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Retrouvez le Morning Meeting du jeudi 24 septembre dans l'émission Good Morning Market. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:03BFM Business, 9h, 9h30, Good Morning Market, Etienne Braque.
00:11Good Morning Market, ce matin en plateau, Sylvain Goyon.
00:13Bonjour Sylvain, merci de nous accompagner ce matin,
00:15gérant action chez Montpensier Arbevel et Stéphane Koliak, économiste de BNP Paribas.
00:19On va avoir besoin de vos éclairages, Stéphane Koliak, vous êtes économiste,
00:22vous avez surveillé avec beaucoup d'intérêt hier les différents PMI,
00:25donc pour faire simple, ils sont réalisés par S&P Global,
00:27qui interroge tous les mois des entreprises dans le secteur des services,
00:30dans le secteur de l'industrie pour savoir comment ça va,
00:32au niveau du recrutement, des commandes, vos perspectives, etc.
00:35Donc c'est un retour de terrain, en quelque sorte,
00:38qui montre qu'en zone euro, à l'exception de la France,
00:41on parlera peut-être de ce cas-là, mais aussi aux États-Unis,
00:43très bonne dynamique dans le secteur des services, mais aussi aux États-Unis.
00:47Et alors là, on a envie de se dire, mais on ne comprend pas,
00:49on a un pétrole à 100 dollars, on a un climat anxiogène,
00:51des incertitudes politiques, une remontée des taux,
00:53et quand vous écoutez les entreprises, visiblement, tout va bien, surtout aux US.
00:58Oui, mais ce n'est pas si surprenant, parce qu'en fait, il y a différents degrés d'analysé.
01:03Il y en a un premier, peut-être, c'est d'essayer de comparer ce qui se passe cette année
01:06à ce qu'on a vu l'année dernière.
01:08L'année dernière, il y avait un choc sur les tarifs douaniers,
01:10cette année, il y a un choc qui est lié au conflit en Iran,
01:12qui est principalement pétrole, disons,
01:15et on a anticipé que l'impact serait élevé,
01:19et il est moins important que prévu,
01:20et quand on observe le consensus, on a une sorte de courbe en U,
01:24c'est-à-dire que ça baisse au début, puis ça rebondit après,
01:26parce que les inquiétudes étaient excessives,
01:28et qu'en réalité, les secteurs qui soutiennent la croissance
01:31ne sont pas tellement affectés par la hausse du prix du pétrole.
01:34Évidemment, c'est un problème de marge, c'est un problème de coût,
01:36mais ça ne ralentit pas l'investissement,
01:38parce que l'investissement, il est lancé,
01:40c'est l'investissement en IA, en électrification en général,
01:43en biens d'équipements de défense aussi partout dans le monde
01:45et singulièrement en Europe.
01:47Alors, est-ce qu'aujourd'hui, c'est lié à l'IA,
01:49qu'à l'IA ou non ?
01:50On a un petit peu une propagation de cette dynamique,
01:53c'était la question notamment lors des résultats du deuxième trimestre,
01:56parce qu'on a eu un boom des profits,
01:58notamment pour les GAFAM,
01:59mais est-ce que derrière ça ruisselle sur l'ensemble de l'économie ?
02:02Parce qu'on dit souvent, l'économie américaine est en cas,
02:04là vous regardez le PMI aux États-Unis,
02:0658 points, c'est juste époustouflant,
02:08pour rappel, au-delà de 50 points, vous êtes en croissance,
02:10le consensus était à 56,
02:12donc c'était largement au-delà des attentes.
02:13Oui, il faudra avoir l'ISM,
02:15parce que c'est un indicateur principal pour les États-Unis,
02:17mais de fait, c'est une croissance qui s'accélère.
02:21Le ruissellement, on peut dire qu'il existe,
02:22parce que pour ça, il faut regarder le marché du travail,
02:25et on avait effectivement une courbe en cas,
02:27il y a quelques temps,
02:28et elle est aujourd'hui un peu moins en cas,
02:29on a plus de secteurs qui participent aux créations d'emplois,
02:32c'est moins centré sur les secteurs de la santé et des loisirs,
02:35on a aussi des créations par ailleurs,
02:37et donc ça a tendance à se diffuser dans l'économie,
02:40on voit ça aux États-Unis,
02:42ça c'est vrai aux États-Unis,
02:44mais c'est vrai aussi en Europe,
02:45il y a des secteurs qui font la croissance principalement,
02:48mais il y a une diffusion qui s'opère,
02:49peut-être comme vous le disiez un peu moins en France,
02:51mais en Allemagne, ça commence à s'opérer,
02:53et il y a une dynamique intra-zone,
02:54surtout également, qui est très importante.
02:57Quand vous regardez aujourd'hui la réaction sur les marchés,
03:00Sylvain Goyon,
03:01hier soir, ça n'a pas porté Wall Street,
03:02les trois indices américains ont clôturé légèrement dans le rouge,
03:05le Nasdaq a fait une pause après deux records successifs de clôture,
03:09comment le marché peut percevoir ces nouvelles ?
03:11In fine, c'est une bonne nouvelle,
03:12si les entreprises vont bien,
03:13les profits suivent,
03:14et en bourse, on achète quoi ?
03:15La croissance des profits.
03:16Oui, d'ailleurs, en fait,
03:17le marché ne s'y est pas trompé,
03:19et Etienne, vous avez parfaitement raison de le rappeler,
03:21c'est quand même une très bonne nouvelle,
03:22c'est-à-dire que les PMI en zone d'expansion des deux côtés de l'Atlantique,
03:25ça veut bien dire ça,
03:26et c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles
03:28les marchés d'actifs risqués
03:30performent bien,
03:30on met la France de côté pour le moment,
03:33de part et d'autre de l'Atlantique,
03:34parce que l'économie finalement est porteuse.
03:37Mais sur les taux,
03:38en fait, je dirais que,
03:38alors hier soir, c'est presque un épiphénomène,
03:40oui, il y a la surprise, effectivement,
03:42et on rentre dans ce cycle un peu
03:43« good news is bad news ».
03:44Pourquoi ?
03:45Parce que finalement, le marché,
03:46qu'est-ce qu'il nous dit ?
03:48Bon, ça veut dire que la Fed va devoir avoir
03:50une politique un peu plus restrictive,
03:51donc les taux vont monter,
03:52d'ailleurs, quand on regarde dans les futurs,
03:54on voit que, ça y est,
03:55il y a pratiquement 70% de probabilité
03:56d'une prochaine hausse en octobre,
03:58il y a encore d'autres hausses
03:59qui sont attendues par le marché.
04:00Aux Etats-Unis ?
04:01Aux Etats-Unis, absolument.
04:03Donc, les secteurs qui sont plus sensibles aux taux
04:04vont réagir, effectivement,
04:05négativement par rapport à ça.
04:07Mais le sous-jacent,
04:08c'est qu'il faut regarder
04:09de quoi cette hausse de taux
04:11est le nom, d'une certaine façon.
04:14Et en l'occurrence,
04:15cette hausse de taux aux Etats-Unis,
04:17c'est le signe d'une économie
04:17qui va très bien.
04:18Donc, en l'occurrence,
04:19ce n'est pas véritablement gênant.
04:20En Europe, on l'a vu,
04:22Stéphane l'a très bien dit,
04:22l'économie, ses effets se diffusent,
04:25mais on a quand même un problème
04:26que les Etats-Unis n'ont pas,
04:27nous, c'est le prix des intrants,
04:32qui sont quand même en croissance
04:33beaucoup plus rapide.
04:34Et donc, nous, on a un problème d'inflation,
04:36ce qui fait que la hausse de taux chez nous,
04:37elle est quand même plus problématique
04:39que ce que l'on peut avoir
04:40de l'autre côté au niveau des Etats-Unis.
04:42En revanche, qu'est-ce que ça veut dire ?
04:44Ça veut dire que sur les actifs risqués
04:45et sur les actions,
04:47on est, en fait, dans une conformation
04:49qui nous dit qu'il ne faut pas
04:51renoncer aux actions
04:51en tant que véhicule d'investissement
04:53à privilégier.
04:53C'est un contexte qui est plus favorable
04:55aux actions qu'au marché obligataire.
04:58Alors, oui, enfin,
04:59le marché obligataire,
05:00moi, je ne serais pas vendeur
05:00du marché obligataire par nature,
05:02en fait, à ce moment précis de l'histoire.
05:04Est-ce que c'est plus favorable aux actions ?
05:05Oui, quand on a normalement,
05:06effectivement, une exposition
05:07au cycle économique,
05:08on peut se dire que les actions
05:10sont le meilleur véhicule.
05:11Ce qui est intéressant,
05:12c'est de voir quel est le message,
05:12en fait, si on devait le traduire
05:13de façon très, très succincte
05:15que nous donnent les actions.
05:16Les actions nous disent
05:17qu'on se porte bien
05:18parce que, finalement,
05:18on croit que la hausse des prix
05:20qui est liée, en fait,
05:21au pétrole est transitoire
05:23et tout ça va baisser
05:24et revenir, finalement,
05:25et se normaliser.
05:26Un espèce d'effet de bonne surprise.
05:27Alors que, finalement,
05:28le marché obligataire,
05:29il a plutôt tendance à nous dire
05:30que toute cette inflation
05:31va être collante, sticky
05:33et qu'on ne va pas revenir
05:34tout de suite à un niveau,
05:36effectivement, normal
05:38ou pré-crise avec l'Iran.
05:40Donc, il y en a forcément
05:40un des deux qui a raison.
05:41Historiquement,
05:42c'est généralement plutôt
05:43les obligations qui voient,
05:44en fait, les bons niveaux
05:47de retournement.
05:48En revanche,
05:49ce qui nous protège,
05:49c'est la valorisation des marchés
05:50parce qu'en dépit,
05:51effectivement,
05:52de la très bonne tenue des actifs risqués,
05:54la valorisation du marché américain,
05:56le PE a plutôt baissé.
05:57On est à 19 fois.
05:58C'est un recul de 15 %
05:59en fait,
06:00depuis finalement quelques mois.
06:02La croissance des profits
06:03va plus vite
06:03que la croissance des cours de bourse.
06:05Absolument.
06:06C'est exactement ça.
06:07Quand vous regardez
06:07la situation aux États-Unis,
06:09Sillan Goyon l'a rappelé,
06:10depuis hier,
06:11le marché se dit
06:12là, la Fed va devoir remonter les taux.
06:13On est passé de 55 %
06:14de probabilité
06:15en début de semaine
06:16à 70 % hier
06:17après la publication
06:18de ces indicateurs.
06:19Stéphane Koliak,
06:21réunion,
06:21c'est fin octobre,
06:22dans un peu plus d'un mois.
06:24Est-ce que vous pensez
06:24que ça y est,
06:25on est parti
06:25pour un nouveau tour de vis ?
06:27Mais tour de vis
06:28dans le sens
06:29où il n'y en aura plus qu'un.
06:30C'est-à-dire qu'est-ce qu'on est parti
06:30pour deux, trois hausses de taux
06:32parce que la Fed
06:33n'aura pas le choix ?
06:34C'est ce qu'on pense
06:35qu'on devrait avoir
06:36deux autres hausses de taux
06:37aux États-Unis.
06:38Ça compenserait,
06:40parce que ça ferait 75 points de base,
06:42ça compenserait
06:42les trois baisses
06:43de fin 2025.
06:43Il ne faut pas les oublier,
06:44celles-là.
06:45Donc on anticipe ces hausses.
06:47Nous, c'est plutôt pour décembre.
06:49Mais le risque,
06:50c'est important que ça soit en octobre.
06:51Ça dépendra des indicateurs
06:52qui sortiront d'ici là.
06:54Et donc la Fed se décidera
06:56par rapport à ça.
06:57Mais ce qu'on peut dire globalement,
06:59pour la plupart des banques centrales,
07:00c'est qu'elles peuvent avoir
07:01un peu moins de scrupules
07:02sur la croissance.
07:03C'est la signification
07:05de ces bons indicateurs.
07:06La croissance est là,
07:07elle tient.
07:08Évidemment,
07:09il y a des secteurs
07:09qui perdent un peu plus
07:10aux confiants d'Iran
07:11à l'inflation.
07:11Ça, c'est une évidence.
07:13Mais globalement,
07:15la croissance est là.
07:16L'inflation est là aussi.
07:17On a les deux en même temps.
07:18Et je suis d'accord
07:19avec ce que vous disiez
07:20sur le fait que c'est
07:20un certain nombre de bonne santé.
07:22Maintenant,
07:22les banques centrales
07:23doivent quand même éviter
07:23que l'inflation s'écarte
07:24trop de la cible durablement.
07:26Et donc,
07:26elles devront réagir.
07:27Dans un instant,
07:28nous évoquerons le cas
07:29de la zone euro.
07:29Mais juste pour terminer
07:30sur la situation américaine,
07:32est-ce que la Fed peut se permettre
07:33de remonter les taux,
07:34sachant que le trésor américain
07:36a de plus en plus de mal
07:37à lever de la dette ?
07:37Hier, les États-Unis
07:38ont émis de la dette à 5 ans.
07:40Quand vous regardez
07:41le ratio de couverture
07:42plus bas de 4 ans,
07:43quand vous regardez
07:44un petit peu encore aujourd'hui
07:45des achats de long terme
07:46pour faire du court terme,
07:47etc.,
07:47c'est-à-dire qu'au bout d'un moment,
07:49si on a des taux
07:49qui continuent de grimper
07:51à ce rythme-là,
07:52ça va commencer à poser problème
07:53pour la dette américaine.
07:55On peut prendre le contre-pied,
07:56je pense,
07:56de cette logique,
07:58à mon avis.
07:59C'est que si jamais
08:00la Fed est trop behind the curve,
08:02qu'elle ne remonte pas suffisamment
08:03les taux d'intérêt
08:04comme il se doit,
08:05pas plus qu'il se doit,
08:05mais comme il se doit,
08:06elle devra le faire davantage
08:07par la suite,
08:08elle devra faire une Volcker,
08:09entre guillemets,
08:10c'est-à-dire Volcker est arrivée
08:11à la fin des années 70
08:13après des années de complaisance
08:15trop importante
08:15et a dû faire mettre en œuvre
08:18des hausses de taux
08:18assez violentes,
08:19assez conséquentes.
08:20Donc le but,
08:21c'est d'éviter ça,
08:22de ne pas agir trop tard
08:23et de ne pas se laisser contraindre
08:24en tant que banque centrale
08:25par la politique budgétaire
08:27et d'exercer son mandat à plein.
08:29On parlera de la zone euro
08:30dans un instant,
08:30mais juste pour terminer
08:31sur le cas de la Fed,
08:32comment on voyait
08:32cette situation ?
08:34Sachant que le 10 ans américain
08:35a franchi hier les 5 %,
08:37on est ce matin à 5, 12,
08:3813 points de base
08:39dans l'espace d'une séance.
08:40Ce n'est pas anodin quand même.
08:41Non, non,
08:41mais ce n'est pas du tout anodin
08:43et ce qui a été dit précédemment
08:45est complètement vrai.
08:47Mais attention quand même
08:48à deux choses.
08:48On a souvent tendance
08:49à résumer la difficulté
08:51de financement d'un État
08:53au niveau des taux.
08:54Or, ce que fait la Banque centrale,
08:55on le sait,
08:56c'est de fixer le taux,
08:57d'ailleurs c'est tout
08:58ce qu'elle peut faire,
09:00pour être simple peut-être,
09:02c'est effectivement
09:02de mettre le taux à court terme
09:05et le fixer.
09:06Mais la partie longue
09:06de la courbe,
09:07elle est, elle,
09:08l'objet en fait
09:09des mouvements de marché.
09:11Donc, ce que révèle aussi
09:13la hausse des rendements longs,
09:15à laquelle vous faites référence,
09:16Étienne,
09:16c'est plus la compétition
09:18entre différents émetteurs de dettes,
09:21donc des sociétés privées
09:22et des États,
09:22aujourd'hui,
09:23dont on connaît en fait
09:24la problématique budgétaire,
09:25et en fait,
09:26tout ce besoin d'investissement
09:27qu'il faut aussi financer,
09:29notamment on le voit
09:30dans toutes les infrastructures
09:31IA pour ne citer qu'elle,
09:33et cette compétition
09:34amène effectivement
09:35ce qu'on peut appeler
09:36un peu pompeusement
09:37un espèce d'effet d'éviction
09:38et donc l'État
09:39est obligé
09:40d'accepter de payer plus cher
09:42pour aller lever
09:42les ressources
09:43qui lui sont nécessaires.
09:44Voilà,
09:44donc pour le cas américain,
09:45même si cette problématique
09:46obligataire
09:47est bien sûr
09:47une problématique mondiale
09:49aujourd'hui,
09:49PMI en zone euro
09:50hier matin,
09:52Stéphane Koliak,
09:5353,1,
09:54plus haut niveau
09:55depuis 2023,
09:56là aussi,
09:56largement au-delà
09:57des attentes,
09:57donc le consensus
09:58était à 51,7.
10:00Néanmoins,
10:01la BCE vous dit
10:01qu'on n'observe pas
10:02de fortes réactions
10:03des salaires,
10:04l'inflation provoquée
10:04par le chope énergétique
10:05selon Philip Lane
10:07peut être compensée
10:08par la concurrence chinoise,
10:09la possibilité de recourir
10:10à l'IA,
10:11bref,
10:11des gains de productivité.
10:13Autant on l'a compris,
10:13la Fed,
10:14elle doit remonter les taux,
10:15est-ce que la BCE
10:15doit le faire
10:16avec la même vigueur ?
10:18Pas forcément
10:19la même vigueur,
10:20sur la BCE,
10:21nous ce qu'on pense
10:22qu'il y aura
10:22encore une hausse de taux
10:23parce que le choc énergétique
10:25dure plus longtemps
10:26et que tant qu'il dure,
10:28on ne sera pas certain
10:28qu'il n'y aura pas
10:29de transmission aux autres prix,
10:30à l'inflation sous-jacente
10:31en particulier et aux salaires.
10:33Donc tant qu'on n'a pas
10:33écarté ce risque-là,
10:34la BCE doit éviter
10:35que les anticipations
10:36d'inflation ne rebondissent,
10:38elles ont un peu
10:38rebondi sur les marchés,
10:39les indicateurs de marché,
10:41on montre qu'il y a quand même
10:42un petit rebond
10:43de ces anticipations.
10:44Donc la BCE,
10:45elle doit éviter ça
10:46et une fois que ce rebond
10:48des anticipations
10:48d'inflation est évité,
10:50la cause est entendue,
10:52entre guillemets,
10:53parce qu'il n'y a pas
10:53le même niveau structurel
10:54d'inflation qu'aux États-Unis,
10:56où on a des contraintes
10:56d'offres et de demandes
10:57qui alimentent à la fois
10:58l'inflation depuis
10:59six ans au-delà de la cible.
11:01Ce n'est pas le cas
11:02de la zone euro,
11:03où il y a une inflation
11:03au-dessus de la cible,
11:04simplement en raison
11:05du conflit en Iran.
11:06Donc tant qu'on n'a pas
11:07une transmission au salaire,
11:08et c'est aussi ça
11:09qui soutient la profitabilité
11:11des entreprises,
11:11c'est le fait que les salaires
11:12ne répondent pas
11:14à la hausse des coûts par ailleurs.
11:15Il n'y a pas de boucle
11:15prix-salaire pour l'instant ?
11:16Non.
11:17Et vous la voyez arriver
11:18ou pas à ce stade ?
11:18Non, pas particulièrement,
11:20parce qu'il y a quand même
11:21une demande du point de vue
11:22des secteurs B2C
11:23qui est assez limitée.
11:25La consommation augmente
11:27assez faiblement.
11:28Donc il y a une concurrence,
11:29ça veut dire, pour vendre.
11:31Il y a la démographie
11:31qui n'aide pas non plus.
11:32Donc les marchés retail
11:36ne croisent plus.
11:37Et il y a des nouveaux entrants
11:39qui plusent.
11:39Donc la concurrence est assez forte
11:40et ça, ça devrait limiter
11:41les hausses de prix.
11:42Et en dehors de la France
11:43qui manque à la peine,
11:44même si les PMI français
11:45y arrêtaient légèrement
11:46au-delà des attentes,
11:47qu'est-ce qui tire aujourd'hui
11:48l'économie de la zone euro ?
11:50Parce que ce plan de relance allemand,
11:51ça fait des mois
11:51qu'on en entend parler.
11:52Est-ce que c'est lui ?
11:53Est-ce que c'est le secteur aéronautique ?
11:55Merci Airbus, entre autres.
11:56Parce que dans le même temps,
11:57on a par exemple
11:57le secteur automobile,
11:58on le voit partout,
11:59notamment en Allemagne,
12:00qui n'arrête pas de licencier.
12:01Qu'est-ce qui fait aujourd'hui
12:01que l'économie de la zone euro
12:03dans ce secteur industriel tient ?
12:05Alors dans les PMI,
12:06l'Allemagne,
12:06parce que forcément
12:07on n'a pas beaucoup de détails,
12:08on a l'Allemagne, France,
12:09donc c'est forcément
12:10l'Allemagne qui tire,
12:11on aura Italie, Espagne par la suite.
12:13Mais plus généralement,
12:14si on va au-delà
12:15et qu'on a l'ensemble des indicateurs,
12:17la dynamique est dominante
12:18en Allemagne,
12:19mais c'est une dynamique européenne.
12:20Les plans de réarmement
12:22sont européens,
12:23ils sont dans tous les pays.
12:24Il y a quatre pays,
12:25simplement Espagne, Danemark,
12:27Suède, Pays-Bas,
12:28dont la hausse du budget militaire
12:29l'année dernière
12:30était plus importante
12:30que la hausse du budget militaire allemand.
12:32Donc il y a véritablement
12:33une dynamique intra-zone.
12:34Le commerce intra-zone
12:35prend très largement
12:36le relais des exportations
12:37vers les Etats-Unis et la Chine
12:38qui sont en stagnation
12:41ou en baisse
12:41en raison du développement
12:44de la Chine
12:44et des tarifs douaniers américains.
12:46Donc la dynamique est là,
12:48elle est présente,
12:48elle se renforce,
12:51les export orders s'améliorent,
12:53les carnets de commande
12:54à l'exportation s'améliorent
12:55dans les données d'enquête.
12:56C'est vraiment une dynamique de zone.
12:58La France en bénéficiera aussi.
13:00Je pense qu'il ne faut pas
13:00être trop négatif sur la France
13:01aussi pour cette raison.
13:03C'est que les secteurs
13:05importants en France,
13:06aéronautiques,
13:07électriques,
13:08électroniques,
13:10énergie,
13:10sont des secteurs
13:11qui sont très importants
13:12pour tout ce dont on parle.
13:13Que vous inspire
13:14ce scénario macro,
13:15Sylvain Goyon ?
13:16En termes d'allocations,
13:16on a envie de le suivre
13:17ou non,
13:18il faut différencier un petit peu
13:19les marchés
13:20et la macro,
13:21les indicateurs ?
13:22Oui,
13:22on peut le suivre,
13:24c'est un scénario en fait.
13:25Je suis désolé
13:26parce que là,
13:26on va un peu radoter,
13:27mais grosso modo,
13:28qu'est-ce que ça donne ?
13:28Ça donne effectivement
13:29plutôt un aspect assez pro-cyclique,
13:31donc on a plutôt envie
13:32d'être cyclique,
13:33avec quoi ?
13:34Évidemment,
13:35la tech,
13:35l'IA,
13:36et ainsi de suite,
13:36mais on va dire
13:37en proportion raisonnable
13:38parce que c'est très
13:39crodide pour faire
13:40du franglais,
13:41donc beaucoup de personnes
13:42en détiennent déjà.
13:43Les industriels,
13:44on a parlé de l'armement
13:45évidemment,
13:45mais aussi tous ceux
13:46qui collaborent en fait
13:47à la production d'énergie,
13:49au raccordement
13:49effectivement
13:50de ces fameux data centers
13:51et autres,
13:52donc voilà,
13:52cette dimension industrielle.
13:54Les banques en Europe,
13:55on a toujours envie
13:55de se dire que la quantification
13:56de la courbe,
13:57c'est très sympa pour nous,
13:58donc c'est un peu
13:59un autre point aux Etats-Unis,
14:00mais j'y reviendrai
14:00dans un instant.
14:01Et puis,
14:02en fait,
14:02ce qui n'est pas dépendant,
14:03je dirais,
14:04du consommateur ou des taux,
14:05donc c'est là
14:06où je mettrais la santé.
14:07Et en revanche,
14:07ce qu'on n'a pas tellement
14:08envie d'avoir,
14:09on y a fait allusion
14:10en fait avec l'absence
14:11de boucles prix salaire,
14:14c'est la consommation
14:14discrétionnaire.
14:15Quand on paye son plein
14:16plus cher,
14:16il y a moins de place
14:17pour le voyage
14:17ou pour acheter une bagnole,
14:18enfin pardon,
14:19pour une voiture.
14:20Et les petites valeurs
14:21américaines endettées,
14:22parce que les indices
14:24nous mentent,
14:24le marché va bien,
14:25mais quand on regarde
14:26le Russell,
14:27donc les petites valeurs
14:28américaines,
14:29il y a 40% des entreprises
14:30de cet indice
14:32qui ont baissé
14:32de plus de 20%
14:33sur les deux derniers mois.
14:34Et pourquoi ?
14:35Parce qu'elles sont endettées
14:35à taux variable
14:36et là,
14:36la hausse des taux
14:37les étouffe.
14:37Et puis,
14:37dernier point,
14:38les modèles en fait
14:39où les consommateurs,
14:41les clients
14:42ne comparent pas.
14:43On l'a vu avec Muse
14:44qui est arrivé,
14:45là où il y a
14:45une espèce d'inertie,
14:46où on encaisse
14:48l'immobilisme du client,
14:49et bien ça,
14:50ce sont des modèles
14:50dont il va falloir se méfier.
14:52Et d'ailleurs,
14:52c'est pour ça
14:53que le secteur bancaire
14:54américain présente
14:55un aspect un peu plus différent.
14:56Aucun problème de solvabilité,
14:57c'est plus un problème de modèle.
14:59Et d'ailleurs,
15:00il a souffert
15:00au moment de cette annonce.
15:01On a perdu un peu plus
15:02de 10% sur le secteur bancaire
15:03depuis un mois aux Etats-Unis.
15:05Exactement,
15:05et pendant que Meta
15:06a créé 190 milliards
15:07de dollars de capitalisation.
15:08Merci à tous les deux
15:09pour cette complémentarité,
15:10pour revenir sur
15:11ces différents indicateurs
15:12qui ont été publiés
15:13depuis hier,
15:14que ce soit en Europe
15:14mais aussi aux Etats-Unis
15:15en plateau.
15:16Donc Sylvain Goyon,
15:17gérant action
15:17chez Montpensier Arbevel
15:18et Stéphane Koliak,
15:19économiste chez BNP Paribas.
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