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  • il y a 14 heures
« Les Experts sans frontières », c’est le rendez-vous qui nous fait sortir de notre bulle. Chaque vendredi de 18h à 19h sur BFM Business, des experts étrangers installés en France analysent les grands débats de la semaine avec un œil neuf, détaché des prismes franco-français. Finances publiques, réformes, réarmement de l’Europe, choix politiques, international… Leur regard extérieur éclaire, questionne et parfois secoue. Un décryptage sans frontières pour mieux comprendre les grands enjeux du moment.

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Transcription
00:00:00BFM Business présente
00:00:05Les experts sans frontières
00:00:09Mathieu Jolivet
00:00:18Retrouvez dans cette page spéciale des rencontres économiques d'Aix-en-Provence,
00:00:23on a délocalisé notre studio ici pour vous faire vivre ces débats au sein du parc Jourdan d'Aix-en
00:00:30-Provence.
00:00:31On a une heure et demie ensemble.
00:00:33Le thème de ces rencontres d'Aix, c'est comment naviguer dans un monde sans repère.
00:00:38Eh bien, ensemble, pendant une heure et demie, on va essayer de chercher, de trouver quelques boussoles.
00:00:43Pendant cette première heure, nous serons avec nos experts sans frontières.
00:00:46Comme tous les vendredis, ils sont venus ici à Aix-en-Provence.
00:00:51Ensemble, on va voir comment les entreprises sont percutées par les chocs géopolitiques.
00:00:55Comment elles peuvent s'en prémunir ?
00:00:57Est-ce que l'Europe et la France peuvent croire encore en la réindustrialisation ?
00:01:01Dans une Europe sans boussole, justement, où est le couple franco-allemand ?
00:01:05Le monde vieillit et fait moins de bébés.
00:01:07Ça, c'est un autre défi structurel qui n'est pas des moindres.
00:01:10On en parlera avec nos experts sans frontières.
00:01:13Et puis, de 19h à 19h30, on essaiera de chercher une boussole politique, cette fois,
00:01:18avec la présidente de l'Assemblée nationale.
00:01:19Voir ensemble, comment on peut réconcilier les Français,
00:01:24regagner la confiance entre les Français et l'institution qu'elles représentent.
00:01:28Une boussole énergétique avec le patron France de Schneider électrique.
00:01:32Et puis, une boussole climatique avec le directeur général de la Massif
00:01:37qui, lui, nous parlera du coût de l'inaction climatique.
00:01:40Mais tout de suite, on attaque avec les experts sans frontières.
00:01:43Juste avant, les infos avec Laura Cambo.
00:01:45A tout de suite.
00:01:53Et à la une de l'actualité aujourd'hui, les soutiens de l'Ukraine lui valident une aide militaire de
00:01:587 milliards d'euros,
00:01:59somme qui sera versée par les pays européens de l'OTAN et le Canada, à la fois cette année et
00:02:04l'an prochain.
00:02:04Aux rencontres économiques d'Aix-en-Provence, Nicolas Dufourk appelle à utiliser la dette française pour financer l'armement et
00:02:12non les retraites.
00:02:13Selon le patron de BPI France, ce qu'on met dans la baguette des Français,
00:02:17on ne le met pas dans les missiles qu'on pourrait fournir aux Ukrainiens.
00:02:20Toujours à Aix-en-Provence, sur le plateau de BFM Business,
00:02:23Roland Lescure salue les propositions du MEDEF pour redresser les finances publiques,
00:02:27une hausse de la TVA et de la fiscalité des retraités,
00:02:31des mesures qui contribueront au débat sur le budget et l'élection présidentielle.
00:02:36Dans le cadre de cette échéance électorale, la déclaration de Christine Lagarde aux Echos,
00:02:41la présidente de la Banque Centrale Européenne,
00:02:43affirme ne pas exclure un départ avant la fin de son mandat.
00:02:47En octobre 2027, elle envisage d'intervenir dans le débat présidentiel.
00:02:51Également dans l'actualité, la centrale nucléaire de Golfech,
00:02:55reconnectée au réseau électrique national hier soir,
00:02:58son seul réacteur en activité avait été mis à l'arrêt fin juin
00:03:02pour ne pas réchauffer le fleuve Garonne où elle rejette les eaux de refroidissement.
00:03:06Ces chiffres sur la canicule de juin, les deux tiers des Européens
00:03:10ont connu des températures supérieures à 35 degrés au moins une fois entre le 15 et le 30 juin.
00:03:16Cela représente 90 millions de personnes de plus que lors de la vague de chaleur de 2003.
00:03:21Du côté des entreprises, l'offre de reprise déposée par le groupe du financier Mathieu Pigasse
00:03:27pour reprendre Fibre Excellence, un groupe papetier en difficulté,
00:03:31une offre à laquelle s'associent des fonds gérés par les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur.
00:03:36Et puis enfin, le placement en redressement judiciaire de la Fonderie de Bretagne.
00:03:40Elle avait été reprise l'an dernier par Europlasma,
00:03:43le spécialiste des pièces en fonte pour les suspensions et les échappements
00:03:46qui emploient 245 personnes à jusqu'au 17 juillet pour trouver 3 millions d'euros.
00:03:52Et puis on termine avec un point sur les marchés.
00:03:59Avec vous Antoine Larigauderie, le CAC 40 qui clôture en hausse.
00:04:06Effectivement, Laura, plus 0,39% pour un CAC 40 qui verrouille les 8500 points,
00:04:11clôture 8508 points.
00:04:13Et encore, on aurait pu faire mieux, déjà parce que les volumes étaient relativement faibles.
00:04:17Il n'y a pas de séance à Wall Street cet après-midi pour cause de veille de fête nationale.
00:04:20Donc on est resté à 2,8 milliards, ce qui n'est pas beaucoup.
00:04:23Et puis on était ankylosé aussi par le secteur du luxe.
00:04:27Kering a perdu 1,6% à 248,45 euros.
00:04:30L'Oréal, moins 1,42, 382,45 euros.
00:04:34Et LVMH, moins 0,45 à 495,70 euros.
00:04:38Stellantis signant la plus forte baisse de l'indice, moins 3,5 à 4,93.
00:04:42Cela dit, on a été soutenu quand même par ArcelorMittal qui gagne 5,9%, 58,60 euros.
00:04:48Deuxième séance de forte hausse pour le sidérurgiste.
00:04:50Et puis les valeurs d'infrastructures, de rendement.
00:04:53Veolia, plus 2,8, 37,51.
00:04:55Engie, plus 2,06 à 27,73.
00:04:58Donc une hausse de 0,39 pour le CAC 40 aujourd'hui.
00:05:02Loin derrière, l'Eurostock 50 qui a quand même gagné 0,82%.
00:05:05Enfin, l'indice phare de la Bourse de Paris termine la semaine sur un gain d'1,4%.
00:05:10Merci beaucoup Antoine.
00:05:11Et tout de suite, on vous retrouve Mathieu Jolivet en direct d'Aix-en-Provence pour les experts sans frontières.
00:05:20La Bourse présente les experts sans frontières.
00:05:28Mathieu Jolivet.
00:05:35Bienvenue si vous nous retrouvez.
00:05:37Ils sont autour de moi, nos experts sans frontières.
00:05:40Ils sont venus ici sur notre plateau délocalisé aux rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
00:05:46Nous sommes avec Madoka Kitamatsu, la chef du bureau du Nikkei à Paris.
00:05:50Bonjour Madoka.
00:05:51Bonjour et bienvenue.
00:05:53Nous sommes avec Frédéric Hoffmann, la correspondante du Andersblatt en France, qui est aussi ici avec nous à Aix.
00:06:01Bonjour Frédéric.
00:06:02Bonjour.
00:06:02Vous êtes la bienvenue.
00:06:04Nous sommes aussi avec Nicolas Zabogi, le correspondant en France de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.
00:06:10Bienvenue.
00:06:11Bonjour.
00:06:11Et puis nous accueillons pour la première fois dans le cadre des experts sans frontières, Maëline Camus, présidente de Prisme
00:06:18Intelligence.
00:06:19Bonjour et bienvenue.
00:06:20Bonjour.
00:06:21Voilà.
00:06:22Je rappelle, Prisme Intelligence est un cabinet de renseignement économique.
00:06:27Et on peut le dire et on n'en dira pas plus, mais vous étiez avant opérationnel, agent opérationnel au
00:06:33sein de la DGSE.
00:06:35Donc vous avez travaillé dans le renseignement.
00:06:37Exactement, c'est ça, à l'armée.
00:06:38À l'armée, renseignement militaire, maintenant vous êtes revenu à la vie civile.
00:06:43Exactement, et dirigeant de l'entreprise désormais, d'un cabinet de renseignement qui va justement faire du renseignement pour les
00:06:49entreprises.
00:06:50Voilà, et donc les experts sans frontières n'ont peut-être jamais aussi bien porté leur nom.
00:06:53C'est tellement sans frontières qu'on ne connaît même pas vos frontières et on ne les connaîtra pas.
00:06:57En tout cas, on est très heureux de vous accueillir et d'avoir aussi votre regard sur les tensions économiques,
00:07:05les écueils que peuvent rencontrer les agents économiques dans ce monde aussi instable et perturbé,
00:07:11car c'est bien ça qui nous préoccupe aujourd'hui.
00:07:13C'est la 21e année qu'ont lieu les rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
00:07:18Je crois que jamais il n'y a eu autant de monde, jamais ça n'a été aussi international.
00:07:22Et donc ce thème, c'est un monde qui navigue en recherche de repères.
00:07:28On va essayer ensemble de comprendre ou en tout cas de trouver des boussoles pour s'y retrouver.
00:07:33Peut-être déjà, Friedrich Hoffman, le sentiment général, moi c'est un sentiment que j'ai personnellement depuis un an.
00:07:41On voit que la géopolitique s'accélère à vitesse grand V et que tous les chefs d'entreprise que je
00:07:47vois moi ici en France au quotidien
00:07:49semblent subir les chocs géopolitiques, ne les ont pas assez anticipés.
00:07:54Est-ce que vous voyez ça aussi, vous qui couvrez l'actualité économique pour votre journal allemand en France ?
00:08:00Je crois les problèmes géopolitiques, ils étaient là les dernières années.
00:08:03Mais ce qu'on voit maintenant avec la guerre en Iran, ça accélère énormément.
00:08:11Et aussi les conflits avec les Etats-Unis concernant le commerce, ça a vraiment accéléré le problème.
00:08:17Et ce que j'ai entendu ici quand j'ai parlé au monde, ici c'est un bruit de base
00:08:22qui influence maintenant toutes les décisions des chefs d'entreprise qui sont ici.
00:08:27Mais aussi ce qu'on a entendu ici, même si c'est un nouveau monde, on agit maintenant.
00:08:34Ça donne aussi un peu optimisme qu'on peut gérer la situation.
00:08:37Alors ce n'est pas perdu, mais il ne faut pas juste subir, comme vous avez dit, mais il faut
00:08:42créer l'avenir.
00:08:43Et c'est le moment maintenant.
00:08:45Ne pas subir et créer l'avenir.
00:08:46Maéline Camus, vous qui êtes dans le renseignement économique et qui accompagnez les entreprises pour essayer d'y voir un
00:08:53peu plus dans cette purée de poids,
00:08:54pour reprendre une expression maritime, effectivement, anticiper, c'est peut-être le principal enjeu qu'on n'avait pas forcément
00:09:02vu venir,
00:09:02ou en tout cas qui s'est imposé plus vite que prévu.
00:09:05Effectivement, anticiper permet justement d'anticiper, mais de prévoir.
00:09:09Et aujourd'hui, on pousse et je pousse les dirigeants d'entreprises à s'intéresser à la géopolitique de plus
00:09:14en plus.
00:09:14C'est extrêmement important pour pouvoir justement prévoir les nouvelles menaces économiques dans un monde de plus en plus interdépendant,
00:09:21où on doit aussi choisir ses dépendances.
00:09:23C'est le sujet de souveraineté économique pour les entreprises françaises.
00:09:27Anticiper, c'est la clé pour pouvoir se positionner et éviter d'être pris à dépourvu.
00:09:31C'est ça.
00:09:32Un monde interdépendant.
00:09:34Ce qui est peut-être aussi intéressant, et c'est peut-être une des explications, une des racines qui explique
00:09:41aussi la crise qu'on traverse aujourd'hui,
00:09:44ça a été le choc du Covid en 2020, qui nous a fait prendre conscience aussi des fragilités de nos
00:09:50interdépendances.
00:09:52C'est-à-dire qu'avant, pour nous, jusqu'au Covid, en gros, du lendemain de la Seconde Guerre mondiale
00:09:56jusqu'au Covid,
00:09:57on a eu une mondialisation où on s'est dit, finalement, plus il y a d'interdépendances, plus on est
00:10:02sécurisé.
00:10:03Et aujourd'hui, l'interdépendance est aussi synonyme de fragilité.
00:10:07Et ça, c'est nouveau aussi.
00:10:08C'est nouveau parce que ce qui est nouveau, c'est le fait qu'on le remarque.
00:10:12Attendre qu'il y ait une crise pour remarquer nos interdépendances, c'est quand même assez problématique.
00:10:16Donc la genèse, c'est plutôt une absence de culture, culture de l'anticipation, culture du renseignement,
00:10:21au sein des structures, des organisations, des entreprises, et même au-delà des entreprises,
00:10:26des décideurs qu'on forme, les nouveaux décideurs, les décideurs de demain, qu'on forme dans nos écoles.
00:10:30C'est donc une question de sensibilisation, d'anticipation à cette culture du renseignement économique.
00:10:37Madoka Kitabatsu, vous qui êtes la chef du bureau du Nikkei en Europe, à Genève et à Paris,
00:10:44est-ce que vous aussi, vous constatez ou vous remarquez peut-être que le monde économique,
00:10:50les agents économiques subissent les chocs géopolitiques ?
00:10:53Oui, c'est vrai que c'est quelque chose que j'ai senti très fortement pendant cette conférence.
00:10:58J'ai entendu le mot blackmail, donc ce sentiment qu'on est obligé de songer sans le vouloir.
00:11:06Alors je pense que, comme Fradik a déjà évoqué, il y a une manière plus optimiste d'aborder la situation
00:11:13actuelle,
00:11:14c'est de multiplier les interdépendances. Je pense que le problème de l'interdépendance,
00:11:20c'est surtout quand c'est concentré avec un seul partenaire.
00:11:25Ce qui est important, c'est de chercher des voies de coopération avec des pays ou des entreprises
00:11:30qui n'étaient pas nécessairement proches jusqu'à maintenant, mais qui ont les capacités de créer des choses nouvelles ensemble.
00:11:38C'est ça, ne pas mettre tous ces œufs dans le même panier.
00:11:41Oui, voilà. Diversifier.
00:11:42Oui, c'est ça. On est dans un monde où il faut absolument diversifier ces risques
00:11:46et ne pas avoir un seul canal de chaîne de valeur.
00:11:50Oui, c'est ça, exactement.
00:11:52Nicolas, comment est-ce que vous, vous voyez aussi, je rappelle, vous êtes le correspondant
00:11:55de la Frankfurter Allgemeine Zeitung en France,
00:11:58comment est-ce que vous voyez la manière dont les agents économiques
00:12:05sont percutés par ces chocs géopolitiques ?
00:12:08Alors honnêtement, je pense que les chocs géopolitiques, ces crises sur la scène internationale,
00:12:13ce n'est pas ça le vrai sujet.
00:12:16Pour moi, le vrai sujet, c'est l'instabilité politique en Europe.
00:12:20Les politiques, notamment en France, ne font pas son travail.
00:12:23Les problèmes budgétaires datent des années déjà.
00:12:25On n'a pas de moyens ici en France pour réagir à ces crises qui sont réelles,
00:12:32qui sont graves, qui sont difficiles pour les entreprises en interne.
00:12:36Alors délocaliser, par exemple, c'est, oui, une super idée, bien sûr.
00:12:40Mais où investir en Europe si on n'a pas la stabilité politique,
00:12:44si la politique reste instable, s'il n'y a pas des solutions à ces problèmes budgétaires, etc.
00:12:49Donc je pense que c'est ça le vrai sujet.
00:12:52Ce n'est pas la scène internationale.
00:12:53Non, non, mais c'est intéressant ce que vous me dites.
00:12:55C'est-à-dire que moi, je vous parle du blocage du détroit d'Hormuz,
00:12:59de l'agressivité, ou qu'est-ce que de l'agressivité ?
00:13:02De la guerre que mène Vladimir Poutine à l'est de l'Europe,
00:13:04qui fait ressurgir le spectre des grandes guerres.
00:13:07Je vous parle aussi de Donald Trump qui déroule sa doctrine d'Honro,
00:13:11de l'agressivité commerciale chinoise.
00:13:13Et vous, vous me parlez de la dissolution en France.
00:13:17Oui, oui, ce qui fait rire Madoka.
00:13:20Ah oui, je ne veux pas sous-estimer les risques sur la scène internationale, bien sûr.
00:13:25Mais après, il faut être réaliste.
00:13:27On ne peut pas changer le monde d'ici.
00:13:29Et ce qu'on peut faire, c'est réformer l'Europe.
00:13:31C'est réformer, intégrer l'Europe et réformer notamment ici la politique
00:13:36ou les sujets qui sont là, les soucis qu'on a ici en interne en Europe.
00:13:42Ça, on peut changer.
00:13:43C'est-à-dire que pour vous, ce que vous regardez en tant que correspondant aussi
00:13:46de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, c'est effectivement
00:13:48les élections présidentielles cruciales en 2027
00:13:52et apporter de la visibilité et de la stabilité politique
00:13:55avec un budget qui soit clair.
00:13:57Ça, c'est un peu le nerf de la guerre, j'allais dire.
00:14:01Oui, mais j'espère vraiment qu'il ne faut pas attendre d'ici avril, mai, l'année prochaine
00:14:06pour avoir des réformes, des réactions.
00:14:09Vous savez que nous, Français, on s'est impatients sur ce genre de sujet.
00:14:13Allez-y maintenant.
00:14:14Non, mais c'est maintenant le moment où la politique doit agir, faire quelque chose, réformer.
00:14:22J'entendais un panel qui était très intéressant aussi tout à l'heure
00:14:26avec le Premier ministre groenlandais, Friedrich Nielsen,
00:14:32qui d'ailleurs a commencé à parler en disant, il arrivait de nuque,
00:14:34il a fait nuque Aix-en-Provence, en disant, mais qu'est-ce qui fait chaud chez vous ?
00:14:38Donc, ça a été un petit peu difficile pour le Premier ministre groenlandais,
00:14:42mais qui nous disait qu'il fallait absolument que l'Europe bâtisse un récit européen,
00:14:49un récit européen qui embarque avec lui des partenariats renforcés avec le Canada,
00:14:56avec le Groenland, etc.
00:14:58Friedrich, comment est-ce que vous voyez ça ?
00:15:00Est-ce que vous avez le sentiment qu'aujourd'hui,
00:15:02un peu comme les entreprises subissent les chocs géopolitiques,
00:15:06on a aussi l'Europe qui subit des récits impériaux
00:15:10qui sont très bien rodés de la part de Vladimir Poutine, Xi Jinping, Donald Trump,
00:15:15et nous, on n'a pas encore notre récit en Europe ?
00:15:17Parfois, j'ai l'impression que l'Europe n'a pas encore compris
00:15:20dans quel danger nous sommes en ce moment
00:15:22et quelle importance c'est de tenir un corps ensemble
00:15:27et qu'on voit ce que se passe aux États-Unis, en Russie,
00:15:30dans les autres régions du monde.
00:15:31C'est vraiment urgent qu'on parle avec une voix et pas avec plusieurs.
00:15:37Et ce qu'on voit, par exemple, comment on réagit à la guerre commerciale avec la Chine,
00:15:42on voit des différences en Europe qui sont énormes
00:15:44et je pense qu'on n'a plus la masse de manœuvres d'avoir des discussions pour des mois et
00:15:49des mois.
00:15:50On doit trouver les moyens de décider plus rapidement.
00:15:54Peut-être que ce n'est pas possible à 27,
00:15:55peut-être qu'il faut trouver des autres formats pour des questions différentes,
00:15:59mais il faut trouver les moyens pour décider.
00:16:01Et je pense qu'on n'a pas encore compris qu'on a besoin de ça et c'est urgent.
00:16:07Frédéric, je reste avec vous parce que je crois que vous avez animé un panel aussi ici
00:16:10aux rencontres économiques d'Aix-en-Provence
00:16:14avec un autre enjeu majeur sur lequel on peut aussi nous phosphorer à notre tour.
00:16:18C'est celui de la réindustrialisation en Europe en général et en France en particulier.
00:16:24Peut-on espérer encore de réindustrialiser ?
00:16:30Quelle était la tonalité de votre panel et que disaient les intervenants avec des profils high level qui étaient autour
00:16:37de vous ?
00:16:37Alors les chiffres sont frappants.
00:16:39Quand on voit au début des années 2000, il y avait 16% de PIB qui étaient les manufacturiers,
00:16:47mais maintenant c'est 10%.
00:16:48Alors c'est vraiment une descente énorme.
00:16:51Mais ce qu'on voit en même temps qu'il y a des projets qui sont intéressants.
00:16:55Par exemple, j'étais à Dunkerque il y a quelques semaines pour la vallée de la batterie.
00:16:58À Marseille, il y a des choses qui se passent.
00:17:00On a des procédures de fast-track pour raccorder les projets industriels stratégiques au réseau.
00:17:06Alors il y a des choses qui se passent.
00:17:08Et ce que je trouvais intéressant avec les intervenants de mon panel,
00:17:12c'est qu'on était un peu d'accord qu'on a l'Europe à tous les atouts,
00:17:16mais on n'arrive pas encore à le mettre ensemble.
00:17:18Un exemple, il y a beaucoup de capital en Europe, mais c'est sur les dépôts.
00:17:22Alors il faut changer un peu ça.
00:17:23Et les marchés capitaux unis, c'est un des grands sujets qu'on a.
00:17:27Alors il y a beaucoup des atouts.
00:17:29On a la technologie, on a l'éducation, on a tout ça.
00:17:35Et on a aussi les capabilités de le faire, mais on ne met pas encore les cordes ensemble.
00:17:40Et je pense que ça, c'est un des tâches les plus importantes qu'il faut gérer maintenant.
00:17:45Et vous, Madoka, comment est-ce que vous voyez justement peut-être les atouts européens
00:17:51sur lesquels on a du mal à capitaliser à 27 ?
00:17:55Comment est-ce que vous observez ça ?
00:17:58Alors malheureusement, je pense que ça risque d'être encore plus difficile
00:18:03à partir de l'année prochaine, selon les résultats des présidentielles françaises.
00:18:08Parce que jusqu'à maintenant, on a bien vu que quand même, le président français était...
00:18:13Il était assez influenciant quand il fallait créer un consensus en Europe.
00:18:21Et ça risque de ne pas être à le cap.
00:18:24Peut-être que ce sera plus le rôle de l'Allemagne de le faire.
00:18:28Mais je pense qu'il n'y a vraiment pas de visibilité dans ce sens.
00:18:31Vous avez raison de le rappeler, Emmanuel Macron, quand il a commencé en 2017,
00:18:36lors de son premier mandat, il a fait son grand discours sur l'Europe de la Sorbonne.
00:18:40Et aujourd'hui, à la fin de son deuxième mandat, il y a beaucoup d'observateurs qui disent
00:18:44que finalement, c'est assez regrettable car c'est un discours où quelque part,
00:18:48il était assez visionnaire sur la souveraineté, l'appel à la souveraineté européenne,
00:18:52mais qui, une fois de plus, est restée lettre morte, Nicolas.
00:18:57Exactement.
00:18:58Et les relations franco-allemandes sont dans un état très difficile, c'est connu.
00:19:03Et s'il n'y a pas d'accord entre les deux premiers pays, c'est impossible d'avoir une
00:19:10Europe vraiment unie, forte.
00:19:12Juste, je veux ajouter deux choses.
00:19:15Au début du mandat du président Macron, il avait deux choses.
00:19:19Il avait des réformes sur le marché du travail et des réformes sur les impôts.
00:19:23Et ces deux choses ont été des conditions pour réindustrialiser la France et l'Europe.
00:19:31Maintenant, sur les deux choses, on n'a pas de progrès, pas de réformes.
00:19:34C'est pour ça que pour moi, ça ne marche jamais.
00:19:37Réindustrialiser sans attaquer la cotisation patronale, donc les charges sociales.
00:19:42Et après, si on ne baisse pas les impôts, c'est impossible d'avoir des investissements massifs.
00:19:47C'est ça. C'est-à-dire qu'avec vos lunettes de correspondants allemands, quand vous voyez un pays qui
00:19:51n'arrive pas en 10 ans à se mettre d'accord sur une réforme des retraites,
00:19:55à partir de là, il est hors jeu pour parler de réindustrialisation, c'est ça ?
00:20:03Réforme des retraites, oui, mais plein d'autres choses.
00:20:06Je parle d'un exemple de réforme structurelle.
00:20:08C'est un bon exemple, c'est devenu un symbole, et c'est vrai, c'est la mère des batailles,
00:20:13bien sûr.
00:20:14La mère des batailles.
00:20:14Pour revenir sur l'enjeu de la réindustrialisation, Maëline, est-ce que, voilà, il y avait, j'ai écouté aussi
00:20:20ce panel qui était passionnant autour de Friedrich Hoffmann tout à l'heure,
00:20:24il y avait une tonalité qui était quand même, je trouve, quand même assez positive, dans le sens, un diagnostic
00:20:30assez catastrophique, il faut le dire, mais des raisons d'espérer.
00:20:35Et est-ce que vous, en tant qu'acteur du renseignement économique, à la tête de Prisme Intelligence,
00:20:41qu'est-ce qui vous fait dire qu'aujourd'hui, l'Europe en général, et la France en particulier, ont
00:20:46assez d'atouts pour booster la réindustrialisation ?
00:20:51Alors moi, je ne suis pas d'accord, parce que moi, je pense que la France a une carte à
00:20:55jouer.
00:20:56Les patrons français, les patrons d'industrie français ont une carte à jouer.
00:20:59Ce n'est pas parce qu'on n'arrive pas à se décider sur nos réformes de retraite que la
00:21:02France ne peut pas se positionner sur la réindustrialisation,
00:21:04déjà de notre propre pays, et montrer l'exemple aussi pour l'Europe.
00:21:09Donc moi, j'y crois encore, le renseignement est un atout, est une clé, parce qu'il permet d'anticiper,
00:21:13de faire face à la menace,
00:21:14et aussi d'ouvrir un peu les écoutilles, de prendre de la hauteur de vue dans des décisions stratégiques.
00:21:18Donc c'est extrêmement important, le renseignement apporte cette capacité aux dirigeants de décider avec lucidité.
00:21:25Aujourd'hui, les dirigeants français ont cette capacité d'avancer, et de, bien sûr, évidemment,
00:21:30participé à la réindustrialisation de notre pays.
00:21:32Donc j'y crois, et je crois fortement à ce que la France en soit capable.
00:21:36J'ai l'impression, vous qui accompagnez aussi des dirigeants de PME,
00:21:40peut-être pour sécuriser leur environnement quand ils veulent investir et développer leur business,
00:21:46on va dire ça comme ça, j'ai l'impression qu'on a changé un peu de paradigme.
00:21:49C'est-à-dire qu'avant, pendant des décennies, c'est lié aussi à notre modèle de mondialisation,
00:21:55la priorité, c'était la compétitivité prix, et justement, les nouveaux risques géopolitiques
00:22:00font que la compétitivité prix arrive presque au second plan.
00:22:05Aujourd'hui, il faut sécuriser son environnement, garder différentes options dans sa manche,
00:22:10garder une capacité de décision, et que ça, ça devient presque plus important que la compétitivité prix.
00:22:17Est-ce que ça, c'est un diagnostic que vous partagez, ça ?
00:22:20Tout à fait, c'est un tournant majeur, parce que pendant plus de 30 ans,
00:22:24on était vraiment sur l'externalisation, sur une rentabilité, sur de la compétitivité,
00:22:28et aujourd'hui, en fait, on est sur une nouvelle ère, où les enjeux de souveraineté sont de plus en
00:22:32plus présents,
00:22:33et l'objectif aujourd'hui, c'est vraiment d'avoir une stratégie de résilience,
00:22:37et de faire en sorte qu'on maîtrise les risques qui pèsent sur les organisations,
00:22:42qu'on maîtrise nos interdépendances, qu'on essaie vraiment de faire front,
00:22:46et j'invite les entreprises françaises à faire front ensemble, chasser en meute.
00:22:51On veut chasser en meute au niveau européen, et je le comprends tout à fait,
00:22:55mais les entreprises françaises aussi doivent chasser en meute,
00:22:58entre elles se soutenir et avancer, malgré peut-être la politique qui peut ne pas être dans le bon sens.
00:23:03L'objectif, c'est vraiment de se dire, nous, on est sur le terrain dirigeant d'entreprise,
00:23:07on pilote des organisations, et on représente, bien évidemment, la France.
00:23:11Chasser en meute, j'ai souvent entendu ça dans le modèle d'exportation allemand,
00:23:15c'est ce qui faisait la force de vos ETI dans les landers,
00:23:20c'est qu'ils ont toujours chassé en meute, comme nous, on ne savait pas faire, Frédéric, peut-être.
00:23:25Je veux juste le pessimisme que Nicolas a mentionné.
00:23:29Le pessimisme ?
00:23:33Peut-être que tu as raison avec l'analyse,
00:23:36mais je crois que ce pessimisme, ça n'aide pas trop,
00:23:39parce que ce qu'on voit aussi avec toute cette pression qu'on a eue les derniers mois en Europe,
00:23:46l'Europe est capable d'agir.
00:23:48Il faut beaucoup de pression, malheureusement, mais l'Europe est capable d'agir.
00:23:52La réforme de retraite en France, oui, c'est une question très, très compliquée,
00:23:56mais ce qu'on a vu avec la guerre en Ukraine, ça a pris un peu de temps,
00:23:59mais l'Europe était capable d'agir ensemble,
00:24:01et aussi comme réaction au président Trump, l'Europe a réussi d'agir ensemble.
00:24:08Et je pense que c'est très important de garder un peu l'esprit qu'on peut changer des choses.
00:24:13Et je pense que nous avons un grand problème démocratique si on dit toujours « tout est perdu ».
00:24:17Et ça, je pense qu'il faut avoir cet esprit de créer et cet esprit d'avenir.
00:24:22Et ce que j'ai entendu le panel de Madoka, je trouvais intéressant,
00:24:26il y avait beaucoup de gens de la région d'Asie,
00:24:28et on a ressenti beaucoup plus d'optimisme et beaucoup plus d'envie d'avenir
00:24:32qu'on a parfois ici en Europe.
00:24:34Et je pense qu'il faut changer ça.
00:24:36C'est hyper intéressant ce que vous nous dites.
00:24:37Vous avez ressenti ça aussi, Madoka, lors de votre panel ?
00:24:40D'ailleurs, on y reviendra tout à l'heure dans la deuxième partie de l'émission,
00:24:42mais quand même, pour commencer à teaser un petit peu,
00:24:46cet optimisme qui vient de la région d'Asie,
00:24:49quelque part, ça reflète aussi ce qu'ont compris les Américains,
00:24:53peut-être bien avant nous en Europe,
00:24:54à savoir le pivot vers l'Indo-Pacifique.
00:24:56Barack Obama avait très bien compris ça.
00:24:59C'est là-bas que ça se passe maintenant, plus qu'en Europe.
00:25:01Oui, c'est vrai qu'il y a une grande partie de mes panélistes
00:25:06qui venaient de l'Asie du Sud-Est,
00:25:07et je pense que c'est pour ça que,
00:25:09des fois, leurs défis sont plus sérieux
00:25:13que ce qu'on constate en Europe,
00:25:15mais ils ont quand même confiance
00:25:17qu'ils sont en pleine croissance,
00:25:20qu'il y aura un meilleur avenir
00:25:22si on fait l'effort, et c'est peut-être quelque chose
00:25:25qui manque en Europe.
00:25:26D'accord, un peu plus d'effort et un peu plus de confiance.
00:25:29En tout cas, si on veut espérer un peu plus
00:25:31de réindustrialisation,
00:25:33moi, j'ai quelque part envie de dire merci au Japon,
00:25:36parce qu'on a eu, il y a quelques semaines,
00:25:38peut-être une annonce qui était une des plus spectaculaires
00:25:41de ces 20 dernières années d'investissement.
00:25:43C'était lors du sommet Choose France à Versailles.
00:25:46Vous y étiez sur place, Madoka ?
00:25:47Je n'étais pas à Choose France,
00:25:49mais j'étais à la conférence de presse de M. Resson
00:25:52et au président Macron.
00:25:53J'ai eu l'occasion aussi d'interviewer M. Resson.
00:25:57Alors, expliquez-nous,
00:25:59parce que c'était le président de Softbank
00:26:02qui a investi pas loin de 80 milliards d'euros
00:26:06dans des data centers en France.
00:26:09Oui, alors, on a demandé pourquoi en France.
00:26:12Donc, il a répondu qu'il a été convaincu par le président
00:26:16qu'il y a une abondance d'électricité,
00:26:18ce qui est vraiment important, essentiel pour les data centers.
00:26:21Il avait déjà annoncé un grand plan d'investissement
00:26:26aux Etats-Unis et maintenant, il voulait investir aussi en Europe.
00:26:29Et c'est ainsi qu'en fait, maintenant,
00:26:31la France exporte l'électricité aux pays hauteurs,
00:26:34mais avec les data centers,
00:26:36on peut exporter data vers les Etats-Unis
00:26:40pendant la nuit, quand il fait nuit.
00:26:42en Europe.
00:26:43C'est ça, c'est-à-dire qu'un des grands atouts
00:26:46de la France, pour le coup,
00:26:47c'est l'atout énergétique.
00:26:49Oui, exactement.
00:26:50D'accord.
00:26:50Est-ce que ça, c'est quelque chose que vous voyez aussi,
00:26:52vous qui êtes dans le renseignement économique,
00:26:54justement, la solution de décarbonation
00:26:58ou de l'électricité abondante ?
00:27:01Enfin, je sais que ça a été un facteur décisif
00:27:03pour que SoftBank dise, OK, je mets 75 milliards.
00:27:07C'est-à-dire qu'on peut raccorder très vite
00:27:09n'importe quelle centrale pour des projets au débit
00:27:12et on ne perd pas trop de temps.
00:27:14Ce que je comprends par là,
00:27:15c'est qu'il est extrêmement important pour la France
00:27:18de protéger ce qui est stratégique
00:27:19et ce qui séduit l'international.
00:27:22Notre patrimoine, finalement,
00:27:23il faut le protéger.
00:27:24Le renseignement permet vraiment de protéger.
00:27:27Et aujourd'hui, on doit se préserver
00:27:28ce qui attire justement ce genre de contrat
00:27:32et d'investissement.
00:27:34Dernier point, peut-être aussi sur les espoirs,
00:27:36sur les raisons d'espérer une réindustrialisation.
00:27:39Est-ce que ce débat, il est cette question aujourd'hui,
00:27:44comment est-ce qu'on la vit en Allemagne ?
00:27:45Parce que je sais qu'il y a une crise existentielle
00:27:48que traversent de grands noms industriels allemands
00:27:50qui font la grande force de l'Allemagne et de l'Europe.
00:27:55Aujourd'hui, est-ce qu'on a le blues
00:27:57ou est-ce qu'on a encore la foi ?
00:28:04La crise est une réalité,
00:28:06la crise industrielle de notre secteur clé, l'auto.
00:28:09Ça explique peut-être mon point de vue
00:28:11qui a été qualifié comme pessimiste.
00:28:14C'est super, c'est super.
00:28:16Mais au contraire, vous nous faites réagir, Nicolas.
00:28:18Vous êtes là pour ça.
00:28:19Alors, il y a un slogan d'une chaîne télé
00:28:21qui est très connue,
00:28:22la France a tout pour réussir.
00:28:23Non, je veux dire l'Europe.
00:28:24C'est un de nos programmes phares sur BFM.
00:28:26L'Europe a tout pour réussir,
00:28:29y compris l'Allemagne.
00:28:30Et c'est vrai, il y a des atouts partout.
00:28:31Et j'ai beaucoup d'espoir quand même.
00:28:34C'est quoi ?
00:28:34Alors, c'est quoi les chiffres de croissance ?
00:28:36Maintenant, on parle de 0,5 %.
00:28:38Ça ne suffit pas pour financer notre système,
00:28:42pour financer nos retraites, etc.
00:28:44Donc, il faut faire plus.
00:28:45Il ne faut pas se reposer.
00:28:47Et sur cet investissement de Softbank avec Schneider,
00:28:50c'est génial.
00:28:51C'est un bon exemple qu'il y a encore l'espoir.
00:28:53C'est justifié.
00:28:54Après, combien de jobs, combien d'emplois sont créés ?
00:28:58Pas assez.
00:28:58Et c'est dommage qu'il n'y a pas encore d'autres investissements
00:29:02qui créent beaucoup, beaucoup plus de jobs.
00:29:05Allez, je lance un défi à tous mes experts sans frontières.
00:29:07Dans la deuxième partie de l'émission,
00:29:08on va essayer de donner quelques arguments
00:29:10pour rendre Nicolas un peu plus optimiste.
00:29:12Sur la réindustrialisation,
00:29:14on marque une courte pause.
00:29:15On se retrouve juste après
00:29:15dans les experts sans frontières spéciales
00:29:17des localisations depuis les rencontres économiques
00:29:20d'Aix-en-Provence.
00:29:21A tout de suite.
00:29:25BFM Business présente
00:29:30Les experts sans frontières.
00:29:34Mathieu Jolivet.
00:29:39Bienvenue si vous nous retrouvez dans les experts sans frontières.
00:29:42Nous sommes en direct depuis notre studio BFM Business
00:29:44délocalisé aux rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
00:29:47Autour de moi, Madoka Kitamatsu,
00:29:49chef du bureau du Nikkei à Paris et à Genève.
00:29:52Friedrich Hoffmann, correspondante du Handelsblatt en France.
00:29:55Nicolas Zabogi, correspondante de la
00:29:57Frankfurter Allgemeine Zeitung en France.
00:30:00Et puis Maëline Camus, présidente de Prisme Intelligence
00:30:03et ex-agent de la DGSE, spécialiste du renseignement économique.
00:30:08On parlait des raisons d'espérer pour réindustrialiser en France.
00:30:14Et aussi, qu'est-ce qu'il faut faire pour que l'Europe
00:30:18arrive à naviguer dans ce monde de plus en plus instable ?
00:30:21Comment l'Europe peut trouver sa boussole ?
00:30:25Moi, j'ai toujours grandi, Nicolas,
00:30:27avec au-dessus de moi l'ombre du couple franco-allemand.
00:30:31Aujourd'hui, je ne le sens plus, je ne le vois plus.
00:30:33Est-ce que ça doit repasser par là ?
00:30:35Et est-ce qu'on ne le voit plus, on ne le sent plus, selon vous ?
00:30:39Non, ce couple existe toujours.
00:30:41C'est toujours un mariage, mais c'est un mariage où on peut veiller.
00:30:45Maintenant, on a une crise dans ce mariage, dans ce couple.
00:30:48Malheureusement, déjà, pendant des années,
00:30:50tout le monde a pensé qu'avec Merz,
00:30:52avec Merz, ça va aller.
00:30:55Et au début, il avait d'espoir.
00:30:57Maintenant, c'est devenu compliqué,
00:30:59notamment pour des raisons que les coopérations industrielles
00:31:02dans la défense ne fonctionnent pas comme prévu.
00:31:05C'est ça.
00:31:05Et donc là, ce qu'on a en tête, c'est forcément le SCAF.
00:31:10C'est quoi votre lecture, vous ?
00:31:11Qu'est-ce qui a échoué dans le SCAF ?
00:31:13Parce que je sais que si on regarde au niveau des motoristes,
00:31:16par exemple, Safran, lui, il a très bien réussi à s'entendre
00:31:20avec ses homologues allemands.
00:31:21Après, au niveau d'Airbus, ça devenait un peu plus compliqué.
00:31:24Et de Dassault, je crois que ça devenait un peu plus compliqué.
00:31:27Tout à fait.
00:31:28Alors, premier point, projet, méga projet politique,
00:31:31politisé, trop long.
00:31:34Alors, déjà, 2017, on a discuté ce projet.
00:31:38Maintenant, avec la crise en Ukraine,
00:31:40beaucoup de choses ont changé.
00:31:42Après, très politisé aussi.
00:31:44Il y a de bons exemples dans la coopération industrielle
00:31:47s'il n'y a pas de politique dedans.
00:31:49Mais là, c'est devenu très politisé.
00:31:51Et troisième point, bien sûr, c'est aussi la complexité
00:31:54d'avoir une coopération entre une entreprise familiale d'Assault
00:32:00et ce Tonker, ce géant Airbus.
00:32:04Et en plus, peut-être aussi Laïmane,
00:32:07qui a maintenant trop d'argent
00:32:08et pense parfois qu'elle peut faire tout soi-même.
00:32:12Maëline Camus, cet exemple du SCAF
00:32:15et de la coopération industrielle franco-allemande,
00:32:19elle est assez intéressante quand on le regarde
00:32:20avec le prisme du renseignement économique.
00:32:23Parce que là, on est sur un cas d'école assez particulier
00:32:25où d'un côté, vous nous en parliez tout à l'heure,
00:32:27de chasser en meute, de l'union fait la force
00:32:30ou l'Europe doit résister dans ce monde des empires, etc.
00:32:33Donc, au niveau industriel, l'union fait la force.
00:32:35Et en même temps, quand on regarde l'exemple du SCAF
00:32:37et de la coopération industrielle,
00:32:39on est sur un exemple où si, finalement,
00:32:40chacun essaye de garder son précaré,
00:32:45essaye de protéger sa brique technologique,
00:32:47si on continue à raisonner comme ça,
00:32:49l'union ne fera pas la force.
00:32:52Malheureusement, comme il a été dit, c'est très politique.
00:32:55Il y a beaucoup de lourdeur.
00:32:57Et c'est ça, maintenant, il faut prendre de la hauteur de vue,
00:32:59du recul pour essayer de voir comment des alliances peuvent naître.
00:33:02Il y a des égaux à mettre de côté.
00:33:04Essayer de trouver un chemin dans cette difficulté,
00:33:08dans cette crise.
00:33:08On est dans une crise de mariage.
00:33:10Et c'est aussi à nous, puisqu'on est aussi une partie,
00:33:13à trouver un point moyen pour essayer de faire en sorte
00:33:16que le mariage dure malgré la crise.
00:33:18Oui, et en même temps, je crois que, Frédéric,
00:33:20vous m'aviez déjà repris à l'antenne,
00:33:22vous n'aimez pas qu'on parle de couple franco-allemand.
00:33:25Oui, j'ai fait ça.
00:33:27C'est très émotionnel.
00:33:29Il faut factualiser un peu.
00:33:30Vous avez peut-être raison un jour.
00:33:32Arrêtez, je crois qu'il n'y a que les Français
00:33:34qui parlent de couple franco-allemand.
00:33:35Oui, en Allemagne, c'est plutôt le moteur franco-allemand.
00:33:38Le moteur, ok.
00:33:40Partons, restons sur le moteur.
00:33:44En même temps, on voit bien que là, sur les moteurs,
00:33:46même sur les moteurs, on ne veut pas bosser ensemble.
00:33:48Oui, c'est ça.
00:33:49Même si le moteur, le scaf, ça marchait assez bien.
00:33:52Oui, oui, son scaf, ça marchait bien.
00:33:53Non, mais après, plus sérieusement,
00:33:55est-ce qu'il y a des raisons d'espérer, selon vous,
00:34:00d'une coopération industrielle renforcée
00:34:02entre la France et l'Allemagne
00:34:03qui redevienne ce moteur
00:34:05qu'elle était ces dernières décennies en Europe ?
00:34:08Alors, je crois qu'il faut vraiment mieux intégrer ces projets.
00:34:12On a un peu vu que nous étions prises en otage
00:34:15par un conflit industriel.
00:34:17Et toute l'Europe était prise en otage
00:34:18par ce conflit industriel.
00:34:20Et malheureusement, il n'y avait pas assez de leadership
00:34:22des côtés de chanceliers allemands
00:34:24et de présidents français
00:34:25de résoudre cette situation.
00:34:27Et je pense qu'il y avait des années
00:34:29où il y avait des conflits.
00:34:31En 2021, c'était juste avant l'échec.
00:34:33Alors, ce n'est pas que l'échec est venu il y a quelques mois.
00:34:37Non, c'était un problème depuis des années.
00:34:39Et on n'a pas vraiment réussi
00:34:40de trouver des compromis
00:34:42ou peut-être dire
00:34:43« Ok, on va arrêter ce projet ».
00:34:45Et ce qu'on voit,
00:34:46on discute souvent d'Airbus
00:34:48et l'exemple d'Airbus
00:34:49et peut-être faire un Airbus
00:34:51de sémiconducteur,
00:34:53un Airbus de l'intelligence artificielle.
00:34:56Comment on peut trouver
00:34:58des formes industrielles
00:35:00bien intégrées
00:35:01pour vraiment travailler ensemble ?
00:35:03Parce que je crois juste
00:35:03avec la volonté politique,
00:35:06ça ne marche pas.
00:35:06Il faut convaincre les industriels
00:35:09de vraiment s'intégrer
00:35:10et vraiment avoir un objectif ensemble.
00:35:13Et juste un objectif politique,
00:35:15ça n'aide pas.
00:35:16Ce n'est pas assez.
00:35:16Je sais qu'à l'Elysée,
00:35:17il y a un concept
00:35:18qui était très en vogue cette année
00:35:19qui est celui de « best athlète ».
00:35:21C'est-à-dire qu'on prend en Europe,
00:35:22on regarde sur les fabrications
00:35:25de tels boulons
00:35:25qui est le meilleur en Europe,
00:35:27et c'est lui qui va être leader
00:35:29pour fabriquer les boulons.
00:35:30J'invente,
00:35:31mais l'idée du best athlète
00:35:32qui marche dans le sport,
00:35:34dans les équipes sportives,
00:35:36l'appliquer à nos industriels
00:35:38en Europe.
00:35:38Je crois que ça serait mieux
00:35:39de jouer en équipe.
00:35:40Il peut être un meilleur athlète,
00:35:42oui,
00:35:42ou le best athlète,
00:35:44ce n'est pas la question,
00:35:44mais il faut jouer en équipe.
00:35:46Et aussi, peut-être,
00:35:47la France doit aussi apprendre
00:35:49un peu de jouer en équipe
00:35:51avec les autres.
00:35:52Et avec le SCAF,
00:35:53malheureusement,
00:35:53peut-être que c'était l'exemple
00:35:54de cette entreprise.
00:35:55Peut-être que DASO
00:35:56a été un peu trop solo.
00:35:57D'accord,
00:35:58on a compris.
00:35:59On a compris.
00:36:00Et vous, Madoka,
00:36:01comment est-ce que vous regardez ça,
00:36:02la difficulté avec vos lunettes
00:36:05de chef du bureau de Nikkei,
00:36:08peut-être le plus grand quotidien
00:36:10économique au monde,
00:36:11japonais.
00:36:13Comment est-ce que vous regardez
00:36:15cette difficulté européenne
00:36:17à nouer des alliances industrielles ?
00:36:20Alors, c'est vrai que c'est vraiment
00:36:23cette difficulté d'être à côté
00:36:25de l'un de l'autre.
00:36:26Vous ne pouvez pas vous séparer
00:36:28parce qu'on ne peut pas bouger des pays.
00:36:29Mais il faut aussi ne pas oublier
00:36:31que c'est un élément très positif
00:36:35qu'il y a un partenaire si puissant
00:36:37juste à côté
00:36:38et qu'il y a des moyens de coopération.
00:36:40Parce que ce n'est pas quelque chose
00:36:41qu'on a forcément en Asie.
00:36:43On est un peu plus divers.
00:36:45Enfin, on n'a pas une union asiatique.
00:36:47Ça ne va jamais arriver.
00:36:48Mais ce n'est pas le cas en Europe.
00:36:50C'est pour ça qu'on peut parler
00:36:51du troisième pôle mondial
00:36:54après les Etats-Unis,
00:36:55la Chine et puis l'Europe.
00:36:57Mais si collectivement,
00:36:59vous n'allez pas faire des projets ensemble,
00:37:02ce ne serait pas le troisième pôle.
00:37:03Ce sera juste des petits pays européens
00:37:06qui ne sont pas très bien coordonnés.
00:37:08C'est intéressant la question que vous soulevez
00:37:10parce que vous dites
00:37:10qu'il n'y a pas d'union asiatique
00:37:13comme on essaye de faire en Europe.
00:37:14Et en même temps,
00:37:15est-ce que ce n'est pas un mouvement
00:37:16qui commence un peu à apparaître
00:37:19autour de Xi Jinping,
00:37:21autour de la Chine ?
00:37:22Alors ça,
00:37:24est-ce qu'on peut appeler ça
00:37:25comme une union ?
00:37:27Parce que je pense que la Chine
00:37:29est tellement puissante
00:37:30comparée aux autres pays.
00:37:31Je pense que
00:37:32ce sera beaucoup moins
00:37:35un système égalitaire
00:37:36comme l'Union européenne.
00:37:38Il y a aussi...
00:37:39Le niveau de développement
00:37:40est très différent
00:37:41selon le pays en Asie.
00:37:43et on ne partage pas
00:37:45les mêmes langues,
00:37:46on ne partage pas
00:37:46les mêmes cultures.
00:37:47Donc je pense que nous,
00:37:49en Asie,
00:37:50on cherche plutôt
00:37:52à multiplier des voies
00:37:53de coopération bilatérale
00:37:55ou multilatérale.
00:37:56Et ce sera comme ça
00:37:57qu'on ne va pas être unis
00:37:59en une Asie.
00:38:01Il y a un autre sujet
00:38:02pour rester sur les relations
00:38:04franco-allemandes
00:38:05qui n'est pas un petit sujet.
00:38:07On voit,
00:38:08Nicolas,
00:38:09que la doctrine
00:38:12de dissuasion nucléaire
00:38:14est quelque chose...
00:38:17Le président de la République
00:38:18s'est emparé du sujet.
00:38:20C'est assez rare.
00:38:20La dernière fois
00:38:21qu'il en avait parlé,
00:38:22c'était en 2020.
00:38:23Là, il en a parlé
00:38:24il y a quelques mois
00:38:25à l'Île-Longue,
00:38:26base des sous-marins
00:38:27lanceurs d'engins.
00:38:28L'idée étant
00:38:29que le parapluie sécuritaire
00:38:32américain
00:38:32est en train de se refermer
00:38:33doucement en Europe,
00:38:35sous l'air Trump.
00:38:36Et donc,
00:38:37qu'est-ce qu'on fait ?
00:38:38Est-ce que la France,
00:38:39seule puissance nucléaire
00:38:40dans l'Union européenne,
00:38:42peut quelque part
00:38:43pallier l'absence
00:38:45des Américains ?
00:38:47Il lance un peu cette perche,
00:38:49Emmanuel Macron,
00:38:50en disant
00:38:50qu'on peut réfléchir ensemble
00:38:52à une dissuasion
00:38:54avancée ou élargie.
00:38:57comment est perçue
00:38:59cette question
00:39:00en Allemagne ?
00:39:02C'est perçu
00:39:03grossobre
00:39:04comme positif
00:39:05que la France
00:39:06est prête
00:39:07à discuter.
00:39:08Alors,
00:39:08on est bien sûr
00:39:09loin
00:39:10d'un vrai accord
00:39:13sur cette question-là.
00:39:14Mais bien sûr,
00:39:15c'est quelque chose
00:39:16de positif.
00:39:17Et c'est aussi là,
00:39:18c'est un bon exemple
00:39:19qui montre
00:39:20dans quel état
00:39:21l'Europe se trouve
00:39:21et notamment
00:39:22l'Allemagne
00:39:23au cœur de l'Europe
00:39:24sans dissuasion nucléaire
00:39:25elle-même
00:39:26parce qu'il y a
00:39:28non seulement
00:39:29cette menace russe
00:39:30mais aussi
00:39:32les Américains
00:39:32qui se reculent.
00:39:34Donc,
00:39:34il y a ces deux choses
00:39:35ensemble
00:39:35et ça explique aussi,
00:39:37c'est aussi quelque chose
00:39:38qui, je veux dire,
00:39:39essaie aussi
00:39:40d'expliquer aux Français
00:39:41toujours,
00:39:42faire un peu
00:39:42de la pédagogie.
00:39:43l'Allemagne est vraiment
00:39:44dans un état
00:39:44hyper, hyper menacé.
00:39:46Ils se sont menacés.
00:39:47C'est pour ça
00:39:47qu'on lance ces milliards
00:39:48et c'est aussi pour ça
00:39:49qu'on veut maintenant
00:39:50prioriser aussi
00:39:51des projets industriels
00:39:52dans la défense
00:39:53plutôt court-termiste
00:39:54parce qu'il faut
00:39:55des solutions
00:39:55vraiment d'ici 2029.
00:39:57Et ce que,
00:39:58juste pour ajouter,
00:40:00ce que j'entends ici
00:40:01souvent des PDG
00:40:03mais aussi avec
00:40:04des hommes politiques
00:40:05que je discute,
00:40:06la peur
00:40:07que l'Allemagne
00:40:08fait maintenant
00:40:09son propre truc
00:40:10et ne plus faire
00:40:11les choses ensemble.
00:40:12Nicolas a mentionné
00:40:13les sommes énormes
00:40:14qui sont investies
00:40:15dans la défense
00:40:16mais aussi dans
00:40:16l'infrastructure
00:40:17en Allemagne.
00:40:18Et là,
00:40:19on voit par exemple
00:40:19avec la constellation
00:40:20satellite allemande
00:40:22qui va être
00:40:23un peu en concurrence
00:40:24du projet européen
00:40:26Iris Square.
00:40:27Je crois qu'il y a
00:40:28un budget des monstres
00:40:29de 400 milliards
00:40:30je crois sur la défense
00:40:31qui a été...
00:40:33et je pense
00:40:35que c'est maintenant
00:40:36aussi un moment crucial
00:40:37aussi montré
00:40:38du côté allemand
00:40:40qu'on veut aussi
00:40:41travailler ensemble
00:40:42et pas dire
00:40:43si maintenant
00:40:44beaucoup d'argent
00:40:45on va faire
00:40:46comme sans les autres
00:40:47et je pense
00:40:47que ça c'est vraiment
00:40:48crucial.
00:40:52Dernier point
00:40:52sur l'Allemagne
00:40:53je voulais en profiter
00:40:54comme on est aussi
00:40:55avec Maëline
00:40:56qui est dans
00:40:56le renseignement économique
00:40:58je ne sais pas
00:40:59d'ailleurs
00:40:59si vous avez des éclairages
00:41:00à nous apporter
00:41:00ou pas là-dessus
00:41:01ou si ça fait écho
00:41:02à ce que vous pouvez
00:41:02voir en France
00:41:03mais je sais
00:41:03on en avait déjà
00:41:04parlé un peu ensemble
00:41:05l'Allemagne
00:41:05qui est plus exposée
00:41:07que la France
00:41:08à la guerre hybride
00:41:09que mènent
00:41:10les Russes
00:41:11en Europe
00:41:11et notamment
00:41:12j'ai cru comprendre
00:41:13qu'ils avaient
00:41:13des opérations
00:41:14notamment
00:41:15de déstabilisation
00:41:17mais opérationnelle
00:41:18pas que cyber
00:41:19qui visait
00:41:20beaucoup d'industriels
00:41:21en Allemagne
00:41:23Est-ce que
00:41:24cette nouvelle menace
00:41:26cette nouvelle guerre hybride
00:41:27notamment
00:41:27que mènent
00:41:28les Russes
00:41:29en Europe
00:41:30c'est quelque chose
00:41:32dont le tissu
00:41:34industriel français
00:41:35doit prendre en compte
00:41:36se méfier
00:41:37s'armer
00:41:37dès aujourd'hui
00:41:38et est-ce qu'ils le font déjà ?
00:41:39C'est extrêmement important
00:41:41l'Allemagne
00:41:41ce qu'elle fait
00:41:42c'est qu'elle constate
00:41:43des menaces
00:41:44qui existent
00:41:44et elle en parle
00:41:45et elle prend des décisions
00:41:46sur ces menaces
00:41:47il est grand temps
00:41:48aujourd'hui
00:41:48que la France
00:41:50fasse de même
00:41:50pourquoi ?
00:41:51parce qu'en fait
00:41:51les menaces
00:41:52elles ne s'arrêtent pas
00:41:52aux frontières
00:41:52ce n'est pas que l'Allemagne
00:41:54qui est visée
00:41:55c'est l'ensemble
00:41:56de l'économie
00:41:57et les entreprises françaises
00:41:58font aussi face
00:41:59à cette guerre économique
00:42:00à des menaces hybrides
00:42:01complexes
00:42:02qu'importe d'où elles viennent
00:42:03en tout cas
00:42:04elles menacent aussi
00:42:05les organisations françaises
00:42:06et il est temps
00:42:06aujourd'hui
00:42:07un
00:42:08de s'en rendre compte
00:42:09de ouvrir les écoutilles
00:42:11et enfin de constater
00:42:12qu'effectivement
00:42:12on est soumis
00:42:14à cette menace
00:42:15et qu'on est dans un contexte
00:42:16de guerre économique
00:42:17et deux
00:42:18de prendre des mesures
00:42:19pour se protéger
00:42:20pour se sensibiliser
00:42:21pour se former
00:42:22et finalement
00:42:23faire comme les Allemands
00:42:24mais agir
00:42:25agir
00:42:25c'est ça
00:42:26parce que je sais
00:42:27qu'en Allemagne
00:42:28le patron de RideMetal
00:42:30par exemple
00:42:30était visé un moment
00:42:31sa personne
00:42:32était visée physiquement
00:42:33par les services russes
00:42:35je sais qu'il y a
00:42:35beaucoup de sections
00:42:36de câbles
00:42:36et d'entreprises
00:42:38d'infrastructures énergétiques
00:42:39qu'on renforce
00:42:40en Allemagne
00:42:41voilà
00:42:41c'est ce type de mesures
00:42:42qu'il faudrait prendre
00:42:42chez nous aussi
00:42:43alors il y a aussi
00:42:44quand ça concerne
00:42:45une menace étatique
00:42:47les services de renseignement
00:42:48étatique
00:42:48se positionnent dessus
00:42:49et font preuve de discrétion
00:42:50par rapport à ce qu'ils constatent
00:42:52donc c'est pas étonnant
00:42:53qu'on ne soit pas au courant de tout
00:42:54moi je parle des entreprises françaises
00:42:56donc des organisations privées
00:42:58qui elles font aussi face
00:42:59et elles ont aussi le droit
00:43:00de savoir
00:43:01à quel type de menace
00:43:02elles font face
00:43:03c'est extrêmement important
00:43:04pour pouvoir se protéger
00:43:04de quoi on se protège aujourd'hui
00:43:06donc il faut faire la différence
00:43:07entre une menace étatique
00:43:10contre un état
00:43:11et une menace
00:43:12contre des organisations privées
00:43:13en tout cas faire le diagnostic
00:43:15d'un monde de plus en plus brutal
00:43:17de plus en plus instable
00:43:18c'est ce qui se passe ici
00:43:19pendant trois jours
00:43:20aux rencontres économiques
00:43:21d'Aix-en-Provence
00:43:22où nous avons notre plateau
00:43:23délocalisé
00:43:24et où j'ai le plaisir
00:43:25d'accueillir tous mes experts
00:43:26sans frontières
00:43:27vous avez aussi modéré
00:43:28et animé une table ronde ici
00:43:31Madoka Kitamatsu
00:43:32qui était passionnante aussi
00:43:34autour des enjeux démographiques
00:43:36et de la croissance
00:43:38ou de l'hyper croissance
00:43:40et de l'hyper fragilité
00:43:41des pays asiatiques
00:43:42c'est ça ?
00:43:43oui oui
00:43:43alors j'avais la ministre
00:43:45des affaires féminines
00:43:48du Cambodge
00:43:49qui m'a expliqué
00:43:50qu'en fait
00:43:51il y a
00:43:52excuse-moi
00:43:53parce que c'est l'intitulé
00:43:54il y a une ministre
00:43:56des affaires
00:43:56des affaires féminines
00:43:57des affaires féminines
00:43:58au Cambodge
00:43:59d'accord
00:43:59elle m'a expliqué
00:44:00qu'en fait
00:44:01il y a de nouveaux critiques
00:44:03envers les femmes
00:44:04et les femmes
00:44:05qui aspirent
00:44:06des voies professionnelles
00:44:09parce que la natalité
00:44:10est en train de baisser
00:44:11dans son pays
00:44:12et donc on dit
00:44:14que ce sont des femmes
00:44:16qui sont responsables
00:44:17parce qu'elles préfèrent
00:44:20choisir autre chose
00:44:21qu'avoir des enfants
00:44:22dans la vie
00:44:23et je pense que
00:44:24on a
00:44:25le problème est commun
00:44:27entre l'Europe et l'Asie
00:44:28on constate qu'il y a
00:44:30moins d'enfants
00:44:31mais je pense que
00:44:32l'approche est différente
00:44:33et en Asie
00:44:35on a un peu
00:44:37une tendance
00:44:38c'est pareil au Japon
00:44:39de renvoyer
00:44:40la responsabilité
00:44:40vers les femmes
00:44:41qui n'est pas du tout
00:44:43ça ne résolue pas du tout
00:44:44le problème
00:44:45et je trouve
00:44:46qu'en France
00:44:47par contre
00:44:47on n'en parle pas assez
00:44:51c'est vous qui me faites
00:44:54découvrir
00:44:55ce courant
00:44:56anti-carriériste
00:44:57chez les femmes
00:44:58au Cambodge
00:44:59qui serait responsable
00:45:00d'une démographie
00:45:02qui stagne
00:45:02oui
00:45:03moi je ne savais pas
00:45:04non plus
00:45:04mais ça se comprend
00:45:06je pense qu'au Japon
00:45:07aussi
00:45:07peut-être moi maintenant
00:45:09mais
00:45:10il y a quelques ans
00:45:11peut-être 10 ans
00:45:1215 ans
00:45:13on entendait
00:45:14le même type
00:45:15de discours
00:45:15et alors
00:45:17ce qui est intéressant
00:45:17parce que si on élargit
00:45:18un peu la focale
00:45:20c'est vrai qu'on a
00:45:21peut-être en Europe
00:45:22tendance à se dire
00:45:23que la croissance démographique
00:45:25elle se fait en Asie
00:45:26un peu partout en Asie
00:45:27en fait non
00:45:28il y a quand même
00:45:28un mouvement
00:45:29qui a commencé
00:45:29à stagner
00:45:31voire à régresser
00:45:33aussi en Asie
00:45:35le monde entier
00:45:36fait moins de bébés
00:45:37et l'Asie
00:45:39n'échappe pas
00:45:40à cette règle
00:45:40oui
00:45:40je pense que
00:45:41c'est une tendance
00:45:42naturelle
00:45:43avec la croissance
00:45:45économique
00:45:45et le niveau
00:45:47de vie qui est meilleur
00:45:48on fait moins d'enfants
00:45:49donc ça
00:45:50on ne peut pas
00:45:51vraiment éviter
00:45:52cette conséquence
00:45:54donc la question
00:45:55c'est comment
00:45:57comment rassurer
00:45:59les jeunes générations
00:46:01que c'est pas
00:46:03une catastrophe
00:46:04de faire des enfants
00:46:05avoir une famille
00:46:06donc l'option est là
00:46:08personne
00:46:09empêche les jeunes
00:46:11personne
00:46:12va forcer les jeunes
00:46:13d'avoir des enfants
00:46:15et ce défi
00:46:17ce défi
00:46:19démographique
00:46:19comment est-ce
00:46:20qu'il est abordé
00:46:21au Japon
00:46:21alors au Japon
00:46:23on a
00:46:24donc le Japon
00:46:25je pense que
00:46:26c'est vraiment
00:46:26un cas
00:46:28qui devrait être
00:46:29étudié
00:46:29parce que j'ai l'impression
00:46:30qu'on a réagi
00:46:32vraiment trop tard
00:46:33c'est à dire
00:46:34que la baisse de naissance
00:46:36a commencé
00:46:37je pense qu'il y a
00:46:3820 ans
00:46:3930 ans
00:46:40et du coup
00:46:40on a vraiment
00:46:42le nombre
00:46:43absolu
00:46:43de femmes
00:46:45qui est là
00:46:46au Japon
00:46:47qui ont l'âge
00:46:50d'avoir des enfants
00:46:51on n'en a pas assez
00:46:52pour pouvoir
00:46:53arrêter
00:46:54la baisse
00:46:55de population
00:46:57donc on a une Asie
00:46:58on voit qui stagne
00:46:59alors il y a des pays
00:47:00quand même
00:47:01il y avait un rapport
00:47:02de la Banque mondiale
00:47:03passionnant
00:47:03publié cette année
00:47:04qui nous montre
00:47:05je crois
00:47:06qu'à l'horizon
00:47:072040 ou 2050
00:47:08toute la croissance
00:47:09démographique mondiale
00:47:11sera portée
00:47:11par uniquement
00:47:127 pays
00:47:137 pays dans le monde
00:47:14dont l'Indonésie
00:47:15et tout l'enjeu
00:47:16de ce que j'ai compris
00:47:17tout l'enjeu
00:47:17pour ces pays
00:47:18était de faire tapis
00:47:19et justement
00:47:20au niveau budgétaire
00:47:21d'investir dans l'éducation
00:47:22parce que soit c'est ça
00:47:23et c'est la rampe de lancement
00:47:25et il décolle
00:47:26soit c'est la mort
00:47:27donc c'est vraiment
00:47:28tout l'enjeu
00:47:28pour ces pays
00:47:29indonésiens en tête
00:47:29vu d'Europe
00:47:31Maéline Camus
00:47:32ce défi démographique
00:47:33il se voit aussi
00:47:35dans le tissu
00:47:35dans le tissu
00:47:39démographique
00:47:40dans le tissu
00:47:40des entreprises
00:47:41quand on parle
00:47:42d'une Europe
00:47:42vieillissante
00:47:43est-ce que vous
00:47:44vous le voyez
00:47:44à travers les entreprises
00:47:45que vous accompagnez ?
00:47:47Oui et je dirais même
00:47:48une France vieillissante
00:47:49et aujourd'hui
00:47:50ça pose vraiment
00:47:51un problème
00:47:51notamment une vulnérabilité
00:47:53vers les entreprises
00:47:54familiales
00:47:54aujourd'hui
00:47:55on a environ
00:47:5783%
00:47:58des entreprises françaises
00:47:59qui sont familiales
00:47:59ça représente
00:48:00en moyenne
00:48:0150 à 60%
00:48:02du PIB
00:48:03et ces entreprises
00:48:04familiales
00:48:04elles doivent
00:48:05absolument
00:48:07anticiper
00:48:07cette transmission
00:48:08la transmission
00:48:09des sociétés
00:48:10parce que sinon
00:48:10on ouvre les portes
00:48:12à des vulnérabilités
00:48:13de captation
00:48:14de difficultés
00:48:14je vous raconte
00:48:15l'histoire d'un dirigeant
00:48:16qui s'est retrouvé
00:48:17son papa est malheureusement
00:48:19décédé
00:48:20et la transmission
00:48:20n'avait pas été préparée
00:48:22sur l'entreprise
00:48:22aujourd'hui la société
00:48:23est en difficulté
00:48:25elle est en difficulté
00:48:25parce qu'elle a des difficultés
00:48:26à prendre des décisions
00:48:27elle a des difficultés
00:48:29parce que la transmission
00:48:30n'a pas été faite correctement
00:48:31et on se retrouve
00:48:32avec une entreprise
00:48:33qui patachonne
00:48:34et qui ouvre en fait
00:48:35la porte à des vulnérabilités
00:48:36décisionnelles
00:48:37économiques
00:48:38et même d'emplois
00:48:39qui sont des sujets en France
00:48:40donc la préparation
00:48:41à la transmission
00:48:42des entreprises familiales
00:48:43est extrêmement importante
00:48:45sans quoi on va s'exposer
00:48:46à des forts enjeux
00:48:48au sein des organisations françaises
00:48:49c'est un vrai sujet
00:48:50aussi en Allemagne
00:48:51Frédéric Hoffmann
00:48:52d'autant que vous
00:48:53c'est peut-être
00:48:54le pays des entreprises familiales
00:48:56l'Allemagne
00:48:57oui c'est plus que ça
00:48:58c'est plutôt un problème
00:49:00macroéconomique
00:49:01parlons de retraite
00:49:02alors qui va
00:49:03qui va payer
00:49:04pour les retraites
00:49:04nous allons avoir
00:49:06cette discussion
00:49:07en France encore une fois
00:49:08à quel âge
00:49:09on va à la retraite
00:49:09qui doit financer
00:49:10la retraite
00:49:11et ça c'est
00:49:12en Allemagne
00:49:12on a déjà clarifié
00:49:13la question
00:49:14à quel âge
00:49:15on va à la retraite
00:49:16maintenant on a changé
00:49:17la capitalisation
00:49:18il y avait
00:49:18un nouvel élément
00:49:20qui était ajouté
00:49:21mais bien sûr
00:49:21il y a un débat générationnel
00:49:23ou est-ce que
00:49:24ou est-ce que
00:49:25la jeune génération
00:49:27alors oui bien sûr
00:49:28il y avait une grande
00:49:30grande débat
00:49:31dans la CDU
00:49:33les chrétiens démocrates
00:49:34qui ont
00:49:35les jeunes
00:49:36qui ont fait la rébellion
00:49:37contre le reste de la partie
00:49:38concernant le plan
00:49:39de la retraite
00:49:40de plus anciens
00:49:42alors oui bien sûr
00:49:43même si on voit
00:49:44dans le poids politique
00:49:45les jeunes
00:49:46ont moins de poids
00:49:47que les vieux
00:49:48et ça je pense
00:49:49c'est pas que l'Allemagne
00:49:50ici en France
00:49:50c'est la même chose
00:49:51c'est les jeunes
00:49:52jouent au moins un rôle
00:49:53parce qu'ils sont
00:49:54un groupe d'électeurs
00:49:55plus marginalisés
00:49:56que les retraités
00:49:58qui vont aux urnes
00:50:00et je pense ça
00:50:00c'est une grande question
00:50:02qu'on va avoir
00:50:03les prochains mois
00:50:03ici en France
00:50:04aussi avec les élections
00:50:06qui viennent
00:50:06avec les élections
00:50:08qui viennent
00:50:08il nous reste quelques minutes
00:50:09on va peut-être
00:50:10terminer aussi là-dessus
00:50:11sur ces élections
00:50:12qui viennent
00:50:13vous Nicolas
00:50:14à la Frankfurter
00:50:15Gemeinde Zeitung
00:50:16comment est-ce que
00:50:17vous abordez
00:50:18cette année électorale
00:50:21qui arrive en France
00:50:22qu'est-ce que vous guettez
00:50:26est-ce que c'est
00:50:28la possibilité
00:50:29d'un parti extrême
00:50:30qui arrive au pouvoir
00:50:31et vous décortiquez déjà
00:50:32son programme économique
00:50:33est-ce qu'il y a
00:50:35d'autres aspects
00:50:36qui vous intéressent déjà
00:50:37ou que vous surveillez
00:50:38alors d'abord
00:50:39il y a des élections
00:50:40en Allemagne
00:50:40dans les lenders
00:50:41notamment dans l'Allemagne
00:50:43de l'Est
00:50:43et ça sera décisif
00:50:44aussi pour l'Europe
00:50:45parce que pour la première fois
00:50:47l'AFD est vraiment
00:50:48autour de 40-45%
00:50:50donc possiblement
00:50:52déjà au pouvoir
00:50:53dans un land
00:50:55pas sur le niveau national
00:50:57mais quand même
00:50:57ça serait décisif
00:50:58je n'avais pas en tête
00:50:5940-45%
00:51:01en Sachsen-Anne
00:51:02en Sachsen-Unis
00:51:02on a la main de l'Est
00:51:03en septembre
00:51:04c'est très décisif
00:51:05les mecs
00:51:06qui ne sont pas
00:51:07à 45%
00:51:08mais quand même
00:51:09ça c'est décisif
00:51:10et ça c'est aussi
00:51:11peut-être
00:51:12une vraie menace
00:51:13pour la coalition
00:51:14en Berlin
00:51:15parce que
00:51:16Merz maintenant
00:51:16n'est pas vraiment populaire
00:51:18il n'a pas réussi
00:51:19à convaincre
00:51:19son électorat
00:51:20son parti
00:51:21et donc
00:51:23en combinaison
00:51:23avec la crise industrie
00:51:24qui est une réalité
00:51:25qui explique peut-être
00:51:26mon pessimisme
00:51:27ça se traduit
00:51:28dans une complexité
00:51:30en Allemagne
00:51:31après
00:51:31oui bien sûr
00:51:33la France
00:51:34maintenant
00:51:34est instable
00:51:35ou peut-être
00:51:36pas vraiment gouvernée
00:51:37parce que
00:51:37le gouvernement
00:51:38de l'Économie
00:51:39n'a pas de majorité
00:51:40ça s'est connu
00:51:40donc
00:51:42franchement
00:51:43honnêtement
00:51:44ce sera
00:51:45des mois
00:51:46très décisifs
00:51:47et aussi très difficiles
00:51:48pour l'Europe
00:51:49et vous Madoka Kitamatsu
00:51:50comment est-ce que
00:51:51vous allez
00:51:53couvrir
00:51:53et surveiller
00:51:54cette élection
00:51:56cette élection présidentielle
00:51:58au-delà des taux obligataires
00:51:59et de la dette française
00:52:00que vous scrutez au quotidien
00:52:02au Nikkei
00:52:02bien sûr
00:52:03alors donc
00:52:04vraiment
00:52:04la grande question
00:52:05que les entreprises japonaises
00:52:07se posent
00:52:07par rapport
00:52:08à l'élection présidentielle
00:52:10c'est
00:52:11est-ce que la France
00:52:12va continuer
00:52:14d'être un pays
00:52:15qui vaut
00:52:16d'investissement
00:52:17est-ce qu'il va continuer
00:52:19d'être
00:52:19aussi accueillant
00:52:21au capital
00:52:22étranger
00:52:23parce qu'on peut
00:52:24beau parler
00:52:24de réindustrialisation
00:52:26mais si on est
00:52:27trop protectionniste
00:52:28on ne peut pas
00:52:29réindustrialiser
00:52:30l'Europe
00:52:31sans le capital
00:52:32qui vient d'ailleurs
00:52:33et je pense
00:52:34que vraiment
00:52:35chaque candidat
00:52:36il serait bien
00:52:36qu'il envoie
00:52:38des messages clairs
00:52:39aux entreprises
00:52:40étrangères
00:52:41dans quelle manière
00:52:42il ou elle
00:52:43va aborder
00:52:44ce défi
00:52:45et en même temps
00:52:46au-delà de la France
00:52:47ça fait partie
00:52:48j'allais dire
00:52:49est-ce que ce n'est pas
00:52:49le symptôme d'une époque
00:52:50où tout le monde
00:52:52se replie un peu
00:52:52sur soi
00:52:53oui
00:52:53je pense qu'il faut
00:52:55bien protéger
00:52:56l'industrie nationale
00:52:58et régionale
00:52:59il faut aussi avoir
00:53:00d'investissement
00:53:01étrangère
00:53:01c'est à chaque pays
00:53:02de trouver
00:53:03le bon équilibre
00:53:04il ne faut pas pencher
00:53:06aux extrêmes
00:53:09Maëline Camus
00:53:09quand on est
00:53:10dans le renseignement
00:53:11économique
00:53:11est-ce que ces périodes
00:53:13de quelques mois
00:53:13avant une présidentielle
00:53:15en France
00:53:15sachant qu'il y a la guerre
00:53:16à l'est de l'Europe
00:53:17on sait que
00:53:19toutes les élections
00:53:21en Europe
00:53:21sont percutées
00:53:22par des tentatives
00:53:23de déstabilisation
00:53:25venant de la Russie
00:53:26ça c'est un sujet
00:53:27politique
00:53:28hermétique
00:53:29aux questions économiques
00:53:30ou est-ce que
00:53:31c'est quelque chose
00:53:31quand même
00:53:33où tout est entremêlé
00:53:34et ça peut
00:53:35geler des décisions
00:53:36d'investissement
00:53:37ou perturber
00:53:42des acteurs
00:53:43économiques
00:53:44voire des secteurs
00:53:45entiers
00:53:45c'est des choses
00:53:46que vous surveillez
00:53:47que vous gâtez
00:53:47tout à fait
00:53:48on parle de guerre hybride
00:53:49on parle de guerre complexe
00:53:50tout ça
00:53:51la géopolitique
00:53:52la politique
00:53:52les présidentielles
00:53:53ça va venir
00:53:54forcément
00:53:55impacter les entreprises
00:53:56les décisions
00:53:57des dirigeants d'entreprise
00:53:59aussi aller vers l'étranger
00:54:00aussi investir
00:54:01ouvrir le capital
00:54:02tous ces sujets
00:54:03c'est en suspens
00:54:05et aujourd'hui
00:54:06c'est un peu
00:54:07ceinture et bretelle
00:54:08et tant mieux
00:54:08parce que d'un côté
00:54:09la menace est là
00:54:10et tant qu'on n'a pas défini
00:54:11quelles sont les menaces
00:54:12qu'on ne se protège pas
00:54:13je comprends aussi
00:54:14que les dirigeants d'entreprise
00:54:15aujourd'hui
00:54:15soient un petit peu
00:54:16réticents aussi
00:54:17par rapport à l'avenir
00:54:18de notre pays aussi
00:54:19oui
00:54:20réticents
00:54:21et aussi déboussolés
00:54:22puisque c'est le thème
00:54:22qui nous réunit
00:54:24aujourd'hui
00:54:25Frédéric
00:54:26quand on dit déboussolés
00:54:27on est quand même
00:54:28en France
00:54:28on sort d'une période
00:54:30ou encore une fois
00:54:30alors j'ai plus la date exacte
00:54:32mais la dissolution
00:54:34de l'Assemblée nationale
00:54:35derrière
00:54:35ça a été 18 mois
00:54:37d'instabilité politique
00:54:38pas de budget
00:54:40ça renvoie
00:54:41ça renvoie
00:54:43ça renvoie
00:54:43une image
00:54:43catastrophique
00:54:44aux investisseurs
00:54:45étrangers
00:54:46oui je pense
00:54:47on va changer
00:54:48le mode
00:54:49en septembre
00:54:50quand on va vraiment
00:54:52entrer dans la campagne
00:54:53je pense
00:54:53il y aura moins
00:54:55de décisions
00:54:55à l'Assemblée
00:54:56bien sûr
00:54:57la France a besoin
00:54:58d'un budget
00:54:58mais ça devient
00:54:59encore plus compliqué
00:55:00avec les élections
00:55:01qui viennent
00:55:03alors maintenant
00:55:04je pense
00:55:04le discours politique
00:55:06devient encore
00:55:07un peu plus dur
00:55:08que c'est déjà
00:55:09et vu de
00:55:10par exemple
00:55:11de l'Allemagne
00:55:11c'est bien sûr
00:55:12on est un peu prudent
00:55:14ce que se passe ici
00:55:15bien sûr
00:55:15et quand on dit
00:55:16qu'on est en manque
00:55:17de repères
00:55:17je ne sais pas
00:55:18alors évidemment
00:55:18on ne va pas faire
00:55:19de la politique fiction
00:55:20voilà on n'a pas
00:55:20de boule de cristal
00:55:21mais moi personnellement
00:55:23je suis assez
00:55:25pas déstabilisé
00:55:26mais j'ai du mal
00:55:26à lire
00:55:27ce qui peut se passer
00:55:28en France
00:55:29parce qu'il y a
00:55:30ce paradoxe
00:55:30où d'un côté
00:55:31on voit
00:55:31comme en Grande-Bretagne
00:55:32comme il y avait
00:55:33par exemple
00:55:34en Hongrie aussi
00:55:35monter des populismes
00:55:37très forts
00:55:37un peu partout
00:55:38et en même temps
00:55:40on voit des sondages
00:55:41qui nous parlent
00:55:42d'une envie d'Europe
00:55:4457% des Britanniques
00:55:45qui regrettent le Brexit
00:55:46qui veulent plus d'alliances
00:55:47avec l'Europe
00:55:50quasiment
00:55:51une énorme majorité
00:55:53d'Européens
00:55:54qui estiment
00:55:55que Trump
00:55:55n'est plus un allié
00:55:57et qui veulent renforcer
00:55:58les coopérations européennes
00:56:00donc il y a des signaux
00:56:01un peu contradictoires
00:56:02entre des vagues populistes
00:56:04et des envies de coopération
00:56:07personnellement
00:56:07j'ai du mal
00:56:08à m'y retrouver
00:56:08oui ça je comprends très bien
00:56:09et je pense
00:56:10c'est aussi un peu
00:56:10la démocratie
00:56:11peut-être c'est plus ambivalent
00:56:13les sentiments
00:56:14qu'on a
00:56:14quand on voit ce monde
00:56:15maintenant
00:56:16mais ce que je reprends
00:56:17de ces jours à Aix
00:56:18ici les rencontres
00:56:20que c'est peut-être aussi
00:56:21une fenêtre
00:56:22de l'opportunité
00:56:23qu'on a maintenant
00:56:24d'agir
00:56:25et il faut agir
00:56:26et pas juste
00:56:28attendre
00:56:28et voir
00:56:29ce que se passe
00:56:30dans le monde
00:56:30c'est vraiment maintenant
00:56:31agir
00:56:32et aussi
00:56:32oui il y a des élections
00:56:33en Allemagne
00:56:34à Pologne aussi
00:56:35en France
00:56:36mais quand même
00:56:37ça ne doit pas arrêter tout
00:56:38et je pense
00:56:38ça c'est très important
00:56:40aussi de montrer
00:56:41qu'on est capable d'agir
00:56:42et on ne réagisse pas que
00:56:43oui c'est ça
00:56:44une fenêtre d'opportunité
00:56:46et vous Nicolas
00:56:47est-ce que vous aussi
00:56:48enfin est-ce que vous avez
00:56:50vous y voyez peut-être
00:56:51plus clair que moi
00:56:52entre ces signaux
00:56:54contradictoires
00:56:57de sondages
00:56:58qui montrent
00:56:59une envie d'Europe
00:57:00et en même temps
00:57:00des sondages
00:57:01qui montrent
00:57:02des montées populistes
00:57:03extrêmement fortes
00:57:04je pense juste
00:57:05qu'une partie
00:57:06de l'électro
00:57:07est toujours
00:57:08juste déçue
00:57:09frustrée
00:57:10mais peut être convaincue
00:57:12par une politique
00:57:12qui attaque vraiment
00:57:14les problèmes
00:57:14qui sont là
00:57:15les problèmes structurels
00:57:16qui peuvent être
00:57:17attaqués
00:57:18et avec des réformes
00:57:20avec la croissance
00:57:22ça va changer
00:57:23on peut aussi
00:57:24aussi le sentiment
00:57:26général en Europe
00:57:27en Allemagne
00:57:27mais aussi en France
00:57:28là je veux être convaincu
00:57:30oui parce que
00:57:30vous avez donné
00:57:31les exemples
00:57:32des pays
00:57:33comme notamment l'Hongrie
00:57:34et bien vous savez quoi
00:57:35on aura terminé
00:57:35avec vous
00:57:36sur une note positive
00:57:37Nicolas
00:57:38vous m'avez convaincu
00:57:40bon en tout cas
00:57:41un grand merci
00:57:42à tous nos experts
00:57:43sans frontières
00:57:44qui étaient là avec nous
00:57:44Madoka Kitamatsu
00:57:46chef du bureau du Nikkei
00:57:47à Paris et à Genève
00:57:48Frédéric Hoffmann
00:57:49correspondant du
00:57:50Handelsblatt en France
00:57:51Nicolas Zabogi
00:57:52correspondant en France
00:57:53de la Frankfurt
00:57:53Algemeine Zeitung
00:57:54et puis Maëline Camus
00:57:56présidente de Prisme Intelligence
00:57:58les experts sans frontières
00:58:00c'est terminé
00:58:01depuis ces fabuleuses
00:58:02rencontres économiques
00:58:03d'Aix-en-Provence
00:58:04mais restez avec nous
00:58:05parce que
00:58:05tout de suite
00:58:06on va continuer
00:58:07cette page spéciale
00:58:08et on va essayer
00:58:08d'avoir quelques points
00:58:10de repère
00:58:11de trouver quelques boussoles
00:58:12avec des invités
00:58:14autour de moi
00:58:14jusqu'à 19h30
00:58:15dont la présidente
00:58:16de l'Assemblée Nationale
00:58:17on marque une courte pause
00:58:19tout de suite
00:58:19sur BFM Business
00:58:21BFM Business
00:58:23présente
00:58:27Les experts sans frontières
00:58:30Mathieu Jolivet
00:58:36Bonjour et bienvenue
00:58:37très heureux de vous retrouver
00:58:38dans cette édition spéciale
00:58:40de BFM Business
00:58:41depuis les rencontres économiques
00:58:43d'Aix-en-Provence
00:58:45avec notre magnifique plateau
00:58:47délocalisé
00:58:48vous pouvez peut-être
00:58:48entendre d'ailleurs
00:58:49autour de moi
00:58:49les grillons
00:58:51et les criquets
00:58:52voilà
00:58:53typique d'Aix-en-Provence
00:58:55ça fait 21 ans
00:58:56que cette édition existe
00:58:57il n'y a peut-être
00:58:58jamais eu
00:58:58autant de monde
00:58:59autant de monde
00:59:00notamment
00:59:00c'est très international
00:59:01très géopolitique
00:59:03avec cette thématique
00:59:04comment est-ce qu'on peut
00:59:05naviguer
00:59:05dans un monde
00:59:06sans repère
00:59:07nous
00:59:07pendant cette demi-heure
00:59:08on veut essayer
00:59:09de trouver
00:59:11quelques boussoles
00:59:12pour savoir
00:59:12comment naviguer
00:59:13dans cette purée de poids
00:59:14dans ce monde brutal
00:59:15dans ce monde instable
00:59:16la première boussole
00:59:17peut-être une des plus importantes
00:59:19surtout en cette période électorale
00:59:20c'est la boussole politique
00:59:22je reçois
00:59:23la présidente
00:59:24de l'Assemblée Nationale
00:59:25Yaël Braun-Pivet
00:59:26bonjour et bienvenue
00:59:27bonjour
00:59:28merci de votre invitation
00:59:29je dis une boussole politique
00:59:31parce que là
00:59:31alors c'est une question
00:59:32qui peut paraître peut-être
00:59:33un peu large
00:59:34mais ô combien crucial
00:59:35on sait qu'il y a
00:59:36une crise
00:59:37de confiance
00:59:39qui n'est pas propre
00:59:40à la France
00:59:42qui est à la base
00:59:43une crise géopolitique
00:59:44c'est une crise
00:59:45qui est liée
00:59:46à l'avènement
00:59:48des empires
00:59:49aujourd'hui
00:59:50d'un monde
00:59:50drivé
00:59:51par Donald Trump
00:59:52par Xi Jinping
00:59:54par Vladimir Poutine
00:59:56aujourd'hui
00:59:57quand on est présidente
00:59:58de l'Assemblée Nationale
00:59:59comment on fait
01:00:01pour naviguer
01:00:02dans cette instabilité
01:00:04géopolitique
01:00:05et surtout
01:00:05pour essayer
01:00:06de maintenir
01:00:07ce lien de confiance
01:00:08avec les citoyens
01:00:10parce que cette confiance
01:00:11on ne va pas se mentir
01:00:11elle a aussi été
01:00:14cassée
01:00:14et ça ce n'est pas propre
01:00:15à vous
01:00:16c'est un symptôme
01:00:16de notre époque
01:00:17alors effectivement
01:00:18la confiance
01:00:19elle s'érode
01:00:20et ça fait des dizaines
01:00:21d'années
01:00:21et elle s'érode en France
01:00:22mais elle s'érode partout
01:00:23dans le monde
01:00:24il y a une vraie crise
01:00:25de confiance
01:00:26entre les citoyens
01:00:27et les politiques
01:00:28alors moi je crois
01:00:29que quand ça tangue
01:00:30très fort
01:00:31il faut être solide
01:00:32sur ses appuis
01:00:33et les appuis
01:00:34dans notre pays
01:00:35c'est d'abord
01:00:36le régime
01:00:37la démocratie
01:00:38c'est l'état de droit
01:00:39qui a un certain nombre
01:00:41de règles
01:00:42l'indépendance de la justice
01:00:43la séparation des pouvoirs
01:00:45le rôle de l'Assemblée nationale
01:00:46en tant que législateur
01:00:48et contrôle
01:00:49de l'action du gouvernement
01:00:50et puis
01:00:51ce sont nos valeurs
01:00:52quelles sont
01:00:53les valeurs
01:00:54qui guident notre action
01:00:55et sur lesquelles
01:00:56on ne transige pas
01:00:57même quand il y a
01:00:58de la tempête
01:00:59et donc
01:01:00les valeurs
01:01:00la démocratie
01:01:01l'état de droit
01:01:02quand ça tangue
01:01:04il ne faut pas
01:01:04les remettre en cause
01:01:05parce qu'on voit
01:01:06que certains
01:01:06veulent les remettre en cause
01:01:08pour justement résoudre
01:01:09certaines difficultés
01:01:11je crois que c'est une erreur
01:01:12majeure
01:01:12il faut au contraire
01:01:14rester très solide
01:01:15sur ce que nous sommes
01:01:16qui nous sommes
01:01:18pour pouvoir affronter
01:01:19justement
01:01:19ce monde
01:01:20pétri de crise
01:01:22qui pour la plupart du temps
01:01:23sont exogènes
01:01:24à notre pays
01:01:26et comment faire entendre
01:01:28ou faire résonner
01:01:28fortement
01:01:29ces arguments
01:01:30dans un monde
01:01:31où on voit
01:01:32que les recettes
01:01:33populistes
01:01:34et notamment
01:01:34du trumpiste
01:01:36marchent très très bien
01:01:38et qui surfent
01:01:39notamment sur
01:01:39vous connaissez ça
01:01:40par coeur
01:01:41mais sur
01:01:41les élites déconnectées
01:01:43du peuple
01:01:43etc
01:01:45ça ça marche bien
01:01:46alors je crois
01:01:46qu'il faut déjà
01:01:47être exemplaire
01:01:49les élites déconnectées
01:01:50du peuple
01:01:51moi je ne sais pas
01:01:52ce que ça veut dire
01:01:54on vit
01:01:56normalement
01:01:56on vit chez nous
01:01:58on n'est pas dans
01:01:58les palais de la république
01:01:59on n'a pas fait
01:02:01toujours ça
01:02:01dans notre vie
01:02:02moi j'ai commencé
01:02:03la politique
01:02:03j'avais 47 ans
01:02:04et donc je suis
01:02:05parfaitement connectée
01:02:06avec les gens
01:02:08je suis comme tout le monde
01:02:10je fais partie du peuple
01:02:11donc il faut déjà
01:02:12déconstruire cette idée
01:02:13de se dire
01:02:14qu'il y a des élites
01:02:14d'un côté
01:02:15qui seraient complètement
01:02:16déconnectées de la réalité
01:02:17ça n'est pas exact
01:02:19ça n'est pas notre réalité
01:02:20quand je vais au supermarché
01:02:22faire mes courses
01:02:22je suis avec les gens
01:02:24je suis comme tout le monde
01:02:24et pour moi
01:02:25ça n'est pas une exception
01:02:26parce que l'assemblée
01:02:27l'institution que vous représentez
01:02:28c'est vrai
01:02:29a un peu traîné
01:02:30comme un sparadrap
01:02:31cette attaque
01:02:32de députés
01:02:34godillots
01:02:35c'est vrai
01:02:35parce qu'une grande majorité
01:02:36issue de la société civile
01:02:37on a perdu le lien politique
01:02:39avec le territoire
01:02:39etc
01:02:40et ça
01:02:42les détracteurs
01:02:43ont beaucoup appuyé là-dessus
01:02:44exactement
01:02:45mais c'est faux
01:02:45ça ne correspond pas
01:02:47à la réalité
01:02:47après
01:02:48moi ce que je fais
01:02:49personnellement
01:02:49c'est qu'en tant
01:02:50président de l'assemblée nationale
01:02:51je vais partout
01:02:52à la rencontre des français
01:02:53c'est mon 87ème déplacement
01:02:56aujourd'hui
01:02:56sur le territoire national
01:02:58je vais dans
01:02:59tous les départements
01:03:00tous les départements
01:03:01d'outre-mer aussi
01:03:02ce que ne faisaient pas
01:03:03mes prédécesseurs
01:03:04parce qu'on ne peut pas
01:03:05dire que
01:03:06nous politiques
01:03:07on est loin des gens
01:03:08si on ne va pas vers eux
01:03:09donc ça
01:03:10je crois
01:03:11très important
01:03:11de retrouver
01:03:12la proximité
01:03:14du dialogue
01:03:14et puis après
01:03:15c'est ce que je disais
01:03:16ce matin
01:03:16lors de ma table ronde
01:03:18il faut
01:03:19des résultats
01:03:20les français
01:03:21en fait
01:03:22ne peuvent pas
01:03:22avoir confiance
01:03:23s'ils ne voient pas
01:03:24les effets
01:03:25de ce que l'on dit
01:03:26ils auront l'impression
01:03:27qu'on parle
01:03:28dans un violon
01:03:30qu'on raconte
01:03:31des balivernes
01:03:32parce qu'ils n'en voient
01:03:33pas les résultats
01:03:34et donc
01:03:34le résultat
01:03:35de l'action politique
01:03:36c'est absolument
01:03:37essentiel
01:03:37pour retrouver
01:03:38la confiance
01:03:39et moi je crois
01:03:40profondément
01:03:40qu'il faut parler
01:03:41à l'intelligence
01:03:42des gens
01:03:42les problèmes
01:03:43du monde
01:03:44d'aujourd'hui
01:03:44sont des problèmes
01:03:45d'une complexité
01:03:47abyssale
01:03:48et on ne peut pas
01:03:49résoudre ces problèmes
01:03:50complexes
01:03:50avec des solutions
01:03:51simples
01:03:51ça ça n'existe pas
01:03:53c'est faire croire
01:03:54aux gens
01:03:54que finalement
01:03:56c'est les endormir
01:03:57et les embobiner
01:03:58est-ce que l'hyper
01:03:59décentralisation
01:04:00est peut-être
01:04:02un des remèdes
01:04:02pour retisser
01:04:03le lien de confiance
01:04:04avec les citoyens
01:04:05je dis ça
01:04:05parce que j'ai en tête
01:04:06Andy Burnham
01:04:07qui est fortement possible
01:04:09le prochain locataire
01:04:11du 10 Dunning Street
01:04:12qui était le maire
01:04:13du Grand Manchester
01:04:14et lui vraiment
01:04:15on l'appelle
01:04:15King of North
01:04:16c'est pour reprendre
01:04:17les Game of Thrones
01:04:19mais c'est celui
01:04:20qui a allié
01:04:21toutes les petites villes
01:04:21désindustrialisées
01:04:22du Nord
01:04:23et qui a fait
01:04:24un petit peu recette
01:04:26sur le local
01:04:27loin de Londres
01:04:29mais ça marche
01:04:29et il a l'air
01:04:30d'être sincère
01:04:30là-dessus
01:04:31mais je crois
01:04:32qu'effectivement
01:04:32plus de décentralisation
01:04:34rapprocher la décision
01:04:36des citoyens
01:04:37ça veut dire aussi
01:04:38donner plus de pouvoir
01:04:39au local
01:04:40plus de
01:04:41il faut qu'on ait
01:04:42des compétences
01:04:43qui soient beaucoup
01:04:44mieux identifiés
01:04:45recentrer l'Etat
01:04:46sur ses compétences propres
01:04:48et faire confiance
01:04:49aux citoyens
01:04:51faire confiance
01:04:51aux acteurs locaux
01:04:52faire confiance
01:04:53aux corps intermédiaires
01:04:54pour avoir un pouvoir
01:04:56qui soit plus proche
01:04:57des gens
01:04:57je pense que ça
01:04:58c'est une des vraies clés
01:04:59du retour de la confiance
01:05:01comment est-ce que vous expliquez
01:05:02ce paradoxe
01:05:03moi j'ai personnellement
01:05:03du mal à saisir
01:05:06des sondages
01:05:06qui nous montrent
01:05:07un peu partout en Europe
01:05:08une envie
01:05:09une envie d'Europe
01:05:11et d'ailleurs je vais même
01:05:12en Grande-Bretagne
01:05:13vous avez une grande majorité
01:05:14des Britanniques
01:05:14qui regrettent le Brexit
01:05:15et qui veulent plus
01:05:16de coopération européenne
01:05:17vous avez une grande majorité
01:05:18de Hongrois
01:05:19qui ont dit non
01:05:20à l'ère Orban
01:05:20après 16 ans de Orban
01:05:22vous avez
01:05:24une énorme majorité
01:05:25d'Européens
01:05:25qui fustigent
01:05:27le Trumpisme
01:05:28et qui ne voient plus
01:05:29les Etats-Unis
01:05:30comme un allié fiable
01:05:31et à côté de ça
01:05:32des rats de marée populistes
01:05:35mais justement
01:05:36quand je dis
01:05:37qu'il faut être solide
01:05:38sur ces fondamentaux
01:05:39évidemment
01:05:40le fondamental Europe
01:05:42il doit être
01:05:43extrêmement présent
01:05:44dans la vision
01:05:45et le programme
01:05:46qu'on propose
01:05:46on sait tous
01:05:47qu'on est un timbre poste
01:05:49à l'échelle du monde
01:05:50si on est simplement
01:05:52entre Français
01:05:54on doit être
01:05:56très pro-européens
01:05:58parce que c'est
01:05:58la bonne échelle
01:05:59maintenant on voit bien
01:06:00qu'il y a tout un tas
01:06:02de choses à faire
01:06:03avec l'Europe
01:06:04parce que l'Europe
01:06:04ne fonctionne pas
01:06:05très bien
01:06:06et ça les concitoyens
01:06:07le perçoivent aussi
01:06:08parfaitement
01:06:09donc il faut aussi
01:06:10écouter et ne pas se dire
01:06:11que les gens se trompent
01:06:12tout le temps
01:06:13il faut faire confiance
01:06:14au bon sens des gens
01:06:15aussi
01:06:17une de mes dernières questions
01:06:18Yael Brun-Privet
01:06:19comment vous
01:06:20en tant que présidente
01:06:21de l'Assemblée nationale
01:06:23vous abordez
01:06:25les menaces
01:06:26d'ingérence russe
01:06:28sur cette période électorale
01:06:29on sait qu'ils sont
01:06:30extrêmement actifs
01:06:31que c'est une guerre hybride
01:06:32qui se brutalise
01:06:34qui change de nature
01:06:35qui parfois devient
01:06:35même opérationnelle
01:06:37et qui est venue percuter
01:06:39la plupart des dernières élections
01:06:40en Europe
01:06:42comment
01:06:44est-ce qu'il faut mettre
01:06:46une forme d'armure
01:06:47à l'Assemblée nationale
01:06:48pour lutter contre
01:06:49les ingérences russes
01:06:50comment est-ce qu'on se prépare
01:06:51l'Assemblée nationale
01:06:53est déjà bien protégée
01:06:54mais effectivement
01:06:55on peut avoir des attaques
01:06:56qui existent aussi
01:06:57sur le site
01:06:58de l'Assemblée nationale
01:06:58et il y en a eu
01:06:59mais en tout cas
01:07:00protéger le coeur
01:07:02de la démocratie
01:07:03qui est l'Assemblée nationale
01:07:03c'est protéger
01:07:05nos systèmes de vote
01:07:06c'est protéger
01:07:06nos systèmes d'information
01:07:07mais c'est aussi
01:07:09faire en sorte
01:07:10qu'on puisse disposer
01:07:11demain
01:07:11d'intelligence
01:07:12d'outils d'intelligence artificielle
01:07:14souveraine
01:07:14dans l'aide
01:07:16à la législation
01:07:17etc.
01:07:17c'est ce qu'on est en train
01:07:18de développer
01:07:19on avait aujourd'hui
01:07:21et demain
01:07:21un hackathon
01:07:22à l'Assemblée nationale
01:07:23je crois que vous rentrez
01:07:24justement là-dessus
01:07:25et je rentre exactement
01:07:25pour ça demain
01:07:26à Paris
01:07:27parce qu'il est fondamental
01:07:28qu'on s'empare
01:07:29de ces enjeux-là
01:07:29parce que c'est notre démocratie
01:07:31le domaine de l'IA
01:07:32c'est un domaine
01:07:33dans lequel il faut être
01:07:33offensif
01:07:34exactement
01:07:35parce que c'est là
01:07:36merci beaucoup
01:07:37Yaël Braun-Pivet
01:07:38présidente de l'Assemblée nationale
01:07:40depuis les rencontres économiques
01:07:41d'Aix-en-Provence
01:07:42merci à vous
01:07:43merci beaucoup
01:07:43voilà donc avec
01:07:44Yaël Braun-Pivet
01:07:45nous avons vu
01:07:46quels peuvent être
01:07:47ses points de repère
01:07:48peut-être pour avoir
01:07:49une boussole démocratique
01:07:51dans ce monde
01:07:53percuté par les chocs
01:07:55géopolitiques
01:07:56et une instabilité
01:07:57grandissante
01:07:58on continue
01:07:58ce tour de table
01:08:00avec mes invités
01:08:01ici depuis
01:08:01le parc Jourdan
01:08:03d'Aix-en-Provence
01:08:04on parlait de boussole politique
01:08:06là j'aimerais parler
01:08:07de boussole énergétique
01:08:09avec vous
01:08:10Aymeric Renaud
01:08:10bonjour
01:08:11bonjour
01:08:12et bienvenue
01:08:12vous êtes le directeur général
01:08:14de Schneider Electric France
01:08:17Jair bienvenue
01:08:18et aussi presque bravo
01:08:19on était juste avant
01:08:20avec la chef du bureau
01:08:21du Nikkei en France
01:08:22dont on parlait
01:08:23qui a interviewé
01:08:24il y a quelques semaines
01:08:25le président de SoftBank
01:08:27SoftBank
01:08:28c'est peut-être
01:08:28l'investissement
01:08:29le plus spectaculaire
01:08:31des dernières décennies
01:08:32en France
01:08:33plus de 70 milliards
01:08:35pour les data centers
01:08:36en France
01:08:37dans le nord de la France
01:08:38et pour cela
01:08:39le japonais SoftBank
01:08:41s'appuie sur
01:08:42un partenaire industriel
01:08:43et c'est vous
01:08:45Exactement
01:08:45tout à fait
01:08:46c'est Schneider Electric
01:08:47donc on est
01:08:48le partenaire technologique
01:08:50et le partenaire industriel
01:08:51de SoftBank
01:08:52alors qu'est-ce que ça veut dire
01:08:53ça veut dire
01:08:54déjà en tant que partenaire technologique
01:08:56le groupe Schneider Electric
01:08:58va pouvoir offrir
01:08:59l'intégralité
01:09:00de son savoir-faire
01:09:01dans le domaine
01:09:01des data centers
01:09:02sur la partie approvisionnement
01:09:04donc aujourd'hui
01:09:04on fait tout ce qui a trait
01:09:06à la distribution électrique
01:09:07ça regroupe des équipements
01:09:08type moyenne tension
01:09:10basse tension
01:09:11des onduleurs
01:09:11également tout ce qui a trait
01:09:12au refroidissement
01:09:13et pourquoi le partenaire
01:09:15finalement industriel
01:09:17parce que dans le cadre
01:09:18de l'implantation
01:09:19de ces data centers
01:09:20Schneider Electric
01:09:20va ouvrir une usine
01:09:22à Dunkerque
01:09:22aux côtés du data center
01:09:24pour assembler
01:09:25l'intégralité
01:09:26de ces composants
01:09:27dans ce qu'on appelle
01:09:27des préfabriqués
01:09:28donc dans le monde
01:09:29du data center
01:09:30c'est comme des containers
01:09:31on met les équipements électriques
01:09:32on va les assembler
01:09:33à Dunkerque
01:09:34et ensuite
01:09:34on les disposera
01:09:35dans le data center
01:09:36C'est courant
01:09:37de faire une usine
01:09:38d'assemblage exprès
01:09:39pour un projet
01:09:40de data center
01:09:41ou c'est quelque chose
01:09:41qui n'est pas courant
01:09:42et qui témoigne
01:09:44du gigantisme
01:09:46de ce projet industriel
01:09:47Alors je pense
01:09:47qu'il faut effectivement
01:09:48positionner quelques chiffres
01:09:50si on regarde
01:09:51les 20 dernières années
01:09:52en France
01:09:52il y a à peu près
01:09:53400 data centers
01:09:54qui ont été construits
01:09:55sur le territoire français
01:09:57pour 1,5 gigawatt
01:09:59de puissance
01:10:00le projet SoftBank
01:10:01il est en deux phases
01:10:02une première phase
01:10:03de 3,1 gigawatts
01:10:04qui n'ont pas forcément
01:10:04les ordres de grandeur
01:10:05ça a 1,5 gigawatts
01:10:061,5 gigawatts
01:10:08c'est un peu plus
01:10:08qu'une tranche nucléaire
01:10:09en termes de consommation
01:10:10donc je pense que ça donne
01:10:11un bon ordre d'idées
01:10:12et sur la première phase
01:10:15du projet SoftBank
01:10:15c'est 3,1 gigawatts
01:10:17qui vont être installés
01:10:18c'est à dire
01:10:18qu'avec un seul projet
01:10:20sur la première phase
01:10:21on va finalement
01:10:22installer
01:10:23l'équivalent du double
01:10:24de ce qui a été construit
01:10:25en 20 années
01:10:26en France
01:10:27et je pense que le chiffre
01:10:28il parle de lui-même
01:10:28et on voit cette accélération
01:10:30notamment aux Etats-Unis
01:10:32où énormément de structures
01:10:34de ce type-là
01:10:34ont été mises en oeuvre
01:10:35et on voit aujourd'hui
01:10:36cette vague arriver
01:10:37sur l'Europe
01:10:38si je comprends bien
01:10:39dans le process industriel
01:10:40là où vous avez intéressé
01:10:42SoftBank
01:10:42et où ils ont fait le choix
01:10:43de la France
01:10:44c'est qu'on est sur des projets
01:10:45de méga fermes
01:10:47de data center
01:10:48qui vont pouvoir cracher
01:10:49des puissances de calcul
01:10:51intéressantes
01:10:51et peut-être
01:10:52remettre la France
01:10:52dans la course
01:10:53ça vous nous le direz
01:10:54mais surtout
01:10:55on a la capacité en France
01:10:57de raccorder rapidement
01:10:59ces fermes
01:11:00à des réseaux de distribution
01:11:01qui sont très haut débit
01:11:03et ça c'est des solutions
01:11:05de raccordement
01:11:05qu'il n'y a pas forcément
01:11:06ailleurs en Europe
01:11:07alors l'enjeu principal
01:11:08quand on implante
01:11:09un data center
01:11:10c'est l'accès à l'énergie
01:11:12et aujourd'hui
01:11:13on a la chance
01:11:14en France
01:11:14d'avoir un parc nucléaire
01:11:16hydraulique
01:11:17en renouvelable
01:11:17qui produit
01:11:18et qui produit en excédent
01:11:20c'est l'équivalent
01:11:21d'ailleurs en puissance
01:11:21de presque 15 gigawatts
01:11:23qui sont disponibles
01:11:24au raccordement
01:11:25donc l'équivalent
01:11:25presque de 15 tranches
01:11:27nucléaires
01:11:27qui pourraient être
01:11:28raccordées
01:11:28avec de la consommation
01:11:29la deuxième chance
01:11:30qu'on a en France
01:11:31c'est qu'on a un réseau
01:11:32de distribution
01:11:33et de transport
01:11:34RTE-ENEDIS
01:11:35qui transporte bien
01:11:36l'électricité
01:11:36et donc quand on fait
01:11:37la combinaison
01:11:38d'une énergie
01:11:39qui est effectivement
01:11:40abondante
01:11:40qui est décarbonée
01:11:41également
01:11:42et qui est bien distribuée
01:11:43si on a du foncier
01:11:45on accélère
01:11:46la possibilité
01:11:46de la mise en oeuvre
01:11:47de projets de cette taille là
01:11:48et évidemment
01:11:49après il faut des partenaires
01:11:50qui connaissent
01:11:51cette filière là
01:11:51et c'est là où
01:11:52Schneider Electric intervient
01:11:53au travers d'une usine
01:11:55de préfabriqués
01:11:55à Dunkerque
01:11:56mais également
01:11:57nos 25 usines
01:11:58sur le territoire français
01:11:59pour pouvoir alimenter
01:12:00en matériel électrique
01:12:01ce projet
01:12:02j'allais justement
01:12:03vous poser la question
01:12:03et élargir un peu
01:12:04la focale
01:12:06aujourd'hui
01:12:06comment être compétitif
01:12:08en Europe
01:12:09là on a un exemple précis
01:12:11on voit bien
01:12:12que l'Europe
01:12:12est en pleine
01:12:13et c'est un des grands sujets
01:12:14de ces rencontres économiques
01:12:16d'Aix-en-Provence
01:12:17comment l'Europe
01:12:18peut exister
01:12:19alors qu'elle est prise
01:12:19en tenaille
01:12:20entre la Chine
01:12:20et les Etats-Unis
01:12:22l'atout énergétique
01:12:25de l'Europe
01:12:25et en particulier
01:12:26de la France
01:12:26ça c'est quelque chose
01:12:27qui peut être
01:12:28un élément différenciant
01:12:29ou en tout cas
01:12:30nous permettre
01:12:32de rester dans la course
01:12:33effectivement pour la France
01:12:34c'est un point
01:12:35extrêmement différenciant
01:12:36cette énergie
01:12:37abondante
01:12:38et décarbonée
01:12:39elle permet justement
01:12:40de lancer des projets
01:12:41à grande échelle
01:12:41et dans le monde
01:12:42du data center
01:12:43qui est à la recherche
01:12:44justement
01:12:44de puissances importantes
01:12:46en termes de fournisseurs
01:12:47d'énergie
01:12:47c'est une réponse
01:12:48pour accueillir
01:12:49ces nouveaux sites
01:12:50et après évidemment
01:12:51il faut un outil de production
01:12:52qui soit compétitif
01:12:54donc là
01:12:54dans les usines
01:12:55chinelle électrique
01:12:56on a énormément
01:12:57automatisé
01:12:58digitalisé
01:12:59pour gagner en productivité
01:13:01et construire du matériel
01:13:03à la fois
01:13:04de qualité
01:13:04mais avec des coûts optimisés
01:13:06pour pouvoir servir
01:13:07ce type de projet
01:13:08un des boss du BCG
01:13:10du Boston Consulting Group
01:13:11que j'écoutais ici
01:13:12aux rencontres économiques
01:13:13d'Aix-en-Provence
01:13:15alertait l'Europe
01:13:16en disant
01:13:16qu'elle est un peu
01:13:17un moment de vérité
01:13:18et que si elle veut
01:13:21être dans le mouvement
01:13:22et ne pas décliner
01:13:24voire mourir
01:13:24il faut passer par
01:13:26des choses très concrètes
01:13:27et notamment robotiser
01:13:28beaucoup plus vite
01:13:29les usines
01:13:30et gagner en puissance
01:13:31de calcul
01:13:31vous partagez
01:13:32ce diagnostic ?
01:13:33Alors la robotisation
01:13:35l'automatisation
01:13:36c'est effectivement
01:13:36clé dans l'industrie
01:13:38pourquoi ?
01:13:39Parce que derrière
01:13:40on a des opérateurs
01:13:41qui sont très sachants
01:13:42en France
01:13:43qui ont beaucoup
01:13:43de compétences
01:13:44et l'arrivée
01:13:45de ces technologies
01:13:45leur permet justement
01:13:47de gagner en productivité
01:13:48c'est-à-dire qu'on va
01:13:50produire plus vite
01:13:51plus rapidement
01:13:52de façon plus qualitative
01:13:53et cela ça permet
01:13:54à l'échelle mondiale
01:13:56d'avoir des produits
01:13:57qui sont beaucoup
01:13:57plus compétitifs
01:13:59Derrière
01:14:00il faut peut-être
01:14:01aussi rappeler
01:14:02l'enjeu
01:14:02vous nous avez parlé
01:14:03les data centers
01:14:04c'est avoir
01:14:05de la puissance de calcul
01:14:06là on n'est pas
01:14:08sur un sujet
01:14:11juste technologique
01:14:11avec
01:14:13là ça devient
01:14:14un sujet
01:14:15géopolitique
01:14:15l'IA
01:14:15je dis ça
01:14:16parce qu'on en parle
01:14:18de plus en plus
01:14:18mais on a quand même
01:14:19une course
01:14:20entre Xi Jinping
01:14:21et Donald Trump
01:14:22qui font course en tête
01:14:23et qui ont compris
01:14:24peut-être avant les autres
01:14:25que celui qui sera
01:14:28le maître de l'IA
01:14:28sera le maître du monde
01:14:29quelque part
01:14:30et donc le sujet
01:14:31devient géopolitique
01:14:32le sujet devient géopolitique
01:14:34l'IA permet des transformations
01:14:36extrêmement importantes
01:14:37on l'a vu avec
01:14:38l'IA générative
01:14:39l'IA agentique
01:14:40donc il y a beaucoup
01:14:40de modèles qui sont développés
01:14:42et qui amènent de la productivité
01:14:43et le fait d'avoir
01:14:44ses propres modèles de langage
01:14:46et si possible
01:14:46européens et souverains
01:14:47et je prends le cas
01:14:48de Mistral
01:14:49c'est gage
01:14:50de pouvoir opérer
01:14:51des modèles
01:14:52qui seront sur territoire
01:14:53européen
01:14:53et qui produiront
01:14:54cette valeur
01:14:55sur le sol européen
01:14:56donc il est effectivement
01:14:57urgent à la fois
01:14:58de se doter
01:14:58de capacités de calcul
01:14:59dans le monde de l'IA
01:15:00et d'aller à grande vitesse
01:15:01et par ailleurs
01:15:03développer dessus
01:15:04des modèles de langage
01:15:05de préférence européen
01:15:06pour ne pas effectivement
01:15:07de dépendre de modèles
01:15:09qui ne seraient pas développés
01:15:10sur le territoire
01:15:10et donc entre
01:15:11notre énergie décarbonée
01:15:13nos cerveaux
01:15:14nos centres
01:15:15de recherche
01:15:17fondamentale
01:15:17comme
01:15:18voilà
01:15:19lié à Normalsup
01:15:20au plateau de Saclay
01:15:21etc
01:15:22tout ça mis bout à bout
01:15:23vous pensez que
01:15:24la France
01:15:25peut rester dans la course
01:15:26de l'intelligence artificielle ?
01:15:28Oui alors moi
01:15:28j'ai une vision optimiste
01:15:30c'est à dire qu'on a
01:15:31tous les ingrédients
01:15:32pour réussir
01:15:32comme vous l'avez dit
01:15:33l'énergie
01:15:34les compétences
01:15:35des champions
01:15:37et ce qu'il faut
01:15:38c'est évidemment
01:15:39accélérer
01:15:39sur ce déploiement
01:15:40à l'échelle
01:15:40et c'est là
01:15:41qu'est tout l'enjeu
01:15:42il faut déployer vite
01:15:43pour pouvoir
01:15:44rattraper notre retard
01:15:45et rester compétitif
01:15:46à l'échelle mondiale
01:15:47Face au dérèglement climatique
01:15:50je pense aux chaleurs extrêmes
01:15:52à la canicule
01:15:53qu'on vient de traverser
01:15:54justement
01:15:54est-ce qu'il y a aussi
01:15:56urgence
01:15:56à accélérer
01:15:57les solutions électriques
01:15:59et décarbonation
01:16:00en France ?
01:16:01Alors nous c'est une conviction
01:16:02profonde
01:16:03pour Chine d'Electrique
01:16:03on intervient énormément
01:16:05dans des projets
01:16:05de décarbonation
01:16:06alors pourquoi
01:16:07l'électrification ?
01:16:08Parce qu'en France
01:16:09cette électricité
01:16:09comme on l'a dit
01:16:10elle est produite
01:16:11et elle est décarbonée
01:16:12donc elle permet
01:16:12de contribuer fortement
01:16:13aux enjeux de décarbonation
01:16:15et par ailleurs
01:16:16là encore une fois
01:16:17on a une problématique
01:16:17de passage à l'échelle
01:16:18il y a des technologies
01:16:20qui existent
01:16:21on a la possibilité
01:16:23de les intégrer
01:16:24avec des solutions
01:16:24qui sont économiquement viables
01:16:26maintenant il faut
01:16:26une filière
01:16:27d'intégrateurs
01:16:28de distributeurs
01:16:29pour les mettre
01:16:30justement sur le terrain
01:16:31dans nos usines
01:16:32dans nos bureaux
01:16:33et passer à l'échelle
01:16:34rapidement
01:16:35pour pouvoir contribuer
01:16:36positivement
01:16:37et décarboner
01:16:38notamment la France
01:16:39et plus largement
01:16:39le monde
01:16:40Passionnant
01:16:41Merci beaucoup
01:16:42Émeric Rénaud
01:16:42je rappelle
01:16:43vous êtes directeur général
01:16:44de Schneider Electric France
01:16:46et puis
01:16:47ça fait du bien aussi
01:16:49d'avoir une note
01:16:50positive
01:16:51et d'optimiste
01:16:52juste d'optimisme
01:16:53dans ce monde
01:16:54de plus en plus instable
01:16:55dans ce monde
01:16:55en manque de repères
01:16:57c'est bien sûr
01:16:58la thématique aujourd'hui
01:16:59qui nous réunit
01:17:00ici à Aix-en-Provence
01:17:02aux rencontres économiques
01:17:04d'Aix
01:17:05où on a notre studio
01:17:06délocalisé
01:17:07on vous propose
01:17:08pendant cette demi-heure
01:17:10d'essayer d'avoir
01:17:11quelques points de repères
01:17:12sur des sujets fondamentaux
01:17:14d'avoir
01:17:15avec Yael Brown-Pivet
01:17:16on vient de l'entendre
01:17:18comment retrouver
01:17:19notre boussole démocratique
01:17:21pour rétablir le lien
01:17:23le ciment
01:17:23le ciment entre les citoyens
01:17:24et leurs institutions
01:17:25on vient de voir
01:17:26cette boussole énergétique
01:17:28avec le directeur général
01:17:29de Schneider Electric France
01:17:30qui à travers
01:17:32notre capacité
01:17:33d'électricité décarbonée
01:17:34nous rappelle
01:17:35qu'il y a peut-être
01:17:36des raisons d'espérer
01:17:37d'avoir des décisions
01:17:39d'investissement
01:17:39extrêmement fortes
01:17:40en France
01:17:41et puis
01:17:42pour terminer
01:17:43ce tour de table
01:17:45j'aimerais bien
01:17:46essayer d'avoir
01:17:46quelques repères
01:17:47aussi dans le domaine
01:17:48climatique
01:17:50et assurantiel
01:17:51avec vous
01:17:52Jean-Philippe Dognetion
01:17:52vous venez de nous retrouver
01:17:53bonjour
01:17:54bonjour Mathieu
01:17:55et bienvenue
01:17:55très heureux de vous recevoir
01:17:56c'est un grand plaisir
01:17:57vous êtes le directeur général
01:17:59de la Massif
01:18:01ravi de vous retrouver
01:18:02parce que voilà
01:18:02j'étais en train de vous dire
01:18:03nous on est en manque
01:18:04de repères ici
01:18:05on veut essayer
01:18:05d'avoir quelques boussoles
01:18:09on enchaîne
01:18:10les chaleurs extrêmes
01:18:12les canicules extrêmes
01:18:13alors nous
01:18:13je ne veux pas
01:18:13sur BFM Business
01:18:14reprendre cette
01:18:17rebondir sur cette polémique
01:18:19sur l'inaction
01:18:20des pouvoirs publics
01:18:21etc
01:18:22j'aimerais au contraire
01:18:23essayer d'explorer
01:18:24les solutions
01:18:25avec vous
01:18:26parce que nous
01:18:26on est là pour essayer
01:18:27de comprendre
01:18:27quelles solutions
01:18:28on peut avoir
01:18:28pour l'avenir
01:18:29déjà au niveau
01:18:30du diagnostic
01:18:32ce que j'ai trouvé intéressant
01:18:33il y avait des rapports
01:18:34publiés ces derniers jours
01:18:35dernière semaine
01:18:35notamment un de la Banque mondiale
01:18:37qui nous explique
01:18:38que face au dérèglement
01:18:40climatique
01:18:40le coût de l'inaction
01:18:42est bien plus grave
01:18:44que les investissements
01:18:45pour s'adapter
01:18:46au réchauffement climatique
01:18:47ça c'est quelque chose
01:18:48qui est parfois
01:18:49difficile à intégrer
01:18:50mais vous
01:18:51en tant qu'assureur
01:18:53comment est-ce que vous
01:18:54quel diagnostic vous posez
01:18:55et comment vous essayez
01:18:56de vendre cette idée
01:18:58alors d'abord
01:18:59nous sommes un assureur
01:19:00qui couvre
01:19:006 millions et demi
01:19:01de sociétaires
01:19:02de clients
01:19:03en France entière
01:19:03sur la métropole
01:19:04donc on couvre
01:19:05à peu près
01:19:05tous les territoires
01:19:06c'est dire
01:19:06qu'on est vraiment
01:19:08représentatif
01:19:08de la vie
01:19:09de notre pays
01:19:10et de nos sociétaires
01:19:12on vit
01:19:13et on vibre
01:19:13avec eux
01:19:14sur les questions climatiques
01:19:15alors que nous disent
01:19:16nos sociétaires
01:19:17et que voyons-nous
01:19:18ils nous disent
01:19:19le climat se dérègle
01:19:20depuis 20 ans
01:19:21ça s'accélère
01:19:22l'improbable
01:19:23devient probable
01:19:24l'extrême
01:19:25succède à l'extrême
01:19:26et il faut
01:19:27bien regarder
01:19:28ce côté humain
01:19:29que l'on néglige trop
01:19:30parce qu'on parle de coût
01:19:31mais c'est une vraie
01:19:33crise sociale
01:19:34potentiellement
01:19:34qui couvre
01:19:35derrière
01:19:36vous voulez dire
01:19:36que les esprits sont mûrs
01:19:38ou qu'ils subissent
01:19:39et qu'ils font le constat
01:19:40après coup
01:19:40oui
01:19:41il y a une vraie prise
01:19:43de conscience
01:19:43de ce qu'est
01:19:44le phénomène climatique
01:19:45je crois que désormais
01:19:46on est mature
01:19:46et puis sur les chiffres
01:19:47la chose se présente
01:19:49aussi de manière
01:19:49très claire
01:19:50c'est un doublement
01:19:52de la partie sinistre
01:19:53sur les dernières années
01:19:54par rapport
01:19:55aux 10 années précédentes
01:19:56c'est à peu près
01:19:575 milliards d'euros
01:19:57par an
01:19:58en France
01:19:59c'est 130 milliards
01:20:00dans le monde
01:20:01et on voit bien
01:20:02que ça va croître
01:20:03à nouveau
01:20:03la projection donne
01:20:04un doublement
01:20:05d'ici à 2050
01:20:06voilà le diag
01:20:08c'est évidemment
01:20:09assez sombre
01:20:10la question
01:20:11qui vient immédiatement
01:20:12après
01:20:12c'est de se dire
01:20:13quand on est
01:20:14à un observatoire
01:20:14social et économique
01:20:15comme nous le sommes
01:20:16en tant qu'assureur
01:20:17qu'est-ce que l'on peut faire
01:20:18première question
01:20:19est-ce que nous avons
01:20:20lâchement abandonné
01:20:21les territoires
01:20:22la réponse
01:20:23elle a été donnée
01:20:23très récemment
01:20:24par l'observatoire
01:20:26de l'assurabilité
01:20:27par la caisse centrale
01:20:27de réassurance
01:20:28dans 98% des cas
01:20:30sur la métropole
01:20:31et bien
01:20:32nos sociétaires
01:20:33nos clients
01:20:34trouvent des assureurs
01:20:352% de tension
01:20:36mais généralement
01:20:37parce qu'il y a
01:20:38une densité insuffisante
01:20:39finalement de personnes
01:20:40mais c'est plutôt facile
01:20:42à couvrir
01:20:42donc non
01:20:43les assureurs
01:20:43n'ont pas lâché
01:20:44les territoires
01:20:44pour une raison
01:20:45qui est assez simple
01:20:46ça fait plus d'un siècle
01:20:47que les assureurs
01:20:48font de la mutualisation
01:20:50et essaient de couvrir
01:20:51le plus largement possible
01:20:52le monde
01:20:53est-ce que ça veut dire
01:20:54mais à l'avenir
01:20:56est-ce que
01:20:58vous pourrez continuer
01:20:59à tout assurer
01:21:00est-ce qu'aujourd'hui
01:21:01des logements
01:21:02ne deviendront
01:21:03inassurables
01:21:04alors on vient
01:21:05à cette question
01:21:05on ne peut pas faire
01:21:06l'autruche
01:21:07et qu'avant nous
01:21:07à traiter
01:21:08on a d'abord
01:21:08une dette
01:21:09un passif
01:21:10parce que
01:21:11pendant de longues années
01:21:13les constructions
01:21:13se sont faites
01:21:14dans des zones
01:21:14qui étaient très exposées
01:21:17des zones inondables
01:21:18d'autre part
01:21:19on a construit
01:21:19des maisons
01:21:20des bouilloires thermiques
01:21:22on a construit
01:21:23des maisons
01:21:24qui étaient
01:21:24finalement sur de l'argile
01:21:25et sans fondation
01:21:26ou sans analyse de sol
01:21:27et ces maisons-là
01:21:28elles bougent
01:21:29donc on a ce passif
01:21:30qu'il va falloir gérer
01:21:31et puis il y a l'avenir
01:21:32l'avenir c'est
01:21:33comment on construit demain
01:21:34sous quelle forme
01:21:35avec quel matériau résilient
01:21:37avec quel type d'analyse
01:21:38avec quelles précautions
01:21:39et à quels usages nouveaux
01:21:41on prend en compte
01:21:42et ça c'est deux dimensions
01:21:43qu'il va falloir traiter
01:21:44la dette
01:21:45et l'avenir
01:21:46mais est-ce que
01:21:46quand on est
01:21:47aujourd'hui un sociétaire
01:21:48ou un assuré
01:21:49est-ce que
01:21:50est-ce que si on se projette
01:21:51on se dit
01:21:52ok j'ai le choix
01:21:53entre être inassurable
01:21:57ou augmentation des cotisations
01:21:59est-ce que c'est l'un ou l'autre
01:22:00en fait
01:22:01c'est trop binaire
01:22:02ce que je vous dis
01:22:02oui mais quelles sont
01:22:03les alternatives
01:22:03soit on reste
01:22:05sur le modèle actuel
01:22:05qui est très couvrant
01:22:07et qui prend en charge
01:22:08les sécheresses
01:22:09les disondations
01:22:09les périls
01:22:10les grêles
01:22:10etc
01:22:10soit on reste
01:22:11sur ce régime-là
01:22:12couvrant
01:22:13soit on va sur un modèle
01:22:14anglo-saxon
01:22:15qui est hyper segmenté
01:22:16à chacun selon ses moyens
01:22:17soit même
01:22:18c'est la majorité des pays
01:22:20un certain nombre de périls
01:22:22ne sont pas couverts
01:22:22les sécheresses
01:22:24ne sont pas couverts
01:22:25vous parlez du régime
01:22:25des catenates
01:22:26oui le régime
01:22:27des catastrophes naturelles
01:22:28c'est quoi factuellement
01:22:29qui est une exception française
01:22:30je crois
01:22:30c'est une pépite
01:22:32c'est 42 euros
01:22:34par foyer et par an
01:22:35vous êtes couvert
01:22:36sur les sécheresses
01:22:37sur les inondations
01:22:39sur le mouvement de terrain
01:22:40voire sur le tremblement de terre
01:22:41et tout cela
01:22:42dans un modèle
01:22:43qui fait que
01:22:44tout le monde paye
01:22:45sa cote part
01:22:45et c'est parce que
01:22:46tout le monde paye
01:22:47qu'on arrive à absorber
01:22:48les grands chocs
01:22:49le problème d'aujourd'hui
01:22:50c'est que la sécheresse
01:22:52par exemple
01:22:52elle touche une maison
01:22:53sur deux
01:22:54une maison individuelle
01:22:55sur deux
01:22:55et donc la prime
01:22:56va vraisemblablement augmenter
01:22:58le catenate a été pensé
01:22:59en quelle année ?
01:23:0082
01:23:01d'accord
01:23:01donc en 80
01:23:02il a été pensé
01:23:03à une époque
01:23:04où on n'avait pas encore
01:23:06ce choc
01:23:07sur le dérèglement climatique
01:23:08non il n'y avait pas
01:23:09le dérèglement climatique
01:23:10mais il y avait quand même
01:23:11du bon sens
01:23:11qui consistait à dire
01:23:12on met un régime
01:23:14très original
01:23:14très couvrant
01:23:15mutualisé
01:23:16où tout le monde paye
01:23:17mais surtout
01:23:18disait-on à l'époque
01:23:19il ne faudra pas construire
01:23:20n'importe où
01:23:20la réalité
01:23:21c'est qu'on a construit
01:23:22n'importe où
01:23:23c'est ça qu'on paye
01:23:24comme dette en réalité
01:23:25mais est-ce qu'il faut revoir
01:23:26les contours de catenate
01:23:27quelque part
01:23:28pour mieux l'adapter
01:23:29aux enjeux de notre époque ?
01:23:30on peut l'amender
01:23:31mais comme je le disais
01:23:32il n'y a pas 36 miracles
01:23:34il y a une solution
01:23:36mutualisée
01:23:36il y a une solution
01:23:37selon nos moyens
01:23:38ou une solution
01:23:38où on ne couvre pas
01:23:39tous les périls
01:23:40et moi je suis d'avis
01:23:41de couvrir un maximum
01:23:43de périls
01:23:43il faut que l'assurance
01:23:44reste accessible
01:23:45mais 42 euros
01:23:46ça va évoluer dans le temps
01:23:47j'ai dit que
01:23:48le coût climatique
01:23:50va doubler
01:23:50s'il double
01:23:52on peut penser
01:23:52que la cotisation
01:23:54finira par doubler
01:23:54ou tripler
01:23:55mais je vous parle
01:23:56quelque chose
01:23:56qui va atteindre
01:23:57peut-être 150 euros
01:23:58à l'horizon
01:23:59un peu lointain
01:24:00de 2040
01:24:01ou 2050
01:24:01donc il faut
01:24:05limiter le risque
01:24:06à la fois
01:24:07par sa valeur
01:24:08mais aussi
01:24:09par l'atténuation
01:24:09ce sont les mesures
01:24:10de prévention
01:24:11un assureur
01:24:12doit être un préventeur
01:24:13et doit s'engager
01:24:14dans la prévention
01:24:15un assureur
01:24:15doit être un préventeur
01:24:16nous dit Jean-Philippe Donneton
01:24:17le directeur général
01:24:18de la Massif
01:24:20merci beaucoup
01:24:20d'être venu
01:24:22sur notre studio
01:24:23délocalisé
01:24:24de BFM Business
01:24:25voilà
01:24:26j'ai été très heureux
01:24:27de passer cette heure et demie
01:24:28en votre compagnie
01:24:29depuis les rencontres économiques
01:24:31d'Aix-en-Provence
01:24:32j'espère qu'on a pu
01:24:33vous apporter
01:24:33quelques points de repère
01:24:34avec mes experts sans frontières
01:24:36et avec nos invités
01:24:37sachant que le thème ici
01:24:39c'est bien sûr
01:24:39comment naviguer
01:24:40dans un monde
01:24:41sans repère
01:24:43je vous souhaite
01:24:44une très bonne soirée
01:24:44à tous
01:24:44et surtout
01:24:45vous allez rester avec nous
01:24:47demain matin
01:24:47vous connecter
01:24:48parce que ça va être
01:24:49spectaculaire
01:24:50nous serons toujours
01:24:50depuis notre studio
01:24:51à Aix
01:24:52vous aurez bien sûr
01:24:53samedi matin
01:24:54en direct
01:24:55les experts
01:24:56de Raphaël Legendre
01:24:57et ensuite
01:24:58les grands entretiens
01:24:59d'Edwige Chevrillon
01:25:01où elle aura
01:25:02entre autres
01:25:02allez
01:25:03je vous le dis en mille
01:25:04Patrick Pouyanné
01:25:04le patron de Total Energy
01:25:05mais aussi
01:25:06le président
01:25:07du MEDEF
01:25:08ou la nouvelle présidente
01:25:09de La Poste
01:25:10vraiment que des profils
01:25:11haut de gamme
01:25:12qui seront dans les grands
01:25:13entretiens d'Edwige Chevrillon
01:25:15très bonne soirée à tous
01:25:16et puis tout de suite
01:25:17vous allez avoir un best-of
01:25:18des chroniques IA
01:25:19et des chroniques tech
01:25:20d'Anthony Morel
01:25:21allez
01:25:22très bonne soirée à tous
01:25:23sur BFM Business
01:25:27les experts sans frontières
01:25:29sur BFM Business
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