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« Les Experts sans frontières », c’est le rendez-vous qui nous fait sortir de notre bulle. Chaque vendredi de 21h30 à 22h30 sur BFM Business, des experts étrangers installés en France analysent les grands débats de la semaine avec un œil neuf, détaché des prismes franco-français. Finances publiques, réformes, réarmement de l’Europe, choix politiques, international… Leur regard extérieur éclaire, questionne et parfois secoue. Un décryptage sans frontières pour mieux comprendre les grands enjeux du moment.
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00:00BFM Business présente
00:06Les experts sans frontières
00:09Mathieu Jolivet
00:12Bonjour et bienvenue, très heureux de vous retrouver dans les experts sans frontières.
00:16Aujourd'hui, ils nous viennent du Québec, des Etats-Unis et de Suisse.
00:19Dans 11 jours, nous avons les mid-terms aux Etats-Unis.
00:23Se dirige-t-on vers une vague bleue ?
00:25Les démocrates s'empareront-ils d'une ou des deux chambres ?
00:28Mais surtout, Donald Trump laissera-t-il les démocrates s'emparer du Sénat et de la Chambre des représentants ?
00:34Peut-il rejouer l'assaut du Capitole du 6 janvier 2021 ?
00:37Se dirige-t-on vers une crise de régime ?
00:39Ou bien tout simplement, Donald Trump qui dit à ses électeurs que c'est son visage à lui qui est
00:44sur tous les bulletins de vote,
00:45créera-t-il la surprise et conservera-t-il tout simplement la Chambre des représentants et du Sénat ?
00:49On va décortiquer tous ces scénarios durant cette heure.
00:52On va aussi revenir sur ces thèmes qui agitent cette campagne américaine
00:55avec un Donald Trump guidé par le prix de l'essence, quitte à pactiser avec Vladimir Poutine.
01:01Un Donald Trump qui, en jeu de miroir, torpille le chaos social en France pour mieux galvaniser ses partisans.
01:07Un Donald Trump qui, plus que jamais, incarne une Amérique aux ambitions hégémoniques,
01:12dans un monde à se partager avec les deux autres empereurs, Xi Jinping et Vladimir Poutine.
01:17Les experts sans frontières, c'est parti !
01:22Ils sont autour de moi, ces experts sans frontières,
01:25Inziane, j'ai ravi de vous retrouver.
01:27Merci.
01:28Vous êtes analyste géopolitique, vous avez travaillé plusieurs années avec le département de l'énergie aux Etats-Unis
01:33sous l'administration Obama.
01:35Romuald Skiora, bonjour et ravi de vous retrouver parmi nous.
01:39Chercheur associé à l'IRIS et directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des Etats-Unis.
01:44Vous avez écrit « Lettre ouverte à Trump » d'un Américain de papier.
01:49Stéphane Bureau, éditorialiste québécois.
01:51Bonjour Stéphane.
01:52Bonjour Mathieu.
01:53Et bienvenue.
01:53Vous êtes aussi producteur du podcast « Contact » qu'on adore sur BFM Business.
01:59Dernier numéro qu'on vous recommande, où vous avez reçu Robert Smalley,
02:02qui a conseillé trois présidents démocrates.
02:05Clinton, Obama et Biden.
02:06Intéressant parce qu'il fait la preuve qu'au plus haut sommet,
02:09on peut avoir un jugement critique sur la politique américaine,
02:12y compris celle qu'on a participé à façonner.
02:14C'est ça, une discussion d'1h20 que j'ai écoutée, je me suis régalé.
02:19Il a conseillé trois présidents démocrates, notamment sur les questions du Moyen-Orient.
02:23Écoutez ça sur votre podcast « Contact ».
02:25Et en français.
02:26Et en français, bien sûr, il parle français comme vous et moi.
02:29Vous verrez, il a une histoire, une enfance passionnante en France.
02:33Et Richard Verli, correspondant du Média Suisse Blic en France.
02:36Bonjour Richard.
02:36Richard, auteur de « Cet Amérique qui nous déteste », qui vient de sortir aux éditions Poche.
02:41Voilà, je le sors de ma petite poche d'ailleurs.
02:43C'est très pratique.
02:45C'est un livre qu'on a beaucoup aimé aussi dans « Les experts sans frontières ».
02:48Donc, il vient d'être édité aux éditions Poche.
02:51Donc, je disais, on est à 11 jours des midterms.
02:54Déjà, que nous disent actuellement les derniers sondages ?
02:58Est-ce qu'on est au coude à coude ?
02:59J'entendais parler pendant plusieurs semaines d'une éventuelle vague bleue, Stéphane ?
03:04On est au coude à coude, c'est vrai.
03:06Quand on parle de ce que le Kansas, l'Iowa et peut-être aussi le Mississippi seraient à risque pour
03:12les Républicains,
03:12c'est que c'est chaud, c'est serré.
03:15Ceci étant dit, les sondages se sont déjà trompés.
03:18Les sondeurs se sont à l'occasion trompés.
03:20Sinon que deux fois dans le passé récent, on a sous-estimé les appuis aux Démocrates.
03:25En 2022, aux élections de demi-mandat, alors que les Démocrates ont mieux fait que ce qu'on anticipait.
03:34On prévoyait une vague rouge républicaine parce qu'il y avait beaucoup de mécontentement à l'endroit de M. Biden.
03:39Puis l'an dernier, deux petites élections, en Virginie et puis au New Jersey, qui étaient acquises aux Démocrates.
03:45Mais on a beaucoup sous-estimé les votes démocrates.
03:48En fait, on en a sous-estimé par 7 et 8 %.
03:51Alors, s'il fallait qu'on sous-estime aujourd'hui les appuis aux Démocrates,
03:55il pourrait y avoir, je dis bien, il pourrait y avoir un raz-de-marée démocrate.
04:00Mais c'est loin d'être gagné.
04:01Il y a aussi, j'y pense, le précédent traumatisme Hillary Clinton sur les sondages qui étaient totalement à la
04:10rue.
04:10Mais on a souvent sous-estimé Donald Trump dans les sondages.
04:11Et là, il y a vraiment un souci.
04:13Il se trouve que la bonne nouvelle, pour ceux qui n'aiment pas le personnage,
04:17il n'est pas, lui, enfin, il est en campagne.
04:19D'ailleurs, il est beaucoup en campagne dans des États où il ne devrait pas être vu.
04:23En Alaska, au Kansas, au Texas.
04:25Ça dit quelque chose de ce qu'ils sont inquiets.
04:27Mais lui ne sera évidemment pas réélu.
04:29Après, Romain El-Skiora, j'ai plusieurs interlocuteurs aux États-Unis qui m'alertent récemment
04:33en me disant, attention, on peut aussi sous-estimer l'impact d'un redécoupage de la carte électorale
04:39qui pourrait être encore plus favorable qu'on ne le pensait aux Républicains.
04:43– Écoutez, soyons clairs, je pense que la Chambre est perdue pour les Républicains
04:47et que potentiellement, le Sénat pourrait basculer côté démocrate.
04:51Mais effectivement, on n'est pas à l'abri d'une surprise.
04:54Donald Trump, même s'il ne campagne pas véritablement pour lui-même,
04:57a quand même rappelé à ses électeurs, voté comme si mon nom était sur le bulletin de vente,
05:01de vote, de vente.
05:02– Et de vente.
05:03– Et de vente.
05:03– Et de vente, vous voyez l'absence révélateur.
05:05– Mais au-delà de cela, donc oui, c'est un formidable runner en fin de campagne.
05:11Il y a quand même eu la restructuration de la carte électorale
05:13qui peut jouer en faveur des Républicains.
05:16Il y a cette obligation de maintenant prouver sa nationalité.
05:19Beaucoup de personnes issues essentiellement des minorités n'auront pas été informées.
05:23Et on est dans un pays où il n'y a pas de documents qui prouvent notre nationalité.
05:27Aux États-Unis, seul le patron, avec 90% des Américains n'en ont pas,
05:30prouvent notre nationalité, un certificat de naissance.
05:32Donc bref, tout cela pourrait jouer un petit peu,
05:35je dis bien un petit peu en faveur des Républicains,
05:36et puis à cette fameuse promesse de 5 000 dollars.
05:39J'entends ici ou là, les Américains n'y croient pas,
05:43Trump avait déjà promis des chèques aux Américains,
05:45ils ne sont jamais arrivés.
05:46Ben non, ce n'est pas vrai.
05:47Moi, je me rappelle d'avoir reçu un chèque de 1 000 dollars signé Donald Trump
05:49lors de son premier mandat au moment du Covid.
05:52Donc, il y a un précédent, donc 5 000 dollars, ça peut jouer quand même.
05:55Dans un couple, pour un couple, ça fait 10 000 dollars.
05:57Si vous avez deux enfants de plus de 18 ans, ça fait 20 000 dollars.
06:00Donc voilà, et on n'est pas pour conclure non plus
06:03à l'abri d'une grande surprise de Donald Trump,
06:06un coup de maître, on pourrait imaginer Cuba,
06:08s'il réussissait par exemple à capturer Castro comme il l'a fait avec Maduro.
06:12Ça, ça pourrait dynamiser sa base MAGA et républicaine.
06:15Mais, mais, mais dans les faits, je pense qu'on va quand même
06:17vers une des fêtes des Républicains.
06:18Une surprise, docteur.
06:20Inzi Han, il peut créer la surprise, Donald Trump ?
06:22Bon alors, il faut quand même déjà partir sur le principe
06:24que les midterms, traditionnellement, c'est une élection
06:27où le parti du président en place ne gagne pas.
06:30C'est très très rare qu'il ne perde pas des sièges.
06:33Donc en fait, il part avec un désavantage.
06:35Et c'est marrant parce que déjà en 2018, il disait
06:37je vais créer la surprise, je vais faire la différence.
06:40Il n'a pas fait la différence dans la Chambre.
06:42Il avait perdu 41 sièges face aux démocrates.
06:45Donc déjà, c'est une élection où il va forcément être rejeté
06:48par une partie de l'électorat, parce qu'il y a un phénomène
06:51de référendum, parce qu'il y a un phénomène
06:54aussi de perte de popularité, avec les prix de l'essence
06:58et du diesel qui augmentent, et avec une partie de la population
07:01qui est très insatisfaite de ce qui se passe.
07:03Donc déjà, ça c'est le premier...
07:04Ce chèque de 5 000 dollars, ça parle vraiment au Claude ?
07:09En fait, la vraie question, lorsque Donald Trump dit
07:11il faut faire en sorte que, lorsque vous votez,
07:13il faut vous dire que c'est moi qui suis sur...
07:16que c'est moi en fait, pour moi, que vous votez.
07:18Chez les Républicains, de sa base, qui sont d'accord
07:21avec ce qu'il fait, ça marche très très bien.
07:23Et donc là, ça pourrait les galvaniser, ça pourrait les mobiliser,
07:25sachant que cet été, pendant les primaires des midterms,
07:28on remarque vraiment une vraie, on va dire,
07:33mobilisation des démocrates, mais une faible mobilisation
07:35de la base républicaine.
07:36Donc oui, peut-être de ce côté-là, mais chez les indépendants,
07:39chez les modérés, chez les Républicains modérés,
07:41chez les démocrates, dire que lorsqu'ils vont voter,
07:43ils vont voter pour Trump, en fait, ils vont justement voter
07:46contre Trump.
07:47Donc ça peut revenir contre lui, ça peut avoir un effet boomerang.
07:50Je ne crois pas à la surprise, effectivement,
07:52je pense qu'on aura quelque chose entre eux,
07:53ce qui s'est passé en 2018, 2006, à l'époque de Bush,
07:56où en fait, il avait perdu les deux chambres.
07:58Bon, aujourd'hui, c'est très probable qu'il perde
08:00au moins la Chambre des représentants.
08:01Le Sénat, c'est un petit peu plus compliqué,
08:03parce que les sénateurs ont un rapport très différent
08:06avec leurs électeurs, un rapport plus personnel,
08:09moins lié au parti.
08:10Mais effectivement, à moins d'avoir un tremblement de terre
08:13dans les prochains jours, c'est assez peu probable
08:15qu'il y ait un changement majeur.
08:17Richard Verly, dans l'hypothèse où ils perdent,
08:20effectivement, cette Chambre des représentants,
08:21ça change quoi concrètement ?
08:22Est-ce que Donald Trump peut continuer quand même
08:25à piloter son quotidien comme il le fait aujourd'hui ?
08:29Ou est-ce qu'il peut vraiment être freiné
08:32d'un point de vue opérationnel ?
08:33Alors, non seulement il va continuer de piloter l'Amérique
08:35à la Trump, il va continuer de prendre des décrets,
08:38et le connaissant, il va même multiplier les provocations.
08:42Si le Congrès, si une des chambres du Congrès seulement
08:45passe démocrate, à savoir la Chambre des représentants,
08:48il sera quand même, il restera en position de force,
08:50parce que le parti républicain gardera à ce moment-là
08:52le contrôle du Sénat.
08:55Le Sénat est très important pour notamment les nominations.
08:58Oui, et pour la politique étrangère, bien évidemment.
09:01Et puis, il y a le poids symbolique.
09:03Garder le Sénat, c'est quand même ne pas avoir
09:05complètement perdu l'élection, tout simplement.
09:07Donc ça, c'est important.
09:08Et il sera dans ce registre où il continuera
09:10de prendre des décrets et d'agir à la Trump
09:12et de montrer au monde qu'il est le seul patron de l'Amérique.
09:16Après, moi, ce qui me frappe dans cette fan-campagne,
09:19c'est deux choses.
09:20D'abord, ce qui a été dit très justement par Stéphane,
09:23qu'on voit bien que certains...
09:24Qui aurait pensé que Trump se mobilisait pour le Kansas ?
09:27Le Kansas où il y a eu, je me souviens de ce livre,
09:30d'un sociologue américain qui avait
09:32« What's wrong with Kansas ? »
09:33Qu'est-ce qu'il y a d'incompréhensible au Kansas ?
09:36Il avait fait ce livre où il expliquait,
09:38ce sociologue dont le nom m'échappe,
09:39que c'était complètement fou parce que les classes populaires,
09:43rurales, paupérisées, y votaient pour une droite
09:45qui ne défendait absolument pas leur intérêt.
09:47Donc comment faisait-il qu'un État de ce type bascule
09:51et a voté pour des oligarques ?
09:53Eh bien, le Kansas semble peut-être être à un moment de vérité,
09:56ce sera de ce point de vue-là très symbolique,
09:57c'est pour ça que Donald Trump s'y est rendu.
09:59Donc oui, il y a chez Donald Trump le sentiment d'urgence,
10:02mais paradoxalement, c'est dans l'urgence qu'il est le meilleur.
10:05C'est là où tout se complique,
10:06c'est quand il y a urgence,
10:07bien évidemment, lui, il est prêt à tout.
10:10Donc il est prêt à tout dire,
10:11il est prêt à tout annoncer,
10:13et il est prêt à tout faire.
10:14Donc on va peut-être avoir une fin de campagne
10:16qui pourrait nous surprendre,
10:17même si on en est très proche maintenant.
10:20Et puis dernier élément en ce qui concerne Donald Trump,
10:22moi ce qui me frappe,
10:23c'est que sur le plan du pétrole,
10:26sur le plan du carburant,
10:27s'il arrive à verrouiller des prédictions
10:31de baisse du prix du carburant,
10:33le carburant ne va pas baisser demain,
10:34mais qu'un certain nombre d'analyses prévoient
10:36la baisse des prix du carburant,
10:38ça peut jouer quand même un rôle.
10:39Donc ne vendons pas la peau de l'urs Trump,
10:42si je peux dire.
10:43Alors, on arrive à la question qui fâche,
10:45Romuald,
10:46Donald Trump peut tout faire,
10:48totalement débridé,
10:49est-ce que sans agiter le speck,
10:51le chiffon, etc.,
10:52mais est-ce qu'il peut contester,
10:54nous rejouer le 6 janvier 2021,
10:55si jamais il perd une des chambres
10:58ou les deux chambres ?
10:59Ok Mathieu,
11:00vous n'agitez pas un chiffon,
11:02il faudrait avoir du caca dans les yeux
11:03pour ne pas se poser la question,
11:04effectivement,
11:05et vous n'en avez pas,
11:06et on n'en a pas ici.
11:07Écoutez, deux scénarios, ce profil.
11:09Effectivement, il ne faut pas oublier une chose,
11:10c'est que Donald Trump est la seule personne
11:12à avoir tenté un coup d'État sérieux
11:13dans l'histoire des États-Unis.
11:15N'oublions pas que si le 6 janvier 2021
11:17n'a pas fonctionné,
11:18n'a pas marché,
11:19c'est tout simplement parce que,
11:21un, le parti républicain à l'époque
11:22ne suivait pas Donald Trump comme un seul homme,
11:24deux, que le vice-président, surtout,
11:26s'appelait Mike Pence.
11:27Les choses sont très différentes,
11:28on a un vice-président encore plus radical
11:29et plus accroché au pouvoir que Donald Trump.
11:32Écoutez, deux scénarios se dessinent.
11:34Le scénario...
11:35J.D. Vance pourrait laisser une ambiance
11:38et des opérations à caractère insurrectionnel.
11:41Je ne pense pas que nous allons aller...
11:43Est-ce qu'il n'est pas plus Mike Pence que ça,
11:45quand même, J.D. Vance ?
11:46Non, du tout, il est encore plus radical que Trump,
11:47mais je ne pense pas que nous allons aller
11:49dans l'immédiat...
11:49Dans les idées, mais dans l'action, oui.
11:51Je ne pense pas que, pour l'instant,
11:52nous allons aller vers des insurrections.
11:54Deux scénarios.
11:54Le plus probable, selon moi,
11:57Donald Trump va cibler quelques territoires précis,
12:02contester avec J.D. Vance les résultats.
12:05Là où c'est serré.
12:06Là où c'est serré, évidemment.
12:08Maintenant, la grande question,
12:09c'est jusqu'où ira cette contestation ?
12:11Donc, premièrement,
12:12il pourrait nous rejouer 2020
12:15lorsqu'il a contesté l'élection de Joe Biden,
12:18donc provoquer une crise institutionnelle.
12:20On sait déjà que certains gouverneurs républicains,
12:22qui sont ceux qui gèrent, ne l'oublions pas,
12:24le processus électoral pourrait le soutenir
12:27si cela se passe dans leurs États,
12:29si la contestation se passe dans leurs États.
12:31Et là, nous pourrions avoir une contestation
12:33de la même envergure qu'en 2020.
12:34Maintenant, ça sera au Congrès décidé,
12:37puisque c'est le Congrès qui valide
12:40la bonne conduite des élections le concernant.
12:43Donc, comment le Congrès se prononcera ?
12:45Si le Congrès suit Donald Trump,
12:47cela terminera vers la Cour suprême.
12:49Et donc, la grande question,
12:50c'est jusqu'où la Cour suprême
12:51pourra-t-elle suivre Trump ?
12:52Je ne vois pas dans ce scénario de violence pour l'instant.
12:56Scénario numéro 2, tout à fait possible.
12:59Trump et Vence décident de s'asseoir sur les résultats.
13:02Ils contestent pour la forme quelques élections.
13:06Élections frauduleuses, Congrès illégal,
13:08tout ce que vous voulez.
13:08Mais bon, ils s'assiedent dessus.
13:10Ils attendent fin janvier la mise en place du nouveau Congrès.
13:12Et là, nous allons assister à une crise sans précédent
13:15entre l'exécutif et la législative.
13:18des séries d'impeachement à rallonge,
13:21des enquêtes contre Trump.
13:22Trump, surtout s'il perd le Sénat,
13:23qui voudra à tout prix contourner le Congrès.
13:26Et là, pour répondre clairement à votre question,
13:28cela ne tiendra pas pendant deux ans.
13:29Et oui, nous pourrions à nouveau avoir des violences,
13:32style 6 janvier 2021.
13:33Stéphane, vous voulez réagir à deux scénarios que vous venez d'entendre ?
13:36Oui, ce qu'on sous-estime ici, c'est la capacité quand même
13:39que s'est donnée Donald Trump et la Maison-Blanche
13:42de contester au niveau des États.
13:43Parce qu'il y a des commissions de certification des élections.
13:46Et sur ces commissions, il y a de plus en plus de gens
13:49qui sont plutôt à penser comme M. Trump.
13:51Il y a péril en la demeure,
13:53que le système n'est pas le bon système électoral.
13:55Donc, qu'ils pourraient retarder le jour où ils diront,
13:58ça y est, vous avez le tampon,
14:00les élections se sont passées dans les règles de l'art.
14:03Et c'est là que c'est très intime.
14:04C'est-à-dire qu'il a investi les lieux qui, en amont du Congrès,
14:07auront à se prononcer sur la qualité de ces élections.
14:11Peut-être pour rebondir sur ce que vous dites tous les deux,
14:14il y avait une enquête assez vertigineuse de The Atlantic début octobre
14:18qui parlait d'une réunion secrète avec l'entourage de Trump
14:22qui avait été baptisée Storm Summit.
14:25Voilà, la réunion de la tempête du...
14:28Et dans laquelle ils imaginaient déjà des scénarios
14:32où ils allaient identifier des machines qui auraient été truquées.
14:35Oui.
14:36Voilà, les lieux, etc., tout était en place.
14:39Et inversement...
14:39Et avec une petite musique autour d'une loi martiale à dégainer,
14:41si jamais...
14:42Je pense qu'on est encore loin de la loi martiale,
14:45mais il faut voir aussi qu'à contrario,
14:46les démocrates, et c'est historiquement valide,
14:48se préparent à aller, à contester en cours très rapidement.
14:51Il y a toute une machine de guerre qui est pré-déployée,
14:54justement pour faire face à cette musique.
14:56Mais ce que disait Romuald, je pense qu'il est probablement
14:59la question la plus importante sur...
15:01Parce que ça s'est vite passé,
15:02sur le processus de destitution
15:04qui pourrait très rapidement se mettre en marche
15:06parce que l'affaire est instruite à la Chambre des représentants.
15:09C'est là qu'on décide s'il y a de quoi déclencher une enquête.
15:11Là, vous parlez de l'impeachment act?
15:12Oui, la destitution en français.
15:16Et à partir du moment où la Chambre met cette mécanique en marche,
15:20alors c'est très vexatoire, d'abord pour l'orgueil présidentiel de M. Trump,
15:24et ça peut mener, même s'il y avait une cour...
15:27Enfin, avec ou sans majorité démocrate au Sénat,
15:30si les actes d'accusation sont déposés,
15:32le Sénat devra se saisir du truc.
15:34Puis on imagine, dans un cas de figure,
15:35où il y a une courte majorité démocrate,
15:37alors il faut toujours 66...
15:39Pardon, oui, au Sénat.
15:40Il faut 66 votes au Sénat, une super majorité,
15:42pour destituer un président ou un secrétaire de la guerre.
15:47Mais est-ce qu'il n'y aurait pas un moment
15:48où quelques républicains seront tentés,
15:50voyant peut-être les vents dominants,
15:52de se placer du bon côté de l'histoire,
15:54n'ayant plus peur du président Trump,
15:56et on voit d'ailleurs qu'il ne fait plus peur aux Iraniens,
15:59il ne fait beaucoup...
16:00On a vu plusieurs projets de loi,
16:01avec à chaque fois quelques républicains qui basculent.
16:04Oui, et là, le nombre pourrait grandir,
16:05comme le dit Stéphane, tout à fait.
16:06Et là, on se retrouve dans un cas de figure,
16:07et c'est là que c'est très effrayant pour le président,
16:09compte tenu que ce qu'on lui reprochera,
16:11c'est des affaires de corruption,
16:12il devra se mettre à l'abri.
16:14Alors, ce qu'on peut négocier en amont,
16:16je rappelle que le dernier président
16:17à avoir vraiment fait face à ce souci,
16:19c'était Richard Nixon.
16:21Il y a eu M. Clinton,
16:23mais Richard Nixon a choisi d'émissionner,
16:25et très rapidement d'obtenir un pardon présidentiel
16:28qui avait probablement été négocié
16:30avec son vice-président, Gérald Ford.
16:31Et dans un cas comme celui-là,
16:32est-ce que le président,
16:34parce qu'il a beaucoup à perdre,
16:36ne voudra pas se mettre à l'abri,
16:38si ça se dessine à l'horizon,
16:39grâce à un pardon...
16:41qui aurait été négocié en coulisses
16:44avec son fidèle vice-président.
16:47Alors, on fait de la politique fiction,
16:48mais cette politique fiction,
16:51nécessairement, il y a un espace de tout ça
16:52qui occupe le cerveau de Donald Trump.
16:54En tout cas, in the end,
16:58on sait qu'il y a les démocrates
17:00qui attendent Donald Trump au tournant,
17:03actuellement,
17:04et notamment sur le sujet des conflits d'intérêts.
17:08Et c'est vrai que là,
17:10on est sur un sujet
17:12que je trouve personnellement fascinant
17:13et qu'on a vu déjà
17:15sur la période Trump 1
17:16et là qui se déroule sur le Trump 2.
17:18C'est cette espèce de frontière ultra poreuse
17:21qu'a instauré Trump
17:22entre la diplomatie et le business.
17:25Partout où il va,
17:26Moyen-Orient,
17:27sur tous ces dossiers diplomatiques,
17:29derrière, vous avez en toile de fond
17:31une galaxie très clanique,
17:34familiale,
17:34de réseaux très proches
17:35qui va engranger des contrats personnels.
17:37Ou on monétise aussi la marque Trump un peu partout.
17:40On ne sait plus comment s'y retrouver dans cette histoire.
17:43C'est peut-être là-dessus
17:43qu'ils pourraient le faire tomber,
17:44les démocrates.
17:45Oui, en tout cas,
17:46c'est un sujet
17:46qui met tout le monde d'accord.
17:49Même du côté républicain, en fait.
17:51Parce que ce côté clanique,
17:53le fait qu'on essaie de manipuler
17:55les institutions
17:55pour son profit personnel
17:57ou pour le profit de ses enfants,
17:58de ses petits-enfants,
17:59ça parle à beaucoup de gens.
18:00parce qu'en fait,
18:02ils se disent,
18:02déjà, on est dans une société
18:03où il y a une élite
18:05qui a fait n'importe quoi,
18:07qui a fait en sorte que,
18:08ou alors qui a causé
18:09une forme de paupérisation
18:11d'une grande partie
18:12de la société américaine,
18:13y compris chez les conservateurs.
18:15Donc, ce n'est pas normal
18:15qu'en plus,
18:16on ait un système
18:16qui profite autant
18:18à ceux, en fait,
18:19qui sont au pouvoir.
18:20Mais maintenant...
18:21On a une constitution américaine
18:22qui est beaucoup plus permissive
18:24que la nôtre
18:25pour un président en place,
18:26qui peut laisser un président
18:28continuer à faire fructifier
18:30ses affaires
18:31tout en étant à la Maison-Blanche.
18:33Oui, mais après,
18:34il y a quand même
18:35quelque chose de spécifique
18:35avec la présidence
18:36de Donald Trump.
18:37Donald Trump pousse ça
18:37un petit peu plus loin
18:38que les autres.
18:39Ça ne veut pas dire
18:39qu'aucun président avant lui
18:40n'a profité du système
18:42et n'a fait profiter du système
18:43aux membres de sa famille.
18:45Mais lui, il pousse ça
18:45un petit peu plus que les autres.
18:46Et chez les démocrates,
18:47effectivement,
18:48c'est un discours
18:48qui peut porter
18:49et qui peut même faire basculer
18:50certains conservateurs
18:51qui sont un petit peu modérés
18:52ou alors qui sont en colère
18:53contre ce que Donald Trump fait.
18:55Et c'est pour ça
18:55qu'Akim Jeffries, démocrate,
18:57a dit,
18:58nous, une de nos grandes priorités,
18:59ça va justement être
19:00de mener des enquêtes
19:01sur la corruption,
19:02sur la probité
19:03de Donald Trump
19:04et de son entourage
19:05et sur le dossier Epstein.
19:07Le dossier Epstein,
19:08ça fait partie
19:08de ces grands dossiers
19:09qui mettent tout le monde
19:11d'accord aux États-Unis,
19:12démocrates et républicains
19:13parce qu'il y a cette idée
19:15toujours de l'antisystème.
19:17Donald Trump se présente
19:18comme le candidat antisystème
19:20mais en réalité,
19:21il y en a beaucoup
19:22qui savent qu'il ne l'est pas.
19:22Et les décisions
19:23qu'il a pu prendre
19:24autour de l'affaire
19:25et du dossier Epstein,
19:27ça a crispé
19:28beaucoup de conservateurs,
19:29beaucoup de gens
19:30en bagage qui disent
19:30mais en fait,
19:31on veut voir
19:31la réalité des choses
19:32et ça rejoint aussi,
19:34il y a une partie maga
19:36qui est totalement
19:37en opposition
19:37à l'entourage
19:38de Donald Trump
19:39et notamment
19:39à ces barons
19:41de la tech,
19:43que ce soit Musk
19:43ou Zuckerberg
19:44et c'est ce que
19:45Steve Bannon appelle
19:46la brolygarchie.
19:47C'est messieurs
19:49de la tech
19:50qui en fait
19:51sont tous amis,
19:53se connaissent tous
19:53et ils sont tous liés
19:55par la Silicon Valley,
19:56par la technologie
19:57et par cet argent
19:58et eux,
19:59ce sont ceux qui...
19:59C'est-à-dire
20:00cette mosaïque maga
20:03avec des pièces de puzzle
20:04qui étaient impensables
20:06à mettre ensemble
20:06et qui ont porté
20:07Trump au pouvoir,
20:08ça, ça pourrait
20:09se retourner contre lui.
20:10En tout cas,
20:10cette mosaïque
20:11se fracture un peu peut-être.
20:12Tout à fait, absolument.
20:13Et Steve Bannon
20:13a fait plusieurs commentaires
20:16historiquement
20:16et récemment aussi
20:19sur Zuckerberg,
20:20Bezos,
20:21Musk,
20:21en disant en fait
20:22que ces gens-là
20:22n'avaient pas leur place
20:23dans le gouvernement
20:24ou près du gouvernement
20:25américain
20:26parce qu'en fait
20:27ils ont des intérêts
20:27qui sont contraires
20:28aux intérêts nationaux.
20:30Lorsqu'il parle de ça,
20:31il parle notamment
20:32de l'immigration
20:33et du fait
20:33qu'il y a une partie
20:34de la Silicon Valley
20:35qui veuille plutôt
20:36assouplir les règles
20:37pour pouvoir faire venir
20:38des immigrés qualifiés.
20:40Alors là,
20:40vous ouvrez encore
20:41un autre sujet,
20:41je n'avais pas prévu
20:42de partir là-dessus
20:42mais en même temps
20:43c'est vrai que tout est lié.
20:44Quand vous parlez
20:45de Steve Bannon
20:46et de sa nouvelle
20:47doctrine politique,
20:48ça aussi c'est assez fascinant.
20:49Il est en train de,
20:50lui, jouer la carte
20:51des humains
20:53contre les machines en fait.
20:55C'est-à-dire que pour lui
20:55le nouveau populisme
20:57ce n'est plus
20:58le peuple contre les élites
20:59mais les humains
21:00contre les machines
21:01et c'est là-dessus
21:01qu'il se retourne aussi
21:02contre les seigneurs
21:03de la tech
21:04qui ont porté
21:05Donald Trump, Richard.
21:06Oui, alors il faut savoir
21:07que dans le mouvement Maga
21:08avec lequel j'ai passé
21:09beaucoup de temps
21:10pour ce livre
21:11mais il y a déjà
21:12deux ans
21:12pendant la campagne
21:13présidentielle américaine
21:14il y avait déjà
21:15ces tensions.
21:16Et le génie politique
21:17de Donald Trump
21:18si on peut utiliser
21:19cette expression
21:19c'est d'avoir réussi
21:20à faire le pont
21:21entre un populisme populaire
21:23si je puis dire
21:24de droite
21:25largement nourri
21:26par son refrain
21:28anti-immigré
21:29et par sa promesse
21:29de fermer la frontière
21:30ce qu'il a fait
21:32ne l'oublions pas
21:33promesse tenue
21:34et en politique
21:35ça compte
21:36et puis
21:37il faisait le lien
21:38avec ce groupe-là
21:38et l'autre groupe
21:40qui était les géants
21:41de la tech
21:41et le monde
21:42corporate américain
21:43le monde du business
21:44qui veut le moins
21:45de règles possibles
21:46qui veut asservir
21:47l'Union Européenne
21:48pour que le grand marché
21:49européen lui soit livré
21:50pied et poing lié.
21:52À partir du moment
21:52où Donald Trump
21:53s'approche de l'échéance
21:55c'est-à-dire
21:55de la fin de son mandat
21:56à partir du moment
21:57où il serait éventuellement
21:59sanctionné dans les urnes
22:00chacun va reprendre
22:01un peu ses billes
22:02c'est-à-dire
22:02les géants de la tech
22:03vont commencer à se dire
22:04qu'ils n'ont rien à faire
22:05avec ces bouzeux
22:06républicains
22:07magas
22:08qui finalement
22:09sont plutôt
22:10des empêcheurs
22:10de vendre en rond
22:12leurs produits numériques
22:13parce que les géants
22:13de la tech
22:14eux ils sont beaucoup plus
22:15je dirais liés
22:16au milieu libéraux
22:17au milieu de la finance
22:18etc.
22:19Et de l'autre
22:20vous avez ce terreau
22:21populiste
22:22conservateur américain
22:23typiquement la région
22:24des Appalaches
22:25typiquement l'électorat
22:26de J.D. Vance
22:28qui va se réveiller
22:29sauf que J.D. Vance
22:30lui-même
22:30il est pris
22:31dans cette
22:32je dirais
22:33dans cette faille
22:33puisqu'il est à la fois
22:34l'homme de l'identité
22:37américaine populaire
22:38avec son livre
22:38vous vous souvenez
22:39c'est lui qui a fait
22:39la jonction
22:40de Hillbilly
22:41Hillbilly
22:41mais il est aussi
22:44l'homme de la tech
22:45donc moi je prédis
22:46que s'il y a là
22:48un coup de semence
22:49électorale sérieux
22:50voire une défaite
22:51de Donald Trump
22:51le mouvement maga
22:53à un moment donné
22:53va risquer d'imploser
22:55parce que les intérêts
22:56sont trop contradictoires
22:57entre le fermier
22:58du Kansas
22:59et l'oligarque
23:00de San Francisco
23:01mais deux choses
23:02d'abord historiquement
23:03les intérêts maga
23:04et ceux du parti républicain
23:06n'étaient pas voués
23:06à se croiser
23:07jamais
23:07c'est Donald Trump
23:08qui permet ça
23:09Donald Trump
23:10et le Bernard Lermitte
23:11qui s'est invité
23:13dans le coquillage
23:14du parti républicain
23:14et qui a littéralement
23:16pris le contrôle
23:16d'un parti envers
23:17et contre le parti
23:18les républicains
23:19n'aimaient pas
23:20Donald Trump
23:21c'est par la force
23:22qu'il a réussi
23:23à s'imposer
23:24par ailleurs
23:24sur la question
23:25des bros de la tech
23:26je crois qu'ils vont
23:28très bien s'accommoder
23:28quel que soit le résultat
23:30des élections
23:30de mi-mandat
23:31de ces deux prochaines années
23:33qui seront
23:34de leur point de vue
23:35beaucoup plus faciles
23:37à négocier
23:38avec Donald Trump
23:39qu'avec n'importe quel autre
23:40interlocuteur
23:41sachant qu'en deux ans
23:41le monde aura
23:42beaucoup changé
23:43ils seront dans deux ans
23:45beaucoup plus loin
23:46beaucoup plus puissants
23:47et ce qui les inquiète
23:48c'est d'être bridés
23:49je rappelle quand même
23:50qu'un des premiers conseillers
23:53de Donald Trump
23:54à ses côtés
23:55pour la crypto
23:56le zard de la crypto
23:57David Sachs
23:58fait justement partie
23:59de cette mouvance
24:02de cette nébuleuse
24:03associée à Peter Thiel
24:04qui est un des cofondateurs
24:06de Paypal
24:07et de Paypal au départ
24:09il y a toute une mafia
24:09de personnages aujourd'hui
24:10très influents
24:11Elon Musk en fait partie
24:12et que David Sachs
24:14a quitté l'administration
24:16mais demeure extrêmement influent
24:18fait partie de ceux
24:19qui disent
24:20d'aucune manière
24:21on doit mettre un frein
24:22à l'intelligence artificielle
24:23et je crois sincèrement
24:25que chaque semaine
24:26chaque mois gagné
24:27de leur point de vue
24:28crée une espèce de zone
24:30on aura repoussé
24:32les frontières tellement loin
24:33qu'il sera plus facile
24:34ou très facile
24:35de les contrôler
24:35Romuald
24:36est-ce que finalement
24:36la montée d'un nouveau
24:37populisme anti-tech
24:38ça peut être ça
24:39qui peut stopper
24:40Donald Trump
24:41non, non, non
24:42je ne crois pas
24:43non, effectivement
24:44il y a toujours eu
24:45deux, plusieurs courants
24:46bagas
24:47mais n'oublions pas
24:48que Steve Bannon
24:48incarne le premier
24:50courant maga
24:50qui n'est pas celui
24:52du deuxième mandat
24:54Trump s'est effectivement
24:55comme le rappelait Richard
24:56imposé
24:57dans un parti républicain
24:59qui ne voulait pas de lui
25:00avec le premier mouvement
25:01maga
25:01et en 2025
25:03Trump s'est fait élire
25:04avec l'aide
25:04de l'extrême droite américaine
25:06qui elle-même
25:07a avalé
25:08si je puis dire
25:09le mouvement maga
25:11originel
25:12dont faisait partie
25:13Steve Bannon
25:14et je voudrais juste
25:15rebondir sur quelque chose
25:16dont parlait tout à l'heure
25:17Stéphane
25:17sur les suites potentielles
25:19de l'élection
25:20et également
25:21ce dont parlait Richard
25:23Trump
25:23n'a
25:24et Genevieve
25:25n'ont qu'une peur
25:26c'est que
25:26le parti républicain
25:28et le mouvement maga
25:29éclatent
25:30à l'issue
25:30d'une défaite
25:31car effectivement
25:32si la défaite
25:33est sanglante
25:34si c'est une bérésina
25:35si le congrès
25:37pardon
25:37si le Sénat
25:37passe du côté
25:38démocrate
25:39oui
25:40de très nombreux républicains
25:41vont lâcher
25:42Donald Trump
25:43en vue des élections
25:45de 2028
25:45législatives
25:46et présidentielles
25:47et le mouvement maga
25:49lui-même
25:49va éclater
25:50entre les différentes fractions
25:51et ça
25:51Trump comme Vence
25:52n'en ont absolument
25:54aucun intérêt à cela
25:55c'est pourquoi
25:55je reste convaincu
25:57que le scénario
25:57numéro 1
25:58c'est-à-dire
25:59une forte contestation
26:00demeure le plus probable
26:01mais une fois encore
26:02et pour conclure
26:03et revenir sur ce dont
26:05parlait donc Stéphane
26:06si on est dans le scénario 2
26:08c'est-à-dire un Trump
26:09qui décide de s'asseoir
26:10sur les résultats de novembre
26:11après avoir vaguement contesté
26:13qui laisse le nouveau congrès
26:15entrer en fonction
26:16fin janvier
26:17je ne vois pas le scénario
26:18à la Nixon
26:19je ne pense pas que quelqu'un
26:20je peux me tromper
26:21mais je ne pense pas que quelqu'un
26:22comme Trump
26:25poursuivi par le congrès
26:26menacé d'empêchement
26:28etc.
26:28de destitution
26:29je ne le vois pas
26:29passer un deal avec Vence
26:31et se retirer paisiblement
26:32en échange d'un pardon
26:33et c'est là
26:34où je rebondis
26:35donc sur votre première question
26:36est-ce qu'on pourrait assister
26:38à un nouveau 6 janvier 2021
26:39pas dans le cas
26:40d'une contestation en novembre
26:41mais dans le cas
26:42où Trump laisse
26:43le nouveau congrès
26:44entrer en fonction
26:45et qu'il y a eu une guerre
26:47civile
26:47larvée entre l'exécutif
26:49et le législatif
26:49je pense que Trump
26:50refuserait d'émissionner
26:51et là pourrait tenter
26:52un coup de force
26:53contre le congrès
26:54allez on marque une courte pause
26:55et on revient
26:56écouter nos passionnants
26:57experts sans frontières
26:58à tout de suite
27:12bienvenue si vous nous retrouvez
27:14dans les experts sans frontières
27:15autour de moi
27:16Inde Zian
27:17analyste géopolitique
27:18qui a travaillé plusieurs années
27:19avec le département de l'énergie
27:21sous l'administration Obama
27:23Romuald Skiora
27:24chercheur associé à l'IRIS
27:25et auteur de
27:26Lettre ouverte à Trump
27:27d'un américain de papier
27:28Stéphane Bureau
27:29éditorialiste québécois
27:30producteur et animateur
27:32du podcast Contact
27:33Richard Verly
27:34correspondant du média suisse
27:36Blick en France
27:37auteur de
27:38Cet Amérique qui nous déteste
27:39qui vient de sortir
27:40en forme à poche
27:42aux éditions
27:43Saint-Simon
27:44nous continuons à explorer
27:46les scénarios
27:46des midterms
27:48moi j'aimerais bien aussi
27:49vous entendre
27:50sur la manière
27:51dont Donald Trump
27:52dans cette campagne
27:53est en train
27:54d'exploiter
27:55le chaos social
27:57que nous sommes en train
27:58de vivre et de traverser
28:01en France
28:02il joue clairement
28:02en miroir
28:04avec la France
28:05cette musique du chaos
28:06il dit
28:07regardez
28:08les dégâts
28:09d'une immigration
28:10incontrôlée
28:11qui fait sombrer
28:12le pays des lumières
28:13je vous propose
28:13d'écouter Donald Trump
28:16regardez simplement
28:18ce qui se passe en France
28:19autrefois
28:20grandes nations
28:20aujourd'hui conquises
28:22pillées
28:22et réduites en cendres
28:24par des migrants
28:24des djihadistes
28:25et des communistes
28:26qui haïssent le christianisme
28:28et à vrai dire
28:29la civilisation occidentale
28:30elle-même
28:33indianne ce discours
28:34c'est porteur
28:37ça parle à ces électeurs
28:38alors en fait
28:38il y a deux choses
28:39premièrement
28:39c'est du storytelling
28:40là on est vraiment
28:41à une période
28:42où il veut mobiliser
28:43les gens
28:43il faut parler
28:44à leurs émotions
28:45il faut parler
28:46à des choses
28:46qui leur font
28:46le plus peur
28:47et effectivement
28:47aujourd'hui
28:48l'électorat de Trump
28:49est particulièrement
28:50effrayé par ce qui
28:51pourrait se passer
28:53après une immigration
28:54massive
28:54comme les scènes
28:56qu'ils ont pu voir
28:57en Europe
28:57on se dit
28:57si jamais
28:58un jour
28:58il y a ça
28:59aux Etats-Unis
28:59la deuxième chose
29:00c'est que
29:01Donald Trump
29:02et les républicains
29:02ont fait un choix stratégique
29:04c'est une stratégie
29:04ce qu'il est en train de faire
29:05c'est pas du tout
29:06par hasard
29:06qu'il parle de cela
29:07c'est pas non plus
29:08du tout
29:08par conviction personnelle
29:09je ne le pense pas
29:10c'est stratégique
29:11parce qu'en fait
29:11on est à une période
29:13on est à une élection
29:14où il a besoin
29:15de mobiliser sa base
29:16s'il veut éviter
29:18cette bâtonnade catastrophique
29:19que les démocrates
29:20ont pu avoir d'autres années
29:21par exemple en 2010
29:21il faut absolument
29:23que les gens
29:24la base de Donald Trump
29:25sortent et le soutiennent
29:26de manière massive
29:27si on peut lui reconnaître
29:28quand même
29:29une constance
29:30et une cohérence
29:31c'est tout son discours
29:31autour de l'immigration
29:32à contrôler
29:34et même ses adversaires
29:35lui ont donné raison
29:36c'est-à-dire qu'il y a des démocrates
29:37qui se sont ralliés
29:38à l'idée tardivement
29:39qu'il y avait là
29:39un véritable enjeu
29:41et sur la question
29:43de la frontière
29:44de l'avoir vraiment verrouillée
29:47il a un très bon score
29:48c'est probablement
29:49le seul secteur
29:50où il est crédité
29:52dans sa politique
29:53dans ce qu'il a fait
29:54il faut faire une distinction
29:54entre ce que Donald Trump
29:56a fait pour l'immigration
29:57et ce que Donald Trump
29:57est en train de dire
29:58aujourd'hui
29:58sur ce qui se passe
29:59en France
29:59et en Europe
30:00la question de l'immigration
30:02même Bernie Sanders a dit
30:03la politique migratoire
30:04qu'on avait sous Joe Biden
30:06n'était pas soutenable
30:07ce n'était pas possible
30:08parce qu'en fait
30:08pour avoir une nation
30:09il faut des frontières
30:10ça c'est pas le sujet
30:11le sujet c'est vraiment
30:12aujourd'hui
30:13la façon dont il instrumentalise
30:14quelque chose
30:15qui se passe ailleurs
30:16avec un autre contexte politique
30:17avec un autre
30:19environnement social
30:20pour en faire une force
30:22pour sa campagne
30:22donc c'est ce qu'on appelle
30:23de la red meat
30:24c'est de la viande rouge
30:25qu'il sert à sa base
30:26et effectivement
30:27aujourd'hui
30:28c'est la stratégie
30:29que les républicains
30:30ont choisi
30:30pour ces élections-là
30:32parce qu'ils savent très bien
30:33que si jamais
30:34ils veulent avoir
30:35une chance
30:35et éviter une bâtonnade
30:36effectivement
30:37il faut absolument
30:38qu'il y ait le plus
30:38de gens de la base
30:40de Donald Trump
30:41qui sortent
30:41et qui votent
30:42cet été
30:43comme je l'ai dit tout à l'heure
30:44on a eu
30:45une participation
30:46lors des primaires
30:47qui favorisait
30:48plutôt les démocrates
30:49donc c'est ça le danger
30:50si jamais
30:50les démocrates
30:51se mobilisent
30:52beaucoup plus
30:52que les républicains
30:53là effectivement
30:54le parti de Donald Trump
30:55risque de perdre gros
30:57donc moi ce que je vois ici
30:58c'est une stratégie
30:58c'est très bien calculé
30:59c'est très intelligemment calculé
31:01parce qu'en fait
31:01il parle à sa base
31:02il prend des sujets
31:04qui sont essentiels
31:04pour sa base
31:05mais après il faut se poser
31:06la question
31:07aujourd'hui
31:08la problématique
31:09qui est la plus importante
31:10pour les électeurs
31:11dans tous les sondages
31:13c'est le pouvoir d'achat
31:14donc lorsque vous avez
31:15un discours qui est plutôt
31:16idéologique
31:17et sur l'immigration
31:18est-ce que ça va vraiment
31:19répondre à la question
31:19du pouvoir d'achat
31:20Richard pour rebondir
31:21sur ce que nous dit Nzihan
31:22est-ce qu'effectivement
31:23le thème du risque
31:25d'effacement civilisationnel
31:26qui est inscrit d'ailleurs
31:27dans la revue de sécurité nationale
31:28des Etats-Unis
31:29qui est une doctrine officielle
31:30est-ce que ça
31:31c'est effectivement
31:31un T-bone
31:33servi cuisson bleu
31:34à ses électeurs
31:36oui d'autant plus que
31:38et c'est là où j'apporterai
31:39peut-être une nuance
31:40c'est chez Donald Trump
31:41une conviction
31:42Donald Trump
31:43a toujours été
31:44pour les frontières
31:46il l'a dit
31:47il l'a théorisé
31:48donc c'est un homme de conviction
31:49je pense qu'il a certaines convictions
31:51sur la question des frontières
31:52je pense que sur la question
31:53des frontières notamment
31:54il a des convictions
31:55de la même manière
31:56qu'il a la conviction
31:57que tout ce que doit faire
31:58un président des Etats-Unis
31:59doit rapporter financièrement
32:01aux Etats-Unis d'Amérique
32:02je croyais que sa seule conviction
32:03c'était son intérêt immédiat
32:04ah non moi j'ai jamais dit ça
32:05je pense qu'il a
32:06c'est lui
32:07je crois que c'est lui-même
32:07il n'est pas un théorologue
32:09il a des convictions
32:10et sur la question
32:12de l'affaissement
32:13civilisationnel de l'Europe
32:14il le pense
32:15il pense que l'Europe
32:16est un continent décadent
32:18il pense
32:19et là
32:19un certain nombre de conseillers
32:20lui ont aussi soufflé ça
32:22il pense que la chrétienté européenne
32:25parce qu'on ne peut pas dissocier
32:26quand même
32:27ce sujet
32:28de la question
32:28du rapport
32:29de la chrétienté à l'islam
32:30et d'une forme
32:31de civilisation blanche
32:32qui serait assiégée
32:33c'est quand même ça
32:34la doctrine de base
32:35du Trumpiste
32:36et bien lui
32:37il pense que l'Europe
32:38est un continent en déclin
32:39à cause de l'immigration
32:40à cause de l'islam
32:41et après bien évidemment
32:42tout ce qu'il sert
32:43dans le plat maga
32:45fonctionne bien
32:46auprès de son électorat
32:47mais vous savez
32:48reprenez ce qu'il a toujours dit
32:49depuis le début
32:50il a toujours reproché à l'Europe
32:51d'être un continent
32:52sans frontières
32:53le fameux grand marché
32:55sans frontières
32:56pour lui
32:56c'était une obsession
32:57il préférait des frontières
32:58mais stratégiquement
32:59désolé de le dire
33:00mais ça fait sens
33:01les Etats-Unis
33:02manipulent bien plus facilement
33:04des pays
33:04de façon unilatérale
33:06face à eux
33:06qu'un grand ensemble
33:07comme l'Union Européenne
33:08même s'ils arrivent quand même
33:09à leur fin
33:09avec l'Union Européenne
33:10et puis
33:11il y a cette idée
33:12que l'Afrique
33:13puisqu'on parle de l'Afrique
33:14au sens large
33:15qui est le grand continent
33:16pourvoyeur d'immigration
33:17en Europe
33:18est un no man's land
33:19qui est uniquement bon
33:21à être exploité
33:21par ses ressources
33:22et qui est
33:23pardon de le dire ici
33:24pour Donald Trump
33:25peuplé de sauvages
33:26dont il vaut mieux pas s'occuper
33:27c'est quand même
33:28exactement ce qu'il pense
33:28effectivement quand vous dites ça
33:30ça me fait penser
33:31au think tank
33:32très influent
33:33qui a écrit une partie
33:33du programme
33:34de l'Union Européenne
33:36qui s'est appuyé
33:37sur des rapports hongrois
33:38qui s'appelait
33:39qui prônait
33:42un grand reset
33:43des institutions européennes
33:44et qui lui recommande
33:45une Europe
33:46qui serait une somme
33:47de petite Hongrie
33:48version Orban
33:49c'est le Stéphane
33:51il y a tellement
33:51de choses à dire
33:52c'est fascinant
33:53d'abord
33:53Donald Trump
33:54n'est pas le seul
33:55à penser qu'il y a
33:55un défacement civilisationnel
33:57ou un risque d'effacement civilisationnel
33:59en Europe
33:59il y a beaucoup d'Européens
34:00qui partagent cette opinion
34:01donc quand on pense
34:03que Donald Trump
34:04est en train d'inventer un truc
34:05pas du tout
34:06alors il est facile
34:07parce que la détestation
34:08du personnage est telle
34:10de dire
34:10s'il le dit
34:11c'est totalement faux
34:12mais s'il n'y avait pas
34:14d'enjeu migratoire
34:14en France
34:15et ailleurs en Europe
34:16l'extrême droite
34:16ne serait pas aux portes du pouvoir
34:18donc il y a un lien
34:19il le fait
34:19et c'est vrai
34:20que c'est du red meat
34:22c'est un storytelling fabuleux
34:24avec un pari
34:25celui de faire oublier
34:26ce qui ne va pas
34:28parce que la promesse fondamentale
34:29avec les électeurs américains
34:31en 2024
34:31c'est la lutte
34:32à la vie chère
34:33alors je sortirai
34:34le Québécois en moi
34:35ce qu'on appelle
34:35l'abordabilité
34:36parce qu'aux États-Unis
34:37c'est l'affordability
34:38alors de l'autre côté
34:40au Québec
34:40on parle d'abordabilité
34:41mais c'est horrible
34:42comme mot
34:43ce néologisme
34:43mais c'est le combat de Trump
34:45alors il n'a pas livré
34:47la marchandise
34:47est-ce qu'il peut faire oublier
34:49cette promesse
34:50non tenue
34:51et de façon
34:52je dirais manifeste
34:53en ayant
34:54ce red meat
34:55d'abord les Américains
34:57n'ont pas à s'inquiéter
34:58de ce qui pourrait arriver
35:00chez eux
35:00comme en Europe
35:01c'est déjà arrivé
35:02il y a eu des émeutes aussi
35:03et des morts
35:05dans le cadre du mouvement
35:06Black Lives Matter
35:07il y a eu des émeutes
35:09et des morts
35:09à Los Angeles
35:10après l'affaire
35:11Rodney King
35:12à la fin des années 90
35:13avec des images
35:14alors on parle du réarmement
35:15ou de ce que les commerçants
35:17parisiens et français
35:18veulent s'armer
35:19voyez les images
35:21des émeutes
35:22à Los Angeles
35:23particulièrement dans Korean Town
35:24elles sont extraordinaires
35:25cette communauté
35:27qui décide de protéger
35:28armes à la main
35:29leurs rues
35:30leurs commerces
35:31alors on est évidemment
35:32dans un Far West
35:33très différent
35:33mais ça existe
35:34on avait aussi l'image
35:36des Korean rooftops
35:37c'est de ça que je vous parle
35:39dans Korean Town
35:41à Los Angeles
35:42il y avait
35:43ces policiers
35:45improvisés
35:46qui ont protégé
35:47leur quartier
35:47et qui étaient prêts
35:48à tirer à vue
35:49parce qu'aux États-Unis
35:49c'est possible
35:50et donc
35:51on connait ça
35:52aux États-Unis
35:53et cette idée
35:54qu'il puisse y avoir
35:55un effet de contagion
35:56je pense que ça peut
35:57fonctionner à la marge
35:58mais je crois que fondamentalement
36:00ce qui se joue
36:01dans la poche
36:02des consommateurs
36:02the economy stupid
36:04que nous avons répété
36:05ad nauseum
36:06c'est le programme
36:07et c'est toujours le programme
36:08aux États-Unis
36:09parce qu'on
36:10on gagne une élection
36:12et on la perd
36:12sur le dollar
36:13qu'on a ou pas
36:14dans la poche
36:15c'est ça
36:15vous êtes tous revenus
36:16depuis le début
36:17sur cette histoire
36:18du pouvoir d'achat
36:19c'est vrai que Romuald
36:20au bout du bout
36:21ça reste quand même
36:22des mid-terms
36:23et une élection
36:24qui aura été guidée
36:25la seule boussole
36:26ça aura été quand même
36:26mon plein d'essence
36:27il faut quand même rappeler
36:30que quand on est américain
36:32le diesel
36:33c'est le sang qui circule
36:34dans les veines
36:36le diesel
36:37s'ajoute
36:38à un coût
36:39de la vie
36:40exorbitant
36:41la vie au quotidien
36:42est très difficile
36:43pour un américain
36:45comme vous le savez
36:46comme je le répète
36:46à chaque fois
36:47que je suis là
36:47je paye 2000 dollars
36:48d'assurance santé
36:49par mois
36:49et je donne toujours
36:50cet exemple
36:50qui est très parlant
36:52prenons
36:52parce qu'on parle
36:53beaucoup
36:53des petites classes
36:54populaires
36:55ou des classes
36:55paupérisées
36:56mais prenons un couple
36:57de la petite classe
36:57moyenne new-yorkaise
36:58un couple qui chacun
37:00gagne 4000 dollars
37:00par mois
37:01à New York
37:02c'est un salaire d'essence
37:03c'est pas un gros salaire
37:03d'accord
37:04donc ce couple
37:04gagne 4000 dollars
37:05chacun
37:05ça fait 8000 dollars
37:06avec les taxes
37:07il aurait 6500 dollars
37:08pour vivre par mois
37:09ce couple a deux enfants
37:10il leur faut un petit appartement
37:11rien de fancy
37:12quelque chose similaire
37:13à la petite couronne parisienne
37:14donc une chambre
37:15pour les parents
37:15une chambre pour les enfants
37:16et un petit living room
37:17ils ne trouvent rien
37:18à moins de 3500 dollars
37:19il leur reste 3000 dollars
37:20maintenant pour vivre par mois
37:21il leur faut une assurance
37:22pour toute la santé
37:22si les employeurs
37:23ne prennent pas l'assurance
37:24en charge pour la famille
37:25ils vont trouver
37:26la plus misérable possible
37:29surtout pour les enfants
37:30ils vont payer 1500 dollars
37:31il leur reste maintenant
37:321500 dollars pour vivre par mois
37:331500 dollars
37:34c'est le budget
37:34pour nourrir deux personnes
37:35en un mois
37:36dans la ville de New York
37:37donc quid du budget alimentaire
37:38des enfants
37:39quid du prêt auto
37:40de l'essence
37:42du téléphone portable
37:43de l'électricité
37:44alors je ne parle même pas
37:45des petits plaisirs
37:45restaurants
37:46et de l'éducation
37:49si nécessaire des enfants
37:50et là une fois encore
37:51on parle de la petite classe moyenne
37:53donc imaginez
37:54les magas
37:55ceux qui se sont déjà sentis
37:56trahis par ce président
37:57qui avait promis
37:58de ne pas nous entraîner
37:59dans une guerre style
38:00Irak ou Afghanistan
38:01qui a revenu
38:02sur sa promesse
38:03donc avec l'Iran
38:03et qui à travers cette guerre
38:05a touché en plein fouet
38:07le portefeuille
38:07de ses électeurs
38:08donc voilà pourquoi
38:09il boude
38:09et voilà pourquoi
38:10le discours
38:11je pense qu'on va en y venir
38:11le nouveau narratif
38:12comme quoi
38:13si les prix de l'essence
38:15flambent
38:15flambent à la pompe
38:16ce n'est pas la faute
38:17de la guerre en Iran
38:17mais du méchant Zelensky
38:18qui harasse
38:19la pauvre Russie
38:20pour reprendre
38:21la rhétorique trumpienne
38:22aujourd'hui
38:23fait partie
38:23de la stratégie de Trump
38:24c'est ça
38:25et bien vous tendez
38:25exactement la perche
38:26que j'attendais
38:27Inzian
38:28il en vient même
38:29donc à pactiser
38:30avec Poutine
38:32pour finalement
38:34réhabiliter Poutine
38:35sur la scène internationale
38:37et sur la scène
38:37business internationale
38:39en gros
38:40on va se mettre
38:40à légitimer
38:42une partie
38:43de la flotte fantôme
38:43qui va venir livrer
38:44dans les ports américains
38:45du bon diesel russe
38:47et faire baisser les prix
38:48est-ce que ça
38:49ça je ne me rends pas compte
38:51mais est-ce que le fait
38:51qu'on n'aille
38:52pactiser avec Poutine
38:53c'est quelque chose
38:54qui peut
38:55qui peut choquer
38:56les américains
38:57ou finalement
38:58comme on disait
38:58c'est toujours
38:59le dollar
38:59qui est dans ma poche
39:00qui va primer
39:01quitte à pactiser
39:01avec Poutine
39:02et ce ne sera pas un sujet
39:03je pense que
39:04chez les lecteurs
39:06c'est plutôt
39:07effectivement
39:07l'économie
39:08qui va primer
39:09après la plupart
39:10des américains
39:11soutiennent l'Ukraine
39:12et ne soutiennent
39:14pas la Russie
39:15la plupart
39:16des républicains
39:17au sein du parti
39:19élu
39:20soutiennent aussi
39:21l'Ukraine
39:21ça peut rester un ennemi
39:23mais on fait du business
39:23c'est-à-dire qu'aujourd'hui
39:25Donald Trump
39:26avec cette décision
39:27il y a plusieurs choses
39:28il a dit
39:28parce que c'est une obligation
39:30légale
39:30ça a été voté
39:31ça a été signé
39:32par le président
39:32et un mois après
39:33il passe un décret
39:34et il empêche
39:35l'application
39:36de cette loi
39:37donc ce que le président
39:40a mis en avant
39:40c'était que
39:41c'était pour l'intérêt
39:43national des Etats-Unis
39:44il y a plusieurs options
39:44il y en a qui disent
39:45et c'est vrai
39:46c'est assez possible
39:47mais c'est assez proche
39:47des mid-terms
39:48pour que ça ait vraiment
39:49un impact
39:49que ça pourrait permettre
39:51de baisser les prix
39:51du diesel
39:53il y a un autre aspect
39:55géopolitique
39:55c'est qu'en fait
39:56la loi Graham
39:56prévoyait des tarifs
39:57de 100%
39:58sur les plus gros
39:59importateurs
40:00de pétrole
40:01et de gaz
40:02russes
40:03et effectivement
40:03la Chine est la première
40:04et la Chine
40:05on sait très bien
40:05que cette année
40:06c'est une priorité
40:06pour Donald Trump
40:07qu'aujourd'hui
40:08la relation avec Xi Jinping
40:10est extrêmement importante
40:10pour lui
40:11à cause des terres rares
40:11notamment
40:12et que donc
40:12il ne voulait pas
40:13rentrer dans une nouvelle
40:14dans un nouveau
40:15face-à-face commercial
40:16je pense qu'il a pris
40:17une décision
40:18pour ces différentes raisons
40:20parce qu'effectivement
40:21il voulait avoir de l'argent
40:22parce qu'il voulait
40:24ménager la Chine
40:25aussi l'Inde
40:26pour éviter de rentrer
40:27dans un nouveau
40:29cycle inflationnaire
40:30avec de nouvelles
40:31rétorsions
40:32de nouvelles mesures
40:32de rétorsions
40:33mais je ne sais pas
40:34si c'est une position
40:36qui va être soutenable
40:37parce qu'au sein
40:39des Républicains
40:40vous avez beaucoup
40:40de sénateurs
40:42et de membres
40:43de la Chambre
40:44des représentants
40:45qui se sont exprimés
40:46de manière très violente
40:47contre le Président
40:47en disant que ce n'était
40:48pas normal
40:49et pas possible
40:50qu'on ait un Président
40:51qui soutienne la Russie
40:52donc je pense
40:54qu'au sein
40:54au sein
40:55enfin au sein
40:55de l'électorat
40:56pour un électeur
40:57c'est pas ça
40:58qui va primer
40:58ça va surtout être
40:59l'économie
41:00que ce soit
41:00du côté démocrate
41:01ou républicain
41:02je pense aussi
41:03que les démocrates
41:03même s'ils sont pro-Ukraine
41:04ne vont pas vraiment
41:06s'attarder
41:07sur cette question-là
41:08mais je pense
41:08que d'un point de vue politique
41:10ne serait-ce que
41:10parce qu'il y a
41:11les midterms
41:11qui arrivent
41:12et le risque
41:12pour le Président
41:13de perdre du pouvoir
41:14et de perdre du contrôle
41:15sur ses troupes
41:15je pense que ça va être
41:17un positionnement
41:17assez difficile à tenir
41:20il a tout à fait raison
41:21mais cela demeure
41:23quand même timide
41:23le soutien à l'Ukraine
41:25aujourd'hui
41:25alors oui
41:26vous avez tout à fait raison
41:27il y a des républicains
41:28qui se sont opposés
41:29à cela avec virulence
41:30mais on les compte
41:31quand même sur demain
41:33et malheureusement
41:34Zelensky est très impopulaire
41:36pas la cause ukrainienne
41:38mais Zelensky est très
41:39très impopulaire
41:40aux Etats-Unis
41:40voire détesté
41:41même par une bonne partie
41:43de la population démocrate
41:44on sous-estime
41:45parce qu'on a l'impression
41:46qu'il a trop demandé
41:48il agace
41:49il est la mouche du coche
41:51il est partout présent
41:52sur les plateaux
41:53on se demande même
41:53si des fois il gouverne
41:54en Ukraine
41:55tellement il est présent
41:56sur les plateaux
41:57c'est ce genre de rhétorique
41:58qu'on entend aux Etats-Unis
41:59oui mais ça
42:00est-ce que c'est pas
42:01comment dire
42:02est-ce que ça
42:02ça n'a pas été alimenté
42:03par les discours
42:04justement dans la Maison-Blanche
42:05le fait qu'il soit arrivé
42:06sans veste
42:07pardon
42:07au Congrès
42:08a vraiment déplu
42:09à beaucoup d'Américains
42:10et Stéphane a très bien
42:11résumé la situation
42:12je crois que
42:13c'est alimenté
42:14oui par les républicains
42:15mais Zelensky
42:16n'a pas été très à droit
42:17non plus
42:18avec l'opinion américaine
42:20Richard
42:20comment est-ce que vous voyez
42:21ce pacte avec Poutine
42:22de Trump avec Poutine
42:23est-ce que finalement
42:24on est dans de la
42:26est-ce qu'on est dans du Kissinger
42:27mais de la réelle politique
42:29version hardcore
42:31d'abord là aussi
42:33il faut reconnaître
42:34qu'il tient un cap
42:35parmi ses convictions
42:36il y a le cap
42:37que la Russie
42:38est un partenaire
42:39que la Russie
42:40est gorgée de ressources naturelles
42:41qu'il faut empêcher la Chine
42:43d'accéder à ses ressources naturelles
42:44pour l'instant
42:45c'est exactement l'inverse
42:46qui se passe
42:46et qu'il est dans l'intérêt
42:48des Etats-Unis
42:48prioritaire
42:49d'avoir de bonnes relations
42:50avec la Russie
42:51dirigée par son ami
42:52monsieur Poutine
42:53plutôt que de défendre l'Ukraine
42:55ça il l'a toujours pensé
42:57Donald Trump
42:57donc de ce point de vue là
42:58il n'a pas varié
42:59alors la méthode
43:00qu'il emploie maintenant
43:01il est devant
43:02je dirais
43:02un double dilemme
43:03d'abord il faut quand même
43:04pour des raisons électorales
43:05et c'est pour ça qu'il l'a fait
43:07et c'est pour ça
43:07que je parlais tout à l'heure
43:08des perspectives
43:09il faut que des indicateurs
43:11montrent aux américains
43:12que le prix du baril de diesel
43:14le prix du gallon
43:15aux Etats-Unis
43:16c'est à dire à peu près 4 litres
43:17va baisser
43:18que la tendance va être
43:19à la baisse
43:19et ça il va pouvoir dire
43:21aux américains
43:21vous voyez grâce à ce que j'ai fait
43:23à l'horizon
43:23il y a une baisse
43:24du prix du carburant
43:25ça c'est très important
43:26on va voir ce que ça donne
43:27j'avoue que j'ai pas regardé
43:28les dernières perspectives
43:30publiées par les banques
43:31ça ne bouge pas
43:31le deuxième élément
43:33le deuxième élément
43:34c'est qu'il a maintenant besoin
43:36et jusqu'à maintenant
43:37il n'y est pas arrivé
43:37il a maintenant besoin
43:39d'un geste de Poutine
43:40pourquoi ?
43:41parce qu'il a invité
43:42Vladimir Poutine
43:42au G20
43:43à Miami
43:44du 14 au 16 décembre
43:46G20 qui par ailleurs
43:47se tient dans un complexe de golf
43:48qui appartient à qui ?
43:49à M. Trump
43:50donc il invite
43:51il l'avait déjà invité
43:52en Alaska
43:53on a vu ce que ça a fait
43:54Poutine lui a dit
43:55Niette
43:56telle proposition
43:57ne m'intéresse pas
43:57là il veut quelque chose
43:59de Poutine
44:00donc tout l'enjeu
44:01va être
44:01est-ce qu'il peut obtenir
44:03suite à ses gestes
44:04quelque chose de Poutine
44:05s'il ne l'obtient pas
44:07alors on verra
44:07si Poutine vient à Miami
44:08ou pas
44:09semble-t-il
44:09l'invitation est maintenue
44:10si Poutine lui met
44:12une nouvelle gifle
44:12en quelque sorte
44:13il y a peut-être un moment
44:14où Donald Trump
44:15va tourner Kazak
44:16mais pour l'instant
44:16de son côté
44:16Poutine veut aussi
44:17peut-être initier
44:19ce qu'on appelle
44:20un nouveau Yalta
44:21à Shenzhen
44:22lors d'un sommet
44:24mi-novembre
44:24avec une
44:25avec une trilatérale
44:28entre Trump
44:29Xi Jinping
44:30et Poutine
44:30je trouve que c'est un parallèle
44:31historique boiteux
44:32les puissances
44:33que sont les Etats-Unis
44:34la Russie
44:35et la Chine aujourd'hui
44:36n'ont pas le même ascendant
44:38c'est un ascendant
44:39différent sur le monde
44:40des puissances
44:41qui ont gagné
44:42la deuxième guerre mondiale
44:43donc je fais attention
44:44à ces parallèles historiques
44:44et puis surtout qu'on a
44:45Trump et le prix du diesel
44:46on a Xi Jinping
44:47et son obsession
44:48de la stabilité
44:49et on a Poutine
44:50et sa nostalgie
44:51de l'empire soviétique
44:52on a quand même
44:53trois ambitions
44:55vision totalement différente
44:57absolument
44:58mais sur la question
44:59du diesel
45:00la réponse courte
45:01est simple
45:01c'est que les Russes
45:02ne peuvent pas livrer
45:04ce que Trump veut
45:05pour faire en sorte
45:07que le marché mondial
45:08soit mieux approvisionné
45:11et que les cours
45:12mondiaux
45:12s'écroulent
45:14ça n'arrivera pas
45:15pour les élections
45:16ça n'arrivera pas
45:16après
45:17parce que la capacité
45:18de raffinage
45:19des Russes
45:19est très largement entamée
45:21et j'ajoute
45:22à ce que disait Richard
45:23on a effectivement
45:24la mémoire courte
45:25un des premiers gestes
45:26de la nouvelle administration
45:27c'est
45:28je parle de Trump
45:29c'est de tendre la main
45:30aux Russes
45:30bien avant ce qui s'est passé
45:31au cours des dernières semaines
45:32au nom de ce qu'il y a
45:34des intérêts économiques
45:35supérieurs
45:36et qui dépassent
45:37à la rigueur
45:38ça ne sera jamais dit
45:38comme ça
45:39les intérêts
45:40de l'Ukraine
45:40parce que les intérêts
45:42de l'Ukraine
45:42ne sont pas les intérêts
45:43des Américains
45:44alors on pourrait dire
45:45oui dans une logique
45:46de dominos
45:46il fallait
45:46non
45:47les Américains
45:48et Trump l'incarne parfaitement
45:50disent
45:50l'énergie
45:51c'est au coeur de tout
45:52et il y a des relations
45:53à maintenir
45:54historiquement
45:55il y avait eu
45:55un rapprochement spectaculaire
45:57c'était sous le
45:58c'était Nixon
45:59la diplomatie du ping-pong
46:00quand il était
46:00quand il s'était rendu
46:03en Chine
46:03justement
46:04pour essayer
46:05de contrecarrer
46:06l'influence russe
46:08à l'époque
46:09c'était autre chose
46:10c'était de dire
46:10effectivement cet axe
46:12pour favoriser
46:13alors la Chine
46:14n'était pas une préoccupation
46:15c'était une petite puissance
46:16aujourd'hui c'est
46:17une très grande puissance
46:18et d'une certaine manière
46:19les Américains aimeraient
46:20que cette collaboration
46:21cesse
46:22mais il fallait brider
46:22l'influence communiste
46:24soviétique
46:24mais l'idée c'est peut-être
46:25aujourd'hui de brider
46:26l'influence chinoise
46:27de faire en sorte
46:28justement que toute
46:28cette énergie à bon prix
46:30qui part de la réussite
46:31vers la Chine
46:31pourrait être détournée
46:33et comme par hasard
46:35ça a été un peu
46:36sous les écrans radars
46:37cette idée que les Américains
46:39puissent reprendre la main
46:40sur Nord Stream
46:42qui est des investisseurs
46:43américains
46:44qui reprennent
46:44pour favoriser
46:45au terme d'une entente
46:47de paix avec l'Ukraine
46:48ou entre l'Ukraine
46:49et la Russie
46:49si elle devait arriver
46:50pour favoriser le retour
46:51des exportations
46:52d'énergie
46:53russe
46:54vers l'Europe
46:55et la boucle est bouclée
46:55sur ce dont on parlait
46:57tout à l'heure
46:57avec une frontière
46:58très poreuse
46:59entre diplomatie
47:00et business
47:00parce que derrière
47:01vous avez aussi
47:02toute une galaxie
47:02d'entrepreneurs
47:03et d'entreprises américaines
47:04qui sont derrière
47:05tous ces sujets
47:07on va terminer
47:09ces experts sans frontières
47:10avec vos cartes blanches
47:11des articles
47:12que vous avez choisis
47:13de vos pays
47:15de cœur
47:16ou de sang respectifs
47:18je commence avec vous
47:19Romuald
47:19un article
47:20du New York Times
47:21sur Trump
47:22et sa relation
47:23avec Poutine
47:23Oui
47:24j'irais dans le sens
47:25de Richard Verly
47:26il y a une stratégie
47:27derrière tout cela
47:29au-delà de l'impact
47:30sur les élections
47:32et de ce nouveau
47:32narratif
47:33de Zelensky
47:34le méchant
47:35Poutine
47:36et Trump
47:37vont
47:38se diriger
47:38vers un partage
47:40de l'Ukraine
47:41et c'est toute la stratégie
47:42de cette administration
47:42je ne dis pas de Trump
47:43mais de toute cette administration
47:44l'objectif
47:45est de faire encore
47:46certaines concessions
47:47à Poutine
47:47pas trop
47:48il faut quand même encore
47:49que l'Ukraine
47:49puisse résister
47:50pour que Poutine
47:51ne se retrouve pas
47:52cet appétit d'ogre
47:53de janvier et février
47:542022
47:55l'objectif est donc
47:57d'arriver à la table
47:57des négociations
47:58avec potentiellement
47:59un autre président ukrainien
48:00plus favorable aux américains
48:01voire aux russes
48:02un mosque
48:02lui aussi appelé
48:03à démission
48:04de Zelensky
48:05et Trump
48:06à ce moment-là
48:07se dressera
48:07comme le garant
48:08des frontières
48:08de la nouvelle Ukraine
48:09le protecteur
48:10de la démocratie ukrainienne
48:11en échange
48:12d'un accès limité
48:13aux matières premières
48:14donc oui cet article
48:15car je pense
48:16que même si on assistera
48:17encore à quelques tensions
48:18au volte-face
48:18peut-être entre Poutine
48:19et Trump
48:20nous nous dirigeons
48:21vers une forme
48:22une forme je dis bien
48:22de partage
48:24américano-russes
48:25de l'Ukraine
48:26on continue
48:27ces cartes blanches
48:28avec vous
48:28Inde Zian
48:29un article
48:30que vous avez choisi
48:30de Politico
48:31sur l'histoire
48:32d'un faux sondeur
48:33oui effectivement
48:34donc mardi soir
48:36une ancienne entreprise
48:38de sondage
48:39avait annoncé
48:40qu'ils avaient publié
48:41des faux sondages
48:42pendant les primaires
48:44des midterms
48:45de cet été
48:46donc ils avaient fait ça
48:47pour faire une expérimentation
48:48la vérité
48:49donc l'entreprise
48:50s'appelle
48:50Wetwood Pro
48:51j'adore
48:52génial
48:53l'entreprise s'appelle
48:54Wetwood Pro
48:55et en fait
48:57ils étaient censés
48:58il y avait une enquête
48:59qui était en cours
49:00de la part d'une autre
49:01entreprise indépendante
49:02pour savoir ce qui s'était passé
49:03et quelques jours après
49:05lorsqu'ils avaient su
49:05justement qu'il y aurait
49:06une enquête
49:06ils avaient annoncé
49:08qu'ils avaient fait
49:08cette expérimentation
49:09et leur objectif
49:10c'était de montrer
49:11au public
49:12à quel point
49:12c'était facile
49:13de manipuler
49:14les sondages
49:15et de manipuler
49:15ce qui se passe
49:16pendant les élections
49:17et le problème
49:18c'est qu'aujourd'hui
49:18il y a des candidats
49:19notamment dans le Michigan
49:20vous vous rappelez
49:21Abdoulaye El Sayed
49:22une candidate
49:23au Sénat
49:24pendant les primaires
49:25de cet été
49:26qui dit que
49:26c'est à cause
49:27de ces fausses informations
49:29et de ces fausses données
49:31qu'ils avaient perdu
49:32une grande partie
49:32de l'argent
49:33et des financements
49:34pour leur campagne
49:35et qu'ils avaient dû
49:35finalement mettre la clé
49:37sous la porte
49:37et arrêter la campagne
49:39donc fausses élections
49:41un sujet en tout cas
49:42d'actualité
49:43nous qui traversons
49:44aussi en Europe
49:44un super cycle électoral
49:46voilà ce genre de sujet
49:47qu'on peut aussi retrouver
49:48qu'on peut retrouver
49:49aussi chez nous en Europe
49:50et vous c'est un article
49:51qui venait de Politico
49:53Richard Verly
49:53vous c'est un article
49:54de Blick
49:55le média suisse
49:56sur la bataille
49:57lancée en Suisse
49:58pour remplacer
49:59Guy Parmelin
50:00l'un des sept membres
50:00du gouvernement fédéral
50:01oui Guy Parmelin
50:02qui était donc président
50:04vous savez qu'en Suisse
50:05les présidents sont tournants
50:06membres du conseil fédéral
50:07c'est-à-dire notre gouvernement
50:08composé de sept ministres
50:09il quitte ses fonctions
50:10après dix ans
50:11c'est à peu près la durée
50:12d'un conseiller fédéral
50:14en Suisse
50:15ça fait réfléchir
50:15par rapport à d'autres pays
50:16et bien personne
50:17ne veut le remplacer
50:18il y a très peu de candidats
50:20c'est-à-dire que
50:21et notamment très peu de candidats
50:22du côté francophone
50:23alors que normalement
50:24dans un conseil fédéral
50:26à sept
50:26il y a toujours
50:27deux francophones
50:28c'est le minimum requis
50:30en quelque sorte
50:31et bien là
50:31il n'y en a pas
50:32alors il y a quand même
50:33en réalité des candidats
50:35notamment une candidate
50:35madame Amodru
50:36qui vient du parti national populiste
50:38mais de candidats susceptibles
50:40de faire le compromis
50:41il doit venir du parlement
50:42car c'est le parlement
50:43qui vote
50:43il n'y en a pas
50:44la carrière
50:44de ministre en Suisse
50:46qui est pourtant
50:46fort bien payée
50:47n'intéresse plus
50:48ça ça doit faire réfléchir
50:50tout simplement
50:51parce qu'on estime
50:51que c'est sans doute pas là
50:52qu'il y ait le vrai pouvoir
50:53en Suisse
50:55pénurie de main-d'oeuvre
50:56pour les gouvernements
50:58cherche-ministres
50:59en Suisse
51:00un article à retrouver
51:01dans Blic
51:01on termine avec vous
51:02Stéphane
51:03votre carte blanche
51:04vous avez choisi un article
51:05du journal de Québec
51:07oui c'est un prétexte
51:08en fait
51:08pour rendre compte
51:09de ce sondage
51:10qui on l'espère
51:11lui
51:11n'est pas du pipeau
51:13mais je connais la maison
51:14qui nous fait comprendre
51:16alors qu'on parle
51:17beaucoup de souveraineté
51:18partout dans le monde
51:19de ce vent de souveraineté
51:20qui balaie le monde
51:21alors au Québec
51:22il y a eu des élections
51:23la semaine dernière
51:24avec un gouvernement
51:25souverainiste
51:26à la manette
51:27depuis mercredi
51:28qui a été élu
51:29la semaine dernière
51:30et on croit comprendre
51:31aujourd'hui
51:32que sa promesse
51:33de tenir un référendum
51:34sur l'avenir du Québec
51:35dans son premier mandat
51:36a été un handicap
51:37ce n'est pas un gouvernement
51:38majoritaire
51:39parce que
51:40beaucoup de Québécois
51:41se rebiffent
51:42ne sont pas intéressés
51:43par cette idée
51:44d'un autre référendum
51:45dans un contexte
51:46où les Albertains
51:47cette semaine
51:47se prononçaient aussi
51:49sur
51:50alors la souveraineté
51:51sur l'idée
51:52de tenir
51:53un référendum
51:54plus tard
51:54lui contre
51:55Et ils ont dit non
51:56à hauteur de 75%
51:58et je pense
51:59que ça froisse un peu
52:00les Américains
52:01qui se sont beaucoup
52:01mêlés
52:02de ces deux campagnes
52:03jamais on n'a vu
52:04les Américains
52:04aussi intéressés
52:05par le détail
52:06de la politique
52:07provinciale canadienne
52:08parce que l'idée
52:09de faire péter le Canada
52:10pardonnez l'expression
52:11je pense que ça
52:13faisait sourire
52:14le président Trump
52:14un intérêt énergétique
52:16parce qu'on rappelle
52:16que les sous-sols
52:17de l'Alberta
52:18sont extrêmement riches
52:19en pétrole
52:19et en gaz
52:20et en gaz
52:21merci beaucoup
52:22à tous nos experts
52:23sans frontières
52:23Inde Zian
52:24analyste géopolitique
52:26qui a travaillé
52:26pendant plusieurs années
52:27notamment sous
52:28l'administration Obama
52:29Romuald Skiora
52:30chercheur associé
52:31à l'IRIS
52:32et auteur de
52:32Lettre ouverte
52:33à Trump
52:34d'un Américain
52:35de papier
52:35Richard Verly
52:37éditorialiste suisse
52:39correspondant du média
52:40Blick
52:41et auteur de
52:41Cette Amérique
52:42qui nous déteste
52:43qui vient de sortir
52:44en forme à poche
52:45aux éditions
52:46Saint-Simon
52:47et puis bien sûr
52:48Stéphane Bureau
52:49notre éditorialiste québécois
52:51producteur de l'excellent podcast
52:53Contact
52:54que je vous invite
52:55à découvrir
52:55notamment le dernier épisode
52:57avec Robert Mallet
53:00qui a conseillé
53:00trois présidents démocrates
53:02américains
53:03spécialistes du Moyen-Orient
53:04un retour d'expérience
53:05passionnant
53:06et en français en plus
53:07merci à tous
53:08excellent week-end
53:09sur BFM Business
53:10à la semaine prochaine
53:12les experts sans frontières
53:14sur BFM Business
53:15Sous-titrage Société Radio-Canada