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  • il y a 20 minutes
« Les Experts sans frontières », c’est le rendez-vous qui nous fait sortir de notre bulle. Chaque vendredi de 21h30 à 22h30 sur BFM Business, des experts étrangers installés en France analysent les grands débats de la semaine avec un œil neuf, détaché des prismes franco-français. Finances publiques, réformes, réarmement de l’Europe, choix politiques, international… Leur regard extérieur éclaire, questionne et parfois secoue. Un décryptage sans frontières pour mieux comprendre les grands enjeux du moment.

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Transcription
00:00BFM Business présente
00:05Les Experts Sans Frontières
00:09Mathieu Jolivet
00:11Bonjour et bienvenue, très heureux de vous retrouver dans Les Experts Sans Frontières.
00:15Aujourd'hui, ils nous viennent des Etats-Unis, d'Argentine et de Belgique.
00:19On va parler civilisation aujourd'hui.
00:22Images spectaculaires cette semaine du secrétaire d'Etat américain Marco Rubio
00:26au soleil couchant face à l'acropole qui invoque les dieux grecs
00:30pour alerter sur la menace civilisationnelle qui toucherait l'Occident, en particulier l'Europe.
00:36On va essayer de comprendre ce qui se cache derrière cette notion de civilisation
00:40dans le langage trumpiste.
00:42Une fois de plus, Donald Trump qui rate son prix Nobel.
00:45Caramba encore raté, ça l'obsède toujours.
00:48Ce prix qu'a reçu Obama et pas lui.
00:50L'occasion de revenir sur son concept de paix par la force, qui n'est pas neuf d'ailleurs.
00:55Et puis intéressant d'avoir aussi le regard de nos Experts Sans Frontières
00:59sur ce climat très particulier que nous traversons en France en ce moment.
01:03Une France sous la pression des marchés financiers, mais aussi des barricades de nos lycéens.
01:09Les Experts Sans Frontières, c'est parti.
01:15Ils sont autour de moi, nos Experts Sans Frontières.
01:18Je reçois Roland Gillet, professeur d'économie financière à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,
01:23à l'université libre de Belgique aussi, conseillé auprès de différentes autorités privées et publiques.
01:29Bonjour et bienvenue Roland.
01:30Bonjour, c'est l'université libre de Bruxelles, pas de Belgique, juste.
01:33De Bruxelles, l'université libre de Bruxelles, c'est rectifié.
01:37Elisabeth Shepard, maître de conférences de sciences politiques à l'université de Tours,
01:41spécialiste des Etats-Unis et des relations internationales.
01:43Heureux de vous retrouver Elisabeth, bienvenue.
01:45Bien sûr.
01:45Et puis Romuald Skiora, franco-américain, chercheur associé à l'IRIS,
01:50auteur de Lettres à Trump d'un Américain de papier qui vient de sortir aux éditions Point Nemo.
01:55Bienvenue Romuald.
01:56Et enfin, pour compléter ce panel de chocs autour de moi,
02:00Louisa Corradini, journaliste franco-argentine,
02:03correspondant en France du quotidien argentin La Nation.
02:06Bonjour Louisa.
02:07Bonjour.
02:07Et bienvenue.
02:08Je vous disais donc, j'ai trouvé cette image en fait assez vertigineuse en termes de décor,
02:17le secrétaire d'État Marco Rubio, qui était sur la colline du Pnyx à Athènes.
02:23En fait, c'est une colline qui est juste en face de la colline sur laquelle se trouve l'acropole.
02:29Donc le décor derrière lui était dingue, au soleil couchant,
02:32là où les citoyens d'Athènes se rassemblaient dans l'Antiquité pour voter ensemble à main levée.
02:37Les décisions politiques et les décisions économiques.
02:41Romuald Skiora, vous avez vu, vous avez suivi ce discours et ces images.
02:45Qu'est-ce que ça vous a inspiré ?
02:47Écoutez, pour une fois, et vous connaissez mon opposition à l'administration Trump,
02:51j'ai trouvé que c'était un beau discours.
02:54Et le secrétaire d'État Marco Rubio a remis en évidence le mot Occident.
02:59En tant qu'homme de gauche, je regrette que cela soit parfois,
03:02chez mes camarades, devenu presque un gros mot.
03:05La civilisation occidentale, et le secrétaire d'État a raison de nous le rappeler,
03:10est une civilisation où se trouve le meilleur et le pire, certes.
03:13Elle a inventé le colonialisme, Auschwitz, mais également la liberté d'expression.
03:19Et surtout, elle a donné naissance aux grandes valeurs humanistes de la Renaissance,
03:23qui ont été théorisées sous forme d'idées par les philosophes,
03:26mises en pratique au siècle naissant des démocraties.
03:28Et puis, le fameux apnée de 1945, mise en place du système multilatéral,
03:32création de l'ONU, déclaration universelle des droits de l'homme, droits de la femme, etc.
03:36Donc, la civilisation occidentale est une grande civilisation,
03:38et ça, le secrétaire d'État a raison de nous le rappeler.
03:41Maintenant, l'ironie, ce qui me dérange,
03:45ce qui, selon moi, semble un petit peu nauséabond dans cette mise en scène,
03:48c'est que justement, c'est cette administration Trump,
03:52qui a pour objectif de mettre à bas toutes les valeurs issues de la civilisation humaniste,
03:56qui, aujourd'hui, se fait le chantre d'une civilisation occidentale,
04:01dont il nie le meilleur.
04:03C'est ça, l'hôpital qui se fout un peu de la charité.
04:05Exactement, pour résumer, d'une manière plus courteille.
04:07Pour résumer, c'est vrai qu'Elisabeth Shepard,
04:10derrière ce mot civilisation et l'endroit, la manière et celui qui le porte,
04:16donc Marco Rubio, on a peut-être aussi l'histoire d'une bataille culturelle
04:22qui est en train de se jouer, entre la civilisation telle qu'on la dénomme,
04:26depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale,
04:28et la civilisation dans le monde, dans le langage trumpiste.
04:33Alors, pour moi, oui et non.
04:35Moi, je me pose la question du bataille sur cette mot civilisationnelle
04:38au sein même des Républicains aujourd'hui,
04:40parce qu'on parle de quelqu'un qui, à la fois, s'inscrit dans ce vocabulaire trumpiste,
04:46mais qui a aussi des aspirations,
04:47qui restent quand même en politique assez classique, à la base,
04:51jusqu'à ce qu'il décide de prêter allégeance à Trump.
04:54Et je me pose la question plutôt de, politiquement,
04:57si ce n'est pas une façon à la fois de se rattacher à ces valeurs trumpiennes de sa façon,
05:02mais effectivement, le lieu, le fait qu'il a beaucoup interpellé les Européens,
05:06mais pas de manière aussi agressive que, par exemple, le vice-président américain,
05:10ce qui est quand même remarquable dans cette administration,
05:12qu'on ne sait pas de manière très agressive,
05:14me fait poser la question de l'après-Trump,
05:18parce qu'on est aussi dans cette question de l'après-Trump
05:22à l'aube des prochaines élections.
05:24Ah oui, je ne l'avais pas vu comme ça.
05:25Vous pensez qu'il y a aussi quelque chose où il se positionne déjà ?
05:29D'ailleurs, vous dites ça, enfin, j'ouvre une parenthèse,
05:31mais est-ce qu'il y a une guerre de positionnement en ce moment
05:35entre Rubio et J. Devens, par exemple ?
05:38Il y a surtout une guerre de positionnement.
05:41Il y a beaucoup de Républicains qui ont enlevé les mentions de Trump,
05:44par exemple, dans leur pub, dans cette campagne électorale,
05:49parce qu'il y a quand même un côté repoussoir de Donald Trump
05:53et d'une certaine partie de son langage dans son propre électorat.
05:56Il va falloir quand même gagner des élections,
05:58non seulement dans l'élection de mi-mandat,
06:02mais qui sont aussi des élections locales, on va dire,
06:04mais ils se pensent tous au 2028 et à l'après-Trump,
06:07et je pense qu'il y a quand même, même si, bien évidemment,
06:10il a dit que s'il vint de se présenter, il ne se présenterait pas,
06:13bon, les hommes politiques qui mentent, ce n'est pas nouveau,
06:16je pense quand même que Marco Rubio se voit quand même,
06:20on se rappelle quand même qu'il s'est déjà présenté à la présidentielle
06:23au premier mandat de Trump dans les primaires,
06:25on avait quand même Trump et notamment en train de se prendre la tête
06:28avec Marco Rubio pendant les débats.
06:31Louisa Corrodini, quand vous voyez, vous avez aussi écouté,
06:33vu ces images de Marco Rubio avec l'acropole derrière lui en Europe cette semaine,
06:40sur place, en fait, Marco Rubio a beaucoup parlé de l'immigration et des frontières.
06:46En fait, quelque part, sur place, c'était peut-être aussi,
06:50voilà, c'était peut-être ça aussi un de ses principaux messages d'une Europe
06:53qui, à ses yeux, est beaucoup trop poreuse sur le plan de l'immigration.
06:58L'acropole, moi, je la prends comme une mise en scène,
07:01je préfère retenir l'actuation de M. Marco Rubio
07:07comme le VRP du mouvement Maga,
07:11parce que je vais vous rappeler que l'une des principales déclarations
07:18du secrétaire d'État, c'était partout sur ce continent,
07:21nous assistons à ce que nous espérons être les débuts d'un tournant générationnel,
07:26une explosion des dépenses de défense, dit-il.
07:30C'est-à-dire, ça c'est très bien, il faut aller sur ces chemins-là.
07:365% du PIB pour l'OTAN, etc., etc., dépenser beaucoup plus d'argent sur l'armement.
07:43Quel armement ?
07:43Américain, naturellement.
07:45Tous les pays de l'Europe ont des F-35 Lightning américains.
07:51Je crois que la France et l'Espagne, probablement,
07:54ce sont les seuls pays qui n'ont pas dépensé de l'argent.
07:57Il faut continuer à dépenser de l'argent.
08:00Et quel est l'ennemi ?
08:01Parce que les États-Unis ont commencé à se retirer du continent.
08:06Quel est notre ennemi, donc ?
08:07Les immigrés ?
08:08On a besoin de F-35 pour contenir les immigrés ?
08:12Moi, je vois dans ces discours et dans cette mise en scène,
08:16comme je dis, la fonction, et je voudrais que ce soit autrement,
08:23mais je vois M. Rubio plus ou moins obligé à devenir le VRP,
08:31pour le moment, du mouvement MAGA et de l'administration américaine.
08:36Je ne vois pas plus d'autre chose.
08:38Moi, je me demande, en revanche, pourquoi les Européens continuent à écouter
08:43et à donner autant d'importance à ces discours ?
08:47Est-ce que, j'en profite, parce que vous êtes aussi franco-argentine,
08:50vous avez d'ailleurs suivi Ravier Milei, qui était en France la semaine dernière, etc.
08:53Est-ce que Ravier Milei surfe aussi sur ce péril en la demeure
08:59qu'il y a derrière, un effacement civilisationnel, etc.,
09:02qu'on entend dans le langage trumpiste ?
09:03Est-ce que lui aussi surfe sur ce discours-là en Argentine ?
09:06Alors, il vient de dire qu'en Argentine, il y a eu, l'Argentine,
09:10ces deux dernières années, on a expulsé 30 000 terroristes.
09:15Mais comment peut-il dire une chose pareille ?
09:19Où sont ces terroristes ? C'est incroyable.
09:21D'un côté, il veut convaincre les investisseurs de venir en Argentine
09:27pour, dit-il, remplir les poches.
09:30Et d'un autre côté, il dit, nous laissons 30 000 terroristes entrer dans le pays.
09:35C'est absolument délirant.
09:37Mais peut-être, on y reviendra, Mathieu, mais c'est vrai que l'influence
09:42ou la politique de l'administration américaine aux États-Unis,
09:46pardon, en Amérique latine et en Europe, n'est pas la même chose.
09:52Je veux dire que l'influence en Amérique latine est absolument directe sur tous les domaines.
09:58En Europe, c'est un peu plus difficile.
10:00On va y revenir sur les relais trumpistes, vous avez raison, en Europe.
10:04Je veux juste vous faire rebondir, Elisabeth Shepard,
10:05parce que je sais que vous êtes aussi spécialiste des questions de défense.
10:08Effectivement, derrière le fil rouge de son discours, Marco Rubio,
10:12c'était la défense du modèle civilisationnel occidental.
10:17Pour le défendre, il faut être autonome au niveau stratégique,
10:21donc augmenter ses budgets de dépense.
10:22Ça, c'est aussi quelque chose sur lequel les Américains ne nous lâchent pas en Europe.
10:27Alors, ce n'est pas nouveau.
10:28L'augmentation, moi, je me souviens encore Bill Clinton qui disait la même chose dans les années 90.
10:34Oui, mais il y a eu un coup d'accélérateur avec Trump.
10:37Non, on n'a pas un coup d'accélérateur avec Trump,
10:39on a un coup d'accélérateur avec Vladimir Poutine qui ramène la guerre en Europe
10:42et qui nous rappelle pourquoi pour nous, alors que les Américains se retirent
10:47ou en tout cas menacent de se retirer, on se rappelle quand même pourquoi il y a cette nécessité.
10:54Donc, ce n'est pas vraiment…
10:55Alors, Donald Trump, même cette idée qu'il faut acheter américain,
10:59enfin, moi, je pourrais parler du plan Marshall pour revenir dans l'histoire,
11:02les Américains ont toujours été assez forts pour essayer d'utiliser ça pour vendre leur matériel.
11:07Donc, ce n'est pas nouveau.
11:08Effectivement, la façon dont c'est fait à tout le monde s'offusque,
11:12mais ce n'est pas tout à fait nouveau, c'est juste fait de manière un peu,
11:15on va dire, moins bien élevé qu'on a pu voir chez ses prédécesseurs.
11:19Oui, enfin, ce n'est pas nouveau, mais j'ai l'impression que quand même,
11:23sous Donald Trump, il y a quand même des engagements d'un retrait de la présence américaine
11:29qui est quand même beaucoup plus brutal que ses prédécesseurs,
11:33d'où le coup d'accélérateur dont je vous parlais,
11:35parce que s'il se retire, derrière, il faut bien prendre le relais et donc mettre la main à la
11:38poche.
11:39Alors, il y a deux choses qui changent.
11:40Effectivement, ce coup d'accélérateur, il faudrait voir dans la réalité,
11:44parce qu'il y a quand même des questions juridiques et un congrès
11:47qui doit quand même valider un certain nombre de choses.
11:49C'est aussi cette question, au-delà peut-être de se retirer,
11:53mais de ces relations bilatérales.
11:56On voit que Trump essaie clairement sur ces sujets de diviser de l'Europe
12:00avec des pays, par exemple la Pologne ou même à des Pays-Bas qui disent
12:03vous ne voulez plus être en Espagne, en Italie, etc.
12:06Venez chez nous, on vous offre une base américaine, ça nous fera plaisir.
12:11On voit aussi qu'il joue beaucoup sur des relations, on va dire, bilatérales,
12:15au lieu de traiter l'Europe dans son ensemble.
12:18C'est ça, c'est une relation transactionnelle sur laquelle on va aussi revenir.
12:24Roland Gillet, je voulais aussi avoir votre point de vue ici d'économiste et de financier,
12:28puisque vous vous conseillez, vous vivez en Belgique, vous êtes belge,
12:34vous conseillez des institutions, des États aussi.
12:37On a entendu Marco Rubio qui jouait une fois de plus sur les peurs
12:43à travers ce mot de civilisation.
12:45Il dit qu'il y a péril dans la demeure.
12:47Il y a une des choses qu'il a dit pendant son discours,
12:50c'est que les décisions qu'on prendra en Europe dans les dix ans à venir
12:54écriront l'histoire du prochain siècle.
12:58Vous, en tant justement que financier, comment est-ce que vous sentez l'air du temps ?
13:03Est-ce que vous avez l'impression que l'Occident en général et l'Occident en Europe
13:07est à un point de bascule en ce moment ?
13:10Oui, il y a deux points sur lesquels je voudrais revenir.
13:12D'abord, l'histoire que vous voulez effectivement dire est très juste, bien sûr,
13:16par rapport à la position américaine.
13:18Il faut quand même regarder d'où on vient.
13:20Tous les présidents américains, tous les présidents non élus américains,
13:24dont Hillary Clinton, avaient dans leur mandat de dire écoutez,
13:27l'OTAN c'est un club, on paie sa cotisation comme dans un club de tennis,
13:31on joue sur le terrain.
13:32Nous, on disait toujours oui, on est très élégant et on s'est assis dessus.
13:36Et on a supposé que la couverture américaine suffirait toujours.
13:40Donald Trump a déjà été président.
13:42Il l'avait déjà expliqué.
13:43Biden est venu derrière.
13:44Il l'a réexpliqué.
13:46Et donc, je suis désolé, si on regarde quand même aujourd'hui la situation,
13:50je trouve qu'ils sont même encore très gentils.
13:52Je vais juste l'expliquer puisque vous parlez en tant que financier de façon très claire.
13:56Moi, si un jour je suis dans un club de golf,
13:57je ne paie pas ma cotisation pendant des années, je joue quand même sur le terrain.
14:00Si on veut remettre les choses à plat, on me dit tu payes d'abord toutes les cotisations du passé,
14:03ce que tu t'étais engagé, et puis tu payes la dernière.
14:06Pourquoi est-ce que les américains ne font pas ça en matière d'armement ?
14:08Parce qu'on est totalement incapable.
14:10On a déjà des déficits et des dettes publiques très importantes.
14:12Donc, il dit simplement, à partir de maintenant, vous allez au moins contribuer.
14:15Qui est d'ailleurs guerre ou pas ?
14:17C'est d'ailleurs parce qu'il y a un autant fort que des gens comme les Russes réfléchira deux
14:20fois
14:21ou réfléchiront à deux fois.
14:22Donc, clairement, on ne paie pas sa cotisation.
14:24On ne s'étonne pas après que ça se passe ainsi.
14:26Deux, en parlant des comptes.
14:28C'est déjà des comptes tout simples.
14:29Un boulier compteur suffirait.
14:30Vous prenez encore aujourd'hui, étant donné le Pays-Bas américain,
14:324% sur ce montant-là, c'est-à-dire plus de 30 000 milliards.
14:36Et puis, vous prenez tous les pays européens et vous prenez même le total.
14:40Vous allez vous rendre compte qu'encore aujourd'hui,
14:42dans la somme non pas de ce que les Américains font pour eux,
14:45dans la somme que l'OTAN a, il y a plus de 50% d'avoirs américains.
14:50Donc, quand vous avez plus de 50% d'argent,
14:52non pas pour vos armées, vous, puisque vous l'avez déjà fait,
14:55qui est utilisé par les autres pour s'armer,
14:57vous ne pensez quand même pas qu'ils vont vous demander d'aller acheter du matériel,
15:00sauf si on avait du matériel européen, ailleurs.
15:02Donc, je crois qu'à un moment donné, simplement en regardant les choses,
15:05c'est nous qui nous mettons aussi dans des ennuis.
15:07Et puis après, quand on a le problème de l'Ukraine,
15:10regardez Zelensky.
15:11Vous voulez dire que vous comprenez cette pression américaine
15:17pour acheter Américain à partir du moment où on est perfusé ?
15:21Oui, et deux, et qu'on n'a pas le matériel.
15:24La preuve, c'est que même pour Zelensky,
15:26Zelensky demande aux Américains, c'est sûr du budget,
15:29mais quand nous, on veut effectivement leur en donner,
15:32du matériel, on achète Américain à hauteur de,
15:34encore il n'y a pas longtemps, de 78%.
15:37Et donc, étant des deux côtés de l'Atlantique,
15:40j'ai beaucoup d'amis qui sont Américains,
15:42qui sont à la fois démocrates et républicains,
15:44qui ne sont absolument pas d'accord, heureusement, comme nous,
15:46avec la politique de Trump,
15:48qui sont même tristes, désolés, vous pouvez rajouter tout le reste,
15:51mais qui disent quand même, sur une chose qui est quand même importante,
15:54qui est, regardez quand même où les péchés peuvent être chez vous,
15:59vous avez une explication du pourquoi, dans la population,
16:02ça passe mieux quand on voit quand même que vous êtes au moins conscient
16:04qu'il serait temps de payer votre cotisation.
16:07Deux, sur votre question, par rapport à Rubio,
16:12si on regarde aujourd'hui, et on prend l'équilibre,
16:16on va dire Chine, mais on peut prendre plus large,
16:18mais Chine, Etats-Unis, Europe,
16:20qu'est-ce que les Chinois font par rapport à nous ?
16:22Ils nous font concurrence surtout, ils ont besoin d'énergie,
16:24ils n'en ont pas assez, mais ils en ont plus que nous,
16:26mais ils n'en ont pas assez. En plus,
16:28si on prend sur le plan géopolitique, ils sont vraiment géniaux, eux.
16:31C'est-à-dire qu'ils ne jamais,
16:33sauf si on l'imagine autour du plateau,
16:35et même de façon plus générale,
16:36ils ne vont déplacer un soldat pour nous défendre en Ukraine,
16:38ils ne vont même pas envoyer un fusil pour nous y aider,
16:41mais par contre, ce qu'ils sont capables de faire,
16:43c'est de ne pas condamner, et ça je trouve quand même fort à l'époque,
16:46Poutine, pour ne plus avoir,
16:48effectivement, à gérer le problème
16:50où on a Nord Stream qui amène du gaz
16:52chez les Européens, mais le récupérer
16:54à prix réduit et nous faire encore plus concurrence
16:56de l'autre côté. Ça, c'est un premier point.
16:58Donc, sur le plan géopolitique et sur le plan de l'énergie,
17:00rien n'a attendu, il leur manque
17:02la même énergie que nous, on est en concurrence avec eux.
17:03Alors que les Américains, vous l'avez vu,
17:05et je ne suis pas tout à l'États-Unis, c'est pas du tout ça.
17:08C'est quand il y a eu des problèmes, c'est même pas
17:09les pays du Golfe ou l'OPEC qui ont pu nous soulager,
17:12c'est de puiser dans les chocs stratégiques,
17:14comme le Canada aussi, pour nous aider.
17:16Donc, clairement, aujourd'hui, je trouve qu'il faut
17:18un peu regarder les choses de manière un peu
17:20sur le passé et aujourd'hui,
17:21et n'oubliez quand même, ne pas oublier une chose,
17:24c'est que Donald Trump n'est pas les États-Unis.
17:26Il en est en tous les cas le président aujourd'hui.
17:28On attend ça à l'oublier parce qu'il a quand même été
17:30élu démocratiquement.
17:31Il a même eu le vote populaire, ce qui n'arrive pas
17:33dans beaucoup de cas, et il a en plus toutes les assemblées
17:35avec lui. Mais c'est temporaire.
17:37J'ai des collègues américains, notamment
17:39un prix Nobel qui était venu il n'y a pas longtemps pour une
17:41farewell à Bruxelles, qui disaient
17:43« Soyez patients nous-mêmes,
17:45il nous fait mal, il a ce côté
17:48orgueilleux, tout ce que vous pouvez dire de plus. »
17:50Mais il dit laisser le temps. De toute façon, pour le moment,
17:52il va déjà avoir les midterms. Et donc je crois quand même,
17:54et c'est pour moi le plus important message que je dirais ici,
17:56il y a certainement le message donné
17:58par Donald Trump, et puis il y a le reste des États-Unis
18:00qui ne fonctionnent pas à l'unisson. Et dans les républicains,
18:02vous l'avez bien rappelé, il y a beaucoup de républicains
18:04aujourd'hui qui m'aiment,
18:06alors qu'ils devraient le dire,
18:08puisqu'ils n'attendent que ça qu'on le cite,
18:10le cite de moins en moins. Donc on va voir.
18:12Romuald Skiora, bon là,
18:15Roland Gillet
18:16vient de nous élargir la focale quand même.
18:19Est-ce que
18:20aujourd'hui, parce que j'aimerais
18:22quand même tout relier, est-ce que tout est relié quand même
18:24à ce discours
18:26de Rubio qui n'est absolument pas
18:28nouveau sur
18:30l'idée qu'on a une civilisation
18:32un peu en déclin
18:35occidental et en particulier
18:36en Europe. Vous qui élargissez la focale
18:38justement pour nous dire qu'on a une Europe
18:40qui finalement se retrouve totalement
18:42en étau contre
18:44les États-Unis, surpuissants
18:46d'un point de vue stratégique,
18:47et la Chine
18:49surpuissants
18:51d'un point de vue commercial.
18:53Vous, quel est votre
18:55sentiment ? Est-ce que vous avez
18:56une approche un peu décliniste
18:58du chemin
19:00qu'emprunte
19:00l'Europe aujourd'hui ?
19:02Oui, alors d'abord,
19:03je reviens juste sur ce que disait
19:05Roland. On est avec Roland bien évidemment
19:07totalement d'accord sur le fond
19:09et on a la même vision des choses
19:10quant à Trump. Par contre, je ne suis pas tout à fait d'accord
19:12avec ce que vous avez dit, c'est-à-dire
19:14l'exemple du club de golf
19:16est parfait, mais on parle d'un club de golf
19:18et dans un club de golf, il n'y a aucun enjeu
19:21civilisationnel. Hier, le secrétaire
19:22d'État nous a fait un discours
19:24d'ordre civilisationnel.
19:26Et effectivement, ce que vous dites fait sens,
19:28comme l'ont dit aux États-Unis,
19:29si on parle d'un point de vue purement budgétaire
19:32ou d'un club de golf.
19:33En ce qui concerne l'OTAN,
19:35il ne s'agit pas simplement d'une alliance,
19:37il s'agit d'un enjeu civilisationnel.
19:40Nous sommes dans un basculement historique majeur.
19:44J'en reviens avec cette fin de l'ère de l'humanisme.
19:47La parenthèse occidentale qui a débuté à la Renaissance
19:50est aujourd'hui en train de prendre fin.
19:52Donc, et là, le secrétaire d'État a raison.
19:54Seul un Occident uni et fort
19:57peut faire front, entre guillemets,
19:59en tout cas peut tenter,
20:00uni, de continuer à préserver nos valeurs
20:02au sein de notre civilisation
20:04et peut-être ailleurs dans le monde si nécessaire.
20:07Par contre, ce que nous propose cette administration,
20:09c'est plutôt de désunir,
20:11il y a une forme de dichotomie dans ce discours,
20:13de désunir l'Occident
20:14qu'à mettre la pression dont vous parlez
20:16qui pourrait être très juste
20:19quant à un club de golf.
20:21Quant à l'OTAN, je me permets juste de terminer,
20:24quant à un club de golf juste,
20:26quant à l'OTAN en tant qu'organisation,
20:28oui, juste également,
20:29mais sur un point de vue civilisationnel,
20:30c'est une grave erreur.
20:31Deuxièmement, par...
20:32Je rebondis, mais c'est Elisabeth
20:34qui nous parlait de l'approche transactionnelle
20:37de Donald Trump,
20:38et effectivement, il y a ce paradoxe
20:41des États-Unis qui demandent absolument
20:43à ce que l'Europe se réveille
20:44et fasse corps avec l'Occident version Trump,
20:48et en même temps, une Europe
20:50où, toujours sur la longue lignée de Kissinger,
20:52ils n'ont pas un seul numéro de téléphone,
20:54ils dealent un par un,
20:56et comment faire corps
20:57quand on approche l'Europe un par un ?
21:01Deuxièmement, donc oui,
21:01Elisabeth a tout à fait raison
21:02lorsqu'elle parle de cela.
21:05Deuxièmement, quand...
21:05Non, il ne faut pas être patient.
21:08Mais ça, pardonnez-moi,
21:09mais les gens qui disent ça ont du caca.
21:10C'est des Américains aussi.
21:11Oui, mais ils ont du...
21:12En tout cas, c'est mon point de vue.
21:13Ils ont beaucoup de caca dans les yeux.
21:15Ce sont les mêmes qui, en 2015,
21:16disaient que Trump ne serait jamais élu,
21:18en 2021, qu'il finirait ses jours en prison,
21:20en 2016, qu'il ne serait jamais élu.
21:22Mais écoutez, Trump, c'est rien.
21:24Trump, c'est un véhicule.
21:25Trump, c'est une baudruche.
21:27Il est le symptôme d'une vague
21:29beaucoup plus importante.
21:30Et les parenthèses ont été Obama, Biden.
21:33Je suis démocrate, j'ai ma carte du Parti démocrate.
21:35Je souhaite évidemment qu'un démocrate
21:37accède à la présidence en 2028,
21:39mais je crains que ce soit une autre parenthèse.
21:41La marionnette d'un courant réactionnaire
21:43qui attendait d'avoir...
21:44La marionnette, c'est peut-être un petit peu trop fort,
21:46mais le détournement de l'OTAN vers l'Asie
21:49a commencé bien avant Trump.
21:51Et donc, malheureusement,
21:52je ne pense pas qu'il faille trop espérer
21:54d'une alternance.
21:55Nous sommes dans une dynamique
21:56qui n'est malheureusement pas très bonne
21:58pour les liens transatlantiques.
22:00Elisabeth voulait réagir et après Roland.
22:02Alors moi, je dirais juste que je suis américaine aussi.
22:04Enfin, je suis franco-américaine.
22:05Et pour le coup, je suis née
22:07et j'ai grandi aux États-Unis.
22:08Et je pense que des deux parties,
22:09on a un véritable problème de populisme
22:11qui peut être très dangereux des deux côtés.
22:14Et c'est plus ça qui m'inquiète,
22:16que ce soit un démocrate ou un républicain aussi,
22:18parce qu'on a des côtés néfastes des deux côtés.
22:21Sur la question des divisions européennes,
22:23au-delà des Américains et de la pression américaine,
22:26on est quand même, j'ai envie de dire,
22:28on ne peut pas être mieux servis
22:29par notre propre division.
22:31C'est-à-dire, on a vu aujourd'hui
22:32les Allemands qui se retirent du char du futur.
22:35On pourrait parler du SCAF.
22:37Moi, je passe beaucoup de temps dans les Pays-Baltes,
22:39notamment la réaction vis-à-vis
22:41de cette question de défense
22:42pour des raisons évidents
22:44et totalement autres qu'ici.
22:46Ils n'ont pas les mêmes débats.
22:47Quand on sort, par exemple...
22:48Les Pays-Baltes se posent beaucoup moins de questions.
22:50Ils sont beaucoup plus près de la menace russe.
22:52Ici, on a des débats sur le budget
22:55qui sont nécessaires.
22:56Mais quand le président a sorti
22:57ce petit brochure pour dire
22:59qu'il faut se préparer,
23:00ce qui peut être aussi pour des raisons autres,
23:03enfin, je ne sais pas,
23:04y compris des raisons de changement climatique,
23:07avoir de l'eau à la maison, etc.,
23:10tout le monde ici disait,
23:11il est hystérique de service.
23:13Dans les Pays-Baltes,
23:13tout le monde a dit, il faut le faire.
23:15Parce qu'on peut avoir des problèmes de cyberattaque
23:18sur les infrastructures nationales.
23:19On peut avoir plein de choses
23:21qui ne sont pas en guerre avec la Russie
23:22qui peuvent nous arriver.
23:23On l'a vu en Espagne
23:25quand il y a eu des coupures d'électricité massives.
23:28Donc aujourd'hui, on n'est pas préparés aussi
23:30parce que nous, entre-européennes,
23:31on est divisé sur la façon dont il faut procéder.
23:34Et je pense que ça, presque,
23:35c'est plus inquiétant
23:36et de plus longue durée
23:39que la pression américaine.
23:40C'est vrai qu'il y a peut-être
23:41une ombre de Machiavel
23:42qui plane aussi au-dessus de Rubio
23:44et qui, voilà,
23:45une approche aussi divisée
23:46pour mieux régner
23:47que l'administration Trump
23:48applique aussi en Europe.
23:50Roland, vous voulez réagir
23:51par rapport au club de Gaulle.
23:52Vous doutez que le club de Gaulle,
23:54je l'ai fait.
23:54Je n'allais pas vous laisser faire
23:55sur le club de Gaulle.
23:56Je l'ai fait volontairement.
23:58Mais c'est encore...
23:59Je sais bien.
23:59Et vous savez très bien
24:00que c'est encore pire autrement.
24:01Vous êtes, en 2014,
24:03personne n'a forcé la main
24:04aux Européens à dire
24:05si on veut un autant fort,
24:06on doit mettre des moyens dedans.
24:07C'est tout.
24:08Comme pareil au niveau
24:09du budget européen aujourd'hui,
24:11personne ne doit aller casser le bras,
24:12et vous le soulevez très bien,
24:13à des gens qui veulent une union
24:15et qui sont sur le volet
24:16un pour tous
24:17et chacun pour soi.
24:18Ça ne peut pas marcher.
24:20Et donc, de l'autre côté,
24:20je suis désolé de vous dire,
24:21c'est bien plus grave
24:22qu'un club de Gaulle.
24:23Un club de Gaulle, à la limite...
24:24Moi, je suis ami avec Mathieu.
24:25On va laisser passer...
24:27C'est un pauvre garçon.
24:28Il tape à côté de la balle.
24:29De toute façon,
24:29on va le laisser monter.
24:30Il paie encore sa côté.
24:30Non, là, pas.
24:32Les Américains sont au courant
24:33par des gens
24:34qui ne sont pas des financiers
24:35ou des économistes véreux,
24:36ni des gens qui racontent des blagues.
24:38C'est des gens
24:38qui ont pris des engagements.
24:40Tous les membres de l'OTAN,
24:41il y en a qui les ont respectés.
24:42D'ailleurs, regardez encore aujourd'hui.
24:44Par exemple, la Grande-Bretagne,
24:45elle ne fait plus partie de l'Europe.
24:47Elle respecte.
24:47Elle est au-dessus,
24:48déjà depuis un certain temps,
24:49des 2%.
24:50Et sans nécessairement
24:51qu'on la pousse.
24:52Et la preuve en est,
24:53et ça, vous l'avez très bien rappelé ici,
24:54l'Ukraine,
24:55on aurait pu très bien se passer
24:56des Américains.
24:58C'est un problème chez nous, quand même.
24:59Les Chinois, on sait ce qu'ils ont fait.
25:01Il y a l'OTAN.
25:02Donc, s'il y a l'OTAN
25:03et qu'on est content d'avoir l'OTAN
25:04et qu'on est content
25:05que les Américains y aillent,
25:06il faut aussi être correct
25:07dans nos engagements.
25:08C'est ce que j'ai dit.
25:09Et c'est ce que j'ai dit.
25:10Ni plus ni moins.
25:11Et je trouve qu'aujourd'hui,
25:12on a trop tendance à dire
25:14c'est injuste,
25:15c'est injuste.
25:15Oui, c'est injuste.
25:16Et donc, si on doit le démontrer
25:17à quelqu'un,
25:18il faut accepter aussi
25:19de reconnaître ses torts.
25:20Et quand on va des Unis
25:22aux États-Unis,
25:23que vous ayez Trump,
25:24et vous le savez très bien
25:25puisque vous êtes aux États-Unis
25:27régulièrement,
25:28que ça soit Obama,
25:28que ça soit Biden,
25:30que ça soit n'importe qui,
25:31bien sûr qu'ils jouent
25:32sur notre désunion.
25:33Ils vont parfois voir
25:34quand il dit
25:35à une grande entreprise,
25:36prenez Disney
25:37quand il est venu en France,
25:38comme ça je vous montre
25:38que ça a toujours été,
25:40qu'est-ce que Disney a dit ?
25:40Moi je ne sais pas
25:41si je vais m'installer à Madrid,
25:42je ne sais pas si je vais
25:42aller à Paris
25:43ou si je vais aller en Hollande.
25:44Et ils font le tour des trois
25:46et plutôt qu'il y ait une Union européenne
25:47qui dise écoutez,
25:48on va trouver un accord,
25:48l'Europe et on verra bien
25:50où on le place,
25:51c'est à chacun
25:51qu'est-ce qu'on va faire
25:52comme cadeau
25:52pour qu'on vienne
25:53créer autant d'emplois.
25:54Et je vous signale
25:54que ça se passe encore aujourd'hui
25:55avec les GAFA
25:56au niveau des instituts de stockage.
25:57Donc quand on fait ça,
25:58je suis européen,
26:00je vous assure,
26:00vous vous en doutez,
26:01je viens d'un petit pays
26:02qui est la Belgique
26:02donc j'ai peu de poids
26:04au niveau de mon pays
26:05pour peser sur les décisions européennes
26:06parce que c'est quand même
26:06les grands pays
26:07qui pèsent le plus.
26:09Mais je reconnais quand même
26:10en voyageant
26:11que nous sommes quand même
26:12les champions
26:12pour donner des leçons aux autres
26:14qu'on ne tient pas soi-même
26:15et après s'étonner
26:16que même si on est très élégant
26:17dans le discours,
26:18au niveau du fond,
26:19on est quand même montré du doigt
26:20parce qu'on ne fait pas
26:21ce qu'on dit
26:21ou on ne dit pas ce qu'on fait.
26:23Et donc aujourd'hui,
26:24c'est ça que je voulais juste vous dire,
26:25je sais que vous l'avez compris,
26:26je pense qu'on est d'accord
26:27sur le message de façon générale,
26:28mais ce n'est pas ramener ça
26:29à un club de golf,
26:30c'est plus grave.
26:31Et aujourd'hui,
26:32si vous regardez encore,
26:33le matériel américain
26:34qu'on achète
26:35en dehors du fait que,
26:36vous l'avez très bien dit,
26:37est-ce qu'on en a vraiment besoin
26:37si on fait les choses convenablement
26:39on ramène la paix ?
26:39Mais ce qui est clair,
26:40c'est que pour le moment,
26:42en n'ayant pas fait des efforts
26:43entre guillemets dans le domaine,
26:45ils ont d'abord le leadership
26:46et du ciel en plus
26:47avec maintenant Starlink,
26:49mais aussi parce que
26:50si on veut se réarmer
26:51pour le moment,
26:52le matériel qu'on fournit
26:53à l'Ukraine,
26:53il n'y a pas d'auto-enjeu,
26:55possibilité,
26:55sauf qu'il fallait l'acheter ailleurs
26:56que d'aller aux Etats-Unis.
26:58Donc clairement,
26:59on est quand même fautif tout seul.
27:00Vous avez raison,
27:01il n'y a peut-être que,
27:02je parle sous le contrôle d'Elisabeth,
27:03mais je pense qu'il n'y a que
27:04sur le plan naval
27:05qu'au niveau de la défense,
27:07l'Europe arrive à être
27:09à peu près autonome.
27:11Voilà,
27:12il y a peut-être une course
27:13à la dépendance.
27:14Et s'il y a un point
27:14que je voudrais quand même rappeler,
27:16un seul,
27:16et je vous assure,
27:17après je ne m'enaserai plus
27:18sur la parole là-dessus.
27:19Très très bien.
27:20Mais regardez 2008,
27:20la crise,
27:21elle est aux Etats-Unis
27:22avec le subprime.
27:23Je vous prends de 2010 à 2023,
27:25on est bien d'accord,
27:26deux ans après,
27:27vous regardez l'évolution
27:28du PIB européen,
27:29donc ce n'est pas la bourse,
27:30ce n'est rien,
27:30ce n'est pas les 50 valeurs,
27:32le PIB européen accru de 21%,
27:34aux Etats-Unis de 34%.
27:36Si vous prenez 21%,
27:37plus la moitié,
27:3810,5%,
27:39vous êtes à 32%.
27:40Donc ça veut dire que,
27:40alors que c'est chez eux
27:41que la crise a eu lieu,
27:4210 ans après,
27:43quel que soit ce qui s'est passé,
27:45ils sont plus de 50%
27:46de PIB en plus.
27:47C'est ça qui donne aux Etats-Unis.
27:48Et sur les trois dernières années,
27:49j'ai vu que le pouvoir d'achat
27:50des Américains
27:50avait augmenté individuellement
27:52de 30%,
27:52vous entendez bien ?
27:53Et ça ne m'amuse pas de le dire.
27:55Ça c'est factuel.
27:56Et ce n'est pas amusant
27:57de le dire Mathieu.
27:58On marque une courte pause,
28:00on revient dans les experts
28:01sans frontières.
28:01J'aimerais bien entendre
28:02Louisa Corradini
28:03qui nous parlait notamment de,
28:04je trouve ça intéressant,
28:05on va y revenir sur la manière
28:06dont les relais trumpistes
28:09arrivent à infuser,
28:10sont plus ou moins puissants
28:11ou pas,
28:11en Argentine et en Europe.
28:13A tout de suite
28:13dans les experts sans frontières.
28:26Bienvenue si vous nous retrouvez
28:27dans les experts sans frontières.
28:29Autour de moi,
28:29Roland Gillet,
28:30professeur d'économie financière
28:31à l'université Paris 1,
28:33Panthéon-Sorbonne
28:33et à l'université Libre de Bruxelles.
28:36Elisabeth Shepard,
28:37maître de conférences
28:38de sciences politiques
28:39à l'université de Tours,
28:41spécialiste des Etats-Unis.
28:42Romuald Skiora,
28:43chercheur associé à l'iris
28:45franco-américain
28:46et auteur de Lettres à Trump
28:47d'un Américain de papier
28:49aux éditions Point Nemo.
28:50Et puis Louisa Corradini,
28:52journaliste franco-argentine,
28:54correspondante en France
28:55du quotidien argentin La Nation.
28:57Dans cette première partie,
28:58Louisa,
28:58vous nous rappeliez très brièvement
29:00qu'il y avait une façon
29:03dont le trumpisme pouvait infuser
29:06qui n'était pas forcément la même
29:07en Argentine qu'en Europe.
29:10Alors je ne sais pas,
29:10j'imagine qu'en Argentine,
29:12à l'ère de Milley,
29:12les relais sont surpuissants.
29:14En Europe,
29:15j'ai l'impression
29:16qu'ils sont un peu plus souterrains,
29:17mais assez puissants quand même.
29:18C'est beaucoup plus difficile en Europe.
29:21Contrairement à ce qu'on disait tout à l'heure,
29:23je suis beaucoup plus optimiste
29:25vis-à-vis de l'Europe
29:26étant d'origine italienne,
29:28franco-argentine,
29:30qu'est les Européens eux-mêmes.
29:33Moi, je crois,
29:35je suis convaincue.
29:35Parce que l'Europe,
29:37ça sort pas mal
29:37si vous comparez
29:38avec le reste du monde.
29:40Je vais vous donner
29:41un exemple
29:42d'escale.
29:43La France,
29:44septième puissance économique du monde,
29:47elle rentre
29:47dans la province
29:49des Buenos Aires.
29:50Juste la province
29:52des Buenos Aires.
29:53L'Argentine
29:54a 24 provinces.
29:56Vous vous rendez compte
29:57la puissance
29:57de ce pays ?
29:58Et quand on ne se met pas d'accord
30:01chez soi,
30:02avec son mari
30:03aux enfants,
30:05ça ne effare personne.
30:07Nous sommes 27 pays
30:08avec des histoires
30:09et des politiques
30:10et des besoins internes différents
30:12et des exigences différentes.
30:14Et pourtant,
30:15on arrive
30:16à faire des choses.
30:18Lentement.
30:18Mais on arrive.
30:20Donc, moi,
30:21je suis beaucoup plus
30:23sceptique
30:24vis-à-vis de ces
30:25nous,
30:25on est divisé,
30:27nous,
30:27on ne prend pas des divisions,
30:28des décisions,
30:30nous,
30:30on n'avance pas.
30:31Je ne crois pas trop à ça.
30:32Peut-être,
30:33je me trompe,
30:34je suis trop optimiste.
30:36Et donc,
30:37on va
30:37à l'Amérique latine.
30:38Ce n'est pas
30:39que l'Argentine,
30:40Mathieu.
30:41Vous regardez
30:42les dernières élections
30:43partout
30:43en Amérique latine,
30:45il y a une vague,
30:46je dirais,
30:47un tsunami
30:49d'extrême droite
30:51partout
30:52dans le pays.
30:53Les derniers exemples,
30:54c'est le Brésil
30:54la semaine dernière,
30:55n'est-ce pas ?
30:56Alors,
30:57en Argentine,
30:58l'influence
30:58est directe.
31:00l'administration américaine
31:02a sauvé déjà
31:04financièrement
31:05le gouvernement Milley
31:06une fois,
31:07par décision
31:08du secrétaire américain,
31:1015 jours
31:10avant
31:11les dernières élections.
31:12Autrement,
31:13ils perdaient
31:13les élections.
31:15C'est tout comme ça.
31:17Et il vient de dire
31:18que pour les prochaines élections,
31:20si c'est nécessaire,
31:21ils vont aussi
31:22prêter de l'argent
31:23pour sauver
31:24les gouvernements Milley.
31:25Alors,
31:26les gouvernements Milley,
31:27qu'est-ce qu'il fait ?
31:28Il est en train
31:28de déréguler
31:30absolument
31:31toute l'économie
31:32dans un pays
31:33où 4 enfants,
31:344 enfants,
31:35chaque,
31:374 enfants
31:37de chaque 5
31:40sont à pauvreté.
31:41Ils sont en train
31:42de déréguler
31:43pour permettre
31:44l'invasion
31:46absolue
31:46de tous les géants
31:48de la high-tech
31:49et de tous
31:50les investissements
31:51américains.
31:52Parce qu'il est en train
31:53de légiseler
31:54en fonction
31:55de ce que demande
31:56de l'administration Trump.
31:58Et ce sera exactement
31:59la même chose
32:00pour la Colombie,
32:02c'est la même chose
32:03évidemment
32:03pour le Venezuela,
32:05pour l'Équateur,
32:07pour le Paraguay
32:07et probablement,
32:09très probablement,
32:10pour le Brésil.
32:12C'est ça,
32:13toute la région
32:14qui est un peu
32:14le bac,
32:15l'arrière-cours,
32:16enfin considéré
32:16comme l'arrière-cours
32:17des États-Unis.
32:18C'est absolument ça,
32:19ça a été toujours le cas.
32:20Mais maintenant,
32:21c'est absolument,
32:23on y revient,
32:24ce n'est pas la première fois,
32:25vous le savez très bien
32:26parce que ces continents
32:27ont été soumis
32:28à des dictatures
32:30appuyées
32:30et décidées
32:32par les États-Unis,
32:34ça c'est vrai.
32:34Mais maintenant,
32:35c'est absolument
32:36invraisemblable.
32:37Et je prends,
32:38je reviens,
32:39le discours de Rubio,
32:41c'est exactement
32:41la même chose.
32:43C'est,
32:44attention,
32:44vous devez voter
32:45pour les forces réactionnaires
32:47et l'extrême droite
32:48en Europe.
32:49C'est lui
32:50qui ne comprend pas ça,
32:51ne comprend rien.
32:53Alors,
32:53j'aimerais peut-être
32:54vous faire réagir,
32:55Romuald ou Elisabeth,
32:56je ne sais pas,
32:56mais moi,
32:57il y a un truc
32:57qui me fascine,
32:58j'ai découvert
32:58depuis quelques années
32:59des relais trumpistes
33:00qui ont l'air,
33:01je me trompe peut-être,
33:02mais qui ont l'air
33:02assez puissants
33:03des ponts culturels politiques
33:04entre la sphère MAGA
33:06de Trump
33:07et l'Europe.
33:08Là,
33:08vous nous parlez
33:09de l'Amérique latine,
33:09mais géographiquement,
33:11on a un pont
33:13assez naturel
33:13pour faire passer
33:15ces idées,
33:15c'est un peu
33:16l'arrière-cours
33:16historique
33:17des États-Unis.
33:18En Europe,
33:19peut-être un peu moins
33:20et là,
33:20j'ai découvert,
33:21par exemple,
33:21dans la Hongrie
33:23de Victor Orban,
33:24le président déchu,
33:26par exemple,
33:26le Matthias Corvillus Collegium,
33:28un think tank
33:29qui a fait des rapports
33:30qui ont atterri
33:31à la Maison Blanche
33:32qui prenait
33:32un Great Reset
33:34des institutions européennes.
33:36J'ai vu
33:36qu'il y avait
33:36le Claremont Institute
33:38en Californie
33:39qui a invité
33:40des personnalités
33:41d'extrême droite
33:42européennes.
33:43Sarah Knafoy
33:44allait passer
33:44un été
33:45en Californie là-bas
33:47et donc ça,
33:47moi,
33:48personnellement,
33:48j'ai du mal à jauger
33:49quelle est la réalité
33:51de l'influence
33:52culturelle politique
33:54de ces relais
33:54trumpistes en Europe ?
33:56Alors,
33:56il y a deux choses.
33:57Je pense qu'il y a
33:57effectivement,
33:58par cette administration,
33:59une tentative,
34:00on va dire,
34:01de soutenir financièrement
34:03et ils sont assez clairs.
34:04Ils ont dit
34:04qu'ils ne le feront pas
34:05en France
34:05parce qu'ils ont peur
34:06d'être accusés
34:08d'ingérence.
34:09Donc,
34:09il y a effectivement
34:11un appui
34:11sur lequel
34:13ils jouent
34:14en Europe.
34:14Ceci étant dit,
34:16bien avant
34:16l'administration trumpiste,
34:18on avait un problème
34:19du populisme
34:20d'extrême droite
34:20en Europe,
34:21notamment en France.
34:22Donc,
34:23ça encourage
34:24quelque chose
34:24qui est déjà
34:25sur place
34:26et bien évidemment...
34:27Ça appuie sur
34:28un terreau existant.
34:29Ça appuie sur
34:30un terreau existant.
34:31Le Front National
34:31et maintenant
34:32le Rassemblement National
34:33n'a pas attendu
34:34Donald Trump
34:34pour exister.
34:36Mais effectivement,
34:38Reconquête
34:38ou autre,
34:39il bénéficie
34:40aujourd'hui
34:40d'un support,
34:41on va dire,
34:42extérieur.
34:42on a vu
34:43CNAFO aussi,
34:44je crois,
34:45à l'inauguration
34:47présidentielle
34:47aux Etats-Unis.
34:48Donc,
34:48il y a quand même,
34:49on va dire,
34:51des appuis extérieurs
34:52très clairs
34:52et ils ne s'en cachent pas.
34:54Et ils ne s'en cachent pas.
34:55Et d'ailleurs,
34:55ça peut faire bondir
34:56même la diplomatie française.
34:58Je me rappelle
34:58l'année dernière,
34:59Jean-Noël Barraud
35:01qui a convoqué
35:02l'ambassadeur américain,
35:04Romuald,
35:04en disant
35:05qu'on n'a pas
35:06aucune leçon
35:06à recevoir
35:07de la part
35:08de l'international
35:09réactionnaire,
35:10je crois,
35:10disait-il.
35:10À l'époque,
35:12il éructait
35:13de voir
35:14le département
35:16américain
35:16qui commentait
35:17les affaires judiciaires
35:18de Marine Le Pen
35:19qu'il comparait
35:20au déboire judiciaire
35:21de Donald Trump.
35:21Donc là,
35:22il y avait un peu
35:22même combat
35:23et il y avait
35:24de l'ingérence
35:24américaine.
35:26Oui,
35:26je dirais
35:27deux styles
35:27d'ingérence.
35:28Il y a
35:29celle liée
35:30au Fin Tank,
35:32clairement,
35:32l'Institut
35:33ou même
35:33la Heritage Foundation,
35:34le fameux Fin Tank
35:35ultra-conservateur
35:36qui a pondu
35:37le fameux projet
35:382025
35:39qui sert
35:40de boussole
35:40à cette administration
35:41qui effectivement
35:43pratique des échanges
35:44et qui sert
35:45un petit peu,
35:45je dirais,
35:46d'université
35:48aux réactionnaires,
35:49aux néo-réactionnaires
35:50européens
35:51qui vont
35:52boire
35:52la parole
35:53trumpiste
35:54ou maga
35:54un petit peu
35:55comme autrefois
35:56on allait à Moscou
35:57pour écouter
35:57la vérité
35:58au temps
35:58de l'Union
35:59soviétique.
36:00Donc,
36:00il y a
36:00cette ingérence-là
36:01et puis,
36:02il y a
36:02l'autre ingérence,
36:03celle dont vous parlez,
36:05celle qui peut être
36:06liée à des propos.
36:07On se rappelle
36:08d'Elon Musk
36:09lors des élections
36:10en Allemagne
36:12il y a quelques
36:12années dernières
36:13ou en Grande-Bretagne,
36:14une ingérence directe
36:15ou celle évidemment
36:16dénoncée par
36:17Jean-Noël Barraud.
36:18Plus qu'une ingérence,
36:19c'est une offensive.
36:21Ce qui ressort
36:22aussi du discours
36:23puisqu'on en parlait
36:24de Marco Rubio
36:25et de toute
36:26la dynamique
36:27de cette administration,
36:28c'est une idéologie.
36:29Il faut encore
36:30Trump de haut
36:30n'a rien à voir
36:31avec le premier
36:31Trump.
36:32En 2016,
36:32c'était un homme
36:33isolé,
36:33sans colonne politique
36:34vertébrale,
36:35issu des milieux
36:36plus ou moins
36:36progressistes américains
36:37qui pendant longtemps
36:38hésitaient à se présenter
36:39chez les démocrates.
36:40Cet homme s'est radicalisé
36:41durant les quatre années
36:42passées dans l'opposition,
36:43année au cours
36:44desquelles il s'est rapproché
36:45de l'extrême droite,
36:46une extrême droite
36:46que moi j'appelle
36:47crypto-fasciste
36:47car elle est beaucoup
36:48plus dure que ce que
36:49l'on appelle parfois
36:49un peu facilement
36:50l'extrême droite en France.
36:52Et donc,
36:52ce n'est pas un homme isolé.
36:53Toutes ces personnes
36:54ont une stratégie
36:54très claire,
36:55des objectifs
36:55pour l'intérieur,
36:56pour l'extérieur,
36:57on ne va pas les détailler
36:57mais on les connaît
36:58pour l'extérieur,
36:59mettre à bas
36:59ce qui demeure
37:00du système multilatéral
37:01post-45.
37:02Et donc oui,
37:02leur objectif
37:03est évidemment idéologique
37:05et donc de répandre
37:07leur idéologie
37:07à travers le monde,
37:08un petit peu
37:09comme l'Union soviétique
37:11à sa grande époque.
37:12Pour revenir,
37:14ça fait un pont
37:15vers notre Marco Rubio
37:16qui faisait un discours
37:18autour de la civilisation
37:19avec l'acropole
37:20derrière lui.
37:21Peut-être Elisabeth
37:22ou Roland,
37:23parce que vous nous parliez
37:23justement,
37:24vous élargissiez la focale
37:25sur l'agressivité
37:27commerciale chinoise
37:28qu'il faut prendre en compte
37:28dans notre monde aujourd'hui
37:30avec les empires
37:31qui se dessinent
37:31et une Europe coincée
37:33entre les deux empereurs
37:35Trump et Xi Jinping.
37:36Il y a un truc
37:36qui m'a fasciné aussi
37:37dans ce discours,
37:38c'est une absence.
37:39C'est-à-dire que Marco Rubio
37:41a dû citer quasiment
37:42tous les philosophes grecs
37:43mais il y en a un
37:44qu'il n'a pas cité.
37:45Je pense à juste titre,
37:47c'est Thucydide.
37:48Thucydide qui est revenu
37:49totalement à la mode
37:50parce que Thucydide,
37:51il n'y a quasiment plus
37:52un discours à l'étranger
37:53sans que Xi Jinping
37:54ne parle pas de Thucydide.
37:57Thucydide qui avait
37:59théorisé à l'époque
38:00dans la Grèce antique,
38:01alors moi je me suis,
38:01franchement,
38:02je vous le dis franchement,
38:03je me suis plongé
38:03quand on va reparler
38:04avec la guerre commerciale,
38:05mais Thucydide qui avait
38:06lors de la Grèce antique
38:08théorisé le fait
38:09qu'une puissance montante,
38:10donc là,
38:10alias la Chine,
38:13doit absolument
38:14trouver un terrain
38:14d'entente
38:15avec la puissance dominante
38:16les Etats-Unis,
38:17sinon c'est la guerre.
38:19C'est ce que disait
38:19il y a 2500 ans
38:20Thucydide, Roland.
38:21Vous me l'apprenez,
38:22mais je ne vais pas dire
38:25quelque chose
38:25que je ne savais pas,
38:26mais par rapport
38:27à ce que vous dites
38:27sur le mot civilisation,
38:29on est tous autour
38:29de la table, je crois,
38:30à regretter,
38:31parce que c'est des regrets,
38:33puisque c'est le cas,
38:34d'avoir de l'extrême droite
38:35partout,
38:36et il y en avait déjà
38:37en Europe,
38:37je travaille aussi
38:38avec le gouvernement autrichien,
38:40j'ai eu en face de moi
38:40de l'extrême droite
38:41depuis déjà un bout de temps,
38:42et d'ailleurs une extrême droite
38:43qui est montée
38:44parce que les Autrichiens
38:44trouvaient qu'on les avait
38:45maltraités dans l'aide européenne
38:47pour ce qu'ils avaient été faire
38:48comme près de l'autre côté
38:49de la frontière,
38:50c'est-à-dire notamment en Hongrie.
38:51Et donc on l'aura dit
38:52à un moment donné,
38:52on vous avait dit
38:53d'aller faire les choses bien,
38:54maintenant vous avez le tour de mal,
38:55on ne nous avait pas dit
38:56qu'on vous aiderait
38:57si vous le faisiez mal.
38:58Facile,
38:58donc ça a formaté
38:59l'extrême droite.
39:00Donc il y avait déjà
39:00ce côté, entre guillemets,
39:02monté des extrêmes droites
39:03un peu partout.
39:03Vous avez vu quand même
39:04la FD en Allemagne,
39:05quand même,
39:06je veux dire,
39:07on parle de ce qui se passe ailleurs,
39:08c'est sûrement inquiétant,
39:09je suis premier aussi à le dire,
39:10et j'ai des amis en Allemagne
39:11qui me disent
39:12c'est vraiment très inquiétant
39:13parce que ce n'est pas
39:13la même extrême droite
39:14que l'extrême droite française.
39:15Et pour commencer,
39:16il y a à chaque fois
39:16des extrêmes droites particulières.
39:17Aux Etats-Unis,
39:18je rejoins tout ce qui a été dit
39:19et je répète malgré
39:20ce que j'ai dit tout à l'heure
39:21sur les chiffres,
39:22ce n'est pas pour ça
39:22que je trouve aussi
39:23même pas un demi-millimètre
39:25l'attitude de Donald Trump
39:26et des gens qui sont avec lui
39:27dans l'équipe qu'il a dû former.
39:29Je ne suis pas sûr
39:30qu'il savait
39:30qu'il allait gagner les élections.
39:31Vous avez vu d'ailleurs
39:32que lui,
39:33ça ne l'inquiète même pas.
39:34Il voit à un moment donné
39:35un ministre de l'économie
39:37ou du trésor
39:37qui fait des choses
39:38et puis ça ne marche pas.
39:40Il dit mais c'est pas vrai.
39:42Mais quel crabe quoi !
39:43Alors qu'il avait dit juste avant
39:44à quel point il aimait.
39:44Donc je pense
39:45qu'il a mis des gens aussi
39:46qui n'étaient pas toujours
39:47à la bonne place.
39:48Vous avez vu avec Musk
39:49d'ailleurs au début.
39:49Il est mieux dans son entreprise
39:50qu'il est dans le gouvernement.
39:52Vous avez vu qu'il avait
39:53toute une série de choses.
39:53Donc il a dû quand même
39:54un peu bricoler au début
39:55parce qu'il a eu le pouvoir
39:56et le pouvoir absolu.
39:57Aujourd'hui,
39:58les gens quand même
39:59aux Etats-Unis et ailleurs
40:00heureusement en reviennent
40:01et on verra bien
40:02ce que ça va donner.
40:03Alors j'espère que
40:05le coup de balancier
40:06qui est venu là
40:07va retourner tout aussi fort
40:08de l'autre côté.
40:09Vous ne me rassurez pas
40:10mais je sais que vous le regrettez
40:11que vous pensez
40:12que c'est bien plus profond
40:13et que peut-être
40:14il y aura encore
40:14une majorité d'Américains
40:16pour tenter
40:17ce qui est raconté maintenant
40:18par d'autres
40:18du mouvement MAGA.
40:20Moi j'espère
40:21de tout mon cœur
40:22et que les Européens
40:22y participeront aussi
40:24à ce que ce soit
40:24la majorité
40:25de l'autre côté
40:26même s'il y a encore
40:27des gens
40:27qui ont cette idée là
40:28en tête
40:29et qu'on l'a tous rappelé
40:30qu'il l'avait déjà avant.
40:31Je rejoins totalement
40:32on n'a pas attendu
40:33que ce soit Donald Trump
40:34pour avoir ce type
40:34de comportement
40:35au niveau en tout cas
40:36de l'Amérique.
40:37Peut-être en Europe
40:38que nous on était
40:38un peu plus isolés
40:40de ces mouvements-là
40:41et ce que Trump a fait
40:42pour le Groenland
40:42ou pour le Canada
40:43était tout aussi incroyable.
40:45Mais c'est fou
40:46qu'il puisse dire
40:46des choses pareilles.
40:47Par contre les mouvements
40:48extrêmes-droites
40:48c'est vraiment une plaie partout.
40:52Quand on dit
40:52vous avez tout à fait raison
40:53mais qu'on n'a pas entendu
40:54Trump pour l'Amérique du Sud
40:56il y a quand même
40:57quelque chose
40:57de tout à fait nouveau
40:58avec cette administration.
40:59C'est que jusqu'à présent
41:00à peu près
41:01vous m'arrêterez
41:01au niveau des chiffres
41:02mais à peu près
41:0270 opérations
41:03en Amérique du Sud
41:04au cours du XXe siècle
41:05il y avait toujours
41:06le prétexte
41:07d'utter contre le communiste
41:09exporter la démocratie.
41:11Ce qu'a fait Trump
41:12avec le Venezuela
41:12au-delà du fait
41:13qu'il était légal
41:14évidemment d'enlever
41:15un chef d'État
41:16c'est aucun vernis
41:18civilisationnel
41:19et ça c'est tout à fait nouveau.
41:20C'est le patron
41:21ne veut pas me donner la caisse
41:21je l'enlève
41:22et je fais chanter
41:23la nouvelle patronne.
41:23si elle ne veut pas me la donner
41:24je fais pire.
41:25Aucun prétexte
41:26de répondre
41:26à l'appel de l'opposition
41:27d'ailleurs où on est
41:28la pauvre leader
41:29de l'opposition
41:29qui s'est ridiculisée
41:30en offrant son prix Nobel
41:31à Trump
41:32et il ne la laisse même pas
41:33rentrer au Venezuela.
41:35Le Groenland
41:35pour la première fois
41:36depuis les années 1890
41:37Après j'ai l'impression
41:38que les majors pétrolières
41:39sont en ordre de marche
41:40pour aller exprimer
41:43le plateau
41:43de l'Orenoc.
41:45Mais ce que j'ai
41:46aucun prétexte
41:47et donc ça c'est
41:48tout à fait nouveau
41:49le Groenland
41:49que vous citez
41:50pour la première fois
41:50depuis 1890
41:51opération à Cuba
41:52pour la première fois
41:53les Etats-Unis
41:53n'ont aucun prétexte
41:55d'exporter à nouveau
41:56la démocratie
41:57ou quoi que ce soit.
41:57Non c'est ce que tu as
41:58tu me le donnes
41:59sinon je te casse la gueule
42:00et on pourrait continuer
42:01ainsi longtemps.
42:02Donc il y a quand même
42:02quelque chose
42:03de tout à fait nouveau
42:03c'est-à-dire qu'aujourd'hui
42:05alors que Rubio
42:05nous parle de civilisation
42:07on ne cherche même pas
42:09un parfum civilisationnel
42:10un vernis civilisationnel
42:12on est totalement caché.
42:13Elisabeth
42:14je distingue une certaine moue
42:15sur ce visage
42:17ou je cherche à temporiser peut-être.
42:18Alors moi qui ai surtout
42:20spécialisé sur le terrorisme
42:21justement ils ont essayé
42:22de le vernir
42:23sous cette question du terrorisme
42:24notamment pour le Venezuela
42:25je ne parle pas du Grenland
42:27c'est intéressant
42:28parce que du coup
42:28en nommant
42:29les cartels vénézuéliens
42:32à comme groupe terroriste
42:34ce qui fait rebondir
42:36toutes les spécialistes
42:37du terrorisme
42:38et qui est une des pires
42:39stratégies du contre-terrorisme
42:41qu'on n'a jamais vu
42:42d'un gouvernement
42:43qui revient à cette question
42:44de si on embauche
42:45des gens qui ne sont pas compétents
42:46il ne faut pas s'étonner
42:47que les politiques
42:48ne sont pas adaptées
42:48mais ils ont essayé
42:49de le vernir.
42:50Ça ne marche pas très bien
42:51parce que personne n'est dupe
42:52du pourquoi
42:54du comment
42:54notamment
42:54ou la question du pétrole
42:55aussi au Venezuela
42:57mais ils ont essayé
42:58de le vernir
42:58avec cette lutte
43:00contre le terrorisme
43:01qu'on avait l'habitude
43:02de voir
43:02contre Daesh
43:03contre Al-Queda
43:04mais contre des cartels
43:06et si on lit
43:07la stratégie du contre-terrorisme
43:08on trouve des bribes
43:10d'explications
43:10plus ou moins
43:11civilisationnelles
43:12notamment pour les Vénézuéens.
43:13C'est le même vernis
43:15qui est utilisé
43:16quand l'administration Trump
43:18parle du fentanyl
43:19au Mexique
43:20avec le mur
43:21et l'immigration.
43:22Oui tout à fait
43:22mais c'est une militarisation
43:24d'une question
43:25qui
43:26la drogue
43:27n'était pas
43:28du domaine
43:29privilégié
43:30de l'armée américaine
43:31la frontière
43:32non plus
43:32et on a vu
43:33construire des bases
43:35tout au long
43:35de la frontière
43:36pour militariser
43:37cette question
43:38qui est juste
43:38absolument
43:39en aberration.
43:40Mais il y a toujours
43:40une justification
43:41je suis d'accord avec vous
43:42que c'est tellement ridicule
43:43que vous ne la parlez même pas
43:44mais le Groenland
43:44il a dit
43:45écoutez
43:46il y a trois pelés le dessus
43:47il y a quand même
43:48un enjeu
43:49moi je vais la protéger
43:50je vais même le faire
43:51dans un geste
43:52gratuit
43:53et en plus
43:54c'est à côté de chez nous
43:54il n'y a pas grand chose
43:56il n'y a que de la glace
43:56c'est même
43:58il ose tout quoi
43:59vous avez vu ce qu'il a dit
44:00aux Canadiens
44:00il a dit
44:00on s'unirait bien
44:01on va faire quelque chose
44:02de bien ensemble
44:03vous serez juste
44:04le cinquante et new metta
44:05quel est le problème ?
44:06Mais oui
44:07j'aimerais passer
44:08la parole à Isabelle
44:08parce que j'aimerais savoir
44:09est-ce que les Argentins
44:10déchantent aujourd'hui
44:11parce que c'était quand même
44:12un des premiers
44:13relais trumpistes
44:16en Amérique latine
44:17à cause de la pauvreté
44:18parce que
44:19Muley n'a rien résolu
44:21au contraire
44:21je vais vous lire
44:22après dans ma carte blanche
44:24si j'ai le temps
44:26les chiffres
44:26et c'est vraiment effarant
44:28mais
44:29pardon
44:29en fait
44:30l'excuse du communisme
44:32fonctionne toujours
44:33parce que
44:34quand vous entendez
44:35les discours
44:36des nouveaux présidents
44:38dans tout le continent
44:39américain
44:40vous allez voir
44:41que tout ce qui n'est pas
44:42MAGA
44:44est communiste
44:45même les sociodémocrates
44:47vous avez vu
44:48les discours
44:49de Javier Muley
44:50chaque fois qu'il vient ici
44:51nous tous
44:52tous les gouvernements
44:54européens
44:54tous
44:54une lecture totalement binaire
44:56sont des communistes
44:58sont des gauchistes
45:00perdus
45:00qui ont mené
45:02ce continent
45:02à la perte
45:03il vient dire
45:04aux gens
45:05qui ont réussi
45:05qu'ils n'ont rien compris
45:07et que c'est à cause
45:08du communisme
45:09et du gauchisme
45:12culturel
45:12et ça c'est
45:13la même excuse
45:15qu'ils utilisent
45:15en Amérique latine
45:16Louisa
45:17j'aimerais vous laisser
45:18la parole
45:18pour ouvrir
45:19cette page
45:21de carte blanche
45:22pour clore l'émission
45:23où chacun d'entre vous
45:24a choisi un article
45:26un média
45:27de leur pays
45:27de leur pays d'origine
45:28vous avez commencé
45:29à entreouvrir la porte
45:30de cette carte blanche
45:31Louisa
45:32puisque vous avez choisi
45:33un article de la Nation
45:34justement sur
45:35Ravier Muley
45:36en Argentine
45:37qui lors de son passage
45:38à Paris
45:39la semaine dernière
45:40vantait son bilan social
45:42ça ça vous fait bondir
45:43ça m'a fait bondir
45:45pas que ça
45:46c'est simplement
45:47qu'il a reçu
45:48du forum économique
45:50de Paris
45:50le prix
45:51aux économistes
45:53plus importants
45:55du monde
45:55et il a reçu
45:56ce prix
45:57à côté
45:58d'un autre prix
45:59Nobel français
46:00de l'économie
46:01Philippe Aguillon
46:02alors c'est ça
46:02qui m'a fait bondir
46:04parce que
46:04je vais vous lire
46:05quelques chiffres
46:07juste quelques chiffres
46:08de l'économie argentine
46:10pendant ces deux années
46:11selon les rapports
46:13des centres d'études
46:14et d'organismes économiques
46:15tels que l'Institut
46:16Argentina Grande
46:17et Funda
46:18entre l'arrivée
46:20de Javier Muley
46:21à la présidence
46:22en 2003
46:23et à la mi-26
46:24en 2026
46:25environ plus de
46:2731.1300 entreprises
46:30ont fait faillite
46:31entrenant la perte
46:32d'entre
46:34241.000
46:35et 410.000
46:40emplois
46:40déclarés
46:41c'est à dire
46:41on a perdu
46:42410.000
46:43emplois
46:43en Argentine
46:4482%
46:46des foyers
46:47argentins
46:47sont endettés
46:48tandis que
46:4836%
46:49d'entrées
46:50font face
46:50à des graves
46:51problèmes d'impayés
46:52et des retards
46:53de paiement
46:53ces dettes
46:55découlent
46:55de la nécessité
46:56de découvrir
46:57des dépenses
46:58courantes
46:58telles que
46:59l'alimentation
47:00les services
47:01publics
47:01et les impôts
47:02et comme je vous disais
47:034 enfants
47:05sur 5
47:06vivent
47:07dans la pauvreté
47:08en Argentine
47:094 enfants
47:10sur 5
47:10vivent
47:11dans la pauvreté
47:11un bilan
47:12social
47:14catastrophique
47:15à l'opposé
47:16de l'image
47:18qui était un peu
47:18renvoyée
47:19lors de ce prix
47:21remis la semaine
47:22dernière
47:22absolument
47:23voilà
47:23en tout cas
47:24c'est une carte blanche
47:25à retrouver
47:25de Louisa Corradini
47:26donc je ne comprends pas
47:27comment les économistes
47:29sérieux européens
47:30peuvent considérer
47:32que Javier Milley
47:33est l'économiste
47:34le plus important
47:34de la planète
47:35et un article
47:36à retrouver
47:36dans la Nation
47:38merci Louisa Corradini
47:39Romuald
47:40ce qu'il y aura
47:40un article
47:41du New York Times
47:42sur les incohérences
47:43de Donald Trump
47:44oui
47:45quant à l'électorat
47:46Maga
47:46essentiellement
47:47c'est à dire
47:48comment Trump
47:48a pu perdre
47:49dû à ses incohérences
47:51ce socle électoral
47:53ces personnes
47:54qui l'auraient suivi
47:54jusqu'en présent
47:55jusqu'à présent
47:56jusqu'en enfer
47:56et qui l'ont suivi
47:57le 6 janvier 2021
47:58lors de l'assaut
47:59contre le Capitole
48:00et dont il pourrait
48:01avoir besoin
48:01très prochainement
48:02peut-être dans des circonstances
48:04analogues
48:04donc la question
48:05c'est quand on voit
48:06combien Trump
48:07s'était battu
48:08pour garder cet électorat
48:09on peut se demander
48:10alors qu'il est le champion
48:11de la dernière ligne droite
48:12lors des campagnes
48:14il sait qu'il va perdre
48:15on peut peut-être
48:15s'attendre à un coup
48:16de sa part
48:17est-ce que ce sera Cuba
48:18est-ce que ce sera autre chose
48:19pour essayer
48:19de dynamiser
48:20cet électorat
48:21et de le faire revenir
48:22vers les urnes
48:23le 3 novembre prochain
48:24article retrouvé
48:25dans le New York Times
48:26c'était la carte blanche
48:27de Romuald Skiora
48:28Roland Gillet
48:29vous c'est un article
48:30du média belge
48:31Trends Tendance
48:32sur la crise financière
48:34aujourd'hui
48:35qui va planer
48:36pendant toute la campagne
48:37présidentielle en France
48:39mais qui pourrait aussi
48:39frapper à la porte
48:40de la Belgique
48:41oui en fait
48:41vous avez vu
48:42l'article qui est fait
48:43par Amit Faljawi
48:44dans Trends
48:45il dit
48:46la crise française
48:47frappe à notre porte
48:48et c'est vrai
48:49qu'on est en déficit excessif
48:50et c'est vrai que
48:51surtout du côté wallon
48:52on a eu difficile
48:53à bien gérer
48:54nos finances publiques
48:55et alors il dit
48:56avec un certain humeur
48:57nous avons emprunté
48:58à nos voisins
48:58leur vin
48:59leur fromage
48:59leur chanteur
49:00ce serait dommage
49:01de voir leur emprunter
49:02leur taux d'intérêt
49:02je trouve que c'est dit
49:04je trouvais ça vraiment
49:06vous savez
49:06moi je vis en France
49:08et j'ai beaucoup
49:09d'amis français
49:09et j'espère que j'en ai
49:10encore plus aujourd'hui
49:11mais c'est vrai
49:12que ça m'attriste
49:13et ça aussi
49:14c'est un message
49:14c'est un AOP
49:15appellation d'origine
49:16contre
49:16oui tout à fait
49:17mais c'est vrai
49:18c'est triste
49:19même s'il y a des gens
49:20parfois qui disent
49:21tiens un pays va plus mal
49:22que moi
49:23donc j'ai une certaine
49:24je vais aller
49:25j'ai une certaine sympathie
49:26à le dire
49:26parce que c'est pas toujours
49:27chez moi que ça va mal
49:28tout ça n'est pas bien
49:29pour l'Europe
49:29qu'un grand pays
49:30comme la France
49:30d'abord souffre
49:31deux
49:31comme moi je vis avec
49:32beaucoup de français
49:33autour de moi
49:33qui sont malheureux
49:35de tout ça
49:35je suis malheureux
49:36avec eux
49:36et deux
49:36si vous voulez
49:37c'est de nouveau
49:37le réveil des marchés
49:38le réveil des méchants
49:40marchés
49:40je ne sais pas
49:41je crois que non d'ailleurs
49:42on a habitué tellement
49:43à un moment donné
49:43les états
49:44y compris le mien
49:45à avoir des taux d'intérêt
49:46très bas
49:46parce que la banque centrale
49:47a agi
49:48et dans des périodes de crise
49:49où elle devait le faire
49:50et on a eu un backster monétaire
49:51qui a continué à aller
49:52et donc aujourd'hui
49:53on se rend compte simplement
50:00les créanciers se disent
50:01moi je fais la différence
50:02entre un état
50:03qui gère bien ses finances publiques
50:04où je demande
50:05un taux d'intérêt plus bas
50:06d'un autre
50:07où j'ai encore une incertitude
50:09non pas sur la faillite de la France
50:10mais sur la manière
50:10dont ça va se passer
50:11et un sujet
50:12qui va faire monter en puissance
50:13notamment le sujet
50:14des retraites
50:15pendant toute cette campagne
50:17électorale présidentielle
50:18en France
50:18on termine
50:19ces cartes blanches
50:20avec vous Elisabeth Shepard
50:21un article d'Axios
50:23aux Etats-Unis
50:23sur les mid-terms
50:24pour les républicains
50:25qui s'annoncent
50:26assez sombres
50:26oui donc on est quand même
50:27à un mois
50:28des mid-terms
50:29et on n'en parle
50:30peut-être pas assez
50:31parfois
50:32en se focalisant
50:34sur les discours présidentiels
50:35mais ce qui était intéressant
50:36et ce qui est important
50:38c'est l'argent
50:39dans la campagne américaine
50:40c'est toujours
50:41surtout dans un système fédéral
50:42où en réalité
50:43on parle de 50 états
50:45et de plein
50:46de petites élections
50:47où va l'argent
50:48et l'article d'Axios
50:50nous montre
50:51où sont les inquiétudes républicaines
50:52en réalité
50:53parce qu'ils sont obligés
50:54de faire des choix difficiles
50:55où va l'argent
50:56ça nous montre
50:57où ils sont très inquiets
50:58et où ils abordent
50:59cette élection
51:00avec beaucoup d'inquiétudes
51:02donc ils concentrent
51:03dans certains états
51:04notamment
51:04où en fait
51:05auparavant
51:06ils n'avaient pas d'inquiétude
51:07ils n'avaient pas besoin
51:08de concentrer cet argent
51:09et donc aujourd'hui
51:10on voit un peu
51:11la carte
51:12si vous voulez
51:12la carte géographique
51:13des inquiétudes
51:15des républicains
51:16face à ces élections
51:18qui arrivent
51:18passionnant
51:19une carte
51:20pour une carte financière
51:21pour suivre
51:22où est placé l'argent
51:23pour voir
51:23où on est le plus inquiet
51:25juste avant les mid-terms
51:26c'est un article
51:27à suivre sur Axios
51:28merci beaucoup
51:29en tout cas
51:29à tous les quatre
51:30pour vos éclairages
51:31précieux et passionnants
51:32Roland Gillet
51:33professeur d'économie financière
51:35à l'université Paris 1
51:36Panthéon Sorbonne
51:37Elisabeth Shepard
51:38maître de conférences
51:38de sciences politiques
51:39à l'université de Tours
51:40Romuald Skiora
51:41chercheur associé à l'IRIS
51:43auteur de Lettre à Trump
51:44d'un américain
51:45de papier aux éditions
51:46Point Nemo
51:46et Louisa Corradini
51:48journaliste franco-argentine
51:49correspondante en France
51:50du quotidien argentin
51:52La Nation
51:52très beau week-end à tous
51:54à la semaine prochaine
51:55dans Les Experts sans Frontières
51:57Les Experts sans Frontières
51:59sur BFM Business
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