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  • il y a 29 minutes
« Les Experts sans frontières », c’est le rendez-vous qui nous fait sortir de notre bulle. Chaque vendredi de 18h à 19h sur BFM Business, des experts étrangers installés en France analysent les grands débats de la semaine avec un œil neuf, détaché des prismes franco-français. Finances publiques, réformes, réarmement de l’Europe, choix politiques, international… Leur regard extérieur éclaire, questionne et parfois secoue. Un décryptage sans frontières pour mieux comprendre les grands enjeux du moment.

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Transcription
00:00BFM Business présente
00:05Les experts sans frontières
00:11Bonjour, bonjour à tous et bienvenue dans les experts sans frontières.
00:14Je suis ravie de vous retrouver parce qu'aujourd'hui on va sortir de notre prisme franco-français,
00:18prendre un peu de hauteur pour débriefer le match qui s'est joué à Pékin entre Donald Trump et Xi
00:24Jinping
00:24parce qu'après leur rencontre historique, il y a juste un tout petit problème,
00:28c'est que leurs récits sur la rencontre ne sont pas du tout les mêmes.
00:32Ils sont même plutôt opposés, le contraste est saisissant, on verra ce que ça révèle.
00:36On ne va pas oublier un autre rendez-vous clé qui s'est joué ces dernières heures en Asie,
00:40c'est la réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS.
00:43Elle vient de s'achever à New Delhi, à l'ombre du conflit iranien,
00:46puisque Abbas Arrakshi était présent et il a tout essayé pour créer une coalition anti-américaine,
00:53pour l'instant sans succès.
00:54Entre-temps, à Budapest, le gouvernement hongrois guidé par Peter Maguiar s'installe.
00:59Oui, mais il faut d'abord se débarrasser de l'héritage de celui qui l'a précédé
01:03et Maguiar le fait de manière très très spectaculaire.
01:06Mais qu'y a-t-il vraiment derrière cette volonté affichée de se débarrasser totalement de l'ère urbaine ?
01:11Et alors est-ce qu'à Bruxelles, après toute cette joie affichée après la défaite de Vector Orban,
01:15il faudrait plutôt commencer à se méfier ?
01:18Et c'est le menu des Experts Sans Frontières dans 5 petites minutes.
01:21Mais tout de suite, c'est le journal de Stéphanie Collot.
01:26Les Experts Sans Frontières
01:28Et bienvenue, si vous nous rejoignez, on est dans Les Experts Sans Frontières.
01:31Ils sont autour de moi, ils sont là, les Experts Sans Frontières.
01:34Ils vont nous aider ce soir à sortir du prisme purement franco-français,
01:38à prendre un peu de hauteur sur cette actualité internationale.
01:41Vous allez voir que ce casting est tout à fait parfait pour décrypter tout ce qui s'est passé ces
01:45derniers jours dans l'actualité internationale.
01:48Puisqu'on a avec nous Chuniali, bonsoir.
01:50Bonsoir.
01:51Vous êtes fondatrice de Feida Consulting et vous êtes experte des relations sino-françaises.
01:56Face à vous, à côté de vous, vous avez un bloc américain, vous avez Stephen Ekovic, bonsoir.
02:02Bonsoir.
02:02Vous êtes professeur de sciences politiques et d'histoire à l'Université américaine de Paris.
02:06Et un peu plus au nord, vous avez Stéphane Bureau, bonsoir.
02:09Bonsoir.
02:09Vous êtes éditorialiste québécois, vous êtes consultant chez nos frères de BFM TV, spécialiste des Etats-Unis.
02:15Puis en Europe, on revient à notre chère Europe avec Sandrine Weiss.
02:18Bonsoir.
02:19Bonsoir.
02:20Vous êtes journaliste franco-ancroise et vous êtes spécialiste du commerce international et de la diplomatie économique.
02:26Moi, j'ai envie de rentrer tout de suite dans le vif du sujet parce qu'on a vu cette
02:30semaine,
02:30cette rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping.
02:33On l'a tellement attendu, on en a tellement parlé.
02:36Et puis en fait, aujourd'hui, on a l'impression qu'on a deux rencontres différentes qui se sont passées
02:39parce que quand on écoute les récits de l'un et de l'autre, on a l'impression qu'ils
02:43ne sont d'accord sur rien de ce qui s'est passé.
02:45On va écouter Donald Trump et Xi Jinping.
02:49Nous entrons dans une nouvelle ère, marquée par des échanges réguliers visant à établir une relation stable entre nos deux
02:58pays.
02:59La question essentielle est de savoir si nous sommes capables de dialoguer sur un pied d'égalité,
03:04ce qui constitue une condition sine qua non au développement de nos relations.
03:07Le président Xi aimerait qu'un accord soit conclu.
03:10Il aimerait qu'un accord soit conclu.
03:12Et il a proposé son aide.
03:13Il a dit que s'il pouvait être utile d'une quelconque manière, il serait ravi de l'être.
03:17Il a vraiment dit ça ?
03:18Oui, il l'a dit et écoutez, quiconque achète autant de pétrole a évidemment une certaine relation avec lui.
03:24Mais il a dit, je serais ravi de vous aider si je peux vous être d'une quelconque aide.
03:28Il aimerait que le détroit d'Hormuz soit ouvert et a dit,
03:31si je peux vous être d'une quelconque aide, je serais ravi de vous aider.
03:35Bon, Stéphane Bureau, ils ne sont d'accord sur rien.
03:38Qu'est-ce qui s'est passé en réalité pendant cette rencontre ?
03:40Alors, si on était dans une fable de La Fontaine,
03:42on aurait pu à certains moments, particulièrement quand ils se sont retrouvés côte à côte,
03:47le prolixe et le mutique, ça aurait pu être la fable.
03:50Parce que d'un côté, il y a un président Trump qui était bavard, enthousiaste,
03:54plein de compliments adressés à Xi,
03:57prêt à dire qu'il s'entendait parfaitement,
03:59qu'ils étaient sur la même longueur d'onde sur la question de l'Iran,
04:02de la réouverture du détroit d'Hormuz, de la libre circulation.
04:05Et même sur le nucléaire iranien.
04:07Et un président à côté, donc, qui était mutique, qui ne disait pas un mot.
04:11Et quand on analyse les déclarations de part et d'autre,
04:14alors c'est vrai qu'il y a des points d'intersection dans les communications chinoises et américaines.
04:18Lesquels ?
04:18Les Chinois sont d'accord avec les Américains.
04:20Il devrait y avoir une libre circulation.
04:22Pour autant, ils n'ont pas dit qu'ils allaient aider les Américains
04:25à les désembourber de là où ils sont en ce moment.
04:29Les Chinois, je pense, et on a à mes côtés quelqu'un de beaucoup plus compétent pour en parler,
04:33n'engageront pas leur capital politique à faire des promesses qu'ils ne pourraient pas tenir.
04:40Je les vois très mal dire, nous allons faire ce qu'il faut pour convaincre les Iraniens.
04:44D'abord, peut-être parce que les Iraniens sont souverains, plus qu'on l'imagine.
04:47Sinon que la Chine est un peu, sinon beaucoup, qu'au belligérant.
04:50C'est un allié de l'Iran, a certainement, et ce n'est pas un secret, fourni du renseignement en
04:56open source,
04:57puis peut-être aussi a envoyé du matériel dual, donc usage civil et peut-être militaire.
05:04Les Chinois sont présents.
05:05Et je les vois très, très mal.
05:07Donc, dire ouvertement, oui, nous allons, aux côtés des Américains,
05:11ou en bonne intelligence avec ceux-ci, les aider à sortir du pétrin.
05:16Je pense qu'ils sont à se délecter, au contraire, de voir les Américains, fragiles, empêtrés,
05:23à utiliser beaucoup de ressources pour ne pas beaucoup avancer.
05:27Dans le fond, les Chinois, de leur point de vue, et encore une fois, je pense qu'il y a
05:29quelqu'un de plus compétent à mes côtés,
05:30mais voient les Américains s'épuiser sans qu'eux aient rien à faire.
05:34Et puis sur la question de Taïwan, quand le président choisit de dire,
05:38j'aurai des commentaires, mais après que je sois parti, que j'ai quitté le territoire,
05:42c'est aussi assez peu habituel, disons.
05:45Le président Trump a l'habitude d'être plus fort en gueule.
05:49C'est franc, oui.
05:50Et donc, cette espèce de timidité, il a été dans les clous.
05:54Et je termine là-dessus, Trump a été trois fois dans les clous cette année.
05:57Deux fois en face du roi Charles, quand il est allé le voir en Angleterre,
06:00quand Charles est venu à la Maison-Blanche,
06:01et puis devant cet autre roi, Xi Jinping.
06:05Il respectait les notes qui lui avaient été données.
06:07Il lisait son discours.
06:08C'est inhabituel.
06:10C'est très rare, ça mérite d'être souligné.
06:11C'est intéressant ce que vous dites sur le fait de ne pas arrêter son ennemi.
06:15Il y a eu une de presse, il n'y a pas si longtemps,
06:16qui disait qu'il ne faut jamais arrêter son ennemi pendant qu'il est en train de faire une erreur,
06:21exactement, qui reprenait cette phrase.
06:24Chunyan Liwou, vous avez l'habitude de commenter les relations franco-chinoises.
06:30Est-ce que c'est quelque chose d'habituel chez Xi Jinping de faire des démentis ?
06:35Puisque là, c'est un peu ce qui s'est passé quand il raconte que non,
06:38les Chinois n'ont pas exactement dit qu'ils seront prêts à aider les Américains dans le détroit d'Hormuz.
06:44Est-ce que c'est habituel, c'est une posture habituelle pour les Chinois ?
06:47Ils sont dans leur rôle ?
06:48Je pense que c'est d'une façon un peu différente, en fait,
06:53d'interpréter ce qui s'est passé.
06:55Et surtout du côté chinois, on se montre plus prudente.
06:59Et puis culturellement aussi, on est plus réservé.
07:02On n'est pas aussi pavard que Trump.
07:06Donc, non seulement sur la question de l'Iran,
07:08mais aussi sur les accords commerciaux annoncés par Trump,
07:13par exemple sur l'achat de 200 avions Boeing.
07:16Du côté chinois, on n'a pas encore validé officiellement cela dans une publication.
07:22Donc, je pense que sur la question de l'Iran,
07:24au fond, déjà, la Chine n'est pas vraiment d'accord avec l'attaque lancée par les États-Unis,
07:31ce qui a causé plein de problèmes dans la région.
07:34Voilà.
07:35Et puis, la Chine, à ce stade, comme toujours,
07:39elle ne se mêle pas dans les conflits militaires ou politiques des autres pays,
07:45parce que la Chine applique une politique de non-intervention,
07:48non-ingérence dans les affaires des autres pays.
07:52Donc, elle souhaite, bien sûr, que ce problème soit résolu de façon pacifique.
07:57Elle appelle à ces deux parties de résoudre le problème à travers la négociation,
08:03au lieu d'utiliser la force.
08:05Mais, voilà, je ne pense pas qu'elle s'implique militairement ou politiquement,
08:12de manière très forte dans cette affaire.
08:14Steven Lecovitch, vous connaissez parfaitement les États-Unis,
08:18vous vous occupez souvent de Donald Trump.
08:20Est-ce que vous pensez que cet écart qu'on a vu,
08:22c'est normal qu'il y ait un peu d'écart entre les récits diplomatiques,
08:25mais cet écart qui est particulièrement fort aujourd'hui,
08:28est-ce que vous pensez que ça reflète aussi la personnalité, finalement,
08:30des deux hommes qui ont mené cet entretien de personnalités très différentes ?
08:34Oui, certainement.
08:35Je ne sais pas si Xi Jinping a vraiment démenti les propos.
08:39Je crois qu'il a raconté les réalités,
08:41parce que Donald Trump a tendance à plutôt penser les propos pour les réalités
08:45ou tenter de faire advenir une réalité à la suite,
08:49un certain débit de ses propos.
08:53Donc, sur ce registre-là, je crois que c'était plutôt nécessaire
08:58pour Xi Jinping d'accontrer la vérité.
09:02Et de toute façon, ce qui est à la fois...
09:06Non, ce qui est insolite, c'est la façon diplomatique d'une façon générale de Donald Trump.
09:12Lui, il voit la diplomatie comme une lutte de boxeur,
09:15mano a mano, homme à homme, prêt à improviser.
09:20Et il faut avouer qu'il s'avère qu'il y avait très peu de préparation
09:26du côté américain pour ce sommet,
09:29tandis que les Chinois étaient très, très rigoureux,
09:33très, très, très organisés.
09:35Tout était préparé avec tous les experts.
09:39Finalement, Donald Trump est venu avec les hommes,
09:42les plus riches des États-Unis.
09:45Et c'est aussi une image qui n'était pas très favorable à Trump.
09:49Déjà, sur les médias américains, on commentait le langage corporel,
09:53le langage du corps des deux, où on voyait que Donald Trump était un peu affaissé,
10:00écrasé, un peu perdu,
10:02tandis que le président, on dit président,
10:05mais c'est le président du Parti communiste aussi.
10:07Donc, il y a une ambiguïté en français,
10:11parce qu'en anglais, c'est le chairman et le président.
10:14Mais là, d'une façon, on a commenté cette manière posée,
10:24calme, responsable par rapport à Donald Trump,
10:27qui avait l'air parfois désorienté,
10:30et encore une fois, pas tout à fait dans ses baskets, si vous voulez.
10:34Et c'était très remarqué pour les médias américains.
10:39Même à droite, ils étaient humiliés.
10:43On a senti une humiliation aux États-Unis
10:45que par rapport à ses hôtes,
10:49Donald Trump n'était pas à l'auteur.
10:52Ce qui fait qu'on emmenait ces hommes riches.
10:55D'ailleurs, ces hommes qu'il a emmenés,
10:58parmi les plus riches des États-Unis,
11:00c'était quasiment les mêmes qui étaient à ses côtés
11:04pendant son investiture.
11:07Et cette image était très, très fustigée aux États-Unis.
11:10Pourquoi tous les riches sont accruits de Trump
11:12au moment où il a prêté serment pour entrer en fonction ?
11:18Il s'avère que ce sont les mêmes, quasiment,
11:21personnes qu'il a emmenés en Chine.
11:24On peut dire que c'est normal d'emmener les industriels,
11:27mais normalement, normalement, dans une diplomatie de sommet,
11:31tout est préparé avant.
11:33Il y a un débrouillage de toutes les petites questions.
11:37Les contrats sont déjà écrits
11:39et les grands viennent pour signer et publier un communiqué.
11:46Ce n'était pas de tout ça.
11:48Il y avait très, très peu de préparation du côté américain.
11:51Encore une fois, il y avait, semble-t-il,
11:52beaucoup plus du côté...
11:55Donc, oui, il a emmené ses hommes,
11:59mais ce qui est différent, c'est qu'il les a emmenés
12:01pour les mettre en spectacle.
12:04Encore une fois, c'est normal d'emmener ses industriels,
12:06mais pour vraiment discuter des choses sérieuses,
12:10même avant.
12:11Mais là, c'était...
12:13C'était plutôt pour être soutenu.
12:14Oui, de toute façon,
12:17dans le diplomatie comporte un large volet de communication, d'images.
12:22Et là, les contrastes et des hommages étaient frappants.
12:28Et encore une fois,
12:30même les médias de droite américaines, républicaines,
12:33étaient gênés.
12:34C'est intéressant ce que vous dites sur la communication.
12:36Vous avez parlé dans Donald Trump,
12:37même du point de vue du langage corporel,
12:40un peu déconfit, un peu timide.
12:43Nous, on a tous dit, avant cette rencontre,
12:46que finalement, Donald Trump partait en position de faiblesse
12:48et que c'était Xi Jinping qui avait la main.
12:51Le match est terminé.
12:52Qui l'a gagné, ce match ?
12:53On ne peut pas répondre à cette question,
12:55parce qu'évidemment, je rejoins cette analyse.
12:57On a, d'un côté, et rien d'étonnant à ça,
12:58un dirigeant américain exubérant, comme d'habitude,
13:01qui a une liberté de ton qu'on n'imaginerait pas en France.
13:04Il peut dire, journaliste, vous êtes nul,
13:05vous mentez, vous mentez, dans son avion de retour.
13:08Et puis, de l'autre côté, on a effectivement
13:10un dirigeant chinois beaucoup plus,
13:11peut-être pas mutique, mais beaucoup plus discret.
13:14Alors, moi, je voudrais dire deux choses à ce sujet.
13:16La première, c'est que ça reflète aussi
13:18tout à fait les stratégies commerciales.
13:20C'est-à-dire que, haut et fort,
13:23Donald Trump annonce qu'il décroche des contrats,
13:26et c'est sa façon de faire.
13:27Et pendant ce temps-là,
13:28la Chine construit depuis dix ans à bas bruit
13:32tout un ensemble d'infrastructures
13:34qu'on appelle les nouvelles routes de la soie
13:36ou la BRI,
13:37et rachète des ports en Europe,
13:40construit des infrastructures ferroviaires,
13:42maritimes,
13:43qui permettent d'inonder le marché.
13:46Donc ça, ça illustre aussi
13:49cette façon de faire.
13:51Et puis, la deuxième chose vraiment importante,
13:53et on n'insiste pas forcément assez là-dessus,
13:54c'est que tout le monde a le même intérêt,
13:56in fine,
13:57parce qu'évidemment,
13:58les États-Unis ont intérêt à la réouverture d'Hormuz.
14:01Ça, on le sait, on en débat,
14:03mais si on réfléchit aussi sur la Chine,
14:05la Chine, elle bâtit toute sa force
14:07sur l'ouverture de son économie,
14:08et la Chine, elle est forte parce qu'elle exporte.
14:12Ça veut dire qu'elle n'a aucun intérêt
14:13à ce que, de façon un peu durable,
14:15il y ait un blocage du commerce international,
14:18des problèmes de pouvoir d'achat.
14:19Donc, in fine,
14:20et à terme assez court,
14:23les deux puissances ont le même intérêt.
14:25Et c'est vrai que la Chine a aussi un autre intérêt,
14:27c'est Taïwan.
14:28Taïwan qui était pourtant un angle mort
14:30de ces négociations,
14:31puisque quand on regarde les déclarations
14:33de la Maison-Blanche,
14:34elle ne mentionne pas Taïwan.
14:35Et Donald Trump, lui,
14:36a ignoré une question de journaliste
14:38concernant sa position sur Taïwan.
14:40Justement, vous évoquiez la liberté
14:41qu'il se permet.
14:43Il a ignoré cette question.
14:45On sait, en revanche,
14:46que pour les Chinois,
14:47ce sujet de Taïwan,
14:48c'est vraiment le sujet le plus important
14:49dans les relations chino-américaines.
14:51Et Pékin a même dit
14:52que c'est ce sujet-là
14:53qui va déterminer la bonne entente
14:55des relations entre Washington et Pékin.
14:58Ou, au contraire,
14:59un horizon conflictuel
15:01si cette relation était mal gérée.
15:03Alors, ce n'était pas un angle mort.
15:04Je pense que les Chinois et les Américains
15:06savaient que c'était l'éléphant dans la pièce,
15:08même si l'éléphant, peut-être,
15:09n'était que virtuel.
15:11Ce n'est pas un hasard
15:12si Donald Trump a choisi
15:13de ne pas répondre
15:14et de plutôt commenter
15:15sur le décor agréable
15:16dans lequel il était.
15:17C'est assez peu fréquent
15:19que Donald Trump soit aussi circonspect,
15:22mais c'est parce qu'il savait
15:22qu'il marchait sur des oeufs.
15:24Pour autant, il a créé un précédent.
15:26C'est-à-dire que dans la relation
15:28qui lie les États-Unis à Taïwan,
15:30alors relation qui n'est pas balisée
15:32par des contrats,
15:33des ententes, des traités,
15:35mais il y a quand même des précédents.
15:39Et en particulier,
15:40une entente qui était intervenue
15:42entre l'administration de Ronald Reagan
15:44et Taïwan en 1982,
15:46où on garantissait certaines choses
15:47parce que c'était l'époque
15:49où les États-Unis basculaient.
15:51C'est-à-dire qu'on acceptait
15:53que la Chine était unique.
15:55On acceptait que la Chine de Pékin
15:57occupe le siège
15:58au Conseil de sécurité des Nations Unies
16:00avec le veto qui vient avec.
16:02Pour autant,
16:02on ne voulait pas larguer Taïwan,
16:04qui avait été historiquement l'allié,
16:06donc la Chine de Chiang Kai-shek,
16:08en 1949.
16:10Et donc, on faut visiter
16:10les six assurances à Taïwan.
16:12Exact.
16:12Et dans ces garanties,
16:13il y avait entre autres cette idée
16:14que jamais les États-Unis
16:16ne consulteraient Pékin
16:17quand ils décideraient
16:18de vendre des armes à Taïwan
16:20et que le niveau des armes vendues
16:22serait, je dirais,
16:24plus ou moins le même maintenu
16:26au niveau où il était à l'époque.
16:28Or, Donald Trump
16:29a plutôt discuté
16:31du contrat d'armes
16:33qui est en ce moment contentieux,
16:35parce que c'est un vrai contentieux.
16:36Les armes ont été vendues,
16:38les autorisations ont été données
16:40et elles n'ont pas encore été livrées.
16:42Et là-dessus,
16:43c'est un peu motus
16:44et bouche cousue.
16:44On ne sait pas ce qui se passe.
16:46Il est réfléchi.
16:47C'est ce que nous disent
16:48les dernières informations du presse.
16:49Alors, c'est un précédent
16:50qui dit quelque chose
16:51de la relation entre les États-Unis
16:52et Taïwan
16:53parce que sur la question
16:55de la sécurité de Taïwan,
16:56les Américains ont cette politique
16:58de l'ambiguïté stratégique
17:00qui signifie exactement ce qu'elle est.
17:02C'est ambigu.
17:02On ne sait pas
17:03s'ils se porteraient au secours
17:04de Taïwan
17:05s'ils étaient attaqués.
17:07Mais ce qu'on comprend par ailleurs,
17:08et ce n'est pas tout à fait en creux,
17:10avec Donald Trump avant de partir,
17:11qui disait, vous savez,
17:12Taïwan, c'est à 130 kilomètres
17:14des côtes chinoises.
17:15C'est à quelques milliers
17:16de kilomètres de chez nous.
17:17Donc, déjà,
17:18ça annonce un peu le programme.
17:19Vous l'avez dit, Stéphane,
17:20si Pékin parle de Taïwan,
17:22c'est qu'ils veulent éviter le conflit.
17:24Donc, ils disent effectivement
17:25si les États-Unis
17:25continuent de soutenir Taïwan,
17:27s'ils vont plus loin,
17:28c'est là qu'on va rentrer.
17:30Et tout ce que font
17:30les Américains en ce moment
17:31tend à donner raison aux chinois.
17:33C'est-à-dire que cette ingérence
17:37dans des sphères
17:38qui ne sont pas les leurs.
17:39Et puis, quand ils disent,
17:40nous avons une sphère d'influence
17:42avec des ambitions sur le Venezuela
17:44qui pourraient devenir,
17:45alors c'était le Canada à une époque,
17:46aujourd'hui, c'est le Venezuela,
17:4751e État,
17:49au-delà de la boutade,
17:50ce qu'ils feront très prochainement à Cuba,
17:52parce que les Américains, je pense,
17:53préparent quelque chose à Cuba,
17:54visitent quand même cette semaine
17:56du patron de la CIA à Cuba.
17:58Ce n'est pas une anecdote.
17:59Pour toutes ces raisons,
18:00les Chinois ont tout à fait raison
18:02de se dire que si c'est bon
18:03pour les Américains
18:04dans leur zone d'influence,
18:06c'est peut-être bon pour nous aussi.
18:08On va appliquer le même raisonnement
18:09à Taïwan.
18:10D'autant que les Américains reconnaissent
18:11que Formos, aujourd'hui Taïwan,
18:15est du territoire chinois.
18:17En tout cas, Xi Jinping, lui,
18:18officiellement veut l'éviter,
18:20ce conflit.
18:21Il l'a évoqué de manière très explicite
18:23devant Donald Trump,
18:23puisqu'il a parlé du piège
18:25de tous ses dits.
18:26C'est une référence historique
18:27à la compétition
18:28entre les villes grecques
18:30d'Athènes et de Sparte.
18:31Il a dit que l'ascension d'Athènes
18:33inspirait une telle crainte
18:34à Sparte
18:35que la guerre entre les deux villes
18:37était inévitable.
18:38Quelque part,
18:39il invite Donald Trump
18:39à ne pas tomber dans ce piège,
18:41à ne pas se sentir menacé
18:42par l'ascension
18:44de la puissance chinoise.
18:45Est-ce qu'on peut imaginer
18:46Athènes et Sparte
18:47qui collaborent
18:48ou ils vont finir
18:49inévitablement
18:50par aller au conflit ?
18:53Vous voulez dire
18:54plus concrètement ?
18:55Pardon ?
18:56Votre question ?
18:56Plus concrètement.
18:57Est-ce que vous pensez
18:58qu'inévitablement,
18:59même si la Chine
19:00de Xi Jinping
19:00et Donald Trump
19:01essayent pour l'instant
19:03de ne pas aller au conflit,
19:04est-ce qu'au final,
19:05ils vont se retrouver
19:06à aller à un conflit
19:07plutôt direct ?
19:09Sur la question de Taïwan ?
19:10Par exemple, oui.
19:12Moi, je pense que
19:13la stratégie de la Chine
19:14actuellement,
19:15c'est quand même
19:16essayer d'éviter
19:18d'entrer,
19:19d'utiliser la force
19:20sur la question de Taïwan.
19:23comme je l'ai dit
19:25avant aussi,
19:26Sun Tzu a une citation
19:27très connue,
19:28le meilleur savoir-faire
19:29n'est pas de gagner
19:31100 victoires
19:32dans 100 batailles,
19:33mais plutôt de battre
19:35son ennemi
19:35sans combattre.
19:37Donc,
19:37la Chine
19:38essaie de montrer
19:39sa puissance
19:41et sa force militaire
19:43ou d'autres types
19:45de forces,
19:45c'est aussi
19:46pour faire comprendre
19:47au monde
19:48qu'il faudrait
19:49rester prudent
19:50sur la question
19:51de Taïwan.
19:52Donc,
19:52la voie idéale
19:53pour la Chine,
19:54c'est quand même
19:54de pouvoir
19:56résoudre
19:56le problème
19:57de Taïwan
19:58à travers
19:59une voie pacifique.
20:01Moi,
20:02je ne pense pas
20:03qu'à ce stade
20:03qu'il y ait
20:05de conflits
20:06très graves
20:06sur la question
20:07de Taïwan.
20:09Actuellement,
20:10la Chine
20:10a d'autres préoccupations
20:11à l'intérieur
20:12de la Chine.
20:13L'économie chinoise
20:15aussi subit
20:16une certaine pression.
20:18Donc,
20:19on a d'autres sujets
20:20à résoudre,
20:21à traiter
20:22et la Chine
20:23a aussi vu
20:24les conséquences
20:25avec la Russie
20:27qui a attaqué
20:29l'Ukraine.
20:30Je ne pense pas
20:31que sur la question
20:33de développement durable
20:34ou sur l'image
20:36de la Chine,
20:37ce soit
20:38la meilleure solution,
20:40la meilleure voie
20:41pour la Chine.
20:42Pourtant,
20:42c'est un peu
20:43ce qu'ils disent.
20:43Ils disent que c'est
20:44le sujet crucial
20:45dans les relations
20:45avec les États-Unis.
20:47Ils disent que c'est
20:47ce point-là de Taïwan
20:49qui va faire
20:49toute la différence.
20:51Qu'est-ce que vous en pensez,
20:51Sandrine,
20:52très rapidement ?
20:52Est-ce qu'on va
20:53finalement aller
20:54à un conflit
20:55de manière inévitable
20:56entre les États-Unis
20:56et la Chine ?
20:57Probablement pas,
20:58non.
20:59Mais là encore,
21:00moi, je ne vois pas
21:03l'avenir.
21:03Donc, j'attends
21:04de voir ce qui se passe
21:05et j'attends
21:05de voir les annonces
21:06avant de les commenter.
21:07Qu'est-ce que vous en pensez,
21:08Stephen ?
21:08Oui, le piège
21:09de suicidisme,
21:10c'est un concept
21:11inventé par un stratège
21:13américain.
21:13L'idée,
21:14c'est que la puissance
21:18hégémonique guette
21:19toutes les puissances
21:20montantes.
21:21Et à un moment
21:21ou à un autre,
21:22il faut faire
21:23une guerre préventive
21:24pour prévenir
21:27un vrai challenge
21:30à la puissance hégémonique.
21:32Mais juste pour montrer
21:34à quel point
21:35les mots
21:36sont des acteurs
21:38diplomatiques,
21:40jusqu'à présent,
21:42on vit une fiction
21:43que le Taïwan
21:44n'est pas un pays
21:45indépendant.
21:46En fait,
21:47de facto,
21:48c'est un pays indépendant.
21:49Mais pour soigner
21:51le rapport
21:51avec la Chine,
21:52il faut se comporter
21:54comme si
21:54le Taïwan
21:56n'est pas
21:56un pays indépendant.
21:57mais donc
21:58la position officielle
22:00des États-Unis
22:01est
22:01on ne soutient pas
22:02et le mot
22:03est important
22:04support,
22:05on ne soutient pas
22:06l'indépendance
22:07du Taïwan.
22:09Mais
22:09Xi Jinping
22:10veut maintenant
22:11que les Américains
22:11disent clairement
22:12parce qu'il dit
22:13qu'il faut
22:14clarifier
22:15en fait
22:15les propos.
22:17Pourquoi pas
22:18dire
22:19qu'on est opposé
22:21à l'indépendance
22:23de Taïwan ?
22:23C'est un mot
22:24mais ça change
22:24tout.
22:26Surtout pour
22:26les Taïwanais,
22:28ça change
22:29tout.
22:30Mais on peut
22:31imaginer
22:31que peut-être
22:32c'est comme
22:33la Chine,
22:33je crois aussi,
22:34veut aller doucement
22:35et prendre
22:36le Taïwan
22:36par d'autres moyens
22:37si possible.
22:38On peut imaginer
22:39que la prochaine étape
22:40est aussi.
22:41si on peut dire
22:42que les États-Unis
22:43sont opposés
22:44à l'indépendance
22:45de la Chine,
22:46pourquoi pas
22:46la prochaine étape
22:48après,
22:49peut-être
22:49ça serait bien
22:50d'établir
22:51une certaine
22:51réconciliation
22:53positive
22:54entre les deux.
22:55Et la prochaine étape
22:56après ça,
22:57c'est pourquoi pas
22:58une unification
22:59finalement
23:00du Taïwan
23:01et de la Chine.
23:02Donc
23:03la Chine
23:04joue un jeu
23:04à plus longue durée,
23:06je crois,
23:07sans vouloir
23:08provoquer
23:11un affrontement
23:12armé
23:13avec la Taïwan
23:14et aussi
23:15avec les États-Unis.
23:16Mais il faut dire
23:16que la Taïwan
23:17aussi est dans
23:18une région.
23:20Ce n'est pas seulement
23:21les États-Unis
23:22qui ont des intérêts
23:23par rapport
23:23à la Chine.
23:24Il y a l'Australie,
23:25le Japon,
23:26il y a plein de pays
23:26dans l'Indo-Pacifique
23:28aussi
23:29qui ont un intérêt
23:30à voir évoluer
23:32cette tension
23:33d'une autre façon.
23:35Donc
23:35il faut
23:37extraire
23:38cette tension
23:39bien au-delà
23:40des tensions
23:42bilatérales
23:42et de la veste régionale.
23:45de cette zone
23:46Indo-Pacifique
23:47qui aujourd'hui
23:48c'est le centre
23:48de gravité
23:49de l'économie mondiale.
23:50C'est beaucoup d'habitants,
23:51beaucoup de PIB
23:51et tous ces pays
23:52n'ont aucun intérêt
23:53à une hégémonie
23:54encore renforcée
23:55de la Chine.
23:56Donc tous ces pays
23:57ne vont pas
23:59favoriser
23:59effectivement
24:00l'hégémonie chinoise.
24:02Alors on va guetter
24:03si le piège
24:03de Tufidine
24:04serait ferme
24:05sur les États-Unis
24:06et sur la Chine.
24:07Nous pourrons prendre
24:07une courte pause
24:08et on se retrouve
24:09juste après la pub
24:10pour les experts
24:10sans frontières.
24:14Bienvenue
24:15si vous nous rejoignez
24:15dans les experts
24:16sans frontières.
24:17Ils sont ici
24:18ou ils sont autour de moi.
24:19Je vais vous les représenter
24:20rapidement.
24:21Shunia Li,
24:22Steven Ekovich,
24:22Stéphane Bureau
24:23et Sandrine Weiss.
24:25On va rester en Asie
24:26après ce rendez-vous
24:28entre Donald Trump
24:29et Xi Jinping.
24:30Oui, parce qu'il y a
24:30un autre rendez-vous
24:31qui a été un peu éclipsé
24:32et qui pourtant
24:33est un rendez-vous crucial.
24:35Il s'est joué
24:35ces derniers jours
24:36à New Delhi.
24:37C'est la réunion
24:38des ministres
24:38des Affaires étrangères
24:39des BRICS.
24:40Réunion qui vient
24:41de s'achever
24:42cet après-midi.
24:43Là encore,
24:44l'ombre du conflit iranien
24:45a plané évidemment
24:46dans toutes les discussions
24:47surtout parce que
24:48les Iraniens
24:49étaient présents.
24:50Il y avait le ministre
24:50des Affaires étrangères
24:51Abbas Arraqchi.
24:53On sait d'ailleurs
24:54que les Iraniens
24:55essayent d'utiliser
24:56ce groupe des BRICS
24:57comme un appui diplomatique
24:58pour construire
24:59un consensus
25:00contre la guerre.
25:01Écoutez ce qu'a dit
25:02Abbas Arraqchi
25:03cet après-midi.
25:04L'Iran appelle donc
25:05les États membres
25:06des BRICS
25:07et tous les membres
25:08responsables
25:09de la communauté
25:09internationale
25:10à condamner explicitement
25:11les violations
25:12du droit international
25:13commises par les États-Unis
25:14et Israël,
25:17notamment leurs agressions
25:18illégales contre l'Iran.
25:20Membre des BRICS
25:21a empêché la politisation
25:23des institutions internationales
25:25et à prendre des mesures
25:26concrètes
25:26pour mettre fin
25:27au bellicisme
25:28et à l'impunité
25:29de ceux qui violent
25:30la Charte des Nations Unies.
25:33Bon, pour l'instant
25:34il n'y arrive pas
25:35cette réunion des BRICS
25:36est terminée
25:38sans consensus
25:39sans déclaration commune
25:40tout comme la précédente
25:42mais voilà
25:42on voit qu'il y a
25:43un effort diplomatique
25:44qui est fait
25:45de la part des Iraniens
25:47est-ce que les États-Unis
25:48devraient s'inquiéter
25:49Stéphane Bureau
25:49à votre avis ?
25:50De ce qui ne s'est pas passé
25:52à cette réunion
25:52de ce qu'ils devraient
25:53de faire tout de même ?
25:54Peut-être pas
25:55peut-être pas
25:55sinon que oui
25:56parce que ce qui est inquiétant
25:58du point de vue des États-Unis
25:59avec les BRICS
26:00c'est évidemment
26:00le rôle puissant
26:01qui joue la Chine
26:03qui a là
26:04je dirais
26:04un prolongement
26:05de son influence
26:07partout dans le monde
26:08et elle ne se gêne pas
26:09pour l'utiliser
26:10alors je pense que
26:11pour les Américains
26:12c'est un vrai souci
26:12et l'autre vrai souci
26:14c'est l'image
26:15alors je ne dirais pas
26:16de marque des États-Unis
26:17mais l'image de puissance
26:18des Américains
26:19qui est très malmenée
26:21par ce qui se passe
26:22en ce moment
26:22le problème
26:23quand on annonce
26:24à quelqu'un
26:24qu'on va le détruire
26:25et on prendra possession
26:26de tout ce qui lui appartient
26:28et qu'on n'arrive pas
26:28à le faire
26:29c'est d'être mis au jour
26:31pour ce que nous sommes vraiment
26:32c'est-à-dire que
26:32les États-Unis
26:33en ce moment
26:34sont dans une espèce
26:36de dilemme
26:37parce qu'ils sont
26:38à reconsidérer
26:38les options militaires
26:40parce qu'aussi
26:41il faut se rappeler
26:41que Donald Trump
26:42à répétition
26:44menace d'y retourner
26:45d'en rajouter
26:46une deuxième couche
26:46et ce dilemme
26:48c'est
26:48est-ce qu'on y va
26:50avec potentiellement
26:51le risque
26:52de faire la démonstration
26:52que la puissance
26:53militaire américaine
26:55est incapable
26:56de changer la donne
26:57avec un adversaire
26:59alors c'est pas
26:59petit adversaire l'Iran
27:01mais c'est quand même
27:01pas la Chine justement
27:03est-ce qu'on prend ce risque
27:04est-ce qu'il s'expose
27:05donc à répéter
27:07cette impuissance
27:07ou au contraire
27:09en ne faisant rien
27:10en fait une autre
27:11forme de démonstration
27:11et du point de vue
27:13des BRICS
27:13je crois que c'est
27:15c'est une période
27:16délicieuse
27:17parce qu'on est à constater
27:18ce qui a été
27:19prophétisé
27:20plusieurs fois
27:20la fin donc
27:21de cette hégémonie
27:22et de ces moyens
27:24qu'étaient ceux
27:24des Américains
27:25pour avoir
27:26l'influence
27:26qu'ils ont eue
27:27or aujourd'hui
27:28c'est une influence
27:29considérable
27:30tous ceux qui vous diront
27:31que les Américains
27:32sont l'ombre d'eux-mêmes
27:32je pense
27:34en fait
27:34consomment de la bonne drogue
27:35mais les Américains
27:37sont toujours puissants
27:38l'économie américaine
27:39est extrêmement puissante
27:41mais pour autant
27:42ils sont fragilisés
27:44et le rendez-vous raté
27:46dans le golfe Persique
27:48mais surtout
27:49avec l'Iran
27:50je pense
27:51va laisser
27:51des cicatrices
27:52profondes
27:53aux États-Unis
27:54comme en d'autres temps
27:56des aventures militaires
27:57qui n'ont pas été récompensées
27:58de succès
27:59pour les Américains
28:00on n'est plus dans le monde
28:01du MAGA
28:01on est dans le monde
28:01du Mawa
28:02make America
28:03weak again
28:04comme il l'était
28:04à la sortie
28:05de la guerre du Vietnam
28:06comme ils l'ont été
28:07ponctuellement
28:08quand ils ont essayé
28:09en avril 80
28:10d'aller
28:10de voler au secours
28:11de leurs otages
28:12en Iran
28:13et que le géant militaire
28:15s'est écrasé
28:15dans le désert
28:17et Donald Trump
28:18est un peu en face de ça
28:19celui qui avait promis
28:20de montrer les muscles
28:21est plutôt aujourd'hui
28:22ligoté
28:23pieds et poings liés
28:24à face de l'adversaire
28:25beaucoup plus petit
28:26Vous avez parlé
28:27du rôle de la Chine
28:29dans les BRICS
28:30c'est intéressant
28:30parce que la Chine
28:31a choisi de ne pas envoyer
28:32un représentant de haut niveau
28:34le ministre des Affaires étrangères
28:35est resté à Pékin
28:37justement pour cette visite
28:39de Donald Trump
28:39la Chine a été représentée
28:40par l'ambassadeur en Inde
28:42comment la lire
28:43cette absence de la Chine
28:44c'est un choix très parlant
28:46Alors tout d'abord
28:47la réponse officielle chinoise
28:49c'est qu'il y a
28:50un conflit d'agenda
28:51avec le ministre chinois
28:53des Affaires étrangères
28:56Après la prudence chinoise
28:58peut faire penser
28:58que la Chine
28:59ne souhaite peut-être pas
29:00être trop exposée
29:02sur les débats
29:03autour de l'Iran
29:07surtout pendant
29:07la visite de Trump
29:09en Chine
29:10mais cela n'a jamais été
29:11officiellement confirmé
29:13Il faut rappeler quand même
29:14que ce voyage de Trump
29:16en Chine
29:16n'est pas la date
29:17qui était prévue
29:18c'est-à-dire que ça devait
29:19être il y a quelques semaines
29:20donc en d'autres circonstances
29:21peut-être que la Chine
29:23aurait été représentée
29:24à ce sommet des BRICS
29:26Il y a factuellement
29:27un conflit d'agenda
29:28ça c'est vrai
29:29Et un risque
29:30de gaffe diplomatique
29:32évidemment
29:32d'accueillir le président
29:34et ses ministres
29:35en l'absence du ministre
29:36chinois des Affaires étrangères
29:37ça aurait pu être
29:38un petit couac
29:39Pour répondre à votre question
29:40sur les BRICS
29:41je rappelle un point historique
29:43en fait c'est un bloc
29:44qui a été créé en 2009
29:45BRICS c'est un acronyme
29:47pour Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud
29:51donc l'objectif de ces BRICS
29:52c'était de faire poids contre
29:54c'était quasiment la moitié
29:56de la population mondiale
29:57et de faire poids contre
29:58ce qu'on appelait
29:59les pays occidentaux
30:00Alors aujourd'hui le problème
30:01qui en est un
30:02et n'en est pas un
30:03c'est que ces BRICS
30:05ont été élargies
30:05et à l'intérieur de ces BRICS
30:07aujourd'hui
30:07vous avez l'Iran et les Émirats Arabes Unis
30:09par exemple
30:09qui ne sont concrètement
30:10pas des amis aujourd'hui
30:11Donc pour répondre à votre question
30:13bien sûr ça ne peut qu'arranger
30:15les Etats-Unis
30:16qu'il n'y ait pas
30:17d'harmonie possible
30:19au sein des BRICS
30:20et étant donné
30:21cette agrégation de pays
30:22ce sera probablement
30:23de plus en plus difficile
30:26de maintenir une voie unique
30:27à l'intérieur de ce bloc d'Etat
30:29Justement Sivanekovitch
30:30on voit ce manque d'harmonie
30:32chez les BRICS
30:33on le voit
30:35dans l'Union Européenne
30:36on le voit dans l'OTAN
30:37on voit que de plus en plus
30:38d'organisations multilatérales
30:40qu'on a essayé de créer
30:41pour arriver à dialoguer
30:43pour essayer de ne plus avoir
30:44un monde
30:46avec deux grandes puissances
30:47mais avec plusieurs grandes puissances
30:49des puissances moyennes
30:49dirait le Premier ministre canadien
30:53est-ce que c'est la preuve
30:53que ce multilatéralisme
30:55est un peu en fin de vie ?
30:56L'Union Européenne
30:57est une vraie organisation internationale
30:59qui a une longue histoire
31:01bien enracinée
31:01comme beaucoup
31:02des institutions
31:03qui ont été créées
31:04après le Deuxième Guerre mondial
31:05ce sont des vraies institutions
31:06la FMI
31:07la Banque mondiale
31:09autant
31:11on peut en parler aussi
31:12de toutes les organisations
31:13en Asie
31:14comme l'Asie
31:14en est plein d'autres
31:16ce sont des vraies organisations
31:17qui ont des choses à faire
31:19à proposer
31:20qui ont des politiques publiques
31:22à partager
31:23les BRICS
31:24on parle
31:25on se parle
31:26donc voilà
31:27et on ne se parle pas toujours
31:28en harmonie
31:29donc voilà
31:31je ne crois pas
31:32qu'on peut dire
31:32que le système
31:34comme on a tendance
31:36à dire
31:36internationale libérale
31:37de la post-guerre
31:39est mort
31:39c'est fragilisé
31:41moribond disons
31:41moribond
31:43je ne sais pas
31:43il faut voir
31:45on peut dire
31:46fragilisé
31:47pour l'instant
31:48et il faut voir
31:50l'évolution
31:50aussi
31:51de la politique
31:52américaine
31:55aussi dans les mois à venir
31:56mais aussi dans les années à venir
31:58bien évidemment
31:59l'économie américaine
32:00est bien portante
32:01d'une façon générale
32:04la bourse
32:05se porte bien
32:05mais
32:06mais
32:07vous savez
32:0910%
32:10des plus riches
32:11américains
32:12détiennent
32:1290%
32:13des actions
32:14dans la bourse
32:151%
32:15des plus riches
32:16américains
32:17et on les voit
32:17dans l'avion
32:19pas ici
32:20dans la photo de Donald Trump
32:21non pas ici
32:2150%
32:22voilà
32:24des actions
32:25donc voilà
32:25la politique
32:27étrangère
32:28de Donald Trump
32:29la politique en général
32:30favorise beaucoup
32:31les plus riches
32:31des Etats-Unis
32:32et bien évidemment
32:34ça a des retombées
32:35électorales
32:36très très importantes
32:37aux Etats-Unis
32:37les Américains sont
32:38contre cette guerre
32:40dans le Golfe
32:42au moins
32:43à 60%
32:44pas seulement parce que
32:45c'était une promesse
32:47trahie de Donald Trump
32:48pendant la campagne électorale
32:49parce que les retombées
32:50économiques
32:51touchent les portefeuilles
32:52des Américains
32:53surtout à la pompe
32:54de l'essence
32:54et le prix
32:56d'essence
32:56de toute façon
32:57le prix des barres
32:59a une ramification
33:00dans toute l'économie
33:01que ce soit
33:02les engrais
33:03les plastiques
33:05les produits
33:05pharmaceutiques
33:06donc aux Etats-Unis
33:08une bombe à retardement
33:10juste avant
33:11les élections
33:12qui se pointent
33:13début novembre
33:15et de toute façon
33:16c'est assez clair
33:17que les républicains
33:18vont perdre
33:19ce qui fait que maintenant
33:21ils manigrissent
33:22des récupages
33:24des circonscriptions
33:25aux Etats-Unis
33:25c'est le scandale
33:27le plus récent
33:27pour tenter quand même
33:29de redessiner
33:30les limites
33:31des circonscriptions
33:31pour se donner
33:32plus de sièges
33:33que prévu
33:33avec le même nombre
33:35de voteurs
33:35mauvais choix de verbe
33:36ce n'est pas tenté
33:37parce que ça fonctionne
33:38ils ne tentent pas
33:39ils sont en train de réussir
33:40j'ai une phrase de synthèse
33:42on va voir
33:43s'ils vont
33:44ils vont réussir
33:45à décrocher
33:46assez des sièges
33:47pour
33:49protéger
33:49leur majorité
33:50très mince
33:51aux chambres de république
33:53je vois le thème s'afficher
33:53j'ai une phrase de synthèse
33:55sur le multilatéralisme
33:57c'est comme la démocratie
33:58c'est à dire
33:59que c'est un bon système
34:00c'est le moins mauvais des systèmes
34:01c'est à dire
34:01c'est imparfait
34:02comme la démocratie
34:03mais c'est quand même
34:05c'est quand même mieux
34:06que pas de multilatéralisme
34:07déjà au sein de l'Union Européenne
34:09il est très difficile
34:10d'avoir l'accord
34:10des états membres
34:12exactement
34:12alors qu'on est tous
34:14plutôt sur
34:14le moins mauvais des systèmes
34:16justement
34:17on va aller
34:17dans un état
34:18qui a eu un peu de problème
34:19avec l'Union Européenne
34:20dernièrement
34:20c'est le vôtre
34:22Sandrine Weiss
34:23on va en Hongrie
34:24puisque à Budapest
34:26cette semaine
34:27le nouveau gouvernement
34:27hongrois
34:29mené par Peter Maguire
34:30a passé ses auditions parlementaires
34:32alors c'était une pure formalité
34:34au vu de la super majorité
34:36du parti
34:36TISA
34:37le parti
34:37de Peter Maguire
34:39au Parlement
34:39mais c'était une occasion
34:41de se présenter
34:42un petit peu au public
34:43et donc de présenter
34:44un programme
34:45de réformes politiques
34:46qui ont un but
34:47c'est celui de rompre
34:48totalement
34:49avec l'ère
34:50Victor Orban
34:51donc sans surprise
34:52on a beaucoup parlé
34:53de rapprochement
34:53avec Bruxelles
34:54de réformes institutionnelles
34:55et surtout
34:56on a vu
34:57Peter Maguire
34:58s'emparer
34:59des réseaux sociaux
35:00donc aller montrer
35:02des palais gouvernementaux
35:03qui ont été renouvés
35:04avec beaucoup de faste
35:06grâce à l'argent
35:06du contribuable
35:07on l'a vu
35:08s'en prendre
35:08aux médias
35:10trop proches
35:10de Victor Orban
35:12aux oligarques
35:13qui étaient fidèles
35:13en l'ancien Premier ministre
35:15donc c'est un coup de com
35:16qui est plutôt bien fait
35:18par ailleurs
35:18on voit quelques images
35:20si vous nous regardez
35:20à la télé
35:21ou en replay
35:22c'est un coup de com
35:23plutôt bien fait
35:24mais qu'est-ce qu'il y a
35:25vraiment derrière
35:25Sandrine Weiss
35:26alors déjà
35:26il était obligé
35:27de s'emparer
35:28des réseaux sociaux
35:28parce que je rappelle
35:29qu'il était complètement
35:30blacklisté
35:31pendant la campagne
35:32c'est-à-dire qu'il n'avait
35:33aucun accès
35:33aux médias
35:34donc voilà
35:35sa campagne
35:35ça a été du terrain
35:36et ça a été des réseaux sociaux
35:38alors évidemment
35:39c'est un coup de com
35:39mais pas que
35:41déjà il y a des choses
35:42qui sont très symboliques
35:43dans la façon
35:44dont il tient les promesses
35:45il avait dit
35:45je reviens vers l'Union Européenne
35:47alors il a rehaussé
35:48de nouveau
35:48le drapeau européen
35:50sur le Parlement
35:50il s'était engagé
35:54l'investiture
35:54il l'a fait aussi
35:55donc il y a ça
35:56et puis il n'y a pas
35:57que du symbolique
35:58il est allé très vite
35:59et il peut aller très vite
36:00parce que c'est deux tiers
36:01de majorité
36:02c'est pas juste bien
36:03pour montrer l'adhésion
36:04c'est aussi
36:05un chiffre qui permet
36:06de réformer la Constitution
36:07et il fallait pouvoir
36:08réformer la Constitution
36:09pour aller vite
36:10alors après
36:11sur votre question
36:12qui était fâché avec qui
36:14c'était un peu
36:15dans les deux sens
36:16et là justement
36:16on va arriver à quelque chose
36:18de gagnant-gagnant
36:18dans l'Union Européenne
36:19c'est-à-dire que oui
36:20trois fois oui
36:21ils souhaitent réintégrer
36:22l'Union Européenne
36:23d'abord c'est dans l'intérêt
36:24de l'Union Européenne
36:25parce que Victor Orban
36:26bloquait comme on dit
36:27matin, midi et soir
36:29avec des vétos
36:30tout un tas de décisions
36:31et pas seulement
36:31le prêt à l'Ukraine
36:32même si c'était
36:32le plus médiatisé
36:33et puis c'est aussi
36:34grandement dans l'intérêt
36:35de Peter Magyar
36:38de jouer la carte
36:40de l'Europe
36:40parce qu'à la clé
36:41il y a
36:42ces fameux fonds bloqués
36:43alors
36:44ces fonds bloqués
36:45c'est à la fois
36:4518 milliards
36:46qui étaient bloqués
36:47et qui étaient liés
36:47à la relance post-Covid
36:49c'est aussi 16 milliards
36:50on ne sait pas comment
36:51ce chiffre a été fixé
36:53l'aide à la défense
36:55qui est octroyée
36:57à la Hongrie
36:58et donc il va falloir
36:59jouer la montre
37:00parce qu'il faut déjà
37:02mettre des mesures
37:03en place avant août
37:04sinon il y a une partie
37:04de ces fonds
37:05qui seront perdus
37:06alors l'Union Européenne
37:08ne fera pas n'importe quoi
37:09bien évidemment
37:09l'Union Européenne
37:10fera tout pour soutenir
37:11la Hongrie
37:12c'est dans son intérêt
37:13pour débloquer ces fonds
37:14mais en restant
37:14dans un cadre quand même légal
37:16donc voilà
37:17on ne sait pas encore
37:18s'il suffira
37:19de lancer des mesures
37:21contre la corruption
37:21ou s'il faudra déjà
37:22que les lois soient votées
37:24il y a déjà
37:25des députés
37:26des eurodéputés
37:26qui disent
37:27attendez
37:27on va le soutenir
37:28mais ça ne suffit pas
37:29de dire
37:29je lutte contre l'ancien régime
37:31justement parce que
37:32les méthodes
37:32seront différentes
37:34mais en réalité
37:34on sait que sur le fond
37:35il n'est peut-être
37:36pas si différent que ça
37:37par rapport à Victor Orban
37:38sur la corruption
37:38du Fides
37:39oui
37:40mais par exemple
37:41par rapport à l'immigration
37:42par rapport à l'Ukraine
37:43ce sont des sujets
37:43sur lesquels
37:44l'Ukraine est pour
37:46maintenant il y a une dépendance
37:47à la Russie
37:48pour des raisons énergétiques
37:49mais il y a aussi
37:49une dépendance à l'Allemagne
37:50pour des raisons économiques
37:51mais vous avez raison
37:52c'est un conservateur
37:53il n'est pas pro-immigration
37:56il y a des terrains communs
37:58quand même avec
37:59Victor Madia
38:00et il y a des raisons
38:01sonantes et trébuchantes
38:01pour vouloir rapidement
38:02montrer que c'est un bon ami
38:04de l'Europe
38:04on vient de le dire
38:05trente quelques milliards
38:06potentiellement
38:07si on arrive à les débloquer
38:08beaucoup de milliards
38:08c'est beaucoup de milliards
38:10dans un contexte
38:11où l'économie hongroise
38:13c'est un peu grippé
38:14on est très loin
38:14du miracle hongrois
38:16donc je pense effectivement
38:17qu'il y a de bonnes raisons
38:18mais c'est vrai
38:19que philosophiquement
38:20alors tout le monde
38:21s'est réjoui
38:22de ce que ce n'était pas Orban
38:24mais j'attends
38:26de voir ce que l'histoire
38:26nous dira
38:27parce que sur la question
38:28par exemple
38:29des accommodements raisonnables
38:31ou déraisonnables
38:31avec la Russie
38:32je pense qu'il est
38:33plus près d'Orban
38:34qu'il n'est
38:35de Kajakalas par exemple
38:37j'entrevois déjà
38:39quelques clashs
38:40avec Kajakalas
38:40sur ces questions
38:41mais sur la corruption
38:42voilà
38:42il y a déjà
38:43tout un système
38:44Orban à démanteler
38:45parce qu'il y avait
38:46des oligarques
38:47qui notamment
38:48un ami d'enfance
38:49le fameux
38:49Laurence Messaroche
38:50qui était chauffagiste
38:51à l'origine
38:52et qui a monté
38:53une entreprise
38:54et qui a récupéré
38:54lui beaucoup de fonds européens
38:55et qui est aujourd'hui
38:56milliardaire
38:57mais ça chauffe pour lui
38:59c'est qu'à le dire
38:59parce qu'on a compris
39:00qu'il y avait
39:01quelques soucis
39:01le problème
39:02c'est aussi
39:02la compagnie
39:03de Magia
39:05était très intéressante
39:06j'ai un goût
39:07de longue date
39:07d'analyser
39:08les compagnes électorales
39:09en démocratie
39:10et là
39:11on voit
39:12encore une fois
39:13malgré
39:13toute la sophistication
39:15de notre
39:17paysage médiatique
39:18c'est le
39:19ground game
39:20le conflit
39:21terrestre électoral
39:22qui compte
39:22parce que Magia
39:23était là
39:24il était au marché
39:25il t'a toqué à la porte
39:26obligé
39:27parce qu'il était
39:28obligé de contourner
39:30l'emprise médiatique
39:32il était censuré
39:33il n'avait pas accès
39:33à aucun média
39:34mais même
39:34quand il n'y a pas
39:34emprise
39:35ça compte au jour
39:36de nos jours
39:36d'être présent
39:39personnellement
39:39auprès des électeurs
39:41mais deuxième chose
39:42juste pour voir
39:43l'équipe Trump
39:44a pris comme modèle
39:46la démocratie illibérale
39:48d'Orban
39:50ils l'ont annoncé
39:53sciemment
39:53que leur projet
39:54était d'instaurer
39:57d'une certaine façon
39:58dans le possible
40:00un tel système
40:01aux Etats-Unis
40:02donc l'échec
40:04d'Orban
40:05a rétenti
40:06aussi
40:06aux Etats-Unis
40:08justement
40:08ça a mis
40:09en échec
40:10il y a une bonne nouvelle
40:12Steven
40:12c'est qu'on disait
40:13qu'Orban
40:14jamais il ne laisserait
40:15le pouvoir
40:15qu'il s'accrocherait
40:16et truquerait
40:17les élections
40:18jusqu'à la dernière seconde
40:19pour être certain
40:20d'être encore là
40:21aujourd'hui
40:21or il ne l'a pas fait
40:22et il a accepté
40:23les résultats
40:24des élections
40:24alors c'est vrai
40:25c'était dur de truquer là
40:26je suis anciennement d'accord
40:28mais
40:28il y avait beaucoup
40:31de gens en plateau
40:31pour nous expliquer
40:32qu'il s'accrocherait
40:34que ça serait horrible
40:35qu'il ferait exactement
40:36ce que Trump a fait
40:37en 2020
40:37or ce n'est pas ça
40:38ça a été plutôt élégant
40:40très rapidement
40:40il a dit
40:41je ne suis plus à ma place
40:42je vais me pousser rapidement
40:45et donc
40:46peut-être que
40:47Donald Trump
40:47dont on dit
40:48qu'il aura les mêmes ambitions
40:50si le modèle hongrois
40:52était en tout
40:53un modèle
40:53vous êtes flatteur
40:55c'est un pays
40:55de 10 millions d'habitants
40:56donc je pense que
40:57Trump maintenant
40:58c'est même plus
40:59la structure de la carte
41:00mais il a quand même
41:01bien embêté l'Europe
41:01pendant
41:02bien sûr
41:03il y avait un pouvoir
41:05de nuisance
41:05qui était grand
41:05absolument
41:06et il y a d'ailleurs
41:08quelque chose
41:08d'assez curieux
41:09c'est la politique étrangère
41:10qui sera menée
41:11par ce nouveau gouvernement
41:12Peter Magyar
41:14il l'a donc annoncé
41:15on a parlé
41:15de rétablir la confiance
41:16avec Bruxelles
41:17bien évidemment
41:18de réparer les liens
41:19avec la Pologne
41:20il y a toujours
41:21une certaine frélosité
41:23par rapport à l'Ukraine
41:24et par rapport à l'adhésion
41:25de l'Ukraine
41:25à l'Union Européenne
41:27en revanche
41:27il a parlé de la Chine
41:29sa ministre des Affaires étrangères
41:30a parlé de la Chine
41:31en disant que Budapest
41:32maintiendrait des relations
41:34pragmatiques avec la Chine
41:35qu'il faut parler avec tout le monde
41:36c'est un jeu d'équilibriste
41:38on a parlé d'ambiguïté stratégique
41:40c'est encore le cas
41:41est-ce que c'est possible ?
41:43je pense que c'est possible
41:45mais cela dépendrait aussi
41:46des moments
41:47déjà
41:48depuis des années
41:49la Chine en tient
41:50beaucoup de relations
41:51de coopération économique
41:53avec le pays
41:55et il y a beaucoup
41:56d'investissement chinois
41:57là-bas
41:58donc déjà
41:59il faut prendre en compte
42:00ces moments
42:00il faut être pragmatique
42:02vous savez que le pragmatisme
42:03c'est aussi une valeur
42:04très valorisée en Chine
42:06et après bien sûr
42:07cela demanderait aussi
42:09de l'attitude
42:10de l'Union Européenne
42:11face à la Chine
42:12des relations entre la Chine
42:13et les Etats-Unis
42:14qui impactent aussi
42:15l'attitude de l'Europe
42:17de l'Union Européenne
42:18face à la Chine
42:19etc.
42:20surtout dans un monde
42:22où il y a
42:23des tensions
42:25assez fréquentes
42:26et un monde
42:27qui est devenu
42:28plus incertain
42:28donc je pense que
42:29ce serait une tâche difficile
42:31mais
42:33ce serait peut-être possible
42:34cela dépendrait aussi
42:35de son style
42:36si on reste pragmatique
42:38je pense qu'il y a des choses
42:40qui sont possibles
42:40J'allais simplement dire
42:42que la Chine
42:42n'est pas toujours laconique
42:43quand le ministre chinois
42:44des affaires étrangères
42:45a croisé
42:46non pas le faire
42:47mais croisé
42:47la représentante
42:48de la diplomatie européenne
42:49en juillet
42:50je pense de l'an dernier
42:51Kajakalas
42:51il avait très clairement dit
42:53par exemple
42:53sur la question
42:54de la guerre en Ukraine
42:55qu'une défaite de la Russie
42:57n'était pas du tout
42:58au programme pour la Chine
42:59que c'était hors de question
43:00pour eux de considérer
43:02en l'espèce
43:03que ça arrive
43:04donc les Chinois
43:06sont laconiques
43:06pragmatiques
43:07mais ont aussi
43:08une idée très claire
43:09de leurs intérêts
43:10Et sur l'adhésion
43:12de l'Ukraine
43:12c'est pas seulement
43:13la Hongrie
43:14qui est défavorable
43:15c'est pour des raisons économiques
43:16un peu tout le bloc
43:17de ce qu'on appelle
43:17les pays de l'Est
43:18je pense à la Pologne
43:19parce que l'Ukraine
43:20si vous voulez
43:21c'est un pays
43:23avec des coûts
43:24de main d'oeuvre
43:24moins chers
43:25ça veut dire que
43:26nous on parle
43:27du plombier polonais
43:28on se dit
43:28il casse les prix
43:29et les polonais
43:30parlent du chauffeur routier
43:32ukrainien
43:32donc la raison principale
43:34c'est une raison économique
43:35et cette méfiance économique
43:37elle est partagée
43:38par beaucoup
43:38Et on a beaucoup parlé
43:39du poulet ukrainien
43:40en France
43:40Oui exactement
43:41parce que l'Ukraine
43:42grande puissance agricole
43:43en tout cas
43:44c'est sûr que
43:45Peter Maguire
43:46aura beaucoup
43:46de marge de manœuvre
43:47puisque quasiment
43:48tous les partis libéraux
43:50de gauche
43:50d'opposition
43:51se sont retirés
43:53pour lui laisser la place
43:54pour essayer
43:54d'évincer Orban
43:55ce qui a finalement réussi
43:56mais donc on a un parlement
43:58qui est très
43:58très à droite
43:59Alors beaucoup de marge
44:00de main d'oeuvre
44:00et en même temps
44:01beaucoup de chantier
44:02parce que malheureusement
44:03la situation économique
44:04n'est pas bonne
44:04les priorités qu'il a annoncées
44:06c'est la santé
44:07parce qu'il faut savoir
44:07malheureusement
44:08qu'en Hongrie
44:09il y a le taux
44:10le plus élevé
44:11de décès par cancer
44:12par habitant
44:12le plus élevé
44:13de décès par maladie
44:14cardiovasculaire
44:15et donc la grande priorité
44:17ça va être la santé
44:18et comme Maguire
44:19est jeune et pragmatique
44:20et il n'est pas
44:20dans les dépenses
44:21grandioses
44:22il va privilégier
44:23des petites structures
44:24de la prévention
44:25il ne va pas construire
44:26des grands hôpitaux
44:26autre priorité
44:27l'éducation
44:28et puis il y a une priorité
44:30économique
44:31c'est la réforme fiscale
44:32parce qu'aujourd'hui
44:32il y a un taux
44:33d'imposition unique
44:35qui favorisait évidemment
44:36les grands salaires
44:37et donc il prévoit une installation
44:39d'un taux progressif
44:42donc beaucoup
44:42beaucoup de choses
44:43à faire
44:43à reconstruire
44:44et donc évidemment
44:45ça ne se fera pas très vite
44:46et l'argent européen
44:47arrive comme du pain béni
44:49on espère un développement
44:51comme la Pologne a connu
44:52ce décollage miracle
44:53grâce au fonds européen
44:54on leur souhaite
44:55on vous souhaite
44:56on suivra donc
44:56tous ces chantiers
44:58avec vous
44:59mais on est arrivé
45:00au moment de votre carte blanche
45:01c'est le moment
45:01où vous nous parlez
45:02d'un article
45:03que vous avez repéré
45:04dans votre presse nationale
45:05et donc vous nous racontez
45:07cette actualité nationale
45:08je vais commencer par vous
45:09Chen Yanli
45:10vous nous parlez
45:11d'un article
45:11du China Daily
45:12exactement
45:13sur la location
45:14de robots humanoïdes
45:16qui connaissent aujourd'hui
45:18une forte connaissance
45:19en Chine
45:19donc avec l'arrivée
45:20des robots
45:22dans des secteurs
45:22comme le tourisme
45:24les transports
45:25le commerce de détail
45:26ou la sécurité
45:27de nombreuses entreprises
45:29voient dans ce modèle
45:30un moyen d'accélérer
45:31leur adoption
45:33à grande échelle
45:34en 2025
45:35plus de 38 000 entreprises
45:38liées à la location
45:39de robots
45:39ont été enregistrées
45:40en Chine
45:41soit une hausse annuelle
45:43de près de 56%
45:44au 2 avril de cette année
45:46plus de 9 000
45:47nouvelles entreprises
45:48du même secteur
45:49avaient été enregistrées
45:51en Chine
45:52donc fin 2025
45:53Portshare
45:54une plateforme chinoise
45:55de location de robots
45:56a dépassé
45:57les 200 000 utilisateurs
45:59en seulement 3 semaines
46:00avec plus de 200 commandes
46:02par jour
46:02et le géant
46:04du e-commerce chinois
46:05JDI.com
46:06s'est également lancé
46:07dans ce marché
46:07en revanche
46:08le secteur fait face
46:10à une grande pression
46:11sur la rentabilité
46:12avec la baisse
46:13des prix de location
46:15et des coûts
46:16d'exploitation élevés
46:17et dans ce contexte
46:19désormais
46:20la plateforme
46:21Portshare
46:21envisage
46:22une expansion
46:23internationale
46:24notamment
46:24envers les marchés
46:26où le coût élevé
46:27du travail
46:28pourrait stimuler
46:30la demande
46:30pour les robots humanoïdes
46:32C'est toujours ça
46:33J'attends avec impatience
46:33ma réaction en France
46:36Merci beaucoup
46:37Steven Ekovitch
46:38vous avez trouvé
46:39un article
46:40de The Atlantic
46:41Oui
46:42c'était un article
46:43de Robert Kagan
46:44qui est un célèbre
46:45néo-conservateur
46:46aux Etats-Unis
46:46qui a fait
46:47le buzz
46:48aux Etats-Unis
46:48cette semaine
46:50qui s'appelle
46:51en anglais
46:52Checkmate in Iran
46:53ou Echec Emma
46:54en Iran
46:55et ses propos
46:56sont assez
46:57percutantes
46:58ça a provoqué
47:00toutes les classes
47:03spécialistes
47:03informées
47:04sur les plateaux
47:05à discuter
47:05son article
47:06donc c'est un vrai
47:07phénomène
47:08c'est un vrai phénomène
47:08il est vraiment dur
47:09l'article
47:09il faut aller le lire
47:10vraiment parce qu'il est
47:12il a un ton
47:12assez décidif
47:13parce que pour lui
47:15il dit
47:16par rapport à l'Iran
47:18il est difficile
47:19de trouver
47:19dans l'histoire
47:20des Etats-Unis
47:21une défaite
47:22si totale
47:22dans un conflit
47:23une perte
47:24si décisive
47:25que le revers
47:26stratégique
47:27n'est pas réparable
47:28et il met ça
47:29dans toute une courante
47:30des échecs
47:32militaires stratégiques
47:33Pearl Harbor
47:34la Pacifique
47:35les Philippines
47:36pendant le 10ème
47:36guerre mondiale
47:37la guerre au Vietnam
47:39la guerre en Afghanistan
47:40la guerre en Irak
47:42où il dit
47:43en fin de compte
47:44les choses étaient
47:45plus ou moins réparables
47:47les Etats-Unis
47:48ont toujours
47:49rebondi
47:49après pour
47:51reprendre leur place
47:53dans le monde
47:54mais là
47:54il dit
47:54c'est pas sûr
47:56que les Etats-Unis
47:57après cet échec là
47:58vont être capables
47:59de rebondir
48:00et on peut se demander
48:02dit Robert Kagan
48:05quel va être
48:06le monde
48:06de l'avenir
48:07après un échec
48:09si décessif
48:11que le revers stratégique
48:12n'est pas réparable
48:13à lire sur
48:15des Atlantiques
48:15donc
48:16Sandrine Weiss
48:17alors Budapest
48:18a beaucoup de chantiers
48:19mais d'abord
48:19le football
48:21j'ai choisi un sujet
48:21moins intellectuel
48:22que mes confrères
48:23mais fédérateur
48:24attendez
48:24attendez
48:26le football
48:28je rappelle que
48:29le 30 mai prochain
48:30aura lieu
48:31la finale de l'UEFA
48:32à Budapest
48:34c'est un pays
48:35où il y a beaucoup
48:35de grands complexes sportifs
48:37donc il y a souvent
48:37des compétitions
48:38et comme chacun
48:40c'est autour de la table
48:41donc en finale
48:42à Budapest
48:43le PSG
48:45et l'Arsenal
48:46voilà
48:46c'est aussi un secteur
48:47économique
48:48le sport
48:48je le rappelle
48:49vous avez trouvé
48:50un guide footballistique
48:51de la ville
48:52sur Euronews
48:54et on reste sur le sport
48:55avec vous Stéphane
48:56je suis là
48:56j'allais même enseigne
48:57et j'ai triché un peu
48:57parce que c'est pas
48:58un canard canadien
49:00que je vais citer
49:00mais c'est l'équipe
49:01qui parle du plus connu
49:04ou moins connu
49:05des vedettes françaises
49:06évoluant à l'étranger
49:08Alexandre Texier
49:09qui joue pour le Canadien
49:10de Montréal
49:10ce sont les finales
49:12de la
49:12on est en quart de finale
49:13mais on se dirige
49:14vers les finales
49:14de la Coupe Stanley
49:16Montréal
49:16qui est la grande puissance
49:18historique au hockey
49:18mais qui n'a pas gagné
49:19la Coupe Stanley
49:20depuis 1993
49:22c'est la passion
49:23hier le Canadien
49:24l'a emporté
49:246 contre 3
49:25contre Buffalo
49:26et il se trouve
49:27que Texier
49:27a marqué un but
49:28il n'y a pas eu
49:29beaucoup de joueurs français
49:30dans les rangs
49:31de la Ligue nationale
49:32dans les rangs
49:33du Canadien non plus
49:34donc il est
49:35chez nous
49:35une très grande vedette
49:37vedette que les français
49:38ne connaissent pas vraiment
49:39sauf pour les amateurs
49:40de hockey
49:40et je sais qu'on les compte
49:42par leur prénom
49:42oui moi non plus
49:43j'avoue d'ailleurs
49:44je serais bien incapable
49:45de vous donner le change
49:45sur le hockey
49:47j'avoue
49:48merci beaucoup
49:48pour tous ces articles
49:49qu'on lira ce week-end
49:51dans la presse étrangère
49:52merci beaucoup
49:53donc à nos experts sans frontières
49:54merci pour cette heure
49:55passée ensemble
49:56nous on se retrouve
49:57la semaine prochaine
49:58dans les experts sans frontières
49:59bon week-end à tous
50:00et dans un instant
50:01vous retrouvez Stéphanie Collot
50:03les experts sans frontières
50:05sur BFM Business
50:06Sous-titrage Société Radio-Canada
50:06Sous-titrage Société Radio-Canada
50:07Sous-titrage Société Radio-Canada
50:07Sous-titrage Société Radio-Canada
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