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Retrouvez le Morning Meeting du mardi 22 septembre dans l'émission Good Morning Market. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:03BFM Business, 9h, 9h30, Good Morning Market, Etienne Brahe.
00:11Avec ce matin en plateau Alexandre Baradez, bonjour Alexandre, chef analyste d'IG, Christian Parizeau, conseiller économique pour Aurél BGC
00:16et président d'Altaïr Economics.
00:18Hier soir, record donc pour le indice S&P 500, pour l'indice Dow Jones, alors ça faisait longtemps, ça
00:23faisait plusieurs semaines, premier record depuis le mois de juin.
00:27Quand vous regardez le S&P 500 aujourd'hui, Alexandre Baradez, il se paye moins de 20 fois les profits,
00:3219 fois les profits attendus l'an prochain.
00:35Donc on est sur une moyenne historiquement basse, on revient sous la moyenne de ces dix dernières années.
00:41Est-ce que ça y est, les investisseurs se disent, il faut revenir sur le S&P 500, sachant qu
00:46'on avait touché ces niveaux en début d'année et que derrière, il y a eu un grand rallye ?
00:49Oui, il faut expliquer les niveaux un peu historiques de charté du S&P 500.
00:53Les derniers pics qu'on aient touchés il y a quelques trimestres, c'était 23 fois les bénéfices.
00:56Avant ça, il faut remonter au pic de la bulle Covid pour trouver 23 fois les bénéfices.
01:00Et avant ça, c'était à la fin des années 90, avant la bulle Internet.
01:02Donc retomber à 19 fois, vous l'avez dit, 19 fois les bénéfices, c'est la moyenne à dix ans
01:06de valorisation du S&P 500.
01:08Si on désoe un petit peu, la moyenne à 30 ans de valorisation est plutôt à 17.
01:12Qu'est-ce qui fait qu'on est retombé alors que le S&P 500 a marqué record sur record
01:15ce dernier mois ?
01:16C'est que les attentes de croissance bénéficiaire sont très élevées.
01:20Par exemple, pour le prochain trimestre, le consensus des analystes considère que la croissance des bénéfices
01:25va de l'ordre de 28% après les 50% qu'on a eus le trimestre précédent.
01:30Et le premier trimestre, c'était également autour de 28% de croissance des bénéfices.
01:34On a aussi, je pense, un marché ou des investisseurs qui considèrent que les valorisations ont baissé
01:40parce que quand vous regardez la progression des marges des entreprises aux Etats-Unis,
01:44ça fait des années maintenant que ces marges s'améliorent.
01:45C'est-à-dire qu'on part dans l'idée que non seulement la croissance est résiliente,
01:49mais qu'en plus les marges des très grosses entreprises, et même des plus petites, continuent de s'améliorer.
01:53Et c'est là que moi j'ai un petit bémol parce que l'environnement dans lequel évoluent les marchés
01:57depuis quelques mois maintenant, c'est un environnement où l'énergie est plus chère,
02:01où le coût de l'argent est plus cher.
02:02Il va peut-être encore le devenir si la Fed bouge encore,
02:04ce qui est apparu dans les probabilités de taux d'ici la fin de l'année.
02:07Vous avez également peut-être un risque à un moment donné,
02:10on le voit actuellement depuis quelques mois,
02:11les salaires réels sont repassés négatifs aux Etats-Unis.
02:14Ça veut dire quoi ? C'est-à-dire qu'il y a trop d'inflation par rapport au salaire
02:17brut.
02:17Donc le salaire réel est passé négatif.
02:19Donc ça peut générer quoi comme réflexe chez les salariés ?
02:21De dire, moi l'économie se porte bien, le taux de chômage est faible, je vais demander une augmentation.
02:25Mais est-ce que le prix de l'énergie c'est un sujet pour Meta, pour AMD,
02:29deux valeurs qui ont gagné 10% hier ?
02:31Aujourd'hui ce sont ces méga caps qui portent la tendance.
02:34Le Nasdaq a quand même gagné plus de 2%.
02:35Aujourd'hui ces valeurs tech, le pétrole, ce n'est pas leur sujet à court terme.
02:39La charte du pétrole se transmet dans tous les pans de l'économie
02:42et ces groupes qui ont ces besoins, qui consomment des conducteurs, des produits ou autres,
02:46ont des prix qui augmentent.
02:47Et c'est là que moi la question des marges, la progression future des marges pour ces groupes-là
02:52se pose encore une fois pour tous ces éléments-là de coût de l'énergie,
02:55d'inflation qui progresse et aussi de coût de l'argent qui progresse.
02:58N'oubliez pas que ces groupes aujourd'hui, la plupart d'entre eux,
03:00sont financés via de l'obligataire, parfois des émissions d'actions nouvelles.
03:02Donc moi je pense que 19 fois les bénéfices, c'est trop cher aujourd'hui,
03:05même si ce n'est pas un niveau de cherté absolu.
03:07Et je pense qu'un SP500 à 17 ou 15 fois les bénéfices
03:10serait plus attractif qu'actuellement à 19 fois.
03:12Vous partagez ce point de vue, Christian Parizeau.
03:15Comment vous regardez ces attentes bénéficiaires
03:17qui ont été sous-estimées, on se souvient, au printemps,
03:20les résultats du deuxième trimestre étaient largement au-delà des attentes
03:22et désormais un petit peu les analyses qui courent après les résultats ?
03:25Oui, alors je dirais que je suis un peu entre les deux.
03:28C'est-à-dire que d'un côté, je suis un peu inquiet.
03:30Je suis un peu inquiet parce que justement, ce qui a été dit,
03:32c'est-à-dire qu'il y a des vraies pressions aujourd'hui
03:34sur les profits des entreprises, y compris les entreprises technologiques.
03:37Il y a quand même une IA-inflation en ce moment, il ne faut pas l'oublier.
03:40On a presque envie de dire, il ne se passe rien pour les entreprises,
03:43ces hyperscalers qui investissent massivement.
03:46Ils ne supportent pas aujourd'hui la hausse des prix des semi-conducteurs,
03:49des mémoires.
03:50Même Apple a dû remonter les prix de ses produits.
03:52Est-ce que ça va jouer sur la demande ou pas pour les produits Apple ?
03:55En tout cas, il y a quand même une inflation qui est là.
03:57Et ce n'est pas pris en compte par les analystes.
03:59On aurait dû au moins être un peu plus prudent sur les perspectives,
04:02ce qui n'est pas le cas puisque ça se maintient.
04:03Donc, il y a quand même un vrai risque de mauvaise surprise.
04:06Mais de l'autre, je le reconnais.
04:07Aujourd'hui, j'ai juste fait un petit calcul.
04:09Aujourd'hui, si vous regardez le coût du capital pour les hyperscalers,
04:13moins les taux d'intérêt, vous avez six points de marge.
04:16C'est-à-dire qu'aujourd'hui, ce que rapportent leurs investissements,
04:19le retour sur investissement aujourd'hui, c'est vrai.
04:21Il y a six points d'écart.
04:23Donc, même si les taux d'intérêt ont monté,
04:25même si le coût de leur capital augmente aujourd'hui,
04:27ils ont une grosse marge pour absorber cette hausse du coût du capital.
04:31Donc, c'est vrai que ce sont des sociétés qui restent défensives.
04:33Pourquoi ?
04:34Parce que vous avez un coût de l'argent qui est plus élevé,
04:36le coût du capital est plus élevé,
04:38mais ils ont un tel retour aujourd'hui sur leurs investissements
04:41que ça compense largement ce risque.
04:43Le grand problème, c'est demain.
04:45Parce que comme toujours en bourse, on n'achète pas aujourd'hui,
04:46on achète demain.
04:47Et là, demain, je trouve qu'il y a quand même des facteurs à surveiller.
04:51Ce n'est pas encore, je n'ai pas la preuve que ça va se retourner,
04:54mais il y a des facteurs à surveiller.
04:55Le coût, moi, je dirais que ce n'est pas le coût du capital qui pose problème,
04:58c'est plus le coût de ces data centers
05:00et l'utilisation de ces data centers.
05:02Parce que toutes les projections qui ont été faites maintenant,
05:05c'est une explosion de la demande.
05:08Alors, ça peut être vrai,
05:09mais peut-être que les entreprises aussi,
05:11si la situation économique est difficile,
05:13s'ils veulent réduire les coûts,
05:14si on s'aperçoit que l'utilisation de l'IA coûte plus cher
05:17parce que l'IA, il faut la contraindre,
05:19il y a des problèmes de modèle, etc.
05:20Là, on pourrait avoir, non pas le fait que les entreprises n'investissent pas dans l'IA,
05:24c'est qu'elles investissent moins vite dans l'IA que ce qui était projeté.
05:27Et là, on aura des revisions à la baisse.
05:29Et là, on pourrait être pris en tenaille, en effet,
05:31par un coût du capital des taux longs qui montent,
05:33face à un taux d'utilisation des data centers
05:35qui est inférieur à ce qui a été entendu.
05:37Donc, un retour sur investissement
05:38qui commencerait un petit peu à s'éroder.
05:40Je ne vous dis pas que c'est la panique, je ne vous dis pas qu'ils vont faire faillite.
05:42Mais ça veut dire qu'on serait, à ce moment-là,
05:44sur, effectivement, des déceptions de résultats.
05:47Donc, oui, il faut être prudent.
05:48Il y a quand même...
05:49Ça ne veut pas dire que je suis négatif.
05:50Ça ne veut pas dire qu'à horizon 4-5 ans,
05:52je ne pense pas que ces valeurs-là ont un gros potentiel.
05:54Mais à très court terme, on peut avoir beaucoup de volatilité
05:57parce qu'on a quand même une accumulation d'incertitudes
06:00et ça peut entraîner pas mal de volatilité sur la bourse.
06:03Et donc, attention quand même à ces anticipations
06:05qui sont encore très, très positives.
06:06Et donc, à chaque résultat trimestriel,
06:08vous pouvez vous attendre à avoir une forte volatilité
06:11sur l'ensemble de ces valeurs-là
06:12parce qu'on va valider ou pas tous ces modèles-là.
06:14Et à partir de cette réflexion,
06:16vous préférez donc plutôt les valeurs des GAFAM
06:20qui commandent les semi-conducteurs
06:22qui sont un petit peu les donneurs d'ordres pour les data centers
06:24ou à l'inverse, les valeurs liées aux semi-conducteurs,
06:27à l'électrification,
06:27toutes ces valeurs qui sont sur des plus hauts ou presque
06:29qui sont tirées par ces carnets de commandes ?
06:31Alors moi, j'irais en facteur de risque.
06:33Je pense par exemple que tout ce qui est électrification,
06:34c'est ce qui est le moins risqué
06:35parce qu'il y a un tel écart entre la demande
06:37et l'offre potentielle demain
06:39et que de toute façon,
06:41même si je vous dis qu'il y a une révision à la baisse,
06:43même si Meta...
06:44Alors, ce qu'il faut bien comprendre,
06:45c'est qu'il faut que les hyperscalers,
06:47les neuf grands investisseurs,
06:49ils augmentent leur budget dans le temps.
06:51Parce que comme il y a une inflation,
06:53s'ils veulent une croissance des capacités de calcul,
06:55avec cette inflation, il faut monter les budgets.
06:57Donc, rien que le fait qu'ils nous disent
06:59qu'ils maintiennent à changer leur budget,
07:00c'est une mauvaise nouvelle pour le marché.
07:02Il faut quand même avoir ça en tête.
07:03Donc, moi, je pense qu'au niveau de l'électrification,
07:05il n'y a pas de problème
07:06parce qu'il y a un tel manque,
07:07il y a un tel problème
07:07qu'on va rester sur quelque chose de fort
07:09et en plus, on va avoir des besoins d'infrastructures
07:11et tout ça qui vont être là.
07:12Donc, je dirais que ça, c'est moins risqué.
07:14Après, au niveau des semi-conducteurs,
07:16moi, je pense qu'il y a une telle pénurie aujourd'hui
07:18des semi-conducteurs,
07:19y compris dans l'informatique classique,
07:21que même les acteurs qui font de la mémoire
07:23pour dédier l'avantage,
07:25c'est que la mémoire HBM,
07:28elle vaut très cher, avec très grosse marge,
07:30mais vous pouvez aussi la vendre par morceaux
07:33pour la mettre dans votre PC.
07:34Donc, il y a quand même aujourd'hui
07:36un tel problème, un tel manque derrière
07:38que je ne suis pas inquiet pour ces résultats.
07:40Après, le seul risque pour moi,
07:41c'est les hyperscalers.
07:43Ce n'est pas, encore une fois,
07:44ça ne va pas être un retournement,
07:45ça va être le fait qu'ils annoncent
07:46un petit peu moins bien que ce qui est attendu
07:48et là, vous allez avoir un risque beaucoup plus fort
07:50et c'est eux qui prennent tout le risque économique
07:52de ces investissements.
07:53Donc, moi, je dirais que je reste à moyen terme
07:56très optimiste sur les semi-conducteurs,
07:58même si c'est un secteur qui reste très volatile
07:59à court terme et attention à cette volatilité.
08:02Mais en tendance, je pense qu'on reste quand même
08:04sur un chemin assez haussier,
08:06mais attention quand même aux hyperscalers
08:07qui, eux, concentrent tous les facteurs de risque
08:10à court terme et à moyen terme.
08:12Nous reparlerons de toutes ces valeurs
08:13dans un peu plus de six minutes
08:15avec Julien Leguenouk,
08:16qui est spécialisé sur les valeurs liées
08:18à l'intelligence artificielle.
08:19En tout cas, Alexandre Baradès
08:21sortait de constater que ces dernières heures,
08:23ce sont l'ensemble des actifs risqués
08:24qui se sont repris.
08:25Le bitcoin, plus de 86 000 dollars
08:27pour la première fois depuis le mois de janvier.
08:29Là aussi, rallye impressionnant.
08:32Avec le pétrole qui baisse,
08:33le marché obligataire qui se détend,
08:35on est un petit peu à chaque fois
08:36dans la même musique,
08:37dans la même chanson.
08:38Oui, on voit que c'est très, très
08:39quand même lié au pétrole.
08:40Regardez, quand le pétrole
08:41a remonté au-delà de 100 dollars,
08:42c'est là que ça chauffe un peu plus.
08:44En plus, ça correspondait à la rayon de la Fed
08:46avec les annonces de confirmation,
08:47cette fois-ci de hausse de taux,
08:48avec les projections assez faucons
08:50finalement de la Fed
08:51dans le discours de Kevin Worch.
08:54Donc, on a eu cette espèce de phase
08:55un peu de chauffe.
08:56Le pétrole était monté à plus de 100 dollars.
08:57Puis le fait de le voir retomber
08:58comme ça, deux, trois jours plus tard
08:59sous les 100 dollars,
09:00tout de suite, vous avez des effets
09:01sur la bourse qui sont, selon moi,
09:03très asymétriques d'ailleurs.
09:04C'est-à-dire que quand le pétrole
09:05est monté au-delà de 100 dollars,
09:06que les taux longs américains,
09:08le 10 ans, donc, est passé au-delà de 5 %
09:09et le 30 ans a encore accéléré au-delà de 5 %,
09:11la bourse, si on prend le SP500 comme référence,
09:14ne lâchait que 3 % par rapport
09:15à son saum historique,
09:16ce qui est très très faible.
09:18Un VIX, son analyse de volatilité,
09:20qui est resté à 15, 16, 17,
09:21c'est absolument rien
09:23par rapport au risque que le pétrole
09:25aille à 120 dollars
09:26et que les taux montent encore.
09:27Donc, je trouve que la résilience
09:29du marché à l'action,
09:30il y a peut-être la frontière mince
09:32entre résilience et complaisance.
09:33C'est-à-dire que ne perdent que 3 %,
09:34on les a repris en 48 heures,
09:36on a quasiment tout repris
09:38parce que le pétrole a un peu baissé.
09:39Mais, moi, j'aimerais quand même rappeler
09:40quelques éléments fondamentaux aussi.
09:43En début d'année,
09:44les probabilités que vous aviez sur la Fed,
09:46les probabilités en janvier,
09:46c'était deux baisses de taux.
09:47C'est ce que le marché pricait
09:49pour fin 2026 pour la Fed.
09:50On se retrouve avec une hausse de taux en septembre
09:52et regardez les probabilités
09:54aujourd'hui pour la fin d'année.
09:55Pour une hausse de taux,
09:56vous avez plus de 80 % de chances
09:57d'avoir au moins encore une hausse de taux.
09:59Et pour deux hausses de taux,
10:00c'est-à-dire octobre et décembre,
10:01vous avez un peu plus de 40 % de probabilités.
10:03Donc, je ne dis pas que ça va être
10:04du préditif et du réalisable.
10:06Mais ça veut dire que le sentiment
10:08par rapport à la Fed
10:09a totalement basculé
10:10dans l'espace de quelques trimestres,
10:11entretenu évidemment par la géopolitique.
10:12Et je trouve que le marché sous-estime ça.
10:14Et c'est ce qu'a rappelé hier
10:15un membre de la Fed qui s'appelle Goulsby.
10:16Il dit, grosso modo,
10:17dans les chocs d'approvisionnement qu'on a,
10:20qui ressemblent un peu à plus grande échelle
10:21à ce qu'on avait au moment du Covid,
10:23mais il dit que l'inflation met du temps
10:24ensuite à revenir à l'objectif.
10:25Et il dit que c'est un processus
10:26qui se fera un peu dans la douleur.
10:28Et moi, j'en suis persuadé aussi,
10:29non pas qu'il y aura une récession ou autre,
10:31mais je pense que le marché aujourd'hui
10:32sous-estime, on en parlait un petit peu tout à l'heure,
10:34les effets du coût de l'argent en fait,
10:36le taux réel qui progresse.
10:38Et je reviens encore une fois
10:39sur le consommateur et je m'arrête là-dessus.
10:41La consommation, il va quand même falloir regarder
10:43parce que vous avez eu juin et juillet,
10:45vous avez eu une baisse des ventes de détail
10:47aux Etats-Unis, malgré de l'inflation.
10:49C'est un calcul par rapport à un montant.
10:51Il y a eu simplement au mois d'août
10:52un rebond assez marqué,
10:53donc est-ce qu'il y a un petit peu
10:54de rattrapage ou pas ?
10:55Mais pour moi, la consommation,
10:56c'est quand même un thème à surveiller
10:57parce que le taux d'épargne des ménages américains,
10:58c'est de l'ordre de 2 et quelques pourcents.
11:00On est dans les quasiment des plus bas historiques
11:02qu'on trouvait juste avant la crise des subprimes.
11:04On était dans cette zone des 2% de taux d'épargne.
11:06Vous avez des salaires, on le disait tout à l'heure,
11:07bruts, on est à 3,1% de progression.
11:10Quand l'inflation est à 3,3% encore PCE,
11:13vous avez des salaires réels qui sont négatifs.
11:14Je pense que la consommation,
11:16et vous voyez les enquêtes auprès des consommateurs
11:18ou autres, ne sont pas géniales.
11:19Moi, je pense que le marché sous-estime aussi
11:21un petit peu peut-être
11:22une espèce de fatigue potentielle du consommateur.
11:24Et ça, pour moi, c'est un risque
11:26par rapport aux valeurs actuelles aussi.
11:27Et quand vous regardez les indices,
11:28voire même les actions,
11:29je vois hier typiquement AMD plus 10%,
11:33record historique au-delà des 1 000 milliards,
11:35il y a des phénomènes techniques.
11:36D'un point de vue de l'analyse technique,
11:37vous suivez ça, vous aimez bien ça,
11:39Alexandre Baradès.
11:40Est-ce que ces plus hauts amènent d'autres plus hauts ?
11:42Ce sont des éléments à prendre en compte aussi.
11:43Oui, c'est à prendre en compte,
11:44mais c'est dur de se dire
11:46que des valeurs qui sont à 150 fois les bénéfices
11:47sont encore attractives.
11:48Alors, il y a déjà eu des corrections,
11:49attention à l'indice SOX,
11:50qui est l'indice de ce micro-conducteur.
11:51Il avait carburé à la hausse
11:53et il avait commencé à corriger
11:54quand on a vu cette grosse secousse
11:55sur la Corée du Sud,
11:56le COSPIC avait lâché donc un 40%
11:58avec des Samsung.
11:59Mais sur les indices américains,
12:00est-ce que ces plus hauts appellent
12:01d'autres plus hauts à court terme ?
12:03Encore une fois, moi, je pense que le marché
12:05peut rester, je ne dis pas qu'il est irrationnel,
12:07mais je pense qu'il est dans un scénario
12:09un peu de compte de fait,
12:10c'est-à-dire où toutes les palettes sont alignées,
12:12ou les hyperscalaires,
12:14on va avoir des fric-achlots
12:14qui ont un peu ralenti
12:15et puis qui vont rapidement réaccélérer,
12:17ou l'inflation ne retomberait assez rapidement
12:20sous l'effet des hausses de taux de la Fed
12:21en éliminant tous les effets un peu négatifs
12:25de ce que ça implique en termes de coûts
12:26pour le capital, coûts pour les consommateurs.
12:28Et dans un environnement aussi, on le rappelle,
12:30la Chine, pour l'instant,
12:32qui est habituellement aussi un gros moteur
12:33de la croissance mondiale,
12:34elle a des données macro
12:35qui sont assez mitigées.
12:36Et donc, je trouve que les États-Unis,
12:38regardez ces deux trimestres de croissance,
12:39c'est autour de 1,5% T1-T2.
12:42On attend mieux pour le T3,
12:43mais ce n'est pas la croissance
12:44qu'a annoncée Trump absolument phénoménale.
12:46On est sur un rythme de croissance
12:47qui est résilient aux États-Unis,
12:48mais qui n'est pas rouge vif
12:50et absolument très dynamique.
12:52Christian Parizeau, en termes d'allocations,
12:54comment vous conseillez vos clients aujourd'hui,
12:56que ce soit en termes de secteur,
12:57mais aussi en termes de zone géographique ?
13:01Alors, déjà, en termes de global,
13:04il faut avoir, dans les facteurs importants
13:06qu'on a aujourd'hui dans notre allocation,
13:07moi, je pense qu'il faut rester prudent
13:09sur les fétos.
13:10Et je pense qu'en effet,
13:10il faut intégrer dans votre allocation
13:12le fait qu'on va avoir une hausse des taux
13:13pas nominaux, mais réelle.
13:15Ça, c'est un point important
13:16qu'il faut avoir en tête.
13:17Pourquoi ?
13:17Parce qu'il n'y a pas véritablement
13:19sur les marchés obligataires
13:20l'anticipation d'une flambée de l'inflation,
13:22mais il y a l'anticipation
13:23que le coût de l'argent va monter.
13:25Donc, ça veut dire qu'attention,
13:27attention aux sociétés
13:28qui sont très capitalistiques.
13:29Et donc, il faut compenser,
13:31finalement, ce coût du capital,
13:33cette hausse du capital
13:33par une forte croissance.
13:35Et ça, c'est un point important
13:36dans votre allocation d'actifs.
13:37Ensuite, dans le détail,
13:38moi, personnellement,
13:39je pense qu'on peut aller
13:41sur plutôt l'idée d'une résolution,
13:43on va dire à horizon 3 mois,
13:44sur une résolution
13:45de la situation du Moyen-Orient.
13:46Bon, il y a plein d'éléments
13:47qui me font dire ça,
13:48mais on peut jouer éventuellement ça.
13:50Donc, je serais plutôt positif
13:51sur l'Europe par rapport aux États-Unis,
13:52puisque si on a une résolution
13:54du Moyen-Orient,
13:54ça va plutôt profiter
13:55à la bourse européenne
13:56qu'à la bourse américaine
13:57qui est déjà très chère.
13:58Donc, voilà en termes de géographie.
14:00Après, en termes de valeurs,
14:01attention, moi, je pense
14:02qu'il faut aller sur des valeurs
14:04dans lesquelles on a
14:04une bonne visibilité,
14:05donc des valeurs
14:06avec des carnets de commandes longs.
14:08Et je pense qu'il faut aller
14:09plutôt sur des secteurs industriels
14:11qui me semblent particulièrement
14:12intéressants aujourd'hui
14:13sur l'Europe
14:13et sur lesquels les investisseurs
14:15vont se concentrer.
14:16Et essentiellement,
14:17des secteurs comme l'aéronautique,
14:19la défense, la santé.
14:20Donc, ça reste des secteurs défensifs
14:22au sein de l'Europe
14:23parce qu'ils ont soit
14:24un carnet de commandes
14:25qui est très long,
14:26soit que certes,
14:27elles sont capitalistiques,
14:28mais étant donné qu'ils ont
14:30une croissance visible,
14:31ils peuvent largement supporter
14:32la hausse des taux.
14:33Par contre, je dirais naturellement
14:34pas sur les secteurs
14:35les plus sensibles
14:36au taux d'intérêt
14:37que je mettrais un petit peu
14:38en retrait.
14:39Je reste aussi
14:40sur le secteur technologique
14:41globalement,
14:42légèrement surpondéré
14:43parce que le secteur technologique
14:44a quand même aussi
14:45une visibilité de croissance
14:47qui est là.
14:47Certes, il est peut-être plus cher,
14:49mais je pense qu'on peut jouer ça
14:50et surtout jouer
14:51la diffusion de l'IA
14:53dans l'économie européenne
14:55qui n'est pas encore
14:55totalement jouée
14:56et là, je dirais plutôt
14:57sur des éditeurs de logiciels
14:58et ceux qui détiennent la data
14:59qui me semblent
15:00particulièrement intéressants.
15:01Donc, il y a des thématiques
15:02à jouer, mais attention,
15:03il faut partir dans une thématique
15:04dans laquelle
15:05il faut vraiment aller
15:06sur les sociétés
15:07qui ont des perspectives
15:08de croissance solides
15:08et visibles
15:09et qui ne sont pas trop
15:12infaiblies
15:12par la hausse des taux
15:13parce que je pense
15:14qu'on est vraiment
15:15sur des taux réels
15:15qui vont monter
15:16dans les prochains mois
15:17sur le prochain trimestre.
15:18Et à l'inverse,
15:18les secteurs à délaisser
15:19justement avec cette remontée
15:21des taux
15:21voire même avec
15:22les prix de l'énergie ?
15:23Alors déjà,
15:24les entreprises
15:24qui ne sont pas diversifiées
15:25géographiquement,
15:26qui sont trop dépendantes
15:27d'un pays,
15:28par exemple,
15:28on sait que le risque souverain
15:29va être une thématique
15:30très forte pour la France
15:31dans les prochains mois.
15:32Je pense que là-dessus,
15:33il y aura un consensus
15:34et donc,
15:35il ne faut pas prendre
15:35ce risque-là.
15:37Et donc,
15:37jouer plutôt
15:38des entreprises
15:39internationalisées
15:40et éviter les secteurs
15:42comme la construction,
15:43tout ce qui est
15:44naturellement dépendant
15:45de l'immobilier,
15:46tout ce qui est très dépendant
15:47des taux longs.
15:48Au bout de la fin,
15:49Alexandre Baradez,
15:50vous êtes plutôt value là,
15:51vous avez envie de revenir
15:51sur les secteurs,
15:53les valeurs qui ont été massacrées ?
15:54Oui, mais déjà,
15:54pour bonheur,
15:54parce que vous êtes Christian,
15:55la partie logicielle,
15:55effectivement,
15:56je trouve attractive.
15:56les logiciels,
15:57vous avez des valeurs
15:57comme SAP ou d'autres
15:58qui ont beaucoup souffert
16:00et je pense qu'il y a des stratégies
16:01aussi de marchés
16:01un peu spéculatifs,
16:02ce qu'on appelle
16:03long short,
16:03c'est-à-dire des gérants
16:04ou des fonds spéculatifs
16:05qui ont joué très long
16:06sur les valeurs IR
16:07en délaissant au maximum
16:08les valeurs logicielles
16:09et je pense qu'effectivement,
16:11quand on commencera
16:11à voir apparaître
16:12une correction peut-être
16:12un peu plus globale
16:13sur la partie tech américaine,
16:15c'est là où je pense
16:15qu'il y aura des effets
16:16de rotation
16:16et que le logiciel
16:17sera à nouveau tiré à la hausse,
16:19la cybersécurité également
16:20et puis après des secteurs
16:21sur lesquels je regarde
16:23parce que moi je trouve
16:24que la Chine,
16:24on en parle moins en ce moment,
16:26mais s'il y a bien un marché,
16:27moi je trouve toujours
16:27attractif d'un point de vue
16:28des valeurs et du potentiel
16:29mais qui est vraiment délaissé,
16:30c'est les valeurs chinoises
16:31et je pense qu'il y aura
16:32un thème à un moment donné
16:32qui va se réactiver,
16:33c'est-à-dire quand les flux
16:34vont revenir un peu plus
16:34sur la Chine,
16:35tout ce qui est lié à la Chine,
16:36je pense au luxe,
16:37je pense au secteur auto,
16:39retrouvera des couleurs.
16:39Donc il faut être un peu patient
16:40dans ce secteur-là
16:41mais ils ne sont pas chers
16:41en ce moment
16:50DJ Christian Parizeau,
16:51conseiller économique
16:52pour Aurel BGC.
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