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  • il y a 12 heures
Retrouvez le Morning Meeting du jeudi 8 octobre dans l'émission Good Morning Market. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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00:109h08 et pour débuter cette émission en plateau Pierre Sabatier, économiste et fondateur de
00:15Primeview. Bonjour Pierre. Bonjour. Merci de nous accompagner ce matin avec Mabrouk Chetouane,
00:20responsable de la stratégie globale de marché chez Natixis Investment Manager. Merci également
00:25d'être là Mabrouk. Pour revenir sur les taux longs, hier les Etats-Unis ont émis quasiment 40 milliards
00:31de dettes à 5,3%. C'était le taux le plus élevé depuis 2000. Le 10 ans français est à
00:37nouveau ce
00:38matin à la porte des 5% à 4,90. Dans un instant je vous poserai la question, qu'est
00:43ce qu'on fait
00:43sur les marchés dans ce contexte ? Mais quand vous voyez aujourd'hui ces taux longs, ça vous inquiète ?
00:49Vous
00:49vous dites, on est peut-être dans un environnement nouveau quoique, mais on va s'y habituer, il n'y
00:56a
00:56pas de raison de s'inquiéter. Alors en fait il faut s'interroger sur l'origine quelque part de cette
01:00hausse des taux d'intérêt à long terme. Et quand on fait, quand on compare par exemple trois régions,
01:05l'Europe, les Etats-Unis et le Japon par exemple, on voit bien que finalement c'est pas tout à
01:09fait la
01:09même chose, ce ne sont pas les mêmes moteurs qui alimentent cette hausse des taux d'intérêt à long
01:13terme. Et donc in fine, en fonction justement du diagnostic que l'on fait, les conséquences de cette
01:18remontée de taux ne sont pas les mêmes. C'est-à-dire qu'en gros au Japon cette remontée des
01:21taux d'intérêt
01:21auxquels on assiste, qui est là aussi aussi tout à fait substantielle puisqu'on a dépassé le seuil
01:27des 3% sur le disant japonais, et bien cette hausse elle est essentiellement imputable à de la
01:33croissance ou du moins à une amélioration du cadre conjoncturel projeté par les marchés. Donc en gros
01:37les marchés ne s'inquiètent pas finalement de cette remontée des taux au Japon, tout simplement parce que
01:41ça correspond à encore une fois une normalisation, on revient vers quelque chose qui est beaucoup plus sain au
01:46Japon avec donc les plans de relance macroéconomique lancés par le Premier ministre. En Europe et aux
01:51Etats-Unis c'est une autre affaire. Alors qu'en gros quand on regarde ce qui se passe en Europe,
01:54la
01:55remontée des taux longs est un peu plus inquiétante puisqu'elle est liée à des facteurs que l'on
01:57maîtrise de moins en moins, notamment la crédibilité de la feuille de route budgétaire à l'échelle
02:02européenne. Ça part un peu dans tous les sens, mais on est entre guillemets en France très bien placé pour
02:05le
02:05savoir. Et aux Etats-Unis fondamentalement cette hausse de taux, et on sent bien que là aussi il y a
02:09des différences de
02:10dynamique, on commence à se stabiliser, on en parlait justement hors antenne. Ça se stabilise sur des niveaux certes effectivement
02:15élevés,
02:16mais est-ce que ça représente un péril fort sur la croissance américaine ? Pas vraiment. Et donc du coup
02:21au fond on se
02:22retrouve avec des configurations très différentes finalement selon les régions et en fonction des moteurs
02:26qui alimentent cette hausse de taux. Et le diagnostic que l'on en fait du coup derrière n'est pas
02:30le même.
02:313,08 ce matin pour le 10 ans japonais quand le 10 ans américain est à 5,33. L'inquiétude
02:37comme l'a souligné Mabrouk
02:38Chetouane, c'est la zone euro et plus particulièrement la France aujourd'hui ?
02:42Clairement, je crois que sur les trois, quoique le Japon je serais peut-être un tout petit peu moins optimiste
02:47sur ce point, à savoir qu'il y aura
02:48forcément des cordes de rappel parce que qui dit plein de relance budgétaire en dépit de la croissance
02:51un peu plus favorable en fait que par le passé, entraîne tout de même des déficits publics et vu les
02:57niveaux de stock
02:58à refinancer en termes de dette publique, à un moment donné il y a un effet en fait rattrapage qui
03:02fait qu'il est plus facile
03:02d'avoir beaucoup de déficits publics et du stock de dette publique à financer à 0%, qu'à 3.
03:06Donc ça aura en fait une corde de rappel qui sera relativement rapide. Je reviendrai après sur les Etats-Unis.
03:13Sur l'Europe, à mon sens, on est véritablement face à ce qu'on pouvait s'attendre, on rejoue un
03:17peu pour nous
03:182011-2012, à savoir des marchés internationaux qui sont en train de réinterroger la vraie solidité de la zone euro
03:25en tant que telle.
03:25On a aujourd'hui un pays qui clairement est en difficulté. Alors on pourrait dire, on va dire que c
03:33'est associé à notre incapacité à bien piloter de manière budgétaire en France.
03:37Mais la réalité c'est qu'on regarde les déficits publics, le déficit public français est globalement en fait le
03:41même que le déficit public américain.
03:43Or on n'a pas tout à fait le même jugement.
03:47J'entends bien, j'entends bien. Mais ce que je voulais dire par là, c'est que l'Allemagne est
03:50en difficulté, mais l'Espagne en fait se porte bien.
03:52On pourrait en fait s'interroger quant aux inquiétudes actuelles, mais les inquiétudes actuelles, elles disent toujours la même chose.
03:57Elles disent que les investisseurs internationaux sont en train de tester si l'Europe existe vraiment, tout simplement, si la
04:02zone euro existe vraiment.
04:03Et c'est une tendance de fond ou c'est spéculatif à côté ?
04:06Alors c'est spéculatif, ça ira jusqu'à un nouveau whatever it takes.
04:09C'est ça en fait le vrai danger actuel. Pourquoi je reparle de 2011-2012 ? Pour rappel, qu'est
04:13-ce que c'est 2011-2012 ?
04:14C'est la Grèce. Mais la Grèce était en fait juste un catalyseur qui a poussé les investisseurs internationaux à
04:18attaquer la zone euro dans ses fondamentaux,
04:20à savoir l'Italie et l'Espagne. Et je rappelle qu'à l'époque, les taux d'intérêt à 10
04:23ans italiens et espagnols avaient dépassé 7%.
04:25Quand la France se payait autour de 4-4,5 et l'Allemagne un peu moins de 4.
04:29Ça veut dire que cette explosion des spreads de taux dans les grands pays européens, ça voulait dire quoi ?
04:33Ça voulait dire qu'on s'était rendu compte que naturellement, si on laisse des spreads de taux gonflés à
04:37ce point, c'est la fin de l'euro.
04:38Et ça s'était arrêté en juillet 2012, quand Mario Draghi avait dit « Whatever it is, ce qui n
04:42'était pas autre chose qu'un signal au marché,
04:44n'essayez pas de mettre en péril et de faire gonfler les spreads de taux au sein de la zone
04:48euro, je suis là pour veiller au grain ».
04:50Eh bien aujourd'hui, on est clairement en train de revivre cet épisode, évidemment dans une proportion bien moins importante
04:55jusqu'à maintenant,
04:56mais pour être tout à fait honnête avec vous, au-delà de 100 points de base de spreads de taux
04:59entre la France et l'Allemagne,
05:00déjà ça commence à couiner.
05:02Pardon, on a déjà tutoyé les 150 avant de revenir, mais la question, la BCE commence déjà à distiller quelques
05:08messages,
05:09à distiller quelques signaux, allant dans le sens effectivement non pas d'un quantitative easing,
05:14puisque pour le moment ce n'est pas à la portée finalement, en tout cas dans l'agenda de la
05:18BCE,
05:18mais en tout cas dire que la gestion bilancielle finalement va rentrer comme un outil de politique monétaire désormais,
05:23avec l'arrêt probablement du QT annoncé en octobre, et donc pas de hausse de taux aussi dans le tuyau.
05:28Donc on a déjà un changement de paradigme, parce qu'il faut se souvenir qu'il y a encore déjà
05:32quelques semaines,
05:33le marché anticipait pas loin de 4 hausses de taux sur un horizon de 12 mois pour la BCE.
05:38Bon, encore une fois un scénario fantaisiste, mais globalement, encore une fois,
05:42la question de la politique monétaire, la question de la visibilité de la politique monétaire,
05:46pèse également sur la trajectoire des taux.
05:49Alors je veux juste faire un point sur le Japon, ils peuvent un peu tout se permettre,
05:51dans la mesure où comme le moment le plan de Madame Takayashi est quand même assez astucieux,
05:55on fait à la fois de la relance keynésienne tout le temps, soutenant un peu la partie offre,
05:59c'est bien joué en quelque sorte, donc on donne des gages sur la croissance future,
06:03qui permet justement de faire face à cette dette, et surtout, il n'y a pas un point,
06:06c'est que quand même cette dette japonaise, contrairement à la dette française,
06:08est détenue par les Japonais.
06:09Par la bruge surtout.
06:10Et par la bruge, non mais bon, c'est du résident.
06:12Oui, oui, oui, j'entends bien.
06:13Et si on reste sur la zone euro, on parle souvent du TPI,
06:16qui pour l'instant n'a jamais été exécuté,
06:20c'est un outil pour éviter un petit peu la fragmentation des taux.
06:23Pour l'instant, c'est beaucoup trop tôt pour en arriver là, Mabrochitwan.
06:27C'est trop tôt, alors bon, on va voir,
06:29parce que si on retutoie les 200 points de base de spread,
06:31qui est le pic qu'on avait atteint en 2012,
06:35lors de la crise d'aide souveraine,
06:37on peut penser que la BCE sera en irse tentée de l'utiliser.
06:41Mais quel est l'intérêt de cet outil ?
06:42En fait, c'est surtout de ne pas communiquer sur son utilisation.
06:45C'est de l'arme de dissuasion nucléaire, en quelque sorte, monétaire,
06:47tout simplement, et quand vous faites de la dissuasion,
06:50vous vous dispensez de communiquer sur ce que vous faites.
06:54En gros, tout général de guerre, un truc qui se respecte,
06:57ne communique pas sur sa stratégie.
06:58Donc en fait, la puissance du TPI n'a d'intérêt
07:01que si effectivement la BCE intervient de manière totalement discrétionnaire sur le marché.
07:04Ça se verra évidemment, mais globalement, fondamentalement, encore une fois,
07:08il faut bien se rappeler une chose,
07:10c'est qu'on n'a pas la même banque centrale par rapport à 2012.
07:12On a une banque centrale ultra pragmatique, d'une part,
07:15et qui s'est dotée aussi d'instruments de politique monétaire
07:18pour faire face à cette situation.
07:19La BCE, en 2011, était toute jeune.
07:21Il faut rappeler qu'elle avait, quoi ?
07:22Elle est officiellement une dizaine d'années d'existence, un peu plus.
07:26Et donc, on fait face, la BCE a dû faire face coup sur coup à plusieurs crises.
07:30Là, effectivement, on a une banque centrale qui est beaucoup plus hors même.
07:32Mais attention, il est possible, juste une question de chemin,
07:35parce que les gens n'ont pas forcément l'habitude.
07:37Les investisseurs, c'est comme ça qu'ils travaillent en général.
07:41C'est qu'ils vont jusqu'au bout, jusqu'à aller chercher, en fait,
07:43le message qui leur feront arrêter de jouer une tendance.
07:46Donc, il n'est pas impossible de voir les taux d'intérêt français
07:49continuer à augmenter violemment et rapidement
07:52jusqu'à ce que la BCE dise stop.
07:54Mais tant qu'on n'aura pas le stop de la BCE,
07:57qui fera capituler d'une certaine manière les investisseurs à cette tendance-là,
08:00il n'est pas impossible que, en gros,
08:03les investisseurs essayent de mettre le pied dans la porte.
08:05Et qu'est-ce que vous anticipez pour la réunion
08:07qui va se tenir fin octobre ?
08:10Aujourd'hui, vous avez une BCE qui continue de réduire son bilan.
08:14On avait un bilan qui frôlait les 10 000 milliards
08:16il y a encore de ça 4-5 ans.
08:18On est aux alentours des 6 000 milliards aujourd'hui.
08:20C'est-à-dire qu'elle continue aujourd'hui de vendre des obligations.
08:23Elle pourrait faire une pause à court terme.
08:25Ça enverrait un message.
08:26Là, c'est trop procyclique.
08:27Quand déjà l'économie ralentie, on est face à une économie européenne
08:30qui est avec une croissance potentielle
08:31qui n'est pas la même qu'ailleurs, déjà fondamentalement.
08:33On n'investisse pas dans les éléments qui pourraient nous la faire gonfler un petit peu
08:37au contraire des États-Unis par ailleurs.
08:41Donc, naturellement, continuer d'avoir une politique monétaire restrictive
08:45sur l'ensemble de la zone, c'est d'une certaine manière
08:47continuer d'appuyer sur le frein quand le véhicule est déjà en train de ralentir.
08:50Et donc, c'est prendre le risque de le faire caler.
08:52Et ça, concrètement, il y aura évidemment des dommages collatéraux.
08:55Il y aurait des dommages collatéraux qui seraient trop durs à porter.
08:57Donc, il est clairement temps de ne pas implémenter une politique procyclique,
09:00à savoir, en fait, qui accélère le cycle d'arrantissement
09:02dans lequel l'Europe, aujourd'hui, est entraînée,
09:05à la fois pour des raisons fondamentales,
09:07mais aussi un peu plus conjonctuelles, du type français, quoi.
09:09Clairement, qui prime le risque géopolitique
09:11et problématique budgétaire avec l'augmentation des taux.
09:13Donc, naturellement, il faut changer de braquet.
09:15Pour le coup, moi, j'irai plus vite.
09:17J'irai plus vite que ça, parce que c'est toujours dangereux
09:19de laisser, en fait, les taux monter.
09:20Parce que la question des taux, c'est ce qui se dissémine,
09:24c'est le poison, enfin, c'est le carburant d'économie.
09:26C'est le carburant d'économie qui va permettre de financer
09:28un certain nombre de volumes de projets
09:30qui sont suffisamment rentables
09:31pour pouvoir, en fait, supporter le coût de la dette.
09:34C'est dangereux, en fait, parce que ça touche tout le monde.
09:36Et dans un monde qui est déjà extrêmement tendu,
09:38ça touche naturellement aussi les petits projets,
09:40les petites entreprises,
09:41et qui peuvent, derrière, être beaucoup fragilisés.
09:44Donc, il ne faut pas laisser les taux d'intérêt
09:46dans un pays comme la France
09:48rester à ce niveau-là pendant trop longtemps.
09:49Sinon, on prend un risque, en fait,
09:51d'aggravation de la croissance économique.
09:53Et là, c'est le serpent qui se mord la queue,
09:54parce qu'on peut régler un problème de déficit public.
09:56Non, c'est ça le problème.
09:57S'il n'y a pas de revenus et de recettes générées...
09:59Peut-être que le meilleur moyen de régler
10:00un problème de déficit, c'est de générer de la croissance.
10:02À un moment donné, il faut être tout à fait clair là-dessus.
10:04Vous pouvez tailler dans les dépenses,
10:05effectivement, on a bien vu les séquences
10:07qu'on a eues au cours de ces dernières semaines.
10:09M. Lecornu, qui annonce 54 milliards,
10:11tout le monde sait que ce n'est pas crédible,
10:12puisque sinon, ça va entraîner la France
10:14dans une situation macroéconomique assez difficile,
10:17dans un contexte où il n'y a déjà pas de croissance,
10:18en quelque sorte, attendu pour ce second semestre.
10:22Et on a eu les déclarations,
10:24pas plus tard, effectivement, que cette semaine,
10:26la semaine dernière, indiquant qu'effectivement,
10:28on allait avoir des plans de réduction de 140 milliards.
10:31Là, encore pas crédible, dans la mesure où on ne sait même pas,
10:32finalement, comment tout ceci...
10:33Où est-ce qu'on va aller chercher ?
10:35Mais donc, tout ça pour dire, encore une fois,
10:36que la BCE doit envoyer des signaux.
10:39En fait, elle va commencer par la communication,
10:41avant, effectivement, d'implémenter, en quelque sorte,
10:43une politique d'assouplissement,
10:45d'assouplissement, en quelque sorte,
10:47que ce soit monétaire ou quantitatif.
10:49Elle va d'abord distiller des signaux.
10:51C'est la communication qui constitue, effectivement,
10:53un des outils les plus importants de son arsenal.
10:55Ça, c'est le premier point.
10:57Et puis, globalement,
10:58pour revenir, finalement, sur les banques centrales,
11:01tout le monde a bien conscience
11:02qu'on va avoir une pause au mois d'octobre.
11:03En gros, très bien, on a distillé un message,
11:05encore une fois, indiquant que la situation
11:07côté inflationniste nécessitait un ajustement.
11:10Alors, moi, je vais partir encore de ceux
11:12qui ne comprennent pas pourquoi la BCE a monté
11:13de 50 points de base.
11:14Ce n'était pas utile.
11:15Et on est deux, du coup.
11:16Ah, ok, on est deux, ça, c'est bien.
11:17Mais en gros, si on devait trouver un rationnel,
11:20ce serait le suivant, ce serait de dire
11:22le niveau de taux à 2% ne garantissait pas,
11:26en fait, ne permettait pas un retour à la cible.
11:28Bon, avait-on besoin de revenir à la cible
11:29plus vite ou moins vite ?
11:31Ça, c'est encore un débat d'experts.
11:32Mais le point le plus important,
11:34c'est que la BCE, pour le moment, envoie des signaux.
11:37Et il sera important de dire
11:38la situation sur le front des taux est préoccupante.
11:41Quand on regarde, par exemple, les enquêtes
11:43qui sont publiées, notamment sur les intentions
11:45d'investissement des petites et moyennes entreprises,
11:47c'est le calme plat.
11:48Bon, déjà qu'il n'y avait pas grand-chose,
11:49mais si, finalement, sur un horizon de plusieurs trimestres,
11:52vous n'avez pas d'investissement à venir,
11:54ça va être très compliqué, finalement,
11:55pour, enfin, d'augmenter, en tout cas,
11:57le niveau de production.
11:58Et dans ce contexte-là,
11:59il est urgent d'envoyer un signal
12:01en disant qu'on va procéder à une pause.
12:03Et ça, ça suffira déjà à détendre un peu
12:06l'attention sur le marché obligataire,
12:07et notamment sur la partie longue des taux.
12:09Et ce sujet sera évoqué, notamment ce soir,
12:11à partir de 18h, avec Jean-Claude Trichet,
12:13qui était patron de la BCE, de 2003 à 2011,
12:16à partir de 18h, autour d'Edwish Chevrillon,
12:18Emmanuel Lechypre et Ludovic de Sauté.
12:22Il nous reste 3 minutes pour parler d'allocations,
12:27parce que, bon, ce constat, tout le monde l'a compris,
12:29il est clair, mais que faites-vous, aujourd'hui,
12:32face pas à ce krach, mais sur certaines obligations,
12:34oui, quand même, obligataire ?
12:36Crach, on y va un peu fort, mais globalement...
12:39Vous avez des obligations, quand même,
12:40qui ont pris 150 points de base,
12:42dans l'espace de quelques semaines,
12:43sur la valeur de l'allocation.
12:44Mais bon, après, si vous étiez exposé
12:46au marché obligataire, là, oui, effectivement,
12:48vous passez un sale quart d'heure,
12:50ce qui n'était pas notre cas,
12:51parce que nous, depuis, finalement,
12:53quasiment le début du conflit au Moyen-Orient,
12:54on a vu cette tension impacter, justement,
12:57le marché obligataire,
12:58il y a le canal de l'inflation,
12:59et donc, on a réduit tout ce qu'on pouvait
13:01effectivement réduire au niveau de duration.
13:03En revanche, nous, ce qu'on dit, de toute manière,
13:04c'est que, compte tenu, finalement,
13:06des niveaux de volatilité,
13:07notamment sur la partie obligataire,
13:08on préfère être exposé sur le marché action,
13:11d'une part, et comme je le disais tout à l'heure,
13:13nous, ce qu'on recherche, à chaque fois,
13:14c'est la prime à la croissance.
13:15Et où se trouve la croissance ?
13:16Aux Etats-Unis.
13:17Aux Etats-Unis, au Japon.
13:19Et en termes relatifs,
13:19vous prenez juste une journée comme hier,
13:21c'est une démonstration, encore une fois,
13:23qu'on n'arrête pas le train de la croissance,
13:25notamment lorsqu'il est aussi bien installé
13:26qu'aux Etats-Unis.
13:27Avec, néanmoins, le Russell 2000 qui souffre,
13:30encore hier, de 1% de baisse,
13:32à l'inverse, les valeurs technologiques
13:34qui surcontinuent encore et toujours,
13:36d'où les records du Nasdaq ces derniers jours.
13:39Alors, déjà, premier élément,
13:41malheureusement, ça douche souvent,
13:43et c'est terrible,
13:44parce que ceux qui aiment l'Europe,
13:45on peut en faire partie,
13:46mais globalement, en termes d'actifs financiers,
13:48il faut avoir en tête que, globalement,
13:49l'écart se creuse et continuera de se creuser,
13:51parce qu'en gros,
13:52la démographie entrepreneuriale n'est plus la même.
13:54Les Etats-Unis sont entraînés par des locomotives
13:56qui ont du mal à diffuser,
13:57ça sera un vrai sujet aux Etats-Unis,
13:59mais ce n'est pas un sujet du jour,
13:59ça sera un sujet probablement
14:00du futur président des Etats-Unis,
14:02parce que, clairement, chez eux,
14:03ils se sont des grands champions
14:04pour optimiser la taille du gâteau à se partager,
14:07à savoir, ce sont des champions
14:09pour générer de la croissance.
14:10La taille du gâteau à se partager
14:11augmente naturellement,
14:12à travers aujourd'hui un super cycle d'investissement
14:13dans l'intelligence artificielle,
14:15et quand même, qui nous fait attendre
14:17près de 30% d'augmentation des profils
14:19à la saison de publication va démarrer,
14:20plus 30 dans un monde
14:22dans lequel la croissance est plutôt rare,
14:24rendez-vous compte.
14:24Après, le vrai sujet des Etats-Unis,
14:26c'est un sujet de distribution
14:27et de partage de l'avoir-là ajouté,
14:28où, là, clairement, ils auront un sujet.
14:30Donc, les Etats-Unis, demain,
14:31auront des problématiques de gauche,
14:32s'il fallait le résumer en des termes
14:33un peu classiques dans le débat français.
14:38Mais, bon, mais pour autant, nous,
14:39ce qui nous intéresse aujourd'hui,
14:41c'est est-ce que les Etats-Unis
14:42sont encore capables d'augmenter
14:43la taille du gâteau à se partager ?
14:44La réponse est oui,
14:44à travers ces locomotives,
14:45donc il faut jouer les mêmes paris.
14:47Rappelez-vous encore,
14:48il y a quelques, je savais deux ans,
14:49où on vous disait,
14:50les actions européennes
14:51sont en train de refaire le rattrapage.
14:52Le moment européen.
14:53Voilà.
14:54Donc, surpondérés sur les US,
14:55sur les actions,
14:56sur les Etats-Unis.
14:57Nous, on aime bien
14:58les obligations américaines aussi,
14:59à ce prix-là.
15:00Et d'ailleurs, on n'est pas les seuls,
15:01puisque...
15:01Il y avait de la demande.
15:02L'adjudication.
15:03On n'a jamais eu autant de demandes
15:04depuis 30 ans,
15:05parce qu'à 5,3% sur du disant américain,
15:08bon, globalement,
15:08vu le niveau de croissance potentielle
15:10qui remonte,
15:10il est probable qu'ils arrivent
15:11à faire face à leur échéance.
15:12Par contre, on est sous-pondérés
15:13sur l'Europe.
15:14Voilà.
15:14Que ça soit sur la partie obligataire,
15:17mais aussi, en fait,
15:18sur la partie actions,
15:19et particulièrement les actions françaises,
15:20tant qu'on n'a pas le signal.
15:21Parce qu'en fait,
15:22on est face à un risque.
15:22Ça ne veut pas dire
15:23qu'elles vont continuer
15:24de se performer,
15:25mais tant qu'on n'a pas
15:26l'assurance
15:27que la Banque Centrale Européenne
15:28dit au marché stop,
15:30eh bien, on n'est pas à l'abri,
15:31en fait, de voir
15:31les spread de taux
15:32continuer à augmenter.
15:33Naturellement, les actifs...
15:35Juste un ultime, ultime point,
15:36c'est que l'adjuve française
15:37de la semaine dernière,
15:38s'est aussi très bien passé.
15:39Donc, on ne peut pas non plus dire
15:40qu'on a une désaffection
15:42vis-à-vis de la dette française.
15:44Pas du tout.
15:44Il y a eu 12 milliards
15:45qui ont été appelés
15:46par le Trésor.
15:47Il y a 25 milliards
15:48ou 24 milliards
15:49qui sont arrivés en face.
15:50Le ratio de couverture,
15:52il est un petit peu en dessous
15:52de ce qu'on a observé historiquement.
15:54Il est à 2.
15:54mais ça veut dire
15:55que globalement,
15:56nous sommes encore capables
15:57de lever de la dette.
15:58C'est juste,
15:58il faut attendre ce signal
15:59pour dire,
16:00ok, on a une feuille de route
16:01budgétaire un peu crédible
16:03et on a une banque centrale
16:04qui va aider.
16:04Très clair.
16:05Merci à tous les deux
16:06de nous accompagner ce matin.
16:07Mabrouk Chetouan,
16:08Atik Sissiem,
16:08responsable de la stratégie
16:09globale de marché
16:10et Pierre Sabatier,
16:11économiste et fondateur
16:12de PrimeView.

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