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  • il y a 15 minutes
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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Transcription
00:00Bonsoir, Tugdual-Denis, merci d'être avec nous, éditorialiste politique.
00:04Nous sommes toujours avec Laurent Jacobelli, avec Alexis Corbière.
00:07Laurent Saillet nous a rejoint.
00:08Merci pour votre présence.
00:10Nous sommes également avec Manel.
00:13Manel, pardonnez-moi.
00:15Nadel, on vous connaît très bien, on se souvient de vous lors de ses mouvements lycéens.
00:19Vous êtes ancien président de l'Union syndicale lycéenne.
00:22Aujourd'hui étudiant, je suppose ?
00:23C'est ça, classe préparatoire.
00:25Et donc peut-être aussi en soutien, même dans la rue,
00:28comme on a vu certains étudiants avec le mouvement lycéen ?
00:31Bien sûr, j'étais sur les blocages, les manifestations hier
00:33et encore les blocages aujourd'hui qui vont continuer,
00:36comme vous le savez, puisque les revendications ne sont toujours pas entendues.
00:40Il n'y a donc aucune raison que ce mouvement s'arrête.
00:42Rien dans ce qui a été dit.
00:44Il y a eu, disons-le, il n'y a eu pas beaucoup, peu d'annonces en tout cas.
00:48Il y a eu des paroles de compréhension, d'écoute des lycéens.
00:52Affirmé également qu'il n'y a évidemment aucune instruction d'affrontement, ce mot,
00:56de la part de la police par rapport aux lycéens.
00:59Vous n'avez rien trouvé qui puisse un peu amoindrir la colère ou la grogne ?
01:03Je ne pense pas.
01:03Je pense que l'idée, au contraire, de faire attendre un mois encore
01:06pour donner le début du principe d'une mesure,
01:09ça, c'est une décision qui est dangereuse.
01:11Parce qu'aujourd'hui, le seul moyen d'arrêter ce mouvement
01:14qui a pris une tournure nationale et qui a été rejoint par les étudiants
01:17et hier par des travailleurs de nombreux secteurs,
01:20c'est de le laisser gagner sur ces revendications.
01:22Et je pense que ce qu'il y a de positif, simplement, dans cette soirée,
01:25là où il a reçu les organisations et où il s'est exprimé,
01:28c'est qu'effectivement, toutes les organisations ont rappelé ce même message.
01:31Il y a aujourd'hui des mesures à mettre sur la table, très claires,
01:3410 milliards d'euros à mettre sur la table.
01:36Et tant que ça ne s'est pas fait, il faut continuer à se mobiliser.
01:39Et il ne nous connaît pas s'il pense que, pendant un mois,
01:42nous allons nous taire, rentrer chez nous, arrêter de nous mobiliser,
01:45alors qu'on a rencontré, depuis le début de cette mobilisation,
01:48depuis trois semaines, pas le début d'une mesure, mais du mépris, des paroles,
01:51toute la journée.
01:53Les paroles, il y en a eu assez, de Sébastien Lecornu, de Geoffrey, de Nunez.
01:56Ce qu'on veut maintenant, c'est des actes.
01:58Et les actes, ils doivent être posés rapidement.
02:00Mané Sandel, il souligne quelque chose qu'on a tous souligné tout de suite.
02:03Comment vous expliquez, quand vous avez une crise aussi inflammable, brûlante,
02:06comment vous expliquez un report d'un mois ?
02:08Comment, Laurent ?
02:09Ça y est ?
02:10Pour plusieurs raisons.
02:10Alors, il y a déjà des mesures qui sont entendables,
02:12et j'espère qu'elles seront écoutées et résolues rapidement.
02:15C'est notamment le remplacement des professeurs.
02:17Qu'il n'y ait pas suffisamment de professeurs devant les élèves, ça, ok.
02:20Mais si on parle de parcours sup, qu'est-ce que c'est le parcours sup, en fait ?
02:24C'est juste le symptôme...
02:25C'est pour beaucoup une injustice.
02:26Oui, je sais, je l'ai connu.
02:27Le symptôme, il manque de place.
02:28Mais c'est le symptôme d'un véritable problème de fond.
02:31On a poussé tous les jeunes au bac.
02:34Alors, en dévalorisant totalement, et heureusement, il y a un petit retour,
02:39en dévalorisant totalement des métiers qui sont très intéressants,
02:43et on a baissé le niveau du bac, et il n'y a plus assez de place derrière.
02:47Est-ce que vous pensez...
02:47Ils avaient 10 ans pour y penser ?
02:49Oui, je ne...
02:50Non, mais je sais bien, je vous laissez qui avec vous.
02:52Si vous voulez, j'essaie de...
02:53Parce qu'on peut changer tout le système, ça ne changera rien.
02:56Quand vous arrivez avec des bacs qui sont bas en termes de niveau,
03:01et que derrière...
03:02Quelle preuve de ça, que le niveau a baissé au niveau du bac ?
03:03Monsieur, s'il vous plaît, je ne vous ai pas coupé, donc je vais aller au bout.
03:06Que derrière, tout le monde n'est pas fait pour faire des études supérieures,
03:10et ce n'est pas négliger quiconque de faire ça.
03:12Avant, et heureusement, on y revient, apprendre un métier, c'était une belle chose.
03:16L'apprentissage, c'est une belle chose.
03:18Mais simplement, on a eu cette idée dans les années 80,
03:20de pousser tout le monde au bac par principe.
03:22Est-ce que vous pensez que les gens qui glandent des années entières
03:25dans des facs à 10 heures de cours par semaine
03:28pour n'obtenir aucun résultat pendant 4-5 ans,
03:30et qui, au final, finissent à faire des métiers
03:34qui ne sont pas du tout à la hauteur des études qu'ils avaient visées,
03:36ça fait des gens malheureux, ça fait des jeunes malheureux.
03:38On fait croire aux jeunes qu'il n'y a que des professions
03:41qui sont issues de ces formations.
03:43L'intelligence artificielle va remplacer tout ça.
03:46Moi, j'ai entendu ce même gouvernement depuis 10 années
03:48dire que l'apprentissage est devenu la voie royale,
03:50que c'est qu'on a mis...
03:51Il faut que ce soit.
03:51Il faut de tout, il faut de tout, et tout est respectable.
03:55Quand même, ce que vous dites, c'est assez...
03:56Je veux peut-être vous remercier, parce qu'effectivement,
03:58vous clarifiez de manière, vraiment, pour le coup, très nette,
04:00une position qui est celle du gouvernement.
04:02L'idéal de leur société, c'est qu'il y ait moins de gens formés
04:05après le bac.
04:06Mais vous dites qu'il ne faut pas dévaloriser certains métiers,
04:10mais qu'est-ce que c'est que la réforme du lycée professionnel,
04:12qui, là aussi, avait été contestée,
04:14là aussi, n'avait connu aucune discussion,
04:16ni avec les syndicalistes du lycée professionnel,
04:18ni avec les élèves, ni rien.
04:19Effectivement, leur objectif, en favorisant l'apprentissage,
04:22en dévalorisant de manière abjecte l'enseignement supérieur,
04:26c'est une société avec des gens moins formés,
04:29moins efficaces, de moins bons travailleurs.
04:30Et bien, nous, ce que nous voulons,
04:32ce n'est pas une société, évidemment,
04:33avec des millions de sociologues
04:35qui ont tous fait des facs de sociologie.
04:37Ça, c'est les clichés, les poncifs que vous recyclez.
04:39C'est quand même une réalité.
04:40Regardez les gens aujourd'hui, les jeunes qui sont malheureux,
04:42parce qu'ils ont fait des années d'études après le bac,
04:44qui ne trouvent pas de job,
04:45et qui sont au SMIG.
04:46– Il n'y a pas de job, mais c'est une chance pour un pays d'avoir des gens
04:49formés.
04:49– Non, mais moi, je le dis avec cœur, parce que moi…
04:51– C'est la grandeur d'un pays, s'il vous plaît.
04:53– Non, mais moi, je le dis avec cœur,
04:54mais non, mais ne me caricaturez pas.
04:56– Je veux vous dire, moi, je dis ça avec cœur.
04:58Je suis maman,
04:59ce n'est pas pour ça que j'en parle mieux que d'autres,
05:01mais moi, ça m'intéresse, la jeunesse.
05:03Et moi, j'ai énormément de respect pour tous ces jeunes.
05:06Et moi, ça me fait mal au cœur
05:08de voir que ces jeunes, on va les basculer dans des systèmes
05:11où ils n'auront pas de job.
05:12– Ah, ce qui m'étonne, on découvre tout ça aujourd'hui.
05:15– De tout, non, de tout, il y a toute formation.
05:17– On fait tous semblant d'avoir une discussion rationnelle
05:21et de discuter comme si on était dans les années 80-90
05:27avec des organisations lycéennes représentatives
05:30des lycéens qui manifestent,
05:32avec des organisations étudiantes un peu structurées,
05:35avec des discours eux-mêmes structurés.
05:38ce n'est pas un mouvement lycéen,
05:40c'est un concours TikTok de poubelles brûlées.
05:44Ce ne sont pas des manifestations,
05:46ce sont bien souvent des émeutes.
05:51Je ne crois pas,
05:52j'ai entendu évidemment le Premier ministre ce soir,
05:54mais même le ministre de l'Éducation nationale,
05:57la semaine dernière,
05:58si vous voyez, pour moi,
05:59il y avait une décorrélation totale
06:01entre ce qui se passe concrètement dans les rues
06:03et les réponses institutionnelles,
06:07j'allais dire, d'un autre temps comparé à…
06:10– Mais qui peut apporter une réponse
06:12si ce n'est pas une réponse politique,
06:13ce sont les forces de l'ordre ?
06:14– Non, mais c'est des anthropologues, c'est…
06:18– Pardon, est-ce que vous avez lu ce matin ?
06:20– Vous, alors, le Premier ministre annonce une plateforme,
06:22vous vous annoncez une réunion anthropologue.
06:24On n'est pas sur le maire d'Espagne.
06:26– Sonia, Sonia, est-ce que vous avez lu ce matin l'éditorial du Figaro ?
06:31– Toujours, tous les jours, sinon…
06:33– Vous avez vu ce que racontait Vincent Trémolet-Villère,
06:35il raconte que c'est une crise de l'autorité,
06:37que c'est une crise de la désinhibition,
06:41pourquoi pas…
06:43– Je respecte le Figaro parce que je lis le Figaro,
06:45mais enfin, si c'est l'éditorialiste du Figaro
06:47qui est au diapason de l'état de la jeunesse du pays,
06:50permettez…
06:50– Non, le diapason du diagnostic de la jeunesse de ce pays,
06:53c'est un peu déferré, parfois.
06:55– Je suis désolé, vous avez participé à des mouvements…
06:58– Vous restez jeunes, M. Tornière.
07:01– Je pense que, je ne sais pas
07:03ce qui vous arrive, vous n'avez pas vu la réunion tout à l'heure,
07:05avec tous les syndicats qui se sont mis d'accord sur des mesures tout à fait claires…
07:07– Mais ils représentent qui, le nom ?
07:08– Il y a des élections, c'est vrai qu'il y a des élections à la fac.
07:11– Vous pensez que les gens qui brûlent des camions de pompiers,
07:13ils connaissent même le nom des syndicats,
07:14mais il faut atterrir, il faut être un peu humble dans la vie.
07:17– Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Dites-moi.
07:18– On t'a ?
07:19– C'est quoi l'autorité ?
07:21– Effectivement, ceux qui brûlent des poubelles,
07:23qui brûlent des camions de pompiers,
07:25effectivement, on…
07:26– Vous savez, ce mouvement, il atteint les majoritaires de la violence légitime,
07:29et on réceptique la violence légitime.
07:32– Ce genre de discours, vous savez, ça ne marche plus, en fait,
07:34à partir du moment où ce mouvement, justement…
07:36– Ça marche, de brûler des lycées à Nantes ?
07:39– On a compris, brûler des poubelles, etc.
07:41– Arrêtez de dire poubelles, ce n'est pas des poubelles,
07:42c'est des lycées, c'est des enfants attaqués, un nourrisson…
07:45– Il y a le cycle de la mobilisation, 2000 lycées à l'arrêt,
07:48quel lycée a brûlé hier ?
07:49– C'est quoi la réponse pour ceux qui brûlent un lycée à Nantes ?
07:52– Écoutez-vous, attendez, le but du mouvement,
07:54c'est pas de brûler des lycées.
07:56– Mais il n'y a pas de mouvement, c'est des émeutes…
07:58– Vous, vous pensez qu'il n'y a pas de manière…
07:59– Il est sur le…
08:00– Il y a à peu près près de 100 000 personnes à Paris qui ont manifesté.
08:03– Et vous pensez que ces gens-là, ils sont vraiment…
08:07– Il y a une réalité qui a évolué.
08:10– Mais vous vous rendez compte que ce n'écoute même pas la revendication ?
08:12Comment vous voulez qu'on y répondre ?
08:14– Non, mais il y a une réalité qui a évolué,
08:15et moi, je félicite mon lycée qu'on ait passé un moment de colère aujourd'hui,
08:18et les choses se formalisent sur des mots d'or.
08:20Et les mots d'or, il faut les prendre au sérieux.
08:22Je vous ai raconté ce matin, quand M. Geffray est reçu à la commission éducation,
08:26et qu'il dit que sa grande mesure, c'est le truc agora,
08:28dont il dit que c'est bien parce qu'il y a eu 30 000 contributions sur 5,5 millions,
08:32c'est du baratin.
08:33– Et il dit qu'il n'a que 8 mois.
08:35Est-ce qu'en 8 mois, il va lire 40 000 ?
08:36C'est 40 000, je crois.
08:37– Mais ça, je suis d'accord avec vous.
08:38– Et deuxièmement…
08:39– Attendez, laissez le parler.
08:40– Ce que j'ai à vous dire, parce qu'au bout d'un moment,
08:44dès qu'on essaye de parler des revendications, on nous parle des feux, etc.
08:48Mais peut-être, laissez-nous parler sur le fond,
08:50puisque vous dites justement que ce mouvement n'est pas légitime,
08:52parce qu'il n'y a pas de revendications qui viennent depuis une semaine.
08:57Depuis une semaine, les syndicalistes, les parents d'élèves rejoignent les mobilisations.
09:01Je remarque quand même qu'elles sont particulièrement plus apaisées,
09:05depuis hier notamment.
09:06Pic de la mobilisation, moins de lycées, moins de cas que vous aimez monter en bourrique, etc.
09:12– Je n'aime pas, mais ça nous fait sceller le cœur.
09:14– Mais c'est pas qu'on aime ça.
09:16– Et un mouvement qui se construit sur des revendications claires,
09:19des mesures tout à fait claires.
09:21Monsieur Lecornu dit qu'il veut agir pour le bâti.
09:23Pour l'instant, la seule chose qui a été faite pour le bâti,
09:25c'est une visioconférence avec les présidents de région,
09:27mais qu'ils fassent un plan d'urgence, qu'ils fassent un plan d'urgence sur le bâti.
09:30Mais là, la mobilisation s'arrêtera.
09:32Et sur Parcoursup, la transparence, elle est très bien sur Parcoursup,
09:35cette plateforme, elle est tout à fait claire,
09:37dans le fait qu'on sélectionne dans toutes les filières,
09:39alors qu'auparavant, beaucoup de filières,
09:42et c'est toujours écrit dans le droit, n'étaient pas sélectives.
09:44Donc tout simplement, Parcoursup, il faut l'abolir.
09:47Le bâti, il faut faire un plan de plusieurs milliards dessus.
09:49– Vous proposez quoi à la place de Parcoursup ?
09:51– On met un système où on a un accompagnement humain,
09:55par un algorithme.
09:56Vous m'avez posé une question, peut-être cinq secondes, je ne sais pas.
10:00– Je vous en prie.
10:01– On met un accompagnement humain, on sectorise les voeux,
10:04pour pas que ce soit tout le monde qui soit dispatché
10:06sur des voeux à l'échelle nationale,
10:07et qui se retrouve un mois avant la rentrée
10:09à devoir déménager de manière précipitée.
10:12Tout ça, on peut le faire, les solutions sont apportées
10:14à chaque fois qu'il y a des réunions.
10:15– Il suffira de ne pas transformer des lycéens en émeutiers.
10:17Par exemple, pour Parcoursup,
10:21moi je suis d'accord avec vous,
10:22je pense que c'est un sentiment de dépossession
10:23pour les étudiants et pour les parents
10:25d'avoir l'impression que c'est l'algorithme qui décide à votre place.
10:27Par contre, je ne suis pas du tout sûr
10:28que certaines personnes caboulées qu'on a vues ces derniers jours,
10:31s'il y a une réforme de Parcoursup,
10:32tout d'un coup, dans trois mois, dans six mois,
10:34ils sortiraient.
10:35– On ne sait pas que si les revendications étaient,
10:36on y a accédé, ce serait la meilleure manière d'arrêter ce mouvement-là ?
10:39Vous pensez qu'il y a une autre solution ?
10:40– Moi je ne suis pas sûr qu'il y ait des revendications.
10:42– Moi je ne vois pas d'autre solution que la solution politique,
10:44en tous les cas.
10:45– Mais politique avec les quatre hommes de manœuvre.
10:47– Ce qui m'interroge ce soir, c'est quand même,
10:48on nous annonce une allocution,
10:50et je salue Serge Raffi qui est avec nous,
10:52électoraliste politique au point, écrivain avec vous tous.
10:55Ce qui interroge, c'est que c'est une allocution
10:57qui est annoncée quand même.
10:59Il y a plusieurs jours, il y a eu les revendications.
11:02Je suis allée les voir.
11:03Alors, il y a dix revendications, dix points.
11:06– Il y a même un site.
11:06– Vraiment, je suis allée sur le site, c'est assez clair.
11:10On dit oui ou on dit non.
11:11Mais la réponse ne peut être que politique.
11:13Qui va faire porter aux forces de l'ordre pendant plusieurs jours ?
11:15Qui ?
11:16C'est-à-dire, on est en train de dire aux forces de l'ordre,
11:19non mais écoutez, la réponse politique ne vient pas,
11:21tenez, tenez pendant un mois et on verra ce qui va se passer.
11:23– On est en train de parler d'un problème majeur,
11:24– C'est dangereux ce qui se passe.
11:25– On est en train de parler d'un problème majeur
11:27qui est l'éducation en France.
11:29Voilà.
11:29Et ce problème majeur, on a deux réponses face à cela
11:31et il n'y a rien qui va.
11:33Rien qui va, désolé de le dire, dans le mouvement lycéen
11:35qui est récupéré par un parti politique,
11:37des black blocs, des gens qui ne pensent qu'à foutre le feu
11:39et qui n'en ont rien à faire de vos études,
11:41je vous le dis très franchement,
11:42et rien qui va dans la réponse du Premier ministre
11:46qui est à côté de la plaque
11:47et qui a fait comme si rien ne se passait.
11:50Vous disiez tout à l'heure, il ne faut pas de sélection.
11:52Si, il faut une sélection.
11:53Tout le monde n'est pas fait pour tout.
11:54– Je n'ai pas dit ça, il y a des filières qui ont toujours été sélectives
11:56et qui peuvent le rester.
11:57– Il faut le faire.
11:57– En revanche, tout le monde ne peut pas avoir son bac.
11:59– Arrêtez de ouvrir des classes à l'université.
12:00– Tout le monde ne peut.
12:01– On fait un dialogue.
12:02– Allez-y.
12:03– Je vous écoute après, avec beaucoup d'intérêt.
12:06On ne peut pas dire aujourd'hui
12:0895% d'une classe d'âge a le bac
12:10parce que quand on ne met pas les moyens dans l'éducation
12:12et qu'on baisse le niveau des programmes,
12:13ça veut dire qu'on baisse le niveau du bac.
12:15Et ce n'est pas un cadeau pour les lycéens.
12:17Mais moi, vous savez, je pense qu'avoir un métier technique
12:19dès le collège,
12:20avec à la fin une sécurité de l'emploi
12:22et que vous allez vivre une vie réalisée
12:25parce que c'est le métier qui vous plaît,
12:26je pense que c'est mieux
12:27que d'aller dans une fac où on ne vous attend pas
12:29et où vous suivez des cours
12:30qui ne vous apporteront pas un boulot derrière.
12:32Donc je pense que c'est du pragmatisme.
12:33Et je pense qu'il est temps de voir ça en profondeur.
12:37Il faut tout revoir de la carte de l'éducation.
12:38– Il y a l'absence des professeurs.
12:39Il y a, il fait chaud l'été, il fait froid l'hiver.
12:41Mais on a quand même une partie de la jeunesse,
12:43une jeunesse angoissée par la crise climatique,
12:45perdue face à un avenir incertain.
12:47Et ce n'est pas un chèque qu'il faut.
12:48En vous écoutant, j'ai l'impression que c'est un reset total.
12:50Tout changé.
12:52– Vous avez travaillé dès le collège.
12:53– Sonia, vous dites en même temps,
12:55la réponse est politique.
12:56Enfin, elle doit être politique.
12:57Mais le problème, c'est que justement,
12:57ce que souligne cette crise,
12:59c'est l'absence, l'impuissance de la politique.
13:01Vous avez aujourd'hui un gouvernement
13:02qui n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale.
13:04Vous avez un président de la République
13:05qui sait très bien que dans quelques mois,
13:07c'est terminé pour lui.
13:07Vous avez des candidats à l'élection présidentielle
13:09qui ont tendance à ne pas non plus vouloir
13:12trop sortir de leur couloir de nage
13:14pour ne pas prendre de risques
13:15sur un plan purement électoraliste.
13:18Et vous avez aussi, de toute façon,
13:20une crise de la représentativité plus structurelle en France.
13:23Et donc, c'est de cette...
13:25– Mais il faut dire les choses.
13:26Il y a une forme de sidération.
13:28Le gouvernement attendait que ça allait venir
13:30des automobilistes ou de la flambée des carburants.
13:33– Des agriculteurs.
13:33– C'est venu d'un autre mouvement.
13:34Il y a une forme de sidération.
13:36Il y a un manque de réponse quand même.
13:38– Tout le monde prédisait le chaos.
13:38– Mais le Premier ministre,
13:39il peut tout à fait faire un chèque en bois.
13:41C'est-à-dire que s'il veut...
13:42– Ah, écoutez, avoir surnié...
13:43– Imaginez.
13:44– Et c'est vous qui payez, hein.
13:45– Non, mais c'est pour ça.
13:46S'il était irresponsable,
13:47qu'est-ce qu'il fait aujourd'hui ?
13:48Il dit « Ok, je vous donne 10 milliards »,
13:50ça ne sera pas lui.
13:51– Mais ça va se passer comme ça.
13:52– Dans 6 mois, c'est fini.
13:53– Je vous mets mon billet.
13:54– Mais un but chèque en bois.
13:56– Ce sera un chèque en bois
13:57parce que le budget qui va être voté
13:59ne sera pas reconduit,
14:01enfin, sera modifié
14:02lors de l'élection du prochain président.
14:05Vous vous doutez bien
14:06qu'ils ne vont pas garder ce budget.
14:07Donc, même si on vous disait aujourd'hui...
14:08– Vous vous doutez bien qu'il ouvrirait
14:09le front de la mobilisation lycéenne
14:10à peine élue ?
14:11– Mais attendez,
14:12même si aujourd'hui...
14:13Mais ne croyez pas non plus
14:14que tout le monde est terrorisé.
14:16Enfin, je vais dire...
14:16– Ah non, je n'ai pas besoin d'y croire.
14:17– On constate un peu
14:18les réunions de Macron.
14:20– On est en République.
14:21– Vous la traitez pas de choses
14:22de par ce budget voté par ailleurs.
14:23– 55% des Français, aujourd'hui,
14:25disent que le mouvement doit s'arrêter.
14:27– Non, pas du tout.
14:29– 55% des Français le soutiennent.
14:30– C'est les deux.
14:31– Mais, arrêtez le sondage.
14:33– Ah non, monsieur,
14:34ne vous moquez pas,
14:35vous allez voir les chiffres.
14:36– Le paradoxe, c'est qu'ils soutiennent
14:37et en même temps,
14:38ils veulent que ça s'arrête.
14:39– Mais nous aussi,
14:39on veut que ça s'arrête.
14:40– Tout le monde débauche,
14:41s'il vous plaît.
14:42Il y a quand même,
14:43quand vous dites,
14:43le gouvernement,
14:44ça ne fait pas trembler,
14:46il y a quand même une hantise
14:47de tout le gouvernement
14:48quand il y a ces mouvements-là,
14:49c'est qu'il se passe quelque chose
14:50et qu'il y a un drame.
14:52Et là, tout bascule.
14:53Et on a connu ça.
14:54Il y a le syndrome Alicoussikine,
14:56il y a tout ce qui s'est passé.
14:57On a en tête des émeutes
14:59extrêmement violentes.
15:00Serge Raphaël,
15:01on ne peut pas dire
15:01que le gouvernement
15:02vit une période
15:03où il n'est pas tous les jours
15:04en train de se dire
15:05« mon Dieu,
15:05qu'est-ce qui va se passer ? »
15:06– Bien sûr,
15:08le problème de fond,
15:10d'abord un,
15:10le malaise de la jeunesse,
15:12il est profond.
15:13Ce n'est pas juste un coup de gueule.
15:15C'est bien plus grave que ça.
15:17C'est plus grave que ça.
15:18C'est une génération
15:19qui est abîmée
15:20par beaucoup de choses.
15:21Qui est abîmée
15:22par la peur de l'avenir,
15:23qui a été abîmée
15:24par le Covid,
15:25qui a été abîmée aussi
15:26par effectivement
15:28l'espèce de trou noir
15:29de parcours sub
15:30qui fait peur à tout le monde.
15:31Moi, je me souviens,
15:32quand on a fait,
15:33pour mes enfants,
15:34on a fait parcours sub,
15:35ça a été un cauchemar
15:36à chaque fois.
15:37Donc,
15:37cette angoisse générale
15:39qui est là,
15:40elle ne va pas être résolue
15:41en trois secondes.
15:42Première chose.
15:42Deuxième chose,
15:43ce gouvernement
15:44est le gouvernement
15:45le plus faible
15:46pratiquement
15:46de l'histoire
15:47de la Vème République.
15:48– Il le dit lui-même.
15:49– Voilà.
15:49Et donc,
15:50si vous voulez,
15:51prendre des décisions
15:52dans les conditions
15:52dans lesquelles
15:53il se trouve,
15:54c'est très, très compliqué.
15:56D'autant plus
15:56que les revendications
15:58qui sont présentées
15:59par les lycéens
16:00et qui sont toutes légitimes.
16:02Ce sont des revendications
16:03que les professeurs,
16:04les enseignants
16:04avaient déjà posées.
16:06C'est-à-dire qu'elles étaient
16:06déjà sur la table
16:07depuis longtemps.
16:08– Tout le monde est au courant,
16:09tout le monde a compris,
16:10mais personne ne répond.
16:10– Donc, la question,
16:11c'est que c'est un gouvernement,
16:13je dirais,
16:13qui est dans un état
16:14de vulnérabilité absolu.
16:16– Pendant sept mois,
16:16on va tous hiberner.
16:18– Ils vont lâcher du l'Est,
16:19là, ils nous ont fait
16:20le coup du grand débat,
16:20on l'a bien vu.
16:21– Il a marché, je pense.
16:22– Il y a des solutions,
16:23par exemple,
16:23une revendication,
16:24les journées sont trop chargées.
16:26Oui, c'est vrai.
16:27Eh bien, limitons les vacances.
16:29Parce que c'est ça,
16:29notre déséquilibre.
16:30– J'ai oublié la réunion du bac.
16:32– Moins de jours de vacances
16:34et des journées plus légères.
16:35Et on va se mettre
16:36dans le même cadre de l'OCDE.
16:38Attendez, proposez ça
16:39aux enseignants,
16:40pour lesquels j'ai
16:40le plus grand respect
16:41et je suis vraiment stupéfaite
16:43de voir ce qui s'est passé
16:44en termes d'agression
16:45sur les enseignants.
16:46Ce qui montre l'effondrement
16:47de l'autorité,
16:49parce qu'à l'époque,
16:50qui était la mienne,
16:51jamais on ne se serait imaginé
16:52même, pardon,
16:54mais oui, à l'époque,
16:55non, mais à l'époque,
16:55on respectait les enseignants.
16:57Je veux dire,
16:57ça ne serait pas arrivé
16:58à l'idée de les taper
16:58sur des enseignants.
17:00D'ailleurs, je pense
17:00que ça n'est jamais arrivé.
17:02– Sur ce mouvement,
17:02c'est une des…
17:03– Vous pensez que c'est ça
17:04le trait de ce mouvement ?
17:05– Non, je dis que ce mouvement
17:07qui ressemble
17:08à d'ombreux autres mouvements
17:11lycéens, 98 et 90,
17:12pour parler des deux plus importants
17:14de ces 30 dernières années,
17:15c'est vrai que ce qui a radicalement changé,
17:18c'est la violence
17:18à l'endroit des enseignants.
17:19– Je vais juste saluer Marius Ménil.
17:22– Et des proviseurs,
17:23parce que pour le coup,
17:23les proviseurs,
17:24ils sont vraiment la cible préférée.
17:26– Manès Nadel,
17:27à côté de vous.
17:27– Monsieur Jeudy,
17:28vous évoquez cette violence,
17:29etc., qui est réelle,
17:30elle est la conséquence,
17:32comme le disait monsieur,
17:33d'une atmosphère de tension
17:34qui est en effet inédite
17:35pour un mouvement lycéen.
17:37Maintenant, comment on y répond ?
17:37– On est donc avec ce genre
17:38de syllogisme ?
17:39– S'il vous plaît,
17:39laissez-moi parler.
17:40– Je pense que ça,
17:41ma dernière phrase.
17:42– On peut-être,
17:43on peut dire qu'il y a une atmosphère
17:46de violences.
17:46– Comment on y répond à la violence ?
17:48On ne la souhaite pas.
17:49On ne souhaite pas l'enlisement.
17:50– Vous l'a justifié.
17:51– Comment ?
17:51– Vous l'a justifié.
17:52– Oui.
17:53– Est-ce que, peut-être,
17:54encore une fois,
17:55je peux finir ?
17:55Comment on y répond à la violence ?
17:57On peut y répondre
17:58par les violences policières
18:00d'un autre côté,
18:00on peut y répondre
18:01par l'attente pendant des mois,
18:03et puis on peut y répondre
18:04par la politisation,
18:05par ces revendications politiques
18:06qui émergent au départ
18:07de luttes locales.
18:08C'est exactement
18:09ce que font les lycéens
18:10et ce que font aussi
18:11les parents d'élèves,
18:13les professeurs justement
18:14qui les rejoignent.
18:15– D'accord, vous dites
18:17violences policières,
18:18il faut répondre.
18:19Mais expliquez-moi,
18:20il y a des violences pompières ?
18:21Il y a des violences professorales ?
18:25– Mais c'est la police
18:26qui affronte…
18:27– Oui, mais alors pourquoi
18:27on attaque des pompiers
18:28et des professeurs ?
18:29– Mais moi, hier,
18:30en manifestation…
18:31– Avant-hier, avant-avant-hier,
18:34pas hier.
18:34– Des attaques de pompiers ?
18:35– Oui.
18:36– Vous l'avez vu,
18:36les camions de pompiers brûlés ?
18:37– Lundi, il y en avait.
18:38– Écoutez-moi,
18:39ces violences-là,
18:40cette escalade de violences,
18:42on la refuse,
18:42et même, je vais vous dire mieux,
18:45je vais vous dire mieux,
18:46on agit,
18:47en particulier mon camarade
18:48encore actif,
18:50syndicaliste qui est à ma droite,
18:51on agit pour qu'elle n'arrive pas.
18:53Et qu'est-ce qui se passe hier ?
18:54Le mouvement est largement rejoint,
18:56les manifestations se font,
18:58moins d'images de violences,
18:59parce que la politisation,
19:00elle est en marche,
19:01et c'est par la politisation
19:02qu'on y répondra.
19:02– Qu'est-ce que vous entendez
19:03par politisation ?
19:04– Mais s'il y a toujours,
19:05ce que j'entends,
19:06c'est quelque chose de remarquable,
19:07quelque chose de remarquable,
19:08des lycéens qui saisissent
19:09de leurs problématiques
19:10les plus particulières
19:11et de leurs intérêts
19:12les plus locaux,
19:13et qui, à partir de ça,
19:14deux semaines après,
19:15mais on a dix mesures,
19:16et on a même,
19:17dans le courrier de M. Lecornu,
19:18on isole cinq points
19:19qui sont précisément
19:20les cinq points qui avaient…
19:20– Mais vous êtes politisé,
19:21vous, monsieur ?
19:21Vous êtes politisé, vous ?
19:23Vous êtes un militant politique ?
19:23– Bien sûr, j'ai été syndicaliste,
19:25et le syndicalisme est la forme
19:26peut-être la plus élevée
19:27de politique aujourd'hui.
19:27– Non, mais vous êtes un militant LFI ?
19:29– Non, je ne suis pas militant LFI.
19:30– Vous ne soutenez pas
19:31Jean-Luc Mélenchon ?
19:31– Non, je n'ai jamais fait preuve
19:33de soutien de Jean-Luc Mélenchon.
19:35– D'accord.
19:36– Vous ne faites pas de politique du tout.
19:38– Je peux saluer Marius Ménil
19:40qui est à côté ?
19:41Bonsoir à vous,
19:42co-secrétaire général
19:42de l'union syndicale lycéenne
19:44et qui sera demain.
19:46Aujourd'hui aussi,
19:47vous étiez mobilisé
19:48ou vous vous préparez pour demain ?
19:49– Aujourd'hui,
19:50on soutenait tous les blocus
19:50et effectivement,
19:51demain, c'est l'acte 3
19:52de la mobilisation.
19:53Et donc, on appelle l'acte 4,
19:54pardon.
19:54Tous les lycéens
19:55et toutes les lycéennes
19:56à bloquer leur lycée le matin
19:57et à se joindre aux manifestations
19:59l'après-midi
19:59dans toutes les villes de France
20:00parce que là,
20:01il faut intensifier la mobilisation.
20:02Encore une fois,
20:03on n'est pas écouté
20:03sur nos revendications
20:05et tout le monde,
20:06enfin, vous l'avez dit
20:06et mon camarade Manesse l'a dit,
20:08la réponse ne peut être
20:09que politique
20:09par l'écoute
20:10de nos revendications
20:10qui sont très claires.
20:12On a 10 points,
20:12vous pouvez aller les voir
20:13sur le site 10mesures.fr.
20:15Et donc, encore une fois,
20:16on ne nous écoute pas.
20:17C'est quand même incroyable,
20:18il y a des centaines
20:19de lycées bloqués,
20:19des centaines de milliers de lycéens
20:20qui sont mobilisés
20:21tout simplement
20:21pour pouvoir étudier dignement,
20:23tout simplement
20:23pour avoir un professeur
20:24devant sa classe,
20:25pour ne pas avoir
20:25des plafonds qui tombent
20:27dans nos lycées.
20:28Donc, on veut être écouté
20:29tant qu'on n'est pas écouté,
20:30on continuera
20:30et la mobilisation
20:31va s'intensifier,
20:32s'intensifier, s'intensifier.
20:33Je peux vous poser
20:33juste une question.
20:34C'est une question
20:35que je me posais
20:35depuis le début du mouvement.
20:37Quand vous bloquez
20:38un établissement,
20:39d'accord ?
20:40Vous empêchez l'entrée.
20:41On est d'accord ?
20:41C'est le système du blocage.
20:42Je ne parle même pas
20:43des violences.
20:44Donc, par exemple,
20:45vous empêchez des élèves
20:46d'aller étudier
20:47s'il le souhaite.
20:48Est-ce que vous trouvez
20:48que c'est démocratique,
20:49ça, monsieur ?
20:50Est-ce que vous trouvez
20:51que c'est démocratique ?
20:52Non, ce n'est pas démocratique.
20:53Quand il y a des assemblées générales,
20:54ce n'est pas démocratique.
20:55Non, il n'y a pas une question
20:56d'assemblées générales.
20:57La liberté, monsieur,
21:01la liberté de chaque étudiant,
21:03c'est d'aller étudier.
21:04Que vous, vous vouliez
21:05ne pas aller étudier,
21:06c'est votre problème.
21:06Mais empêcher des autres élèves
21:08d'aller étudier,
21:09ça, c'est factieux.
21:09Vous n'avez pas le droit,
21:11c'est interdit,
21:11de bloquer la circulation des gens.
21:15Je vais quand même répondre.
21:16Quand on ne bloque pas les lycées,
21:17on n'est jamais écouté.
21:18Je vais vous dire,
21:18moi, je suis élu académique
21:19à la vie lycée.
21:19Quand on ne brûle pas,
21:20on n'est pas écouté.
21:20Quand on ne prend pas des prix,
21:22on n'est pas écouté.
21:22Dans les institutions,
21:23écoutez-moi,
21:25dans les institutions,
21:25dans les conseils académiques,
21:26tout le monde est d'accord
21:27sur nos revendications.
21:28Tout le monde est d'accord
21:29que Parcoursup est un mauvais système.
21:30Tout le monde est d'accord
21:31qu'il faut un professeur
21:31devant chaque classe.
21:32Et pourtant, rien n'est fait.
21:33Pourquoi ?
21:33Parce que les institutions,
21:34aujourd'hui,
21:34sont dysfonctionnelles
21:35et que ça ne marche pas.
21:36Aujourd'hui,
21:37on bloque des lycées,
21:38des centaines de lycées
21:38et on voit qu'enfin,
21:39on peut parler des revendications.
21:42Enfin, on s'active un petit peu
21:43et enfin,
21:43on va pouvoir être écouté.
21:44Là où j'apporte un point,
21:46et je le dis malheureusement,
21:47c'est qu'on a vu
21:47à l'aune de la crise
21:48des gilets jaunes
21:49qu'ils n'ont été entendus
21:50que lorsqu'il y a eu
21:51de la violence.
21:52Donc, on est dans un pays,
21:54malheureusement,
21:54et on peut tous le déplorer.
21:55Vous avez entendu,
21:56je ne sais pas si vous avez entendu.
21:57Ils ont eu le chèque.
21:59Ce qui est compliqué,
22:05les deux jeunes,
22:05je ne suis pas du tout d'accord
22:06avec eux,
22:07mais ça n'a aucune importance.
22:08Mais qu'est-ce que ça fait du bien ?
22:10Qu'est-ce que ça fait du bien
22:11d'entendre des jeunes ?
22:13Qu'en soit moi,
22:14je suis un vieux con.
22:16Je suis un vieux,
22:16je suis un baby-boomer
22:17dans toute sa splendeur.
22:18J'entends des jeunes,
22:19j'entends leur colère.
22:20Vous savez à quoi je pense
22:21en ce moment ?
22:21Je revois Danny Cohn-Bendit
22:23en 68,
22:24en train de narguer la police.
22:25Je ne sais pas
22:25si c'est un compliment.
22:26Non, non, mais si.
22:28Mais à l'époque, oui.
22:29Bien sûr.
22:30Aujourd'hui, non.
22:30Mais à l'époque,
22:32peut-être qu'ils ne connaissent pas.
22:33Mais moi, je trouve ça
22:34très intéressant.
22:34Pour moi, ce qui m'intéresse.
22:36Mais il n'y a pas de solution
22:37pour le moment de ce pouvoir
22:38parce que ce pouvoir est faible.
22:40Il peut lâcher du lest.
22:41Ils peuvent lâcher du lest, etc.
22:44Le roi est nu.
22:45C'est une situation politique
22:46incroyable.
22:47Alors dites-le aux paysans.
22:48C'est qu'il n'y a jamais eu de conflit
22:49aussi important
22:51à la fin d'un mandat.
22:52C'est vrai que...
22:53Il y a l'approche d'une élection.
22:54C'est ça qui est nouveau
22:56et qui est inattendu
22:57d'un point de vue crise sociale,
23:01explosion de...
23:01Mais c'est justement
23:02parce que ce pouvoir
23:03est en fin de monde.
23:05Il est faible.
23:06Et ça rend très difficile
23:07la sortie de crise
23:08contre le fait que ce pouvoir,
23:10ce pays,
23:11n'a plus d'argent.
23:11J'imagine, Bruno,
23:12que vous avez déjà entendu
23:13des hommes politiques
23:14et des femmes politiques
23:15de premier plan
23:15vous dire ces dernières semaines
23:17qu'ils ne sont même pas sûrs
23:18qu'on puisse arriver
23:19au premier tour
23:20de l'élection présidentielle
23:21dans des conditions...
23:22On ne lèvera pas la dette.
23:23...conventionnelles.
23:24C'est-à-dire...
23:24Il y a une crise de la dette
23:25qui peut intervenir
23:26à n'importe quel moment.
23:27Une crise de la dette,
23:28une angoisse des infirmières,
23:30une crise de la dette,
23:32ça va mettre tout le monde d'accord.
23:33Et honnêtement...
23:33C'est moins 30% des pensions.
23:35Mais écoutez, ce soir...
23:37Si vous nous rejoignez à l'instant,
23:38ce soir,
23:39le premier ministre
23:40a pris la parole
23:41et moi, je trouve incroyable
23:43la structure du discours.
23:44Il a parlé à la fois
23:46de la crise des lycéens,
23:48de la flambée des carburants,
23:50de la colère paysanne
23:52et du mur de la dette.
23:53Mais il a fait lui-même
23:54la convergence des luttes.
23:56Oui, d'ailleurs...
23:56Il a même parlé
23:57de la présidentielle à la fois.
23:59C'est vrai.
23:59Il a dit...
24:00S'il ne fallait pas lier,
24:02c'est fait.
24:03C'est quand même assez inédit.
24:04Il faut comprendre que les Français
24:05aient un sentiment d'accumulation.
24:07Merci de me faire le sous-texte.
24:08Moi, je pense que c'est bien venu.
24:09Ce qui serait intéressant...
24:11C'est un aveu d'appuissance.
24:11Mais ce qui est très compliqué...
24:13Ce qui serait intéressant,
24:14je pense, pour les jeunes...
24:15Il est dans un corner
24:16et c'est difficile...
24:18C'est très difficile de créer
24:20une crise lycée par ailleurs
24:21qu'il faut prendre au sérieux,
24:22je suis d'accord.
24:23Mais c'est très difficile
24:24parce que ça coûte cher,
24:26parce que ça mêle différents pouvoirs,
24:29les régions, l'État...
24:31Enfin, tout ça,
24:31ce n'est pas simple.
24:32Quand on regarde l'histoire,
24:33quand on regarde l'histoire,
24:35l'État et le pouvoir,
24:37en fonction de la période,
24:38rappelez-vous 1986,
24:40c'est le projet de loi de Vaquet,
24:42il y a la ferme...
24:44C'est ce que j'essaye d'expliquer.
24:47Oui, mais c'est plus facile
24:48de retirer un peu.
24:49C'est ce que j'essaye d'expliquer.
24:51Vous ne me laissez pas finir ma phrase.
24:52C'est justement,
24:53le projet de loi de Vaquet
24:55a été retiré,
24:56c'est-à-dire que l'affaire
24:57a été réglée en 2006.
24:59On a le même problème
25:00avec le CPE.
25:01Et il y avait un projet...
25:0490, c'est exactement
25:05le même délit.
25:07Il y a un an que vous ne citez pas.
25:09Les revendications,
25:10même si elles sont légitimes,
25:11elles sont disparates.
25:12Et pour un pouvoir,
25:13c'est beaucoup plus dur
25:14de céder
25:15parce que c'est trop compliqué.
25:17Non, non,
25:17les revendications,
25:18elles sont très claires.
25:19C'est l'éléphant au milieu de la paix ?
25:20Mais pardon,
25:21on n'en serait pas là.
25:22Il y a quand même un président
25:23qui s'est présenté
25:24en disant
25:25la jeunesse,
25:26vous allez voir
25:27ce que vous allez voir.
25:29Si j'avais un conseil à donner...
25:31Pardonnez-moi,
25:32pour moi,
25:32c'est bonnet blanc et blanc bonnet.
25:34Si j'avais un conseil à donner
25:35aux jeunes,
25:36ils ne vont pas m'écouter.
25:37En plus,
25:37je pense que vous n'avez
25:37pas de sympathie pour moi.
25:38Vous voyez pourquoi vous dites ça ?
25:40Vous croyez que je suis contre vous ?
25:41Pas du tout.
25:41J'ai écouté ce que vous avez dit
25:42et par l'instant,
25:43je pense que votre conseil
25:44ne sera pas de candidat.
25:45Il faut solliciter
25:46les candidats à la présidentielle,
25:48mais ne vous moquez pas,
25:49vous savez.
25:50Il faut solliciter...
25:50Le respect aussi,
25:51c'est bien.
25:52Il faut solliciter
25:53les candidats à la présidentielle.
25:55C'est eux qui vont...
25:56C'est ceux qui vont gagner
25:57la présidentielle
25:58qui vont pouvoir vous donner des choses.
26:00Celui qui est là
26:00en ce moment...
26:02Non, je vous assure
26:03qu'il y aura un budget rectificatif.
26:04Donc même si aujourd'hui
26:05il vous donne 10 milliards,
26:06si le candidat qui sera élu,
26:08vous n'arrivez pas à le convaincre
26:10ou si ce n'est pas un candidat
26:11que vous avez choisi,
26:12il fera sauter cet argent-là
26:13parce qu'il va être obligé
26:15de présenter un budget à l'équilibre
26:17parce que la BCE,
26:18et vous êtes suffisamment intelligents
26:19pour le comprendre,
26:20va tenir le crayon
26:21du prochain budget.
26:22Laurent, ça y est.
26:23On critique les élus.
26:24On critique.
26:25Les élus et les fils
26:26ont critiqué,
26:27le gouvernement dit
26:28et les renseignements disent.
26:29Mais ils sont auprès des jeunes.
26:31Moi, je m'interroge aussi
26:33pourquoi les autres élus
26:34ne sont pas sur le terrain ?
26:36Alors oui, il y a...
26:38Robert Ménard à Béziers.
26:40Mais je ne vois pas.
26:41Il y a certainement d'autres maires.
26:42Non, mais je donne toutes les tendances.
26:43C'est important aussi.
26:44Oui, il est allé avec l'Élysée.
26:45Pardon ?
26:46Il est allé avec l'Élysée.
26:46Non, il est allé à la rencontre.
26:48Il est allé pour leur parler.
26:49Pour leur parler.
26:50C'est une démarche plutôt positive.
26:52Beaucoup de mairies ont fait ça.
26:54Et empêcher certains.
26:55Mais pourquoi ?
26:55Il y a beaucoup de maires.
26:57Il y a beaucoup de maires.
27:22En essayant de laisser entendre
27:24qu'effectivement,
27:25les policiers sont très violents avec vous.
27:26Est-ce que vous n'avez pas l'impression
27:27à un moment d'être instrumentalisé par vous ?
27:29Non, non.
27:30Et on vient de le dire.
27:30En fait, tous les élus
27:31devraient être là
27:32à venir nous écouter sur les blocus.
27:34Ce qu'on demande,
27:34si je pourrais étudier
27:35dans des conditions normales.
27:36Et les élus devraient...
27:37S'ils avaient vraiment fait leur travail,
27:38on ne serait pas mobilisés.
27:39Parce qu'on aurait un professeur
27:40devant chaque classe
27:41et on n'aurait pas des lycées
27:42qui se sont délabrés.
27:43Donc tous les élus devraient venir.
27:44Nous, on remercie les élus
27:45qui viennent
27:45et qui nous écoutent, évidemment.
27:46D'autant plus qu'on observe
27:47que quand les élus sont là,
27:48il y a moins de violences policières.
27:50Et donc, vous, par exemple,
27:51je ne comprends pas
27:52pourquoi vous n'êtes pas venus nous écouter.
27:53Voilà.
27:54Parce que moi,
27:55je préfère aller écouter
27:55les agriculteurs
27:56qui sont en vrai galère.
27:57Ah, vous choisissez un peu vos...
27:59Eh bien, oui, je pense qu'ils ont...
28:00Merci pour ce débat.
28:01Restez avec nous.
28:02On va marquer une pause.
28:04Vous parliez des temps scolaires
28:05qu'il fallait améliorer.
28:06Là, vous me dites qu'on pleure.
28:07Et on est des glandeurs.
28:08Vous avez très bien compris
28:09ce que je voulais dire.
28:09Je n'ai pas de peine pour vous.
28:10Vous me ressortez tous les coups.
28:11Monsieur, je n'ai pas de peine pour vous.
28:12Serge Raffi est mort de rien à voir.
28:14Je n'ai pas de peine pour vous.
28:15Je n'ai pas l'impression
28:15que votre vie soit difficile.
28:16Je suis des générations.
28:17Comme des agriculteurs là
28:18qui sont en train de se suicider
28:20et de ne rien avoir.
28:21Pardon, mais si j'ai de l'énergie à mettre,
28:22ce sera plutôt pour vous que pour vous, monsieur.
28:23Il y a beaucoup de souffrance
28:24et on essaye d'entendre
28:25tout le monde des revendications
28:26et vous exprimer sur ce plateau.
28:27Merci en tous les cas
28:28de porter ces différentes paroles.
28:29Les réactions politiques
28:30sont très nombreuses.
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