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  • il y a 3 minutes
Ce jeudi 8 octobre, Arnaud Caudoux, directeur général adjoint de Bpifrance, s'est penché sur le déploiement des financements à l'échelle du continent et sur le renforcement de la souveraineté sur l'IA dans l'émission Tech&Co Business présentée par Frédéric Simottel. Tech&Co Business est à voir ou écouter le mardi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Tech & Co-Business, l'invité.
00:06Allez, on enchaîne Tech & Co-Business.
00:08On démarre justement avec notre premier invité, Arnaud Codoux.
00:11Bonjour.
00:12Bonjour Frédéric.
00:12Arnaud, merci d'être avec nous.
00:13Vous êtes directeur général adjoint BPI France.
00:15Donc BPI France qui est la puissance invitante ici à la Cor Arena.
00:1995 000 personnes aujourd'hui qui sont là.
00:22Absolument, 95 000 inscrits.
00:24Et puis pour tout vous dire, on enregistre cette émission cet après-midi.
00:26Et si vous voyez le monde derrière nous, Emmanuel Macron sera présent cet après-midi.
00:34Arnaud, une édition placée sous le signe du culot.
00:38Alors c'est quoi la signification pour les entrepreneurs ?
00:41La signification pour les entrepreneurs, c'est qu'il ne faut pas avoir peur du culot.
00:44Il ne faut pas avoir peur d'en avoir.
00:47Il ne faut pas en avoir tout le temps non plus.
00:48Mais c'est un mot qui est un peu provocateur.
00:50C'est un mot qu'on n'utilise pas beaucoup.
00:52C'est un mot qui dit quelque chose de plus que l'audace.
00:55C'est pas juste avoir de l'audace, avoir du culot.
00:57C'est à un moment débrancher le cerveau.
00:58Ne pas écouter la petite voix qui vous dit d'avoir peur.
01:02Et écouter celle qui vous dit de ne pas avoir peur, qui vient plutôt du ventre.
01:05Il faut savoir le faire de temps en temps.
01:06Donc le message, c'est ayez du culot.
01:08Pas tous les jours parce que ça ne va pas marcher.
01:10Mais régulièrement, quand vous avez des tournants, quand il faut se lancer,
01:14il faut avoir du culot.
01:15Il n'y a pas de honte à ça.
01:16C'est un vrai risque.
01:17C'est une vraie prise de risque.
01:18On débranche le cerveau.
01:19Encore une fois, il y a un moment où on ne calcule plus.
01:21Ça se prépare ce moment.
01:22Mais à un moment, il faut arrêter de calculer et se lancer.
01:24Et puis, c'est vrai que quand on voit tout ce qui se passe,
01:26à la fois en France, à la fois à l'étranger,
01:28proche de nous ou beaucoup plus loin,
01:30on se rend compte, voilà, le dynamisme qu'il y a ici.
01:33Qu'est-ce que vous allez retenir de cette journée ?
01:35Donc, ces 90 000 personnes.
01:38Alors, il y a beaucoup de conférences.
01:39Il y a des grands intervenants, des patrons,
01:41des grands patrons d'entreprises, des startups.
01:44Qu'est-ce qu'il faut retenir pour voir nous ?
01:46Je pense d'abord, il faut retenir que le culot, ça existe en France.
01:48Ce n'est pas un pays qui a la culture du culot, a priori.
01:50Et ce matin, quand on a lancé l'édition,
01:53on avait quelqu'un qui se promenait,
01:55les gens se levaient pour dire ce qu'ils avaient fait de plus culottés.
01:57Et les gens viennent, il n'y a jamais eu autant de monde que cette année.
01:59On l'a dit, 95 000 inscrits, ils viennent parce que c'est ça aussi,
02:02quand même, parce qu'il y a du culot en France.
02:03Donc, ce qu'il faut retenir, c'est ça,
02:05l'énergie qu'il y a dans la salle toujours,
02:07l'envie d'avancer, l'envie de partager,
02:08l'envie de rencontrer, de créer par l'échange, par l'écoute.
02:12C'est ça big aussi.
02:13C'est plein de rencontres, un petit peu au hasard.
02:16C'est plein de sciences aussi,
02:17plein de gens très profonds qui parlent de ce qu'ils ont fait,
02:19de ce qu'ils ont vécu.
02:21Donc, vraiment, beaucoup d'envie.
02:22C'est aussi un pays où il y a plein de gens qui ont envie de faire,
02:24qui ont envie de créer, qui ont envie de progresser,
02:26qui ont envie de se prendre en main.
02:27Je pense que c'est ça qu'il faut retenir.
02:28Et puis, évidemment, et on va en parler beaucoup dans cette émission de technologie,
02:31on va parler de Deep Tech,
02:32parce que BPI France pousse beaucoup la Deep Tech.
02:34On va parler dans un instant de Rameau-Devinet,
02:36de Kobli, sur le quantique.
02:39Pour vous, dans quel domaine
02:41la France peut-elle encore imposer, s'imposer à l'étranger,
02:46à l'échelle internationale ?
02:48Alors, pour moi et pour nous, globalement, chez BPI France,
02:51je pense que le sujet dans la Deep Tech,
02:53dans les Deep Tech, qui est plein de verticales,
02:55c'est l'Europe, c'est les biotechnologies, c'est les biotechs,
02:57c'est le quantique, c'est l'espace, c'est plein de choses.
03:00C'est évidemment l'IA, on va en parler.
03:02Dans tous ces domaines, il faut qu'on raisonne européen.
03:05C'est des domaines où il faut beaucoup de capitaux,
03:07où il faut beaucoup de sciences,
03:08il faut beaucoup de culots aussi, pour se lancer dans ces domaines.
03:12Et pour avoir tout ça,
03:13il faut des marchés qui soient suffisamment profonds,
03:16c'est au moins l'Europe.
03:17Pour les capitaux, pour les compétences,
03:19pour les marchés, c'est au moins l'Europe.
03:21Donc la question, c'est, est-ce que l'Europe peut,
03:23dans toutes les verticales de la Deep Tech,
03:24être compétitive au niveau mondial ?
03:26Ça veut dire qu'il faut réussir à déployer plus facilement
03:29des financements à l'échelle du continent européen ?
03:32Exactement.
03:33Des financements, regrouper des entreprises
03:36qui deviennent tout de suite des entreprises européennes,
03:37donc il faut des investisseurs européens,
03:40il faut des gens qui raisonnent européens depuis le début.
03:42On travaille, nous, par exemple, BPI France,
03:44de plus en plus avec nos équivalents dans les autres États membres.
03:47On ne va pas, à l'échelle du quantique et de l'IA,
03:50s'amuser à voir Sarenza et Zalando.
03:52Ça marche pour les chaussures en ligne,
03:54d'investir chacun de son côté et de voir qui gagne,
03:57mais ça ne va pas marcher dans la Deep Tech.
03:59Alors, quel est votre regard aussi sur l'intelligence artificielle,
04:02alors qu'elle soit générative, agentique, physique ?
04:05On parle de physical AI pour les robots,
04:07parce que l'IA est au cœur de toute cette compétition.
04:10On voit bien qu'il y a ces deux blocs, Chine et États-Unis,
04:13mais on sent quand même une petite fibre française slash Europe,
04:18qui est avec Mistral.
04:19On a beaucoup d'entreprises qui pourront avoir du succès.
04:24C'est comme votre regard, on peut gagner sur certains créneaux,
04:28il faut qu'on insiste, alors évidemment, il faut y aller,
04:31mais voilà, comment vous analysez ça ?
04:33Qu'est-ce qu'il faut faire, justement ?
04:35D'abord, je pense que la bataille, elle est encore totalement ouverte.
04:38On le voit, il y a des modèles qui émergent tous les jours.
04:40L'open weight, l'équivalent de l'open source pour l'IA,
04:43est quelque chose qui est en train de monter très fort.
04:44On voit des modèles très performants,
04:46qui sont des modèles quasi gratuits.
04:47Il y a quand même une vraie question sur ce que va être
04:49le modèle économique des très grands acteurs qu'il faut se poser.
04:54Pour l'instant, c'est très bon.
04:55On sent, j'ai discuté avec deux, trois patrons d'entreprises,
04:57ils me disent qu'ils ont un petit doute,
04:59ils se disent, est-ce que tout d'un jour,
05:00ils ne vont pas revenir vers nous en disant,
05:01écoutez, on a investi tellement d'argent
05:02que maintenant, nos prix, c'est plus 30, plus 40, plus 50 %.
05:05On l'a déjà vu dans d'autres domaines.
05:07Alors, à la base, ce qu'on fait chez nous,
05:08ce qu'on dit à tous les entrepreneurs,
05:09c'est tout ce que vous créez autour de l'IA,
05:11toute votre couche de software et d'agentique
05:13que vous mettez au-dessus des modèles,
05:14elle doit absolument être œcuménique,
05:16elle doit être multimodèle.
05:17Vous devez pouvoir pivoter d'un modèle à un autre
05:19parce que le risque de voir le coût du token
05:21de telle ou telle société augmenter massivement
05:23à un moment, il existe.
05:24On pense globalement que le coût du token
05:26va plutôt baisser parce qu'il va y avoir
05:28un peu d'abondance, parce qu'il y aura
05:29de la concurrence, mais on ne peut absolument pas
05:32prendre le risque d'être dépendant
05:33d'un seul fournisseur de modèles.
05:35Donc oui, le match est ouvert.
05:37Est-ce qu'on peut faire la course devant,
05:38vraiment devant, avec les très grands américains
05:41qui lèvent des centaines de milliards ?
05:42Non. Est-ce que c'est le but ?
05:44Non plus.
05:45On peut avoir des modèles relativement pointus,
05:47relativement spécialisés.
05:48Même nous, à l'échelle de BPI France,
05:50on est une ETI de la banque,
05:51on commence à entraîner nos modèles
05:52à nous, sur nos données.
05:55Donc dans les use cases d'entreprise,
05:56il y a énormément de choses qu'on peut faire
05:57avec des petits modèles,
05:58avec des modèles distillés,
06:00avec des modèles open weight.
06:01Ensuite, on peut avoir des gens comme Mistral
06:03qui vont être très profonds
06:04sur ce qu'est la science de l'IA,
06:05qui vont avoir des vrais modèles,
06:06même s'ils sont trois mois ou six mois derrière.
06:09Honnêtement, c'est...
06:09On le voit, leur dernier modèle,
06:11je crois que là,
06:13enfin c'est le surnom,
06:14mais c'est le modèle large 4.
06:15On le voit, il y a des endroits,
06:17ils se disent, on est dans le top 5.
06:18D'autres endroits,
06:19on est au niveau des Chinois,
06:20mais il y a deux mois.
06:21Enfin, voilà,
06:22qui se positionnent un peu sur différents...
06:24Mais toujours, la partie entreprise
06:26est assez bien ciblée.
06:27Et la chance de l'IA,
06:28c'est que ça va tellement vite
06:29qu'on parle d'être trois mois ou six mois derrière.
06:31Trois mois ou six mois.
06:32Souvenons-nous de ce que c'était,
06:33à quel point c'était hallucinant,
06:35les modèles frontières d'il y a trois mois ou six mois.
06:37On y est aujourd'hui.
06:38Et donc, on n'a pas besoin de plus.
06:40Notre DSI dit toujours,
06:41et je le dis avec lui,
06:42on a trois ans de roadmap devant nous,
06:44juste à déployer ce qu'on peut déjà faire,
06:46avec Mistral.
06:47Et Mistral est une boîte extraordinaire.
06:49Et peu importe qu'il ne soit pas en train de...
06:51Peut-être même que c'est beaucoup mieux comme ça,
06:52d'avoir une stack,
06:53pardon, une stack,
06:54une couche d'infrastructure.
06:55On a notre propre infrastructure,
06:57on a nos propres modèles
06:58qui vont faire la plupart des cas possibles.
07:01On a une capacité de déploiement.
07:02Aujourd'hui, le match,
07:03en tout cas dans le monde de l'entreprise,
07:05il est sur la capacité de déploiement.
07:07Comment j'installe avec de l'impact
07:08des modèles qui finiront par coûter cher, en fait ?
07:11Le sujet aujourd'hui, c'est ça,
07:12c'est d'aider à déployer
07:13des modèles qui soient raisonnablement coûteux.
07:17Je pense que Mistral,
07:18dans sa stratégie de couvrir ces trois segments,
07:20peut être un vrai champion européen
07:22et un vrai champion mondial.
07:23Qu'est-ce qui, selon vous,
07:24va favoriser le fait...
07:25Alors, on a parlé des financements.
07:27D'ailleurs, tiens,
07:28juste un petit pas de côté.
07:29Enfin, un petit pas de côté,
07:30non, c'est notre sujet,
07:30mais le fait que Mistral
07:33ait des financements avec Samsung,
07:34avec des Américains,
07:35vous reliez ça à la souveraineté,
07:37la dépendance ?
07:38Est-ce que ça a un lien ?
07:41Est-ce que ça peut créer
07:42de nouvelles dépendances, justement,
07:43de s'adresser à des grands financeurs,
07:45mais qui ne soient pas du continent européen ?
07:47D'abord, ils ne sont pas
07:48que du continent européen.
07:50Il y a quand même
07:51des grands financeurs européens,
07:52dont ASML.
07:55Donc, Mistral lève à la fois
07:56en Europe et hors d'Europe.
07:57Bon, que des non-européens
07:59viennent investir
08:00des centaines de millions
08:01dans des champions européens,
08:03moi, je le prends d'abord
08:04comme un compliment.
08:05Ce n'est pas une évidence.
08:06On préfère ça que l'inverse,
08:07d'avoir des gens
08:08qui regardent partout,
08:09sauf en Europe.
08:10Donc, un,
08:10c'est plutôt un compliment.
08:11Deux,
08:11est-ce qu'on préférerait
08:12pouvoir tout faire nous-mêmes ?
08:14Oui.
08:14Est-ce qu'on a assez de moyens,
08:15encore une fois,
08:16je le disais clairement
08:17pas à l'échelle française,
08:18ni même à l'échelle européenne,
08:19pour investir seul
08:20dans la deep tech ?
08:21Ça renvoie à des problèmes
08:22plus profonds.
08:23Est-ce qu'il nous faut
08:24plus de fonds de pension,
08:25plus d'endements ?
08:26On a un problème
08:27de masse du capital risque
08:28européen encore.
08:29Donc, on ne peut pas
08:30faire tout seul.
08:31Et d'une certaine façon,
08:32tant qu'on peut attirer
08:33les gens qui ont des grands fonds,
08:35qu'ils soient asiatiques
08:35ou européens,
08:37c'est moins grave
08:37que le jour où
08:38on ne pourra plus les attirer.
08:39Donc, tant qu'on peut les attirer,
08:40il faut plutôt
08:40s'en féliciter quand même.
08:41Un tout dernier mot,
08:42très rapidement,
08:44Arnaud Codoux,
08:44que dites-vous
08:45à ceux qui hésitent encore
08:45à entreprendre
08:46dans cette période
08:47un peu de bouleversement,
08:49d'inquiétude,
08:50d'incertitude ?
08:52Ayez du culot, oui.
08:53Je le dis en toute responsabilité,
08:54je le dis,
08:54un, ayez du culot,
08:55deux, c'est dans ces moments-là
08:56qu'il y a des opportunités.
08:58Les vraies fortunes,
08:59les vraies grandes entreprises,
09:00elles ne se sont pas créées
09:01dans les moments
09:01où la mer était plate.
09:02Les grands navigateurs,
09:03ils n'aviguent pas
09:04sur une mer plate,
09:05ils se lancent
09:05et ils font la différence
09:06dans la tempête.
09:06On n'est pas dans la tempête,
09:07by the way, encore,
09:09mais c'est maintenant
09:10qu'il faut y aller.
09:11C'est maintenant que ça bouge,
09:12c'est maintenant
09:12qu'il y a des brèches à prendre.
09:14Donc voilà ce que j'ai envie
09:15de dire aux gens
09:15qui ont envie d'entreprendre.
09:16Eh bien, on vend en qu'air une
09:17d'entrepreneur justement
09:18dans un instant mot deviné
09:20sur Kobli, le cantique.
09:21Merci Arnaud Codoux,
09:22directeur général
09:23adjoint BPI France.
09:24Oui, bravo pour cet événement
09:25qui réunit,
09:25vous le voyez autour de nous,
09:27plus de 80 000 personnes
09:28aujourd'hui ici à Paris.
09:30Merci d'avoir été avec nous.
09:31On se retrouve tout de suite
09:32sur BFM Business.

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