationaliser l'administration.
17:19Heureusement,
17:20heureusement qu'il y a
17:21des activités administratives
17:23qu'on ne garde pas
17:23dès lors qu'elles ne servent plus.
17:25Je suis désolé.
17:26J'ai, moi,
17:27en tant que ministre du budget,
17:27signé des conventions
17:29avec les buralistes
17:29pour qu'ils fassent
17:30une partie de l'activité
17:32des trésoreries
17:33pour justement
17:34faire des économies intelligentes.
17:36Il ne faut pas se tromper.
17:37Ce qui s'est passé
17:37ces trois dernières années,
17:38c'est un délire
17:40sur les finances publiques
17:41en grande partie
17:42parce qu'en n'ayant plus
17:43de majorité,
17:44on ne fait plus
17:45une seule économie
17:45parce que les opposants
17:47LFI et Rennes
17:48ne votent plus rien.
17:49On voudrait vous interroger
17:50aussi sur ce qui s'est passé
17:51notamment hier
17:54à Place Vauban,
17:56j'allais dire,
17:56ou plus récemment
17:58Place La République
17:59ou à Bastille
18:00et parfois,
18:01comme chez vous à Meaux,
18:02on a vu ces images
18:03du lycée Moisson,
18:05il y a quelque chose
18:05d'inédit.
18:06Tout à l'heure,
18:06c'est un syndicat de police,
18:07Alliance,
18:08qui a porté plainte,
18:09qui dépose plainte
18:09contre l'État
18:10pour une forme
18:11de mise en danger
18:12d'autrui.
18:13Est-ce que vous estimez
18:13aujourd'hui
18:14qu'au plus haut sommet
18:15de l'État,
18:16il y a des consignes claires
18:17et qu'il y a
18:17un véritable soutien
18:19adressé aux forces
18:20de l'ordre,
18:20police et gendarme ?
18:21Écoutez,
18:22je l'espère.
18:24La seule chose
18:24que je puisse vous dire,
18:25c'est que moi,
18:26j'ai vu à l'œuvre
18:27les policiers nationaux
18:28et les policiers municipaux,
18:29en l'occurrence à Meaux,
18:30faire un travail
18:31d'un courage
18:32absolument inouï,
18:33de protéger
18:34autant qu'ils peuvent
18:36la République
18:37dans des conditions
18:38extraordinairement difficiles.
18:39J'entendais,
18:41M. Corbien,
18:41mais il n'est pas le seul,
18:42ils disent tout ça,
18:43dire qu'aucune poubelle brûlée
18:45ne justifie une main arrachée.
18:46Mais cette formule,
18:48elle est quelque part
18:49assez scandaleuse.
18:50Pourquoi ?
18:50Mais tout simplement
18:51parce que rien tout court
18:52ne justifie la blessure
18:55d'un jeune ou d'un policier.
18:57La seule chose,
18:58c'est que le mélange
19:00qui est fait avec les deux
19:01fait oublier un petit détail,
19:02c'est que tout ça
19:03vient de violences extrêmes
19:05face auxquelles
19:05la République doit répondre.
19:07Vous savez que ces policiers
19:07dont vous saluez le travail,
19:09quand on les écoute,
19:10et je sais que vous le faites,
19:11ils vous disent,
19:11nous, on attrape les gens
19:13et puis ils finissent relâchés
19:15il y a quelques instants.
19:15Vous avez salué le travail
19:16de la justice
19:17en expliquant que c'est
19:17peut-être nous autres commentateurs
19:18qui ne le faisions pas suffisamment.
19:20Mais il y a quand même là-dessus,
19:22sur le rapport à la justice,
19:23un discours assez différent du vôtre
19:25de la part de ces forces de l'ordre.
19:26Et donc, si je comprends bien,
19:27est-ce que ce que vous dites ce soir,
19:28c'est la justice fait bien son travail
19:30et il n'y a pas tellement besoin
19:31de la réformer en réalité ?
19:31Ah non, ça n'a rien à voir.
19:32La justice, elle fait
19:33avec les moyens qu'elle a,
19:34mais de toute façon,
19:35un pays, ça se réforme tout le temps.
19:37Il faut avoir le courage de le faire.
19:39C'est ça la grandeur de la politique.
19:40Et vous voyez bien que, malheureusement,
19:47il y a beaucoup de choses à faire
19:48sur la justice des mineurs.
19:49En tendance de 45, on vient dessus ?
19:49Il y a aussi, accessoirement,
19:51à appliquer les lois.
19:52Parce que vous voyez, typiquement,
19:53la mise en cause
19:54de la responsabilité civile des parents,
19:56les lois existent.
19:57Il faut les appliquer.
19:58Ensuite, il peut y avoir
19:59des décisions de justice
20:00qui, ici ou là,
20:00ne correspondent pas aux attentes
20:02de la police, de l'opinion publique.
20:04Bien sûr, c'est normal.
20:05Ça arrive, on est dans une démocratie,
20:07on peut être choqué de tout ça.
20:08Mais je veux rappeler quand même
20:09qu'il y a des domaines
20:10dans lesquels la police et la justice
20:12fonctionnent remarquablement bien
20:13au niveau des parquets.
20:14Écoutons, Jean-François Copé,
20:15le bilan dressé tout à l'heure
20:16par le Premier ministre,
20:17à la fois sur le nombre de blessés
20:18chez les forces de l'ordre,
20:19chez les personnels
20:20de l'éducation nationale.
20:21Mais oui, bien sûr.
20:22Et ça, il faut en parler.
20:23Il y a un avant et un après.
20:24Comment vous expliquez d'ailleurs
20:25que ceux qui nous instruisent
20:26soient attaqués,
20:27ceux qui nous émancipent
20:28soient vilipendés ?
20:30Parce qu'il y a des responsables politiques
20:31qui ont donné des permis de violence
20:34en les justifiant
20:35de manière scandaleuse
20:36que lorsque le maire de Saint-Denis
20:38parle de violence légitime,
20:39c'est une honte
20:40parce qu'ils ont instrumenté
20:42Il ajoute qu'elle n'est pas souhaitable,
20:43la violence.
20:43Il dit qu'elle n'est pas souhaitable
20:44dans la même phrase.
20:45Mais vous voyez l'hypocrisie
20:46du double discours ?
20:47On est exactement dans le populisme.
20:48Qu'est-ce que ça veut dire
20:49une violence légitime
20:50qui n'est pas souhaitable ?
20:51Ça veut dire qu'il n'en courage pas.
20:52Mais non.
20:53C'est-à-dire pas de violence du tout
20:54dans une démocratie.
20:55Et c'est ça la puissance de la démocratie.
20:57On peut dialoguer sans se battre.
20:58D'accord.
20:59Mais on peut aussi...
20:59Tout à l'heure, vous disiez
21:00qu'il y avait un nombre d'arrestations
21:02qui étaient de l'ordre de 7000 personnes.
21:03Il y a quand même 86% de mineurs.
21:05Il y a plusieurs institutions internationales.
21:06C'est énorme.
21:08Mais quand les agriculteurs
21:09se mobilisent de manière violente,
21:10on ne les arrête pas de manière aussi...
21:12C'est pas vrai.
21:12Mais qu'est-ce que vous raccoutez ?
21:13La réponse n'est pas la même.
21:14C'est un cliché.
21:15Il n'y a pas des blessés
21:16de cet ordre-là.
21:16Mais arrêtez, c'est cliché.
21:17C'est vrai.
21:18Même le gouvernement avait dit à l'époque
21:21qu'il fallait faire preuve
21:21de mesures face aux agriculteurs.
21:22Le discours n'est pas le même.
21:23Laurent Nunez a dit
21:24qu'il n'avait pas donné
21:25de consignes de retenue à la police
21:26alors qu'on n'est pas à des enfants.
21:27Mais vous plaisantez.
21:28Vous pensez que les policiers
21:30font n'importe quoi ?
21:31Nous avons une police
21:32qui a des consignes extrêmement strictes.
21:33Lorsqu'un policier commet
21:35un acte qui est illégal,
21:36il est jugé.
21:37Et le cas échéant,
21:38s'il est juge,
21:38le considère,
21:39il est condamné.
21:41Et en ce qui concerne
21:43les agriculteurs,
21:44lorsqu'un certain nombre d'entre eux
21:45ont commis des actes
21:46absolument inqualifiables,
21:47ils ont été poursuivis
21:49et le cas échéant condamnés.
21:52On ne fait pas les Jeux olympiques
21:53de celui qui est le plus condamné
21:54selon qu'il est agriculteur ou lycéen.
21:56Et de l'autre côté,
21:57il y a des adultes,
21:57ce n'est pas la même chose.
21:58Écoutez-moi là-dessus.
22:00Vous croyez quoi ?
22:01On n'est pas tous hyper inquiets
22:03pour nos enfants et nos jeunes
22:05lorsqu'ils se trouvent
22:05à aller au lycée.
22:07Donc moi, ma réponse,
22:07elle est très simple.
22:08Ce sont des jeunes
22:09et souvent très jeunes.
22:11Et ce qui est en cause aujourd'hui,
22:13c'est qu'est-ce qu'ils font
22:14qu'ils sont à ce niveau de violence ?
22:15Qu'est-ce que leurs parents
22:16leur disent ou ne leur disent pas
22:17dès qu'on arrive là ?
22:18Il y a des enfants
22:18qui ont été arrêtés
22:19sans avoir commis de violence.
22:20Comment ?
22:21Il y a des jeunes
22:21qui ont été arrêtés
22:22sans avoir commis de violence.
22:23On a vu des images.
22:25C'est massif.
22:26Après avoir été traumatisé
22:27pendant 48 heures
22:28en garde à vue.
22:28Est-ce qu'il faut
22:29des comparutions immédiates
22:29dénourables
22:30aux comparutions immédiates
22:31pour les mineurs ?
22:32Écoutez, c'est un vrai débat.
22:33Moi, je ne suis pas contre.
22:34C'est le débat.
22:35Non, c'est un des débat.
22:37Moi, ce qui me paraît capital,
22:38c'est que l'on prenne conscience
22:40que nous avons un certain nombre
22:41de jeunes
22:41qui sont extrêmement violents.
22:43Ils sont très jeunes.
22:44Écoutez, dans le cas
22:44qui nous occupe,
22:45certains étaient,
22:46je l'ai vu à mot,
22:48collégiens.
22:48Donc, rien à voir
22:49avec les mécontentements lycéens.
22:51Rien.
22:52Écoutez, ce n'est pas ce que dit...
22:53Alors, il ne fait pas...
22:54Enfin, j'allais dire,
22:55il ne fait pas de politique.
22:56Ça, c'est à vous de juger.
22:57Vous me direz si c'est le cas.
22:58Omar Sy, l'acteur,
22:59qui a réagi
23:00sur ce mouvement lycéen.
23:01Écoutez ce qu'il dit.
23:03C'est quand je vois
23:04ce qui se passe aujourd'hui
23:05en France
23:06avec ce mouvement des lycéens-là
23:07et qui est une petite lumière
23:09au final.
23:09Parce que qu'est-ce qui se passe ?
23:10C'est nos mômes.
23:12C'est l'avenir de notre pays
23:14qui est en train de dire
23:15à un pays
23:18un cap.
23:19Écoutez-nous.
23:20On sait à peu près
23:21où on a envie d'aller,
23:22nous, demain.
23:23Parce que ce pays-là,
23:23ça va être le nôtre.
23:25Donc, quand je vois
23:26qu'on ne réagit pas à ça
23:27et que le réflexe,
23:28c'est de leur empêcher
23:30de parler
23:30ou de leur taper sur la gueule
23:32ou même de les mettre
23:33les uns en face des autres
23:34pour faire des combats d'enfants,
23:36je trouve ça lamentable.
23:38Et je me dis,
23:39mais où sont les responsables ?
23:42Ils cherchent les responsables.
23:43Ils trouvent ça lamentable.
23:44Comment vous réagissez ?
23:45Un point de vue...
23:46Écoutez, on a la grande chance
23:47d'être en démocratie.
23:48On n'est pas chez Poutine.
23:49Donc, c'est son point de vue.
23:51Non, ça, heureusement,
23:52tu peux l'exprimer.
23:53Mais vous, qu'en pensez-vous ?
23:54Je n'ai pas d'avis.
23:55Quand j'entends qu'il décrit
23:56que notre pays est à la dérive,
23:58nous sommes dans le pays
23:59où on peut accéder
24:00aux soins gratuitement,
24:01où on est aidé
24:02pour se loger,
24:03où on a des aides
24:04absolument dans tous les sens.
24:05On a malheureusement,
24:08parce que ce gouvernement
24:09a laissé filer les choses,
24:11un désordre inacceptable
24:12dans la rue.
24:12Vous dites que la France
24:13est ce paradis
24:14dans lequel les habitants
24:15se croient en enfer.
24:16Ce n'est pas moi
24:17qui ai inventé cette phrase.
24:17Oui, c'est Sylvain Tesson.
24:18Mais vous la reprenez à votre temps ?
24:19Mais je l'ai reprise dans mon livre,
24:21bien sûr.
24:21Et pourquoi je l'ai reprise ?
24:23Parce que...
24:24Mais alors,
24:24c'est une jeunesse gâtée
24:25qui ne se rend pas compte
24:26de la chance qu'elle a ?
24:27Nous avons perdu dans ce pays
24:29le sens du tragique.
24:30Le tragique, c'est la guerre.
24:31Il faut que chacun entende
24:33que nous avons des réformes à faire.
24:34Je croyais que vous alliez dire
24:36le sens du travail.
24:37Le sens du...
24:38Mais je vais vous dire une chose.
24:40Il y a beaucoup de points communs
24:41entre tous là.
24:42La réalité, c'est que nous avons
24:44complètement perdu
24:45le sens de la relativité
24:47par rapport aux tragédies du monde.