- il y a 7 minutes
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.
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TVTranscription
00:00Bonsoir Linda Kebab.
00:01Bonsoir Madame.
00:02Merci d'être là.
00:03Secrétaire nationale du syndicat de police unité, Hélène Lecomte,
00:06nous accompagne notre consultante police-justice BFM TV.
00:09Est-ce que le président de la République a raison, Linda Kebab,
00:12de dire de manière affirmée et assumée plus jamais de 17 octobre ?
00:18Alors visiblement, il semble avoir beaucoup confiance dans les policiers
00:21puisque cette affirmation, au final, elle ne repose que sur les épaules d'un seul groupe,
00:26à savoir les forces de sécurité intérieures.
00:27Et donc, quand il dit qu'il n'y aura plus jamais de 17 octobre,
00:30ou en tout cas qu'il appelle de ses voeux qu'il n'y en ait plus,
00:33il dit quoi ? Il dit « je m'en remets entièrement à vous »
00:36dans un contexte, je rappelle, de crise économique et sociale profonde de notre pays
00:41qui n'a pas commencé avec les mouvements lycéens.
00:44Et encore une fois, il dit aux policiers, la main sur le cœur,
00:47à quel point il est reconnaissant à leur endroit,
00:49tout en ayant quand même depuis quelques années peu, comment dit-on,
00:53d'empathie et de pédagogie lorsqu'il s'agit de dialogue social.
00:56– On va en parler, on va en parler du soutien qu'il a apporté,
00:59mais je sens évidemment, plus que votre ironie,
01:01mais une forme de colère aussi froide par rapport au manque de soutien
01:05que vous estimez du président envers les Bleus, comme on dit.
01:08Mais on est en train d'acter, l'Inda Kebab, de samedi en samedi,
01:11qu'on aura un dispositif sécuritaire inédit, massif sur le terrain.
01:15Est-ce que matériellement, est-ce que techniquement, est-ce que humainement,
01:18ça peut tenir ?
01:19– En fait, vous avez raison, c'est ce qu'il est en train d'acter.
01:21Il l'a dit, il y a le 17, le 24, il y aura samedi prochain,
01:25puisque une intersyndicale appelle encore à manifester,
01:28il y aura le 5 novembre, et il l'a dit, il a parlé de tous les samedis.
01:31En fait, on est reparti comme en 40, ou plutôt comme en 2018-2019,
01:35avec le mouvement des Gilets jaunes.
01:37Sauf qu'à l'époque, une fois encore, on lui avait dit,
01:39attention, vous avez épuisé les forces.
01:41Et là, à nouveau, il y a épuisement des forces.
01:43Il y a parfois du désengagement.
01:45On a eu plusieurs dizaines, pardon, centaines de CRS la semaine dernière,
01:51heureusement avant le samedi, qui ont été malades
01:54et qui ont dû consulter leur médecin.
01:56Et ça, il le sait.
01:57Et donc, on ne peut pas indéfiniment presser le citron
02:00en pensant qu'il va pouvoir donner du jus pendant des mois et des mois,
02:03sans aucune considération, sans aucune reconnaissance.
02:05Mais au-delà de ça, Mme Mabrouk, moi, ce qui m'interpelle,
02:08c'est que quand il dit, je compte sur vous pour les samedis à venir,
02:12dans l'absolu, il va les faire tenir comment, ces policiers ?
02:14On ne peut pas être sur des plans de rappel à 75% de taux de présence en permanence.
02:19Il l'a dit lui-même, que les policiers ont dû revenir sur leur congé,
02:22que c'est du temps au moins avec leur famille, etc.
02:24Mais enfin, la crise sociale, elle frappe aussi les policiers.
02:27Et donc, du coup, d'un côté, on est conscient des sacrifices qu'ils font.
02:30Et de l'autre côté, on leur dit, bon, ben, tenez bon.
02:33Par contre, derrière, n'oubliez pas, dans six mois, c'est la fin de mon mandat,
02:37parce qu'il a parlé lui-même de l'échéance présidentielle.
02:40Dans six mois, c'est la fin de mon mandat.
02:41Et puis, on verra si le suivant vous remerciera pour les fautes que j'ai moi-même commises.
02:45En tout cas, moi, c'est comme ça que je l'entends avec mes collègues également.
02:48Hélène, le compte, on va rappeler dans quelques instants ce dispositif.
02:50Et puis, ce qui est demandé, simplement encore, Linda Kebab, pour Emmanuel Macron,
02:54l'ordre a été tenu.
02:56Est-ce qu'il a été tenu ?
02:58Et est-ce qu'il est rétabli ?
02:59C'est différent.
03:00Un ordre tenu, est-ce que c'est un ordre totalement rétabli ?
03:03Je ne vous cache pas que la phrase m'a interpellée quand il l'a prononcée.
03:06Je l'ai entendue en direct.
03:07Et je me suis dit, ça m'a beaucoup étonnée de la part d'un président de la République
03:10qui est en capacité de pouvoir formuler des phrases avec des sujets, des verbes et des compléments
03:14et avec des sujets qui, parfois, et souvent même, commencent dans sa bouche par un jeu
03:18et de dire, l'ordre a été tenu.
03:20Non, non.
03:21Les policiers ont tenu la République.
03:23Ça, ça aurait été beaucoup plus appréciable et entendable.
03:25L'ordre ne s'est pas tenu tout seul.
03:27Il n'a pas été tenu par la force du politique.
03:29Sûrement pas.
03:29Il a été tenu par les seules forces de sécurité intérieure républicaines
03:32qui ont tenu le 17, le 24, mais pas qu'avant,
03:36avec toutes les mobilisations qui ont débuté en septembre.
03:38Mais j'ai envie de vous dire, même depuis des années,
03:40puisqu'il a été ministre, je vous rappelle, sous M. Hollande,
03:43lors de la loi travail, et où, à ce moment-là, déjà,
03:45les forces de sécurité intérieure faisaient preuve de savoir-faire,
03:48de professionnalisme, d'engagement, et tenaient la République
03:50quand le Black Bloc détruisait Paris contre cette réforme,
03:54la loi qu'on appelait à l'époque El Khomri.
03:57Et puis, derrière, il y a eu les gilets jaunes.
03:58Et puis, après, derrière, il y a eu le Covid avec le confinement, etc.
04:00On ne tient que grâce aux forces de l'ordre qui seraient le dernier cordon.
04:05Écoutez, Mme Mabrouk, dans une démocratie,
04:07tout tient sur un ensemble de critères,
04:10c'est-à-dire le dialogue social,
04:11les politiques sécuritaires,
04:13les politiques économiques,
04:15les politiques sociales.
04:16Mais puisque les deux derniers points n'existent plus,
04:19en fait, finalement, tout ne repose plus que sur nos épaules.
04:21On ne peut pas faire ça.
04:22On vous demande l'impossible ?
04:23On nous demande l'impossible, avec pas de moyens,
04:25pas de reconnaissance.
04:26Et j'ai envie de vous dire, presque même un mépris.
04:28Nous, depuis quelques années, policiers,
04:30on est juste représentatifs de ce qui se passe dans la société française.
04:32Quand on dit, depuis des années,
04:34et je vous l'ai dit plusieurs fois,
04:35que le dialogue social,
04:36les corps intermédiaires ont été tués,
04:38mais pas seulement les organisations syndicales,
04:40et je ne parle pas seulement des organisations syndicales
04:42représentant les salariés,
04:43quand aujourd'hui, des syndicats de lycéens,
04:45alors vous pouvez dire,
04:45ils sont peu représentatifs,
04:47néanmoins,
04:47ils les ont intégrés dans le dialogue,
04:50apprennent par voie de presse...
04:51Et il est difficile aujourd'hui de les ignorer,
04:53ces syndicats de lycéens,
04:54puisque cette mobilisation,
04:56cette mobilisation,
04:57elle naît devant les lycéens.
04:58Et pourtant,
04:59qui a été reçu une première fois
05:01par le chef du gouvernement ?
05:02Des créatrices de contenu.
05:04Alors, je n'ai rien contre leur métier,
05:05parce que, visiblement,
05:05elles connaissent le sujet.
05:07Mais enfin,
05:08c'est quand même du mépris pour le dialogue social.
05:09Et ça, c'est ce que nous voyons depuis 2017.
05:12Et c'est un point sur lequel
05:13vous vous retrouveriez avec ces syndicats lycéens
05:18et toutes ces associations lycéennes
05:20qui, effectivement, trouvaient un peu...
05:21Ou les forces de l'ordre du côté aussi
05:22du mouvement social.
05:23trouvaient ça un peu gonflé,
05:24effectivement,
05:25pardon pour ce terme,
05:26que le chef du gouvernement
05:27dévoile ses premières mesures
05:31sans avoir de mépris
05:33pour ses influenceuses,
05:34mais que ce soit dévoilé
05:35à des influenceuses,
05:35alors que quelques minutes plus tard,
05:38lycéens et étudiants
05:39étaient derrière la porte,
05:40séparément d'ailleurs,
05:41pour être reçus par le Premier ministre.
05:43Et ce sont malheureusement
05:43des anecdotes
05:44que nous avons parfois connues nous-mêmes.
05:46Vous dites le mot de mépris.
05:48Pourtant, je vais vous faire réagir.
05:50On va écouter l'hommage rendu
05:51par Emmanuel Macron
05:52aux forces de l'ordre.
05:53Alors, est-ce qu'il est
05:54de votre point de vue tardif
05:55ou peut-être même cynique
05:57ou hypocrite ?
05:58Écoutons-le.
06:00Rien pour les événements à venir.
06:03On continuera d'avoir
06:04des tracés alternatifs
06:05pour les manifestations déclarées,
06:06pour protéger nos centres-villes.
06:08Et on continuera
06:09de tenir les positions
06:10pour que le calme demeure.
06:13Parce que c'est ce qu'on doit,
06:14parce que c'est ça la République.
06:15Et c'est la mission
06:16que, chaque jour,
06:18vous faites avec fierté et engagement.
06:22Ce soutien, Linda Kabab,
06:24est-il conséquent ?
06:25Est-il sincère ?
06:26Il a varié dans le temps ou pas ?
06:29Bien sûr qu'il a varié.
06:30Je vous rappelle
06:31qu'il a bafoué
06:33la séparation des pouvoirs
06:34lorsque,
06:35un juillet 2023,
06:36alors que les policiers
06:38étaient en train de subir
06:39parmi les pires émeutes
06:40de la Ve République,
06:42il a tenu les propos
06:43selon lesquels
06:44l'action du policier
06:45dans l'affaire de Nanterre.
06:46Et alors même
06:47qu'il était encore
06:48en garde à vue
06:49et qu'il allait être mis en examen,
06:50il avait dit
06:51que les faits,
06:52donc l'action du policier,
06:55étaient inexcusables.
06:56Je vais dire,
06:57si ça,
06:58c'est pas du mépris,
06:59le mépris de la séparation
07:00des pouvoirs,
07:00le mépris de la considération
07:02de l'instruction,
07:03le mépris à l'égard
07:04des forces de l'ordre
07:04qui, je le rappelle,
07:06je l'ai dit en 2018
07:06et je le redis aujourd'hui,
07:07ont tenu la République
07:08quand sa politique
07:09était en train
07:10de pousser les Français
07:11à se battre
07:12les uns contre les autres.
07:13Nous, on n'a pas oublié,
07:15moi, je n'ai pas oublié
07:15les Gilets jaunes.
07:16Je n'ai pas oublié
07:17ce qui s'est passé.
07:18Je le disais déjà à l'époque,
07:19le premier éborgné
07:20de l'histoire des Gilets jaunes,
07:21tout le monde l'a oublié,
07:22mais c'est un policier.
07:23C'est un policier
07:24qui n'avait que son calot
07:24sur la tête,
07:25pensant que la manifestation
07:26se passerait bien
07:27et malheureusement,
07:28elle avait déjà été
07:29à l'époque phagocytée
07:30par l'ultra-gauche.
07:30Il s'est pris une bombe artisanale
07:38dont sont victimes
07:39les policiers.
07:40Ok, très bien.
07:41Que fait-il de cette prime de risque
07:43que les policiers réclament
07:43depuis quelques années ?
07:44Que fait-il de ce gel du salaire
07:46dont les policiers se plaignent ?
07:49Et que fait-il surtout
07:50des prises de parole
07:51qui sont les siennes,
07:51comme il y a encore quelques jours,
07:52quand il a parlé
07:53d'empathie et de pédagogie ?
07:55Ou encore une fois,
07:56quand il fait des annonces,
07:57comme il l'a fait
07:57avec aujourd'hui
07:58les syndicats lycéens,
07:59où il a déjà fait des annonces
08:00en bafouant au dialogue social,
08:02je rappelle juste
08:02que dans la police,
08:03juste que les téléspectateurs
08:04comprennent,
08:05plus de 70% des policiers
08:07sont syndiqués.
08:07Et le taux de participation
08:09aux élections professionnelles,
08:10c'est 90% dans la police.
08:11À faire rougir d'envie
08:13tous les politiques
08:14de tout le spectre politique.
08:16Et pourtant,
08:16il y a du mépris permanent.
08:18Aujourd'hui, le président,
08:19je vais dire devant toute la France,
08:21que ses propos sont relayés,
08:22dit plus jamais le 17 octobre.
08:24Et tous, on peut dire,
08:25témoigner, tous, tout le monde,
08:27tous ceux qui nous regardent,
08:27nous ici,
08:28que ce sont des images
08:29que plus personne
08:30ne pourrait supporter voir.
08:31En tous les cas,
08:32quand on est du côté,
08:32évidemment, des honnêtes citoyens.
08:34Plus personne.
08:35Donc quand il le dit
08:36de manière aussi affirmée
08:38et aussi assurée,
08:39c'est qu'il compte véritablement
08:40sur un dispositif
08:41dont il est sûr,
08:43alors que la violence
08:44va grandissante.
08:45Donc sur quoi fait-il le pari
08:47pour dire une telle chose ?
08:49Parce que si,
08:50si d'aventure, samedi
08:52ou le 5 novembre,
08:53Hélène Lecomte,
08:53de telles images se reproduisent,
08:54on a écouté tout à l'heure
08:55le maire de Marseille.
08:56Il lui dit,
08:56je ne peux pas concevoir
08:58une autre fois
08:59que la mairie
09:00ou des bâtiments stratégiques
09:01soient ainsi attaqués.
09:02Effectivement,
09:03la question,
09:03c'est ça a tenu,
09:04mais combien de temps
09:04ce sera tenable ?
09:05On voit quand même
09:06et on en parlait,
09:07il y a quand même là
09:08une accélération politique
09:11de rencontre
09:12avec le président
09:13de la République,
09:13rencontre avec
09:14le Premier ministre,
09:16conférence de presse
09:17du ministre
09:17de l'Éducation nationale.
09:19Mais ça arrive
09:20un mois,
09:21presque un mois et demi
09:22après le début
09:23de ce mouvement lycéen.
09:24Et peut-être que,
09:25peut-être que,
09:26si ces jeunes gens
09:27avaient été entendus
09:27plus tôt,
09:29peut-être qu'un début
09:30de dialogue
09:30aurait pu commencer.
09:32Peut-être qu'ils ne seraient pas,
09:33qu'ils auraient levé
09:34les blocus devant les lycées
09:35alors qu'ils disent
09:36qu'ils vont revenir.
09:38Et moi,
09:38j'ai retenu cette phrase
09:39d'Emmanuel Macron.
09:40Il dit,
09:40ce n'est pas normal
09:41qu'à six mois
09:41d'une élection présidentielle,
09:43le pays soit dans cet état
09:45d'ébullition.
09:46Mais cette phrase,
09:48en fait,
09:48à qui l'adresse-t-il ?
09:50Et peut-être que
09:51cette question-là,
09:53pardon,
09:53je sors de mon rôle
09:54de consultant de police-justice,
09:56mais en suivant cette journée,
09:58comme les précédentes,
10:00c'est vrai qu'on peut se dire
10:02mais cette question-là,
10:03le président de la République
10:04peut aussi se l'adresser
10:05à lui-même.
10:06En fait,
10:07je souris jaune,
10:08en fait.
10:08Je suis désolée,
10:09c'est la plaque à induction
10:10qui se moque de la casserole.
10:11Désolée,
10:11je parle de plaque à induction,
10:12les gazinières,
10:12on ne peut plus en parler,
10:13les Français n'ont plus
10:14les moyens de payer leur gaz.
10:15En fait,
10:16vraiment,
10:16c'est l'hôpital
10:16qui se fout de la charité.
10:18Je veux dire,
10:18quand je dis,
10:19je l'ai dit sur votre plateau
10:20madame Abouk
10:21il y a quelques jours,
10:21le politique donne la clé,
10:22l'ultra-gauche ouvre la porte,
10:23les casseurs et les pilleurs
10:24s'engouffrent.
10:25C'est exactement ce qui s'est passé
10:27le 17.
10:28Si le politique ne donne pas la clé,
10:29l'ultra-gauche n'a pas
10:30les moyens,
10:31n'a pas l'outil.
10:32La mobilisation du 17 octobre,
10:33c'est le premier samedi
10:34des congés scolaires des lycéens
10:35et à ce moment-là,
10:36le politique,
10:36le gouvernement
10:37comptait sur une démobilisation
10:39des lycéens.
10:39Parce que c'était le début
10:40des vacances scolaires notamment.
10:41Ce qu'ils n'ont pas obtenu.
10:42Alors,
10:43il y a un point qui est important
10:44madame Abouk
10:44et qui dit beaucoup,
10:45c'est que le politique
10:46a perdu ses capteurs.
10:47Il avance à l'aveugle.
10:49Il n'a plus la capacité
10:50de pouvoir discerner
10:51et d'anticiper
10:52ce qui va se passer
10:52sur la voie publique.
10:53Je vous avais parlé
10:54il y a quelques jours
10:54du démantèlement
10:55des renseignements généraux
10:56mais pas que.
10:57Vraiment,
10:58ils avancent à l'aveugle
10:58aujourd'hui
10:59et le maillage territorial
11:00leur fait défaut visiblement.
11:02Pas seulement du côté
11:03des forces de sécurité intérieure
11:04mais aussi du côté
11:04des élus de proximité.
11:05Je ne sais pas
11:06quelle est la relation
11:06qu'ils ont avec eux
11:07mais visiblement,
11:08il y a un souci
11:09puisque eux-mêmes disent
11:09on ne les a pas vus venir.
11:10Mais est-ce que ça fait
11:10des années que ça dure ?
11:11Je pense à ce qui s'est passé
11:12à Notre-Dame-des-Landes.
11:14Je pense à d'autres circonstances
11:16comme des soirées
11:16de Ligue des Champions.
11:18On a connu quand même
11:18des violences
11:19et des bouffées paroxystiques
11:21de violences.
11:21Est-ce que l'État
11:23avait déjà reculé en réalité
11:24et que tout ce qu'on a vu
11:26c'était la chronique
11:27d'un chaos annoncé selon vous ?
11:29Mais en fait,
11:30tout ça,
11:30comme vous dites,
11:31c'est une chronique,
11:32une série,
11:33un feuilleton plutôt
11:33qui commence depuis 10 ans
11:36où progressivement
11:37les mobilisations ont changé,
11:38l'expression
11:39de la démocratie sociale
11:41a changé,
11:41l'introduction de la violence
11:42dans les cortèges syndicaux
11:44s'est imposée
11:45et puis ensuite
11:46la violence de manifestations
11:47non déclarées,
11:48on l'a vu avec les Gilets jaunes
11:49et puis les finales
11:50ou la demi-finale
11:51et la finale
11:51de la Ligue des Champions
11:53avec les violences
11:54que l'on a connues.
11:54Mais chaque fois,
11:54on a dit que la réponse pénale
11:55serait ferme,
11:56à chaque fois,
11:56on a affiché la fermeté,
11:57à chaque fois,
11:58on a dit que l'autorité
11:59serait de mille ans.
12:00Là, en l'occurrence,
12:02la réponse pénale
12:02et en tout cas,
12:03peut-être que ce sont
12:04des collectifs d'avocats
12:05dont vous me direz
12:06que peu importe.
12:08Vous anticipez bien.
12:09Oui, mais je sais.
12:11Néanmoins,
12:11chacun a le droit
12:12d'être défendu
12:13et les avocats
12:14font aussi leur travail
12:14dans le cadre
12:15de ces procédures
12:16qui sont menées.
12:17Il y a eu un nombre
12:18record d'interpellations,
12:20un nombre record
12:21de comparutions immédiates
12:22à tel point
12:22que Paris a dû multiplier
12:23par quatre
12:24son nombre
12:25de salles de comparutions.
12:27Ça a été le cas aussi
12:28à Marseille,
12:28pas dans le même volume,
12:31mais deux ou trois
12:31salles de plus
12:32et que des réquisitions
12:34extrêmement sévères
12:35ont été prises.
12:36Ça, ce sont les directives
12:37du ministre de la Justice,
12:39mais que des condamnations
12:41sévères également
12:43à l'égard des faits
12:44qui ont été commis
12:44et à l'appréciation
12:45des magistrats
12:46qui jugeaient,
12:47mais des peines
12:48de prison ferme
12:48pour des gens
12:49qui n'avaient pas de casier,
12:50pour des gens
12:51qui n'avaient pas
12:51d'antécédent judiciaire,
12:53par exemple,
12:54ou des mandats de dépôt
12:56à l'audience
12:56ou des placements
12:57en détention provisoire
12:58lorsque le procès
13:00était renvoyé
13:01à une date ultérieure
13:02et donc pas de contrôle judiciaire,
13:04c'est-à-dire qu'on ressort libre
13:05dans l'attente de son procès
13:06avec un certain nombre
13:07d'obligations,
13:07mais on va dormir en prison
13:09jusqu'à son procès.
13:10Et chaque carcéral
13:11pour certains ?
13:12Le vol est passible
13:13de trois ans
13:14d'emprisonnement en France.
13:15Ajoutez-y la réunion,
13:17c'est cinq.
13:17Ajoutez-y
13:18toutes les circonstances
13:18aggravantes
13:19autour des dégradations
13:20et du pillage,
13:21voire même des violences
13:22exercées sur certains commerçants
13:23qui tentaient
13:23de protéger leur boutique.
13:25On est sur du sept ans
13:26minimum, minimum,
13:27en termes de circonstances
13:29aggravantes.
13:29Donc oui,
13:30pareil, j'ai encore souris jaune
13:32quand j'ai vu des avocats.
13:32Alors vous avez dit,
13:33ils sont dans leur rôle,
13:34mais être offusqués.
13:36Et je les cite,
13:37on n'a jamais vu ça
13:38pour leurs clients
13:40qui prenaient six mois.
13:42Enfin je veux dire,
13:42vous avez vu le delta
13:43entre ce que prévoit
13:44le code pénal
13:45et les peines
13:46qui ont été prononcées
13:46parce que vous dites
13:47oui, il y a eu des mandats,
13:47mais des mandats,
13:48mais c'est pas pour sept ans,
13:49pour six mois.
13:50Avec les remises de peines,
13:51ils en feront quatre et demi.
13:52J'ai envie de dire,
13:53c'est le législateur.
13:54On est d'accord ?
13:55Non mais c'est pour ça aussi.
13:58J'en appelle aux journalistes.
14:00Reprenez les politiques
14:01quand ils disent
14:02la justice sera implacable,
14:04la fermeté,
14:05les auteurs seront punis.
14:06Non, non,
14:07l'exécutif n'a pas son mot
14:08à dire.
14:09L'indépendance des juges
14:10est ce qu'elle est.
14:11Et moi, ça m'insupporte
14:12de lire des tweets
14:13sur une plateforme américaine
14:15des gouvernants français
14:16qui passent leur temps
14:17à dire,
14:18ils seront punis.
14:19Non, non,
14:20vous n'en avez pas la possibilité
14:21et pas le pouvoir.
14:22Et quand bien même
14:23le garde des sous,
14:24le ministre de la Justice
14:24en effet,
14:25donne des directives au parquet,
14:26il est dans son rôle,
14:27les juges eux restent indépendants.
14:29Les juges du siège
14:29eux restent indépendants.
14:30C'est un pilier
14:31essentiel
14:32de notre état de droit.
14:33C'est essentiel.
14:33Mais ça veut dire juste
14:34que l'exécutif,
14:35que les politiques
14:36de manière générale
14:37doivent...
14:38Mais oui,
14:39c'est exaspérant à chaque fois
14:40d'entendre ces termes
14:41de fermeté
14:42alors qu'il n'y aura pas
14:42de fermeté.
14:43Vers quelle société va-t-on ?
14:45Cette semaine,
14:45je crois que ça nous a
14:46tous interpellés.
14:47Le communiqué
14:48de la préfecture de police
14:49de Paris.
14:49Il est vrai qu'ensuite
14:50il a reconnu
14:51l'aspect un peu maladroit
14:52mais il n'a pas contredit
14:54ce qui a été dit.
14:55C'est-à-dire qu'on a demandé
14:56aux commerçants
14:56finalement
14:58de se défendre eux-mêmes.
14:59C'est-à-dire,
15:00on leur a dit
15:00voilà,
15:01l'État a failli,
15:02on ne peut plus tout,
15:03l'État ne peut plus tout du tout
15:04et ni même assurer,
15:06Madame Kebab,
15:07c'est la première mission,
15:09c'est la prérogative
15:10la plus importante.
15:11C'est-à-dire,
15:12nous défendre,
15:13défendre notre intégrité physique
15:14et nos biens.
15:15Le contrat social.
15:17Le contrat social républicain.
15:19Garantir la sécurité
15:20pour garantir
15:20les libertés de chacun.
15:22C'est le fondement
15:22du contrat social.
15:23Et on entend souvent parler
15:24dans le débat politique
15:25la question,
15:25vous savez,
15:26des territoires perdus
15:27de la République.
15:28Eh bien en fait,
15:28les Français ont découvert
15:29qu'on a aussi perdu
15:30des territoires
15:31de centre-ville
15:31qui jusque-là
15:32étaient préservés
15:33et où finalement
15:34des casseurs et des pilleurs
15:35ont fait leur loi.
15:36Des territoires perdus
15:36de la République
15:36en plein centre de Paris,
15:37de Marseille,
15:38de Lyon,
15:38de Lyon.
15:39Le 17,
15:40l'État a perdu ses territoires
15:41pendant quelques heures,
15:42bien sûr.
15:42Parce qu'il n'a pas anticipé.
15:44Parce qu'il n'a pas anticipé
15:45parce qu'il ne les a...
15:46Bien sûr.
15:47C'est ce qu'ils disent aujourd'hui.
15:48Parce qu'ils n'ont pas anticipé,
15:50parce qu'ils n'ont pas vu venir.
15:52C'est ça.
15:52Ils ont manqué de capteurs
15:53qu'ils ont cassés eux-mêmes.
15:55Je veux dire,
15:56c'est pas moi,
15:56c'est pas les policiers
15:57qui ont...
15:57Notre face des portes
15:58sur les territoires perdus
15:59en plein centre.
16:01Mais enfin,
16:01vous avez vu les images ?
16:03Souvent,
16:03on regarde un petit peu loin
16:04les banlieues
16:05en se disant
16:05bon,
16:06c'est les territoires perdus
16:06de la République
16:07mais ça se passe
16:07de l'autre côté du périphre,
16:08ça concerne d'autres populations.
16:10Mais enfin là,
16:10en fait,
16:11tout le monde est outré
16:11parce que des gens
16:13se sont retrouvés saccagés
16:14en centre-ville.
16:16Mais enfin,
16:16c'est une catastrophe,
16:17Madame Mabrouk.
16:18Je ne comprends même pas.
16:18Je veux dire honnêtement,
16:19il y a des discours aujourd'hui
16:20que je ne peux même pas entendre
16:20de la part de membres du gouvernement
16:22ou du chef de l'État
16:23qui ne sont pas acceptables.
16:24Certains discours ont même dit
16:25que ce samedi,
16:26est-ce que vous le diriez ainsi ?
16:27Ça a choqué l'un des policiers
16:28qui était sur ce plateau ici même
16:29et nous-mêmes,
16:30nous l'avons tenu en tant que journalistes.
16:31On a dit
16:32que ça s'est relativement bien passé
16:33à part quelques pillages.
16:34Est-ce que cette phrase,
16:35elle est...
16:36Oui ?
16:36Elle est inentendable.
16:38Pourquoi ?
16:38Elle est inentendable.
16:39J'ai l'impression d'entendre
16:40à peu près le même discours
16:41qu'après la finale
16:42ou la demi-finale du PSG
16:44quand on avait entendu.
16:45Ça s'est plutôt bien passé.
16:47En fait,
16:48le 24,
16:49si nous n'avons pas,
16:51si vous,
16:51les journalistes,
16:51n'avez pas eu la possibilité
16:53d'avoir les mêmes images
16:53que le 17,
16:54c'est parce qu'il y a eu
16:55un déploiement des forces
16:56de 75 %.
16:58C'est juste hallucinant.
17:00Et d'ailleurs,
17:01j'avais prévenu
17:02quelques jours avant.
17:02J'avais dit
17:03attention,
17:03le 17,
17:03ils ont mal anticipé
17:04et vous allez voir,
17:05je l'ai dit sur votre plateau,
17:07ils vont sortir l'armada.
17:09Vous, Alain Bauer,
17:10vous avez dit
17:11que ça ne se passerait pas
17:12le 24, etc.
17:13Bien sûr,
17:14parce qu'ils ont sorti l'armada,
17:15il y a eu beaucoup de communication
17:16à l'attention des pilleurs.
17:18Du coup,
17:18ils ne sont pas venus
17:19parce qu'à la différence
17:20de l'ultra-gauche,
17:20eux,
17:21ils ne veulent pas voir,
17:21ils ne veulent pas rentrer
17:22en contact avec les policiers.
17:23Là où l'ultra-gauche
17:25arrive,
17:26enfin,
17:26souhaite la confrontation
17:27avec des policiers,
17:28nous les voyons
17:29sur les pseudo-manifestants,
17:31ils ne sont pas manifestants,
17:31c'est un élément rhétorique
17:33qu'il va falloir changer
17:33dans le spectre journalistique,
17:35mais quand ils s'en prennent
17:36à des forces de l'ordre
17:36qui viennent au contact,
17:37au point que les policiers
17:38sont obligés d'utiliser
17:39notamment du gaz lacrymogène
17:40pour les tenir à distance
17:41ou charger
17:42et faire des bons offensifs
17:43pour les faire se reculer,
17:45le pilleur,
17:45le casseur,
17:46le voleur opportuniste
17:48comme on les appelle
17:48en ce moment,
17:49lui,
17:49il ne veut surtout pas
17:50de policiers dans les pattes.
17:51Et quand,
17:51évidemment,
17:52le gouvernement
17:52a beaucoup communiqué
17:54toute la semaine
17:54en disant
17:54on va dégainer
17:55même la BR
17:56et le GIG
17:57et le REC,
17:57les casseurs ne sont pas venus.
17:58Mais ils ne sont pas venus
17:58majoritairement.
17:59Ils voulaient tout simplement
18:00s'en prendre...
18:01Écoutez,
18:02il y a eu évidemment
18:02de la casse,
18:03si on prend la manifestation
18:05de Paris,
18:05elle a été magnifiquement
18:06bien encadrée.
18:07D'abord,
18:08c'est important de le dire
18:08par les services d'ordre
18:09de l'intersyndicale,
18:10c'est important.
18:12Quand vous avez
18:12des organisations syndicales
18:13et des interlocuteurs
18:14avec la préfecture
18:15de police de Paris,
18:15ça se passe bien.
18:16Il y a eu les policiers
18:17que je salue
18:18qui ont encadré
18:18la manifestation
18:19qui n'ont pas permis...
18:21C'était quelque chose
18:22que j'appelais de mes voeux
18:22déjà à l'époque
18:23des Gilets jaunes
18:23et que j'avais dénoncé
18:24et pour laquelle
18:25j'avais été menacée
18:26d'une enquête administrative.
18:27Ils n'ont pas permis
18:28que l'ultra-gauche
18:29entre dans le cortège
18:30de manifestants
18:30pour le pourrir
18:31dans l'intérieur.
18:32Résultat,
18:32l'ultra-gauche
18:33s'est donné rendez-vous
18:34directement porte de Vincennes
18:35en prenant les transports.
18:36C'est pour ça,
18:37je vous en prie,
18:39chers journalistes,
18:39arrêtez de les appeler
18:40des manifestants.
18:40Ils ne manifestent pas,
18:41ils se donnent rendez-vous
18:42pour casser...
18:43Non, cela c'est une évidence.
18:44Souvent on entend
18:45vos confrères-consœurs
18:46plutôt sur les réseaux
18:47dire une charge de policiers
18:48sur des manifestants
18:49alors qu'on voit
18:49que c'est le black bloc,
18:50clairement.
18:51Bon, je ferme la parenthèse.
18:52Et donc ils se sont
18:53donnés rendez-vous,
18:54ils sont entrés au contact
18:55notamment des gendarmes
18:56qui bloquaient les accès
18:57parce qu'eux voulaient
18:59remonter jusqu'à
18:59la place de la Nation.
19:00J'évite de rentrer
19:01trop dans le détail
19:01qui ne va pas forcément
19:02intéresser vos téléspectateurs.
19:03Mais le plus important,
19:04c'est qu'il y avait
19:05une poignée de pilleurs.
19:06Moi j'ai vu les images.
19:07J'ai vu la vitrine
19:08d'un concessionnaire
19:08Audi porte de Vincennes
19:10qui a été victime
19:12du tentatif d'effraction.
19:13J'ai vu des pilleurs
19:14qui étaient là
19:14à l'affût à attendre
19:15comme ça
19:16que l'ultra-gauche
19:17fasse le boulot
19:18et déborde les policiers.
19:19Heureusement l'ultra-gauche
19:20n'y est pas parvenue
19:21pour la simple raison
19:22c'est que le préfet de police
19:23a appuyé sur le bouton
19:24charge et bon offensif
19:25très tôt
19:25avec une récupération
19:26très tôt du terrain.
19:28Résultat, les pilleurs
19:29se sont cassés.
19:30D'accord, donc si
19:30prochain samedi
19:35il n'est pas possible
19:36qu'il soit aussi
19:38conséquent et massif
19:39c'est-à-dire que
19:39si cette tenaille
19:40finalement
19:41ultra-gauche et pilleurs
19:42voient juste
19:43un moment de faiblesse
19:44c'est reparti.
19:45Donc le plus jamais
19:46le 17 octobre
19:46ça sera
19:48une répétition.
19:49Ça reposera
19:50un sur une bonne stratégie
19:51de maintien de l'ordre
19:52de rétablissement de l'ordre
19:53de lutte contre les violences urbaines.
19:55Il est nécessaire
19:55vraiment
19:56j'en appelle à mes autorités
19:57et notamment au sein
19:58de la préfecture de police de Paris
19:59et des grandes villes
20:01mutualiser les moyens
20:02entre les gendarmes mobiles
20:04les unités de force mobile
20:05des gendarmes
20:06ont une capacité
20:07dite lourde
20:07c'est-à-dire qu'en fait
20:08ils ont des moyens très lourds
20:09et ils arrivent à confronter une foule.
20:11Les CRS ont une autre méthode de travail.
20:13À Paris
20:13les compagnies à intervention
20:14sont très mobiles
20:14notamment avec la fameuse Bravem
20:16mais pas qu'eux
20:16il y en a aussi
20:17qui ont les casques à rayures bleues
20:18et tous ceux-là
20:19doivent travailler de concert
20:20et c'est ce qui s'est passé samedi.
20:21Ils ont travaillé de concert.
20:22Il y a eu la coordination.
20:23Il y a eu la coordination.
20:24J'ai vu le mur des gendarmes
20:25l'engin lanceur d'eau des CRS
20:27et les compagnies à intervention
20:28mobiles
20:29avec les Bravem
20:30et les casques bleus
20:31qui faisaient des bons offensifs.
20:32Tout ce beau monde
20:33a travaillé en ça.
20:33L'ordre a tenu.
20:34Vous dites non.
20:35Les policiers ont tenu
20:36et vous dites des territoires
20:37perdus en plein centre-ville.
20:38Bien sûr.
20:38Pendant quelques heures
20:39la France, le gouvernement,
20:41l'État a perdu
20:41des territoires
20:42en plein centre-ville.
20:44Merci Linda Kebab.
20:45Merci à vous.
20:45Discours de vérité
20:46en tout cas du terrain
20:47et qu'évidemment
20:48on espère ne pas revoir
20:49mais il y a ses appels
20:50à se rassembler
20:51à manifester de nouveau
20:52puisque pour une partie
20:54en tous les cas
20:54de ceux qui sont dans la rue
20:55crise lycéenne.
20:56Cela a été dit ici même.
20:58Rendez-vous
20:58et de nouveaux prix.
20:59Je vous remercie.
21:00Merci Hélène Lecon.
21:01Je vous dis à très bientôt.