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Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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00:00Merci d'être avec nous depuis le début de cette édition.
00:03Beaucoup, beaucoup d'actualités sur différentes villes, notamment Marseille.
00:07On interrogera tout à l'heure le maire de la cité fosséenne, Benoît Payan,
00:11puisqu'on a appris que pour la journée de samedi, la ville serait carrément transformée comme dans un refuge en
00:17réalité.
00:18Elle sera verrouillée par un couvre-feu qui sera élargi.
00:21Interdiction de manifestation, quel que soit le motif.
00:24Et puis également, suspension des transports publics en commun, c'est assez inédit.
00:30Nous parlerons également de ce qui est prévu pour les autres villes.
00:33Mais tout d'abord, l'aspect sécuritaire.
00:35On poursuit de l'interroger avec vous, Frédéric Pechner, bonsoir.
00:38Bonsoir.
00:39Merci de votre présence, vous êtes ancien directeur général de la police nationale.
00:42Je précise que vous travaillez toujours dans la réserve de la police nationale.
00:46Vous êtes également vice-président du conseil régional d'Île-de-France.
00:50Je voudrais tout d'abord, Frédéric Pechner, vous faire écouter ce témoignage.
00:53C'est un témoignage à visage découvert.
00:55Ce sont des forces de l'ordre, mais la puissance de ce qui est dit, tout simplement, la vérité crue.
01:00Écoutons.
01:02Je n'ai jamais vu ça.
01:04Pour moi, ça fait déjà plus de dix ans que je suis sommetier.
01:09Sincèrement, c'est quelque chose d'inédit.
01:12D'inédit.
01:12En France, dès les premières heures, on a constaté qu'il y avait plusieurs groupes qui se formaient.
01:19Pas forcément des black-bops, mais des individus issus des quartiers.
01:28Et la particularité, ces groupes qui sont facilement modulables, qui se détachent, ils ne se reconnaissent pas forcément.
01:35Mais ils s'habillent en noir.
01:37Ils sont gantés, cagoulés pour la plupart.
01:40Et moi, j'ai quand même remarqué avec mes collègues que c'était beaucoup plus des émeutiers qui étaient là
01:47pour profiter de la situation.
01:49Ils ont des émeutiers de très jeune âge, moi.
01:5216, 17, 18 ans.
01:54Une tension extrême.
01:56Et aujourd'hui, il le reconnaît, la peur a changé de camp.
02:02On a tous peur.
02:04Moi, personnellement, c'est une peur qui mesure.
02:06Ça se passe c'est quoi ?
02:08Ils n'ont plus peur d'attaquer la police.
02:11Quand on est désarmé juridiquement, quand on est désarmé sur le plan matériel, sur le plan humain,
02:18c'est des jets projectiles, c'est des pierres, c'est des cheminiers qui sortent des toits,
02:26c'est des mortiers qui ont une capacité de plus de 300 coups à la seconde.
02:33Et nous, en face, les forces de police ou le gendarmerie, ça nous déstabilise, ça nous met en danger.
02:43Frédéric Péchner, ancien directeur général de la police nationale.
02:46Est-ce que selon vous, les forces de l'ordre, malgré évidemment leur attachement, leur engagement,
02:52qu'on n'interroge pas ici, mais est-ce qu'elles peuvent encore tenir longtemps si ça se répète encore
02:56et encore ?
02:57Alors tenir longtemps, ça se répète pendant des mois et des mois.
03:00Il y a certainement un moment avec plus de difficultés, encore plus de saturation.
03:05Aujourd'hui, moi, les capteurs que j'ai dans la police,
03:08les anciens, les jeunes que je peux encore continuer à voir,
03:12je n'ai pas trouvé des gens qui étaient apeurés ou inquiets.
03:17Au contraire, ils ont un sens très profond du service public et de leur engagement.
03:22J'étais ce matin, je discutais ce matin avec des gens d'une compagnie d'intervention
03:26qui, le commandant me disait que la plupart de ces gars avaient repoussé des vacances
03:30pour pouvoir être là samedi prochain avec les collègues pour essayer de maintenir l'ordre
03:38à la suite des émeutes très violentes que nous avons eues le week-end dernier.
03:42Alors après, juste une chose, incontestablement, ça a été un week-end particulièrement difficile.
03:48Les plus jeunes de nos collègues policiers n'avaient jamais connu ça.
03:52Les plus anciens, pendant la crise des gilets jaunes,
03:55qui a duré, rappelons-nous, 50, presque un an, 52 semaines je crois,
03:59tous les samedis, il y a eu des violences qui ont été extrêmement fortes aussi.
04:03Mais à l'époque, nous n'avions pas, en tous les cas,
04:05n'ont pas été convoqués le dispositif avec la BRI, le GIGN, Sentinelle,
04:11notamment pour sécuriser les bâtiments.
04:13Est-ce que vous pensez que tout cela peut nous prémunir
04:15de ce qui s'est passé samedi dernier ?
04:17Ou vous voulez dire non ?
04:18Les forces de l'ordre, seules ces forces de l'ordre-là,
04:20savent faire du maintien de l'ordre ?
04:21Alors Sentinelle, non, j'avais encore jamais vu.
04:24Par contre, la BRI et le RAID sont déjà intervenus en rétablissement de l'ordre,
04:29notamment sur les émeutes urbaines de 2023.
04:32Je ne suis pas sûr que ça soit fondamental.
04:38On est visiblement dans la communication.
04:40On voit bien que le ministère intérieur,
04:42qui s'est fait déborder le week-end dernier,
04:45ils ont envie de montrer que là, ils vont vraiment mettre le paquet.
04:48Alors que la BRI, on parlait de Paris,
04:50que la brigade de recherche et d'intervention soit prête à intervenir
04:55sur quelque chose de leur niveau.
04:56Une prise d'otage,
04:58quelqu'un qui se met à tirer sur les policiers, etc.
05:01Bien sûr, qu'ils fassent du maintien de l'ordre,
05:03ça ne changera pas grand-chose.
05:04Et puis, ce n'est pas leur métier.
05:06Vous dites, pour afficher quelque chose,
05:09en tous les cas,
05:09le gouvernement, l'exécutif,
05:11veut montrer que cette fois-ci,
05:12il a pris conscience de la situation.
05:15Mais cela passe par des interdictions de manifester,
05:17notamment Marseille,
05:18quel que soit le motif.
05:20Est-ce que selon vous, Frédéric Péchard,
05:22c'est le renseignement territorial
05:23qui est en train de dire,
05:25là, vous devez serrer la vis à tous les niveaux, maintenant ?
05:28Selon toute vraisemblance,
05:30je ne suis pas là pour donner des bons points
05:32ou des mauvais points,
05:32mais il y a eu un problème de renseignement.
05:36Le renseignement a été visiblement...
05:38Alors, je ne sais pas à quel niveau il a été sous-estimé,
05:40parce que le renseignement,
05:41il peut être bon au départ,
05:42et puis moduler par la suite
05:44en fonction de la hiérarchie
05:45pour arriver sur le bureau du cabinet du ministre
05:47et qu'il ne veut pas croire...
05:49Donc, je ne sais pas du tout
05:49ce qui a été réellement dit,
05:51mais incontestablement, à l'arrivée,
05:53il y a eu un peu une faillite du renseignement.
05:55On n'avait pas prévu qu'il y aurait autant de monde
05:57et pas prévu qu'il y aurait autant de black blocs
05:59et autant de pilleurs.
06:00Ce n'est pas les mêmes,
06:01c'est deux populations différentes,
06:04mais qui, finalement, cèdent l'un à l'autre,
06:06en tout cas pour mettre le chaos.
06:08Beaucoup de ceux qui nous regardent,
06:09si ce n'est la quasi-majorité,
06:11vraiment, quelles que soient les opinions,
06:13les convictions, disent autant d'attaques,
06:14autant de groupes,
06:15Frédéric Pechner, de groupes mobiles,
06:17si bien organisés, si bien préparés,
06:19comme pour un attentat.
06:21Est-ce que nous sommes pieds et points
06:23liés juridiquement,
06:24d'un point de vue administratif,
06:25pour ne pas agir parfois en amont
06:26sur des profils comme celui
06:28qui est soupçonné pour la mairie de Limoges,
06:31qui est quand même un fichier S,
06:32d'ultra-gauche ?
06:34– Alors, d'une façon générale,
06:35on intervient quand même assez souvent
06:36et de manière efficace avant.
06:39Mais il y a quelque chose qui est important
06:40dans ce que vous venez de dire
06:41sur le renseignement territorial,
06:43on ne peut pas exiger d'un service
06:46qui fournisse des informations
06:47alors que, depuis plusieurs années,
06:50on l'empêche de travailler convenablement.
06:51C'est-à-dire que quand, par exemple,
06:54l'Assemblée nationale dit
06:55« vous n'aurez plus droit aux caméras
06:57avec intelligence artificielle »,
06:58quand certaines personnes dans le gouvernement
07:00disent « là, vraiment, ce genre de personnes,
07:03on ne peut pas les géolocaliser,
07:04on ne peut pas les suivre »,
07:05très bien.
07:06Puis après, on ne peut pas s'étonner non plus
07:08qu'on arrive, vous savez,
07:11on travaille avec ces outils.
07:12Si on vous dit « non, non, pas d'infiltration »,
07:15« non, non, on ne recrute pas de source
07:17parce que les indics, c'est bizarre »
07:18et qu'il n'y a pas les moyens technologiques
07:19ou techniques de travailler,
07:21vous ne pouvez pas vous étonner
07:22qu'un jour ou l'autre,
07:23ça marche moins bien.
07:24C'est pour ça que,
07:25quand on dit qu'il y a une faillite
07:26du renseignement,
07:27le renseignement, c'est en amont.
07:29Ça fait dix ans que peut-être
07:30qu'on aurait dû donner
07:31plus de possibilités,
07:32plus de pouvoirs,
07:33plus de moyens techniques et humains
07:35au service de renseignement
07:36et on ne serait pas dans cet état-là aujourd'hui.
07:38Et vous avez de ce dont vous parlez
07:39puisque vous, personnellement,
07:40Frédéric Pechenard,
07:41vous avez travaillé sur les casseurs,
07:43sur les pilleurs,
07:44sur les fauteurs de troubles
07:45qui travaillent en nébuleuse
07:46et vous dites,
07:47je vous ai très très souvent
07:48entendu dire il y a très longtemps
07:49que ça passe évidemment
07:50par les messageries cryptées
07:51auxquelles nous n'avons pas accès.
07:54Comment on peut savoir
07:55alors où ils vont se regrouper ?
07:56Aujourd'hui,
07:57on voit bien que l'arme numéro un
07:58des casseurs ou des black blocs,
08:00c'est le téléphone.
08:01Donc si vous n'avez pas accès
08:02à leur téléphone,
08:02si vous ne pouvez pas suivre leur téléphone,
08:04si vous ne pouvez pas couper leur téléphone,
08:06il y a plusieurs possibilités,
08:10les forces de l'ordre
08:11qui seront présentes sur place,
08:12les CRS, les gendarmes,
08:13les compagnies d'intervention,
08:15ils ont beaucoup de mal.
08:16Si au contraire,
08:17vous avez la main sur le téléphone,
08:19que vous arrivez à les couper,
08:19que vous arrivez à les suivre,
08:21etc.,
08:21à ce moment-là,
08:23si j'ose dire,
08:23la peur va changer de camp.
08:24C'est important,
08:25ça veut dire qu'on ne peut pas
08:25reprocher aux renseignements
08:28ceux qui ne peuvent pas faire
08:29parce qu'ils n'ont pas
08:29les moyens nécessaires
08:30pour le faire.
08:31Absolument,
08:31c'est exactement ça.
08:32Vous ne pouvez pas dire un jour...
08:35Et puis il y a ça,
08:36il faut donner les moyens
08:37à la police de travailler,
08:38à toute la police de travailler.
08:39Alors ça doit être un équilibre,
08:40on est dans une démocratie.
08:43En tout cas,
08:43la plupart des gens
08:45pensent qu'on est,
08:46souhaitent continuer à rester,
08:47c'est mon cas naturellement,
08:48dans une démocratie.
08:49Voilà,
08:50donc il est évident
08:51qu'il faut que la police
08:51ait des pouvoirs
08:52et qu'il ait des contre-pouvoirs,
08:54mais je pense qu'on pourrait
08:55aller un petit peu plus loin
08:56dans les pouvoirs de la police,
08:58surtout dans ces périodes
08:59un peu difficiles.
09:00Et c'est pour ça que,
09:01finalement,
09:02l'état d'urgence
09:02n'était pas une si mauvaise idée
09:04que ça,
09:04parce que ça aurait permis
09:05pendant un certain temps
09:06d'avoir un peu plus de pouvoir
09:08pour les préfets
09:08ou pour les policiers.
09:09– D'ailleurs,
09:09on peut rappeler,
09:10l'état d'urgence
09:10n'a pas été déclaré
09:11comme le demande notamment
09:12le patron de votre parti,
09:14Bruno Rottel.
09:15Pourquoi,
09:15compte tenu d'un tel chaos,
09:17cela n'a pas été déclenché ?
09:18Et rappelons que l'état d'urgence
09:19permet des pouvoirs plus importants,
09:20Frédéric Péchena,
09:21l'interdiction de se déplacer,
09:23de manifester,
09:24des pouvoirs élargis
09:25comme des perquisitions administratives
09:26sans l'intervention d'un juge.
09:29certains peuvent
09:30certainement hurler.
09:31– C'est toujours
09:33un peu plus compliqué que ça
09:34et puis bien sûr,
09:35ça ne peut pas durer
09:36plus de 12 jours,
09:36c'est dans le temps
09:37et d'ailleurs,
09:37c'est très bien
09:38que c'est dans le temps
09:38et effectivement,
09:39ça donne plus de pouvoir.
09:40Par exemple,
09:41si un préfet interdit
09:41une manifestation,
09:43la justice administrative
09:44ne peut pas,
09:45deux heures avant,
09:46dire finalement
09:46si il l'autorise.
09:47– Ce qui s'est passé
09:48tout à l'heure à Paris.
09:49– Aujourd'hui, à Paris.
09:50– Mais racontons les scènes,
09:51c'est incroyable.
09:52– Le préfet de police,
09:53ce matin,
09:53a interdit une manifestation,
09:55il y a eu un référé
09:56et la justice administrative
09:58a annulé l'arrêté du préfet.
10:00Donc finalement,
10:01la manifestation a eu lieu.
10:03– C'est ce qui peut se passer
10:04d'ailleurs sur la ville de Marseille.
10:06– Mais absolument.
10:06– Et donc tout peut,
10:07si je puis dire,
10:08tomber à l'eau
10:09pour les décisions
10:09qui ont été prises
10:10et encouragées
10:11par le gouvernement.
10:12– Absolument.
10:13– Frédéric Péchin,
10:13beaucoup de gens
10:15qu'on rencontre,
10:16les citoyens
10:18qui nous interpellent
10:19dans la rue,
10:19ils disent,
10:19mais comment vous expliquez
10:20qu'on a eu des Jeux olympiques,
10:22on a eu la visite du pape ?
10:24Alors évidemment,
10:25tout le monde dit
10:26que le public est très différent,
10:28mais on arrive à sécuriser
10:29des événements
10:30d'une incroyable complexité,
10:32on verrouille des villes
10:33et là on n'y arrive pas.
10:34On n'arrive pas
10:35à davantage encadrer
10:36certaines villes,
10:37métropoles.
10:38– Non, parce que
10:38vous avez des gens
10:39qui ne viennent pas
10:40ni pour voir le pape
10:41ni pour assister
10:42à des Jeux olympiques.
10:42Vous avez des gens
10:43qui viennent pour casser,
10:44pour piller,
10:45pour attaquer
10:45les forces de l'ordre.
10:46Et avec la difficulté
10:48qu'il faut tout de même rappeler,
10:49la police française
10:51est une police
10:51qui a une seule idée en tête
10:54lors des maintiens de l'ordre,
10:56c'est pas de mort,
10:57zéro mort.
10:57Vous savez,
10:59quand j'entends la police
11:00quand j'entends la police
11:01tu,
11:01je trouve que c'est absolument
11:03insupportable comme slogan,
11:04c'est comme CRSSS en 68,
11:06enfin c'est des slogans
11:07qui sont absurdes.
11:08Et vous avez dit le nom,
11:09mais la dernière fois
11:10qu'un jeune homme est mort
11:11lors d'une manifestation
11:12à Paris,
11:13je dis bien à Paris,
11:14avec la police parisienne,
11:16tout le monde se souvient
11:16de son nom,
11:17c'est Malik Ousekine.
11:18C'était en 1986,
11:19il y a 40 ans.
11:20– Et depuis,
11:20la main de l'État tremble
11:21quand il s'agit de donner
11:22des ordres,
11:23des consignes claires
11:24aux forces de l'ordre ?
11:24– Alors il faut donner
11:25des consignes claires,
11:26là je crois aussi que
11:27si on donne un jour,
11:28si on demande de l'empathie
11:29et le lendemain de la fermeté,
11:30c'est un petit peu compliqué.
11:31Quand vous êtes sur le terrain
11:32et que vous êtes policier,
11:33vous avez besoin
11:33de consignes claires,
11:34parce que vous savez,
11:35les policiers sur le terrain,
11:36ils ont parfois
11:36deux ou trois secondes
11:37pour décider ce qu'ils vont faire.
11:38Donc il faut globalement
11:39dans leur tête,
11:40les consignes soient bien claires.
11:42Donc ça c'est la première chose,
11:43c'est peut-être le plus important
11:44d'avoir des consignes claires.
11:46– Donc d'aller au contact
11:47si vous étiez encore
11:49aux manettes,
11:50si je peux dire ?
11:51– Après,
11:52la règle absolue,
11:53c'est qu'il ne faut pas
11:54qu'on ait de mort
11:54sur les manifestations.
11:56Et en ce sens,
11:57dans le raté,
11:59le chaos du week-end dernier,
12:00on peut quand même
12:00se féliciter d'une chose,
12:01c'est qu'on n'a pas eu de mort.
12:03Et je vais vous dire,
12:04j'espère que ça va continuer,
12:05parce que quand on voit…
12:06– Vous avez l'air inquiet.
12:07– Oui, je suis inquiet,
12:08parce que quand on voit
12:08la violence
12:10de certains black blocs
12:12encouragés par une partie
12:14minoritaire,
12:14tout de même,
12:15de la classe politique,
12:15on voit bien
12:16qu'ils cherchent
12:17l'affrontement,
12:18ils cherchent les blessés,
12:19ils cherchent le chaos,
12:20il y a un moment
12:21où il y a un risque
12:22qu'il y ait des morts.
12:23Et ça, ça serait…
12:25On changerait de catégorie,
12:27ça serait un drame.
12:28– On changerait de catégorie.
12:30– Il y a des pays
12:30où, à Los Angeles,
12:32il y a eu les dernières émeutes
12:33à Los Angeles,
12:33je lisais ça il n'y a pas longtemps,
12:34il y a déjà quelques années,
12:35il y a eu 80 morts
12:36en une nuit.
12:37Voilà, bon.
12:39La France,
12:40c'est un pays
12:40où on ne tue pas
12:41en maintien de l'ordre.
12:41On va me dire,
12:42« Ah si, si, il y a machin,
12:42oui, ok, il y en a deux ou trois
12:44et c'est regrettable. »
12:45Et d'ailleurs, on les connaît.
12:47D'ailleurs, on les suit.
12:48Et je pense qu'il faut
12:49vraiment rendre hommage
12:50aux policiers
12:51qui en prennent parfois
12:52plein la figure,
12:53qui font attention
12:54et qui ont toujours
12:56une riposte gratuite.
12:57Voilà.
12:57Il n'y a pas de morts
12:58et il faut absolument
13:00que ça continue.
13:00– Même si je vous ai déjà
13:01entendu également,
13:02Frédéric Péchinard,
13:04interroger parfois
13:05les techniques de maintien
13:05de l'ordre,
13:06ce qu'on appelle
13:06le nassage, etc.
13:08C'est-à-dire
13:08la façon de nasser
13:09les manifestants.
13:12C'est une chose qui évolue.
13:12Mais quand même,
13:13la phrase qui nous a tous
13:15sidérés il y a quelques jours,
13:16c'est d'entendre
13:17que l'État,
13:19l'État en fait,
13:20a failli.
13:21C'est-à-dire qu'à un moment,
13:22c'est vertigineux
13:23qu'en phrase,
13:23on en a dit
13:23que l'État n'avait plus
13:24la main.
13:25L'État n'a plus la main.
13:26C'est-à-dire que s'il n'y avait
13:27plus les forces de l'ordre,
13:29c'est le dernier cordon.
13:30– Oui, mais en même temps,
13:31les forces de l'ordre
13:31sont là pour ça.
13:32Ça pourrait être
13:33le dernier cordon.
13:34Je pense que…
13:36avec votre expérience,
13:38vous pensez que ça allait
13:40arriver un jour ?
13:42– Oui, je suis inquiet.
13:46Je suis inquiet
13:46parce que je trouve
13:47que toute cette dureté
13:49commence quand même très tôt.
13:51Tout ça nous promet
13:52une campagne présidentielle
13:54particulièrement difficile.
13:55– Qu'un ministre de l'Intérieur
13:56vient de dire
13:57qu'on a perdu le contrôle.
14:00– Oui, je ne suis pas…
14:01– Je vois votre regard, oui.
14:02– Je ne suis pas absolument certain
14:03qu'on ait perdu le contrôle.
14:04Voilà, qu'il y a un moment donné,
14:06qu'il y ait des gens
14:07qui ont eu peur,
14:08qui sont inquiets,
14:09qui se sont dit
14:09« Mon Dieu, mon Dieu,
14:11mais je n'ai pas vu
14:12des policiers partir en courant.
14:13J'ai vu les unités qui restent… »
14:15– Non, on aurait voulu les voir
14:15partir en courant
14:16à la mairie de Marseille
14:17et dimanche.
14:17– Qui restaient sur place.
14:18– Pour défendre les bâtiments.
14:19– Oui, mais alors,
14:19là aussi,
14:20il faut que chacun
14:20y mette du sien.
14:21Moi, j'aime bien entendre
14:23les maires qui se plaignent
14:24de la police,
14:25mais si vous prenez Paris,
14:26par exemple…
14:27– Le maire de Marseille
14:28qui va venir, lui,
14:28il demande des comptes.
14:29Il dit « Pourquoi ?
14:30Pourquoi ? »
14:31Vous avez laissé ?
14:32– Je suis élu parisien,
14:33donc je suis intéressé par Paris.
14:35Vous verrez avec le Marseillais
14:36tout à l'heure.
14:37Mais le maire de Paris,
14:41au dernier conseil de Paris,
14:42il a fait voter un vœu
14:43mettant en cause
14:44la police nationale
14:45sur les violences policières.
14:46Le préfet de police
14:47qui est venu s'expliquer
14:48devant le conseil de Paris
14:49a été interrompu grossièrement
14:50et hué par une partie
14:52de sa majorité.
14:54Pendant le week-end dernier,
14:56je rappelle qu'à Paris,
14:57il y a une police municipale
14:57avec 3 000 hommes et femmes.
15:00Il y a 3 000 personnes
15:01qui sont dans la police
15:01municipale de Paris.
15:03J'en ai pas vu un nulle part.
15:05Il est maire de Paris.
15:06Il a, certes,
15:07c'est le préfet de police
15:08et l'État qui est responsable
15:09de l'ordre public.
15:10Enfin, il a la responsabilité
15:11tout de même
15:12de la sécurité de Paris.
15:15À minima,
15:16on aurait pu envisager
15:17un déploiement
15:18à titre préventif
15:19d'un certain nombre.
15:193 000 hommes et femmes.
15:20Ça n'a pas été fait.
15:21Ça n'a pas été le cas.
15:22Pourquoi ?
15:22Parce que les instructions
15:24données par le maire de Paris,
15:25c'est, restez planqués,
15:26on n'intervient pas.
15:28Pour des raisons
15:29probablement purement idéologiques.
15:32Voilà.
15:32Donc, je pense que
15:33c'est bien de critiquer
15:35le ministre de l'Intérieur,
15:36le gouvernement.
15:36Donc, les maires ont
15:37une responsabilité.
15:38Qui d'ailleurs a fait
15:38son mea culpa
15:39et les forces de l'ordre.
15:41Mais après,
15:41certains maires,
15:42pas tous,
15:43parce que vous êtes
15:43des petits maires.
15:45Après, il y a certains maires
15:46qui peut-être
15:46n'ont pas non plus
15:47été de perfection.
15:49Alors, on les entend
15:50crier aujourd'hui,
15:51très bien,
15:52et je comprends.
15:54J'ai vu le maire
15:56de Limoges.
15:57À Limoges,
15:58tu fais aussi ce que tu peux
15:59avec ce que tu as.
16:01Voilà.
16:01Mais je pense
16:02qu'on a quand même...
16:03Enfin,
16:04on a une police municipale
16:05à Paris
16:06qui devrait être
16:07très largement engagée
16:08samedi.
16:09Et je ne sais pas
16:10si ça va être le cas.
16:10Je l'espère.
16:11Comment on fait,
16:12Frédéric Péchnard,
16:13quand,
16:13chez une partie de la jeunesse,
16:15les slogans ont fusé,
16:16les slogans
16:16« la police tue ».
16:17À partir de là,
16:19quoi qu'il arrive,
16:19certains vont considérer
16:20et considéreront toujours
16:21les forces de l'ordre
16:22comme une bande
16:23de rivale,
16:23comme l'ennemi,
16:24l'ennemi,
16:25pas l'adversaire,
16:25l'ennemi numéro un.
16:27Comment on fait dans un pays
16:28où, eh bien,
16:30il y a une inversion
16:31totale des normes ?
16:32D'abord,
16:33j'ai presque envie de dire
16:35qu'il est normal
16:36que les jeunes
16:37n'aiment pas la police.
16:38Normal,
16:39entre guillemets,
16:40c'est-à-dire que
16:41quand vous êtes jeune,
16:42vous êtes plein...
16:43Il y a ne pas aimer,
16:44mais là,
16:44je parle de ceux
16:45qui leur balancent
16:46un pavé sur la tête.
16:46Ça, c'est autre chose.
16:47Oui, je parle de cela.
16:48Ça, c'est autre chose.
16:49Moi, j'ai été au lycée Carnot.
16:50Il y avait les lycées
16:51inquiétés devant.
16:52Il y avait trois policiers
16:53qui attendaient
16:53pour voir ce qui se passait.
16:54Tout ça était
16:54dans un très bon enfant.
16:56Il n'y avait aucune difficulté.
16:57Après, vous avez
16:57des militants
16:58que j'ai trouvé très nombreux,
17:00mais très nombreux
17:01pour des militants
17:02d'ultra-gauche.
17:03Par rapport à l'ensemble
17:04de la JAS française,
17:05c'est 0,1%.
17:06Il ne faut pas se faire.
17:07Vous voyez les derniers sondages.
17:08Il y a 65% des Français
17:10qui trouvent que la police
17:12fait parfaitement son boulot.
17:13C'est le dernier d'aujourd'hui
17:13dans un contexte
17:14qui est difficile.
17:15Mais vous êtes inquiet
17:15du discours qui fait en sorte
17:17justement que ces slogans
17:19infusent sur la police
17:21tu, la police est raciste.
17:22Bien sûr.
17:23C'est systémique.
17:24Ces slogans
17:25qui sont des slogans
17:26simples, simplistes,
17:27qui sont répétés à l'envie
17:29sur TikTok ou autre,
17:30finissent par influencer
17:32un certain nombre de jeunes
17:33qui disent
17:33que la police est violente,
17:34la police est raciste.
17:35La police est violente.
17:37Si la police française
17:38était violente...
17:38Vous dites quand même
17:38que certains policiers,
17:40quand on voit le nombre
17:41d'enquêtes à l'IGPN...
17:43Il n'y en a pas beaucoup.
17:44Par rapport...
17:45Je crois que...
17:45Je n'ai pas exactement le chiffre
17:47mais je crois qu'il y a eu
17:476 000 interpellés.
17:48Il y a eu plus de 1 000 blessés
17:50dans les rangs
17:51des forces de l'ordre.
17:52Il y a eu des blessés aussi.
17:53Moi, je ne fais pas de...
17:54Je ne fais pas de hiérarchie
17:54entre les blessés.
17:56Franchement, un gamin de 15 ans
17:57qui a un œil crevé,
17:58tout le monde est d'accord
17:58pour considérer que c'est atroce.
18:01Et il y a une dizaine
18:02d'enquêtes IGPN,
18:03c'est-à-dire
18:04dont on ne sait pas du tout
18:05ce qu'elles donneront.
18:06Vous avez aussi
18:06un certain nombre de blessés
18:08dans les rangs des manifestants
18:09qui se sont auto-blessés
18:10ou qui ont été blessés
18:11par leurs petits camarades.
18:12Donc, il est normal
18:13qu'il y ait des enquêtes IGPN.
18:15Je trouve que c'est sain.
18:16Il est normal
18:16que la police ne fasse pas
18:17n'importe quoi.
18:18Je rappelle quand même
18:18que quand j'étais d'IGPN,
18:20j'avais parfois la main lourde
18:21mais les fonctionnaires de police
18:24ce sont les fonctionnaires
18:25qui sont de loin
18:26les plus sanctionnés.
18:27Vous étiez à l'IGPN ?
18:28Non, j'étais directeur général.
18:29Oui.
18:30Mais je...
18:32Vous supervisez ?
18:32Je présidais
18:33les conseils de discipline
18:34les plus importants.
18:35D'accord.
18:36Donc, vous dites que les policiers
18:37sont parmi les professions
18:38les plus contrôlées...
18:39Les plus contrôlées
18:40et les plus sanctionnées.
18:41Les policiers,
18:42il faut le rappeler aussi,
18:43ce sont des femmes
18:44et des hommes
18:45qui ont des enfants.
18:46Parfois, peut-être,
18:47les amis de leurs enfants
18:48ou leurs propres enfants
18:49sont dans les mouvements
18:50de lycéens.
18:51Est-ce que cet aspect humain,
18:52on l'oublie aussi ?
18:53Bien sûr, on l'oublie.
18:53Vous savez,
18:54on essaie d'expliquer
18:56que la police est raciste.
18:57Ce n'est pas vrai.
18:59La police,
18:59c'est l'exacte refaire
19:00d'une société.
19:01Il y a les mêmes âges,
19:03il y a des hommes
19:03et des femmes,
19:04il y a des gens issus
19:05de l'immigration
19:05et des Français
19:06depuis toujours,
19:07etc.
19:08C'est un melting pot,
19:09la police nationale.
19:10C'est normal.
19:10Il y a 150 000 hommes et femmes.
19:12Et évidemment,
19:13ces gens-là,
19:13vous avez tout fait raison
19:15de le dire,
19:15ils ont des enfants.
19:16C'est-à-dire qu'ils ont des enfants
19:17et dont certains,
19:18la plupart,
19:19sont au lycée.
19:20C'est un policier
19:21qui me l'a dit,
19:21tout simplement.
19:22Il m'a dit,
19:22mais madame,
19:23mes enfants étaient aussi
19:25dans la manifestation.
19:26Croyez-vous que j'ai envie,
19:27quand je me réveille le matin,
19:28de me dire,
19:28je vais aller blesser
19:29un de mes enfants
19:31ou un ami à mes enfants ?
19:32Bien sûr.
19:32Et puis,
19:33c'est des hommes et des femmes
19:34qui sont inquiets
19:35pour l'avenir de leur enfant,
19:36qui sont inquiets
19:36pour l'avenir de leur pays,
19:37comme tout le monde.
19:39Je vous le dis,
19:39moi qui les connais depuis,
19:41j'ai été policier
19:42avant plus de 30 ans,
19:43ce sont des hommes
19:44et des femmes
19:45parfaitement normales
19:46qui ressemblent aux autres,
19:47qui ont peut-être
19:48ce petite chose en plus
19:49qui est le sens de l'engagement,
19:51le sens de l'État
19:51et de la République.
19:53Merci Frédéric Péchnars.
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